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ACADËMIE ROYALE
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GOIIISSION ROYALE D'fllSTOIRB.
MM. le baron de Gerlacue, président
Gachakd, secrétaire-trésorier;
le chanoioe de Raii;
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Du Mortier;
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RETRAITE ET MORT
DE CHARLES-QUINT
AU MONASTÈRE DE YUSTE.
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RETRAITE ET MORT
DE
CHARLES-QUINT
AU MONASTÈRE DE YUSTE.
LETTRES INÉDITES
VSUlilM
o'APaÈ» LES OAIfillfAUX CONSbAVBS DANS LES ARGHITES ROTALKS DE SIVANCAS;
PAR
M. ÇACHARD,
ArchlTltte géoéral du Royaonie, membre de TAcadémie et de la CommiMion royair
d'hiatoire; d« l'Académie impériale des MieDcea de Vienne,
da l'Aeademie royale d'hiatoire de Madrid, etc.,ett.
TOME II.
BRUXELLES,
•f. HATEZ, iMPRIMEtR DB l«A GOMMISSIOII ROYALE D'hISTOIIII:
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PRÉFACE.
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I.
Celte seconde série de documents sur la retraite et
la mort de Charles-Quint en comprend cbnt quatre-t
YiiiGT-oNZE. Nous durious pu Considérablement Taug-
menter, car, depuis Timpression de notre l""' volume,
il nous est parvenu des Archives de Simancas pluâ
de cinq cents nouvelles pièces : mais, quel que soit
Fintérët qui s'attache aux deux dernières années de la
vie de Charles-Quint, nous n'avons pas voulu donner à
notre Recueil des proportions qui auraient pu paraître
exagérées. Nous en avons retranché, d'abord, tout ce
qui n'avait pas un rapport direct avec notre sujet;
nous avons laissé de côté, ensuite, les documents qui
ne contenaient que des répétitions ou des détails tout
à fait oiseux; il en est beaucoup d'autres que nous
nous sommes contenté de résumer dans des notes;
Tome H. a.
O
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(n)
(l^autres, enfin, tels que les inventaires des biens meu-
bles (le TEmpereur, qui, à eux seuls, auraient formé
presque un volume (1), et que, par ce motif, nous étions
forcé d'éliminer.
Au surplus, les pièces que nous avons exclues ne
seront pas perdues pour les historiens qui voudront y
recourir: elles ont été placées aux Archives du royaume,
où elles sont à la disposition du public.
IL
Ce volume s'ouvre (pp. 1-69) par la relation de Thié-
ronymite anonyme dont le manuscrit est conservé à
Bruxelles , dans les archives de la cour féodale de Bra-
bant. Ce que Ton sait déjà de cette relation, grâce à la
notice analytique de M. Bakhurzen Van den Brink, la
fera , nous n'en doutons pas , lire avec une vive curio-
sité ! dans un style simple et clair, elle retrace le séjour
de Charles-Quint au monastère de Yuste, et l'auteur,
nous l'avons déjà dit, parle en témoin oculaire des
faits qu'il raconte : circonstance qui donne à ses récits
une autorité incontestable.
Lorsque parut le l'^ volume de ce Recueil, je me
(1) L^inventairc des objets mobiliers qui étaient au monastèi^ de
Yuste, forme 146 pages de copie, et celui de Varmeria de TEmpercur,
qui avait été déposée à Valladolid, 56 pages. Llnventaire des livres,
manuscrits, papiers laissés par la reine douairière de Hongrie,
que nous avons aussi , ne comprend pas moins de 108 pages.
( m )
trouvais hors d*état de vérifier si le P. Sigûenza connut
ie manuscrit de notre anonyme et s'il en fit usage, le
livre de Tillustre historien de Tordre de Sainl^Jérôme
D*eiistant dans aucune bibliothèque de Belgique. De-
puis, S. Exe. M. Fortoul, ministre de Tinstruction
publique en France, a bien voulu confier k notre gou-
vernement l'exemplaire de la Histùriù de la ôrdeii de
San Geronimo qui appartient à la Bibliothèque Maza-
rine« et j'ai pu comparer les deux relations : le résultat
de cet examen m'a convaincu que le P. Sigûenza a fait
des emprunts considérables à la chronique du religieux
de Yuste, mais qu'il a eu aussi à sa disposition d'autres
matériaux. Il n'y a pas lieu de s'en étonner. Le livre
qu'il publia ne put être composé que de l'aveu des chefs
de l'ordre auquel lui-même il appartenait; dès lors,
toutes les archives, toutes les bibliothèques des mal-
sons que possédaient les hiéronymites, durent lui être
ouvertes.
La relation de Sigûenza (1) diffère en quelques points
de celle de l'htéronymite anonyme. Ainsi il raconte
autrement la conversation que les visiteurs de feindre
eurent avec Charles-Quint (2) : à propos de la discus-
sion qui s'éleva entre le docteur Mathys et Guillaume
Yan Mâle, en présence de l'Empereur, sur un pâssiige
de Pline» il prétend que fray Juan Régla donna raison
. ■ ■ ' ' I II'"
(4) HUtoria de la ârden de San GerAnimo, part III,.tiY-I| pp. 136-
206. (Madrid, imprenta rcal« 160&, în-lbl.)
(2) Hùtoria, ete., p. 199.
U'7
(IV)
^ Md(|iys (1)^ tandis que, (]*aprcs Tanonyme, ce fut en
.faveur de Van Maie que le confesseur se prononça (2).
Sielon lui, le premier qui entrait tous les jours dans la
chambre de TËmpereur était fray Juan Régla (5); se-
lon Tanonyme, c'était Thorloger Juanelo (4). Sigûenza
nous dit que le confesseur venait régulièrement, après
le dîner de TEmpereur, lui lire et lui commenter quel-
que passage de saint Bernard ou d*une épitre de saint
Jérôme (5); Tanonyme ne fait venir le confesseur que
de temps en temps (6).
Il y a plusieurs parties de la relation du religieux
que Sigûenza n*a pas reproduites; mais, en revanche,
son récit offre des détails qu'on ne trouve pas dans Tau-
tre. Ces particularités sur don Juan d'Autriche sont
intéressantes : « Quelquefois, dit-il, cet enfant passait
» devant son père, et l'Empereur le regardait, mais
9 avec tant de majesté et de circonspection, que per-
» sonne n'aurait pu pénétrer son secret. Une ou deux
» fois, le jeune garçon entra dans son habitation, et il lui
> parla sans doute comme il aurait pu le faire à quelque
» a^tre des enfants qui allaient et venaient par là (7). »
(1) HUtùm de la ùrden de San Gerônimo, part. UI, llv. I,
p. 192.
' (i) Pa^e 23 de ce volume.
(3) HùtùTia, etc., p. i92.
(4) Page 35.
(5) Historia, etc., p. 492.
(6) Page 23. ''- ■
(7) • ..... Passava algunas vexes e! muchacho por delanlc de su
(V)
Sigûenza se tait sur la plupart des circonstances que
rhiéroDymite anonyme rapporte de l'entrevue de TEm-
pereur avec fray Bartolomé de Carranza , archevêque
de Tolède : mais une réflexion qu'il fait ne laisse guère
de doute sur la manière dont il envisageait les persé-
cutions auxquelles ce savant et infortuné prélat fut en
botte. Après avoir dit comment, en prenant congé des
religieux de Yuste, il les remercia de ce qu'ils avaient
fait pour TEmpereur, et comment il leur promit, si
Dieu lui donnait vie, de leur faire ressentir les efTets^
de sa bienveillance, l'historien ajoute : t 11 n'en eut
» que trop de vie pour souffrir, mais non pour faire
> des faveurs (1). >
Nous avons déjà mis en regard les deux relations,
en ce qui concerne les obsèques vraies ou prétendues
que Charles-Quint fit célébrer pour lui-même , son en-
tretien à ce sujet avec fray Juan Régla , et la scène de
la terrasse , à la suite de laquelle éclata sa dernière
maladie (2).
padrc , y cl pooîa los ojos en él, aunque con tanla magestad y recaio,
qoc nadie podia cntcnder cl secreto. Algunas vezes entré en su apo-
sento, aunque pocas, y quando tnucho una vce 6 dos; dcviô de ha-
blarle su padre como pudicra hablar a otro niffo de los que por alli
cruxavan..... • (Hisforia, etc., p. â05.)
(1) • ••... Agradecio mucho al convento de Yuste 1o bien que avian
scrvido â SuMagcstad, y cl gran exeniplo que todos avian dado,
promettendo de tcnerlo él muy en la memoria , y mostrar la voluntad
que les avia cobrado, dàndole Dios vida. Uarla tuvo para sufrir U*a«
bajos, ya que no para hazcr nicrccdcs « [Ibid,)
(2) Tome I'', prcfiace, pp. lv-lxi.
sr-i
ii:
i'4.-
Ȕ''
(VI)
Une anecdote que rapporte Sif^ûenza mérite que nous
nQiis y arrêtioQs UQ instant : < Les deux carêmes que
> TEmpere^ir passa à Yuste, — dit-il — il monta au
» chœur les vendredis, jours où a lieu la discipline
> conventpelle. Quand le moment était arrivé, il étei*
» gnait : le ciei^o quil tenait en priant, et, comme un
> vaillant soldat du Christ, il macérait aussi sa chair,
» en se donnant la discipline avec les religieux : il y
> mettait tant de force, qu il usait les bouts du fouet,
M devenus ainsi les témoins irrécusables d*un acte si
9, humble de César. Ces disciplines passèrent en héri-
» tage à wn fils don Philippe. Quand il avait fini, il
p partait, accompagné du prieur et de son confesseur,
» et leur (leniandait ce qu il leur en semblait, etc. (1). >
Dans le chapitre XXVI, intitulé De ^assistance de
(4) •> ;*>• lias dos quarosmas que alli estnvo,subi6 lo6 vicrncs^
cri que se hazc disciplina conventual, al choro. Quando se llcgava.
la hora, matava la vêla con que cstava rezando, y, como valcroso sol-
dado de Ghristo, hazia gucrra tambien à su carne > disciplinàndosc con
cllos con tanta fuerza que gastava los ramales de la disciplina, tcstigos
féeries y cicrtos de tan liumildo acte del César. Qucdàronlc en hercn-
cia estas disciplinas à su hijo don Felipe segundo. Acabada la disci*
pljilQ, le salian acompaHando cl prior y su confessor, y los y va pre-
giuM^ndo lo que le parccia, etc. » {Hûtoria, etc., liv. I, p. 195.)
Sigûenza revient là-dessus dans un autre passage de son livre.
Après avoir raconté que, six ans avant sa mort, étant à Logroito,
Philippe II ordonna à Juan Ruyz de Velasco d'ouvrir le tiroir d'un
e$çrii9Ho qu'il portait avec lui, qu'il en tira un polit crucifix rcn-
fcr.nicdaos une boite, et qu'il lui dit : Bappchz-vous , quand je vous le
dcmandtraiy que danx ce tiroir est ce crticifix qui fut à VEtnpereur, mon
père, et qu'il tenait à la main en mourant, ainsi que je veux mourir
(VII)
C Empereur à l'office divin (1), rhiérooymite anonyme
parle aussi de la discipline des religieux, mais il ne
dit pas un mot d*ob Ton puisse inférer que TEmpereur
y prenait part; le contraire résulte même de son récit.
Voici comment il s'exprime : « Pendant tout te temps
» que S. M. fut en ce monastère, elle s'efforça , autant
» qu'elle le put et que ses indispositions le lui per-
> mirent, d'assister aux offices divins, vêpres, com-
» plies, messes, sermons, leçons de l'Ëcriture, aux
» matines de la semaine sainte et aux disciplines deÉ
» religieux : il avait été à cet effet construit dans le
» chœur une petite tribune, où elle entrait pour priera
» et elle y restait jusqu'à ce que Toffice divin fût achevé;
» Alors le père prieur, le confesseur et les autres
» pères anciens la reconduisaient jusqu'à son habita-
» tion. »
H. Ford et M. Stirling n'ont pas hésité à adopter
la version de Sigûenza, qui leur a paru fortifiée par
un article de l'inventaire de Charles-Quint dont le
mm-^même, il ajoute : « Aora, quatro dias 6nies que fallccicsse, le
» pidio csto al mismo Juan Ruyz, como si hurlera dos dias que le
> ayia hecho esta prcvcncion. Abrio Juao Ruyz la caxa^ vio que con
• cl mismo cructlîxo estavan dos disciplinas, la una tan gastada que
• niostrava bien cl uso y cxcrcicio dcîla ; y dizicndoselo al rcy ,
» respondié que no la ayia gastado él, sino su padre, cuyas cran : y
» es ansi, como advcrti en otra parte, que cl santo Enipcrador se
• diseiplinaya en compaflia de los rcligiosos, quando hizo aquclla
» hazafla de recogerse en nucstro monasterîo de Yuste, iriunfando
• de una vez de todo el mundo • (Liv. 111, dise. XXI, p. 681.)
(1) Page 33 de ce volume.
( VIII )
manuscrit Gonzalez leur a fourni le texte. Dans son
intéressante Chronique de Charles-Quint (1), M. Ân)é-
dée Pichot la conteste. M. Mignet ne s'explique pas
sur ce point.
L'article de l'inventaire des biens meubles de Char-
les-Quint que cite le chanoine Gonzalez, et que nous
trouvons en effet dans la copie de ce document qui
nous a été envoyée de Simancas , figure entre un por-
trait de la Vierge ayant appartenu à l'impératrice, et
une douzaine de paires de gants, parmi les objets dont
les aides de chambre (Guillaume Van Maie, Charles
Prévost, Ogier Bodart et Mathieu Boutart) étaient
dépositaires à titre de leurs offices. Il est ainsi conçu :
En una caja, un crudfixo de bultOy con dos disci-
plinas detUro d'ellà; y cl crudfixo es de madera, con
que murio Su Magesiad y la imperalriz (2).
Noos traduisons : c Une cassette renfermant un
> crucifix sculpté et deux disciplines. Le crucifix est
» de bois ; c'est celui que tinrent en mourant S. M. et
)> l'impératrice. >
M. Pichot fait remarquer, avec raison, que Charles-
Quint pouvait avoir des disciplines, sans qu'on doive
(1) €marles-Quint : Chronique de sa vie inlérieure et de ta vie poli-
tique, de son abdication et de sa retraite dans le cloître de Yuste; i854,
in-8s p. 589.
(â) On lit, en marge de cet article, qu'il fut remis, par ordre du
roi, à Gil Sauclio de Bazaii, son garde-joyaux : ec qui justifie Tas-
serlion de Sigûenza , que les disciplines de TEmpercur passèrent à
son fils.
(IX)
nécessairemeut en conclure qu il se macérait le corps ,
à Tinstar des moines de Yuste : il démontre d'ailleurs
que, dans la situation physique où il se trouvait, il lui
eût été impossible d'accomplir l'opération que Sigûenza
lui attribue. Mais nous avons sur ce point un témoi-
gnage décisif: celui de l'Empereur lui-même. Charles
écrivait à son fils le 7 avril 1558, trois jours avant
Pâques, et par conséquent tout à la fin du second
carême qu'il passa dans le monastère : t Mon fils, vous
> avez su comment la goutte m'a traité. Quoiqu'elle
> ne m'ait pas tourmenté aussi longtemps et qu'elle
> n'ait pas été accompagnée d'autant d'accidents que
» lorsque j'étais aux Pays-Bas , cependant j'en ai plus
> souffert que l'an passé : car, depuis le mois de
> novembre jusqu'à ces jours derniers, j'en ai ressenti
> trois accès très-violents , et elle m'a tenu longtemps
> au lit; et jusqu'à ces jours derniers, j'ai été si sauf-
> franl et si faible que, daks tout cb carémb, je n'ai pu
> entendre un sermon (i). >
En résumé , la relation de Fhiéronymite de Yuste
doit être considérée comme un monument historique
d'une haute valeur, et la science a des obligations à
H. Bâkhûizen Yan den Brink, pour la découverte
heureuse qu'il en a faite.
(1) Page 371 de ce volume.
(X)
III.
Quarante-trois lettres et trois instructions émanées
de Charles-Quint font partie des pièces rassemblées
dans ce volume.
Des quarante-trois lettres, dix sont adressées à Phi-
lippe II (pp. 105, 216, 240, 244, 274, 566, 379, 583,
406, 485);
Une au roi des Romains Ferdinand (p. 147);
Neuf à la princesse doîïa Juana , gouvernante des
royaumes d'Espagne (pp. 150, 157, 168, 175, 204,
206,256,278,295);
Quinze à Juan Yazquez de Molina , secrétaire d'Ëtat
auprès de la gouvernante (pp. 69, 158, 179, 197, 220,
250, 246, 505, 556, 564, 586, 416, 455, 445, 484).
Les autres le sont : à Jean III, roi de Portugal (p. 1 15);
à la reine doria Catalina, son épouse (pp. 258, 271); à
l'infante doîia Maria, sa sœur (p. 272); au duc d*AI-
burquerque (p. 259); à Fernando de Valdès, archevê-
que de Séville (pp. 186, 195); à Luis Quijada (p. 552).
Deux des instructions sont données à des person-
nages envoyés en Portugal , don Sancho de Cordova
(p. 117), et don Fadrique Enriquez de Guzman (p. 208).
La troisième concerne une mission dont Quijada fut
chargé par l'Empereur à Valladolid (p. 357).
Dans les lettres qu'il écrit à son fils, Charles-Quint
rentretienl: de sa renonciation à l'Empire, sur laquelle
il insiste; du traité qui se négociait, au sujet de la
(XI)
Navarre, avec le duc de Vendôme , Antoine de Bour-
bon; du règlement de la position de ses trois princi-
paux serviteurs, Quijada, Malhys et Gaztelù; des vic-
toires de Tarmée royale en Flandre dans la campagne
de 1557, et des mesures à prendre pour en assurer les
résultats; des communications mystérieuses que vint
lui faire , touchant la succession de Portugal , après la
mort du roi Jean III, un individu de ce pays; de ses
propres démarches à Lisbonne, par le moyen du P.
Francisco de Borja, relativement à cette succession ;
de rétablissement en Espagne de la reine douairière de
Hongrie; des prétentions et des intérêts de la reine
douairière de Portugal doîia Catalina, ainsi que de Tin-
Tante dona Maria, fille de la reine douairière de France,
ËléoDore; de la résolution , prise par les cortès de Cas-
tille, de députer vers le roi don Pedro Manrique, pro-
curador de Burgos , etc.
Ces lettres de Charles-Quint, auxquelles nous anc-
rions vonlu pouvoir joindre celle qu'il adressa au roi,
avant d'entrer dans son monastère, sur l'arrangement
de sa maison et les pensions à assigner à ses serviteurs^
flamands et bourguignons (1), ces lettres, disons-nous,
seront certainement rangées au nombre des pièces
principales de notre Recueil. Quoi de plus intéressant
à connaître, en dïet, que les rapports qu'il y eut, après
l'abdication de l'Empereur, entre lui et son fils? Ce
qui frappera dans ces lettres, c'est la sollicitude avec
(1) Page i43.
(Xil)
laquelle Fauguste reclus s'occupe encore , au fond de sa
retraite» de tout ce qui peut contribuer à la grandeur
de sa race; ce sont surtout les égards, la déférence qu*il
montre à ce fils qui lui devait tant. Une seule fois il
se permet de lui donner des conseils (1). Il avait appris
avec douleur — la chose nous est attestée par Qui-
jada (2) — que le roi n'avait pas été présent à la bataille
de Saint-Quentin : au lieu de lui en faire un reproche ,
il s'ingénie à Ten excuser, il va même jusqu'à lui en
faire un mérite (5)! Il lui demande presque pardon de
la liberté qu'il prend de lui recommander les intérêts
de ses deux sœurs les reines douairières de Hongrie et
de Portugal , et de l'infante doFia Maria , sa nièce (4)!
La réponse de Charles-Quint au roi Ferdinand , qui
s'était cru en droit de venir réclamer de lui une somme
de 200,000 florins, est extrêmement piquante : Ferdi-
nand, quand il la reçut, ne dut pas se féliciter de l'avoir
provoquée.
Les lettres de l'Empereur à la princesse doua luana,
qui sont toutes de l'année i557, roulent sur: les négo-
ciations avec le duc de Vendôme; les mesures à prendre
pour la garde des frontières; l'expédition en France
par les Pyrénées , dont le projet fut formé au commen-
cement et à la fin de cette année; les dispositions à
faire pour la réception en Castille de l'infante de Por-
(!) Page 275.
(2) Tome I, p. 170.
(3) Pagc2i3.
(4) Page 58 i.
(1) Pages 286-388.
( xin )
tugal; les précautions à prescrire afin que rien ne fût
distrait de Targent qu^apportait la flotte des Indes; les
secours à envoyer au roi; les demandes que formaient
les reines douairières de France et de Hongrie par rap-
port à la juridiction de Guadalajara et au palais du
doc de rinfantado , et d'autres affaires de gouverne- j
ment. Entre ces lettres « nous croyons devoir signaler t
celle du 26 décembre. Le conseil d*Ëtat de Valladolid, [
considérant, d* un côté, le succès de la campagne qui I
venait de finir, et de Fautre l'épuisement des ressources \
de la monarcbîe, avait exprimé le vœu que le roi fît |
la paix avec la France, pour revenir au plus tôt en \
Espagne, où sa présence était indispensable (1). L'Em- \
pereur écrit à ce sujet à sa fille : < Quoique la paix soit i
en tout temps bonne et louable, et que je Taie toujours f
désirée, afin d'écarter les nombreux et grands incon-
vénients qui sont résultés et résultent de la guerre
pour toute la chrétienté, l'expérience du passé a
prouvé qu'on ne peut se fier aux Français en trai-
tant avec eux , et qu'ils tiennent ce qu'ils ont promis,
seulement lorsqu'ils y trouvent leur avantage : d'ail-
leurs je ne vois pas quels bons moyens aurait le roi
de négocier, dans l'état où sont ses affaires. Je recon-
nais que sa venue en ces royaumes serait aussi né-
cessaire que vous le dites; mais il ne conviendrait
pourtant, en aucune manière, surtout dans les pré-
sentes conjonctures, qu'il s'éloignât des Pays-Bas.
&•«—-"-""- A
h
r-
( wv )
> Cela étant, je n*ai voulu lui donner le conseil de
» venir ni de rester : lui et ceux qui sont près de sa
» personne choisiront le parti le plus convenable (1). »
Je citerai une autre lettre — celle du 5 juillet — , parce
qu'elle nous montre Charles-Quint agissant et parlant,
dans son cloître, comme s*il était encore sur le trône.
La princesse dona Juana, à la nouvelle de la mort du roi
de Portugal Jean III , avait résolu d'envoyer à Lisbonne
don Fadrique Enriquez de Guzman, majordome du
prince don Carlos, pour faire valoir ses droits, comme
mère, durant la minorité du nouveau roi don Sébas-
tien. Cet envoyé passa par Yuste. Charles, ayant vu
son instruction, lui défendit d*en faire usage, et lui en*
délivra une autre. Il écrivit à la princesse : « Ayant
» pris connaissance de Tinstruction que vous avez
» donnée à don Fadrique Enriquez , je lui ai signifié
» qu'il ne me paraissait aucunement convenable qu'il
» traitât de votre part avec la reine de Portugal, ma
» sœur, ni avec les personnages pour qui vous lui avez
» remis des lettres, ni qu'il se servit de celles-ci, soit
> en ce qui concerne le gouvernement de ce royaume
> durant la minorité du roi votre fils, soit touchant la
> maison à former pour lui ou les serviteurs qn^il doit
» avoir, parce que, dans ce commencement, beauicoup
> d'inconvénients pourraient en résulter. Mais, par
» une instruction qu'il emporte de moi et dont je vous
» adresse copie, je lui ordonne ce qu'il a à faire à cet
(I) Page 294.
(ÎV)
> égard : pour le surplus, il y aura du temps. Dans de
» semblables choses, et entre frères, il est bien, pour
» toute sorte de raisons , de procéder avec de grandd
» ménagements; vous surtout, étant ma fille, y êtes
» teûue. Et, comme fai défendu verbalement audit
» don Fadrique de rendre à la reine de Portugal la
» lettre de votre main que Juan Vazquez lui a envoyée
» par un courrier arrivé hier, dans la supposition que
» vous y avez touché quelque chose de ce qui est dit
» ci-dessus, il faudra, s'il en est ainsi, que vous Fin-
> formiez de ce qu'il doit faire de ladite lettre, car il
» s'est mis en route ce matin , etc. (i). »
Dans ses lettres au secrétaire Yazquez, Charles-
Quint traite de matières trop diverses et trop nom-
breuses pour que nous les énumérions ici : nous pré-
férons citer quelques traits où se manifeste le caractère
de l'Empereur. Aussitôt qu'il avait su le traité du duc
d'Albe avec le pape Paul IV, Charles avait vivement dé-
siré d'en connaître les conditions, qui l'inquiétaient (2).
Vazquez les lui ayant envoyées, il les désapprouve de la
manière la plus formelle : c J'ai vu — lui répond-il —
» les lettres originales du duc d'Albe qui étaient
> jointes à la vôtre; les articles secrets qui les accom-
> pagnent m'ont aussi peu satisfait que les articles
> patents (5). » Il s'en était exprimé de la même ma-
(1) Pages S06-207.
(2) Tome I, pp. 445, iU, i95, 243; l. II, p. 266.
(3) Page 304.
( XVI )
nière devant Gaztelû (i). Il ne put pardonner ce traité
honteux — ainsi le qualiCait-il lui-même (2) — ^à Fer-
nando de Tolède, qui pourtant ne Favait signé que
d'après les ordres du roi (5). La trêve que le duc d*Albe
avait conclue auparavant avec Paul lY ne lui avait pas
moins déplu; il n*avait même pas souffert qu'on lui en
lût les stipulations (4). Rien ne lui tenait plus à cœur
que le prompt et rigoureux châtiment des luthériens
arrêtés dans la Yieille-Castille; cependant il apprend
que la princesse gouvernante est malade, que le prési-
dent du conseil royal, Juan de Vega, a la goutte, que
par là les délibérations du conseil sont suspendues : il
s'empresse d'écrire à Vazquez, pour lui en témoigner
son étonnement, et lui dire que le conseil aurait pu s'as-
sembler au logis du président, a une affaire de celte
» importance et de cette nature ne souffrant pas tant
» de délai (5). » Il est beaucoup question, dans notre
premier volume, de l'argent que les officiers de la casa
de contratacion de Séville délivrèrent aux particuliers
à qui il appartenait, au lieu de le réserver pour le ser-
(4) Tome I, p. 238, note 2.
(2) Tome I, pp. 318, 245; t. II, p. iii.
(ô) Quelque temps avant la eonclnsion de cette paix, Ruy Gomez
Avait dit à Tambassadcur vénitien Frédéric Badoaro : o que le roi
» avait rintention d'user d'humbles suppliques envers le pape, et
» même de lui envoyer le due d'Albe, avec la corde au cou, pour
» Tapaiser. » Voy. nos Eclations des ambassadeurs véniHens sttr
Charles-Quint et Philijipe //, p. 93.
(4) Tome I , p. 89.
(5) Page 443.
( XVII )
vtc€ royal, du mécontentement qu'en éprouva Charles-
Quint, des poursuites qu'il fit impitoyablement exercer
contre ces officiers. Yazquez , écrivant à TEmpereur,
avait cherché à se disculper de ce qui était arrivé.
Cliaries n'accepte pas sa justification : « Je ne puis —
» lui dit-il — vous excuser, vous tous qui avez la main
> dans cette administration, quelque irréprochables
Il que vous prétendiez être, d'avoir, en une affaire qui
> importait tant, fait preuve d'une aussi grande négli-
> gence (1). » Une autre fois, comme on va le voir, il
donne une leçon aux ministres de la gouvernante. Pen-
dant qu'il était à Inspruck^ en 1552, il avait fait dé-
poser, dans un coffre à trois clefs gardé au château de
Simancas, 50,000 ducats destinés à l'acquittement des
legs qu'il ferait par ses dispositions testamentaires.
Quelles qu'eussent été les nécessités dans lesquelles il
s'était trouvé depuis, il n'avait jamais permis qu'on
touchât à cette somme (2). Au mois de juillet 1557, le
conseil des finances voulut en disposer, sous promesse
de la restituer dans les cinquante jours , au moyen des
premiers deniers que le trésor recouvrerait : il s'agis*
sait d'envoyer un secours d'argent au roi , et les mi-
nistres, jaloux de signaler leur zèle, s'efforçaient à
rassembler le plus de deniers possible. Cependant le
(1) Page 179.
(S) « ..... Aunque se han ofrescido & S. M. I. grandes nccesidadcs,
despttés aca que el deposito se hizo, nunca fué scrvido que en aqnello
se tocase..... • (Lettre de Tarchevêque de Séyille a la princesse doDa
Juana, du 27 juillet i557.}
Tome 11, b.
( XVIII )
conseil ne crut pas pouvoir exécuter sa résolution sans
Taveu de FEmpereur; il Taurait pu d'autant moins, que
l'archevêque de Séville, qui était gardien d'une des
trois clefs du dépôt , avait refusé de s'en dessaisir (1).
Yazquez soumit donc à FEmpereur la cédule qui conte-
nait Tordre d'extraire du coffre les 50,000 ducats (2).
Charles l'eut à peine reçue qu'il la renvoya , avec in-
jonction de la déchirer (5).
Les lettres à Jean III, à la reine dona Catalina, k
Finfante dona Maria, ainsi que Finstruction de donSan-
cho de Cordova, ont rapport aux négociations que la
reine douairière de France, d'abord, et FEmpereur
ensuite, ouvrirent avec la cour de Portugal, afin que
Finfante vint demeurer en Castille auprès de sa mère.
Ces négociations , l'entrevue de la reine et de Finfante
à Badajoz, qui en fut le résultat, la mort de la reine,
peu de jours après que sa fille se fut séparée d'elle,
seront racontées plus loin avec quelque détail.
Nous nous proposons aussi de nous occuper spécia-
lement, dans la suite de cette préface, des négociations
qui eurent lieu avec le duc de Vendôme, et des démar-
ches que fit la reine douairière de Hongrie pour son
établissement en Espagne.
La lettre de FEmpereur au duc d'Âlburquerque est
relative aux premières.
(4) Lettre citée dans la note 2 de la page précédente.
(2) Pages 2i3-2U.
(3) Page 221.
( 5tix )
Celle qu*il adresse à Quijada^ et rinstruction de ce-
lui-ci , ont trait aux secondes.
L*objet de Tinstruction de don Fadrique Enriquez de
Guzman a déjà été mentionné ci-dessus.
Quant aux deux lettres de Charles-Quint à Farche-
vèque de Séville, elles furent écrites à Toccasion d*un
prêt qui avait été demandé & ce prélat : nous y revien-
drons dans le § suivant.
IV.
De même que les lettres émanées de Charles-Quint,
celles qui s'adressent à lui sont » dans ce volume, beau-
coup plus nombreuses que dans le précédent. On en
compte :
Dix de la princesse dona Juana (pp. 175, 181 , 286,
547, 354, 465, 476, 480, 481 , 492);
Dix-huit du secrétaire Vazquez (pp. 211 , 250, 289,
507, 509, 529, 552, 575, 402, 457, 441 , 447, 451,
456,460,462,475,474);
Trois de Ruy Gomez (pp. 159, 170, 202);
Une de Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme
(p. 106);
Une de la reine Éléonore (p. 111);
Trois de don Sancho de Cordova , envoyé par l'Em-
pereur en Portugal (pp. 127 , 159 , 299) ;
Deux du P. Francisco de Bbrja , qu'il chargea d'une
mission secrète dans ce royaume, après la mort de
Jean II1( pp. 253,255);
Quatre de Fernando de Valdès , archevêque de Se*
ville cl grand inquisiteur (pp. 188, 199, 417, 419);
(XX)
Une de Fernando d'Ochoa, Tun des conladores de
Castille(p. 191);
Une de Juan de Yega, président du conseil royal de
Gastille(p. 405);
Une enfin de fray Bartolomé de Carranza , arche-
vêque de Tolède (p. 495).
Il n'est pas question seulement ^ dans les lettres de
dona Juana à son père , des objets dont traitent celles
qui lui sont écrites par TEmpereur; mais on y trouve
aussi plusieurs autres choses. Par exemple, la princesse
expose à son père le désir qu'elle a de déplacer le
siège de la cour, et d'envoyer le prince don Carlos à
Yuste; elle le consulte sur les mesures qu'elle doit
prendre, après celles qu'elle a déjà prises, à l'égard de
Yadelantado des Canaries, coupable d'avoir manqué
de parole à une de ses dames; elle l'entretient des mo-
tifs de plainte que le roi de Bohème Maximilien donne
à sa femme l'archiduchesse Marie; elle lui confie les
premières insinuations du grand inquisiteur Yaldès
contre Bartolomé de Carranza , etc.
L'accusation que dona Juana forme contre le roi
Maximilien, son beau-frère, dont l'histoire vante les
grandes qualités morales, cause quelque surprise : on
n'en doit que regretter davantage que cette princesse
n'articule pas des faits plus précis.
Dona Juana écrit à l'Empereur, le 8 août 1558 :
€ J'ai reçu deux lettres de ma sœur, et celle-ci pour
» Votre Majesté : il ne me parait pas qu'il y ait amen-
9 dément dans la conduite du roi. Plaise à Dieu que
» mon frère (Philippe II) écrive à Votre Majesté ce dont
( XXI )
Gallo a été porteur (1), afin que la chose n'aille pas
plus loin 9 sans qu'il y soit mis le remède conve-
nable (2)! 1
Le 17 août, elle revient sur ce chapiti^e : c L'arche-
vêque de Tolède est arrivé; — mande-t-elle à son
père — il est chargé par le roi de parler à Votre
Majesté du fait du roi de Bohème. Quoique je sache
combien cela intéresse Votre Majesté, je ne puis
laisser de lui rappeler la peine dans laquelle est ma
sœur, et supplier Votre Majesté de Ten tirer, parce
que, après Dieu, Votre Majesté est son unique re-
cours. Le roi n y pouvant rien , Votre Majesté doit se
persuader que ce sera une terrible chose que de vivre
avec cet homme. Quoique ma sœur soit fille de Votre
Majesté en la chrétienté, les émotions qu'elle aura,
la conduite du roi, Tisolement où elle se trouve,
n'ayant autour d'elle personne à qui se confier,
pourront être cause qu'elle fasse quelque sottise.
C'est un très-grand danger, et il est plus grand en-
core pour ses enfants : car de les lui retirer. Votre
Majesté voit déjà quel désespoir ce serait pour elle ,
qui n'a , je crois, aucune autre consolation.
» Je supplie Votre Majesté de considérer tout cela ,
(i) Gallo, que Cabkkra appeUc h grande orador i teologo », avait
été eoToyé par Philippe II en Allemagne, au commencement de
1557, afin de s^assurer de l'état où s'y trouvaient les affaires de
la religion , et de remédier au mal autiint que possible. Hisioria de
FtHpt II, liv. III, chap. X, p. 465«
(2) Page 468.
( ^^^^ )
» et de croire que le seul moyen de sortir d*inquiétude
> est 4*êcarter de ma sœur et de ses enfants un tel
» malheur. Que Votre Majesté veuille bieo employer
» tous ies moyens possibles à cet eflet , car le reste ser-
» vira de peu! Moi, je ressens ce qui se passe de telle
» manière que je ne puis m*abstenir de fatiguer Votre
» Majesté, en le lui rappelant souvent (1). »
Enfin, dona Juana informe son père, le 29 août»
qu*elle presse Tarchevèque de Tolède de se rendre
auprès de lui, afin de lui rendre compte de ce qui
touche la reine de Bohème, pour qu'il y soit mis ordre
en temps (2).
J/arehevèque de Tolède, on le sait, arriva trop tard
à Yuste : mais nous connaissons, par des lettres de
Quijada à Philippe II, insérées dans le i" volume de
ce Recueil, les dispositions où était Charles-Quint à
regard de son gendre. Quijada écrit au roi, le 17 sep-
tembre 1558 : c S. M., après avoir entendu Tarcke-
» vèque, se serait résolue sur le fait du roi de Bohème;
» elle lui aurait envoyé une personne expresse chargée
» de lui représenter la peine qu elle éprouvait de ce
» qui se disait de lui (3). » Il répète la même chose
dans sa lettre du «50 septembre, en ajoutant que T Em-
pereur avait éprouvé une grande peine de ce qu'il
n'avait pu entretenir l'archevêque de cet objet (4).
(4) Piigei77.
(5) Page 493.
(3) Tome I , p. 375.
( XXllI )
Quels étaient donc les motifs de plainte que Maxi-
rôilien donnait à sa femme?
Tai demandé à don Manuel Garcia si les Archives de
Simancas ne renfermaient pas d'autres documents qui
pussent éclaircir ce point. Sa réponse a été négative.
fai compulsé curieusement, à la Bibliothèque impé-
riale, à Paris I les relations manuscrites des ambassa-
deurs vénitiens revenus de la cour de Vienne. Les en-
voyés de Venise, dans les rapports qu'ils faisaient au
sénat, s'occupaient beaucoup de la personne et du carac-
tère des princes auprès desquels ils avaient été accré-
dités, et rien n'échappait à leur pénétration : il me sem-
blait impossible que le mot de l'énigme que contiennent
les lettres de dona Juana son père, ne se trouvât point
là. On va voir le résultat qu'ont eu mes investigations.
Il existe deux relations de la cour de Vienne, de ce
temps. L'une, qui porte la date du 12 octobre 1557,
est Foavrage de Paul Tiepolo; Fautre, qui est datée de
1563, a été faite par Jean Micheli.
Tiepolo, après avoir parlé assez longuement de Maxi-
milien, s'exprime ainsi : c La reine sa femme a sa cour
» distincte de la sienne; elle a aussi son écurie et sa
» cuisine à part, ne mangeant point avec son mari.
» Elle n'est pas belle : mais on la réputé fort sage,
> car elle a su si bien s'accommoder à l'humeur de son
» mari, qu'il l'aime EXTRAORDUfAnkEiiENT, quoiqu'il ait
> une grande haine pour l'Empereur, son père (1). »
(i) • ...•• La regina sua moglie tieoe ancor essa corte separaU da
{ XXIV )
Maximilien avait, à celle époque, de sa femme, cinq
enfants en vie, trois fils et deux filles, et, chaque année,
sa famille s'augmentait.
Micheli s'étend plus encore sur le roi de Bohème ;
quant à la reine, voici ce qu*il dit : « La sérénissime
» Marie, sœur du roi d'Espagne, est femme de Son
» Altesse : il l'aime autant qu'il est possible d'aimer ,
» parce que, si elle n'est pas très-belle , elle est si sage
» et si catholique qu'on ne saurait l'être davantage. Il
> a déjà eu d'elle dix enfants, dont huit sont en vie,
> deux filles et six fils.... (i). >
Des témoignages aussi catégoriques excluent toute
supposition défavorable à la conduite privée de Maxi-
milieu.
Les torts que doîia Juana lui imputait ne pouvaient
donc être que poliiiques ou religieux. Il est certain que
Maximilien n'aimait pas l'Empereur, son beau -père,
ni le roi d'Espagne, son beau-frère, ni la nation espa-
gnole : il avait successivement éloigné de sa cour et de
celle de sa femme toutes les personnes de cette nation
lui..... Ha la stalla et cucina sua da parte» perche non mangia col
inarito. Non é bclla, ma tcnuta molto savia, perché ha saputo con si
fatto modo sccondare Tingcgno de! marito , ch* egli grandissîmamcnte
Tama , cou tutto che odia il padre grandcmcnle » (MS. 377
S'-Gcrmain-IIarlay, 1 1, fol. 491 y«.)
(I) « £ moglic di Sua Altezza la scrcnissima Maria , sorella del
rc dî Spagna, la qualc ama quanto è possibile, perche, se bcnc non è
roolto bclia, è tanto savia et cattolica che più non potrcbbe csscrc.
Con qucsta ha già liavuti dicci fjgliuoli, otto di quali sono vivi, cioé
duefemineet sei maschi » (Ibid,, t. II, fol. 506.)
l
( XXV )
qui y étaient attachées , à deux ou trois exceptions
près(<). Il laissait, en toute occasion, percer Tantipa-
ihie qu'il éprouvait pour la branche espagnole de sa [
famille. L'ambassadeur Tiepolo rapporte, à ce sujet,
une anecdote piquante : « L'année dernière, — dit-il
» — quand Maxin)ilien fut aux Pays-Bas, la hauteur
» avec laquelle il se vit accueilli par le roi d'Espagne
» et par les principaux de sa cour, lesquels n'allèrent
» jamais le visiter , l'enflamma d'une colère et d'une
> indignation telles , qu'il ne put s'empêcher de dire
» un jour à la reine, sa tante, que, puisqu'il n'avait \\[
> obtenu de son beau-frère rien de ce qui raisonna-
» blement devait lui être accordé , et qu'on tenait si peu
» de compte de lui , il tenterait la fortune ailleurs. La
> reine lui demanda ce qu'il voulait dire par ces pa- 1
> rôles, et si peut-être il songeait à s'arranger avec le |
» roi de France, qui recherchait sa faveur autant que
» celle du roi d'Espagne : alors il répliqua que, si
> un arrangement avec la France ne suffisait pas,
» il s'entendrait au besoin avec le Turc, pour faire
» son affîiire (2). > D'autre part , nous voyons , dans
(1) Relatîoos de Tiepolo et de Michcli.
(2) « Essendosi dî qucsto non solamente chiarîto Tanno pas-
sato, qnando fu in Fiandra, nia ancora conosciuta la grandezza et
repatatione ehe hareva seco il re dl Spagna suo cognato , et H mag-
giorî deila saa corte (che non andarono mai a yisîtarlo), s'è infîam- ^
Diato tanto d'ira et di sdegno, che, sicome rcbbe poi a riferire ad
allri, non si contcnnc un giorno di dire alla rcgina Maria sua amida ,
ehe non havendo otlcnnto dal cognato cosa alcuiia di qucllo che
ragioncvolmcntc dlssegnara, et yedcndo che poco conto si teneva di
\
I <
r
( XXVI )
Cabrera , que Maximilien voulut donner à ses enfants
des précepteurs hérétiques, et qu*ii s*éleva à ce sujet
des discussions entre lui et sa femme (1).
Revenons à nos lettres.
Celles de Vazquez (2) ont pour objet d'informer
TEmpereur des nouvelles que le gouvernement rece-
vait des Pays-Bas, d'Angleterre, d'Italie, d'Afrique et
de l'intérieur du royaume , ainsi que de la suite donnée
aux affaires auxquelles Charles s'intéressait.
lui , havcrebbe pcr altra via cercata la sua ventura. El domando la
regina quello che voleva con qucste suc parole significare, et se forsi
d'accordarsi con Francîa, che cercava tanto la gracia di lui quanlo
queUa del re di Spagna , gli repllco che se non bastava con Francia,
che si saria accordato col Turco , per fare il fatto suo..... * (MS. S77
Si-Germain-Harlay, t I, fol. i90.)
Dans un autre passage de sa relation , Tiepolo parle encore du
mécontentement avec lequel Maximilien revint des Pays-Bas, en 1556.
Je ne connaissais pas ces particularités, lorsque j'écrivis mon
Introduction*
[{) Voici comment s'exprime Cabrera :
« Era mal aconsejado (Maximilien) en esto de Ayzingan, cuyo
padre mandé degoUar el Emperador por rebelde, i sustentaba los
! predicantes, i proponia maestros daOados para los hijos del rey :
; pcro resistido gallardamcntc de la madré religiosissima i de su aya
i Policcna Laso de Gastiila, valcrosa i mui zclosa de la religion cato-
lica, hcrmana del mayordomo mayor, i de las Espaîlolas de su ca-
I mara , i mas en que no recibiese en ella à dotia Isabcl Brizeflo , zuin-
I gliana herege, segun afirmaba Pcrncstan, buen catôlico, criado de la
; rey na , ni Garcia Manrique su marido para maestrcsala , i asi fuéroa
; espelidos, i ella murié en Genebra.^.. » (Historia de Felipe II, liv. IV,
} chap. X, p. 165.)
i (2) Nous nous sommes vu forcé , par les motifs exprimés au com-
i mencement de cette préface , d'en laisser vingt à vingt-cinq de côté.
{ xxvu )
Dans le principe du séjour de l'Empereur en Espa-
gne, Yazquez ne lui écrivait point; il correspondait
seulement avec Quijada et Gaztelû. La première mis*
sive que nous ayons de lui à l'Empereur est du 15 dé-
cembre 1556; elle sert de réponse à une lettre par
laquelle TEmpereur sollicitait le prompt envoi d'une
somme de 4,000 ducats dont il avait un besoin pres-
sant (1).
Il est curieux de voir comment Charles-Quint , qui
avait semblé vouloir rester étranger désormais aux
émotions de la politique, y reprit goût peu à peu.
Durant le trajet de Laredo à Jarandilla, les communi-
cations de Gaztelû et de Quijada à Yazquez ne font
mention que des incidents du voyage; mais Charles
est à peine installé de deux jours au château du comte
d'Oropesa, que son secrétaire écrit à Yazquez : c J'ai
reçu votre lettre par ce courrier. J'en ai communi-
qué la substance à S. M. Elle a quelque souci de la
résolution qui sera prise par rapport à la Flandre et
à l'Italie; et ainsi il sera bien , lorsque vous en aurez
connaissance, que vous m'en donniez avis, parce que
S. M. aime encore à être instruite de ces choses^là, et
même d'autres de celte nature (2). >
Trois jours après, Gaztelû écrit encore au secré-
taire d*Ëtat : c J'ai rendu compte à S. M. de ce que
(1) Ces deux lettres se trouvent parmi Jcs pièces que nous n'avons
point in:»crées dans notre Recueil.
(3) Lettre du 15 novembre 1556, dans le tome I, p. 1%
( XXVIll )
» vous venez de me mander , et de ce que j'avais su
> aussi par des lettres de la cour de Flandre. S. M. a
» été charmée de l'apprendre; et toujours, dans les
ji choses de cette nature, elle demande s'il n'y a rien
)> de plus : d'où f infère qu'elle ne serait pas fâchée
» qu'il y eût davantage (1). »
Le 29 novembre, nouvelle insinuation du même
genre faite par Gazlelù à Vazquez : t S. M. — lui dit-il
» — a entendu la lecture des nouvelles que vous me
» donnez d'Italie : elle s'est montrée satisfaite de votre
» lettre, ainsi que de ce qu'Erasso écrit de ia santé du
» roi : elle désire que vous communiquiez de même
» ce qui viendra à votre connaissance {%. 9
Vazquez avait fait parvenir à Jarandilla des nou-
velles des Pays-Bas. Gaztelû lui mande, le 16 janvier
1557 , que l'Empereur en a été bien aise, et il ajoute :
< Vraiment, je m'aperçois que non -seulement ces
> sortes de nouvelles plaisent à S. M., mais encore
» qu'elle interroge les uns et les autres, quand il
> arrive un courrier, afin d'en savoir, par toutes les
> voies, le plus possible (3). >
Enfin, le 1*^ février de la même année, Gaztelû,
accusant la réception de trois lettres de Vazquez , lui
dit : < J'ai fait part à S. M. de ce qu'il m'a semblé con-
> venable de lui communiquer de vos lettres. Comme
> souvent je vous l'ai écrit , non-seulement elle ne se
(4) Lettre du 18 novembre 1556, (. I, p. i5.
(2) Tome I, p. 57.
(3) Ibid,, p. 90.
( XXIX )
» fâche pas de pareilles communicalions, mais encore
» elle en est charmée, et elle le serait davantage, s'il y
i avait dC autres particularités à lui apprendre (1). »
Plus tard, Charles -Quiot désira que Yazquez lui
adressât directement ses bulletins. Le secrétaire de
dona Juana était très-exact dans Faccomplissement de
ce devoir : il n'ignorait pas — et d'ailleurs Gaztelû
avait eu soin de le lui rappeler — c que TËmpereur était
» la personne du monde qui entendait être servie le
> plus ponctuellement (2). » Quelle que fut toutefois
son exactitude, elle n'égalait pas encore Timpatience
avec laquelle souvent les nouvelles étaient attendues
par Charles, qui se les faisait lire d*un bout à l'autre (5).
Uo jour même — c'était au mois de juillet io58 — il
ordonna, si certaines dépèches arrivaient après qu'il
se serait mis au lit, que Gaztelù vint néanmoins lui en
donner lecture (4).
Les trois lettres de Ruy Gomez sont relatives à la
mission dont Philippe II le chargea en Espagne, et sur
laquelle nous aurons à revenir.
Celle de Marguerite d* Au triche nous fait connaître
répoque précise ou cette princesse s» rendit, avec son
fils Alexandre, auprès du roi, dans les Pays-Bas. Nous
y trouvons aussi l'expression des sentiments que Mar-
gi|prite professait pour son père : < Si Dieu — écrit-
(I) Tomel, p. 115.
(3) Ibid., p. 156.
(3) Tome I, pp. U5, 186, 918 , 229; t. II, pp. 458, 484, 490.
(4) Tome II , p. 454.
\ 1 •
1
( »x )
> elle — m'eût fait cette grâce que j'eusse rencontré
> y. M. aux Pays-Bas, je n'aurais plus eu rien à sou-
» haiter au 'monde : car le désir que j'ai de la Yoir et
» de lui baiser les pieds et les mains , avant de mourir,
> est extrême, et autrement je ne pourrai vivre cod-
1 tente (1).»
On remarquera que cette lettre de Marguerite est en
langue italienne. Née en Flandre, et élevée à la cour de
Bruxelles, la fille de Charles-Quint et de Mai^erite
Vander Gheenst avait dû , dans son enfance, ne parler
que le français : mais elle avait été conduite fort jeune
en Italie, pour épouser Alexandre de Médicis, duc de
Florence; et là, si elle n'oublia pas tout à fait sa langue
maternelle, elle perdit l'habitude de l'écrire. Lors-
qu'elle devint gouvernante des Pays-Bas, ce fut aussi
en italien qu'elle rédigea sa correspondance confiden-
tielle et autographe avec Philippe II (2).
La lettre de la reine Êléonore et celle de l'ambassa-
deur don Sancho de Cordova concernent la négocia-
tion de Portugal dont nous avons déjà parlé.
Dans le temps même que cette négociation se sui-
vait à Lisbonne, ^Charles-Quint en entama une autre
avec la reine douairière dona Catalina , sa sœur; mais
celle-ci devait rester enveloppée de mystère : il s'agis-
sait de faire reconnaître les droits du prince don Cargos
à la succession de Portugal, au cas que le roi don Sébas-
(1) Page 106.
(2) Voy. la Correspondance de PhVxppe II surlei affaires des Pays-
Bas, etc.
( XXII )
tien vint à mourir sans postérité. Charles choisit pour
Dégociateur le P. Francisco de Borja , qui, après avoir
rempli les charges les plus éminentes, était entré dans
rinstitut des jésuites, dont il était devenu le commis-
saire général pour toute la Péninsule. Borja avait du
crédit à la cour de Portugal ; la reine douairière , en
particulier, le voyait avec une faveur marquée (1).
Dans ses lettres à l'Empereur , le P. Francisco Tin-
slruit , à mots couverts et sous des noms supposés ,
de ce qui s'est passé entre lui et la reine. Ce ne sont
là, toutefois y que des indications préliminaires. Pour
mieux savoir quel fut le résultat du voyage du commis-
saire général de la société de Jésus , il faut recourir à
ce que Charles-Quint en écrivit au roi, son fils, quelque
temps après (2).
Nous regrettons qu'on ne nous ait pas envoyé de
Simancas, si elle existe aux Archives, Tinstruction
dont Borja était porteur (5). C'eût été une pièce impor-
tante à connaître.
Un des moyens de finances que Ruy Gomez, lorsque
Philippe II le fit partir pour l'Espagne , eut ordre de
mettre en pratique , fut de réclamer des riches prélats
du royaume des prêts d'argent proportionnés aux re-
venus qu'ils tiraient de leurs dignités. Dans la réparti-
(1) CharUs'Quint, etc., par M. Mionbt, 2"« édition, pp. 167 et
suhr.
(3) Pages 368-570.
(5) • ..... Conforme à la instruccion que traia », ditril dans sa lettre
da 6 octobre, p. 254.
( XXXll )
tion qui s'en fit, la quote-part de Fernando de Valdès ,
archevêque de Séville, fut fixée à 150,000 ducats; la
princesse doua Juana les lui demanda » en présence de
Ruy Gomez , et en vertu des pleins pouvoirs que ce mi-
nistre avait reçus du roi. Valdès jeta les hautes cris : il
déclara qu*ii lui était impossible de satisfaire à une pa-
reille demande; qu*il n*avait pas à sa disposition, à
beaucoup près, une somme aussi considérable.
Deux des quatre lettres de Tarchevèque à Charles-
Quint ont trait à cette affaire. L'Empereur lui avait
écrit, pour lui témoigner son étonnement des excuses
qu'il alléguait , dans une conjoncture comme celle où
se trouvait le roi, et pour le menacer de quelque
démonstration qui lui serait désagréable (1). Valdès,
dans sa première lettre, s'applique à convaincre l'Em-
pereur de son impuissance; il exprime ensuite la con-
fiance que la démonstration dont l'Empereur a parlé ,
consistera à le proclamer très-fidèle et très-zélé servi-
teur de Sa Majesté et du roi (2). Charles-Quint ne se
paye pas de ces raisons, et insiste (5). Alors Valdès
proteste de son dévouement, se plaint que sa fidélité
et sa véracité soient mises en doute , sollicite un exa-
men rigoureux de ses comptes : mais finalement il ne
s'engage à rien (4).
(1) Pages 186-187.
(2) Pages 488-190.
(3) Pngrs 195-1 OC.
(4) Pages 199-201.
( XXXIU )
A côté (le ces lettres de rarchevèquc, il faut mettre
le rapport du contador Hernando de Ochoa , qui Tétait
allé trouver de la part de TEmpereur. Le récit qu*y fait
Ochoa de sa conversation avec le prélat est très-amu-
sant : on ne saurait s'empêcher de rire des protesta-
tions de pauvreté et des jurements que prodigue Valdès,
tandis que le contador lui prouve, par le détail de ce
qu'il a touché, depuis qu'il occupe le siège de Séville,
qa il peut très-bien , sans se gêner, prêter la somme
pour laquelle on a eu recours à lui (1). Ce Yaldès était-
il donc aussi avare qu'il était fanatique et méchant?
Les deux autres lettres de l'archevêque sont d'une
haute importance : elles expliquent comment l'inquisi-
tioD découvrit le foyer de luthéranisme qui s'était formé
dans la Yieille-Gastille, et font connaître les premières
mesures qu'elle prit pour l'éteindre. Don Adolfo de
Castro eût tiré un grand parti de ces documents, s'il
les eût connus , dans son fftstom de los protestantes
espaîiotes (2).
Le président du conseil de Castille, Juan de Yega , et
l'archevêque de Tolède, fray Bartolomé de Garranza,
n'écrivent à l'Empereur : le premier, que pour lui re-
commander les intérêts de la reine douairière de Hon-
grie; l'autre, pour s'excuser du retard qu'il met à se
rendre à Yuste.
(1} Pages 19M9i.
(2) Uistoria de los protestanlcs espaîioles y de su perseciichn par
FeHpelly Cniiix.iSM, in-8^
Tome H. c.
P--Î*
•t *
u
I
V
( XXXIV )
Y.
Les lettres des serviteurs de Charles-Quint, qui,
dans notre premier volume , forment la grande majo-
rite des pièces, sont entore ici au nombre de soixante-
sept. Il y en a :
Vingt-deux du majordome Quijada (pp. 97, 121,
i45, 146, 163, 165, 262, 264, 265, 315, 322, 530,
346, 550, 455, 458, 470, 487, 505, 506, 507, 515);
Trente et une du secrétaire Gaztelù (pp. 142, 164,
222, 225, 228, 255, 238, 280, 305, 320, 324, 328,
345, 577, 581, 582, 585, 588 , 389, 405, 410, 414,
425, 459, 445, 446, 454, 459, 485, 490, 501);
Dix du docteur Mathys (pp. 511, 526, 565, 565,
373, 399, 409, 413, 450, 482);
Trois du premier aide de chambre Van Maie (pp. 167,
174, 261);
Et une de Jean Poupet, seigneur de la Ghaulx, qui
accompagna FEmpereur, dont il avait été le sommelier
de corps, jusqu'à son entrée au monastère de Yuste
(p. 108).
Toutes ces lettres, à Texception de deux , où Quijada
rend compte à l'Empereur de la commission dont il a été
chargé à Valladolid (1), sont écrites au secrétaire d'État
Vazquez, à la princesse dona Juana, à Philippe II.
(1) Voy. p. X.
I
(1) Voir la lettre de Gaztelû à Vazquez, du 30 avril I5ir7, dans
let.I,p. U6.
(2) Voir la lettre du même au même-, du 37 avril 1558, dans le
t II, p. 582.
(3) Tome II, p. 167.
■i*'.vj
t •^ f
( sxxv )
Elles complètent le journal de la vie de Charles-Quint,
dans sa retraite.
Les caractériser ainsi, c^est faire ressortir suffisam-
ment Fintérèt qu'elles présentent. Combien, pourtant,
seraient plus intéressantes encore , si Ton parvenait à
en découvrir un jour, celles que Hathys , Van Maie et
les autres Belges attachés au service de FËmpereur f
adressaient à leurs parents et à leurs amis des Pays-
Bas! car, là, sans aucun doute, ils s^exprimaiént en
toute liberté; ils entraient dans des détails que ne com-
portait point une correspondance destinée à passer sous
les yeux des ministres ecl^agnols. Ils écrivaient beau-
coup, ces Belges (1) , et l'Empereur, qui avait pour eux
une affection particulière , avait donné des ordres ex-
près, afin que leurs correspondances fussent toujours
expédiées avec soin (2).
Guillaume Yan Maie, dans sa première missive à
Vazquez, fait espérer une correspondance suivie : t Je
» ne vous ai pas écrit jusqu'à présent, lui mande4-il ,
> parce que Luis Quijada le faisait avec tant de régu-
la larité, que je n'aurais pu que vous ennuyer : maintè-
» nant qu'il est parti, je veux lutter de zèle et d'exac-
n tilude avec Gaztelû (5). » Nous attachions beaucoup
de prix aux lettres de Van Maie, et nous les avions tout
*j
»■
H.
X
I
( XXXTI )
spécialement signalées à don Manuel Garcia : on n'a
trouvé, dans les Archives, que celles que nous publions.
Il faut croire que Taide de chambre favori de l'Empe-
reur ne continua pas sa correspondance avec le secré-
taire d'État.
Ces lettres de Van Maie montrent qu*il écrivait en
espagnol avec autant de facilité qu'en latin, en flamand
et en français. Il n'en était pas de même de Matbys, et
nous voyons Van Maie, le 24 octobre 1557, lui servir
de secrétaire, pour transmettre à Vazquez une lettre
latine du docteur, destinée au roi (i). Cependant, à
partir du 50 de ce même mbis d'octobre (2), toutes les
lettres de Mathys à Vazquez sont en espagnol : ce qui
prouve qu'il avait pris à cœur de se mettre au courant
de la langue du pays, et elles ne sont pas trop mal tour-
nées, quoiqu'il s'excuse, auprès du secrétaire d'État,
sur son ignorance de cette langue, du peu de détails
qu'il lui donne, et de l'incorrection de son style (S).
Notons, en passant, que Van Maie n'eut pas à se
louer du séjour de Yuste : il y perdit deux fils , de trois
qu'il avait, et y eut sa femme presque continuellement
malade (4).
Mathys nous apprend que, dans la saison des fruits,
Charles-Quint commençait son diner, en mangeant
une grande quantité de cerises et de fraises , celles-ci
(1) Tome II, p. 261.
(2) Tome I, p. 497.
(3) Jbid., p. 252.
(4) Tome 1, p. 179; t. II,p. 2G1.
XXXVll )
accompagnées d'une écuelle de crème : ensuite il se fai-
sait servir un pâté assaisonné d'épices, avec du petit
salé bouilli et du jambon frit. Le reste des mets n*était
que des accessoires (i).
Charles aimait beaucoup les fruits, qui souvent Tin-
commodaient (2); mais il u*en mangeait pas moins,
pour cela.
II en était de même du poisson, qui , de tout temps,
avait été contraire à sa constitution (3) , et toutes les
observations qu*on pouvait lui faire à ce sujet étaient
inutiles (4). Aussi Quijada disait-il que probablement
les rois s'imaginaient avoir un estomac et une corn-
plexion différents de ceux des autres hommes (5).
En général , Charles-Quint à Yuste faisait sa nour*
riture d'aliments malsains : des viandes indigestes , des
harengs secs, du poisson salé, de Tail, entraient sou-
vent dans le menu de ses repas (6). Cette mauvaise ha-
bitude n'était, du reste> pas nouvelle diez lui; elle datait
du temps de sa jeunesse : nous en avons fait la remar-
que dans notre Introduction (7).
Les lettres de Quijada et de Gaztelû nous fournis-
sent la confirmation de plusieurs des faits rapportés par
(I) Page 399.
(3) Tome I, pp. 1G6, 178; t. II, p. 458.
(3) Tome I, pp. SI, 1S7, 352, 280.
(i) Ibid., pp. 115, 355.
(5) JM., p. 259.
(6) Ibi<L, p. 282; t. H, p. 409.
(7) Pogc7.
t:-
ç»»
( XXXVIll ) "
i'hiéronymite, autetir de la relation qui est publiée dans
ce Volume pour la première fois : nous nous bornerons
à en citer deux. L*btéronymite anonyme dit quelle jour
de S -Mathias» TEmpereur offrait à Fautel du couvent
autant d*écus qu'il avait d'années, et un de plus (1);
Quijada écrit, le "24 février 1558, à Vazquez: « Aujour-
» d'hui , jour de S^-Mathias , j*ai offert 59 écus pour
» les années de TEmpereur (2). » L'hiéronymite parle
d'une visite que fit à l'Empereur doiïa Magdalena de
Ulloa, femme de Quijada, et, le 19 juillet 1558, Gaz-
telu mande à Vazquez: c L'autre jour, doïia Magda-
» lena alla baiser les mains à S. M., qui la reçut avec
» toute faveur (3). » Ce sont là autant de témoignages
de la véracité du moine anonyme.
A la nouvelle de l'acceptation, par les électeurs, de
sa renonciation & la dignité impériale» Charles-Quint
avait donné ordre à Gaztelù de ne flm mettre, en
haut de ses lettres^ le titre d'empereur ni aucun au-
tre (4); il avait aussi, à cette occasion , mandé à Vaz-
quez : « Vous examinerez, avec la princesse, conuiieut
« on doit m'écrire dorénavant, et me donnerez avis de
» ce qu'il vous en aura semblé (5). » Il résulte d'une
lettre de Gaztelù que, sur ses instances et les obser-
vations de Vazquez , l'Empereur ne persista pas dans
(1) Page 37.
(3) Page SU.
(3) Page 455.
(4) Tome I , p. 393.
(5) ibid., p. 396.
•*•
>"
( XXXll )
sa résolution (i) Et, en effet, nous n apercevons aucun
changement dans le formulaire des lettres écrites et
reçues par lui, depuis le mois de mai 1558; il y qua-
lifie toujours Vazquez de son secrétaire et de secré-
taire de son conseil; ses lettres continuent d'être contre-
signées de Gaztelû , par ordonnance de Sa Majesté; et
non-seulement Vazquez, mais encore là princesse dona
Juana, Tarchevèque de Sévilie , Farchevêque de Tolède,
c'est-à-dire les personnages les plus éminents de TËtat ,
se servent, en lui écrivant , de la courtoisie : Sacrée
Catholique et Impériale Majesté.
Une lettre de Gaztelû contient cette particularité
singulière : qu'à Lisbonne les médecins de. la cour
avaient formellement prédit la mort de l'Empereur
pour le 21 septembre (2). Ç,e trait rappelle celui qu'on
raconte d* André Vésale, lequel , consulté par Maximi-
lien d Egmont, comte de Buren , sur le terme probable
de son existence, en fixa le jour et l'heure de la ma-
nière la plus précise (3). .
Quatre des lettres de Quijada sont postérieures à la
mort de l'Empereur. Van Maie et Mathys sont assez
maltraités dans celle du 4 octobre 1558 , écrite à Vaz-
quez. Selon Quijada, Van Maie avait reçu de TEmpe-
peur plus de faveurs qu'aucun de ses compagnons, et
peut-être le méritait-il moins; quant à Mathys, il avait
(4) Tome n, p. 411.
(9) Page KOI.
(3) Voy. Brantômb, Vies des hommes illustres étrangers, et De
ThoU; Histoire universelle, liv. V, t. 1, p. 564 de TédlUon française.
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(XL)
eu au delà de 2,000 écus de gratifications depuis le
départ de Bruxelles; il recevait 600 écus de gages,
outre le logement et la table pour lui et ses dômes-
tiques, c Ces deux-là — ajoute le majordome — s*cn
» vont plus riches que s'ils venaient du Pérou, et
» non moins avides que s'ils y allaient (1). » M'est-il
pas digne de remarque que partout on retrouve l'an-
tipathie qu'il y avait entre les Espagnols et les Fla-
mands, antipathie qui déjà, à cette époque, avait pro-
duit des fruits bien amers, et qui, quelques années
après , devait avoir des conséquences si terribles ?
Une anecdote des plus curieuses nous est révélée
par la lettre de Quijada au roi, du 12 octobre 1558.
Cette lettre nous apprend que, la veille de sa mort,
Charles-Quint fit remettre à Ogier Bodart, fun de ses
aides de chambre, 600 écus d'or, pour en acheter, à
Bruxelles, 200 florins de rente viagère au profit de la
mère de don Juan d'Autriche (2); c'était, à 54 écus
près, comme on le verra plus loin, tout ce qui restait
dans sa cassette.
Que de réflexions pourrait faire naître cet acte de
Charles-Quint mourant! Il en est une qui se présente
tout d'abord à l'esprit. Au moment où il va quitter la
(1) Pages 504-505.
Van Malc et Malliys partirent de Yustc pour Valladolid, sans
attendre qu'on leur eût distribué la gratification et les vêtements de
deuil qui leur revenaient. (Lettre de Quijada h VazqucS; du 8 octobre
1558.)
(2) Page 506.
( XLl )
terre, Charles songe à la femme qui a été l'objet d'uQ
de ses derniers caprices > et qu'il a rendue mère; il sait
qu'elle ne jouit pas d'une existence fortunée; il veut lui
donner une marque de souvenir; et la modique somme
de su CENTS ECUS , voilà tout ce dont il peut disposer
pour elle , lui qui a été le plus puissant monarque de
l'Europe ! Pourquoi aussi, au temps de sa puissance,
De s'était-il pas occupé davantage de l'avenir de Bar-
bara Blomberghe? Il l'avait mariée et fait venir aux
Pays-Bas : mais veut-on savoir la libéralité dont il avait
usé envers Jérôme Keghell , son mari? il l'avait gratifié
d'une pension de cent florins (1). Plus tard, il est vrai,
il avait fait de Keghell un commissaire aux revues :
mais ce n'était là une charge ni bien relevée , ni bien
lucrative*
On est frappé d'une chose, en envisageant les faits
qui se rapportent à la naissance et aux premières
années de don Juan d'Autriche : c'est du mystère dont
Charles-Quint s'applique à envelopper cet épisode de
sa vie. Il enlève à Barbara Blomberghe le fils qu'il a
eu d'elle, et, au lieu de s'en avouer le père, de lui faire
donner une éducation conforme au sang dont il est
issu, ainsi qu'il l'avait fait pour la fille de Marguerite
Vander Gheenst, il le remet à son joueur de viole,
Francisco Massi, qui le conduit en Espagne, ou on
rélève obscurément sous le nom de Gerônimo; plus
(I) G>mple de la recette générale des finances de 1554, aux
Ârchires de Lille; extraits des mêmes comptes, aux ÂrohÎTes dé
BnixcUcs.
■v^*-
( XLU }
tard , il détermine Quijada à le prendre chez lui : Qui-
jada persuade à sa femme que cet enfant esl le fils d*un
ami dont il s*est engagé à taire le nom. Lorsque, au
mois de juillet 1558, doua Magdalena vient s'établir à
Cuacos , elle y emmène le jeune Gerônimo ; Charles a
plusieurs fois Toccasion de le voir : il se garde, avec le
plus grand soin, de laisser soupçonner le lien qui les
unit l'un à l'autre (1); il veut que ce secret ne soit
connu qu'après qu'il ne sera plus au monde ; il l'a dé-
posé dans des écrits cachetés qui ne doivent être ou-
verts qu'alors; il a exprimé, dans les mêmes écrits ,
l'intention que son fils, si l'on peut l'y déterminer vo-
lontairement, prenne l'habit d'un ordre religieux (2);
il persévère jusqu'au bout dans ces résolutions; enfin ,
c'est clandestinement qu'il fait parvenir à Barbara
Blomberghe les 200 florins de rente viagère dont, la
f veille de sa mort, il pense à la gratifier : Ogier Bodart ,
i qu'il charge de cette commission , a été initié de bonne
heure à ses relations avec la jolie fille de Ratisbonne ,
et aux suites qu'elles ont eues (3). Tout cela fait voir
jusqu'à quel point Charles-Quint était honteux d'une
faiblesse que la morale aurait pu lui reprocher.
La lettre de Quijada au roi, du 6 juillet 1559, par
laquelle se termine notre Recueil , contient d'intéres-
sants détails sur le jeune Gerônimo , qui allait bientôt
^ (1) V. p. IV.
^ (3) Papier» d'État du cardmal de Granvelle, t. iV, pp. 406-500.
— CharUe^Qumtf elc, par M. Miomet, â»* édit., pp. 382 et suiv.
! (3) Papiers d'Étal de Granvelle, 1. c
i
( XL"I )
échanger ce nom vulgaire contre celui plus noble de don
Juan (l'Autriche. L'Empereur avait donné à Quijada,
pour son page, une mule qu'il montait quelquefois à
Yuste, et qui était probablement la même sur laquelle
il s'était rendu de sa petite maison du Parc au palais
de Bruxelles, le jour de son abdication (1). Quijada en
faisait du cas, parce qu'elle était fort douce, et que
Gerônimo était fort étourdi. Cependant, Gonzalo Ferez,
principal secrétaire du roi, réclama cette mule, pré-
tendant qu'elle lui appartenait, et qu'il l'avait prêtée à
TEmpereur; déjà elle avait été convoitée par le docteur
Corneille de Baersdorp. Quijada fait connaître au roi
ce qui s'est passé, et il ajoute : < La personne qui est
• à ma charge se porte bien ; à ce qu'il me semble ,
» elle grandit et est très-bien proportionnée pour son
> âge. Elle poursuit ses études, mais avec beaucoup
» de peine, et rien ne lui donne autant d'ennui. Elle
> apprend aussi le français, et le peu de paroles qu'elle
» sait, elle les prononcetrès-bien: toutefois, pour qu'elle
» parle cette langue comme V. M. le désire , il faut du
» temps et plus de conversation. Ce qui lui plaît da-
> vantage maintenant , c'est de nionter à cheval à la
» genette et à la bride. Quand V. M. la verra, elle trou-
» vera qu'elle court la lance avec grâce, quoique la
» force lui manque (2). »
On sait si don Juan d'Autriche démentit les heureuses
(1) Voy. noU« Introduction, p. 80.
(2) Page 5U.
( XLIV )
dispositions que Quijada signalait en lui. Il ne parvint
toutefois jamais à exceller dans la langue française,
quoiqu'il la parlât. Lorsqu'il arriva à Luxeniboui^ le
4 novembre 1576, après avoir traversé la France en
poste et sous un déguisement, il fut obligé d'écrire en
espagnol au conseil d'État des Pays-Bas (1).
VI.
Indépendamment des pièces dont les trois §§ qui
précèdent donnent Fénumération, ce volume contient:
L'état de la maison de Charles -Quint, lorsqu'il la
licencia au mois de juin 1556 (p. 71);
L'inventaire de la .vaisselle d'argent^ des livres, des
tableaux et des autres objets mobiliers qu'il emporta
en Espagne (p. 80);
Deux lettres du roi Philippe à la princesse dona
Juana (pp. 95, 509) et une au secrétaire Vazquez
(p-109);
L'instruction qu'il donna à l'archevêque de Tolède,
fray Bartolomé de Carranza, le 5 juin 1558 (p. 426);
Onze lettres adressées au roi: par doîia Juana (p. 98);
Francisco Osorio, ancien chapelain de l'Empereur et
aumônier du prince don Carlos (pp. 101, 107); la reine
douairière de Hongrie (pp. 124, 590); la reine douai-
rière de France (p. 267); don Pedro de la Gasca,
(t ) Nous avons publié sa IcUrc dans notre Collection de doeiimewli
incdils concernant Vhistoire de la Belgique, t. I, p. 3b4.
( XLV )
èvèqiie de Paleneia (p. 359); Garcilaso de la Vega
(p. 494); le secrélaire Yazquez (p. 461); fray Juan
Régla (p. 511); les exécuteurs testamentaires de TEm-
poreur (p. 512);
Des lettres de la princesse dona Juana à Quijada
(pp. 95, 500), et aux corrégidors des provinces fron-
tières d^Espagne (p. 184); du grand commandeur d*AI-
cantara, don Luis d'Âvila y Zuiâiga, au secrétaire Yaz-
quez (pp. 225, 284, 514); de don Sancho de Cordova
à Yazquez (p. 247) et à la princesse gouvernante
(p. 249); de la reine douairière de France à dona Juana
(p.281); de don Juan Hurtado de Mendoça à cette reine
(p. 291); du licencié Arceo, de la reine de Hongrie et
de Tarchevèque de Tolède à Yazquez (pp. 296, 378,
502);
Une instruction de dona Juana à don Hernando de
Rojas, envoyé par elle à Yuste et à Lisbonne , pour y
porter ses compliments de condoléance, à Toccasion
de la mort de la reine Êléonore (p. 516,;
Enfin la liste des person/ies qui furent arrêtées et
enfermées dans les prisons de Yalladolid , comme sus-
pectes de luthéranisme, au mois de mai 1558 (p. 401).
Nous n*avons rien à dire de fétat de la dernière
maison de TEmpereur , ni de Tinventaire des objets
qu*il emporta en Espagne : le titre seul de ces deux
documents en indique assez le caractère. Nous avons
cité l'un et l'autre dans notre Introduction (1).
La lettre de Philippe II à la princesse doua Juana,
(1) Paires 425 et 428,
( XLVI )
du 8 septembre 1556, concerne les mesures à prendre
pour la réception de l'Empereur, à son débarquement
en Castille; nous en avons également fait usage (1).
Celle qu'il écrit au secrétaire Yazquez, le 18 novem-
bre suivant , est relative au médecin milanais Giovanni
Andréa Mollo, dont l'Empereur réclama la présence à
Yusle, dans l'espoir d'être guéri par lui de ses hémor-
roîdes.
La seconde lettre de Philippe à la princesse gouver-
nante nous apprend que, au mois de mars 1559, son
intention était de faire transférer, à la chapelle érigée
par les rois catholiques à Grenade, les dépouilles mor-
telles de la reine Jeanne la Folle, de l'Empereur et
des reines douairières de France et de Hongrie (2). Il
n'avait donc pas résolu encore, à cette époque, comme
on le croit communément , la construction du fameux
monastère de TEscurial, ou du moins il ne songeait pas
à y placer la sépulture des princes de sa maison (5) !
Quoi qu'il en soit, on verra, dans la réponse que lui
firent les exécuteurs testagnentaires de l'Empereur, les
(i) introduction, p. 436.
(3) Page 509.
(3) Dans une notice que j'ai lue k rAcadcmie royale de Belgique,
le 7 novembre iS53, j'ai combattu l'opinion d'après laquelle la ionds-
tion de l'Escuriàl aurait été l'cxécuUon d*uii vœu formé par -Phi-
lippe II le j<^ur de la bataille de S^-Quentin. J'ai vu, depuis, que j'étais
d'accord sur ce point avec le P. Siguenza , Hiitoria de la ôrden de Sam
Gerônimo, part. III, liv. III, dise. I, p. 533. Cependant on m'a envoyé «
dos Archives de Simancns, une pièce qui semble donner raison à l'opi-
nion contraire. J'aurai à revenir sur cette intéressante question.
( XLVII )
objections qu ils élevèrent contre ce projet, et par suite
desquelles il fut abandonné (1).
L'instruction de rarchevêqoe de Tolède forme » sans
contredit, Tune des pièces capitales de notre recueil ;
par les lumières qu'elle répand sur la situation des
affaires du roi au mois de juin 1558, sur ses desseins,
sur les motifs qui lui faisaient désirer le retour de la
reine de Hongrie aux Pays-Bas , sur le projet de ma-
rier le duc de Savoie avec la princesse Ëlisabetlt, héri-
tière présomptive de la couronne d'Angleterre , etc.
Dans sa lettre du 15 octobre 1556, la princesse
dona Juana rend compte à son frère des ordres qu'elle
a donnés pour le voyage de l'Empereur, tant avant que
depuis son débarquement.
Celle de Francisco Osorio, du 26 octobre 1556 ,
contient, sur l'arrivée, la réception et le séjour de
l'Empereur à Yalladolid, des détails qui manquent
dans les correspondances de Quijada et de Gaztelù.
La seconde lettre d*Osorio (du 15 novembre) concerne
les reines douairières de France et de Hongrie, et les
honneurs qui leur étaient rendus, tant par la gouver-
nante que par les personnages les plus qualifiés de la
cour
ïl s'agit, dans les deux lettres de la reine de Hon-
grie, de son établissement en Espagne, sur lequel,
nous l'avons déjà dit,. nous nous proposons de revenir*
Celles de la reine Êléonore, de don Sancho de Cor-
Ci) Page 512.
( XLVIII )
(lova, (le (Ion Juan Hurtado de Mendoza, du licencié
Ârceo, sont relatives à la négociation de Portugal.
On lira, avec un touchant intérêt, la lettre où Tévè-
que de Palencia fait le récit du voyage des deux reines
à Badajoz , de leur entrevue avec Tinfante de Portugal ,
de la maladie et de la mort de la reine Éléonore, du
séjour de la reine Marie à Yuste, de son départ, de
son arrivée à Cigales, etc.
Le rapport de Garcilaso de la Yega sur la mission
dont n avait été chargé auprès de la princesse doîia
Juana, de TEmpereur et de la reine Marie, n'est pas
un document moins notable : quelques points, qui
étaient restés obscurs dans notre premier volume , des
pourparlers à la suite desquels la reine consentit à
partir pour les Pays-^Bas, y sont, entre plusieurs au-
tres, parfaitement expliqués.
Yazquez, dans sa lettre au roi^ s'applique à atté-
nuer l'effet qu'aura produit sur l'esprit du monarque
la découverte d'une secte de luthériens en Castiiie :
*i Grâce à Dieu , — lui dit-il — le mal ne paraît pas
» aussi grand qu'on \e craignait dans le principe, et
)» Y. M. peut être sans inquiétude sur cette affaire,
» car l'Empereur s'en occupe pour tout le monde, et il
]» désire que ces hérétiques soient brûlés (i). »
Fray Juan Régla remercie Philippe de la pension
de 400 ducats dont ce monarque Ta gratifié, selon le
désir exprimé dans le codicille de l'Empereur. Il l'as-
{«) Page iO!.
( XLIX }
sare qu*il en avait grand besoin : car, pendant qu'il
s'occupe de Texécution du testament de S. M. I., Tordre
de Saint-Jérôme ne lui donne que le logement; et, vu
son âge 9 lorsque cette commission sera achevée, il ne
sera plus capable de rien mériter de la communauté
dont il fait partie (1).
Un intervalle de deux années sépare les deux lettres
de la princesse doua Juana à Quijada. La première est
écrite à la nouvelle du débarquement de TEmpereur :
la princesse y invite le majordome à se rendre en toute
hâte auprès de son ancien maître (2). Dans l'autre,
antérieure de quatre jours seulement à la mort de
son père , elle exprime le désir d'aller lui donner ses
soins (5).
La lettre de la princesse aux corrégidors et gouver-
neurs du royaume a pour but de faire saisir les copies
ou les exemplaires, qu'on aurait tenté d'introduire en
Espagne, de la bulle fulminée par Paul lY contre Phi-
lippe IL Une lettre de Vazquez à l'Empereur, qui ne
figure pas dans notre Recueil (4) , nous montre que les
ordres de la gouvernante s'exécutèrent rigoureuse-
ment : car un courrier portugais qui venait de France,
ayant passé par Fontarabie , le capitaine de cette place
fit mettre le scellé sur ses dépêches , et ne les lui rendit
(i) Page 5! i.
(2) Page 95.
(3) Page 500.
(4) Elle estda 16 octobre 1557.
TOMB If. d.
qu'après s'être assuré que toutes étaient pour le Por-
tugal. Ce qu'il y a d'étrange, c'est que, au plus fort de
la guerre entre le pape et le roi d'Espagne , Paul IV
entretenait un nonce à la cour de Yalladolid (1).
Après Quijada, le grand commandeur don Luis
d'Âvila est certainement le personnage qui inspire le
plus de sympathie parmi ceux que nous offre le tableau
delà retraite de Charles-Quint. On aime à voir l'ancien
compagnon de l'Empereur dans ses guerres, l'historien
fidèle de ses glorieuses campagnes de 1546 et 1547,
l'entourer, jusqu'à la dernière heure, d'attentions, de
soins, de respect (2); on s'attendrit au spectacle de
la douleur qu'il fait paraître à la mort de celui dont il
était un des chéris, selon l'expression de Thiéronymite
anonyme (5), que sa conversation charmait toujours (4),
et qui, peu d'instants avant de rendre le dernier soupir,
le reconnaissait encore (5).
Nous aurions souhaité d'avoir à publier un plus
grand nombre de lettres de don Luis d'Âvila (6).
(1) Ce fait résulte de la même lettre du 46 octobre, qui est cilëe
dans la note précédente. Yazquez, y disant à TEmpereur qu'on avait
reçu avis de la conclusion de la paix entre le duc d'Albe et le pape,
ajoute : a El nuncio que aqui réside dice que ticne tambien cartas de
» Génova con el mesmo aviso. »
(2) Tome I , pp. 562, 407; t. II , pp. 22, 314.
(3) Tome II, p. M.
(i) Tomel, p. 278.
(5) Ibid., p. 396.
(6) Nous en avons retrouvé une quatrième , en repassant les pièces
que nous avons été obligé d'exclure de nôtre Recueil. Elle est, comme
(LI)
On remarquera, dans celle du 13 août 1557, le mot
ie frère Charles, dont il se sert en parlant de TKmpe*
reur (1). Nous donnerons le curieux passage où se
trouve cette qualification plaisante et familière, en ré*
sumant les négociations avec Antoine de Bourbon,
duc de Vendôme, auxquelles Charles-Quint fut mêlé
pendant son séjour à Yuste.
La lettre da 4 décembre de la même année met en
relief les sentiments chevaleresques du grand com-
mandeur et son dévouement à la famille de ses souve-
rains. Les reines douairières de France et de Hongrie
désiraient vivement qu*il les accompagnât dans leur
voyage à Badajoz : c Saurais pu — écrit-il à Vaz-
les trois autres, adressée au secrétaire Vazquez, et elle porte la date
du 46 septembre 4558, jour où une légère amélioration survenue
dans rétat de TEmpereur fit concevoir à ses serviteurs Tespéranoe
de le conserver. Elle est ainsi conçue :
• Uustre seflor, yo vîne aqui à visitar a S. M., y halléle en todo
aquel trabajo que ya Vuestra Rferced habrà entendido, que cierto era
tan grande que todos sus criados le tenlamos tan en ostremo ouanto
Vuestra Merced pnede considerar. Ha placido à Dios que de aiioehe
aicà Uene tanta mejoria que, como cosa en que se puede escribir
dando la enhorabuena, la escribo a Vuestra Merced para darscla, y
que nos la dé, porque la diferencia de ayer acâ es tanta como de
vivo a muerto. Plegue a Dios que vaya adelante : que si procède
como ha comenzado, muy cierta esta su salQd« Y aunque estas raejo-
rituras algunas veces son inciertas, lo que hasta ahora vemos nos
promete cualquier buena esperanza. De lo cual se que Vuestra Merced
holgaré tanto que por eso lie querido darle esta cuenta. Nuestro
SeRor, etc. »
(4) Page 226.
à
(UI)
> qiiez — m'excuser sur ma santé et d'autres raisons
» semblables ; j'aurais été fondé surtout à alléguer que
» j'ai besoin de payer mes dettes, et qu'il me reste peu
» de moyens de voyager avec des reines : mais je ne
> l'ai pas voulu, parce qu'on aurait dit que j'avais
> cherché des prétextes , et je préfère me fatiguer de
» nouveau et dépenser ce que je possède , que de m'ex*
p poser à de pareils jugements. Je me serais réjoui
» qu'on n'eût pas songé à moi : mais les reines de
» France et de Hongrie m'ont pressé de telle manière
» que je n'ai pas eu la force de me défendre. Je me
» propose donc d'accompagner Leurs Majestés, afin
» qu'elles aient quelqu'un avec qui parler français (1). >
La troisième lettre d'Àvila est écrite après l'entrevue
de Badajoz, et la mort de la reine Ëléonore. Il y trace,
en deux mots , le portrait de cette princesse , qui fut
si peu heureuse et qui méritait tant de l'être : c C'était
> vraiment — ainsi s'exprime-t-il — une sainte inno-
» cente, et je crois qu'il n'y avait pas en elle plus de
> malice que dans une vieille colombe. > Il rend jus-
tice, plus loin, au duc de Guise, qui, par un coup de
main hardi, venait d'enlever aux Anglais Calais et
Guines : c M. de Guise — dit-il — me paraît avoir
> montré de ce côté-là plus d'activité qu'en Italie : il a
» fait une jolie expédition , recueillant ce que le con-
> nétable avait semé (% »
(i) Pages 284-288
(3) Page 515.
( tlll )
VIL
On s*étonnera sans doute que notre Recueil ne con-
tienne pas de lettre de Philippe II à son père. Malgré
les recherches les plus scrupuleuses, don Manuel Garcia
n*en a pu découvrir aucune dans le dépôt confié à ses
soins.
Une autre lacune n*est pas moins à regretter : les
rapports que Ruy Gomez dut adresser au roi sur ses
entrevues avec TEmpereur , et les deux mémoires qu'il
emporta sur ce qui y avait été traité (1), manquent aux
Archives de Simancas.
Les Français, de concert avec le pape Paul IV,
venaient de rompre la trêve conclue en 1556. La situa-
tion de Philippe II était critique. Le 5 février 1557, il
fit partir de Bruxelles pour FEspagne, avec la mission
d'y solliciter Tenvoi de prompts secours en hommes et
en argent, Ruy Gomez de Silva, celui de ses ministres
en qui il avait le plus de confiance. Ruy Gomez, après
avoir vu à Valladolid la princesse doîia Juana, était
chargé par son instruction de se transporter au monas-
tère de Yuste, de rendre compte à l'Empereur de Tétat
des affaires aux Pays-Bas et en Italie, de la manière
dont s'étaient conduits le pape et le roi de France , de
la résolution du roi de rassembler des forces impo-
santes, et de passer en Angleterre, pour déterminer la
(I) Tome II, p. 922.
(LIV)
reine à déclarer la guerre aux Français. Philippe ajou-
tait dans cette instruction : < Vous supplierez avec
toute humilité et instance S. M. de vouloir bien faire
des efforts en cette conjoncture, m'aidant non-seu-
lement de ses conseils, qui sont le plus grand bien
que je puisse recevoir, mais encore de son inter-
vention et autorité personnelle; sortant du monas-
tère et s*élablissant dans le lieu qui conviendra le
mieux à sa santé et aux affaires; pourvoyant à celles
qui surviendront I par les moyens qui lui donne-
ront le moins d'ennui : car le succès de tout dépen-
dra des résolutions auxquelles elle s'arrêtera; et je
suis certain que, à la seule nouvelle de cette inter-
vention de S. M., mes ennemis se conduiront tout
différemment, et S. M. les obligera ainsi de regarder
de plus près à ce qu'ils projettent de faire.... »
Philippe disait encore : « Dans le cas que le traité qui
se négocie avec M. de Vendôme vienne à se con-
clure, vous supplierez S. M. de vouloir elle-même en
diriger l'exécution (l).... » Après l'arrivée de Ruy
(4) Voici, sur ces difTcrcnts points, le texte de Tinslruction de Phi-
lippe II, du 2 février 1557, dont les autres parties sont analysées
p. 159 de ce volume, note 1 :
• •.... Pasaréis don de S. M. esta ; y dàndole mi carta , y visitin-
dole de mi parte , le darcis particular y cumplida razon del estado en
que quedan los negocios de aqui , y lo que ha passado con Su Santidad
y el rey de Francia, y de la mancra que se halla lo de Ytalia, y la
resolucion y detcrminacion que he tomado asi en ir à Ynglaterra como
en juntar ci dicho egército, y las causas y razoncs que à ello me
muevcn y nccesitan : suplicando con toda humildad é instancia é S. M.
(LV)
Gomez en Espagoe, il le chargea de solliciter deux
Douvelles choses de l'Empereur : Tune était que S. M.
voulût différer encore sa renonciation à l'Empire; l'au-
tre, qu*elle veillât à ce que les provisions d'argent
nécessaires fussent envoyées à l'armée espagnole en
Italie (1). EnGn le roi prescrivit à Ruy Gomez de re-
tourner auprès de l'Empereur, dont il devait prendre
les ordres, au sujet de la négociation ouverte avec le
duc de Vendôme (2).
Ruy Gomez alla trois fois à Yusle : il y arriva la
première fois le 25 mars (5), la deuxième le 15 mai (4),
la troisième au mois de juillet (5). Il eut, à chacun de
ces voyages, de très-longues conférences avec l'Empe-
reur (6); Charles-Quint, par une exception qu'il avait
tenga por bien de esforzarse en esta ooyuiitura,.socorriéndonie y
ayudândome no solo con su parescer y coosejo, qu'es el mayor caudal
que puedo tener, pero con la presencia de su persona y auctoridad,
saliendo del monesterio à la parte y lugar que mas cômodo sea à su
salud y a los negocios ; tomando les que se ofrescieren por les medîos
que menos pesadumbre le puedan dar, pues de sus resoluciones de*
pendra el bien de todo. Que con solo entcuder el mundo esto, soy
muy cierto que andarân mis encmigos en las cosas con difercnte rcs-
pccto , y sera parte S. M. para haccrlcs inirar en lo que se poncn y
determinan..... Suplicândole que, en caso que se concluya con Ban-
doma lo que se platlca, tenga por bien de quererlo proveer y ego-
CQtaT;..... » (Archives de Simancas, Estado, liasse 51b.)
(1) Tome II de ce Recueil, p. 171, note 2.
(â) Ibid., pp. 160 et 161 , à la note.
(3) Tome I, p. 136.
(i) Jbid., p. 151.
(5) J(nd.,p. 161.
(6) Ibid., pp. 134, 136, 151 , 161.
m^-
i*^ " '
(LVI)
résolu de ne faire que pour son fils(1), et qu'il renouvela
seulement une fois , en faveur de la reine de Hongrie,
lorsqu'elle vint le voir après la mort de la reine Ëléo-
nore, avait voulu que ce favori du roi logeât au monas-
tère même (2).
Que d'intérêt n'eussent pas offert les relations,
envoyées au roi par Ruy Gomez, de ces diverses
entrevues avec son père ! Tout ce que nous en savons
par les documents de Simancas, c'est que Charles-
Quint consentit à garder l'Empire quelque temps
encore, à se mettre à la tète de l'expédition qui devait
entrer en France , si l'on parvenait à s'entendre avec le
duc de Vendôme , et à user de son influence auprès
des ministres afin que les secours à envoyer au roi
fussent et plus prompts et plus considérables (5). Dans
une publication qui répand de grandes lumières sur les
affaires de ce temps, et qui serait plus utile encore , si
des sommaires placés en tète des pièces y facilitaient
les recherches , nous trouvons l'indication de deux
objets dont l'Empereur entretint Ruy Gomez. Le pre-
mier regardait la conciergerie de la cour à Bruxelles,
qu'il avait demandée pour son aide de chambre Guil-
laume Van Maie: il témoigna le désir que les patentes
n'en fussent pas envoyées à ce dernier, mais à lui-
même, qui les remettrait à Van Maie, quand il le juge-
Ci) TonicI,p. J82.
(2) /6irf.,pp. 129, iU, 136.
(3) Tome II, p. 17:2, à la iialc.
( LVIl )
rait convenable. Le second était relatif à Dorothée de
Danemark; cette princesse. Tannée précédente, avait
perdu son mari , 1 électeur palatin Frédéric II : FEm-
pereur souhaitait qu'on l'engageât à s'établir aux Pays-
Bas; il craignait, si elle restait en Allemagne, qu'on
ne lui fît abandonner la religion catholique, et il n'au-
rait pas voulu qu'une personne du sang d'Autriche
compromit ainsi le salut de son âme (1).
L'absence , dans les Archives de Simancas , des let-
tres de Ruy Gomez à Philippe II peut s'expliquer
par cette circonstance : que, lors du retour du roi en
Espagne, en 1559, un vaisseau qui portait les papiers
de sa chancellerie, périt en vue des côtes de Cas-
tille (2) : mais celle des lettres du roi à son père doit
surprendre, alors que toutes les autres correspon-
dances de Charles-Quint ont été si bien conservées.
Du reste, depuis son débarquement à Laredo jus-
qu'à sa mort, c'est-à-dire pendant un espace de deux
ans moins quelques jours , Charles-Quint reçut en tout
six ou sept lettres du roi (3); encore plusieurs de ces
lettres étaient-elles si courtes , qu'il n'eut guère lieu
d'en être satisfait (4). L'Empereur se plaignit plus
d'une fois, devant ses serviteurs, d'une négligence qui
(1) Papien d'État du cardinal de Granvelle, U V, p. 87.
(S) Voy. la Correspondance de PhUippe II sur les affaires des
Pays-Bas y 1 1, p. cxltii.
(3) Tome I« de ce Recueil, pp. I6i, 465, 392, Zil] t. II, pp. 24i,
274» 509, 586.
(4) Tome W, p. S9S; t II, p. S75.
( LVlll )
pouvait lui paraître de rinsensibilité et presque de
l'ingratitude (1) : au mois d*août 1558, surtout, alors
que la campagne aux Pays-Bas venait de s'ouvrir avec
des alternatives de succès et de revers pour les armes
de TEspagne , il ne pouvait assez s'émerveiller que le
roi et ses ministres le laissassent sans nouvelles (2).
Philippe n'ignorait point pourtant le désir de son
père; il en avait été instruit par plusieurs voies diffé-
rentes, et, le 5 octobre 1557, Tévèque de Palencia,
don Pedro Gasca , lui écrivait encore : c Un des plus
> grands contentements que V. M. puisse donner à
> l'Empereur, est de l'informer très-exactement de sa
> santé et des choses qui arrivent (5). »
C'est ici le lieu de faire remarquer que le chanoine
Gonzalez exagère, lorsqu'il avance que t le roi sup-
» plia son père, à différentes reprises ^ par lettres et
» par des personnes envoyées expressément des Pays-
> Bas, de sortir du couvent de Yuste, de s'établir là
> où il se trouverait le mieux, et de se charger des
> affaires dont l'état de sa santé lui permettrait de
> s'occuper (4)..., > Nous ne connaissons d'autre sup-
plication faite à la fin énoncée par le chanoine , que
celle dont Ruy Gomez fut l'organe; et, dans cette occa-
sion, Philippe II semble avoir plus consulté les inté-
(i) Tome I«s pp. 185, 184, 186, 19S, 329$ t. II, pp. 124, 566,
384, 47â.
(2) Tome II, p. 471.
(5) Tome I, p. 185.
(4) Tome I, préface, p. v.
( wx )
rets (le sa politique, que les convenances personnelles
de son père. N'en avail-il pas agi de même à Bruxelles,
au mois de mai 1556 (1)?
Si Ton considère impartialement la conduite que
Philippe tint envers Tauleur de ses jours, depuis qu'il
eut reçu de ses mains Finvestiture de ta souveraine
puissance, on ne peut certes pas dire qu'elle ait été celle
d'un fils irrespectueux : Charles-Quint régla à son gré
tout ce qui concernait sa traversée des Pays * Bas en
Espagne, et son établissement à Yuste; les pensions
dont il voulut gratifier ceux de ses serviteurs qui entrè-
rent avec lui dans le monastère, furent toutes accor-
dées par le roi (2); de même, les sommes dont il eut
besoin pour licencier et payer ceux qu'il renvoyait dans
leur pays, lui furent fournies avec empressement, mal-
gré la pénurie du trésor; il fixa, comme il l'entendit,
la dépense annuelle de sa maison, et, à Valladolid, on
eut soin toujours de lui faire parvenir les fonds néces-
saires, par anticipation : en un mot, les ministres espa-
gnols déférèrent avec soumission à ses moindres désirs,
certains qu'en cela ils se conformaient aux intentions
du roi (3).
(1) fniroduclioHy p. 123 et suiy.
(2) Tome I, p. 465.
(3) Aux détails que contient là -dessus notre Recueil, nous croyons
devoir ajouter ici des extraits de trois lettres du secrétaire Vazqucz :
PuDc adressée au secrétaire Erasso, les deux autres au roi.
Vazqoez écrit à Erasso en février 1557 :
• £1 Emperador esta y a para entrarse en su monastcrio.... Y dcmas
de los treinta mil ducados que se le haii dado, pidio otros cuatro mil
(LX)
Mais c*est en vain » aussi » qu*on cherche » dans les
procédés de Philippe pour son père, des marques de
ces attentions délicates, de ces prévenances qui partent
du cœur. Nous avons, au contraire, la preuve qu'il écri-
vit très-rarement à TEmpereur, et que même il laissa
la plupart de ses lettres sans réponse. Les sentiments
tendres et affectueux occupaient peu de place dans
Fâme de Philippe.
11 envoya à son père, en 1557, Ruy Gomez, et
en 1558 rarchevëque de Tolède : il avait besoin de
lui, la première fois, pour Texpédilion qu'il s'agissait
de faire en France par les Pyrénées, et, la seconde
fois, pour déterminer la reine de Hongrie à reprendre
que dicc le faltaban para acabar de pagar la casa, y se le entiaron
coN HARTO TRADAJO : quc si cl fator no los tonidra d uiios mercadcrcs
de Scvilla que los acababan de tracr, no se conio se hubîcran.... «
Au roi il mande le 6 mars de la même année :
« Su Magestad se halla muy bien en su monestcrio, y queda oon
treinta y cuatro pcrsonas para scrvirle, y ha cchado la cuenta de lo
que habrâ mcncster cada ailo para su entretcnimicnto. Dice que bas-
taran hasta diez y seis mil ducados, los cuales quiere que se le
paguen de très meses en très meses, al principio de eada tercio cuatro
mil ducados^ t asi se ua pbovbido que se le den de las minas, t si
HA ORDENADO QUE SE LOS LLBVEN POR LA ORDBN QUE MANDA ; y tamblCD
pidio mil ducados por una vcz para cîertas obras que ha mandado
haccr y un jardin ; y asi se le han enviado..... »
Et le SO mars :
« £1 Emperador esta en buena dispusicion. Y en lo que habia Su
Magestad ordcnado que se le consignascn dies y seis mil ducados
para su gasto cada ailo, como yo lo cscribi a Vuestra Magestad, ha
mandado de nuevo que scan veinte mil, porquc le parcsce que los
habra menestcr; t asi se hacb.... *
(LXI)
le gouvernement des Pays-Bas. Mais on ne voit pas
qu il se soit soucié de connaître l'avis de son père sur
les actes principaux de sa politique, notamment sur la
paix qu'il conclut, d'abord avec le pape, et ensuite
avec le roi de France.
Dans l'administration de ses Ëtats, il sembla s'ap-
pliquer à prendre en tout le contre-pied de l'Empereur.
Aussi un ambassadeur vénitien qui résidait à sa cour,
Michel Suriano, disait, en 1559, à propos d'une offre
de 8,000,000 d'or que firent les gouverneurs des
Indes, pour avoir leurs gouvernements en fief, et que
Philippe refusa : c C'est là peut-être la seule affaire qui
9 ait été résolue selon la volonté de l'Empereur, depuis
» que ce roi est monté sur le trône (1). »
VIIL
Pendant trois siècles, on a cru, sur la foi des bis-
loriens, que Charles-Quiut , au monastère de Yuste,
vécut en cénobite, livré tout entier aux pratiques
religieuses. On sait le contraire aujourd'hui. Mais don
Tomâs Gonzalez ne s'exprime-t-il pas d'une manière
trop absolue, en disant que c Charles, dans sa retraite,
> voulut connaître et mania toutes les affaires aux-
9 quelles il jugea à propos de prendre part pour le bon
(I) « .••.. Et qucsta è una dclle cose, et forsi solo, che sia slata
regplata secondo il volcr dcir Impcratorc, da poi cbc qiicsto re è al
goTerno (Bibliothèque impériale, à Paris, MS. 9937, fol. 59 y*.)
( LXII )
» gouvernement de la monarchie, et dans Tintérèt de
» son fils et de sa famille (i)? »
Il nous paraît important de bien préciser les faits ,
afin qu'on ne se méprenne pas sur leur véritable
caractère.
Charles, lorsqu'il débarqua en Espagne, était cer-
tainement décidé à ne plus se mêler des affaires publi-
ques. Il avait quitté avec trop d'éclat la scène du
monde, pour y vouloir jouer encore quelque rôle. Une
vie tranquille, partagée entre le soin de sa santé et des
exercices pieux , voilà ce qu'il venait chercher au fond
de l'Estrémadure. Tout ce qui rappelait sa grandeur
passée lui était importun : c'est pourquoi il ne voulut
de réception d'apparat, ni à Burgos, ni à Vallado-
lid (2), et il se trouva heureux, en quittant Médina del
Gampo, de n'avoir plus même à accueillir les homma-
ges des autorités locales (5).
Nous avons des témoignages irrécusables des dispo-
sitions d'esprit dans lesquelles il était alors : < S. M. —
> écrit Quijada le 6 octobre 1556 — S. M. vient avec
* une telle crainte d'avoir à s'occuper ou d'être entre-
> tenue d'affaires, qu'elle ne veut pas qu'il lui en soit
» touché mot (4). » A la cour de Valladolid , on s'était
figuré autre chose; Gaztelû, pour désabuser le secré-
taire Vazquez, lui écrit à son tour : < J'ai su de ceux
(1) Tome I, préface, p. vi.
(Ô) Tome I, pp. U, 31; t. II, pp. 97, 100.
(3) Tome 1, p. 33.
(i) Tome I, p. 7.
( LXIII )
> qui arrivent de là-bas, qu'on y croit que S. M. 8*oc-
> cupera d'affaires. Pour beaucoup de raisons, sans
> doute, cela conviendrait; mais TEmpereur en est si
> dégoûté, qu'il n*abhorre rien plus au monde, que
> d'en entendre seulement prononcer le nom (1). »
Dans l'entourage de Charles, on n'avait pas le moindre
doute sur ses sentiments à cet égard : aussi Gaztelû ,
annonçant à Vazquez son arrivée à Laredo, à la suite
de l'Empereur, lui disait-il que la charge qu'il remplis-
sait serait de peu de durée (2). Il supposait vraisem-
blablement qu'elle ne se prolongerait pas au delà de
l'entrée de l'Empereur dans son monastère.
Le duc d'Alburquerque, que Charles, avant son ab-
dication, avait chargé de négocier avec le roi de Na-
varre, vint le trouver à Burgos, pour lui exprimer le
désir de ce prince que la négociation se continuât sous
ses auspices : il renvoya le duc aux ordres que le roi
lui donnerait (3). À Valladolid , où il passa treize jours,
il ne s'occupa que d'arrangements relatifs à son éta-
blissement à Yuste. Après son arrivée à Jarandilla, il
fît tout ce qu'il put pour se dispenser de recevoir don
Duarte de Almeida, qui avait une communication à lui
faire» de la part du roi de Portugal Jean III (4).
Cependant il sortit de la réserve qu'il s'était impo-
(4) Tome I,p. 48.
(â) IbicL, p. 3.
(3) Tome II, p. 105.
(i) Tome I, pp. 50, 56; t. II, p. 42ô.
( LXIV )
sée, en envoyant un ambassadeur à Lisbonne, pour y
seconder les démarches de la reine Ëléonore (i). Mais
il s'agissait là d'une négociation de famille à laquelle
la politique était étrangère : il crut d'autant plus de-
voir condescendre aux instances de sa sœur, que c'é-
tait lui qui avait conclu le mariage d'Ëléonore avec le
feu roi don Emmanuel, et qu'il s'était en quelque sorte
porté garant des stipulations dont elle réclamait l'ac-
complissement.
Jusqu'au mois de mars 4557, où Ruy Gomez arriva
à Yuste pour y remplir la mission que Philippe II lui
avait donnée, nous ne voyons pas que l'Empereur se
soit mêlé d'aucune autre affaire, au moins directement:
car, dans ses lettres du 31 janvier et du 2 février à
la princesse ^o66niac/ora (2), il se borne à lui donner
son avis, ainsi qu'elle en avait exprimé le désir, sur
les mesures qu'elle avait prises ou qu'elle se proposait
de prendre, et même il s'excuse de le faire en ce qui
concerne certains points, engageant la gouvernante à
demander les ordres du roi , pour s'y conformer (5).
A partir de la visite de Ruy Gomez , les choses chan-
gent : le dégoût des affaires , le besoin de repos ont
fait place, chez l'hôte impérial du couvent de Yuste,
à une sollicitude pour les intérêts de son fils, à une
activité qui se manifestent par des actes nombreux.
(i) Tomcn,pp. ii5-ii0.
(2) ibid,, pp. I«0cli57.
(ù) Page VÔL
.rr^v^TTv^
•;■ - _
( Lxv )
Charles provoque dee poursuites à outrance contre les
officiers de la casa de contralacion de Séville , coupa-
bles d'avoir délivré à des particuliers des deniers sur
lesquels le roi comptait; il dirige les négociations peu*
dantes avec le duc de Vendôme ; il écrit à rarchevèque
de Séville et à Tévéque de Cordoue » pour les exciter à
donner au roi les sommes qui leur ont été demandées;
il agit incessamment auprès de la princesse gouver-*
nante et des ministres» afin qu ils accélèrent les envois
d'hommes et d'argent aux Pays-Bas et en Italie; il
prescrit que l'or attendu d'Amérique soit entièrement
appliqué aux besoins du service royal; il retient à Yuste
Tarabassadeur qui allait en Portugal, de la part de
Philippe II, et lui donne de nouvelles instructions; il
change celles d'un autre ambassadeur que la princesse
dona Juana envoyait à la même cojir; il ouvre une
négociation confidentielle à Lisbonne , relativement à
la succession éventuelle de Portugal et au mariage du
jeune roi don Sébastien; il ordonne que le corps de
la reine sa mère soit transporté à Grenade; il se fait
rendre compte des dispositions qui ont été arrêtées
pour la garde des côtes d'Espagne et des îles, lors
de rapproche de la flotte turque; il insiste» de. la ma*
nière la plus énergique, sur le châtiment des luthé-
riens qui ont été découverts à Zamora et k Yallado-
lid , etc.
Dans tous ces actes, ou du moins dans la plupart
d'entre eux, l'intervention de Charles-Quint est évi-
demment la conséquence de la mission dont ftuy Co-
rnez fut chargé auprès de lui. On a vu quelles étaient
TovB H. e.
M
r
V*- '■
i-l-'
( LXVI )
l6s inâlractions' d« ee minisife : ie roi faisait supplier
son père, non-seiiiem^nl de l'uider de ses conseils, mais
encofede lui prêter un oon<)ouFs plus efficace. Charles-
Quipt répend à cet appei.
Màis^ quant aux àfSaires qui regardent le gouverne-
ment intérieïir des royaumes d'Espagne, il s'abstient
d*y prendre la moindre part, et veut que chacun sache
qu'il y reste étranger.
Parmi- les solliciteurs qui viennent à Yuste, il en
est deux qui ont des titres k sa bienveillan€e : l'un est
Juan de Narvaez, qqi l'a servi en Italie, en Afrique, en
Flandre, en Allemagne, et dont le corps est couvert de
blessures; l'autre est Ginesa Nunez, femme du capi-
taine Gerda, mort dans les guerres d'Italie } tous deux
sont renvoyés è Valladolid , « attendu -^ écrit Gaztelù
» à Vdzquez -r- que S. M. ne s'occupe pas d'affaires, et
» les remet toutes au roi et à la princesse (1). » Le
comte d'Alcaudete, qui avait défendu Oran avec gloire
contra les Maures, écrit à TEmpereur, pour lui deman>
der la permission de l'aller voir, et de lui rendre compte
de certaines choses. dont 11 a été chargé (3) : Charles
lui répond qu'il le rQoe^vra avec plaisir, dans un autre
mom««)t où sa présence sera mdins nécessaire à Valla-
dolid ; tîà\^ il ajoute : < Quant lux choses dont vous
B diiesVqite vous V4»]driez nous rendre compte, lorsque
' (\) « »..^ Y cdmo Su B(. esta tan fpera de pe^peios, y los remite
todos al rey y à )a seflora princesa, etc. » (Lettres de Gaztelù à Vaz-
quez, des \*^ mai et 7 juillet 1557.)
(2) Lettre dn J«' septembre 4857.
s
•«X£ï
( LXVII )
» nous fîmes la renonciation de nos royaumes, nous
9 renonçâmes égàlemept à ces choses^là, et^ puisque
> ¥oujB en avez fait rapport au roi et à la lurincesse,
» voua recevrez d'eux des ordres sur la conduite que
t vous avez à tenir (1). & Le duc de Tlnfantado désirait
pouvoir nommer dans ses terres un corrégidor; un
genUlboDume arrive à Yusie, chargé de sa part de soU
liciler cette grâce : FEmpereur lui fait savoir qu*il ne
a*occup0 pas d'affaires « et ie renvoie, comme les autres,
k Valladolid (2). L'amirante d'Aragon se présente au
oionastère; il désire entretenir l'Empereur de ses pro<-
ces : il n'est pas reçu (3). I^e prieur de Yuste étant mort,
le vicaire supplie l'Empereur d'écrire au général de
l'ordre* afin. que le couvent soit autorisé à élire un
autre prieur : Charles s'y refuse formellement, disant
qu il ne veut se mêler de pareilles choses , ni de rien
qui concerne l'ordre (4). L'ayuntamiento d'Arevalo lui
députe un de ses membres, afin que celte ville et son
territoire ne soient aliénés ni vendus; les habitants
d*Arevalo s* étaient montrés en tout temps dévoués a la
couronne, et apéciaiement lors de l'insurrection des
eommiines de Castille : l'ayuntamiento n'en est pas
(t) « ..,. En \o ât los negoeios que decis qnisiérede» darnos euenta ,
etundo heennoa dcjmon de niiestros reynos, la hfce iainbien doUos |
y pi^es la biiveîf d^do al rey y a la princesa , ellos 09 darân ôrden
de lo que deveis hacer.... • (Lettre du 6 septembre 1557.)
(S) Tome I, p. 175.
(3) Ihid., p. SU.
(i) Tome II, p. il 5.
( LXVIIl )
moins renvoyé à la princesse gouvernante (1). Luis
(l*Avilâ, lui-même, ne parvient pas à faire agir Charles-
Quint en sa faveur. Le grand commandeur, qui avait
acheté la lieutenance de la ville de Plasencia , avait à
se plaindre de certains obstacles qu'on lui suscitait ; il
en écrivit à TEmpereur : c Quoique S. M. — mande
Gazteiù à Vazquez — désire favoriser le grand tx>m-
mandeur, qui est un de ses plus anciens serviteurs,
et qu'elle ait eu et ait pour lui tant d'affection , en
retour du dévouement qu'il lui a montré, cependant,
comme elle est si éloignée des affaires, die ne vou-
drait se mêler d'aucune, ni que perêonne sût qu^elte
s en mêlait et moins encore dans des cas tels que
celui-ci. Elle ne doute aucunement de la vérité de ce
que le grand commandeur dit : toutefois, elle m'a or-
donné de vous écrire, afin que vous envoyiez incon^
tinent une relation de ce qui s'est passé dans cette
affaire, et de Tétat où elle est, ainsi que de la solu-
tion qu'on se propose d'y donner, parce qu'elle désire
en être instruite. Je ne sais si elle se décidera à écrire
dans l'intérêt du grand commandeur : mats sa vo-
lonié est que ceci demeure secret, et que personne
n'en sache rien (2). »
La même réserve, les mêmes scrupules, Charles-
Quint les apporte dans les recommandations qu'on lui
demande auprès du roi , son fils. Il fait à la règle qu'il
s'est prescrite à cet égard de si rares exceptions, que
(1) Tomell.p. i83.
(2) Ibid., p. 440.
»• :• V.
( LXIX )
DOits pouvons seulement en citer trois : elles s*appli«
quent à don Martin de Âvendano, qui avait commandé
la flotte da Pérou arrivée m Espagne en 1557 (1); à
don Luis de Casteivi, qui était venu d'Italie t'entrete*
nîr d'une affiiire dont il lui parut important que la con-
naissance fût donnée au roi lui-même (2) ; à don Pedro
Manrique> député des certes de Castille (5).
Ces derniers faits nous semblent expliquer l'erreur
où sont tombés les écrivains hiéronymites , car il nous
répugne de suspecter leur bonne foi. On savait, au
couvent dé Yuste, que l'Empereur avait constamment
refusé de s'entremettre d'affaires particulières; on put
y croire qu'il était resté tout aussi étranger aux affaires
publiques. Les récits des hiéronymites ne sont pas , du
reste, — il faut le remarquer pour être juste — aussi
éloignés de ia vérité qu'on Ta prétendu; ils pèchent
plutôt par omission que par inexactitude. Que dit en
effet le chroniqueur anonyme : c Afin de pouvoir
> mieux s'employer au service de Dieu, S. M. ne
> s'occupait d'aucune affaire de séculiers : car ceux
» qui accouraient chaque jour à Yuste étaient en si
9 grand nombre, et quelques-uns si importuns et si
ennuyeux, que, si elle avait voulu les écouter, Yuste
aurait été une autre cour. Elle les renvoyait aussi-
tôt à la princesse dona Juana , sa fille , gouvernante
des royaumes d'Espagne, qui résidait à Valladolid,
(1) Tome I, p. 484.
(2) Tome II , p. 588.
(5) Ibid., p. 48».
^ÊÊÊ
(LXI)
» OU au roi don Philippe, son iils, qui était en Flan^
» (Ire(l). > Tout cela nest^il pas exact?
Sigûenza ne fait guère que répéter le récil'de Fado*
nyme, en Tamplifiant : « Dès son entriàe du mouas^
tère,-^ ainsi s'exprime Thistorien de Tordre de
Saint-^Jérôme — S. M. ne voulut jamais s'occuper
d'aucune chose terrestre, car ç avait été là son prin-
cipal objet, en laissant te gouvernement de ses Ëtats.
Une infinité de personnes , avant de se désabuser à
cet égard, accouraient à Yiiste : les unes sollicitant
des restitutions, d'autres réclamant la récoiîipense
de services rendus par leurs parents et leurs aïeux,'
d'autres ayant à communiquer, à ce qu'elles disaient,
des avis importants. Le démon se donnait tant de
peine pour faire agir beaucoup de (ses personnes,
afin d'inquiéter l'esprit de l'Empereur, que, si la
résolution de S. M. n'eût été aussi ferme, il aiurait
pu arriver qu'elle cédât à l'importunité de quelques-
unes, et leur fit ouvrir sa porte. Ëliê rejeta les de*
mandes de toutes sans distinction»:ordonnant que les
solliciteurs fussent renvoyés à ses enfants , la prin«
cesse doiïa Juana , qui était à Yalladolid à la tête du
gouvernement del'Kspagne, ou le roi don Philippe»
qui était en Flandre. VA ce ne fut pas peu, qu'elle
eût entièrement écarté d'elle ces occupations, et fait
voir par là à tout le monde comme elle avait réelle-
ment renoncé aux choses de la terre (2). »
(1) Page 21.
(i) «•.... No quiso dcsdc csto puuto admitir jamas ningtin ncgocio
( ^^^ )
IX.
Entre les affaires dont Charles-Quint s*occupa dans
sa retraite, il en est deux qui méritent plus particu-
lièrement Tattention des historiens, et sur lesquelles «
par ce motif, nous croyons devoir nous étendre un
peu : nous voulons parler de la négociation relative à
l'infante Marie de Portugal, et de celle qui eut pour
objet d'obtenir d'Antoine de Bourbon, duc de Ven-
dôme, sa renonciation au royaume de Navarre, en
faisant de lui un allié intime de Ti^^spagne.
Ëléonore d'Autriche, sœur de Charles-Quint, avait
épousé, en 1519, Emmanuel le Fortuné < roi de Por-
tugal, qu'elle perdit deux années après. tJne princesse,
qui avait reçu le nom de Marie, était le fruit de cette
courte union.
terreno, porque aqui consistia lo principal de sus iiiiénlôs en dcxar cl
govicrno de tantos Estado». Aoudian infinitos, Aittes de deseiigaitafse
desto : iuhm pedian resiltûciones, otroa scrvicio$ de padres y abttelos ^
otros trahiaa grandes avisos. Y ei demoaio se dava tanta priesa â
menear mueha de esta gente, para inquietar el dnimo del Gésor^ que
91 no estuviera tan.rcsuelto, pudiera ser la imporlunidad de alguoiOB.
le venciera» y le hiziera abrir la piierta« Deseohôlos à lodos, sin dar
oydosa ninguno; manda valos remîlir 4 sus hijos, à- la prinoesa doHa
Joana, que estava en Valladolid govcrnando â Espaûa, o al rey don
Felipe, que estava en Flandes.. Y no fué poeo desviar dcl tode esta
ocapaeion , y que todos entendiessen quan de veras avia renunciado
lo del suelo (Hùtoria de laôrtkn de San GerônimOf part. lUi'
Uv. 1, chap. XXXVU, p. I9i«)
( LXXII )
Lorsque, après le traité de Madrid, Ëléonore con-
tracta une nouvelle alliance avec François I" (1), la
princesse Marie resta en Portugal. Elle y était encore à
Tépoque où sa mère, devenue veuve une seconde fois,
quitta la France , pour aller rejoindre l'Empereur à
Bruxelles (2). Elle comptait alors vingt-sept ans. Un
des vœux les plus ardents d*Êléonore était de voir sa
fille mariée; elle en parlait souvent à TEmpereur et
à MM. de Granvelle (5). A l'arrivée du prince Philippe
aux Pays-Bas, elle se berça de Tespoir que son neveu
pourrait devenir son gendre; mais Philippe était épris
en ce moment de la belle duchesse de Lorraine : sa
cousine, d'ailleurs, lui paraissait trop âgée pour lui,
qui accomplissait à peine sa vingt-deuxième année, et
trop peu agréable de sa personne (4).
[i) La lettre de Gharics-Quint à Quijada, du 49 mars 4558, nous
apprend que ce fut Éléonorc qui voulut épouser François I^', de pré-
férence au connétable de nourbon , avec qui TEmpcrcur avait traité
son mariage. (Voy. p. 554.)
(â) Au mois de novembre 4 548.
(3) Voy., dans les Papiers d'État du cardinal de Granvetlej U II! ,
p. 693, rinstmetion donnée par la reine Éléonore, le â3 mai 1552,
à Felipe do Salaasar, son écuyer , qu'elle envoyait en Portugal.
(4) L'archevêque de Vienne, Marillae, ambassadeur de Henri II
auprès de TEmpereur, lui écrivait le 43 mai 4549 : « La reine Éléo-
» nore est toujours en pratique de traiter le mariage du prince son
• neveu avec sa fille de Portugal; mais elle y a peu de succès : ce
• qui ne la contente guère. La duchesse de Lorraine est partie le 6.
• Elle cxcîtoit beaucoup de jalousie, à cause des grandes caresses et
» de la trop bonne chère que le prince lui faisoit.... • (MS. 8625 de
la Bibliothèque impériale, à Paris, p. S54.)
Marillae mandait encore au rui, le 9 juin, que le prince Philippe,
( LXXllI )
En 1551, Êléonore envoya en Porlugai son pre-
mier secrétaire > Gerônimo Ferez Garcia, pour rendre
compte au roi Jean III et à la reine Catherine d* Au-
triche de tout ce qu*elle avait fait, infructueusement,
dans rintérèt de sa fille (1). Elle chargea d'une autre
mission, au mois de mai de Tannée suivante» Felipe
de Salazar, son éeuyer. Désespérant de trouver un
mari pour la princesse, elle s*en serait quelque peu
consolée, si elle avait pu Tavoir auprès d'elle : pour
réaliser ses désirs à cet égard , elle eût été toute dis-
posée à aller se fixer en Portugal ; mais trois raisons
Clément graves y mettaient obstacle : ses infirmités
d'abord; ensuite la difficulté pour elle de voyager par
mer (le diemin de terre lui était fermé , à cause de la
guerre qui s'était rallumée entre l'Empereur et le roi
très-chrétien); enfin les soins qu'elle devait donner au
règlement de son douaire en France, et qui ne lui
permettaient pas de tant s'éloigner de ce pays. Salazar
avait ordre de solliciter , en s'appuyant de ces motifs ,
renvoi de la princesse aux Pays-Bas, sur la flotte por-
tugaise qui y était attendue dans le courant de l'été.
Êléonore promettait , du reste, que, quoi qu'il arrivât ,
elle ne marierait jamais sa fille sans le consentement
du roi et de la reine de Portugal (2). Les démarches que
qnand il était utcc ses familiers, leur disait qu'il n'était pas si mal
avisé que de se marier pour de Pargent, faisant allusion par là à rin>
fantc de Portngal, laquelle ne lui paraissait guère agréable, étant
trop âgée et peu belle. (MS. 86S6.)
(1) Papiers d'État du cardinal de Granvelle, 1. c.
(2) Instruction de Salazar, du S3 mai 1553, ci-dessus citée. -—
( LXXIV )
Salazar fit à Lisbonne furent fortement appuyées par
Tambassadeur de TEmpereur^ don Luis Sarmiento: il
édioua néanmoins dons sa négociation. Sébastien de
Morales vint à Bruxelles, de la part de Jean III, excu«
ser, auprès de TEmpereur et de la reine douairière de
Portugal et de France, un refus qui était fondé sur
la longueur du voyage qu'aurait dû faire Tinfante, pour
rejoindre sa mère (i).
Le prince d*Ëspagne était yenf depuis 1545. Bien
que, de son union avec une autre princesse Marie de
Portugal, il eût un rejeton dans la personne du prince
don Carlos, l'Empereur ne trouvait pas suffisamment
assuré l'avenir de sa dynastie, et plus d'une fois il avait
engagé son fils à former de nouveaux liens; Cédant
enfin à ces sages avis, ainsi qu'à Topinion publique,
qui s'était manifestée sur ce point d'une manière non
équivoque dans les diverses parties de la monarchie
espagnole, Philippe^ en 1553, résolut de 6e remarier.
11 écrivit à son père qu'il s'en remettait à lui du choix
d'une épouse, tout en ne tui laissant pas ignorer que
ses préférences étaient pour sa cousina, qu'il avait
dédaignée cinq années, auparavant. L'Empereur sd
montra très ^satisfait de cetle détermination : il ne
voulut pas, toutefois, qye les démarches à la cour de
Portugal se fissent directement de sa part ni de celle
Instructioii secrète du même , du 2i mai , dans les Papiers d'État, etc^
p. 62i.
(1) Voy. notre Introduction, p. I6i , ci la note 3 de la page 115
de ce volume.
( LXXV )
de 80D fils : ce fut la reine Ëléonore qui entama la
négociation 9 en renvoyant à Lisbonne Gerônimo Perea
Garcia ; mais ce secrétaire ne devait agir que d'acoord
avec Tarobassadeur impérial Sarmienio, ûl îl lui étail
enjoint de suivre ponctuellement les instructions que le
prince lui transmettrait. L'Empereur tenait beaucoup k
ce que cette importante affaire se conclût dans le plus
bref délai possible (1).
Un point que Charles*Quint , dont les nécessités
d*argent étaient extrêmes en iâ53, considérait surtouit
dans le mariage du prince avec sa nièce de Portugal ,
étail la dot de 400,000 écus qui revenait à Tinfante de
la succession de son père et de ses frères, dot que»
selon la reine Ëléonore, le roi de Portugal semblait
disposé à augmenter de 200,000 ducats, pour témoin
gner la tendresse qu'il portait à sa sœur (2). A Lis-<
bonne cependant, loin d'être dans des dispositious
aussi favorables, on chicana sur les conditions du
traité de mariage : Philippe y envoya Ruy Gomez, qui
ne parvint pas à aplanir toutes les difficultés (5). Sur
ces entrefaites, Tavéïiement au trône d'Angleterre de
Marie, fille de Henri VIII et de Catherine d'Aragon,
était venu ouvrir un nouvel horizon à fambition de
Charles-Quint : ce monarque, après s'être assuré de
l'assentiment de son fils, le proposa pour époux à la
reine, et le fit accepter par elle. On peut juger de l'effet
(i) Voy. notre frUrodueiian, pp. 3ft, 160-162.
{%) ibid.
(3) JbitL, p. 162, note L
( LXXVI )
que produisit à la cour de Lisbonne la nouvelle du
mariage du prince. L'infante en conserva un vif res-
sentiment, auquel s'associèrent Jean III et Catherine
d'Autriche. La rein« Ëléonore^ habituée à se soumettre
docilement aux volontés de son frère, fut celle qui
prit avec le plus de résignation le sacrifice que lui
imposait la politique de TËmpereur. Ell« envoya don
Juan Hurtado de Mendoza à Lisbonne , pour apaiser
les mécontentements de la famille royale, et obtenir
qiie rinfante vint demeurer auprès d'elle (1). Lorsque,
après son abdication, l'Empereur partit pour l'Espagne,
elle l'y accompagna avec joie, persuadée que là rien ne
s'opposerait plus à sa réunion avec sa fille (2).
Jean III attendit, pour répondre, que l'Empereur
et les deux reines fussent arrivés en Castille (5). Son
message fut délivré à la reine Éléonore , au mois do
novembre 1556, par don Duarte de Almeida, son
ambassadeur auprès de la gouvernante des royaumes
d'Espagne : « Le roi — y était -il dit — ne pouvait
» consentir à ce que l'infante, sa sœur, sortit de Por-
> tugal, à moins que ce ne fût pour se marier : il
» n'en avait jamais été autrement des princesses de la
> maison royale. Si la reine Ëléonore voulait voir sa
(1) TomcII, pp.117, 151.
(â) Ibid., p. ils.
(5) « .... Esperando sa vciiida â csos rcynos, dilate la rcspiicsta
* de esta niatcria para esc ticmpo, » dit Jean III, dans sa lettre
du 7 novembre 1 51)0 à don Duarte de Âlnieida.
( LXXTII )
fille, pourquoi ne venait -elle pas à Lisbonne, où
elle serait honorée et respectée ainsi qu'elle devait
Tètre? Llnfante ayant été élevée par le roi, et k sa
cour, avec tant de sollicitude et d*affeclion, leur
honneur à tous deux souffrirait de son changement
de résidence. A la cour de Portugal , elle était chez
elle; en Castille, elle devrait mener une vie toute
différente de celle à laquelle elle avait été habituée;
Elle était, à la vérité, alliée de très^près à la famille
royale d*Espagne, mais ses liens avec la maison de
Portugal étaient plus intimes encore, etc. (1). > Le
même langage avait été tenu, à Lisbonne, à don Juan
de Mendoza, et on lui avait dit, de plus, que la di-
gnité de Tinfante ne lui permettait pas d*aller de-
meurer dans les Ëtats d'un prince qui , après avoir
traité son mariage avec elle, avait épousé une autre
femme; qu'en Castille, d'ailleurs, les princes n'étaient
pas environnés d'autant de respect et d'égards qu'en
Portugal (2).
La reine Ëléonore, dans une instruction très-détail-
lée qu'elle en^ioya à don Juan de Mendoza (5) , réfuta
toutes ces objections : en même temps, elle sollicita
rintervenlion de l'Empereur, comme < de celuy qu'elle*
» tenoit & seigneur et en lieu de père, et sans lequel
(4) Telle est la substance de la lettre da 7 novembre, qui est trop
étendue pour que nous en donnions le texte.
(8) Tome 11, p. 4 i2.
(5) Nous avons une copie de cette instruction.
^
( LXXVIII )
% elle n'avoit jsimais voulu prendre de résolqtion en
» tout oe qui la concernoit (1). »
Don Duarte de Ain^eida était chargé par son maître
d'aller trouver FEmpereur, pour lui faire la. même
oommuniciàtion qu'il avait faite aux reines Êléonore et
Marie (2). Charles^ comme nous l'avons dit plus haut,
se fiit volontiers dispensé de recevoir sa visite : il y
consentit néanmoins, sur les instances de ses sœurs (5),
et il accueillit' même l'ambassadeur avec beaucoup de
grâce et de bienveillance (4).
C'était le 8 décembre (5). Quelques jours auparar
vaut, Charles avait donné Tordre à don Sancbo de
Cordova, veedor des gardes espagnoles, de se rendre
à Lisbonne, pour insister, en son nom, sur la de-
mande qife formait la reine Êléonore, Don Sancho
était porteur de lettres pour le roi et la reine de Por-
tugal, où l'Empereur leur exprimait son étonnement
de la réponse qu'ils avaient envoyée à sa sœur : il eût
été bien, — leur disait-il — s'ils voulaient répondre
ainsi , de le faire avant que la reine quittât les Pays-
Bas, puisqu'elle avait été principalement déterminée
à venir en Espagne par le plaisir, qu'elle se promet-
tait , d'y vivre avee sa fille. Il leur faisait observer que
la prétention -de la reine ne pouvait être cont^eatée;
(1) Tome II, pp. 111-414.
(ii) /frû;.|p. 112, note 1.
(5) Tome I, pp. 50, 56; I. II, p. IS3.
(i) Tome I,p. 71.
(5) Tome II, p. 136, note 3.
( tXXVL )
qu^elle reposait 8|ir une clause exprease de son traité
de mariage avec le feu roi doo Emmanuel, el que,
quant à lui « il se regardait comme obligé d^en réclami^r
TexécutioD, attendu qu*il avait été Tune des parties
« _
contractantes (1). Don Sanoho partit pour Lisbonne le
î" décembre : son instruction écrite lui recommandait
de se conduire en tout selon les directions que lui dour
nerait Tinfante dona Maria eUe<>mème (%
L'ambassadeur de CharlesrQuint eut sa première
audience du roi et de la reine de Portugal le 9 dé-
cembre. Deux jours après^ il fut reçu par Tinfante,
avec laquelle il sentretint pendant unebeurejet demîec
cette princesse lui dit qu'elle était décidée à aller de-
meurer avec sa mère» et que rien ne serait capable de
Ten empêcher; qu il pouvait Técrire à FEmpereur et à
la reine; que, si jusqu'alors elle ne s'était pas. pronon-
cée de la sorte, c'était à cause que sa mère et TEm-
pereur étaient en Flandre, et qu'elle ne pensait pas
qu'ils vinssent jamais en Espagne; que sa détermina-
tion était maintenant bien arrêtée ; que le roi , son
frère, l'ignorait d'autapt moins qu'il n'avait rien né-
gligé, non plus que la reine, pour la dissuader. Elle
ajouta que ce n'avait pas été peu pour elle de prendre
ce parti, car, ayant reçu le jour en Portugal, y ayant
été élevée, et étant fille d'un roi de ce pays où elle
était connue et honorée de tout le monde , elle eût été
(1) Tome I, p. 6i; t. II, pp. 44S-I46.
(2) Tome II, pp. 417-119.
( hXXX )
heureuse d*y achever sa vie; que cependant elle avait
préféré obéir à FËmpereur et à sa mère, convaincue
que, en le faisant, non^seulement elle remplirait son
devoir, mais encore elle serait plus agréable à Dieu (1).
Le même jour, don Sancho de Gordova fut reçu par
le roL Dans le discours qu'il lui adressa » il ne manqua
pas de se prévaloir du consentement de Tinfante. Le
roi lui répondit : c J'ai bien entendu ce que vous m*avez
> dit de la part de TËmpereur, mon frère : ceci est une
» affaire grave et qu*il importe de bien considérer; je
» le ferai, et vous répondrai ensuite. > Don Sancho
répliqua : « J'ai dit à Votre Altesse ce que S. M. m*a
B commandé. Je la supplie, pour ma part, de daigner
» ordonner que la réponse me soit délivrée prompte-
» ment, afin que je la transmette à TEmpereur, qui
> n'attend que la fin de cette négociation pour entrer
> dans son monastère. Comme , une fois qu'il y sera «
» son intention est de ne plus s'occuper d'aucune af-
> faire, il n'a pas voulu y entrer avant que celle-ci soit
» terminée. Je supplie donc de nouveau V. A. de lui
» donner cette satisfaction , la plus grande qu'il puisse
» recevoir aujourd'hui, en prenant les mesures néces-
» saires pour que le départ de l'infante ait lieu sans
> délai. > Le roi repartit : c Je me réjouirai beaucoup
> de donner toute espèce de satisfaction à l'Empereur,
» mon frère. Je ferai ce que je vous ai dit , et vous ré-
» pondrai bientôt (2). »
(1) Tome H, pp. 127-130.
(2) Ibid., pp. 130-153.
V 7 VT«
( LXXXI )
En sortant de chez le roi, Tambassadeur se rendit
auprès de la reine dona Catalina : au nom de TEmpe-
rear, son frère» et de la reine douairière de Portugal
et de France, sa sœur, il la conjura d*appuyer de son
autorité une demande qui était fondée à la fois sur les
droits sacrés de la nature, sur des conventions for-
melles et sur les intérêts mêmes de Tinfante. La reine
lui fit une réponse où elle ne s'engageait à rien; puis
elle lui adressa une foule de questions sur l'Empe-
reur, sur les deux reines, sur la princesse dona Juana,
sur le prince don Carlos (1).
Selon l'étiquette observée à la cour de Portugal,
don Sancho de Cordova était resté à genoux pendant
tout le temps de l'audience qu'il avait eue du roi; la
reine le tint dans cette position encore une heure.:
aussi le pauvre ambassadeur était horriblement fati-
gué, en quittant le palais, et il en eut une attaque de
goutte au pied (2).
Le lendemain, don Juan de Mendoza remit au roi et
à la reine les lettres qu'il avait reçues pour eux des
reines douairières de France et de Hongrie : il n'eut
diantre réponse que celle qui avait été faite à don
Sancho. Cependant, il put s'apercevoir que le message
dont il était porteur ne laissait pas que de produire
de Teffet : la reine dona Catalina avait les yeux tout
remplis de larmes (5).
(f) Tome 11, pp. 433-454.
(9) ihid., p. 134.
(3) Ibid,, p. 135.
Tome II. /.
*t
( LXXXII )
Charles-Quint avait reeompandé à son ambassa-
(leur de presser la solution pour laquelle il était envoyé
à Lisbonne. Don Sancho, averti que le roi et la reine
venaient de faire de nouvelles instances à l'infante^ afin
qu'elle restrî en Portugal, et qu'elle s'était montrée
inébranlable (1), retourna au palais le 16 décembre.
Le roi et la reine l'accueillirent parfaitement : mais il
n'obtint d'eux , cette fois encore, que des protestations
de bon vouloir, avec la promesse d'examiner et de
résoudre dans un bref délai (2). Le même langage fbt
tenu par ces princes à don Juan de Mendoza, que don
Sancho engagea à aller les voir , de la part des deux
reines (3).
Dans le Mi, Jean III se trouvait fort embarrassé :
d'un côté, il éprouvait la plus vive répugnance à lais-
ser sortir de Portugal Tinfante, sa sœur consan-
guine (4); de l'autre, il ne savait plus que répondre
aux sollicitations réitérées de la reine Ëléonore, que
l'Empereur appuyait si fortement, et qui avaient l'aveu
de l'infante elle-^même (5). Pour gagner du temps, il
(I) Tome II, p. i38.
(3) Jbid., pp. 139-140.
(3) Ilnd,, p. 140.
(4) Il éprouvait cette répugnance, scion M. Mionbt, parce quil
aurait dû se dessaisir de la somme qui revenait à sa sœur. (Voy.
CharleS'Qttint , etc., 2* édition, p. 182.)
Le motif que donne M. Mionbt n^est énoncé dans aucun de nos
documents : mais il serait difficile de s'expliquer d*une autre manière
la conduite de Jean III.
(5) Don Sancho de Cordova écrivait encore à TEmpereur le 3 mai
n >?a
( Lxxxnt )
imagina d'envoyer à Jarandilla et à Valladolid nn di-
plomate auquel FEmpereur, en d'autres occasions,
avait témoigné quelque bienveillance (1). Lourenço
Pires de Tavora (c'est le nom de ce diplomate) arriva
k Jarandilla le 14 janvier 1557 : reçu le 16 par TËm-
pereur» il lui représenta le préjudice que souffriraient
rhonneur etJa réputation du roi son maître, si l'infante
quittait le Portugal, sans être mariée; il lui proposa,
en conséquence, selon ses instructions, de traiter préa-
lablement du mariage de la princesse soit avec le roi
des Romains, veuf depuis Tannée 1547 et alors âgé de
eÎDqnante^uatre ans, soit avec son fils l'archiduc
Ferdinand , dont déjà antérieurement il s'était agi pour
elle. Charles-Quint ne pouvait prendre au sérieux ces
propositions : il se donna la peine, cependant, de les
dtscoter avec l'ambassadeur portugais; il lui paria
même du due Emmanuel-Philibert de Savoie, quoi-
qu'il n'ignorât point que ce prince s'était engagé, par
une promesse écrite, à épouser une des filles du roi
des Romains (2) ; -mais , en résumé, il insista sur la
venue de l'infante (5). A Valladolid, Lourenço Pires
n'eut pas plus de succès auprès des deux reines, qui
1557 : • La sellora infante..... respondiome que esta muy contenta en
» ir a servir à su madré, y lo estarâ mas agora que sabe que V. M. es
• servido de eUo..... • .
(I) CharUê'Qmnt y etc., par M. Mionbt, p. 484.
(S) Belazûrni degU ambaseiaiori veneti al ienato, série II, t I,
p. 461, et t. II, p. 39.
(3) Tome I, pp. 85, 94-92.
( LXXXIV )
se concertèrent avec i'Empereursur la réponse qu elles
lui firent (1).
L'envoyé de Jean HI repassa par Yuste, en retour-
nant en Portugal. Charles-Quint lui donna audience
le 7 mars (2). Dans rintervalle, Finfante avait déclaré
catégoriquement qu'elle renonçait à se marier (3). Par
là tombaient les prétextes que le roi son frère avait
mis en avant. L'Empereur n'en délivra pas moins à
Lourenço Pires des lettres autographes pour ses maî-
tres, où il s'attacha à lever les derniers scrupules qu'ils
auraient eus encore (4).
Jean III se vit forcé de déder. Un gentilhomme dé-
pêché par lui arriva à Yuste dans les premiers jours
d'avril , et annonça à l'Empereur qu'il consentait à ce
que l'infante aHât demeurer en Castille avec sa mère.
Exprimer la joie que Charles-Quint ressentit à cette
nouvelle» serait difficile : les plus éclatants succès de sa
politique , aux temps de sa puissance , ne l'avaient pas
peut-être rendu aussi heureux. Il expédia un courrier
à Lisbonne , avec des lettres de sa main , pleines d'ex-
pressions de gratitude pour le roi et la reine; il fit don-*
ner, de sa cassette, cent ducats au gentilhomme que
ces princes lui avaient envoyé ; il écrivit aux reines ses
sœurs et à la princesse dona Juana , afin qu'on s'occu-
(4) Tome I, pp. 401-104, 106; t. II, pp. 15S-IM.
(5) Tome I, pp. 129, 431-133, 140.
(3) Tome II, p. 153. — Charles - Quint , etc., par M. Mionet,
p. 145.
(4) Tome il, p. 153.
( LXXXV )
pàt, sans délai, des mesures qu'exigeaient le voyage et
la réception de Tinfante; il voulut que les personnes qui
auraient à raccompagner a la traitassent très-bien » »
sans se prononcer toutefois sur ce point d*une manière
plus explicite (i )•
L'infante devait partir de>Lisbonpé le 15 juin; la
reine Êléonore , avec Tapprobs^tion de l'Empereur,
avait envoyé dans cette capitale Gerônimo Ruiz, l'un
de ses serviteurs , pour régler tout ce qui concernait
Farrangement de la maison de sa fille (2). Le 7 juin ,
Jean III mourut des suites d'une attaque d'apoplexie.
Cet événement inattendu eut pour conséquence de dé-
ranger tous les plans qu'on s'était faits à Yuste et à
Valladolid. L'infante, qui avait manifesté avec tant
d'énergie le désir d'aller rejoindre ^a mère, déclara
dès lors qu elle voulait rester en Portugal : une lettre
sévère que la reine Êléonore lui écrivit, contre l'avis
de l'Empereur, ne produisit d'autre effet sur elle , que
(1) Toinc I, pp. 145, 144, 145, 147; t. Il, pp. 168-lCO.
Le traitement qui lui serait fait en €astillc était un des points qui
tenaient le plus à cosur à l'infente; elle prétendait y être considérée
et traitée comme les filles de rEmpereiu*. Don Sancho de Gordova
GcrÎTait à Cbarles-Qnint le 3 mai 1 557 : « Ya se acordarà V. M. que
» una de las causas mas principales que impedian à la seflora infante
» el ir & estar en ese reyno, era cl tratamiento y cortesia que la gente
• dél le habia de hazer, y que la tnbiéron vuelta con dccir que séria
• mucho menos que à las hijas de V« M., y que esto propuso allû
• Lorenzo Ferez, y se le respondio en sustancia que no séria, mas
• no tan claro conio S. A. lo dcsca saber, etc. >»
(3) Tome I, pp. 150-151.
/
/
^f:'^ :
( LIXXVI )
de raffermir de plus en plus dans cette résolution (1).
Quelles circonstiinees avaient causé un changement
aussi soudain? Tout ce que nos documents nous ap-
prennent là-dessus, c'est que le conseil de Portugal
offrait à Tinfante, pour la retenir à Lisbonne, une dota-
tion plus élevée et la main de Tinfant don Duarte, fils
d'Emmanuel le Fortuné et de Marie de Castille , avec
la perspective de succéder à la couronne* au cas que le
roi don Sébastien mourût (2). Nous voyons aussi , dans
une lettre de don Sancbo de Cordova, que Tinfante
craignait de ne pas trouver, dans ce que possédaient sa
mère et sa tante, les moyens d'entretenir convenable*
ment sa maison et de payei* ses dettes (3). Enfin, sui*-
vant une lettre de la reine Ëléonore à Philippe II, elle
disait que, par la mort du roi Jean, elle avait perdu
lappui sur lequel elle comptait, pour pouvoir retourner
en Portugal, lorsqu'elle l'aurait jugé convenable (4).
Le !28 septembre , les reines douairières de France
et de Hongrie arrivèrent à Yuste, et, le même jour,
elles s'établirent au château de Jarandilla , où l'Empe-
reur avait fait préparer leur logement (5). D'après les
derniers avis de Lisbonne, Tinfante ne refusait plus,
d'une manière absolue, de venir en Castille : des lettres
écrites par TEmpereur à cette princesse, & la reine
(1) Tome n, pp. 223, 228, 250-232, 248, 249.
(3) Ibid., p. 235, à la note.
(3) Ibid., p. UH.
(i) fbid., p. 269.
(5) Tome I, p. 182.
( LXXXVII )
douairière» au cardinal Henri» avaient produit une cer**
taine impression (1), et les démarches faites auprès de
la reine Catherine par le P. Francisco de Borja n'a*
vaient pas été sans efficacité (2). L'infante en était
venue à dire que, si sa mère et FEmpereur le lui ordon-
naient , elle ferait le voyage » quoique ce fût contre son
grét mais quelle suppliait l'Empereur de bien peser
sa résolution : car, si la chose tournait mal pour elle»
elle ne s'en prendrait qu'à lui seul (5),
L'Empereur et les deux reines délibérèrent» avec
Quijada» Gaztelù» le licencié Ârceo et don Sancho de
Cordova» revenu expressément de Portugal» sur le
parti auquel ils s'arrèleraieut. Charles-Quint n'osa pas
écrire d'autorité à sa nièce; il se contenta de lui adres-
ser des conseils. La reine Ëléonore, de son côté» s'ap*»
pliqoa à effacer» par des paroles affectueuses» l'effet
fâcheux que sa lettre précédente avait produit : elle
engagea sa fille à venir sans délai à Jarandilia; elle lui
promit qu'elle serait libre de retourner, si elle le vou-
lait; elle mit à sa disposition 10,000 ducats pour les
frais du voyage. Don Sancho de Cordova fut renvoyé
à Lisbonne» porteur de ces nouvelles communications»
ainsi que de lettres destinées à les faire agréer du
cardinal Henri et de la reine douairière (4).
L'infante dona Maria montra» en cette occasion» une
(1) Tome I, pp. 177, 179-480.
(3) Tome II, p. 257.
(3) Tome I, p. 191 ; t. II, pp. 248, 249, 257.
(i) Tome I, pp. 190-191} t. U, p. 268.
( LXXXVIll )
roideur de caractère et une sécheresse de cœur sans
égale. Il faut lire, dans les deux dépêches de don San-
cho de Cordova à FEmpereur, du 5 et du 6 novembre,
le curieux récit de tous les détours dont elle usa, pour
s'excuser de se rendre aux vœux de sa mère :> c'était
son état de santé, d'abord, qui ne lui permettait pas
de se mettre en route; c'était ensuite la saison qui
était trop avancée pour qu'elle pût entreprendre un
pareil voyage , elle qui n'en avait jamais fait : qu'on
attendu quelques mois, alors elle se soumettrait à ce
qu'on exigeait d'elle. Comme don Sancho insistait, il
lui était échappé de dire qu'on ne gagnerait rien en
prétendant la violenter, car on pourrait la contraindre
ainsi à adopter un parti qui la séparerait à jamais de sa
Tamille d'Espagne (i).
Douloureusement affectée d'une si cruelle indiffé-
rence, la reine Ëléonore n'en voulut pas moins rem-
plir jusqu'au bout ses devoirs de mère : elle chargea
don Sancho de Cordova et don Juan de Hurtado de
Mendoza de déclarer à l'infante que ^ pour lui épargner
les fatigues du voyage, elle irait elle-même jusqu'à Ba-
dajoz; mais elle entendait que l'infante répondit sur-le-
champ et catégoriquement, et, en outre, qu'elle se
mit en chemin le 1*' décembre au plus tard. En cas de
tergiversations nouvelles de sa part, les deux ambassa-
deurs et les autres personnes de la maison de la reine
envoyées à Lisbonne devaient quitter cette capitale.
(1) Tome I, pp. 199-202, 305, 206.
( LXXXIX )
Quant à elle, elle irait 8*étab1ir à Guadalajara, où clla
attendrait qu'il plût à sa fille de la venir visiter (i).
Charles-Quint approuva la détermination de la reine :
il écrivit à Tinfante, à la reine Catherine et au cardinal
Henri, afin qu'elle eôi le résultat que sa sœur désirait (2).
Il n'était plus possible à l'infante, à moins de se
brouiller tout à fait avec sa mère et avec l'Empereur,
de persister dans ses refus , ou de recourir à de nou*
veaux moyens dilatoires. Ce ne fut pourtant pas sans
une opiniâtre résistance qu'elle se rendit* I^ reine
Êléonore en avait même perdu l'espoir, lorsque, le
26 novembre, le maître général des postes de Portugal
arriva à Jarandilla , avec des lettres de l'infante , de la
reine Catherine et du cardinal Henri : quelques heures
auparavant, un courrier y avait apporté des dépèches
de don Sancho de Cordova et de don Juan Hurtado de
Mendoza. Les unes et les dutres contenaient que l'in-
fante, acceptant l'entrevue proposée à Badajoz, se met-
trait en route du 10 au 15 décembre (3).
Les deux reines quittèrent Jarandilla le 15, après
avoir pris congé de l'Empereur (4). Charles avait jugé
convenable que leur voyage se fit avec un certain ap-
parat ; la princesse gouvernante écrivit , sous le nom
du roi, à quelques personnages principaux del'Estré-
madure , afin qu'ils les accompagnassent , et demeu*
(1) Tome I , pp. 307-209.
(2) Tome II, pp. 371-275.
(?) Ibid., p. 383.
(i) Tome I, p. 330; t. II, p. 306.
(xc)
Fassent avec elles pendant tout le temps que Tinfante y
passerait (1). Mais la plupart d'entre eux ne répon*
dirent pas à cet appel, oubliant ainsi, comme récrivait
le licencié Arceo , Tobéissance et la fidélité que les
Espagnols se glorifiaient d'avoir toujours montrées à
leurs princes (2): Févèque de Salamanque, Juan de
Cbaves, Juan Velazquez d^Âvila , Francisco de Solis et
le grand commandeur d'Âlcantara furent les seuls qui
fissent partie du cortège royal , à son entrée à Bada-
joz , le 25 décembre. Ce manque de déférence fut vive-
ment ressenti par les deux princesses , mais surtout
par la reine douairière de Hongrie, dont le caractère
impérieux contrastait avec celui de sa sœur (5) : elles
trouvèrent fort mauvais aussi que deux alguazils et un
fourrier qu elles avaient demandés à la gouvernante ne
se fussent présentés à elles que quand elles n'avaient,
pour ainsi dire , plus besoin*d'eux (4).
La reine Éléonore attendit sa fille à Badajôz pen-
dant près d'un mois ; son anxiété était telle , dans les
derniers moments, qu'elle en devint malade : l'infante
ne se trouvait plus qu'à trois lieues, à Yelvès, et elle
appréhendait encore qu'on ne la persuadât de retour-
ner sur ses pas (5). Dona Maria mit seize jours à faire
(1) Tome II, pp. 382-283.
(2) Jbid., p. 298.
(3) C'est ce qui faisait dire au licencie Arceo : o La Magcstad de la
» rcyna de Ungria con todo tîenc buena euenta. » (Tome II , p. 298. )
(4) Tome II, pp. 283, 284-285, 296, 298, 359.
(5) Ibid., p. 299.
( xci )
trente-trois iieuos : partie le 2 janvier de Lisbonne,
aile n'arriva que le 48 à Badajoz. A la vérité, la route
était bien fatigante , surtout pour des personnes peu
habituées à de pareils voyages : après avoir chevauché
dorant une joitrnée» la princesse et les femmes de sa
suite étaient obligées d'en consacrer deux ou trois au
repos (i).
L'infante était à peine arrivée , qu'elle chargea d'al-
ler eoniplimenter l'Empereur lun des principaux per-
sonnages de sa suite, Manuel de Melo> grand veneur
du roi don Sébastien (2); l'Empereur, de son côté, lui
envoya don Antonio Puertocarrero, en son nom et en
celui de la princesse gouvernante (5).
Doua Maria manifesta la joie la plus vive en re-
voyant sa mère. Cependant tout ce que la relue put
lui dire, toutes les supplications quelle lui fit, pour
l'engager à vivre avec elle, la trouvèrent inébranlable :
die s'excusa sur l'engagement qu'elle avait pris de re*-
tourner à Lisbonne; elle prétexta aussi le besoin qu'elle
avait de régler ses affaires. Elle partit donc le 7 fé-
vrier, comblée, par sa mère et sa tante, de présents
qui furent évalués à 200,000 ducats (4).
La reine Êléonore se mit en route le 10 pour Gua-
dalajara, où elle devait établir sa résidence. Depuis
(1) Tome II, pp. 399-300.
(51) Tome I, p. 3B0j t. H, p. 305.
(3) Tome I , p. !2»5.
(4) Tome I, pp. ^50, 254, â(K)-!265, 264-265; U II, pp. 305,
360.
( XCII )
longtemps, sa santé était altérée; elle avait, comme
TEmpereur, son frère , un asthme qui la tourmentait
beaucoup, et son état s*était aggravé par les souffrances
morales que cette longue et pénible négociation de
Portugal lui avait causées* Le chagrin de n*avoir pu
retenir sa fille auprès d'elle porta le dernier coup à
cette organisation déjà si affaiblie. Dans le trajet de
Badajoz à Talavefuela, la reine eut un accès de fièvre,
accompagné d'une toux violente, et le mal prit tout
d'un coup un caractère tel qu'elle ne put, en arrivant à
Talaveruela , ni se mettre au lit, ni même se dépouiller
de ses vêtements. Elle fut ainsi pendant huit jours, au
bout desquels elle rendit le dernier soupir.
La fin de cette princesse, qui, selon l'expression du
grand commandeur d'Alcantara, don Luis d'Âvila y
Zuniga, t était véritablement une sainte innocente, et
» n'avait pas plus de malice qu'une colombe (1), » fut
touchante et exemplaire. Jusqu'au dernier moment,
elle conserva toute sa connaisance. Elle se confessa , et
reçut les sacrements avec la plus grande dévotion. Elle
montra une résignation parfaite à la volonté de Dieu.
Elle fit des libéralités à tous ses serviteurs. Elle avait,
antérieurement, exprimé la volonté qu'on I enterrât
sans la moindre pompe, et dans le lieu même où elle
mourrait : on eut beaucoup de peine à la persuader de
laisser ce dernier point à la disposition de l'Empe-
reur (2).
(1) Tome 11, p. 515.
(2) Tome 1, pp. 266, 275; t. Il, pp. 560-561.
( XCHI )
Cbarles-Quint, avant de savoir ce qui se passait à
Talaveraela» avait envoyé le secrétaire Gaztelù à la
reine de Hongrie » à l'occasion de quelques nouvelles
venues des Pays-Bas : dès qu'il fut informé des dangers
que couraient les jours de sa sœur ainée» il fit monter
Qnijada à cheval , afin d'aller s'assurer sur les lieux de
l'état des choses. Le fidèle majordome n'arriva à Tala-
veruela que pour voir se fermer les yeux d'Êléonore (1).
Gaztelù, la veille, avait été admis deux fois en sa pré*
sence , et avait recueilli de sa bouche l'expression de la
confiance qu'elle plaçait dans les bontés de l'Empereur,
è qui elle recommandait sa fille (2).
Dona Maria n apprit qu'elle avait perdu sa mère,
que lorsqu'elle était déjà de retour à Lisbonne (5).
X.
Le royaume de Navarre, après avoir passé des
comtes de Champagne aux rois de France, des rois
de France aux comtes d'Ëvreux, des comtes d'Ëvreux
aux rois d'Aragon et aux comtes de Foix, apparte-
nait, en 1512, à Catherine, héritière de cette dernière
maison , et à Jean d'Âlbret, son époux. Depuis bien des
années, Ferdinand le Catholique convoitait la posses-
sion d'un pays qui formait le prolongement naturel de
(1) Tome 1, pp. 275270.
(2) /M., pp.S70-S7t.
(3) /6w/.,p. S8I.
( XCIV )
la Casiille. Prenant prétexte de oe que Jean d^Albret
et la reine y sa femme, favorisaient la France avec qui
il était en guerre, et de ce que le pape Jules II les
avait excommuniés, il fit entrer en Navarre une armée
nombreuse, qui s'en empara. Ce fut en vain que Jean
d*Albret, aidé de Louis XII, tenta de la reconquérir:
les troupes françaises furent battues et forcées de
repasser la frontière. Ferdinand, Voulant ôter aux
princes qu'il avait dépossédés tout espoir d'être réta*
blis dans leurs domaines « fit déclarer aux cortès as-
semblées à Burgos, dans le mois de juin 1515, qu'il
incorporait à perpétuité la Navarre aux couronnes de
Castille , de Grenade et de Léon. Il ratifia cette décla-
ration en personne, devant les députés des cortès» le 7
du mois suivant (1).
Charles- Quint, dans les commencements de son
règne, sembla disposé à reconnaître les droits de la
maison d'Âlbret, ou du moins à transiger sur ces
droits avec elle. Par le traité qu'il conclut à Noyon avec
François V^ (13 août 1516), il convint « qu'aussitôt
» qu'il serait en ses pays d'Espagne, où il espérait aller
» de brief , s'il plaisait à la reine de Navarre et ses
> enfants (2) envoyer leurs ambassadeurs devers lui,
» pour lui faire remontrer le droit qu'ils prétendaient
> audit royaume, il les contenterait selon la raison, en
> manière qu'ils se devraient raisonnablement con-
(i) Sandoval, I/istoria de Carlos V, liv. I, pp. 24-36. — Galland,
àlém, pour VhUt, de Navarre et de Flandre, pp. 4-7, et Preuvei, p. 66.
(2) Jean d'Albret était mort le 47 juin 4516.
( xcv )
t tenter (t). > Il répondit à des ambassadeurs que Ca-
therine de Poix lui envoya à Bruxelles dans le même
temps : c qu*il n'était pas encore bien informé du droit
> qui lui pouvait compéter et appartenir au royaume
» de Navarre; qu'il ne Tavait pas pris, mais l'avait
» trouvé en l'héritage et succession qui lui était avenu
» du feu roi catholique; qu'il s'informerait de son droit
t et de celui que ladite dame prétendait lui compéter
» et appartenir, et qu^il ferait ensuite accomplir les
> stipulations du traité de Noyon; qu'il ne voulait ni
i > n'était délibéré tenir ni occuper chose qui ne lui
» compétât et appartint par bon titre (2). »
Mais ces dispositions , en admettant qu'elles fussent
sincères, ne furent pas de longue durée. Charles fit une
réponse évasive à de nouveaux députés que la reine
Catherine lui envoya, en 4517, à Arras (5). A peine
arrivé en Castille, il répondit aux certes, qui le sup-
pliaient de conserver la Navarre comme appartenante
à la couronne, que sa volonté était db la tenir a tou^
JOURS (4). Aussi ne consentit-il évidemment que pour
la forme, à laisser mettre son droit en question dans
les conférences de Montpellier (5) et de Calais (6); et,
{\) DmoivT, Corps diplam,, t. IV, part !, p. 428. — Gailand, p. 70.
(S) Galland, Preuvet, p. 125.
(3) /Wa., lîv. I, p. 7t.
(4) Sandoval, lîv. III, p. 95.
(5) Ibid., p. toi.
(6) Galland, Mémoires, prcliminaîrcs du livre L — Papiert d'Étal
du cardinal de Granvelle, U I, p. 125 et suiv.
( XCVI )
lorsqu'il conclut avec François T' les traités de Madrid ,
de Cambrai et de Crépy, il eut grand soin de profitei'
des conjonctures, pour détacher ce monarque de ses
engagements envers la maison d*Albret (i).
Catherine de Foix était morte le 12 février 1517,
laissant pour successeur son fils Henri d^Albret. Ce
prince, que soutenait une puissante armée française,
essaya, en 1521, de rentrer par la force dans les États
dont il se voyait injustement dépouillé ; il n'y réussit
point (2).
Charles-Quint, cependant, n'était pas sans quelques
scrupules relativement à la possession de la Navarre.
Dans l'instruction qu'il rédigea pour son fils à Âugs-
bourg, en 1548, après l'avoir engagé à se remarier
avec une princesse de France, il lui donnait le conseil,
si la chose ne pouvait avoir lieu, de prendre pour
femme la fille de Henri d'Âlbret et de Marguerite
d'Angoulème, à condition que par cette alliance les pré-
tentions de la maison d'Albret sur la Navarre demeu-
reraient éteintes (5). Au testament qu'il fit à Bruxelles,
en 1554, il joignit un écrit cacheté ainsi conçu : c En
» ce qui touche le royaume de Navarre, bien que le
» roi catholique don Ferdinand , mon seigneur et aïeul,
» l'ait gagné et conquis, et qu'il soit très-vraisembia-
» ble, comme aussi nous le croyons, que ce fut, pour
(1) Gallakd, etc., pp. 76 et 77.
(2) Sa^doval, iîv. X, p. 57i et suiv.
(5) Sakdoval, t. Il, p. 586. — Papiers d'État du cardinal de Grnn-
rîh, t. ni, p. 3i2.
( XCYII )
de justes motifs, vu la droiture de Son Altesse, la
délicatesse de sa conscience, et la coutume quelle
eut constamment de faire toutes choses avec justice;
bien quaprès avoir conquis ledit royaume, Son AU
lesse Tait conservé et possédé plusieurs années, le
laissant, en mourant» à la reine ma dame et à moi
comme rois de Castille; bien que, depuis lors jus-
qu'à présent, nous l'ayons tenu comme nôtre et pos-
sédé de bonne foi, néanmoins, pour plus grande
sûreté de noire conscience , m)us donnons charge et
commandons au sérénissime prince don Philippe,
notre fils et successeur dans tous nos royaumes et
seigneuries, de faire examiner et vérifier, diligem-
ment et sincèrement, si en justice et raison il est
obligé de restituer ledit royaume, ou de fournir,
d'une autre manière, un dédommagement ou une
compensation à quelqu'un, et de faire accomplir effec-
tivement ce qui aura été ainsi trouvé, reconnu et dé-
claré juste, en telle sorte que mon âme et ma con-
science en soient déchargées (i). »
Henri d'Aibret mourut le 25 mai i555. Quelque
temps avant sa mort, voyant qu'il n'obtiendrait rien par
la France, il avait oQ'ert à l'Kmpereur d'abandonner
falliance de Henri II , et de joindre ses troupes à celles
de l'Espagne, si un dédommagement lui était accordé
pour la Navarre. Une négociation secrète en était ré-
sultée entre eux : comme Charles-Quint se trouvait
(i) PapÙTM d'État du cardinal de Grnnretle, t. IV, p. ?$00. ^ Gal-
ixso, Mémoires, etc^p. iOO.
Tome II. y.
( XCVIIÎ )
alors aux Pays-Bas, c était don Beltran de la Cueva,
duc d*Âll)uquerque , vice-roi et capitaine général de
Navarre, qui la suivait en son nom, et lui en rendait
compte, au moyen d*un chiffre particulier; un gen-
tilhomme nommé Juan Martinez de Ezcurra, né en
Béarn, mais attaché à la maison d*Âlbuquerque (1),
servait d'intermédiaire aux deux parties. Cette négo-
ciation fut contitiuée par Antoine de Bourbon , duc de
Vendôme, qui avait épousé Jeanne, fille unique de
Henri d*Âlbret et de Marguerite d'Angouléme,ia même
à laquelle TEmpereur avait songé pour son fils.
Elle n'avait encore abouti à rien , lorsque Charles-
Quiiit abdiqua les couronnes des Espagnes (2) : toute-
fois les deux parties semblaient peu éloignées de s'en-
tendre. L'Empereur aurait donné à Vendôme le duché
de Milan, qu'il aurait érigé en royaume de Lombardie;
une ligue et confédération perpétuelle ou temporaire
aurait été faite entre eux, et cimentée par des alliances
de famille. Vendôme aurait remis à l'Empereur Na-
varreins et les autres places fortes qu'il possédait tant
sur les frontières d'Espagne, qu'en Flandre, en Artois
et en Hainaut; il l'aurait aidé à conquérir Bayonne,
Bordeaux et d'autres terres de la domination du roi de
France, en joignant aux troupes impériales un corps
(i) C'est De Thou qui désigne ainsi Ezcurra, en parlant du voyage
que le rui de Navarre fil en Espagne en 1559 : « Quendam Lescu*
» rium nomine — dit-il — qui, lîcot Benearni pago, in famtlia Albu-
* quercii crat. » Historiartim lib. XXIII, édiU de Londres, in-fol.,
1733, 1. 1. p. 796.
(2) Voy. notre Introduction, pp. Mi et H 2.
E
( Ï<^IX )
d'armée pourvu d*artilierie , de munitions, de vivrez et
des autres choses néciBssaires (1 1.
La trêve de Vauceiles, qui suivit de près les abdica-
tions de Charles-Quint, eut pour conséquence de faire
suspendre la conclusion d^ ces arrangements. Phi'»
iippe II n'avait plus autant besoin du duc de Vendôme,
et il n'était guère disposé à se dessaisir du Milanais,
(I) Lettre da duc d'Âlbuqucrque à Philippe II, du 45 mars 155H,
citée jHir M. Mionet, Charleg-QHinl , etc., %»• édit, p. Ittd.
Le conlCBU de cette lettre est ooniiriné par le préambule des lettres
de plein pouvoir de Philippe II, du 16 février i557, dontnouf par*
Ions plus loin. Voici ce qu'on y lit :
« Por quanto entre nos y et rey y principe Mos. de Vandoma, nuesin»
iiNiy diaro y muy amado primo, se ha tratado y platicado, y se trata
y ptatîca, por el amor y deudo que entre nosotros hay, de haoer uda
11^ y eonfederacion perpétua 6 temporal, y de coufirmarlà y edta-
blecerla mas, por medio de ciertos matrimonios, dandonos y entregân-
donos à Navarrens y otras plaças y sitîos fucrtes que ahi tîene en sus
Eslados, asi à la froutera de Espafla, eomo estas de Plandes, Artué:^
y UeiMO, y ayudândonos a ganar y conquistar à Bayona y Bordées y
otras tierras subjectas al rey de Francia, dando para elto |ente,
artillerîa, municiones, victuallas y otras cosas que sarân necesarias
(pagado à su cosia), y nos por el consiguicnte le habemos de dar,
eetregaf y Apoderar del Estado de Milan eon las fuerzas, plaçtfs y
fronteraa que Uene, y eon las rentas ordinarias y éstraordliiâriAs y
jurisdietion civil y criminal, y todos los olros drcobos y actiones que
tenemos y podcmos tener, assi por via de poscsion como en otra eual-
quier manera, y que juntarénios y formarénios egército para entrar
eo Francia y hacer la guerra é sus aliados y confoderados^ siendu
amîgos de amigos y eneinigos de encmigos, eon ciertas condiciones,
apuoctamicntos y declaraciones que se harén y pornân en la capitu-
laeioo que entre nos y el dicho rt^y y principe se harân y concluirân
segun se trata PC y acurdare, etc. » (Archives de Slmancas, Esiado,
nasse Kl 4.)
"-\
(O
pour l6 seul motif de dédommager ce prince de la perte
de la Navarre.
La politique conseillait pourtant de ne pas ôter à
Antoine de Bourbon tout espoir d*une entente pro-
chaine. Aussi TËmpereur, quand le duc d*Albuquerque
vint le trouver à Burgos, Tengâgea-t-il à entretenir la
néigociaiion jusqu'au retour^u roi en Espagne, l'assu-
rant que son fils ferait ce qu'il avait voulu faire lui-
même, et promettant d*y contribuer selon son pou-
voir (1). Le duc était accompagné d'Ezcurra.. Celui-ci,
ayant sollicité de TEmpereur une audience particulière,
lui dit que, si l'invasion qu'on avait projetée en France
se réalisait, M. de Vendôme ne marcherait pas sous les
ordres d'Albuquerque, ni même avec lui; quils n'é-
taient pas bien ensemble. Charles, avant de quitter Yal-
ladolid, donna avis de ces particularités à son fils (2).
Antoine de Bourbon avait senti que la trêve pouvait
modifier les dispositions du roi d'Espagne, et c'était
sur ses instances qu'Albuquerque et Ezcurra s'élaienl
rendus à Burgos. La réponse de l'Empereur ne le satis-
fit aucunement; il fit signifier à Ezcurra, par un de
ses secrétaires, qu'il nentetidait pas être tenu ainsi le
bec dans Ceau, et qu'on devait se décider dans un sens
ou dans un autre, afin qu'il agit en allié ou en ennemi.
€ J'admire — écrivait-il — qu'on se moque ainsi de moi,
» et qu'on me croie assez simple d'esprit pour ne pas
(1) TomeJI, p, 405,
(2) JLid.
(Cl)
> m*apercevoir que tous ces délais sont des leurres (l). »
Ëzcurra, après avoir fait part de cette comnounica*
tîon au duc d*Âlbuquerque , qui expédia aussitôt un
courrier aux Pays-Bas, afin d*en informer le roi, alla
en rendracompteàrEmpereur, à Jarandilia (2). Charles
lui manifesta les meilleures intentions pour le roi de
Navarre, mais il éluda toute espèce d'engagennepl: étant
éloigné des affaires, et à la veille d'entrer dans son
monastère, il ne pouvait, lui dit-il, rien décider; il
fallait attendre les ordres du roi, et jusque-là continuer
la négociation (5).
La réponse de Philippe li parvint au duc d'Âibu-
querque le il janvier 1557; elle était de nature à ra-
nimer les espérances d*Ânloine de Bourbon. Le duc
s'empressa d'en instruire, par Tentremise d'Ë2Curra,
le secrétaire de ce prince, lequel attendait sur la fron-
tière de Navarre, et celur-ci ne perdit pas un instant
pour le faire savoir à son maître. Antoine de Bourbon
montra une grande satisfaction à cette nouvelle : il
demanda qu Ezcurra vint, en compagnie d*un antre de
ses secrétaires, qu'il envoya expressément, lui com-
muniquer cette réponse du roi dans sa ville de Ven-
dôme, où il se rendrait, sous prétexte de visiter ses
vassaux (4).
Ce fut sur ces entrefaites que, au mépris de la trêve,
(t) Charten-Quint , etc., par M. Mig.nkt, p. 187.
(2) Tome I , p. 67; L II , p. I3i,
^3) Cfiarïes-Quint , etc., par M. MiGiMT, p. tSS.
(4) Tome II, pp. t5i-495.
1^
(en)
les hostilités recommencèrent de la part de la France.
Philippe II, cherchant des appuis partout, comprit
rîmportance de terminer dans un bref délai la négocia-
tion entamée avec le roi de Navarre, et, pour Taccé-
iérer, il fit prier son père , par Rny Gomez , de s'en
charger lui*»méme. Il écrivit, le 5 février, au duc d*AI-
huquerque :
< Le retard que souffre la réponse sur cette affaire
que vous savez , et les difficultés qu il y aura à la traiter
ici, à cause du renouvellement des hostilités, qui em-
pêcheront que les informations y parviennent avec la
promptitude nécessaire, m*ont déterminé à faire. sup-
plier S. Mm par Buy Gomez, de vouloir prendre la
peine de désigner là bas telle personne qu'elle jugera à
propos pour suivre la négociation, attendu que vous
devez venir ici, et qu il ne convient en aucune manière
de perdre une minute de temps, dans la situation où
sont les choses. J*ai cru devoir vous faire part de celai
afin que, pendant que vous serez encore en Navarre,
vous informiez S, M. de ce qu'aura répondu cette per-
sonne (1), et de ce qui se sera encore passé dans cette
affaire : S. M. y okdomnbra, déterhinera bt pourvoira
AINSI au'fitLB LB TROUVERA CONVENABLE , SRUS qu'il SOÎl
besoin de recourir à moi. Seulement, vous m'aver^^
lirez de ce qui se sera fait , mais sans attendre ma ré-
ponse. Vous écrirez aussi à Ruy Gomez, le priant de
vous mander si S. M. accepte, car je ne voudrais pas
(i) Antoine de Bourbon.
( cm )
quon rimportunât, avant de connaître sa volonté (1). »
Sous la date du 16 février, Philippe fit expédier des
letfres de plein pouvoir en blanc» pour le négociateur
qui recevrait de son père la charge de conclure avec le
roi de Navarre.
Charles-Quint acquiesça aux désirs du roi.
Cependant Ezcurra revint à Valladolid, dans le mois
d'avril, du voysige qu'il avait fait à Vendôme. Il avait
donné connaissance à Antoine de Bourbon, en pré-
sence de son médecin et d'un de ses secrétaires (2), des
conditions auxquelles le roi était prêt à traiter avec lui;
mais ils n'avaient pu tomber d'accord : ce prince vou-
lait être mis en possession de l'État de Milan, avant
(1) « Vi5to lo que tarda la respucsta de aquel negocio quesabeis,
y las dificultades que habrân eu tratar por acâ dello , por haberse
roto la guerra y no poder venir los avisos con la brevedad que es
menester, me ha parescido enviar à suplicar a S. M., con Ruy Gomez,
sea servido de tomar trabajo de mandar entcnder alla en ello à la
persona que le paresciere, por haber vos de venir acà, y no convenir
CD ningona manera que se pierda hora ni puneto de lienipo, estaudo
las Gosas eu el estado en que cstàn. Hsr nos parescido avisaros dcllo,
para que lo sepais, y que entre tanto que ahi estuviércdes , dels aviso
â S. M. de lo que ha respondido aquel la persona', y de lo que mas
pasare en este negocio, para que S. M. ordene, détermine y provea
conio le paresciere, sin que haya uecesidad de ocurrir a mi; sola-
mente me haréis saber lo que pasare, porque esté prevenido, sin
esperar respuesta de aca, y à Ruy Gomez escribiréis para que os ad-
vierta si S. M. lo aceptô, porque no se le de pesadu^nbre, sin primero
saber su voluntad. De Bruselas, â très de hebrero 1557. « (Archives
deSimancas, E»tado, liasse 5 14.)
(%) Tome II, p. 17».
( civ )
de délivrer ses places fortes et ses fils (I), tandis que
Philippe prétendait que la délivrance eût lieu, de part
et d'autre, dans le même temps. Bourbon assurait d'ail-
leurs qu'il avait un moyen de donner au roi d'Espagne
toutes les garanties qui pouvaient être désirées par lui ;
mais ce moyen, il ne le faisait pas connaître. Ezcurra
était porteur de la réponse écrite du roi de Navarre,
en date du 4 février (2).
(i) Il devait avoir alors deux fils : Faine était le prince Henri,
qui fui depuis Henri IVj nous ne trouvons, ni dans YArl de vérifier ics
daies, ni dansMoRÉRi, des indications certaines sur Tautre.
(!2) CVst ce qui résulte des passages suivants de rinstniclion
donnée par Philippe II à Ruy Goniez, \c iTt avril 1557 : v Lo pri-
» niero, que proeurando de dcjar â Valladolid, en la niejor ordcn
» (|ue fuere posîblc, lo que llevastes â cargo yréis luego â dar
w cuenta al Eniperador mi senor de lo que ahora se escribe, asi sobre
»» lo de Mos"" de Vandonia conio sobre lo del dincro y todo lo dénias
• que ocurre en todas partes; y hccho esto, y vinîendo S. M. en que
» se ponga on ejecucion lo del dicho Mos' de Vandoina conforme à lo
» que abajo se dira, os parliréis é îréis à Navarra, al tiempo que
i> vicrcdcs nias convenir al bien del ncgocio, asi para apretarle y
» concluirle ànles que se picrda la ocasîon, conio para descmbara-
* raros vos del lo mas presto que scr pueda, por la neccsidad qu« de
» vuestra presencia habrâ en los otros négocies j y el tilulo y voz que
» habeis de dar à vuestra ida a Navarra, y lo que se ha de publicar,
• sera que es A asentar con el duque de Alvurquerque lo de su venida
* aca, entre tanto que la gente se hace y camina y el armada se
i> aprcsta; y llegado, le pediréis que os muestre la respucsla que el
» dicho Mos»" de Vandonia dio sobre el negocîo principal A los cuairo
« de febrero, y la carta que cl duque nos escrîl>îô à los vcînte y uno
» del niismo, por donde veréis particularmentc lo que ha pasado, y
1» los niedios que el de Ezcurra le propuso sobre la manera de la
» entrega, y la ûltima rcsolucion que tonio, pcrsiSt4endo en que pri-
( cv )
Selon les ordres de la princesse donî\ Juana, il fil
rapport de sa mission dans une conférence à laquelle
assistaient, avec Ruy Gonoez, deux des principaux con-
seillers de la gouvernante, don Garcia de Tolède et
Gutierre Lopez de Padilla. Ces ministres furent d*avis
de continuer la négociation, en faisant savoif à Bour-
bon que le roi avait envoyé ses pouvoirs pour traiter,
et qu on ne tarderait pas à nommer un plénipoten-
tiaire: mais il leur parut convenable que préalablement
Ezcurra allât rendre compte de fout à l'Empereur (1),
Ezcurra fut reçu par Charles-Quint, à Yuste, le 28
avril. L'Empereur, l'ayant écouté avec attention, lui
dit que, si, dans celte affaire, le duc de Vendôme avait
des intentions aussi droites qu il l'avait toujours assuré
et qu'on devait l'attendre d'un personnage tel que lui,
il s'abusait beaucoup, en demandant qu'on lui remit le
Milanais, avant que lui-même il Ht la remise de Navar-
reins et de ses autres places fortes : car il était mani-
feste que, de quelque manière qu'eût lieu la délivrance,
le roi de France, aussitôt qu'il aurait vent de la chose ,
s'emparerait de tous ses Ëtats , et alors la plupart de
ses amis et des autres personnes sur lesquelles il comp-
tait viendraient à lui manquer. Charles ajouta qu'il avait
• nicro ha de scr puGSto on la poscsion de Milan, y que dcspucA
• cntrfgarâ sus plaças c hijos en rehencs : que e.s cl punto suslaiirial ,
• ^M>bre que lanto se ha dcbatido, etc. » (Archives de Siniancus, Eëtculo,
liasse 514.)
(1) Tome II, pp. 175-174.
( CVI )
la meilleure opinion du duc .de Vendôme; qu ainsi il
se fierait à lui pour TËlat de Milan , et bien plus» pour
la Navarre et la Caslille , mais que les choses deman-
dées par ce prince étaient contraires à ses intérêts pro-
pres, surtout si, comme il le disait, il était mal avec le
roi de France, et qu elles le conduiraient à sa perte;
qu'il ne pourrait d'ailleurs défendre TËtat de Milan sans
la faveur et le secours du roi Philippe, de qui dépen-
daient son bien et Taccroissement de sa grandeur; qu'il
était donc juste qu'il eût confiance dans le roi; que plus
il donnerait au roi de gages d'amitié, et s'exposerait
pour lui, et plus étroite serait robiigalion du roi d'ac-
complir ses promesses; que si, pour sa plus grande
satisfaction, le duc voulait qu'il. s'obligeât lui-même, il
le ferait, aûn de montrer combien lui et son fils dési-
raient la conclusion de cette affaire, mais qu'il fallait
en finir promplement et convenablement (1).
Charles donna connaissance à la princesse gouver-
nante du langage qu'il avait tenu à Ezcurra,en l'accom-
pagnant de quelques observations : < Je me souviens —
> lui écrivit-il — que, quand cette négociation fut mise
» sur le tapis, ce fut dans l'hypothèse que la guerre
» serait commencée par moi ou par le roi mon fils ; et
» comme, dans ce cas, le duc de Vendôme offrait ce
» dont il est question, on lui demanda, pour sûreté
> de l'accomplissement de ses offres, les conditions
» déjà connues. Or, aujourd'hui, les hostilités sont
(1) Tome II, pp. 176-177.
( CVIl )
commencées par le fait du roi de France, le roi mon
fils rassemble une armée de terre et une floUe, et
Ton espère le secours des Anglais. Ce que le duc
attendait, avant de se déclarer pour nous, est ainsi
réalisé. Il semble donc, si! a les intentions quil a
témoignées, quil devrait se déclarer à présent, et
s il le faisait, qu'il ne serait peut-être pas tant néces-
saire d*exiger les sûretés et les forteresses qu on vou-
lait avoir auparavant : car, en réunissant des troupes
sous prétexte d'envahir la Navarre, tandis que ces
royaumes eu réuniraient aussi comme pour lui ré-
sister, il se trouverait, parait-il, si obligé et si engagé
daus Taflaire, que, au cas quon eût à lui céder Mi-
lan, on pourrait le lui délivrer avec moins de doute
et de difficulté; et uon-seulement alors il remettrait
les forteresses qu il a sur celte frontière, mais encore
il tâcherait de remettre celles qu'il a en Picardie, et
à enlever au roi de France toutes les places qu il
pourrait (1). »
L'Empereur invitait la gouvernante à faire examiner
ces observations par son conseil : « Néanmoins —
> poursuivait-il — si le duc de Vendôme persistait dans
» ce qu'il a dit à £zcurra , je croirais qu'il n'a pas
» autant de désir de se concerter avec nous qu'il l'as-
» sure, puisqu'il est si clair que ce qu il demande doit
» lui tourner à mal , et plutôt on pourrait soupçonner
» le contraire. En tout cas, il y aurait avantage à en-
(1) Tome II, p. 177.
( CVIIl )
» (retenir la négociation, spécialement pour le cas que
» Vendôme eût le dessein d'entreprendre cette année
» quelque chose contre la Navarre, le roi mon fils étant
» dans les embarras que vous savez. Vous me donnerez
» avis de la résolution définitive qui se prendra, afin
> que, après l'avoir vue, je puisse vous dire ce que j'en
» pense. Veillez à ce que le secret soit gardé dans cette
» affaire, et qu'on prenne en Navarre toutes les mesures
» de précaution quil convient (I). >
La princesse doiîa Juana, ayant d'abord, selon les
intentions de l'Empereur, communiqué sa lettre, à la
reine de Hongrie, réunit ensuite en conseil RuyGomez,
don Garcia de Tolède et Gutierre Lopez de Padilla; elle
était présente, ainsi que la reine. Ëzcurra rapporta la
dernière réponse que le roi de Navarre lui avait faite,
et ce que lui avait dit TKmpereur : il se retira après ce
rapport. La délibération qui suivit fut longue. Toutes
les considérations exprimées par l'Empereur furent
trouvées d'une justesse frappante. Knfin l'on résolut
quEzcurra retournerait auprès du roi de Navarre (2).
Sans s'occuper de sa dernière déclaration , il lui dirait :
que l'Empereur avait reçu du roi les pouvoirs néces-
saires pour traiter et conclure avec lui; que les deux
Majestés avaient grande volonté de te faire dans un
bref délai; que les circonstances paraissaient propices ,
puisque la guerre était déclarée, que les Français
étaient embarrassés en. Italie, et le roi prêt à envahir
ft) Tome H, p. 178.
(2) Ibid., pp. 181-182.
( cix )
la Picardie; que S. M. I. 8*étail réjouie d'apprendre
qu*il avait un moyen de garantir ce qui serait con-
venu; qu*elie désirait beaucoup connaître ce moyeu,
pour en venir plus tôt à l'exécution; qu'elle le priait
donc de le lui faire savoir; qu'aussitôt qu'elle en serait
informée, elle enverrait une personne, de telle qua-
lité, en tel lieu et de telle manière qu'il le jugerait
convenable, laquelle aurait commission de conclure le
traité; que S. M. attendait avec désir sa réponse (I).
Dans un mémoire à part, l'instruction suivante fut
donnée à Kzcurra : < Si le duc de Vendôme persiste à
9 ne pa& se fier au roi , notre seigneur, et à demander
> qu'on lui délivre TÉtat de Milan, contre la remise de
> ses fils, et avant quil remette lui-même ses places,
» vous lui proposerez, comme de vous-même, la ga-
(I) « Li) qu'cl scfior d'Ezcurra ha de decir a M. de Vandoma on
fl ncgocio de que se tracta, es : que los podcres dcl rcy nuestro sefior
para qu'elEmperador nuestro scDor pucda traclarlo y concluîrlo, son
veiiidas, y coino convicnc y son oicncstcr, y que Sus Magcsladcs
Ikncn gran voluiitad de efceUiarlo cou brcvcdad ; y ap;ora que eslû
rota la guerni, jiaresce qu'es la saxon y licmpo convenible para ellu,
mayormente estando los Frauceses cmbaraszados en las oosas de
Italia, y el rcy tan arniado para entrar y hacerle dano por Picardia;
y que ba holgado inucho Su Mages tad Cosarea de cntender lo que le
dijo que ténia mcdio para poder niejor asegurar la conclusion , > que
tcmâ gran eonlentamiento de saberlo, por venir mas presto à efee-
Inarlo; y asi le ruega que lo déclare y gelo haga saber; y que luego
en enteudiendo su vohuitad enviarâ persona de la cuatidad que le
paresciere, y à su contento, y adônde y coino viera que convicne, para
traetar y concluir el negocio; y esperara con dcsro su re<ipuesta. •
(Archives de Siniancas^ Exlado^ liasse îiiO.)
£?r-
'TT^T"
m*
(ex)
)i raïUie personnelle de TEmpereur, notre seigneur. S*il
» n est pas encore salisfail de cela, bien que en bonne
> justice il doive Tètre, vous lui direz que, si même
» le roi faisait ce qu*il demande, cela serait contre ses
» intérêts : car, dès qu*on verrait ses enfants remis
» au roi, ou Milan passer dans ses mains, ou même
> en celles du duc de Mantoue ou des Vénitiens, la
> négociation serait découverte, etiui perdu. Au même
» moment, le roi de France se saisirait de ses Etats,
> qu il n'aurait pas le pouvoir de défendre (1). »
L'Empereur approuva tout cela (â), et Ezcurra se
mit en route. A Yuste, comme à Valladolid, on était
persuadé que le roi de Navarre accepterait les propo-
sitions qui allaient lui être faites, à moins qui! ne pro-
cédât pas de bonne foi (5).
Le duc d'Albuquerque avait informé le roi de la
réponse donnée à Ezcurra par Antoine de Bourbon.
(i) 0 Si todabîa persisticre (el daqtie de Vendoina> en no oon-
fïarse del rey nuestro seflor, y en que se le entregue cl Estado dft
Milan, entregando sus hijos, y primero que entregue las tierras, te
proponga , como de suyo, qu'el Emperador nuestro seflor se obligarA
y saldrà por iîador de todo lo que con él se oapitulare. Y, no saUsDa-*
ciéiidose con esto, qu'es tan justo, le diga que, aunqu'el rey vinîese
en ello, no le conviene, porque, Inego que se viese qu'él entrega sua
hijos, 6 que à él se le entrega à Milan, y aunque se entregase al dn-
quc di; Mantua ô Venccianos, séria descubiei*t.o el tracto, y él per-
dîdo, porqu'el rey de Fraiicia le tomaria su Estado, y no séria parle
para pûderlo dcfonder « (Areli. de Siiiiancas , Estado, liasse <il9.)
(2) Tome l,p, 449.
(3) Tome I, p. 150} Ull, p. 48S.
( CXI )'
Philippe, en ce nioment, mettait un grand prix à Tal-
lianee du roi de Navarre : il crut donc ne devoir pas
insister sur la délivrance simultanée du duché de Milan
et des places appartenantes à ce roi en Guienne et en
Picardie. II adressa à Ruy Gomez l'instruction que
nous allons faire connaître.
f Quoique — lui dit-il — nous ayons toujours en-
tendu que la délivrance réciproque se fît avec égalité ,
de manière qu*il y eût une entière sûreté des deux
pArts, et qu'on n'eut pas à craindre les inconvénients
dont il a été parlé plusieurs fois en votre présence ,
comme cette affaire ne souffre plus de délai, et qu'il
vaut mieux savoir promptement à quoi s'en tenir, nous
avons, après un mûr examen et qu'on a bien consi-
déré le pour et le contre, pris la résolution suivante :
> Vous et le duc d'Âlbuquerque, ou l'un des deux,
vous enverrez déclarer h M. de Vendôme que je veux et
suis content que l'État de Milan lui soit remis en pre-
mier. Vous lui ferez demander qu'il dise le moyen, qu'il
croit avoir, selon les discours tenus par lui à Ezcurra,
d'empêcher que ledit Ëtat ne tombe au pouvoir du roi
de France ou d'un autre, en sorte que nous en serions
frustrés tous les deux: car, quant à sa personne, j'en
suis très-assuré et satisfait; et je me confie qu'un gen-
tilhomme si principal ne manquera, pour quoi que ce
soit, h sa parole, mais qu'il mettra en nos mains ses
deux fils, comme il l'a dit en dernier lieu, nous déli-
vrera les places qu'il a offertes^ et fera le surplus pour le
succès de l'entreprise projetée contre le roi de France,
dès qu'on lui aura remis l'État de Milan.
( ^^11 )
» Outre ce qui vient A'èlve dit, son propre inlérël le
lui conseille. En effet, pour se pouvoir maintenir dans
le Milanais, rien ne lui convient autant que de nous
délivrer Navarreins et ses autres places, puisque, péné-
trant par là en France et dans la partie de ce royaume
où les coups les plus sensibles pourront être portés au
roi français, nous mettrons celui-ci dans Timpossibililé
de rinquiéter à Milan.
» Ayant beaucoup pensé à cela comme à une chose
de si grand poids, nous trouvons que, stion toute rai-
son, Vendôme doit se fier aux forces que nous tenons
dans ledit Ëlat et dans le Piémont, pourvu que les
châtelains des places lui prêtent serment, et que les
chefs de Tarmée ainsi que le gouverneur lui promet-
tent de lui délivrer le tout, lorsqu il aura les troupes
nécessaires pour le conserver : car il lui serait impos-
sible d*y faire arriver par mer le nombre de ses gens
qu*il faudrait, pour se mettre en possession d*une ma-
nière sûre, et plus encore d*en lever en aucune partie
de ritalie, sans que le roi de France le sût, et sans
qu il ne saisit celte occasion, surtout aujourd'hui qu*il
a une armée en Piémont et dans les États du pape, au
moyen de laquelle il pourrait s*opposer à notre <lessein
et à celui dudit Vendôme. Peut-être se flalte-t-il que
quelques-uns des capitaines et des soldats gascons, qui
sont dans les rangs de Tarmée française, passeraient à
son service : mais cela ne suffirait pas encore à conju-
rer le péril manifeste oii il se mettrait , et ce péril se-
rait bien plus grand, s'il voulait que notre armée se
séparât, et que Tintât de Milan lui fût délivré dégarni
( CXIII )
de troupes, alors qu*il serait lui-même destitué des
moyens de le défendre d*une invasion imminente.
> Il faut lui bien remontrer tout cela , et qu*il y ré-
fléchisse et se détermine de manière à prévenir les
inconvénients signalés. En n'agissant pas ainsi , au lieu
de faire du mal au roi de France, ledit Vendôme et
moi nous nous en ferions à nous-mêmes, et nous tra-
vaillerions pour lui.
» La réponse que donnera ledit Vendôme, tant au
sujet de l'assurance de TËtat de Milan que sur ce qu'il
compte effectuer pour nous satisfaire, vous mettra à
même de pénétrer ses desseins, et de voir s'il est de
bonne foi , ou bien s'il négocie du su du roi de France ,
comme cela pourrait être, quoique, selon la manière
dont il a procédé et répondu, et d'autres raisons encore,
il paraisse y aller rondement et avec l'intention d'exé-
cuter ce qui sera convenu. Par ce motif, et considérant
que nous ne pouvons ainsi ni recevoir de dommage
ni nous mettre en danger, — car s'il entendait faire
part au roi de France de nos arrangements, ou s'aider
de ses troupes, il serait clair qu'il nous trompe —
nous avons voulu que vous lui fassiez ladite offre : il
saura par là notre volonté, et nous saurons ses inten-
tions, lesquelles, comme nous l'avons dit, nous croyons
bonnes.... (i). »
(i) « ..... Aunque, como sabcis, sicmpre liemos estado en que la
rntrega se hiciese con igualdad, y de maiicra que de la una y de la
otra parte hubiese entera seguridad, y ccsasen los inc4>nvcnîcnt('s que
diversas vcçcs se han platicado en vneslra presencia, y por no siifrir
Tome II. h.
( CXIV )
Tout ce qui précède était subordonné à la décision
de VEmpereur, vers lequel le roi commandait à Ruy
Gomez de se transporter incontinent. Si l'Empereur
Fapprouvait, Ruy Gomez passerait en Navarre, sous
prétexte d'arranger avec le duc d'Âlbuquerque ce qui
este negooîo mas dilacion, y ser mejor saber con brevedad en lo que ba
de parar, habiéndose tratado y platicado cumplidamente, y mirado el
pro y el contra que podria tener, nos habemos resuelto y dcliberado
que vod y el dicho duque, ô cualquier de vos, envieis â ofrecer al
dicho VeDdoma, que yo quiero y soy contento que se le entregue pri-
mero el Estado de Milan , pidiéndole que diga y déclare el medio y
forma que piensa tener, segun lo apuntô al de Ezcurra, para que se
baga de manera que no corra peligro , ni yenga en manos del rey de
Francia 6 de otro, y quedemos ambos sin él ; que de su persona estoy
muy cierto y satisfecbo, y con6o que un tan principal caballero no
dejarâ por cosa alguna de cumplir su palabra y lo que prometiere, y
que pornâ en nuestro poder sus dos hijos, como ultimamente lo ba
dicho, y que entregarâ las plazas que ha ofrescido, y hara lo dcmas
para esecucion de la gucrra y bien de la cmpresa , luego que se le baya
entregado el dicho Estado de Milan , pues, demâs de lo dicho, para se
poder él mantencr alli, la cosa que mas le conviene es entregarnos las
fuerzas de Nayarrens y otras plazas, para que, metiendo nos al dicho
rey de Francia la gucrra por ellas dentro en su reyno y en la parte
donde él mas lo sentiria , no 1c pucda estrechar en el dicho Estado de
Milan.
• Y habiendo mucho mirado en ello, como en cosa de tan grande im-
portancia, hallamos que por razon el dicho Vandoma necesariamente
se ba de venir é confiar de la gente que tencmos en cl dicho Estado y
castillos dél y en el Piamonte, hacieudo los castellanos pleito home-
nage, y prometiéndolc las cabczas del ejército y el gobernador de de-
jirselo todo libre, cuando él tenga gente con que se amparar, porque,
para entrar con scguridad en la posesion, no podria traer por mar el
numéro de gente suya que fuere menester, ni menos hacerla en Italia
en parte alguna, sin que fuese sabido y entendido por el rey de
( cxv )
concernait le départ du vice-roi pour les Pays-Bas (I).
L'instruction de Ruy Gomez se terminait ainsi :
< Si S. M. est d*avis que le traité se conclue , vous
teilleres! à ce que les stipulations en soient bien pré-
cises, tant en ce qui concerne les places que M. de Yen-
^ia» para aproyecbarse de la ocasioot mayormente eo esta saton
que lient ejército en el Piamonte y en las tîerras del papa , con que
podria acadir é impedir nuestro intento y et del dicho Vandoma. Y,
en caso que tubiese eonfiansa que se le pasarian algunos capitanes y
ioldados gaseones de los que estàn en el ejéroito francés, taïupooo
séria cosa bastante, ya que ad suoediese, para no inourrir en notorîo
peligro, y mayor lo séria cuando quislese que nuestro ejército se des»
hicîese, y que se le entregase el Estado libre y desembarazado , sin
lener él gente bastante para lo defender, asi que séria luego invadido
sin tesîstencia.
» Y todo esto sera menester que se le dé bien à entender, y que
él lo sanee y ordene de mancra que cescn los dichos inconvenientes^
que, no se haciendo asi, en lugar de querer ofender al dicho rcy de
Francia, vernlamos el dicho Vandoma y yo a ser ofendidos y haccr su
negocio.
* Y delà forma que diere asi en la seguridad del dicho Estado coma
en lo que ha de hacer con nos para satisfacernos, podréis colcgir el
fin que ticne, y si ha andado llano, 6 si trata con sabiduria del rey de
Francia, oomo podria ser, aunque» segun como ha procedldo y res-
pondido, y las raxones que hay, paresce que lo ha tratado Ilanamêftte,
7 oon intencion de lo poner en efecto. Y por este respceto, y pares*
ciéndonos que por el dicho camino no podemos recibir dafio ni correr
peligro, porque, hacicndose de manera que el rey de Francia lo en-
tienda, 6 ayudàndose de su gente, séria claro è1 engailo, habemos
qiuerido que le hagals el dicho ofrescimiénto , y con efecto, porque en
esto él conoscerà nuestra yoluntad , y nos su fin , el cual , como esta
dicho, ereemos que es bueno • (Instruction du 13 avril 1557, citée
à la note S de la p. civ.)
(i) Voy. la note 2 à la p. civ.
( cxvi }
dôme doit me délivrer, les otages qu*il me donnera et
le secours que j'attends de lui , qu'en tout le reste, de
façon qu'il ne puisse ensuite y avoir de contestations
ni d'interprétations nouvelles, et que, si l'État de
Milan doit être délivré en premier , on ne fasse naître
aucune occasion de différer l'accomplissement de ce
qui me sera promis. Il faudra aussi , autant que pos-
sible, convenir de l'argent et des troupes que M. de
Vendôme fournira, fixer de quelle manière, en quel
temps et par quels endroits se fera l'invasion en
France : si ce pouvait être cette année , ce serait fort
à propos, puisque je dois moi-même y pénétrer par
ici.
€ Enfin, vous suivrez en tout ce que S. M. décidera.
Vous ne devez pas perdre de vue que, puisque nous
cédons rÊtat de Milan , qui est si grand et de tant
d'importance, ledit Vendôme et sa femme auront à
renoncer aux droits qu'ils prétendent avoir sur le
royaume de Navarre que nous possédons, et que cela
se devra faire en la meilleure forme, avec les promesses
et assurances requises. Que si , par hasard, ledit Ven-
dôme demandait que l'Empereur lui donnât l'investi-
ture de FËtat de Milan, vous lui certifieriez que je
tiens de S. M. des pouvoirs suffisants pour faire dudit
État tout ce que je veux (1). Vous pourrez promettre
enfin, au cas qu'on le demande, que, après que la dé-
livrance aura été effectuée des deux parts, on donnera
( 4 ) Voy. V hUroduction , p. 1 4 1 .
( CXVll }
à M. de Vendôme, dans les articles du traité, tous les
titres qu'il désirera pour sa satisfaction (1). »
Avec cette instruction, Philippe II fit parvenir à
Ruy Gomez de nouveaux pleins pouvoirs : les uns au-
torisaient le comte de Melito et le duc d'Albuquerque ,
conjointement ou séparément , à conclure et signer le
traité qui se négociait ; les autres étaient en blanc , afin
que FEmpereur les fit remplir selon qu'il le jugerait
convenable (2).
Ruy Gomez , comme on Ta vu (5) , s*empressa de se
rendre à Yuste. Mais les nouvelles dépèches du roi ne
firent en rien modifier ce qui avait été arrêté touchant
le voyage d*Ezcurra.
Ce gentilhomme revint du Béarn au mois de juillet,
accompagné d*un secrétaire du duc de Vendôme,
nommé Burdeo ou Bourdeau : ils se rendirent directe-
ment à Yuste, où Ruy Gomez les avait précédés (4).
(1) « Ea fin seguiréis en todo lo que s. M. acordarc y deterniitiare,
y habeis de estar avisado que, pues nos damos el Estado de Milan ,
cosa tan grande y principal, que el dicho Vandonia y su muger renun-
cien el derccho que cl la prétende tener al reyno de Navarra que nos
poscemos, siéndolc entregado el dicho Estado, y que esto se haga
muy en forma, y asi lo prometan y asegarcn; y si por caso liablase
el dicho Vandoma en que S. M. hiciesc invcstidura de lo de Milan , le
aseguraréis que yo tengo bastantc podcr de S. M. para haccr del
Estado lo que quisiere; y en los capitulos, cuando se pidîesc, podeis
prometer que, heclia la entrega de ambas partes, se le daran todot
los titolos que seran uienestcr por su satisfaccion.... •>
(i) Ils étaient dates, comme Tinstruction , du 15 avril lb57.
(5) Page Lv.
(i) Tome I, p. 161; U II, p. 207.
( GXVUl )
Bourdeau donna connaissance à TEmpereur de son
instruction, et, conformément à celle-ci, il demanda
que les points suivants servissent de bases au traité à
conclure, sous la garantie de Sa Majesté Impériale,
laquelle s'obligerait à leur accomplissement, tant en
son nom qu'en celui de son fils :
V Dans les trois mois à partir du jour où l'armée
espagnole aiira passé les Pyrénées, pour exécuter ce
dont on sera convenu , Leurs Majestés remettront réel-
lement et de fait FËtat de Milan, avec les forteresses
qui en dépendent, au roi (de Navarre), ou aux per«
sonnes par lui à cet effet nommées , et les solennités
accoutumées en pareil cas seront ponctuellement ob-
servées par les deux parties.
^ Ledil roi et ses successeurs ou ayants cause au*
ront tout droit de supériorité , avec le pouvoir de faire
rendre la justice en leur nom , sur tous les lieux appar*
tenants à la maison d*Âlbret, le comté d'Armagnac, les
vicomtes de Marsan , Turesan, Gavardan, INébousan et
Bigorre, les comtés de Foix, Périgord, Limousin, et
toutes les autres terres , lieux et châteaux que ledit roi
possède, par lui et par la reine, son épouse, et qui lui
appartiennent ou peuvent appartenir : de façon que ni
lesdites terres , ni leurs vassaux, ne soient en aucune
manière sujettes à Leurs Majestés, ni à leurs succes-
seurs, ni aux rois d'Angleterre, et que, comme roi et
seigneur indépendant , ne reconnaissant pas de supé-
rieur, il nomme, absolument et sans contradiction au-
cune, à tous les archevêchés, évêchés et autres dignités
et bénéfices quelconques qui y viendront à vaquer.
( CXIX )
5° Ledîl roi et ses successeurs auront de même, à
perpéluité, et avec la même supériorité et seigneurie,
le comté de Comminge et Gaure, le Condomois et 1q
Bazadois, qui lui appartiennent et que ie roi de France
a usurpés*
if" Les particuliers, sujets de LU MM.» qui pos*
sèdent» dans leurs royaumes, des biens appartenant9
auxdits roi et reine, pourront être traduits, pour se
voir condamnés à les restituer, devant les juges de
Leursdites Majestés , et il sera ordonné à ceux-ci d*ad^
ministrer en tel cas bonne et briève justice.
^^ Le roi pourra échanger, vendre et aliéner , de
quelque manière qu'il le juge à propos, les terres et
autres choses qu'il possède en Flandre , sans que pour
cela il soit obligé de payer , actuellement ou dans la
suite, aucun de^ droits établis et accoutumés, sauf
que, le roi d*Espagne désirant avoir quelques-unes de
ces terres, elles lui seront données au prix que d'autres
en offriraient, et que, ne les voulant pas, les per-
sonnes à qui elles seront vendues devront être par lui
agréées.
&* Il ne sera fait aucun dommage, en leurs per-
sonnes ni en leurs biens, aux gentilshommes et autres,
de quelque état et condition qu ils soient, qui, n étant
pas vassaux du roi (de Navarre) , le serviront dans cette
affaire, et desquels ledit roi remettra une liste, signée
de sa main.
1^ S. M, L SE TROUVERA EN LADITE EXPÉDmON, SI SA
SAHTÉ LE LUI PBEMET, BT ELLE EN FERA LA PROMESSE : dlorS
ledit roi se contentera d'être son lieutenant. Si elle ne
( cxx )
s y trouve pas, ou le roi d'Espagne, à qui le roi défé-
rerait comme à FEmpereur même, il sera le chef de
Tenlreprise, auquel tous seront subordonnés.
8^ LL. MM. le favoriseront et Taideront à conserver
TËtat de Milan, en continuant la guerre, cette année,
du côté du Piémont. Pendant les trois années qui sui-
vront le jour où il sera investi dudit Ëtat, elles lui don-
neront, chaque année, 10,000 hommes de pied, de
toutes nations, pour la défense du même Ëtat et le
recouvrement du Piémont (au cas qu'elles veuillent le
reconquérir en faveur du duc de Savoie), ainsi que
pour la conservation du royaume de Naples.
O*" Les mariages, confédérations, ligues et autres
choses se feront conformément à ce qui a été convenu ,
à savoir : que, si Dieu donne une fille au roi don Phi-
lippe et à la reine d'Angleterre, et qu'elle soit l'ainée,
elle épousera le prince don Henri , fils aine desdits roi
et reine de Navarre, et , si c'est un fils qu'ils ont, il se
mariera avec la première fille qui naîtra auxdits rois ;
qu'à défaut de l'une et de l'autre, ledit prince don Henri
épousera, à son choix, une des filles du roi des Ro-
mains, ou du roi de Bohème, ou la fille de la duchesse
de Lorraine. De même , il se conclura une ligue et con-
fédération perpétuelle entre LL. MM. et leurs succes-
seurs en Espagne, Angleterre, Naples et Sicile et les-
dits roi et reine et leurs successeurs, par laquelle i!
sera stipulé que LL. MM. ne feront paix ou trêve avec
le roi de France ni avec d'autres rois, princes et poten-
tats chrétiens, sans que lesdits roi et reine et leurs suc-
cesseurs y soient compris. Leursdites Majestés s'em*
( CXXI ) '
ploieront aussi pour qu'une pareille ligue perpétuelle
soit conclue avec le pape , le roi des Romains , le roi de
Bohème, les Vénitiens et les autres potentats dltalie.
10* II sera ordonné au vice-roi de Navarre et au
capitaine de Fontarabie d'interdire aux troupes des
frontières , durant la négociation du traité , toutes
courses et actes d'hostilité, et ce afin de mieux trom-
per les ennemis. Ledit roi donnera des ordres sem-
blables de son côté.
il® LL. MM. promettront de faire ratifier et ap-
prouver, par la reine d'Angleterre, dans les trois mois
qui suivront le jour de la signature du traité, tout ce
qui est dit ci-dessus, et les autres conditions honnêtes
et raisonnables qui s'y rapporteront.
i^ Moyennant ce qui précède, ledit roi donnera
passage aux troupes espagnoles par son pays et par
les forteresses qu'il possède en Guienne; il réunira à
ces troupes les forces qu'il a promises, savoir : 5,000
hommes d'infanterie et 500 chevaux, avec 1,200 pion-
niers, 5,000 paires de bœufs attelés à des chariots,
10 canons, 5 couleuvrines longues et 5 bâtardes,
100,000 livres de poudre et des balles à proportion :
les gens de guerre, les pionniers, les attelages de bœufs
seront payés pour trois mois.
i5<» Lesdits roi et reine renonceront, en faveur de
LL.HM. et de leurs successeurs, ou de qui ils jugeront
convenable, à toutes actions et droits qu'ils ont et pré-
tendent sur les royaumes d'Aragon et de Navarre, ainsi
que sur le comté de Biscaye que Leursdites Majestés
possèdent à présent , en réservant seulement pour eux
( CXXll )
et leurs successeurs la Basse-Navarre, dite Terre des
BasqueSf dont ils sont en possession.
14"* Le secrétaire Bourdeau étant revenu à Pau, et
ayant rendu compte au roi et à la reine de sa négocia-
tion , il en sera donné avis à l'Empereur, et Ton enverra
un sauf-conduit pour le comte de Melito, qui sera por-
teur des pouvoirs de S. M. I. et du roi , son fils , ainsi
que pour un lettré qui aura charge de rédiger les actes,
et pour un secrétaire de Sadite Majesté Impériale , le-
quel devra être celui qui aura contre-signe ses pou-
voirs. La même chose se fera de la part desdits roi et
reine (1).
(I) u Habiéndose platicado largamente en cl negocio que se tracta
entre Sus Magestades y cl rey (Vandoma), no se halla otro mcdio mas
sufîciente para efectuarse, syno que él sea contento de hacer confianza
de Sus Magestades y ponerse en sus raanos, en que el Emperador aya
de ofresccr y prometer desde luego, por su palabra impérial, ansy
en su nombre como dcl rey, su bijo, lo siguiente :
» i<* Que dentro de très meses, que se cuenten dcsdc el dîa que el
exército huvierc pasado los Pirineos en adelante, para ejecutar lo
concertado, Sus Magestades hayan de entregar realmente y con efeeto
el Estado de Milan al dicho rey, ô a las personas que él nombrarc, y
las fucrzas y pcrtînencias à cl anexas y concernientes , y guardândose
y obscrvàndose en todo por ambas partes las soleninidades acostum-
bradas en semejantes casos ;
» 2^ Que el dicho rey y sus sucesores y huvicntes causa y derecho dél
y dellos, en qualquicr manera que sea, hayan de tener y tengan todo el
derecho de superioridad, con mcro mixto impcrio, de lodos los lugares
de la casa de Labrit, condado de Armananch, vizcondados de Marsan,
Turosan, Gabardan, Nebusan, Vigorra, condados de Fox, Pedigort
y Limosin, y otras qualesquier tierras, lugares y castillos que ticne
por sy y por U reyna su muger, y les pertenescen y pueden perte-
( GXXIII )
Toutes ces conditions obtinrent Tassentirnent de
Charles-Quint, qui chargea Ruy Gomez de les sou-
mettre à Texamen du conseil d'Ëtat, à Yalladolid. Elles
Descer, de manera que ni las dichas tierras ny vasallos en ninguna
maoera bayan de ser subjectos a Sus Magestades ny sus successores ny
ilos reyes de Inglaterra, syno que como rey y scHorabsoIuto, no
reconoscîendo superior, aya de proveer y provoa todos los arzobis-
pados, obispados y otras qualesquier dignidades y benelicios que va-
ctreo y se ynsUtuyeren, absolutaïuente y sin ninguna contradiccion î
• 3« Que el condado de Cominge y Gaura y Condomués y Bassa-
doés, que le pertenescen y tiene usurpados ei rey de Fraiicia, sean
para él y sus successores perpetuaniente, con la misma superioridad y
dominio que esta dicho en el capitule àntes deste;
• A" Que a las personas particulares, sùbditos de Sus Magestades,
que tienen y poseen en sus reinos hazicnda y bienes que pertenescen
a 1m dicbos rey y reyna, se lo pucdan pedir y demaudar por justicia
aate los juezes de Sus Magestades, mandando que aquella se les guarde
y administre en toda breycdad, de manera que no reciban agravio;
• S* Que el rey pueda trpcar, vendcr y cnagenar, de qualquicr ma-
nera que sea y quisiere , las tierras y lo demâs que tiene en Flaudes »
sin que por ello sea obligado â pagar ningun género de dcrecbos de
los que estân impuestos y se acostumbran pagar, agora ny adelante,
ton que, queriendo el rey de Espana alganas de estas tierras, se las
aya de dar y dé por el precio que otro diere, y que, no las qucrieudo,
las personas à quicn se huvieren de veuder, ayan de scr â satisfaction
de Su Magestad;
• 6* Que qualesquier cavalleros, gcntiles hombres y otras personas,
de qaalqaier estado y condicion que sean , que no fueren sus vasallos,
y siguieren y sirvieren al dicbo rey en exccucion dcstc ucgocio, los
qoales él nombrare por una relacion firmada de su nombre, no se les
ayan de tomar ny occupar, ny hazer ningun daHo en sus personas ny
bienes por ello;
• 1« Que Su Magestad Impérial se aya de hallar en la dicha em-
presa, y que assy lo baya de prometer, ieniendo salud para podeilo
( CXXIV )
(levaient élre ensuite délivrées au secrétaire du roi de
Navarre , pour qu'il les portât à son maître , avec les
hazcr, y que en tal caso se contentarà cl dicho rey de ser sni lugar-
tcnientc, y que, no hallândose con ella, sea él el gênerai de la eoi-
presa, yendo todos los que fueren dcbaxo de su goTicrno, syno fuese
el rey de Espafia , à quien tcrnd en cl mîsmo grado que al Emperador;
n S^ Que asimismo le hayan Sus Magestadcs de favorcsccr y ayudar
para conservacion dcl Estado de Milan, continuando por este aîio la
guerra por aquella parte de Piamonte, y que, en los très primcros
vcnidcros, que se cucnten dcsdc cl dia que toniain: la învestîdura dcl
dicho Estado, en adelante, se le ayan de dar y dcn cada aîlo diez mil
infantes de todas nacioncs, pagados por el dicho ticmpo para la dc-
fcnsa dél y rccupcracion dcl Piamonte, qucriendo Sus Magcstades
conquistalle para el duque de Saboya, y conservacion dcl reino de
Nâpoles.
» 9» Los casamientos, confcdcracioncs, ligas y otras cosas se haran
conforme a lo que se ha platicado : es a saber que , dando Dîos al rey
don Phclippc en la reyna de Inglaterra alguna hîja, se haya de casar
ella, siendo la raayor, con el principe don Enrrique, hijo mayor dcl
dicho rey y reyna de Navarra ; y si fuere hijo, que se casarâ con la
primera hija que los dichos rey y reyna tuviercn ; y que, en falta
de ambas cosas, el dicho principe don Enrrique casarâ con una de
las hijas dcl rey de Romanos ô dcl rey de Bohemia , su hijo , 6 con la
hija de la duquosa de Loreiia , 6 con que mas de las sobredichas qui-
sicrc y por bien tuvicre. Âsymisnio se harâ una liga y confederacîon
perpétua entre Sus Bfagestadcs y sus succcssores en Espafia, Ingla-
terra, Nâpoles y Sicilia, y el dicho rey y reyna y los suyos, de no
haccr paz ny trcgua con cl rey de Francia ni otros rcycs, principes
ny potentados christianos, sin que se comprendan en ella los dichos
rey y reyna y sus succcssores; y que Sus Magestadcs ayan de pro«
curar que se haga assimismo liga perpétua con el papa, rey de Ro-
manos , rey de Bohemia , Vcnccianos y los otros potentados de Italîa.
»> 40" Que se mande al visorrcy de Navarra y al alcaydc de Fucw-
tcrrabia que, durante la conclusion de lo sobredicho, no pcrmifan
que la grnte de la frontera hagan correrias ny otra cosa , por asegu-
( cxxv )
observations auxquelles elles auraient donné matière
dans le sein du conseil (1).
nr mas à los encmigos ; que lo inismo mandarâ al dicho rey para lo
que toca a lo de alla.
• 4i* Todo lo que dicho es , y otras honestas y razonables condU
cion« que se ofreseieren y depcndîercn de las sobredichas, concluyén-
doselo que se tracta , promcteràn Sus Magestadcs de bazerlas raliflcar
y aproTar a la reyua de Inglaterra, en lo que se toca, dentro de très
meses, contando dcsde el dia que se concertareo.
• Que prometîendo Sus Magestades hazer y cumplir lo que dicho
es, haran el rey y la reyna de Navarra lo siguiente :
• 13* Que el dicho rey les dard pasagc por las tierras y lugares de
SQ Estado, fortalezas que tienc en Guiana, y j un tara las fucrzas que
ka prometido : es a saber cinoo rail infantes, quinientos caballos, mil
y dozientos gastadores, très mil pares de bucyes con sus carros y
todos sus aparejos, diez caîiones, cinco culebrinas largas, cinco bas-
Urdas, cieot mil libras de pôlvora y las pelotas que conforme a esta
qnantidad son menester, pagado todo por tiempo de très mcses;
" iS* Que cl dicho rey y reyna renunciarân toda la action y dp-
reebo que tienen y pretendcn tcncr â los rcynos de Aragon y Navarra
ycondado de Vizcaya, que Sus Magestades al présente posscen, en
SD favor y de sus successores, 6 de quien visto les fuere, reser\'ando
empero en sy y para sy y sus hcrcdcros la baxa NavaiTa , llamada
tierra de Vascos, que al présente poseen ;
» i4« Que llcgado a Pao, y dado que aya razon al rey y a la reyna
delo sobredicbo, se avîsaré à Su Magestad con brevedad, y enviara
silro eondueto, para quando buviere de ir cl conde de Melito, con su
poder y el del rey su bijo, à la conclusion de lo sobredicho, y para
que Ueye eonsigo un letrado para lo que toca â lo de las scripturas
que se an de ordenar, y un sccretario de Su Magestad , y que este
sea el que ha de recibir el poder que para ello ha de dar, porque lo
mismo se harâ por parte del dicho rey y reyna. » (Pièce intitulée :
Soht el négocia principal que se envié de Valladolid, a 17 de Julio 1 557,
aux Archives de Simancas, Estado, liasse 420.)
(M • Los capitules arriba esorîptos se sacâron en Yiiste de la in<
( CÏXVI )
Il y eut en conséquence une réunion du marquis
de Mondejar (don Luis Hurtado de Mendoza), de don
Garcia de Tolède, de Gutierre Lopez de Padilla et du
secrétaire Yazquez , à laquelle Ruy Gomez assista. Il
n'y fut fait qu'un petit nombre d'observations sur le
projet d'arrangement, et la seule un peu importante
concernait l'art. 4 : ces ministres trouvèrent que, s'il
s'appliquait à la Navarre , le roi et la reine son épouse,
renonçant à ce royaume, devaient renoncer aussi à tous
les droits passés et présents qu'ils pouvaient avoir sur
des biens y situés , et qu'ils devaient même délivrer
au roi toutes les écritures et titres qu'ils en avaient (1).
Le conseil y ajouta , mais par manière de remarque
seulement, que, le jour où le roi de Navarre en vien-
drait à rompre avec le roi de France , il semblerait
à propos qu'il mit la reine sa femme et ses fils en un
lieu sûr^ et que, durant cette guerre, ils ne pour-
raient être mieux qu'en la compagnie de la princesse
dona Juana , laquelle à cet effet s'approcherait de la
frontière (2).
Les articles rédigés à Yuste, ainsi que les observa-
«truccion que el sccretario de M. de Bandoma que ally embio truxo ;
y haviéndolos Icido é Su Magestad , mando que el conde de MeliU>
los traxese y mostrase à los del consejo de Eslado que aqui estai),
para que dixesscn lo que les parescia y convenia accrca de cada uno
dellos , y con ello se diessen al dicho secretario , para que los llevase
â su amo » (Pièce mentionnée à la note précédente.)
(4) Pièce mentionnée dans les deux notes précédentes,
(2) a Dizese por recuerdo al rey que, Tîniendo las cosas con el
rey de Francia en la rotura que se tracta, séria bien que pusiese h la
( CXXVII )
tions du conseil d'Ëtat, furent délivrés au secrétaire
Bonrdeâu, qui reprit incontinent le chemin du Béarn ,
avec Ëzcurra (1). H fut réglé, entre Buy Gomez et
Bourdeau , que le roi de Navarre, s*il acceptait les uns
et les autres , écrirait en français, au Jbas du papier où
ils étaient copiés en chiffres, qu'il en était content, et
y apposerait, pour servir de signature, une marque
convenue; que si, dans les articles en question, il y en
avait qu'il n'agréât point, il les signalerait de la même
manière; enfin que, s'il désirait quelque condition nou-
velle, il en donnerait avis au roi Philippe et à l'Empe-
reur (2). Bourdeau se chargea, au nom de son maître.
rejna bu mnger y a sus hijos en parte segura, donde ny por el rey de
Francia, ny por criados ni vasallos suyos, le pudiessen ser robados,
porque parescc séria de gran dafio quedar el rey de Francia con los
berederos de sus Estados, aunqu'éi los poscyese, y que lo mas seguro,
siendo él contento , paresce que séria tenerlos durante esta guerra en
compania de la serenissima princessa , para lo quai Su Alteza se acer-
caria a la frontera..... » (Pièce mentionnée dans les trois noies précé-
dentes.)
(1) La lettre de la princesse doHa Juana k TEmpereur, du 10 juillet
1557, insérée dans le t. I, p. 162, ne parle que du secrétaire; mais
une lettre de la même date, de Vazquez à TEmpereur, dit positivement
qa'Ezcurra était parti avec lui : y ellos son y a partidos,
(2) « Con el dicho sccretario se concerto el conde de Melito
qne, vîniendo su amo en concluir y efectuar esta pratica, conforme
â lo contenido en los dichos capitulos y parcscer dcl consejo al pié
destos que van en cifra, pusiese en francés que era contento dello,
y hiziese ally una scHal que con él se concerto, y si no vinicre en
ttnos de los dichos capitulos que se hiziéron en Yuste, tambicn scriya
y seHale con la dicba sellai, y si inno?are algo dellos, lo haga saver a
( CXXVllI )
de faire parvenir au roi Philippe une copie des arran-
gements proposés , qu on lui délivra aussi , et pour la-
quelle on employa un chiffre dont le secrétaire Yaz-
quez usait dans sa correspondance avec le secrétaire
Hoyo(l).
Le projet de traité avait été rédigé sur les instruc-
tions expresses du roi de Navarre : on pouvait donc
croire , à Valladolid » qu'Antoine de Bourbon s'empres-
serait d*y donner son assentiment. Dans cette con-
fiance, la princesse doua Juana écrivit au roi Phi-
lippe, afin qu il fit de suite équiper la flotte destinée à
transporter les troupes qui, selon le plan concerté,
opéreraient un débarquement sur les côtes de France,
vers la Rochelle : ces troupes devaient se composer de
4^000 Allemands, 4,000 Anglais et 5,000 Espagnols
tirés des vieilles bandes. La gouvernante s'occupa en
même temps des préparatifs de l'expédition à faire
contre la France par les Pyrénées : elle adressa des
lettres circulaires aux grands et aux villes du royaume,
les invitant à tenir prêts, pour celte entreprise, les
gens de cheval et de pied qu'ils avaient coutume de
fournir à leurs souverains (2).
Quoique Charles-Quint eût particulièrement recom-
mandé le secret sur la négociation avec le duc de Yen-
Viiestra Magestad (le roi Philippe), para que mande lo que fiiorc ser>
vido que se haga, y que el misino aviso dé acû » (Pièce tnenlionnée
dans la note de la p. cxxii.)
(i) /frtd., ett.I,p. 4 US.
(4) IbùL
( CXXIX )
dôme, il en transpira quelque chose, et bientôt il ne fut
liniil.à Valladolid et dans le reste de la Castille, que de
la prochaine sortie de TEropereur de son monastère,
pour aller se mettre à la tète de Farmée de Navarre.
Charles fut très-mécontent de ces indiscrétions (1).
Il avait, à la vérité, promis à Ruy Gomez de comman-
der Tarmée qui entrerait en France (2); il s'y était
engagé aussi par les articles que le secrétaire d'Antoine
de Bourbon avait emportés : mais il avait subordonné
cet engagement à la condition que sa santé lui permit
de le remplir; et il semble, d'après les lettres de Qui-
jada, qu'il n'aurait pas été disposé à y faire honneur.
Le majordome, qui était revenu à Yusle après une
absence de quatre mois, écrit, le 26 août 1557, au
secrétaire Yazquez : « Touchant ce qui se publie dans
> les rues de Valladolid sur la sortie d'ici de l'Empe-
> reur, je ne trouve rien de nouveau; au contraire, je
» vois un très-grand repos et une assiette fixe en tout.
» Peut-être, s'il s'est dit quelque chose à cet égard,
> sera-ce par façon de parler, sans plus, ou parce qu'il
» aura été impossible de l'éviter (5). > Le 30 août, Qui-
jada revient sur ce chapitre : « L'Empereur — mande-
» t-il à Yazquez — se porte très-bien ; son appétit et
> son sommeil sont excellents. Il est l'homme le plus
> content du monde, et il a moins d'envie que jamais
(t) LeUrcs de Gazlelù à Vazqucz, dc5 10 et 13 août 1557, t. Il
pp. 223 , 225.
(2) Tome!!, p. 172, note 2.
(3) Tome I, p. 167.
Tome 11. i.
( cxxx )
» de quitter ce monastère: du moins il le dit ainsi (1). i
Le langage du grand commandeur don Luisd'Avila, qui
était allé à Yuste une quinzaine de jours auparavaDt,
est moins explicite sur les intentions de l'Empereur:
J'ai laissé — dit-il — frère Chartes fort paisible:
bien qu'il ne se défiât pas trop de ses forces, elles ne
lui paraissaient pas toutefois suffisantes, pour qu'il
sortit du monastère. Depuis mon départ » les choses
peuvent avoir changé. Je crois tout de l'amour qu'il
porte à son fils, de son grand courage et de ses
anciennes habitudes, car il a été nourri dans la
guerre, comme on dit de la salamandre qu'elle l'est
dans les fours de verrerie. Mais , de l'infanterie nou-
velle , de la cavalerie des seigneurs , en un mot une
armée tout entière de troupes fraîchement rassem-
blées, je ne sais comment cela ira avec celui qui tou-
jours eut sous ses ordres les soldats les plus aguer-
ris. > Le grand commandeur ajoute : < Cette lettre
que le magistrat de Plasencia a reçue, et où il est dit
que S. M. veut pour le moment quitter Yuste, et
entrer en France par la Navarre , a mis tout le monde
en émoi. En vérité, je pense qu'il n'y aura pas un
homme qui n'aille avec lui (2). >
Les dispositions de Charles-Quint ne ibrent pas, du
reste, mises à l'épreuve. Le roi de Navarre, après avoir
assez longtemps fait attendre sa détermination sur le
(4) Tome I, p. 168.
(2) Jbid,, II, p. 226,
( CXXXI )
projet cl*ârrângement qu'on loi avait porté, ne fit
qu'une réponse évasive : il prétendit que les dépèches
envoyées au roi Philippe avaient été interceptées en
France; que les articles conçus à Yuste, ainsi que les
lettres du comte de Melito , avaient été déchiffrés et lus
dans le conseil intime du roi Henri II (I); il se plaignit
des observations que le conseil d'Etat avait ajoutées
aux points adoptés par l'Empereur (2). Â Valladolid«
en recevant cette réponse, on cessa de croire à la bonne
foi d*Antoine de Bourbon ; on fut persuadé qu'il avait
toujours négocié du su et de l'aveu du roi de France.
On ne comprenait pas, autrement, qu'on lui eût laissé
la liberté de ses actions , et remis les dépèches inter«
ceptées : on se disait, de plus, que les Français n*au-
raient su déchiffrer ces pièces , s'il n'avait pas livré
récrit dont son secrétaire était porteur. La gouver-
nante manda néanmoins au duc d'Âlbuquerque de ne
pas rompre la négociation : car , dans la campagne sui-
vante» on tenterait peut*ètre quelque chose du côté
des Pyrénées, et alors il serait encore avantageux de
s'arranger avec Vendôme (3).
(4) Tome 1, p. 475.
Au mois d'octobre de Tannée suivante, un agent d'Antoine de
Bourbon disait, h Cercamp, au baron de Pollweiler, que, lorsque les
dépêches forent interceptées en France, le secrétaire TAubcspine,
I pour Tamitié qu'il portait au cardinal, frère du roi de Navarre, ne
I voulut pas les déchiffrer toutes. (Voy. les Papiers d'État du eardinai
de GramselU, t V, p. 535.)
(i) Tome I, p. 180.
(3)/M., II,p. 250.
( CXXXIi )
Charles-Quint jugea , de la même manière que les
ministres de la princesse , la conduite du roi de Na-
varre. Déjà» le 22 septembre 1557, voyant le silence
d'Antoine de Bourbon et les succès de Farmée espa-
gnole dans les Pays-Bas, il avait écrit à son fils, lui
proposant de se considérer tous deux comme dégagés
des obligations éventuelles qu'ils avaient contractées ,
et d*en donner avis au duc de Vendôme (1) : le 24 octo-
bre, il transmit au duc d*Âlbuquerque des instructions
conçues dans ce sens (2). La reine de Hongrie, qui se
trouvait alors à Yuste , avait entièrement partagé sa
manière de voir à cet égard (3).
Antoine de Bourbon fit, en ce temps, de nouvelles
ouvertures, qui parurent assez importantes au duc
d*Albuquerque , pour quil chargeât son fils, don Ga-
briel de la Cueva, d'en aller rendre compte à Yalla-
dolîd et à Yuste, et qu'il suspendit, en attendant,
l'exécution des ordres de l'Empereur (4). Ce prince
offrait de livrer la Guienne, et de donner tout ce qu'il
possédait en deçà des Pyrénées , si on l'investissait de
l'Ëtat de Milan, avec le titre de roi de Lombardie;
mais il voulait des sûretés : il tenait principalement à
ce qu'on le laissât entrer dans le royaume de Navarre
comme s'il s'en emparait par force. 11 s'engageait à
(1) Tome II, pp. 244-246.
(2) Ibid., p. 260.
(o) Lettre de rEmpcroiir au sccrétaîre V^azqucz, du 31 octobre
4S57.
(4) Tome I , p. 238.
( GWXIII )
restituer ce royaume , dès que le duché de Milan lui
serait remis. Son fils lui aurait servi d'otage (1).
La délibération que prit le conseil de Yalladolid,
après avoir entendu don Gabriel de la Cueva, nous est
connue par une lettre que la princesse doïia Juana écri-
vit à son père, le 5 janvier 1558 (2). L'Empereur fit,
le 25 du même mois, à doiîa Juana, la réponse sui-
vante :
c Sérénissime princesse, ma très -chère et très-
aimée fille, j'ai reçu, par don Gabriel de la Cueva,
votre lettre du 5. Les détails qu'elle contient, le rap-
port que don Gabriel m'a fait, de la part de son père,
les copies de la lettre que ce secrétaire- de Vendôme a
écrite à Ezcurra , et de la réponse de celui-ci, enfin les
nouvelles propositions dudit Vendôme , m'ont mis au
courant de l'état des choses. Comme je vous l'ai écrit
déjà, je tiens pour certain que cette affaire s'est traitée
et se traite du su du roi de France, et que Vendôme
tâche d'entretenir la négociation dans la crainte de ce
qui pourrait lui arriver. Chaque jour confirme de plus
en plus en moi cette opinion : car il est bien à croire
que, si la volonté de Vendôme était telle qu'il l'a donné
à entendre, il l'aurait montré l'an passé. En admettant
qu'il n'eût pu le faire, parce que, comme il le dit, la
chose a été découverte par le roi de France, il ne serait
pas aussi libre qu'il l'est , et on ne lui permettrait pas
(I) Papiers d'État du cardinal de GroiweUc, t. V, p. 333.
{%) Tome I, p. 238.
( ex XXIV )
rentrée de Bayonne, qui, auparavant, lui était défen*
due. D'ailleurs , s'il avait réellement Tintention d'exé-
cuter, au printemps prochain, l'entreprise concertée,
il ne mettrait pas en avant de nouvelles conditions,
alors que celles dont son secrétaire Bourdeau fut por-
teur lui étaient si favorables. Demander aujourd'hui
qu'on lui remette la Navarre , est chose hors de toute
espèce de raison : il en a été question du temps de
don Henri (d'Albret), son beau*père, et depuis, et tou-
jours nous nous y sommes refusés. Je ne suis pas
d'avis qu'on lui fasse en cela la moindre concession ,
quand bien même il donnerait en otage sa femme, ses
fils et tout ce qu'il aurait encore. Pour le moment, vu
les raisons que vous alléguez et l'avis du conseil d'Etat ,
il n'y a autre chose à dire, sinon qu'il faut entretenir la
négociation. '
» J*ai trouvé bien qu'on ait informé et qu'on in-
forme le roi de tout : lorsqu'il l'aura considéré* avec ce
qui résulte de la paix qu'on dit que le cardinal Caraffa
est allé lui proposer de la part du pape, il jugera de ce
qu'il lui convient de faire. Moi, quand je verrai que
Tentreprise concertée est à la veille de recevoir son
exécution, et que les avis des autres m'auront été com-
muniqués , je donnerai le mien : je dirai alors si l'expé-
dition doit avoir lieu par mer ou par terre, avec ou
sans l'aide de Vendôme, quoique je connaisse très-
peu les choses de cette frontière.
> En attendant, vous avez bien fait de demander
celui dudit duc (d'AIhuquerque). 11 convient aussi de
lui ordonner, nonobstant ce qui est dit ci-dessus, qu'il
( cxxxv )
notifie à Vendôme , dans la forme et les termes que
ceux du conseil d*Ëtat jugeront convenable, ce que je
lui écrivis dernièrement, à savoir : que mon fils et
moi nous demeurons dégagés de nos offres, puisqu'il
ne les a pas acceptées, et qu'il demande aujourd'hui
des choses nouvelles. Mais je ne serais pas d opinion
que ledit duc, soit en son nom, soit autrement, con-
sultàt Vendôme sur la manière d'exécuter l'entreprise
susmentionnée, car cela ne convient en aucun cas (1). >
Les documents que nous avons reçus de Simancas
s*arrétent ici. On peut inférer, d'une lettre publiée dans
les Papiers d'Etat de Granvelle, que la négociation
en resta au point où nous venons de la laisser. Cette
lettre, écrite de l'abbaye de Cercamp, le 29 octobre
1558, par l'évéque d'Arras à Philippe II, nous ap«
prend qu'un agent secret d'Antoine de Bourbon était
venu près de ce lieu s'aboucher avec le baron de Poil-
weiler, et qu'il lui avait exprimé letonnement et les
doléances de son maître sur le silence qu'on gardait
envers lui depuis six mois (2). Il aurait pu se l'ex-
pliquer cependant ; le roi Philippe avait conclu la paix
avec le pape; il se voyait à la veille de s'arranger avec
Henri II; l'alliance du roi de Navarre lui était désor-
mais inutile.
Antoine de Bourbon eut-il réellement la volonté de
se liguer avec l'Espagne contre la France , afin d'avoir
(I) Tome 1, pp. 247-248.
(ï) Papiers d'Étal du cardinal de GranrcUc, t. V, p. 552.
( CIXXVl )
le Milanais? ou ses démarches fureDl-elles concertées
avec les ministres de Henri H, et eurent -elles pour
but de tromper TEmpereur et son fils? Cest un pro-
blème qui reste à résoudre. Il est digne de remarque
que les historiens français ni espagnols ne parient de
la négociation dont nous venons de retracer les dif-
férentes phases : Galland lui-même, à qui les archives
de la maison de Bourbon furent ouvertes, parait les
avoir ignorées.
Quoi qu*il en soit , Antoine de Bourbon n*eut pas à
se féliciter des résultats de sa politique. Au congrès de
Gâteau -Cambrésis, il se vit également abandonné et
par TEspagne et par la France. Le ii novembre 1558,
ses députés, le sieur de Roissy et Tévèque de Mende,
firent une belle remontrance, pour établir ses droits
an royaume de Navarre; les ambassadeurs de France
eurent lair de les appuyer chaudement (1) : mais le
cardinal de Lorraine avait eu soin de prévenir le duc
d*Albe qu'il ne fallait pas s*en émouvoir, et que ce ne
serait que pour la forme (2). Les ambassadeurs d'Espa-
gne se bornèrent à répondre < qu'ils tenaient cette
» affaire pour dès longtemps résolue; que, leur maître
» ne pensant pas qu'on vint à la remettre en avant à
» cette heure, ils n'en étaient autrement venus in-
» struits, ni pourvus de lettres qui serviraient à la dé-
> fensc de leur cause, et qu'elles étaient aux archives
(1) Galland, Preuves, pp. 72-79.
(2) Papiers d'Étal du cardinal de Granvelle, t. V, p. 261.
( GXXXVll )
» d*Espdgne; que de tout ils avertiraient S. M., de la
» conscience et équité de laquelle ils étaient assurés
» quelle ne voudrait rien posséder ni tenir injuste-
» ment, et que lesdits députés seraient toujours reçus
» par lui à les ouïr en justice (1). > Tout fut dit par là,
et il n'y eut pas un mot d'inséré dans le traité, tou-
chant les prétentions du roi de Navarre. Antoine de
Bourbon, pour se concilier les bonnes grâces de Phi-
lippe II, accepta, l'année suivante, la mission de coli-
duire à la frontière d'Espagne Elisabeth de France,
qui allait devenir sa femme; il fit plus tard, dans le
même but, une visite à ce monarque. On le berça , pen-
dant quelque temps, de l'espoir de lui donner la Sar-
daigne en compensation de la Navarre. Ses illusions à
cet égard n'étaient pas encore dissipées , lorsqu'il mou-
rut, le 17 novembre 1562, des suites d'une blessure
reçue au siège de Rouen.
XI.
Ou a vu, dans le preniier volume de ce Recueil (2),
les tentatives qui furent faites auprès de la reine douai-
rière de Hongrie, Marie d'Autriche, pour l'engager à
accepter de nouveau le gouvernement des Pays-Bas , et
comment, après des refus réitérés , elle avait fini par
(1) Galu?(d, Preuves, p. 70.
(3) Préface, p. xltih.
( cxxxvui )
céder, sous certaines réserves, aux instauces du roi et
de l'Empereur.
Quelques-uns des documents dont est formé le
tome II contiennent encore des éclaircissements sur ce
sujet. Telles sont : Finstruction remise par Charles-
Quint à Quijada, lorsqu'il Tenvoya à Yaliadolid, au
mois de mars 1558 (1); l'instruction que Philippe II
signa pour Tarchevèque de Tolède, le 5 juin de la même
année (2) ; la lettre de Garcilaso de la Yega au roi» du
7 septembre suivant (5).
Il est question, de plus, dans ce second volume,
des projets d établissement de la reine en Espagne; et,
comme les communications auxquelles ils donnèrent
lieu entre Marie, Charles-Quint, Philippe II et dona
Juana fournissent des indications intéressantes sur le
caractère et les sentiments de ces divers personnages,
nous croyons devoir nous en occuper ici.
Marie et sa sœur Ëléonore songèrent à choisir les
endroits où elles fixeraient leur résidence en Espagne,
dès que l'Empereur se fut séparé d'elles à Yalladolid.
Ëléonore jeta les yeux sur la terre de Guadalajara,
qui lui fut accordée par le roi (4). Marie écrivit à son
neveu , afin d'avoir celle d'Ocana, avec la juridiction,
les provisions d'offices et les revenus qui en dépen-
daient (5).
(i) Page 3i2.
(2) Pages i28 , 453454.
(5) Pages 496498.
(4) Tomell, pp. 435,215.
(5) Lettre du 9 décembre 1556, t. II, p. 124-126.
( CXXXIX )
Philippe trouva raliénation d*Ocana sujette à de
grandes difficultés (1) : il proposa à sa tante Huete, ou
Aranda (2). Elle donna la préférence à Huete (5). Elle
ne s'y établit pourtant point , mais elle résolut d'aller
vivre avec la reine douairière de France à Guadala-
jara (4).
Ëléonore mourut, avant d'avoir pris possession de
ce dernier domaine. Marie vint trouver TEmpereur à
Yuste, et l'un des objets qu'elle traita aVec lui, durant
les cinq jours qu'elle passa au monastère (5), fut le
règlement de sa vie future. Elle lui dit qu'elle se sou-
mettait d avance à ce qu'il déciderait à cet égard, pourvu
qu il ne lui parlât point de reprendre le gouvernement
des Pays-Bas, < car elle aimerait mieux aller aux
> Indes. » Elle ajouta qu'il y avait pour elle trois ma-
nières de vivre : l'une large, la seconde médiocre, et la
troisième étroite; qu'elle adopterait celle pour laquelle
il se prononcerait lui-même, et qu'elle fixerait sa rési-
dence dans le lieu qu'il lui désignerait ^ elle donna à
entendre, toutefois, que Guadalajara lui plairait plus
que toute autre localité.
L'Empereur ne voulut rien décider; mais il conseilla
a sa sœur de choisir un genre de vie qui tint le milieu
eotre un grand état et une existence trop au-dessous de
(l)Toraell,p. iSe, DOteL
(S)/6îd.,p. 315,
(S) /6id., p. 45i.
(4) /ftMi.,pp.36«, 540.
(K) Tome l«r, pp. ^0, SSi ; L 11, pp. Zi^'À, oOsL
( CXL )
sa condition ; par le même motif» il ne fut pas d*avis
qu'elle se fixât à Guadalajara, où il aurait fallu un train
de maison plus considérable que celui qu'elle se pro-
posait d'avoir. Il l'engagea, en attendant que le roi eût
statué sur ce qu'elle lui demanderait, à retourner à
Yalladolid, ou bien à demeurer provisoirement dans
quelque lieu des environs, tel que Tordesillas, Toro,
Zamora , Palencia , Âranda , Arevalo, Olmedo , Siman-
cas , ou Cigales.
D'abord elle écarta tous ces endroits , et dit qu'elle
irait attendre la réponse du roi à Aranjuez, ou au
Pardo, près de Madrid. L'Empereur lui fit observer que
ces deux résidences étaient malsaines en certains temps
de l'année : alors elle parla du monastère de Guada-
lupe, contre lequel Charles éleva aussi des objections.
Enfin elle se détermina pour Cigales, qui est à deux
lieues de Valladolid.
S'étant ainsi résolue, elle offrit à l'Empereur, s'il
voulait présider aux cortès de Casiille, qui venaient
d'être convoquées , de lui prêter son concours ; elle lui
offrit également d'aider de ses avis la princesse gouver-
nante , dans tous les cas où l'on jugerait à propos de la
consulter.
Elle prit congé de son frère, sans s'être expliquée sur
le lieu où elle s'établirait d'une manière définitive, mais
avec le dessein d'acquérir, près de Tolède, différentes
terres appartenantes aux ordres, moyennant certaines
faveurs qu'elle espérait obtenir du roi. Elle sollicita
l'appui de l'Empereur à cet effet, et le pria en outre, vu
l'insuffisance de ses revenus , ainsi qu'elle l'assurait ,
( CXLI )
(rintercéiler auprès de son fils, afin qifil lui accordât,
annuen6nf)ent, une somme qui la mit en état de sul)«
venir à sa dépense (I).
Charles-Quint devait beaucoup à sa sœur Marie : il
avait 'trouvé en elle une exécutrice constante, éner-
gique , dévouée de sa politique; elle avait secondé ses
vues avec une habileté incomparable; plus d*une fois
elle lui avait sauvé des embarras cruels et de graves
périls (2). Il oublia pourtant, en cette occasion, toutes
les obligations qu'il lui avait, pour ne songer qu*aux
intérêts de son fils. Il venait de donner à Quijada la
permission de retourner chez lui : il le chargea de pas-
ser par Valladolid, et d*y voir la princesse gouver-
nante et les ministres. Il avait déclaré à la reine elle-
même que, dans la situation où étaient les affaires
publiques, il n'oserait rien demander au roi pour
elle («^) : il fit dire à la gouvernante, par Quijada,
quant aux terres dont la reine désirait faire l'acquisi-
tion, quelle devait en agir avec sa tante comme avec
(1) Tous CCS dclaîLs sont tirés de rinstrurlion donnée par Charlcs-
Quînt à Quijada, au mois de mars 1558, p. 539 et suiv. de ce volume.
(3) Il faut lire, à ce sujet, Tintércssantc monographie que M. Tiiko-
BOEB Juste a tout récemment publiée sous ce titre : Vin de Marie de
Bongrie, tirée de» papier* d'État .* Introduction à l'histoire des Pays-
Bat tous Philippe IL
M. Juste a depuis fait paraître le premier yolumc de Thistoire de la
réTolutîon des Pays-Bas. Ces nouvelles publications, ajoutées aux ou-
vrages dont le public lui ctaitdcjà redevable, placent M. Jiste au rnni;
des écrivains h qui notre histoire nationale a le plus dobligation<f.
(5) Page :>42.
( CXLII )
tout le monde, selon ses instructions et les règles éta-
blies (1).
Après que tja reine eut quitté Yuste, son conseil-
ler Nicolas Micault et son trésorier Roger Pathie vin-
rent, par ses ordres, communiquer à TEmpereur une
lettre qu'elle avait préparée, pour être adressée au
roi. Grand fut Tétonnement de Charles, en y voyant
des choses toutes différentes de celles dont sa sœur
Tavait entretenu : ainsi elle demandait de payer, quand
elle pourrait et comme elle voudrait, les endroits
qu'elle désirait acquérir; elle exprimait le vœu d'être
autorisée à y établir un alcade, avec les mêmes attri-
butions que les alcades de cour; elle sollicitait du roi
une rente annuelle de 4,000 ducats, à prélever sur les
biens du clergé d'Espagne, pour l'entretien d'une église
et d*un collège qu'elle avait l'intention d'ériger, etc.
L'Empereur n approuva point ces prétentions, et Qui-
jada en instruisit, de sa part, la princesse gouver-
nante (2). Quelques jours après, il donna connaissance
au roi de tout ce qui s*était passé. Il le pria de lui
garder le secret, car déjà la reine se défiait de lui, et
elle s'imaginerait, si ses demandes n'étaient pas ac-
cueillies, qu'il en avait été cause. Il s'en remettait, du
reste, à la décision que son fils trouverait bon de pren-
dre, en l'engageant à faire, pour la reine, ce qui serait
juste et praticable (3).
(i) Page 543.
(2) Tome II , p. 352 et suiv.
(5) Ihid., pp. 567 et 368.
( GTLIII )
Nous avons rapporté l'offre de la reine, d'intervenir
aux cortès et de seconder la princesse gouvernante
daDs ladministration de TEspagne : Marie assurait
pourtant, comme le secrétaire Gaztelù le disait au se-
crétaire Yazquez , qu elle n'aimait plus à se mêler des
affaires publiques (1), et, selon le témoignage de Tévé-
que de Palencia écrivant à Philippe II, qu'elle était
dégoûtée de tout (2). Mais Gaztelù n'en croyait rien.
Sans se dissimuler ce que la chose avait de délicat,
Charles fit proposer, par Quijada, à la gouvernante de
consulter la reine sur les objets qui seraient particu-
lièrement à sa connaissance (5). Dona Juana prit fort
mal cette ouverture : toute jeune qu'elle était, et quoi-
qu'elle se plaignit que les soins du gouvernement lui
donnassent les plus grandes peines du monde (4), cette
princesse n'entendait en partager l'exercice avec per-
sonne : Frédéric Badoaro, qui venait de remplir la
charge d'ambassadeur de Venise auprès de Philippe II,
disait d'elle « que, par la volonté, elle tenait plus de
» l'homme que de la femme (5). » Elle répondit à Qui-
jada que son autorité souffrirait de la communication
qu'on lui proposait de donner à la reine; que, d'ail-
(I) ToineII,pp. 525, 34i.
(3) Ibid., p. 36â.
(3) IM., p. Ul.
(A) « .... Sepa Vuestra Magcst^d ques el mayor trabajo dcl mundo
tenelle...» (T. II, p. 478.)
(5) Voy. nos Relations des ambassadeurs vénitiens sur Chnrles-Quifit
et PkiKppe II, p. 62.
( cxuv )
leurs , le caractère de sa tante ne lui permettrait pas
(le se contenter de si peu (1). Quijada avait Tordre de
faire la même ouverture aux conseils d*Ë(at et des
finances (2); elle le lui défendit 5). Elle écrivit à rEm-
pereur qu'elle ne croyait pas qu'il voulût porter atteinte
aux prérogatives dont elle était investie (4). La cbose
en resta là.
Cependant Marie avait choisi, pour sa résidence dé-
finitive, les terres de Zorita, d*Almonacid, d*Albalale
et dlllana, situées dans le royaume de Tolède, et elle
écrivit au roi le 10 mai 1558, afin qu'il voulût les lui
donner : elle ne prétendait plus, comme précédem-
ment, les avoir en propriété; elle se contentait d'en
pouvoir jouir sa vie durant, mais elle souhaitait de n'y
pas dépendre des juges royaux, et elle désirait en consé-
quence y avoir toute juridiction. Elle rappelait au roi,
dans la même lettre, sa demande d'une rente de 3,000
à 4,000 ducats pour l'entretien de la chapelle et du
collège qu'elle avait à cœur de fonder (5).
Réduites à ces termes, les prétentions de la reine
étaient certes modérées : tel fut le jugement qu'en
porta le président du conseil royal de Castille, don
Juan de Vega, ancien vice-roi de Sicile (6), et l'Empe-
(1) Tome II, p. 550.
(2) /6tc^,p. 541.
(5) /Wd., p. 550.
(i) Ihid., p. 548.
(5) IMd., pp. 590-595.
{(i) M/J., pp. 405-404.
( CXLV )
reur les apprécia de même. Croira-t-on pourtant qu'il
n 08a pas les appuyer auprès du roi , tant était grande
la crainte qu'il avait de déplaire à son fils? Il se borna
à lui écrire : « Selon moi , s il y a quelque chose à faire
» pour la reine, il vaut mieux le faire de la manière
» qu elle le demande maintenant, que lorsqu'il s'agis»
» sait d'une aliénation perpétuelle, d'autant plus que
> les endroits à céder n'ont pas Timportance et ne
> produisent pas les sommes qu'on supposait (1). »
Philippe II, lorsqu'il reçut ces lettres, songeait aux
moyens de faire revenir la reine aux Pays-Bas : il sus-
pendit sa décision, jusqu'à ce qn*il connût le résultat
des démarches de Farchevèque de Tolède et de Garci-
laso de la Vega (2). Si la reine condescendait à ce qu'il
désirait d'elle, il était disposé à lui donner toute espèce
de satisfaction (5); dans le cas contraire, elle n'aurait
probablement pas obtenu grand'chose de lui. Rien
n était fait, au moment où la reine mourut.
On remarquera l'apostille écrite de la main de Phi-
lippe II sur la lettre du 10 mai 1558 (4); elle met en
évidence la nature des sentiments qu'il avait pour sa
tante. Philippe ne pardonnait point à la reine d'avoir
résigné sa régence lors de l'abdication de l'Empereur;
il ne lui tenait aucun compte des fatigues qu'elle avait
endurées, des peines quelle avait souffertes, pour la
(1) Tome II, pp. 385-384.
(9) Tome I*', p. 351 , note i ; t. II, p. 395 et suit.
(3) TonieII,p.434.
(i) Ibid., p. 395.
Tome 11.
\
( CXLVI )
grandeur de la monarchie espagnole; il ne se reasou-
venait plus de tout ce qu'elle avait fait à Augabourg,
en 1550 et 1551 (1), afin de lui procurer la succes-
sion de la dignité impériale. II est vrai que, de son
côté , quelles que fussent ses protestations de tendresse
et de dévouement , la reine n'aimait guère son neveu.
C'est ce qui nous est attesté par l'ambassadeur vénitien
Badoaro : ce diplomate va même plus loin, puisque,
selon son témoignage, entre Philippe et Marie il régnait
une haine mutuelle (2).
XII.
Quoique cette préface soit déjà bien longue, je de-
mande la permission de dire quelques mots de plus. Je
désire revenir sur deux points de l'histoire de Charles-
Quint qui ne sont pas entièrement éclaircis.
Il est constant que Charles-Quint, comme César,
écrivit des commentaires : nous avons sur ce fait des
témoignages qui le mettent hors de toute contesta-
tion (5). Mais ces fameux commentaires, dont Bran-
tôme dit que, s'ils eussent vu le jour, < tout le monde
> fust accouru pour en achepter, comme du pain en
(4) Voy. la Vie de Marie de Hotigrie, par M. Juste, p. 95 et suit.
(2) • .... Il re odia lei , et Ici lui.... » (Voy. nos BeUitiotu dit ambas-
sadeurs vénitiens sur Charles-Quint et Philippe II , pp. 4 6 et 47.)
(3) Ceux de Brantôme, Valère André, Guillaume Van Mile, Btyle,
Ambrosio de Morales, Sandoval, Ruscelll, etc.
( CXLVIl )
» un marché en un temps de famine (1), t que ionU
ili devenus? Jusqu'ici on n*a pu parvenir à le savoir.
Dans une notice que je lus à TAcadémie, il y a une
dizaine d'années (2), je communiquai à la compagnie
deui lettres de la collection Granvelle qui n'avaient pas
encore été publiées à cette époque (5) , et desquelles
on pouvait tirer quelques conjectures relativement au
précieux manuscrit que je venais de rechercher, sans
succès, dans les bibliothèques de Madrid et de TEscU'^
fiai: Tune, datée du 17 février 1561, était adressée par
Philippe II à Tévéque d'Ârras; l'autre était la réponse
de Granvelle en date du 7 mars.
Philippe venait d'apprendre la mort de Guillaume
Van Maie (4) ; n'ignorant ni la privante que son père
avait eue avec lui , ni ses talents comme écrivain ^ il
pensait qu'il pouvait avoir composé quelque histoire
de l'Empereur, et craignait qu'il n'y eût rapporté des
choses qui devaient rester ignorées, ou qui étaient
inexactes, ou peu dignes d'un si grand prince: c'est
pourquoi il mandait à Granvelle de faire secrètement
visiter ses papiers, et, si l'on y trouvait une pareille
histoire, de la lui envoyer pour qu'il la livrât aux
flammes. Granvelle lui répondait que,, aussitôt après la
( I ) Viu de§ grande capitoinea étrangère,
{%) DàDS la séance du mois de janvier i84tt. Voy. les BuihHnê da
rAcsdémie, U XII, «r* part, pp. â9-38.
(3) Elles ront été dans le tome VI des Papiers d'État du cardinat
dt GramtftUe, pablié en 4846, pp. 273 et 290.
(4) Van Maie mournt à Bruxelles le 4*' janvier 4564,
( CXLVIll )
mort de Van Maie, il avait, de lui-même et par des
motifs analogues à ceux qui avaient dicté la lettre du
roi, pris le soin de s'assurer si l'ancien aide de cham-
bre n'avait pas laissé des papiers, et spécialement une
histoire de l'Empereur, mais qu'on n'avait trouvé chez
lui aucun document de ce genre. Il ajoutait : c J'ai su
> que, longtemps avant sa mort, il déchira et brûla
> beaucoup de papiers, et qu'il s était plaint souvent à
> ses amis, les larmes aux yeux, de ce que, lors du
» décès de l'Empereur, Quijada lui avait enlevé, pres-
» que par force, les mémoires qu'il avait faits avec
> S. M., disant que c'était son travail à lui , mais enfin
> qu'il se souvenait d'une bonne partie des choses qui
> y étaient contenues, et qu'il espérait quelque jour
> élever un monument à la mémoire de son maître;
> que, s'il ne l'avait pas commencé encore, ses infir*
» mités continuelles en avaient été la seule cause. »
J^élevai des doutes sur les propos attribués à Van
Maie (1); je les fondai sur ce que l'autorité de Quijada
(i) Ces doutes s'étaient surtout présentes à mon esprit, parce que
j'avais mal lu ou mal noté un mot de la lettre de Granvelle, dans les
manuscrits qui me furent confiés, en 1843, au ministère de Tiu^
structîon publique, à Paris. D'après mes notes, il s'agissait de mé-
moires écrits par Van Maie sur l'Empereur, tandis que le texte parle
de mémoires qu'il avait faits avec l'Empereur : ce qui est bien diffé-
rent. Dans le premier cas , j'étais autorisé à dire que Quijada n'avait
pas eu le droit de s'emparer de ces papiers. Dans l'autre, le chef de
la maison de Charles-Quint pouvait, avec quelque raison , prétendre
que Van Maie n'en était que le dépositaire, et qu'ils devaient être
transmis au roi.
( GXLIX )
n'allait pas jusqu'à dépouiller les autres officiers de la
maison de FEmpereur des papiers qui leur apparte-
naient, et sur ce qu'il n'existait nulle irace de ce fait
dans les lettres de Quijada à Philippe 11 et à la prin-
cesse doua Juana. J'en inférai qu'il n'était pas impro-
bable que les papiers lacérés et jetés au feu par l'ancien
aide de chambre eussent compris les commentaires
de Charles-Quint et le travail de Van Maie lui-même
sur ces commentaires; que celui-ci, en détruisant des
écrits d'une si grande importance r se fût conformé
à la volonté de l'Empereur, volonté exprimée par lui,
suivant un historien, au P. Francisco de Borja, et qu'il
eût répandu le bruit qu'ils lui avaient été enlevés, pour
se débarrasser des imporlunités auxquelles il aurait
craint d'être en butte.
L'opinion que j'énonçais alors a dû nécessairement
se modifier à la vue des pièces que j'ai reçues» dans ces
derniers temps, des archives de Simancas. En effet,
l'inventaire des biens meubles de l'Empereur, que ré-
digea le notaire Juan Rodriguez, à la réquisition de
Luis Quijada, fray Juan Régla et Martin de Gaztelû,
ses exécuteurs testamentaires, et eu présence de Jean
Stercke, garde-joyaux, de M* Giovanni Torriano l'hor-
loger, et du barbier de la chambre Nicolas Bénigne,
comme témoins (1), contient l'article suivant :
Vna boisa de terciopelo negro de papeles , la cual
(1) 11 n*est pas sans intérêt de eonnaitre le préambule de cet
iiiTeiitairc; nous le transcrivons ici :
« Ed el monasterio de Yuslc, que es orden de Sant Jhcroniino, é
(CI-)
Uepo el senor Luis Quijada cou algunos papeles de tm-
poriancia, sellados, para entregallo tado a S. M. K;
h cual estaba â cargo de Guillermo Malimo, segun
dijo el dicho Joannes.
£n français :
< Un sac de velours noir renfermant des papiers,
lequel fut emporté par le seigneur Luis Quijada, avec
quelques papiers d'importance (1) : le tout mis sous
scellé» pour être délivré à S. M. R. Ce sac et ces pa-
piers étaient à la charge de Guillaume Van Maie, seloa
le dire de Jean Stercke. »
Le même article est reproduit mot à mot dans une
% lM[e des objets, que Philippe 11 fit mettre à part,
l'cinte y ocho dias del mes de septicmbre, affo del Sefior de mil y
quinientos y cincuenU y ocho aflos, ei muy ylhistre sefior Luis Qui-
jada y el padre fray Joan Régla, confesor de S. M., y el miiy maguH
ficQ scQQr Marlin de Gaztelû, sccretario de S. M. que esté en gloria,
dijéron que , por cuaiito la Sacra Magestad del emperador don Carlos
nucstro scïlor es fallescido dcsla présente vida, y fallescio en el dIcho
nionasterio à les veiiite y un dias dcsle dicho mes de septiembrc, y
porque ellos, conio teslamenlarios uombrados por Su Saera Magestad,
han de dar cucuta de los bicnes , joyas y preseiis y otras cosas que
quedaron de Su Blagestad en la dicha casa y monasterio, y para que
conste la vcrdad dello, y se sepa que bicnes, joyas y preseas son las que
quedaron quertan hacer invcntario dello; por tanto, que pcdian à mi,
Joan Rudriguez, oscribano de la Magestad Real, asiente por invcn-
tario todos los bienes, joyas c preseas que quedaron despucs de la fin
y muerle de Su Magestad, etc. »
(i) Peut-étre ces papiers comprenaient-ils les lettres da Philippe II
à PEmpercnr, dont nous avons signalé (p. un e( suiv.) Tabsenoe dans
les Archives,
( CLI )
t de la garde-robe de son père, après quelle eut
t été déposée à Valladoiid, sous la garde de Jean
> Stercke (i). >
Il est à remarquer que Guillaume Van Maie, de
même que les autres aides de chambre (Charles Pré*
vost, Ogier Bodart et Matbias Routart), eut à décla*
rer sous serment et à remettre tous les bijoux , joyaux
« et autres choses > de l'Empereur qui étaient entre
ses mains (2).
D'autre part, on lit, dans la lettre de Quijada à Vaz-
quez, du 4 octobre 1558, ce passage significatif: c J'ai
» ici de la peine, et beaucoup» parce que ceux à la
> charge desquels sont les objets de leurs offices voient
«
avec déplaisir qu'on leur demande des comptes, et
»
(I) Relaeion de h que S, M. manda que se le aparté, de la recdmara
que «I Emperador ténia en Ynste, que esté en VaUadoUd^ à cargo de
Jamn Sierck, para entregallo à quien mandare,
(3) Voici ce que rinventaire contient à cet égard :
« É luego el dicho dia, mes y aîlo dicho, los dichos seliores Luis
Qaijada y firay Joan Régla y Martin de Gaztelù pidiéron y demandà-
ron aote mi, el dicho escribano, a Guillcrmo de ftfale é Charles
Pmbost y Obger Bodart y ftlatia Routarte, ayudas de càmara de S. M.,
que présentes estaban, dén y entreguen todas las prescas, joyas y
otras cosas que estan a su cargo, y son de S. M., y dejo al tieropo que
iiUescié, para que lo reciba Joan Estique, à cuyo cargo esta el giiar-
dajoyfts, el caal estaba présente; de los euales y cada uno dellos reci-*
biéron juramento en forma debida y de derecho , y so cargo de! que
tieoen hecho à S. M., que declaren todo lo que é su cargo esta que sea
de S. M. ; y habiéndole hecho , declararon lo siguienle : testigos que lo
viéron, roaestre Joanelo reloxero y el dicho Jnan Estiqae é Nicolas
Benine, estantes al présente en la dicha casa real... >*
( CLll )
» qu'on leur ordonne de délivrer ce qu'ils ont. Ils en
» sont très-mécontents, prétendant que ce que chacun
» d'eux a dans son office est à lui (1). »
Si Ton rapproche ces diverses circonstances des pro-
pos tenus par Guillaume Van Maie à Bruxelles, quel-
que temps avant sa mort, on ne peut presque pas dou-
ter que les commentaires de Charles-Quint n'aient fait
partie des papiers d'importance sur lesquels Quijada
apposa les scellés, et qui furent remis à Philippe 11, à
son retour en Espagne.
il resterait à savoir ce que Philippe fit des manu-
scrits de son père. Sur ce point, les renseignements
nous manquent absolument. A en juger par le carac-
tère et les actes connus du fils de Charles-Quint, il n'y
aurait rien de surprenant à ce qu'il eût jeté ces manu-
scrits au feu. C'était, on l'a vu, le sort qu'il réservait à
l'histoire que Van Maie aurait écrite. Ce monarque
était indubitablement un grand amateur de papiers,
comme le remarque son historien Cabrera, qui pré-
tend que. par eux il remuait le monde de son siège
royal (2), et l'on sait qu'il s'occupa, avec une sollici-
tude particulière, de faire recueillir les archives de
l'Ëtat dans la forteresse de Simancas (3). Mais cela
n'empêche pas qu'il n'ait détruit ou fait détruire
quantité d'écrits qui pouvaient le compromettre, ou
dévoiler les secrets de sa politique, ou qui contenaient
(1) Tome II, p. »04.
(3) Cabreka, Felipe II, Xvr. VII, ch. 9.
(3) Ibid.
( GLlll )
des choses dont il ne voulait pas que la connaissance
parvint à la postérité. Nous avons rapporté ailleurs
comment furent brûlées, par ses ordres, en 1576, sa
correspondance avec le grand commandeur de Cas-
tiile, don Luis de Requesens, gouverneur général des
Pays-Bas, qui était gardée au château d'Anvers (i), et,
en 1595, les dépèches qu'il avait adressées au duc de
Sesa, au comte de Fuentès et au marquis de Cerralvo ,
concernant la destitution du duc de Parme résolue par
lui et prévenue par la mort de ce prince (2). Com-
bien d'autres documents non moins précieux durent
être anéantis de même! Sans parler des mémoires de
Charles-Quint, que sont devenus les papiers de la reine
Marie de Hongrie (3), et de don Carlos, et de don Junn
d'Autriche, dont on cherche en vain quelque trace dans
le grand dépôt de Simancas?
Depuis Fimpression du 1""^ volume de ce Recueil, le
(I) Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas,
t I , p. XVIII.
{% Ifrid,, t. Il, p. Lxxxix.
(5) Nous avons l'inventaire de ces papiers, qui nous a élé envoyé
de Simancas. Nous y voyons figurer, entre autres, plusieurs liasses de
correspondances de la reine avec PEmpereur, le roi Philippe, le roi
des Romains Ferdinand, la reine et Tinfante de Portugal, Tévéque
d'Arras, le président Viglius, Guillaume Van Malc, etc.
Tons ces papiers furent, par les soins des exécuteurs testamentaires
de la reine, renfermés dans deux bufifets (escriiorios) , dont Philippe 11
ordonna que les clefs lui fussent envoyées aux Pays-Bas. (Lettre de
révéque de Palencia à Philippe II, du 4 juillet itt59, aux Archives de
Simaneas, Eslado, liasse i37.)
( CUV )
livre de M. Mignet sur la retraite de Gbarles^Quinl a
paru. Comme je l'avais supposé (1), cet éminent histo-
rien rejette tout ce qui a été raconté par les éerivaios
hiéronymites sur les obsèques que Charles aurait fait
célébrer pour lui, de son vivant» ainsi que sur les cir-
constances qui les auraient précédées et suivies : « La
> nature de la cérémonie,— dit-*il — la santé de TEnh
» pereur , les occupations qui remplissaient son temps,
> les pensées qui absorbaient son esprit, le témoignage
» de ses serviteurs, qui contredisent les récits des
» moines, les faits authentiques qui sont en désaccord
> avec la date assignée à cet acte bizarre, ne permettent
> guère d y ajouter foi (2). » Et ces raisons , sur les-
quelles Tillustre auteur des Négociations de la succes-
sion d* Espagne» d'Antonio Perez^ de f Histoire de Marie
Stuart, etc., appuie son opinion, sont successivement
développées par lui avec une force d'argumentation qui
en augmente encore la valeur.
Elles n'ont pourtant pas convaincu tout le monde.
M. Théodore Juste, qui a fait insérer, dans un de nos
principaux journaux politiques (5), un résumé très-clair
et très-substantiel des ouvrages et des documents pu-
bliés sur la retraite de Charles-Quint, déclare, après
un examen scrupuleux du pour et du contre, se ranger
du côté de MM. Stirling et Pichot. Voici comment il
s'exprime : t Tout en n'usant qu'avec une certaine
(1) Tome I, Préfqce, p. LXViii.
(3) Charies-Quint , ctc, î"» édit., p. 4^3.
(3) L Indépendance beïge, n<»> des 90 février, 7 ei 18 ayril i8K)l.
( €I,V )
> réserve des narrations des moines hiéronynoites ,
» M. Mignet leur a cependant fait des emprunts assez
» nombreux. Or» le récit des obsèques, celui qui est dû
» au religieux anonyme particulièrement, est empreint
> d*un caractère si grand de vérité (car le narrateur
» parle en témoin), il est écrit avec tant de candeur,
» qu'il noua parait logique de Tadmettre, à moins de
> révoquer également en doute tous les autres faits
> conaigqéa dans les documents laissés par les moines
• de S^-Jérôme. Du reste, nous ne savons quel intérêt
» aurait poussé ces religieux à inventer un épisode
» aussi remarquable , à forger un mensonge aussi
» grave. Quant aux raisons ihéologiques invoquées par
» M, Mignet, nous sommes loin d*en contester rimpor^-
» tance : mais suffisent-elles pour infirmer Faulbenii-
f^ cité d'un récit fait de bonne foi par un témoin ocu*
> laire? En ce cas encore, n'aurait-on pas pu excepter
» Charles-Quint de la règle commune (i)? »
Pour moi, qui, Tannée dernière, trouvais < des mo-
» tifs a peu près égaux de douter et de croire (%), »
j'avoue quaujourd'huiy incline plus à croire qu'à douter.
Ce n'est pas que , sur le fait même des obsèques ,
j'aie acquis des lumières nouvelles. Mais une étude
attentive des documents, de ceux surtout que j'ai reçus
en dernier lieu de Simancas, a éveillé mon attention
sur certaines circonstances qui ajoutent à ce fait un
(\) V Indépendance du 48 avril.
(3) TOBIQ 1, PtiftMy p. LXVlll.
( CLVI )
degré de probabilité, en témoignant de la véracité des
écrivains hiéronymites.
On connaît le récit, que fait le prieur fray Martin
de Angulo , de la conversation de Charles-Quint avec
son barbier : < Sept ou huit jours avant la maladie
» dont l'Empereur mourut, — dit-il — il arriva que,
> étant au lit, quoique bien portant, il dit à son bar-
> hier, garçon d'humeur joviale, et Tun de ses anciens
> serviteurs, pendant que celui-ci le rasait : Nicolas,
> sais'tu à quoi je pense? — A quoi, sire? — Je
» pense que j'ai là deux mille couronnes (ou écus)
> (féconoMie, et je calcule comment, avec cette somme,
» je ferai mes obsèques. Le barbier répliqua : Que
I» V. M. ne prenne pas ce souci. Si elle meurt, et que
» nous lui survivions, nous ferons nous-mêmes ici ses
> funérailles. — Tu Centends mal, dit l'Empereur. //
• y a une grande différence, pour cheminer, entre
» avoir la lumière derrière soi, ou l'avoir devant {{). >
Si Ton admet cette conversation de Charles-Quint,,
je ne vois pas pourquoi l'on contesterait celle que,
selon rhiéronymite anonyme et le père Siguenza, il
eut avec fray Juan Régla , son confesseur, et l'acte qui
en fut la conséquence.
Or, indépendamment de l'autorité qui s'attache au
témoignage du prieur de Yuste, lequel écrivit sa rela-
tion pour et à la demande de la princesse doua Juana,
il y a un fait, un fait constant, qui donne à cette con-
(1) Sandotal, Historia de Carlo» V, t. II, Ht. \XXII, g III.
( CLVII )
versation la plus grande vraisemblance : c est que, dès
son arrivée à Jarandilla, Charles-Quint voulut avoir,
pour une destination particulière, deux mille écus d or,
qtt*ii fit garder dans sa chambre, et auxquels il ne per-
mit point depuis qu'on touchât, quelles que fussent les
nécessités de sa maison.
En veut-on la preuve?
Le 6 décembre 1556, Quijada mande à Yazquez :
i Gaztelù vous écrira sur Targent dont nous avons be-
» soin, et S. M. aussi, à ce que je crois. Vous verrez
» ce qu'ils vous diront. Nous n osons pas toucher a ces
» DEUX MILLE ECUS , PARCE QUE Sa MaJESTÉ NE LE VEUT
» PAS (4). » Le lendemain, il lui écrit encore : < S. M.
» se porte très-bien, et ne veut pas que, pour quoi que
> CE SOIT, on touche AUX DEUX MILLE ÉCUS EN OR QUE
>iious AVONS; le service de Técurie et des mulets est
» dans un grand besoin, et Targent nous manque aussi
» pour le reste (2). > Le même jour, Gaztelù priait Yaz-
quez d'envoyer en toute hâte 2,000 ducats, en quel-
que monnaie et par quelque voie que ce fût : c car —
» disait-il — les mules, les chevaux et les officiers
» préposés au service de Fécurie meurent de faim, et
> hier on chercha 2.000 réaux dans tout Jarandiila
(1) Tome II, p. 122.
(2) « s. H. ticne rauclia saliid, y no quierc que, por cosa de las
que se ofreciere, se toque a los dos mil escudos en oro que tenemos;
y pasan neccsidad la caballeriza y acemileria , y para lo dcmas nos
falU.... •
Cette lettre du 7 déeembre n'est pas insérée dans notre Recueil.
( GLVlll )
» pour manger, Sa Majesté atamt DÉrtimc qu'oh toocbi
» AUX ÉGOS QUI FURENT APPORTÉS, SON INTENTION ÉTAUT
» SANS DOUTE DE LES DONNER (i). » MoÎDS d'OD HlOis
après, Quijada fut obligé de prêter 100 réaux (vingl-
cinq francs) pour la dépense du jour, tandis que les
DEUX MILLE ECUS étaient gardés soigneusement dans h
bourse de l'Empereur (2).
Ils y étaient encore, comme on va le voir, au mois
de janvier 1558. Nous avons dit que la princesse
Marie de Portugal , après son arrivée à Badajoz , avait
envoyé à Yuste don Manuel de Melo; Gaztelù, ren*
dant compte au secrétaire Vazquez de la visite de ce
cavalier, lui écrit : « Don Manuel arriva avant-hier;
> hier il baisa les mains à TEmpereur; aujourd'hui il
> prendra congé. Si S. M. est encore dans les mêmes
» dispositions qu*avant-hier, elle ne lui donnera rien;
» elle dit qu'elle veut en finir avec ces choses-là. On
» lui a représenté qu'il serait juste de faire quelque
» cadeau à l'envoyé de l'infante; que la princesse et
» les deux reines en seraient très-flattées; et, quand
> je vins, je dis à Luis Quijada , que, si l'on donnait,
» ce ne devrait pas être moins de mille écus , qui pour^
» raient être pris sur les deux mille que Sa Majesté
» A dans sa chambre, sauf à les remplacer par d'autres
» qui seraient apportés avec l'argent du premier quar-
» tier, puisque nous n'avions à notre disposition ni
» chaîne ni autre joyau (5). »
(1) Tome ï, p. 67.
(2) /6tVi.,p. 77.
(3) Tome II, p. 305.
( CLiX )
De ces deux millb Éctis, il n'en restait plus que gim-
QOANTiHltAtAX au jour du décès de Charles-Quint (1).
Nous savons que six CEnts éccs en avaient été distraits,
la veille, pour la mère de don Juan d'Autriche (2) :
remploi des treize €ent quarante-six autres égus (5)
est inconnu. Ne peut-on pas croire que cette dernière
somme avait été appliquée, en tout ou en partie, au
payement des frais des obsèques de TEmpereur et de
ses parents, ainsi qu*au)L aumônes qu'il était d'usage de
distribuer en de pareilles occasions ?
On a fait la remarque que Sandoval, après avoir
emprunté à la relation de fray Martin de Angulo la
conversation de Charles-Quint avec Nicolas Bénigne ,
n'y ajoutait pas , comme le prieur de Yuste , que l'Em-
pereur ordonna incontinent la célébration des obsèques
de ses parents et des siennes propres (4), mais que, au
contraire, selon lui, les deux mille éccs furent employés,
•près la mort de l'Empereur, à acheter la cire et les
tentures de deuil pour ses véritables funérailles (5).
(1) C'est ce que constate rinventaire du notaire Rodrigucz, dans
an article ainsi conçu : a Dinero. Gincuenta y cuatro escudos de oro
• de! sol dentro en-una boJsilla de aguja negra de seda. *
(2) Voy. p. XL.
(3) L'écu d*or ou couronne d'Espagne, nommé aussi demi-pistolet,
de 7i au marc, et au titre de 21 karats 10 grains, valait 39 sois ca-
rolns (fr. 7 HA centimes), selon le placard du 23 mars 1552 (v. st.),
inséré aux Plaçât^ de Flandre, liv. I, p. 521.
(At « .... Y assi niandô hacer luego las obsequias de sus padres y
suyas. * (Voy. les Bulletins de TAcadéroie royale de Belgique, t. Xïl,
Impart, p. 269.)
(5) « .... Y con las mismas coronas se compfo la eera y lutos con
( C4-X )
Il serait difficile de dire pourquoi Thistorien de
Charles-Quint a dénaturé, dans ce passage, une rda-
tion en quelque sorte officielle, et qu'il reproduit tex-
tuellement partout ailleurs. Mais, en tout cas, l'asser-
tion qu il substitue à celle du P. Angulo est d'une
inexactitude manifeste : on a vu tout à i'Iieure que, à
la mort de Charles, les deux mille écus étaient réduits
à ciNQUANTB-QUATBE ; ct nous lisous, dans une lettre de
Quijada à Vazquez, du 16 octobre 1558, que les frais
des VÉRITABLES FUNÉRAILLES furcut payés au moyen de
500 ducats apportés de Valladolid (1).
Un argument sur lequel M. Mignet insiste, dans ce
magnifique langage dont il a le secret, argument qui
serait de grand poids, s'il était irréfutable, est celui
qu'il tire de la cérémonie en elle-même : c L'Ëglise
catholique — dit-il — la réserve aux morts, et ne
rapplique pas aux vivants. Accomplie hors de pro-
pos, elle perdrait son efficacité avec sa raison, et
deviendrait une sorte de profanation. L'Église prie
pour ceux qui ne peuvent plus prier eux-mêmes. Elle
offre à leur intention le sacrifice chrétien, auquel ils
sont désormais hors d'état de prendre part. Cet ac-
compagnement pieux et solennel de Tâme dans son
passage de la vie périssable à la vie éternelle, n'a son
mérite et sa grandeur qu'en ayant sa réalité. H ne
doit faire défaut à personne, pas plus que la mort
elle-même. L'Église eût été digne de blâme, en ac-
qiie flic sepultado, y se le liîciéron las honrn.s.... » (Saxdoval, 1. c)
({) Tome I,p. 450.
( CLXI )
> cordant à la fantaisie déréglée d*un vivant ce qui est
> consacré à l'utilité spirituelle des morts. Charles-
» Qnint savait bien , d'ailleurs , qu'il y a plus d'avan-
» tage à prier soi-même qu'à être Tobjet des prières
» d'autrui , à s'approprier le sacrifice du Rédempteur
> par la communion eucharistique, qu'à y être indi-
» reetement associé par une pieuse sollicitude de
> l'Église (1) >
Sur ce point délicat de théologie , j'ai invoqué les
lumières d'hommes dont personne ne contestera la
compétence , lorsque j'aurai dit que l'université catho-
lique de Louvain les compte parmi ses professeurs les
plus distingués (2), et c'est sur leur autorité que je me
permets de présenter les considérations suivantes.
Que la célâ>ration des obsèques d'un vivant consti*
tue, en -principe, une irrégularité, et se trouve ainsi
défiindue per se, on ne saurait le méconnaitre, puis-
qu'elle ne peut avoir lieu sans que le célébrant change,
modifie ou supprime certaines parties des oraisons de
la messe (3) : ce qui est en opposition formelle avec les
rubriques générales. Mais il n'existe pas là-dessus de
défense expresse qui soit émanée , dans les formes ca-
noniques, du pouvoir disciplinaire suprême auquel
(I) CAoriM^QuMU, etc., p. 415.
(9) Je fns ici tons mes remereiiiients à mon lionoriJ»l6 eonfrère à
rAowiéiDÎe, M. le professeur Areodft, qoi a faîen Touiu être mon inter-
médiaire auprès de ses savants eollègnes de la feeiilté de théologie.
<3) Comme, par exemple, les paroles : ^mae hodie de hoc saeeulo
mégravii, etc.
Tome If. A.
( CLXIl )
TÊglise obéit. Le canon du dix-septième concile de To-
lède, tenu en Tan 694 , qui interdit de célébrer les ob-
sèques d'un vivant, ne s'applique, d'après son texte
même , qu'au cas tout particulier où les obsèques se-
raient célébrées dans une intention méchante {qui ma-
Uvote faciuru)^ afin d'accélérer, d'après une superstition
qui parait avoir régné à cette époque, la mort de la
personne pour laquelle la cérémonie aurait lieu.
Aussi les auteurs citent-ils plusieurs exemples de
funérailles de personnes vivantes, telles que ceux d'Al-
bert le Grand, de Henri II, comte de Rateneck, évèque
de Ratisbonne , de Pedro Vellejo, riche marchand espa-
gnol (i), etc. Il y a plus : au temps même de Charles-
Quint, des théologiens de renom, parmi lesquels il
suffit de citer le fameux Navarro, soutenaient qu'il était
licite de célébrer les obsèques d'un vivant qui en. témoi-
gnait le désir : il n'y avait, pour cela, selon eux, qn'à
faire à l'office des morts les changements et les retran-
chements indiqués par la circonstance (2).
(1 ) Voir la note suivante.
(2) Voici un texte de Clbricati {De sacrificio missœ Decù. 56) qui
est d'un grand intérêt dans cette discussion :
« N<» 35. Undecimum tandem et ultimum dubium, quod non abs-
que calore tractant doctores, est : Jn liciltitii nt, tniisas defunctorum
seu de requiem celebrare pro vwi$ et adhue degentibuê in hac vUa ? Com-
munier et magis accepta opinio est negatiya. Ratio inter caeteras est,
quia sic non servatur ritus missalis, dum missa , quae a rubricis as-
signatur defunctis , recitatur pro Tivis....
« N» 36. Contrarium tamen docent non spernendi auctores : Na>
varrus in ConsiL de cekhrcU, missar,, cons, 6; Zerola, part. 2, rerb.
( GLSIlt )
Dès lors, qu'y aurait-il eu de si étrange dans le vœu
exprimé par Charles-Quint, et dans racquieseement
donné à ses pieuses intentions par son confesseur, ainsi
que par les religieux de Yuste?
Missa, n* 10; Barbosa in Collect, DD. ad conc. Trid., sess. 22, c. 3,
D* il; PineUus, lib. 3. de Missa, cap. 7; et ex moralistis Lezana,
tom. Ay yerb. MUsa, n« 54; Pcyrinus, tom. 3, in AddiL, c, 1, n« 21^
et Gobatus in Theolog, exper, iraet, 5, a n« 629, ubi si sic vivens
postuleiy eî morexn gerendum esse affirmant : ita tamen ut in missa
non dieatur iUa oratîo, quae ait, defunctum hodie de hoc taeculo mi-
grasse, ut evitetur mendacium; nam licct haec celebratio de requiem
pro vivente non sit praecise juxta înstitatum Ecclesiae, habet tamen
soapte natura , atque ex promissione divina energiam respectu om-
nium capaeiom, et qui ita praevenlunt diem mortis suae, sont illius
magis memores, et sese magis praeparant ad supremam luctam
« N* 37. Confirmant banc affirmativam opinionem exemplis B. Al-
berti Magni , quem plures missas de reqniem ac officia mortualia sibi
adhnc Tlyenti celebrare fecisse, scribit Ferdînandos de Castro in
Histor, gêner. S. Dominicif part 2, lib. 3 , cap. 46. Idem opéra tum
esse Henricnm II, comitem de Rateneck, episcopum Ratisponen-
sem XXXIII, anno Christi 1196, testatur Viguleus Hundus in Histor,,
ni referont Lezana, Layman et Diana... »
c N<> 38. Horatins Torselinus, in Vita 5. Franeisci XaverH, lib. 5,
cap. 3, disserens de Petro Vellejo mercatore perquam opulento , qui.
eom, occupatuf ludo latninculorum , S. Francisco petenti pro inope
pnella stipera, dedisset clarem ad arcam, facta potestate inde acd-
piendi quantum YeUet, bic autem nonnisi trecentos aureos depromp-
sisset; Petrus vero boc intellecto, serio subdidisset : Errasti , pater,
namque arcae cUmem tradens, dimidiam auri partem tradebam ( ine-
rant îbi aureorum nummorum triginta millia) : admirans tantam
Uberalitatem S. Franciscus, îpsi mox vaticinatus fuit, eum Deo prae-
nuntîante oogniturum ultimum Titaie finem ; quem ubi post aliquot
annos divinitus cognovisset adesse, compositis rébus domesUcis, ad-
fc]Bp?^'i?ïï
u>
t«'
'•>
( GLXIY )
Dans ma première préface, je n'ai pas dissimulé
les objections que soulèvent les dates assignées par
Sigûenza aux obsèques de l'Empereur et à celles qui
les avaient précédées : ces objections subsistent. Hais ,
quant au récit de Thiéronymite anonyme (récit bien
plus digne de foi, surtout dans les détails, puisque Fau-
teur était présent), si, comme j*en ai fait Tobservation ,
on substitue la date du 30 août à celle du 31, qui peut
avoir été écrite ou copiée par inadvertance (1), on n*y
aperçoit plus aucune contradiction avec les dires de
Quijada, Matbyset Gaztelû. Le lecteur trouvera, dans
ce volume (2), une lettre du docteur Mathys, du 24 août
1558, laquelle fait foi que, dès le 21, TËmpereur était
libre de la goutte. À la vérité, la démangeaison aux
jambes lui était revenue, et, le soir, il ressentait un
peu de douleur de tète; mais il avait bon appétit et bon
sommeil. Supposons que, ce même jour 24, il eût fait
célébrer les obsèques de son père, et successivement
hue TÎvens vigensque aedem saeram adiit, impolit parochom, ut oon-
fesUm faciat pro se sacrum fanebre, cui cum iaterfoisset, coDvenit
amicos, aperit vaticiDium Xaverii, extremum Vale eis dizit, rogans
ut Pétri YeUeji mox obituri funus eodem die prosequantur, atque ita
prorsus eveniU Âfiecta jam aeCate hominem mors repeutina abstulit,
eodemque die fùnere elatum amioi ad templum prosecali sunt Ita
Gobatus, d. tracL 9, n« 633 »
Le livre de Clbricati a été publié à Padôue en 1706, et plusieurs
fois depuis.
(1) J*ai eu k signaler une pareille inadvertance dans un autre pa&>
sage du manuscrit de Thiéronymite» (Voy. p. 4 de ee volume.)
(S) Page 483.
( GLXT )
celles de sa mère et les siennes, tout serait en règle (1).
Je termine ici une discussion où je ne me serais pas
engagé assurément , si je n*y avais été poussé par le
zèle de la vérité.
En dernière analyse, cette question historique, si
controversée, ne recevra probablement une solution
définitive que le jour où 1 on découvrira , ou bien le
compte des dépenses de Charles-Quint à Yuste, que
tenait le secrétaire Gaztelù, et que TEmpereur, par
son codicille (2), chargea Quijada d'arrêter, ou bien
les comptes du couvent même.
J'ai déjà fait connaître que don Manuel Garcia avait
vainement recherché , dans les archives de Simancas ,
le compte de Gaztelù (3). Ce laborieux archiviste a eu
la patience de renouveler ses investigations , sans être
plus heureux que la première fois.
Quant aux comptes du couvent de Yuste , on ignore
s*ils se sont conservés jusqu'ici. Espérons que F Acadé-
mie royale d'histoire de Madrid prendra le soin de s'en
assurer. Cette compagnie savante en a le moyen , puis-
que le gouvernement a mis à sa disposition tous les
(4) Voici alors comment les choses se seraient passées : le mercredi
%iy après midi , vigiles pour le roi PhUippe le Beau , et le jeudi matin
25 messe pour le même ; les 25-26, vigiles et messe pour la reine Jeanne
la Folle; les 25-27, vigiles et messe pour Timpératrice Isabelle. Le
28 était un dimanche. Les vigiles pour l'Empereur auraient eu lieu le
lundi 20, et la messe le mardi 30.
(2) Sàndoval, t II, p. 664.
(3) Tome I, Préface, p. lxxiv.
j
4
i^"-'
\ .
( GLXVI )
documents historiques contenus dans les archives des
anciennes maisons religieuses de la Péninsule (1).
Août 1855.
(1) Memorias de la real Àcademia de la historia, U VIII , Madrid,
ISBâ, p. XLViir.
RETRAITE ET MORT
DE
CHARLES-QUINT
AU
MONASTERE DE YUSTE.
I.
9
RELATION D UN RELIGIEUX DE YUStE (1).
CAttffoij» L — De eomo el principe don Phelipc se caso en Yngalatierra,
ano de 1554.
Lo^o que la princesa dona Maria» hija del rey Henrique
oetato de Yogalatierra y de la reyna dona Gathelina, su muger,
sopo la muerte del rey Eduardo su hermano, se mandé pregonar
y poblicar, à son de trompetas, por reyna de Yngalatierra (contra
la volantad de algonos que no lo quisîeran, por ser herejes), y
(I) Voir, sur celte relation, la préface du t. W, p. xvii. Le titre littéral
qu'elle porte est : ffistoria brève y tumaria de eomo el emperador don
Carlo» F y nuestro seHor, traie de venir $e à recojer al monasterio de Sant
Sierônimo de VusU, que es en la ver a de Plasencia, y renunciar sus
Tome IL 1
(2)
entré en la ciudad y castiilo de Londres con gran trîurofo y
magestad, y, sin otro consejo ni consulta, sino moyida de au
christiandad , renuncié y desechô el tUulo profane del primado
ecclesiâstico que su padre havia adqiiirido para si , y mandé que
se borrasse de las cartas y provisiones reaies , y ordené y hizo
otras muchas santas cosas que, por estar por otros escritas, no
se dicen aqui. Y, pareciéndola à esta santa reyna que convenîa
tener un fuerte braço que la ayudasse à tener las eosas de la
religion en el punto y estado que en aquel reyno convenia, con
maduro consejo que sobre ello tuvo (aunque era ya de 38 anos,
y, por lo que à ella tocava, quisiera vivir y conservarse en su
virginal pureza), déterminé de casârse, pareciéndola que por esie
camino podria assentar mejor las cosas delà religion chrisliana,
de que tanta necessidad ténia su reyno, y tan falto estava dello.
Volviendo pues los ojos por todas parles, para escojer marido
que para este su intente mas la pudiesse ayudar, aunque se
hablé y traté de muchos, dentre de su reyno y fuera, finalmente
se resolvié en casarse con el principe de Ëspana, don Phelipe
nuestro senor, hijo del emperador don Carlos, y beredero de
tantos reynos y Ëstados. Tratése este negocîo con el Empe-
rador, que à la saçon esta va en Flandes, y él, mirando el bien
que se podria seguir à toda la christiandad en reducir k la obe-
diencia de la Yglesia aquel reyno tan grande y poderoso, tûvolo
por acertado , y anzi lo concluyé» con ciertas condiciones que»
para la paz y tranquillidad y sossiego de los Yogi eses, de su parte
se pidiéron; y, hecha la capitulacion, se firme de arabas partes.
En este tiempo, tratava este gran principe y monarca dd
Emperador de dexar todos sus Estados, y retirarseal mmiasterio
de Sant Hierénimo de Ytiste : para lo quai embié an modehi y
traça, para que se le labrassen unes aposeotos y quacto en él,
Estados en el principe don Phelipe $u hijo; y del modo y manera qui
vivià un ano y ocho meses tnefios niieve dia$ que estuvo en e$ie monastê^
rio, hoêta que muriô; y délai cosa$ que acaeciérofi en su vida ymuerte.
(5)
laquai embié à nueetro ptdre genenl fray Juan de Ortega, qne
al présente lo era (i), y mandaodo jantamente al principe su
hijo que, ântes que saliesse de Espana à casarse à Yngalaiierra,
▼imease al nionasterio de Sant Hierénimo de Yuste, à ver el sitîo
adéade se haTÎan de labrar y haeer los apoeentos y quarto. Y,
ayiiando el prfndpe à nuestro padre gênerai del mandado que
ténia de su padre, le mandé que, para ei dia de Corpus Chrisii
que venia, se haltasse en el monaaterio de Yoate, qne para el
niaoïo dia eataria él en él. Y nneatro padre gênerai vino al dicho
menasterio algunos diae ànies de la dieha fieata, y mandé y pro-
earé que la caaa estuviesse qval contenia para recevir tal baésped.
Y Sa Âl teia llegé à ella el miemo dia del Corpus por la manana ,
haviendo dormido la noche àntes en la villa de Jarandilla , una
legna de Yuste. Ànduvo en la procession, y estuvo en la missa
en el choro, y, después que comié, basé à la huerta, adénde se
havian de edificar los aposentos. Baiâron con Su Alteza nuestro
padre gênerai» y el padre prior, y etroa religiosos, y Luys de
Vega, maestro de las ebraa de Bolaun; y, visio el aitie, mandé
se biziesse todo comô So M agestad lo embtava à mandar. De alii
snbié al cboro, y estuyo en vtaperaa y complétas. Y otro dia,
▼iemes» i 35 de mayo de) aio de 4554, oyda misaa, fué à eomer
â on paeblo que llaman Malparlida, sey» léguas de Yuste y una
dePlasenda, y de alli, eamine derecbo, foé à la Coruâa, donde
se embarcé, cou mucba noblesi espanola que le aeompanava,
y basté à encbir una fiola de ciento y veynte y trea navios
grucasos, y sin otras muebas cabras y yergantinea, y anti con
préepcro TÎento llegé à Yngalalierra à le» i 9 de jnËo del dieko
aào, adésde fué recÎTido eon muebo apparato y selemnidad,
qnal convenia À tan gran principe, Y con hr miema pompa y
roageslad se célébré el casamiento, baviéndole becbo àntes el
Emperador su padre renuneiaeion del reyno de Nâpoles y de
Milan , para que, siendo ya beredero de lantos reynos y Ëstados,
(I) Voy. notre Introduction, pp. 48 et siiùr.
(*)
fuesse tambien verdadero proprietario , rey y senor, y se casasse
coD la reyna con mayor titulo y dîgnidad. El casamiento foé dia
del apdstol Sant Jago, patron de Espana, y luego adelante, en
el mes de noviembre» se efectué la reconciliacion de aquel reyno
<:on la sede apostélica , que era lo que los reyes tanto desseavan;
y con Un buenos y catlélicos reyes yva la religion christiana j
la paz y quietud de aqael reyno augmenténdose grandemente.
Pero, con la muerte sùbita de la reyna» cessé todo y se acavé,
la quai murié à los 47 de noviembre 4558, de edad de 45 anos y
quatre meses, haviendo reynado cinco anos y quatro meses, sin
tener hijos. Succedié en aquel reyno aquella mala hembra su
hermana Isabella, hija de aquella ynfame Anna Bolena.
Capitulo h. — Como se empeçâron à labrar los quartos del Emperador en Yoste,
y lo que duro la obra.
El mismo dia que el principe don Phelipe nuestro senor se
partiô de Yuste, que, como queda dicho, fué biernes ^6 (1 ) de mayo
de 4554, se començàron à traer y aparejar materiales para la
obra del quarto que Su Magestad mandé hacer en Yuste. Y
nuestro padre gênerai, à quien Su Magestad le havia encomen-
dado, puso un religioso por sobre-estante , para que tuviesse
cuydado de toda la obra, que fué el padre fray Antonio de Villa-
cassin (2) , professe de la Sisia de Toledo , que después lo fué de
Sant Lorenzo el Real, y el que assistié à toda aquella machina y
obra. Y, juntando capitulo, nuestro padre gênerai dié qnenta al
prier y religiosos de la dicha casa de Yuste de las cartas que Su
Magestad del Emperador le bavia escrito, para que entendiessen
todos la merced que nos hacia, y el amor que â toda la érden
(1) Lisez 25, comme à la page précédente.
(3) C'est rUlacasHn qu'il faut lire.
Le religieux anonyme ne parle pas de fray Melcbor de Pié de Concba , que
le P. général chargea de diriger les travaux. Peut-être était-il du nombre de
reux auxquels celte commission avait déplu. (Voy. notre Introductionf p. 49.)
(S)
ténia. Y con eslo se bolviô â Sant Barlolomé. Proveya de lo ne-
cessario para el gasto el secretario Juan Basquez de Molioa^ y
durù la obra en acavarse dos aôos y nueve meses.
Camtolo III. — De como el Emperador renancio los Estados de Flandes al rey
doo Pbellpe sa hijo.
Era tan grande el deseeo que el Emperador ténia de venirse à
recojer à su quarto y dexar sus Estados, que mandé juntar los
proenradores de todos los Estados de Brabante y Flandes y demàs
proTÎncias de aquella corona, y puesto en una silla alta en la
sala grande del palacio de Brusselas, teniendo à un lado à la
reyna Maria, y al otro al rey su hijo, y al duque de Savoya su
sobrino , el présidente de Flandes hizo à todos los estados un
solemoe razonamiento, en el quai en suma dîjo que, haviendo
Su Magestad visto y considerado muy bien las muchas faltas que
sus yndisposiciones le hacian hacer cada dia , y ios danos que se
esperavan seguir à sus sùbditos y vassallos, él havia determinado,
dias haTÎa, de descargarse de todos aquellos Estados, no para
holgarse ni descansar, sino para darles otro mas sano y mas
robuste senor, que los pudiesse con mas commodidad defender
de sus enemigos , y mantenerlos en paz y justicia ; que no pen-
sasse nadie que aquella determinacion suya era sùbita y accele-
rada, porque cierto venia de muchos dias atràs, y que, si hasta
entônees la havia differido, no havia sido por otra causa mas
de porque havia querido ver y provar por experiencia si su hijo
era ta] que sin escrûpulo se le pudiesse encomendar el govierno
de sus Estados; pero que, ya que, con el favor de Dios, se ténia
entendido dél que sabria y queria mantenerlos en justicia, y que
para ello no le faltavan fuerças, consejo y sana voluntad, no
queria dilatar mas esta su deliberacion, pues veya que, en lugar
de un principe viejo, enferme y tan ympedido quai él lo era»
les da\a â su hijo sano , moço , virtuose y cat6lico christiano :
pedia le tuviessen y reciviessen de buena gana por su senor, y
que anzi queria renunciarle alli luego aquellos Estados, y que les
(6)
Assegtirava que les séria muy bnen principe, y <|0é les rogan
muy encarecidamente le fiiessen muy baenos y obedientes sùb-
ditos, como lo havian sido à él hasta allf. Y, sobre todo, les en-
cargava fuessen obedientes à la yglesia romana , y se abraçassen
con la religioD que sus pasados havian guardado , sin dar oydos
à nuevas opiniones, pues veyan los ynconvenientes y maies que
las provincias comarcanas havian padecido, por solo haverse que-
rido apartar de la yglesia cat^lica. Y, acavado que uto el présidente
su plàtica, comienço el César otra mas brève y compendiosa.
Gapitdlo IV. - De U plàtîca amorosa que el Emperador hixo k 1m estadof d«
Flandeâ , quando se despidiô dellos.
« Yo quisiera, hijos mios, dejaros en mas quietud y sossiegd
del que yo veo que os dejo , y anzf !o he procurado con todas
mis fuerzas; mas no ha dado lugar à ello la ynquietud y ambieion
de los Franceses, nuestros vezinos. Véome ynhavil para govemar,
y manco de mi persona para assistir â vuestra defensa. Quando
tuve salud y fuerzas, hize lo que pude, como sabejs: agora, que
con los travajos pasados me he hecho ympotente para sufrirlos
por venir, pareciôme daros à mi ùnico hijo, tal quai le cônosceys.
Confie en Dios que él os sera bnen principe, y que con su buena
Ventura os defenderâ de vuestros enemigos, y os harâ senores
de quien pensure subjeciaros. Quarenta anos enteros ha que os
govierno, lo mejor que yo he sabido y podido; destos travajos,
y de aver passade tantas vezes la mar, y de tantos caminos y
jornadas, como he hecho por Francia, Ytalia, Africa y Âlemania,
tengo tan poca salud , como veis. Si yo porfio à quereros gover-
nar, aprovechàrsehan nuestros enemigos de mis enfermedades.
Pidoos muy de veras, por amor de Dios, seays constantes en la
religion y ob'ediencia de la sauta yglesia romana, y à vuestro prin»
cipe; guardaos de los malos vezinos que teneys. Dios me es tesligo
que jamàs movi guerra ninguna, sino provocado y con grandi-
sima causât â mi Dios pido juzgue entre mi y mis enemigos , si
he sido en estorvar la paz pûblica. No piense nadie que dejo estoa
r"
(7)
BitiilM, pof bosear Sâlnd ni larga rida (sea Urga 6 corta la que
nequeda, como Dioa lo ordenare), sino déjolos por no hacer
nu faltas de las hechaa en todo. Perdonadme, hijos inios, por
amor de Dios, los descuydos y faltas que la flaqueza humana y
mis yndisposiciones me havrén hecho cometer en el govierno
deitoa Tiiestros Estados. »
Fnéron tantas en este panto las lâgrimas del piîsaîmo César
y de todos los présentes, que cierto fué una cosa maravillosa de
teer. T, despn^ de haver por on gran rato todos llorado, tornô
80 Magestad â su plàtica, y dixo :
« Sabe Dios, hermanos mios, que dissimulo harto de lo que
limto el dexaros , porque me aveys sido niny biienos vassallos y
iiBîgoa en mis neeessidades; siempre me soccorristes con vues^
tfu haeîendas y personas. Dios quede con vosotros, que yo no
poedo deiar de passar à Espafia, por la moerte de mi sefiora, que
(eomo sabeys) es fallescida poeos nieses ha. »
CAtmao V. — De lo que reipondio el procurador de los estados, y como se diô
la ynTeetidura dellos al rey don Phelipc , nuesiro senor.
Luego que Su Magestad acabô su plàtica, con que enterneciô
no solo à SOS yassallos, sino A su mismo coraçon , el procurador
de los estados se llevantô , y hablô en nombre dellos, diciendo
el sentlmieoto tan grande que todos ellos tenian de su renun-
eiaeion y partida, encareaciendo esto con unas palabras muy
sentidae. Y, acabado de hablar el procurador de los estados, se
Hevantô el rey don Phelipe, y dixo à su padre que él por ningnna
manera acetara esta roerced que Su Magestad le haxia, sino fuera
entendiendo que ancl eonTenia A sn salod y contentamiento, y
qae, pues anzf Su Magestad lo mandava, siempre tendria el cuy-
dado neeeasario de dar de si lodo contentamiento à los suyos.
Tambien la reyna Maria, que avia tenido el govierno de aqnellos
Estados, se despidié dellos, pidiéndoles pardon en lo que les
IniYiease offendido, porque ella se queria tambien venir con Sn
Magestad à Espafta à servirle. Hecho esto, luego se hiziéron las
^.
n » -^
(8)
cerimonias de la renunciacion , y el rey nuesiro senor recibM h
yn^esUdura y titaio de les Eatados, y puso de su mano e& el
govierno , por su lugarteniente, al duque de Savoya, su primo
hermano.
Gamtolo VI. — Como el Emperador, an &do ânUs que dexute bqs EiUid«,
eomunîeô tat negoeios con einoo letndos Ibeôlogos y jorislas.
Por espaeio de un ano ântes que el Emperador deiaise loi
Estados de Flandes, y se viniesse à Espaûa , mandé juntar cinco
letrados theôlogos y juristas, coq quien comunîc6 todos sus
negocios, dudas y escrùpulos que teuia , y hizo su testamento,
para el cumplimiento del quai dexô seùalados ciertos millares
de ducados en Espana, de los quales sus testamentarios pagàroo
lo que era menester, hasta que al fin se cumpliô. Y, hecho esto,
y dispuestas las demàs cosas que para su partida conveoian,
acabé de desnudarse de todos sus reynos y ymperîo , para con
mas sossiego venir à Espana al monasterio de Sant Hierùnimo de
Yuste, como en el capitule siguiente se verà.
Gafitvlo VII. — De como el Emperador se aeavô de desnudar de todo quanio
ténia y posaeya en Flandes , antes de Tenirse à Espana.
Poco después que el Emperador rennnciô los Estados de Flan-
des en el rey don Phelipe nuestro senor, considerando que estava
cansado, y del todo yropotente para poder régir las provincias
y reynos que le quedavan, déterminé de despojarse de todos
dlos, y anzi, en diez y siete dias del mes de henero de 1556,
hiço en el mismo rey su hijo solemne renunciacion de todos los
reynos y senorios que le havian quedado, sin dexar para si un
paimo de tierra, como mas claro parecerà adelante, qnando,
querîendo hacer su codicille en el monasterio de Sant Hierénimo
de Yuste, no tuvo autoridad ni poder de criar un escrivano que
le biziesse, sino que fué nienester que la princesa dona Juana su
bija , que era governadora destos reynos por el rey don Phelipe
(9)
sa hermano, eon mucbas làgrimas y gran teniura de su coraçon,
le auiUô autoridad para cllo. ÀDsimismo renonciô en el rey de
Romaaos su hermano el Ymperio, y escriviô a los electores y
eslados dél, rogândoles le recibiesseu desde luego por empe*
rador, de la manera que le recibieran, si por su niuerte vacara.
Lo qoal se hiço luego , ansi como Su Magestad lo mandé. Detù-
¥ose en Flandes Su Magestad por lodo aquel verano» hasta el
agosto siguiente que se embarcô él y sus dos herœanas, la reyna
de Franeia madama Leonor, y Maria reyna de Hongaria. Tomâ*
roD puerto en la villa de Laredo en Espana, en principio del
mes de setiembre (i). Y de alli vino à Valladolid, donde se detuvo
y descansô con su hija y nieto» dona Juana y don Carlos, hasta
qœ se vino y retiré à la villa de Jarandilla, una légua de Yuste,
por el mes de setiembre, ano de 1556. Y de alli se vino al dicho
mooaaterio , por hebrero de 4557, como adelante se dira.
CamtÔlo VIII. — Como el ptdre goncral de U ôrden de Duestro padre sent
HîerÔDimo tîbo a VaUidolîd â besar las manos à Su Magestad , luego que alli
lUfô de Flandes.
Luego que se supo que Su Magestad Impérial avia llegado à
Valladolid, se partie nuestro padre gênerai, fray Francisco
Tofino, de Sant Bartolomé, à besarle las manos à Valladolid,
acompanado del padre gênerai pasado, fray Juan de Ortega, à
quien Su Magestad avia mandado hacer el quarto, y de los
padres prières de Guadalupe y Yuste, y à darle el parabien de
so venida à estos rey nos, y agradecerle la merced y favor que
hacia à toda nuestra érden en querer servirse délia , y à ynfor-
marse de quienes y como queria ser servido en Sant Hierénimo
(1) Le religieux de Yujle s*est trompé ici, et il se trompe encore trois lignes
plus bas. Ce fut à la fin de septembre (le 28) que PEmpereur débarqua à
Laredo, et il n^arriva à Jarandilla que le 13 noyembrc. Peut-être sont-ce là
des fautes de copiste, car on verra, à la page 8tti?ante, que Tanteur fait arrirer
rEmperenr à Jarandilla au mois de novembre.
(10)
de Yoftte. Sa Magestad reeiviô grau contentd en verle, y talé
con él el como y de quienes qneria aer serrîdo, eapecificàndole j
declaréndole en particular que qaeria por sa confesaor al padre
fray Juan Régla, profesao de Santa Engracia de Sarago^.
Y, hecho esto , besàndole las manos y con sn licencia , se yino i
Yuste, y, conforme lo que entendiô de la Yolnntad del Empe»
rador , proveyô luego de machos religiosos , confessores j
predicadores , roùsicos y personas graves (i), demfts de las qae
avia eo Yuste, para que, quando Su Magestad à él Ttniesse,
estuvîesse todo à panio, como lo estuvo.
Gantulo IX — Como Su Mtgestad salio de ValUdolid para venir a Yuste , j se
detnvo algunos dias en Jarandilla.
Despdës que Su Magestad huvo descansado aigonos dias coo
la princesa dona Juana su hija , y holgàdose de veer su nieto d
principe don Carlos, partiô de Yalladolid, dexândose alli las
reynas sus hermanas, y llegô à Jarandilla, una légua de Yuste,
à n de noviembre (2) de io56, dia de Sant Martin, donde estuYO
muchos dias, despidîendo algunas de sus gentes que con él
Tiniéron de Flandes, ya que no los avia menester para su ser-
vido, mandàndoles pagar todo lo que se les dévia, yquedàndose
con solos los que avia menester un hidalgo pobre. Quienes
fttéron estos, y como se llamavan, y que officîos tenian, dirémos
adelante , porque los abrémos menester nombrar algunas veies.
CAriTULO X. — Como Su Magettad vino desde Jarandilla a Yust* à Ter
fu quarto.
Mientras Su Magestad estuvo en Jarandilla , despidiendo sus
criados, y dando ôrdcn de los que se avian de quedar para su
(1) \oj. \û 1. 1'% p. 424 et lair.
(â) C*est le 13 quHl faut lire. Voy. le 1. 1'', p. S8.
m )
serrieio, nanca hacia sino dar priessa à que sus aposentos se
leabassen, j pusiesseù como haviau de estar; y con el gran
desseo que ténia ya de acavar con el mundo, y verse en
elles, déterminé un dia de venir à veer en que estado estavan,
y lo que faltava para acavarlos. Y este fué el dia de Santa Cata-
lina del mismo afin de 4556 que llegô é Jarandilla, y holgôse
grandemente de veer que en todo se avia guardado su traza y
modèle que él avia embiado, sin faltar un punto : solo mandô
aôadir uoa puerta à la ventana que sale al altar roayor, por
donde avia de oyr missa , porque el ruydo de las vozes de las
matinas no le quitasen el sueno. Entré en el monasterio por la
puerta de la puente que sube â sus aposentos, y en medio de la
plaça que alli esta se apeé. Y alli fué del padre prior y de otros
religiosos recivido, y hiego quiso yr à la yglesia, y de alli baxé
i sas aposentos, en los quales estavan todas las chemineas con
gran fuego , y en todos , que son quatre , se assentô à calientarse ,
y desde alli ver bien el aposento. Acavado esto, se bolviô luego
à Jarandilla , adénde estuvo hasta el dia de Sant Blas del ano
iigniente de 1557 , que es â très de febrero, en el quai dia bolvié
à Yuste de propésito, para nunca mas salir dél, como lo hiço.
CAnmo XI. - Del litio del monasterio de Sant Hicrônimo de Vuste, y quando
toTO principio , y por quien.
Yuste es un silio, lugar y tierra llamado anzi de un arroyo que
esta junto à este monasterio, que baxa de nna sierra y se llama
Tnste, el quai esta en termine de la villa de Coacos, jurisdiction
de Plasencia, y siete léguas délia. El principio que tuvo este
monasterio fué que, viviendo por esta tierra de la vera de
Plasencia dos bcrmitanos de la herniila del arrabal de Sant
Christoval de Plasencia , llamados Domingo Castelianos el uno,
y el otro Pedro Bralles , pareciéndoles bien este sitio , se le pi-
diéron por amor de Dios à un vecino de Coacos, cuyo era, para
fondar en él una hermita : y, como el dueno era persona devota,
se le dié, y, para mas validacion de la dicha data, les hiço
(12)
escritura. El daeno se Uamava Sancho Martin. En el quai sitio
se fundé y hiço la dicha hermita; y, andando el tiempo, vino
à ser monasterio de la érden de nueslro padre saut Hierénimo.
Esta al pié de una sierra Uamada de Sant Salvador , en cuya
cumbre esta una devota y antîga hermita que se llama Sant
Salvador, la quai esta annexa al dicho monasterio , y en ella es
fama que , quando se perdiô Espana el ano 719, se recojiéroD
en ella muchos christianos, y algunos obispos y clérîgos, por
ser enl6nces una sierra muy espessa de monte y de grandes
arboledas. Desta sierra baxan algunos arroyos, y uno dellos, y
el mayor, es el dicho Uamado Yuste, del quai todo este sitio se
llama Yuste. Otro arroyo baza desta sierra, no tan grande, A
quai entra por la huerta de la casa, y es de gran provecho para
el riego de las arboledas , que son muchas y de diversos frutos.
Ây tambien dentro de la cerca y casa muchas fuentes, y entre ellas
una muy saludable para mal de piedra. Esta puesta esta casa al
Mediodia, y en saliendo el sol la alegra grandemente, y la esta
mirando todo el dia hasta que se va quasi à poner. El ayre
desta tierra es muy saludable: no ay mas (hablando con rigor)
de un mes de ynvierno, y otro de verano, poco mas, que dé
pena. Gôzase en esta casa de mucha quietud para el aima,
porque en muchos dias no se vee en ella hombre de capa negra,
ni de fuera de la tierra. Finalmente es tal que parece paraiso
acà en la tierra , y tal , toruo à decir, que para su abono basta
averla escogido Su Magestad para su quietud, salud y regalo.
CiMTVLo XII. — Delà forma y modelo de los aposeotos que Su MagesUd
maudô labrar.
Porque (I) los que no pudieren renir à Yuste à veer los
aposentos que Su Magestad mandé labrar en él para su habita*
(1) Il faut lire por, au lieu de porque, ou bien la phrase serait in-
complète.
(13)
don y roorada, pongo aqui la traça dellos io mejor que yo se.
Es pnes la forma y traça dellos tal que , aunque no son mas
que de madera , suplen la falta de la materia, por preciosa otra
que fuere, porque en muy poco espacio tienen todo Io neces-
sarîo para lairivienda humana, y ninguna otra traça pudieran
teoer mejor ni mas graciosa que la que tienen. Y anzi los que
los veen y miran por de fuera, quando entran dentro, dieen que
nnnca tal pensaran , ni creyeran que en tan poco espacio nbiera
tanta anchura, y tambien acommodado todo, porque, como
Sa Magestad era tan savio, y avia Tisto tantas cosas, tracé en
poco espacio mucha obra. Toda la obra son ocho pieças, todas
de un taroano y quadro, quatro altas para el ynvierno, y quatro
bans para de verano, con dos transi tos por en roedîo que las
dividen, los quales tienen sus entradas y salidas al Norte, digo
Oriente y Occidente, para mas luz y servicio de los aposentos.
Cada pieça de las ocho tiene 20 pies de ancho y 25 de lai^o;
en las quatro altas ay en cada una su cheminea, y en las baxas
ona lan solamente. Al roediodia de los aposentos estàn dos
cubos muy bien puestos, entre los quales, y al pié dellos, sale
ona fuente que cae en un estanque de açulejos, donde para
Su Magestad avia tenchos(l). Esta todo el edificio rodeado de
Tentanas, que es una de las cosas que mas le adoman y hermo-
sean, y por todas ellas entran limones, cidras 6 naranjas, con
qne se recrean los ànimos de los que las veen. AI Oriente deste
quarto esta un gran patio , con una fuente en medio dél , y todo
él es un jardin de limones, cidras y naranjas, y de muchas
hiervas y flores, que Su Magestad mandé en él plantar. AI
Occidente esta una plaça del tamano câsi de todo el edificio,
donde esta otra fuente, mas preciada por ser toda de una pieça;
que, para averla de poner alli, y traer de la cantera donde se
Gorté, cinco léguas de Yuste, se juntàron los pueblos comar-
canos de la vera, con muchos pares de bueyes que la trayan.
(I) C*est évidemment teneas, taucbes , qu*il faut lire.
(14)
por raçon del mal camino que ay de cuestas, barranoos, Talles
y rios. Adorna tambieo esta plaça y fueote y todo el edificio an
quadraDte grande que hiço aquel famoso Janelo. Ay tambien,
para subir à esla plaça, jardin y fuenle, una escalera grande
sobre una puente , por donde Su Magestad entré la primera vez
que vino à ver sus aposentos, y por donde se subie la dicha
fuente de una pieça. Al pié desta escalera, y câsl en medio
délia, esta un grande estanque, donde cae otra fuenle, sin las
dichas, para el riego de los vergeles y buertos. A la parte del
cierço esta la yglesia del convento, mas alta, que todo el edificio
del quarto, 20 pies. Kn lo ûltimo deste quarto, hàcia el Pc-
niente, esta una escalera arrimada à la yglesia, para subir al
choro, y baxar à los jardines. Todo lo quai se alcança à ver del
dicho quarto y aposentos, son vinas, buertos, castanares j
otras arboledas muy agradables à la vista. Las cuestas y montes
que ay al rededor, y se parecen desde el dicho quarto, estàn
llorando y derramando aguas cbristalinas, de doode baxao
mucbos arroyuclos, que alla en lo baxo son gargantas de muy
buenas truchas, y mas abaxo hacen un rio muy caudaloso que
llama (4) Tietar. El que viere este sitio despacio, echarà de
veer que no me be alargado, aunque soy parte, sino que àntes
he quedado corlo.
CumtM XIII. — De U mcreed y nftlo que Su MafesUd faacia i los relif ioMi
deste coDTento, eslando en Jarandilla , entes que viniesse a él.
El ano de 1556, cayé la Pascua de Navidad en viornes, y
Su Magestad avia roandado à Luys Quijada nos embiasse de
corner desde Jarandilla para aquel dia. Y no faite quien avisé
à Su Magestad que séria possible no comiessemos carne aquel
dia, y Su Magestad quiso saverlo, y embio luego â preguntarlo
à este monasterio. Y el prior embié à besar à Su Magestad las
(1) Sic, Il faut lire : $e llama, ou llatnan.
( «5)
manos por la inerced y regalo que oos hacia , y à decir como los
rdigioMM no comian en aquel dia carne. No obstante esto,
mtodé que el sabado se nos embiasse de comer para el domingo,
; fué lai y tan cumplida la comida, que uvo para rouchos dias
adelante, porqae enibié aves» cabritos, perniles y otras cosas.
TùYose en mucho esta merced, por la inemoria que Su Magestad
toTo desde Jarandilla de nosotros. Lo mismo hacia otras niu-
cbas vezeSy quando estava en Yuste, y no solamente bacia
esto, pero de quantas cosas de caça le embiayan, nos mandava
dar su parte, y otras vezes nos mandava dar en algunas Restas
priacipales SOO reales, para ayuda del gasto del convento,
Cftmwio XIV. — De <«D0 «1 Baperaddr entré en Yuste die de Saat Blas, para
DO salir dél jamas.
Uegado el dia de Sant Blas de 1557 anos, tan desseado de
Su Magestid y de los religîosos de Yuste, eu que Su Magestad
le avia de partir de Jarandilla para Ynste, salie de Jarandilla,
aeompanado de todos sus criados, anzi los que avia despedido ,
como de los que se avian de quedar oon él para su servicio«
Y llegô à Yuste à las cinco de la tarde, y fué recevido con pro-
cession de todo el convento, y con grande alegria , cantando
Te Daun laudamus en canto de érgano. Yino desde Jarandilla
en ona lîtera, y délia se apeô à la puerta de la yglesia, entre los
naranjos que alli ay; y puesto en una silla, le Ilevàron dos
gentilesbombres en ella basta las gradas del altar n^ayor, yendo
de un lado de Su Hagestad don Fernando Alvarez de Toledo,
conde de Oropeza, y del otro Luys Quixada, su mayordomo;
adéode el padra prior, que yva vestido de capa, dixo las ora-
dones compétentes, y acavadas, el padre prior y todos los reli-
giosos le fuéron à besar la mano por su érden. Y acaecié que,
como apartava las manos, que no las queria dar para que se las
besassen, un religioso, con el grande amor y aficion que le
ténia, le asié de una mano para besarsela; y como le dévié de
lastimar y ledolié, dixo el Emperador, medio riéndose : « Paz,
(16)
» 6 padre, que me heris. i» Y, acavado de besarle la mano, se
retiré â su aposento. La yglesia estava adornada con lo mejor
que avia en casa, y tao clara, con las mnchas luzes que avia,
que, aunque era ya de noche, parecia de dia. Las campanas
se hundian, y parece que sonavan mas que otras vezes, y
ympedian el goçar de la iiesta. Muchas cosas acaeciéron en esta
entrada, que se diràn adelante : la quai acavada, todos los criados
que estavan despedidos se fuéron , sin qnedar uno, aunque en
de noche.
No es raçon passar en silencio lo que adverti y vi, quando
Su Magestad se parliô de Jarandilla para yr à Yuste, del lloro
y senlimiento que sus criados tuviéron. Quando biéron que se
partia, y no le avian de ver mas reynar ni mandar el mundo,
fuéron tantas las vozes, lâgrimas y gemidos que diéron, qae
qoebrantavan los coraçones de los que los oyan. Echavan las
alabardas por tierra , y decian palabras de tanto dolor y senli-
miento , que no avia qnien los pudiesse consolar. Y lo mismo
sncedié à la despedida de Yuste : que , estando todos nosotros
muy alegres y contentos con tal huésped, oymos nnos grandes
Uoros, que sonavan â la entrada de la yglesia, que cierto pen-
sàmos todos baver succedido alguna grande disgracia; y, sabido
lo que era , era una Flamenca muy penada y triste , que entre
los demàs sentia grandemente el apartarse de Su Magestad.
Otros criados decian otras cosas, y conferian este recibimiento
con otros que à Su Magestad le avian becbo i Qnien duda sino
que tambien Su Magestad sintiria la pena de sus criados?
Ëmpero , como dexava à otros que él mas amava , cerrando las
orejas piadosas, passava por medio dellos, con coraçon bien
lastîmado, ayudàndose de la ternura de los ojos, que suelen
pagar eslos encuentros.
I
CAmoLO XV. — De ios criados que quedàron en Yuàle para senricio
de Su Magestad.
Si miramos a la grandeza deste principe , Ios criados que le
quedàron en Yuste para su servicio son Ios que pudiera tener
on hidalgo pobre, porque de todos se quiso descargar, y anzi
solos dexé Ios precisamente necessarios. Y , porque algunas vezes
sera necessario nombrarlos en esta historia, Ios quise aqui poner :
El padre fray Jaan Régla, religioso de nuestra ôrden, su
confesser.
El padre prior de Yuste, fray Martin de Angulo, su limosnero.
El padre fray Lorenço del l^ossar, professo desta casa, que
lenia todo el gasto.
El padre fray Miguel de Torralva, tambien professo desta
casa, obrero.
Lnya Quixada , mayordomo.
Martin de Gastelbû (1), su secretario.
Juan Gaétan, natural de Tordesillas, beedor.
El doctor Comelio Mathisio, médico.
Moron, eayallero borgonon, camarero.
Janelo, maestro del relox impérial.
Charles Oxier, Guillelmo Molineo (2) , Mathia y Pietro eran
gentileshombres.
IMric y otro Gnilleimo eran sus barberos.
Gabriel y Nicolas eran cirujanos.
Joanes era guardayoyas (3).
Andrés era panetero y mantequero.
Un Bizcaino era panadero.
(I) Le reGgieax de Ynste, ou celui qui Ta copié, écrit toujours GasteWii,
(3) On lit de même, partout, Molineo, pour Malineo (Van Haie) : ce qui
eit indubitablement une erreur de copiste.
ÇS) Sic. Lisez : guardajoyat,
TOHB II. 2
r
■ Y» -.i- ■■ • '* '•
(18)
Bonon ténia la cava.
Maestro Henriqiie y Adrian eran cozineros.
Otro Henrique ténia cargo del guardamangel.
Nicolas era salserero y giiarda de la plata.
Françoys ayuda de caméra.
Andres Munoz , portero.
Hierénimo y Rufo, ayudas de cozina.
GU y Martin ponian las mesas del estado.
Juan Rodriguez , espanol , y otro flamenco eran lacayos.
Diego , Miguel y otro nioço eran pastores.
Hans servia de carnicero.
Jorge Nepotis era capellan , y ânles era limosnero.
Sin los susodichos servian à Su Magestad cinquenta religiosos
de predicadores, confessores, mùsicos, capellanos y para el
officie divine, escogidos en toda nuestra ôrden, los mejores qae
para lo en que se ocupavan convenian , entre los quales avia
algunas personas graves dados (I) à la oracion. Y coo esto Sa
Magestad estava alegre y contente y consoladisimo , mas que en
toda su vida avia estado , sin otro cuydado mas que darse à
Dios, sin ruydo de seglares.
CiPiTULo XVL — De lo que passé con Su Magestad el padre fray Juan Régla ,
su confiassor.
Uno de los religiosos que el Emperador sefiaU) en YalUulolid
al padre gênerai , quando le fué à besar las raaoos (cooio dixi-
mos arriba) , para su servicio , fué el padre Cray Juan Régla, pro-
fesse de Santa Engracia de Saragoça, al quai Su Magestad avia
mandado yr al concilie Tridentino, en npjpnbre del reyno de
Aragon. Y puesto caso que se le mandé viniesse luego â Yuste,
como los demâs padres, él hiço piernasy no vino, teniéndose
por yndigno. de taJ officie. Savido pu^es por oaestro padre geBe-
(1) Sic.
^
(19)
rai lo qoe passaya, le embiô â mandar, en virtud de sauta obe-
dieDcia, que sin réplica viniesse luego, porqiie Su Magestad le
esperava por momentos. En fin vino; y Uegando à Jarandilla,
adénde aun estava Su Magestad, como Su Magestad le pregun-
tasse la raçoo de su tardanza, quando le fué à besar las oianos,
le respondié el buen religioso concomiéndose (1) : « Senor» no
» me siento sufficiente , ni tengo las partes que convienen para
• servir à Vuestra Magestad, y por eso noe he detenido, y me
B escnsava de venir, por veer si me valiera. d En tances le dixo
Sd Magestad : « Mirad , fray Juan , no ay que temer, porque, con
> cinco letrados que tuve en Flandes un ano entero, quedé libre
> y sin escriîpulo : agora no abrà mas de lo que se ofreciere cada
» dia. » Con esto al padre fray Juan Régla se le quitàron los
escrûpulos, y el Emperador le cobré mas aficion. Era el padre
fray Juan Régla un bombre muy docto y gran religioso, y sobre
manera bumilde; y, por coooscerlo portai, el Emperador le
eseojiô por su confessor, y pienao que con di(ficultad se hallara
otro como él para el gusto de Su Magestad y consuelo de sua
criados, y anzi les fué araparo y abrigo à todos elles. Y quatro-
eientofl dueados que Su Magestad le mandava dar eada ano , los
repartia entre los religiosos que avian venido para servicio de
Su Magestad, y entre los criados del Emperador, porque le sir*
viessen con contente. Y con esto le cobré Su Magestad tan ta
aGcion y voluntad , que no se hallava un punto sin él. Y anzi le
aeaeciô que, yendo un dia à Plasencia à veer al maestro Munon »
que fué discipulo suyo en Salamanca, y à pedirle unes libros que
avîa raenester, aun no avia Ilegado all4 quando Su Magestad le
httvo menester, y, embiândole à llamar, le dixéron que no estava
en casa, que era ydo à Plasencia; y mandé luego le fuessen k
Ibunar, y le dixessen que visia la présente se bolviesse. LIegé el
correo càsi tan presto â Plasencia como él; y sin escojer los
libres se vino, sin detenerse siquiera un dia. Y quando le fué à
(1) Ste. Peut-être fant-il lire : conmoviéndoie.
(20)
besar las manos , y à veer lo que inaDdava , y à dar la discnlpa
de su ausencia, le dixo : « Mirad , fray Juan , que es mi volnnlad,
» y en ello recibiré mucho contento, que no salgais de casa,
» sin que yo lo sepa, porque quiero (fue no me dexeis un solo
» punto. jf Fué de tanto peso esta palabra de Su Magestad para
el buen fray Juan Régla , que no uvo donzella mas sujeta à su
madré, desde alli adelante, que él lo fué à Su Magestad.
Capitulo WII. — De las liinosnas que Su Magestad roandô bacer, luego que
llegô â Yuste.
Luego que Su Magestad entré en Yuste, mandé hacer niuy
gruesas liraosnas en todos los pueblos realegos de la vera , y à
Plasencia le cupo muy buena parte, con que saliéron mnchas
personas de la càrcel , que estavan por deudas y no tenian con
que pagar. Fué una de las cosas que se pudieran hacer, en aquel
tiempo, de mas socorro para los pobres, porque el ano era muy
necessitado de pan, y valia una hanega de trigo 30 reaies, y
eran muchas las deudàs y los pobres. Sin estas limosnas pùbli-
cas, mandé dar Su Magestad otras sécrétas, y cada mes cien
ducados, los quales repartian el padre confessor y ei padre fray
Martin de Angulo, prior de Yuste (i). Y aunque Su Magestad de
suyo era muy pio y liroosnero, alentâvale mucho, para hacer
estas y otras limosnas, como adelante se verân (2) , el padre fray
Juan Régla, su confessor, por serlo tanto, como tambien lo era
el susodicho padre prior fray Martin de Angulo, el quai , sieodo
confessor de la princesa dona Juana , la alenté mucho para que
hiciesse aquella obra tan insigne del monasterio de las Descalzas
de Madrid para su enlierro, y la dié el érden y traça como
Su Alteza se acavasse de resolver en lo que hiço. Talies eran eslos
dos barones.
(1) Fray Martin de Augulo ne devint prieur de Yuste que quelques mois
avant la mort de TEmpereur. Voy. le t. I", p. 424.
(3} Sic dans le manuscrit. Il faut lire : se verâ.
(21 )
Capitiilo XVIII. — De como, después que se recojiô, no adniitia Su Majeslad
negocio ninguno scglar.
Para poder emplearse mejor en el servicio de Nuestro Senor,
Su Mageslad no adrailia negocio alguno de seglares, porqiie eran
tantos lo8 que cada dia acudîan, y algunos tan pesados y moles-
tos, que, si les ubiera de dar oydos, fuera Yuste otra corte; y
anzi los remitia luego a la princesa dona Juana su hija, gover-
nadora deslos reynos, que residia en Yalladolid, 6 al rey don
PbcHpe su hijo, que estava en Flandes, à quien los avia enco-
mcDdado todos. Acaeci6 una vez una cosa muy de veer con un
hombre, labrador ai parecer, que dixo ser del Ândalucia , el quai
pidiô cncarecidamente que queria coiuunicar un negocio grave
que traya con Su Magestad, y que en ninguna manera le diria
à otra persona alguna sino a él , y que, si no se hiciesse lo que
él queria y decia, que correria peligro el mundo. Su Magestad,
como tan savio y de tanta experiencia, que dévia de aver visto
y oydo cosas semejantes, no le quiso oyr, y mandé el (1) padre
fray Juan Régla le oyesse él. Fué el dicho padre al hombre , y
dixole le dixesse à él lo que queria decir à Su Magestad ; que él
venia à oyrle en su nombre , porque Su Magestad estava con la
gota y no podia darle audiencia, y que él le prometia el rcmedio
de lo que le dixesse, si era de tanta ymportancia como él decia.
Y es anzi, porque me halle yo présente y lo vi, que, como el
hombre oyé al padre confessor, se arrimo à una pared del claus-
tro, y se empeçù à dar de calabaçadasy à llorar, y â dar gritos,
y â alçar los ojos al cielo, y dar palmadas con las manos,
y grandes sospiros, y à decir cosas que nos atemoriçavan â los
présentes , y nos forçava de créer que era verdad lo que decia , y
dîgna de que se remédiasse luego, porque significava grandes
vofortunios que avian de venir, y que para esto era menester
hablar à Su Magestad cara à cara, y que à otra pci^sona alguna
, \
(1) Sic: lisez : al.
(22)
no avia de decir nada. Y anzi se fué sîo decir cosa(1), y el mundo
se quedô en el ser que agora tiene. Pasan y acaecen cosas que
solo Dîos que las entiende las remédie (^2). Verdad es que, aunque
Su Ma^estad no admitia negocios que le estorvassen su quietudi,
y semejantes al pasado, no dexava empero de dexarse visitar y
veer, como tan cortesano, de algunos senores principales que
y van (3) à visilar y à besar las manos , como e! duque de Arcos,
y Juan de Vega, présidente del consejo real, y su tio don Leo-
poldo de Âustria, hermano del rey don Phelipe su padre, obispo
que cnténces era de Cordova, y dona Madalena de Ulloa, muger
de Luys Quixada , que vino con el ynfante don Juan de Âuslrla,
la quai entrô con su ynfante por la piierta del oratorio donde
oya missa, y muy en brève se tornô à* salir. Y si algun negodo
brève trayan estas taies personas graves, le encomendava h Luys
Quixada, 6 à su secietario Gastelbù, y no avia mas que tornarle à
ver ni hablar. Solos dos senores se detenian mas dias con él,
quando le venian à ver, por averse criado desde ninos en su casa :
y estos eran don Fernando de la Orda , hermano del duque de
Mediua-Celi, y el comendador mayor de Alcàntara, marqués de
Miravel, don Luys de Avili y Çûniga, hermano del marquée de
las Navas, que, como residia en Plasencia, venia mas à menndo
à besar à Su Magestad las manos.
CunvLo XIX. - De como Su Mageslad ténia repartido el dia, y en qné
exercicios.
Aviendo ya dado Su Mageslad à entenderal mundo que no se
avia retirado à Yuste para entender en negocios de govierno del
rey, sino para solos los que tocavan à su aima y quietud , y para
(1) Cette anecdote a quelque ressemblance avec celle du portugais Fran-
cisco Gil, qui vint à Cuacos au mois de juin 1557. (Voy. ci-après la lettre de
l'Empereur à Philippe II, du 8 aoilt 1557.)
(2) Sic.
(3) Sic. Il faudrait : le yvan â visitar, etc.
(25)
danesolo à Dios, ordené su vida y tiempo en esta manera: Cada
dia, por la manana, luego que se abria su aposento, entrava
Inego Janelo à ver y concertar el relox que ténia de assiento en
cima de un bufete, donde quiera que estava; y en saliendo, en-
trava el padre fray Juan Régla, su confessor, à reçar cen él; y
acavado de reçar, entravan los barberosy cirujanos, y hacian lo
qae era menester, conforme à las yudisposiciones que ténia Su
Magestad, juntos con el médico Mathiso. Entretanto los olBciales
davan bueltas por sus olBcios, para que à las diez estuviesse todo
à punto, y comiessen todos los que avian de assistir à la roesa de
Su Magestad, presidiéndoles el gentilhonibre que aquel dia era
de goardia. Entretanto se vestia Su Magestad, y en acavàndose
de vestir, acavavan de corner los officiales, y salian con Su Ma-
gestad à oyr missa, y los que le avian vestido se yvan à corner.
Entretanto qne Su Magestad oya missa, ponian la mesa, y apa-
rejava cada oflBcial lo que era de su officio, para que en acavando
de oyr missa comiesse : el gentilhombre que presidiô en la mesa
de los oflScialeSi assistia con Su Magestad, quando oya missa, y
en todo el dia no se apartava de su vista. Mientras dura va la co-
mida, disputavan el médico Mathiso y Guillelmo Molineo, que
anibos eran sabios y leydos, unas veces de historias, otras de
cosas de la guerra; y acaeciéles una vez, sobre cierta autoridad
de Plinio, tener cada ono dellos el parecer contrario, afirmando
QBO ana cosa, y otro otra sobre el entendimiento délia : para lo
quai mandé Su Magestad llamar al padre fray Juan Régla, y que
truxesse de camino à Plinio, para que déclarasse quien ténia mas
▼erdadera opinion ; y venido el padre fray Juan Régla, sin saver
que opinion ténia uno, ni que otro, fué del parecer y sentencia
del philôsofo Guillelmo : con que Su Magestad quedô muy con-
tento, y le parecié que Guillelmo Molineo ténia mas raçon que
Mathiso. Otras veces mandava al padre fray Juan Régla , quando
comia, que truxesse un sant Bernardo, 6 otro libro bueno, y
sobre mesa le leyesse un poco, hasta que llegasse el sueno, si era
tiempo de dormir, ô la hora del sermon 6 lection , que cada dia
oya » como se dira en el capftulo que se signe.
-ç^l'f .;
i
(24)
4^.
f , Câpitolo XX. — De eoiuo y ttii que reparti* los dtas de U semana,
Para occupar bien el tiempo, y que no se perdiesse ninguno,
ordenô S. M"*^ que los siete dias de la semana se repariiessen desta
maoera : el domingo, niiércoles y viernes, que u^iesse sermon,
y los otros qnatro dias lection de Sagrada Ëscritura. Los sermo-
nes predicava aquel famoso predicador fray Juan de Arcolenis,
professo de Nuestra Senora de Prado de Yalladolid , que después
fué obispo de Ganaria (i), de quien don Luys de Avila, comen-
dador mayor de Alcântara y marqués de Miravel , escrivié à don
Fadrique de Çùniga, su lio y suegro, que avia parecido en Ma-
drid un profeta nuevo, segun ]o bien que predicaya; ayudàTâU
el padre fray Francisco de Villalva, professo de La Mora (3),
que se hall6 en el consilio (5) Tridendno, en compania del arço-
bispo de Granada Guerrero, y después de la muerte del Erope-
dor fué predicador de su hijo el rey don Pbelipe; tambien
ayudàvale (4) en este ministerio otros padres predicadores taa
doctos como santos. La lection de Ëscritura leya cl padre fraj
Bernardino de Salinas, professo deSant Bariolomé, bermano del
doclor Belasco , y doctor graduado por Paris. Lo que leya era
declarar la epistola de san Paulo ad Roinanos, Los sermones y la
lection eran à las très de la tarde, y acudian los religiosos à ello
con sus mantos, y con muy grande compostura y morti6cacioD ,
y Su Mageslad assistia siemprc à los sermones y à la lection con
grande puntualidad, salvo quando le venia algun pliego de su
bijo el rey don Pbelipe, 6 de su hija la princesa dona Juana, de
mucba ymportancia, y entônces mandava que no le aguardassen,
porque estava occupado ; y después el padre fray Juan Régla le
(1) Sic dans le manuscrit, pour Caîiarias.
(2) Sic. C'est Zâmora qu'il faut lire. Voy. le 1. 1", p. 425.
(3) Sic, pour concilio.
(4) Sic, Lisez : ayuddvanle»
(25)
deda en suma lo que se avia predicado é leydo. Coo estes santos
exercicios ténia Su Magestad occupados los sentidos y pensamien*
tos de su aima , y no qneria oyr ni saver otros negocios que le
aporussen de las cosas que convenian â su salvacion , y los de
ras bijos DO le ynquietavan ni apartavan de su santo propôsito ,
porque no eran sino ynstruirlos en lo que les convenia y pedian
eoDscjo, cooio à padre tan prudente y esperimentado.
CinniLO XXI. — De las missas que Su Magestad mandava decir cada dia
en Yuste.
Cada dia se decian en este monasterio quatre missas, por
mandado de Su Magestad : las dos por su padre y madré, el rey
don Phelipe y la reyna dona Juana, à la hora que los sacerdotes
que las tenian encomendadas quisiessen ; la tercera missa era
siempre à las oeho por la Emperatriz, con unos psalmos peni-
tenciales que decia el sacerdote que la ténia à su cargo, los
qoales decia priroero que la missa ; y esta de ordinario oyan sus
criados, por ser hora senalada. La quarta missa era por él, y con
las mismas oraciones que se avian dicbo en la missa, y esta oya
Sa Magestad cada dia, aunque algunas i^eces era algo tarde,
qoando Su Magestad no avia dormido bien. Deciase tambien el
jneres de cada semana una missa cantada del santisimo sacra-
mento, con poco menos solemnidad que la que se dice el dia del
Corpus Christi, con mâcha mùsica. Y à esta assistia, en nombre
de Su Magestad, un gentilhombre llamado Oxier, por no poder
Sa Magestad llevantarse tan de manana. Esta missa manda
deeir oy en dia el rey don Phelipe nuestro senor, con gran
solemnidad, porque esta devocion es propria de la casa de Aus-
tria, y séria possible no aver en su tfempo del Emperador per-
sona que en la devocion deste santisimo sacramento le hiciesse
veotaja. Sin estas cinco missas perpétuas, mandava decir cada
dia otras muchas : unas, porque Dios diesse al rey su hijo salud
y Victoria; otras, porque se la avia dado; otras por reyes y papas,
y por otros cavalleros del Tuson que faUf^^jéron en el tiempo que
(26)
Su Magestad estavo eti Ydste. Finalmente, con ser Untoi los
sacerdotes, estàvamos todos occupados en cstos saerilicios, de
manera que no sabria yo decir si era mayor el cuydado y exe^
cicio que tuvo Su Mageslad, quando reynava, en el uso de lu
armas y en la defensa y amparo de la fee y de la yglesia, andaildo
por diversas lierras y con varies successos , que el que estando
en Yuste ténia, andando postrado por los altares, haciendo
sacriGcios y diciendo missas por lo mismo : y aunque es maj
différente lo uno de lo otro, pero todo era por la gloria y bonn
de Dios, acudiendo à lo segundo, ya que no podia à lo primero
con sus yndisposiciones.
Cafitulo XXII.— Como Su Magestad y todos sus criados comulgaTan
a menudo.
Todas las tiestas principales del Senor y de Noestra Seâora j
Apéstolos, se confessava y coiliulgava Sa Magestad, sin otras
particulares que (i) lenia devocion; y lo niismo hacian sus cria-
dos. Para si ténia por confessor el padre fray Juan Régla, eomo
queda dicho, y para sus criados mandé boscar un religioso
franciscano , de nacion flamenco, que los entendiesse; y à él y à
un coropanero logo que ténia davan seys reaies cada dia;y
esta van en Sant Francisco de Jarandilla, y acudian à su tienipo
à Yuste, adônde el convento les repalava, quando venian. Y
porque Su Magestad no fuesse privado de lo que tanto desseava,
por causa de sus enfermedades y yndisposiciones y Oaqueça,
alcançô un bullelo del papa Julio tercero, para poder comnl-
gar, aunque ubiesse tomado alguna cosa de Comida; el qoal
bulleto no le pongo aqui, por no ser neeessario. Pero, quando
Su Magestad no tuviera otra loa y aprovaciôn , sino la que Sa
Santidad le da en él de defensor de la fee, y obediente à los
decretos y canones de la Yglesia, y caudillo y capitan délia, bas-
(1) Sic dans le MS. L*anteur avait probablement écrit : en qw.
'7 ■
(27)
tm(4)paiii eterna memorin mjB, Raégale tambieD en él, y
ifDonësUle, como padre, que mire por sii saiud, pues es tan
necessaria en la repùblica christiana.
Cinruio XXII 1. — De la fiesta del apôstol sant Mathias , y del jubileo que se
ganava este dia.
Aanque la flesta del santfsimo sacramento ilevaTa la gala k
lodas las demâs , la del apôstol sant Mathia eelebrava Su Mages-
lideon gran festividad, y lo mismo bacian todos sus criados,
por baverle becbo Nuestro Seùor en este dia mucbas y senaladas
iDercedes. Naeiô en este dia ; en este dia se coron6 de emperador
dos veces; en este dia venciô à Francisco rey de Francia sobre
lo8 muros de Pavia con todo su c.ampo, y anzi, por considéra-
don de aver nacido en este dia , se ilamô Su Magestad Carlos
Mathia; y, por la honra y ensaiçamiento y victorias que Dios le
ïïm dado en este dia , célébra va esta fiesta con tanta devocion
y alegria. Confessava y comulgava en este dia Su Magestad, y
satia à ofrecer lantos escudos y uno mas como anos ténia. Sus
criados tambien confessavan y comulgavan este dia , y salian tan
gaianes y tan adereçados, que era muy de veer. Las Flamencas
tambien confessayan y comulgavan este dia, y venian à Yuste
desde Coacos muy adereçadas y compuestas. Avia este dia jubileo
plenisinio, y era tanta la gonte que acudia à ganarle, que no
era possible celebrarse la fiesta, ni andar la procession, stn
grande aprieto de vozes y ruydo; y anzi se di6 érden que fuera
de la yglesia se biciesse un altar, en que se dixesse missa , y se
posiesse un pùlpito para predicar, de manera que avia dos ser-
DDones, uno dentro de la yglesia, y otru fuera. Âveriguése que
desde dentro de Cordova uvo gente que vino à ganar ol jubileo,
queay 47 léguas : tan grande era el concurso de gente que venia
â esta fiesta , la quai se celebrô dos anos en esta casa. Y acaeciô
(1) raatear n^avait-il pas écrit baitara?
il
. « <
.1 .
A
*
(28)
UD quento muy gracioso entre unas labradoras que avian yenidi)
à la fiesla, las quales, como oyéron decir que avia de salir el
Ëmperador & ofrecer tantos escudos, estuviéron aguardandoasta
la ofrenda, con harlo travajo y aprelura de la gente. Y, quando
le viéron salir, y que y va entre Luys Quixada, su mayordomo, y
entre Martin de Gastelbù, su secretario, que le llevavan câsi de
la niano, por sus pocas fuerças y yndisposiciones de gota, y al
cuello llevava la cadena y ynsîgnias del Tuson, de que era e!
maestre, sin otra gala alguna, (1) llegé al altar, y puestode
rodillas , como principe cattôlico que siempre fué, offreciô 8u^
anos, que eran los escudos que ariba dejimos, dando gracias à
Nuestro Senor, porque le avia dado vida hasta alll, y suplicàndole
le biciesse merced de darle vida y salud adelante, para mas ser-
virle, 6 como mas fuesse su voluntad, y esto significava en el
escudo que ofrecia demâs de los afios que ténia; y hecho esto, se
bolviô à su aposento por la puerta donde oya missa, que esta al
ygual de la peana del altar mayor; y bolviendo à mi quento,
como las labradoras le viéron , dijo una companera k otra en alui
voz, que todos lo oyéron y entendiéron : « Hao, Maria, ^ no vces
« y hombre es el Ëmperador aquel es que va entre los otros
» dos, con la cadena de oro al cuello? m Fué tanta la risa que
uvo de los que oyéron el dicbo, que duré buen rato el tornarse à
sossegar la gente. Pudiérase decir destas labradoras lo que dijo
un discreto à otro corto de entendimiento, que lo que faltava al
elefante para ser hombre, le faltava à él para ser bestia. Este
santo jubileo en esta fiesta cessé en esta casa , desde que Sa Ma-
geslad del rey don Phelipe pasô el cuerpo del Ëmperador à Sant
Lorenço el Real , y alli se gana agora , porque Su Santidad le
concedié para donde estuviesse el cuerpo del Ëmperador, maerto
6 bivo.
(1) La conjoncUoQ y paraît planquer ici.
l:
(29)
Gartvm XXIV. — De \o que passé entre el Emperador y tos padres visttadores
de Buestra érden que viniéron â Tisitar este monaslerio do Sant Hierônimo
de Tusic.
Después que nuestro padre gênerai beso las manos à Su iMa-
geslad en Yalladolid , y proveyô en Yuste lo que para su servicio
era menester, segun dél lo avia entendido, bolvidse à Sant Bar-
tolomé el Real de Lupiana, adénde esta de asiento el gênerai. Y»
laoque estava cierto que en Yuste avia todo lo que para el servi-
60 de Su Magestad era menester, con todo esto le pareciô era
bien embiar alla à los padres visitadores générales à besar las
manos en su nombre à Su Magestad, y viessen si faltava algo
pan su servido, y si se guardava la érden que él avia dexado y
mandado en lodo lo tocante à él. Los quales, en llegando al
mooasterio, y ântes que se presentasson, fuéron à besar las manos
â Su Magestad , y à darle quenta de lo à que venian , que era
para proveer en todo lo que uviesse falta en su servicio, y que
Sa Slagestad les mandasse avisar de lo que era menester, que
loego proveerian en elio de remedio. Su Magestad los recibiô con
macho amor, y les agradeciô la venida, y les dixo como él estava
may con lento y bien servido de aquellos padres, sin que ubiesse
ialta alguna; mayormente, que estava enterado del anior y volun-
tad con que todos le servian , y que, quanto à esto, no avia que
proreer; pero que una cosa les pedia de que reciberia mucho
gosto, y era que la limosna que el convento dava à la puerta del
monasterio, se diesse en los lugares comarcanos, donde eran los
pobres que venian à recevirla , por quitar la ocasion que podria
aver de que los moços de sus criados, viendo tan tas moças y
mogeres como alli acudian à la limosna, se distragesen (i). Los
padres visitadores, besàndole las manos, se despidiéron dél, y
(1) Dans le tome I*', p. nx, note 1 , nous avons cité ce mot conune mat
oriliograpbié ; mais c'est dittrajuen qu*it faut lire, et non distrayesen.
/ .
•
■'r
i . -';
rV
(30)
se fuéroD é presentar y à hacer su oiBcio en el convento; y lo
primero que proveyérou fué lo que Su Magestad les mandé. Y,
después que ubiéron acabado su visita» tornàron à pedir licencia
â Su Magestad, para darle raçon de lo que avian hecho y dejavan
ordenado en su servicio, y para yrse. Y, aviéndosela dado Su Ma-
gestad , enlràroB adônde estava , y avîéndole dado quenta de lo
que avian hecho, quanda se querian despedir, le dixéroo :
« Senor, nosotros hemos hecho à lo que venimos, y traUndo
9 dello h^mos hallado dos cargos contra Vuestra Magestad : si
» Vuesira Magestad nos da licencia, decirloshemos. > Respondié
Su Magestad quo se los dixesse en hora buena, porque él hoIfi[aT8
de los oyr. Dixo enlônces uno dellos : a Senor, el primera es,
» segun se dice, que Vuesira Magestad ha oydo decir mal de
» nuestra ôrden, sin bolver por ella, siendo propria de Vnestra
» Magestad y de los reyes de Espana, y nacida y criada en estos
n SUS reynos, y fnndada por los criados mas principales de su
» casa real, los quales fuéron los primeros religiosos délia;
» aunque este cargo no esta tan bien proyado como el segundo:
» y es que Vuestra Magestad manda dar dineros à algunos de
» nuestros religiosos, los quales (si Vuestra Magestad no manda
» otra cosa) seràn bien êastigados por la érden, por averlos
» recevido , porque ella y lodos nosotros no servLmos à Vuestra
» Magestad por ynterés y paga, por estar tambien pagados coq
» la merced tan grande que de Vuestra Magestad recebinios es
9 quererse servir de nosotros. » Oydos los cargos. Su Magestad
se sonrié, y à\%o : « Al primero cargo no ay que responder,
» porque no es anzi : lo que me decian algunos era qoe esta
» casa de Yuste no era tan sana como yo avia menester y pre-
» tendia para mis yndisposiciones; pero he hallado io contrario,
» porque, después que à ella vine, me hallo con mas saliid y
» rauy contento. Al segundo cargo no tengo tan poco que re-
» sponder, porque es verdad que he mandado dar algun dinero;
D pero no ha sido à frayje en particular, ni para si, sino part
» acavar de satisfazer à algunos que hallo devérseles algun dinero
» de la obra destos aposentos que maodé labrar aqui : y anzi
(31)
I ningun re)igio$o tiene calpa, ni es justo la érdeo se la im-
I poDga. » Con este buen término, y con esta buena gracia, se
despidiéron aquellos padres de Su Magestad, diciéndole que que*
ijaTaQ muy satisfechos de los descargos. Y Su Magestad quedé
mu; coDtento y agradecido à nuestro padre gênera) del cuydado
que ténia de su senricio, salud y regalo.
C&nTvvo XXV. — De como Su Magestad comiô un dia en el refectorio de Yuste
con el eonvento.
Por hacemos favor y merced , Su Magestad quiso comer un
dia con nosotros en el refitorio, aunque no ténia manos, ni
dieot«s, ni buenos pies, por eslar ympedido de la gota; y esto
fuéel primero de la pascua del Santo Spirito. Y quiso corner de
lo que de nuestra cozina se le diesse, guizado à nuestro modo,
y que ningun criado le sirviesse sino los religiosos, como à los
demàs. Y, porque no podia entrar por las mesas, le pusiéron
nna mesilla junto à la traviessa; y echada la bendicion, se
assentà en una silla. De quando en quando, llevantava los
ojos al lector, y deviéle de agradar, que mandô se le guardasse
on plato de los que à él le pusiéron. Solo Guillelmo Molineo
estuTo alli trinchàndole, y avisando à los religiosos que servian ,
como y quando avian de traer los servicios. A la puerta del
refectorio estava puesto el aparador para lo que era menester.
Acabada la comida y dada la bendicion , Su Magestad se fué à
sus aposentos, acompanado del padre prior y confesser y de
otros religiosos, alabando lo mucbo y bien adereçado que le
avisn dado à corner. Entônces dixo el padre prior : a Pues otros
> dos senricios se quedâron , por la priesa que Vuestra Magestad
» se diô à acavar de comer. » Respondiô el Ëmperador y dixo :
I Pues no os lo perdono : guârdenseme, aunque cierto que me
■ aveys dado bien de comer , y mucbo. » Agradecia y estimava
mocho Su Magestad qualquier cosa que de casa le dàvamos :
hasta nnas gindas, ô fresas, ô otra qualquier fruta que le em-
biàTamos, las ténia en tanto como si fueran perlas, y mandava
(S2)
86 las guardassen, y que sola una deltas no le fal tasse; y anzi se
hacia. Coq estas cosas que en Su Magestad veiamos de estima
y gratitud, nos era causa bastante, aunque no fuera Duestro
rey y senor, para servirle, amarle y quererle, como en realidad
de verdad le araàvanios y queriamos grandemente, y oy en dia
lloranios el averle perdido tan presto.
CiPiTVLo XXVI. — Del selo qae lenia en que se guardasson las cerimonias de ia
Yglesia.
Era Su Magestad tan zeloso de las cerimonias y mandados de
la Yglesia, que por ninguna ocasion queria que tan sola una se
mudasse ni altérasse. Y esto se echô de veer en que, qnando le
yvan à dar la paz , con miedo de no le offender , no se la daTan
para besarla como él queria ; y acaecié una vez à cierto religioso
que le yva à dar la paz , que se la tomô de las manos , y cou la
boca y con la frente y con los ojos la besô, que parccia que se
la queria meter en el peclio y coraçon. Y olro religioso fué un
domingo à echarle agua bendita , y, con miedo de no le offender,
échoie tan poca que càsi no la sintiô, y ya que se yva, le llamô
Su Magestad y le dixo : « Dad acà, padre, el ysopo ; b y tomàn-
dosele de la mano, echôse él de la agua bendita y harta; y
quando le bolvié el ysopo, le dixo : a Anzi aveys de hacer,
» padre, otra vez, sin miedo. » Quisose tambien haliar pré-
sente à todos los ofBcios divinos, y al dar de la ceniza el miér-
coles de Ceniza; y, para recevirla y verla dar, quiso que se
diesse en el altar mayor à todos, anzi frayles como seglares,
y à todos sus criados; hasta el fregonzillo de su cozina, subie
alla à recevir la ceniza, que, aunque se compuso lo mejor que
pudo , se echô bien de veer el officio que ténia : para que veaa
el cuydado que ténia con sus criados.
r
(35)
Cavitvlo XXVII. — De la asistencta que haria al ofGcio divino.
Todo el tiempo que Su Magestad cstuvo en este monasterio ,
procarô esforçarce, quanto pudo y sus yndisposiciones le davan
lugar, para hallarse à los officios divines, bisperas, complétas,
missas, sermones y lectiones de la Escritura, y en los matines (I)
de la semana santa y à las disciplinas de los religiosos : para lo
quai estava compuesta una tribunilla en el clioro, donde se
entrava à reçar, y alli se estava asta que se acavava el officie
divino, y luego le acompanavan el padre prier y el confessor
y otros padres ancianos hasta su aposento.
CirtTVLo XXVIII. — Del mandado que mandava hacer el juevcs santo , y de la
adoracion de la cruz cl biernes.
Por no tener Su Magestad fuerças para hacer el mandado y
lavar los pies à los pobres . como lo solia hacer quando las ténia ,
lo encomendnva al padre fray Juan Régla, su confessor, el quai
los lava^a à trece pobres , asisliendo à este acto todo el conyento.
Dâvanles de corner, y su pano para vestirse, y dineros en li-
mosna, y con esto se y van con Dios. Exemple es este que
nnestro maestre Jesu Christo dexô à los reyes y prelados, para
que ellos hagan otro tanto, y anzi lo hacen los reyes de Espana
con grande humildad y largeza. El biernes santo baxava Su
Magestad del Ëmperador à la capilla mayor, à la adoracion de la
cruz, y esperava à que los religiosos la adorassen todos, asta el
ultime nevicio, y luego yva él medio(2), arrastrando por los
mismes passes que los religiosos. Yerdad es que dos gentiles-
borobres suyes le ayudavan à postrarse y à llevantarse, porque
de otra manera ne era possible menearse. Y desta manera ado-
(1) Sic, au lieu de maitines,
(3) Medio, pour en medio,
TOMB II.
(34)
raya la cniz con boca, ojos, frente y cabeça, besando lo6 pies
del cruciflxo , que parecia que no se queria apartar de alli , tanta
era su devocion : con que todos quedavan muy edificados; y
luego Iras él yran todos los demàs criados de su casa , estaado
à la vista Su Magestad de como lo hacian.
Cavitum XXIX. — Del gran respeto y â«voeioii que Su MagesUd taaia al
santisioio sacramento.
Fixé el emperador don Carlos, nuestro senor, una de las
personas mas devotas del santisimo sacramento de sa tiempo,
y aun por ventura ninguno mas que él : lo quai se yiô eu los
actes que hiço en su servicio. Todos los jueves del ano, como
queda dicho, celebrava la fiesta del Corpus ChrisH; éralede
grandisinio regalo y gusto el recevir à este Senor , quando co-
mulgava : y anzi, con aver comulgado un dia àntes que reci-
biesse la extremaunction , quiso comulgar otra yez, después de
averla recevido, àntes que espirasse. Por defensa de la fee j
desle misterio, tuvo guerra y guerras contra los luteranos y
herejes, y con su favor los venciô y prendiô los principales
dellos. Por eso no quiso corner , un dia , basta veer colgado y
muerto un hereje luterano que avia hurtado una caxa con d
santisimo sacramento ; al quai, con ser la persona de masympor-
tancia que traya en la guerra , porque era muy gran artillero,
no le quiso perdonar , porque no tomasen otros alrevimiento de
hacer cosa semejante. Dicese que, yendo Su Magestad una yez
por la plaça de Valladolid, topé con el santisimo sacramento, y
apeàndose, bincôse de rodillas, en mltad del lodo, sobre la
gorra que llevaya : por la graude devocion y respeto que tuvo,
no le diô lugar â buscar lugar mas limpio. No se que mas se
pueda decir deste cattôlico y christianisimo Emperador, cerca
de la veneracion del cuerpo del Senor, sino que todo su des-
seo era de estar con él y cerca dél. Y anzi mandé Su Magestad
que en su muerte fuesse enlerrado su cuerpo debaxo del altar
mayor deste monasterio, de suerte que el sacerdote, quando
(35)
dixesse mUsa , pusiesse sus pies en cima de su pecho y caveça,
coiDO se verà en su testa mento, y se dira adelaote en su en-
tierro. Y, quando fué llevado y trasladado à Sant Lorenzo, le
depositàron debaxo del santisimo sacramento; y agora tambien
loestà, y estarâ asta el dia del yuizio, debaxo dd santisioio
sacram^to, en la capilla mayor de Saot Lorenzo el Real, j 0
bien aventurado Eniperadoi;, que, aun en este mundo, te quiso
Oios pagar la honra y respeto que le tUYÎsle, pues te tiene
junto & si !
Capituio XXX. — Del regocijo que se hiço en Yuste el dia que se eumpliô un ano
que el Bmperador entré en él.
Cnmplido on ano que Se Magestad entrara en Yuste, pare-
ci6le al maestro de noYÎeios, por YÎa de gracia y entretenimiento,
decir al cavallero Moron, criado de Su Magestad : « Senor Moron ,
n diga Vuestra Mereed à Su Ma^estad que adyierta que se vaya {i )
• cumpliendo el ano de su provaeion y noviciado, y que mire en
» ello no se cumpla y se quedo (2) por professo , porque, aunque
» se quîera yr después, no le dexarâ el convento, porque des-
p pues no se quexe; que yo con esto eumplo eon mi officio de
» maestro de noyicios. » El buen Moron ni quité ni pus», sino
tase loego al Emperador, como si en ello le fuere la vida, y
dicele : « Monsieur, esto y esto me ha diebo el maestro de novi-
» eios, y no se lo que es, ni yo lo entiendo : Vuestra Magestad
» mire eoâllo. » £1 Emperador, oydo esto, aunque estaya bien
apretailo de la gota, recibîé mucho gusto, y se ri6 del cuydado
del maestro, y de la priesa que Moron traya y tuYo en decirlo,
que càsî no aeertava à pronunciar, como bombre esirangero, y
(1) Il faut lire : va yfi. Nous reIe?ons cette minutie et plusieurs autres,
fMNir servir de preures à Tappui de ce que nous ayons afancé dans la préface
dn tome l*', touchant Fécriture du manuscrit
(S) SiCf ao lieu de qu€d€.
(36)
que savia poco de hacer profession , ni quando ni como se hace.
Mandôle Su Magestad que bolviesse al maestro de novicios , y le
dixesse lo que sentia dél el convento, y de su noviclado, y si le
parecia le admitirian y recibirian à la profession , porque, quanto
era de su parte, él estava contento y se dava por professo, y por
pasado el ano del noviciado , aunque no estava cumplido. Todo
esto dixo Moron al padre maestro de novicios, y respondiô el maes-
tro, y dixo : « Senor Moron, i con tat novicio quien no se conten-
D tara? Yo y todos lo estâmes muy mucho de su honeslidad y
» religion, y de todas las demàs partes, que para esto nos con-
» vienen. » Luego fué el buen Moron à Su Magestad con la
respuesta , y mandé Su Magestad Uamar al padre confessor, y
preguntôle : « Decidme, ^que se suele bacer entre los frayles,
» quando alguno novicio hace profession en vuestra érden? >
Respondiôle el padre fray Juan Régla, sin saver porque lo pre-
guntava, y dixole : « Senor, becba la provanza del linaje del
j> novicio, y examinado muy bien si tiene alguna falta de Moro
» 6 yudio, con otras diligencias que cerca desto se hacen en
> nuestra érden, y hallàndose tal, conciértase el dia de la pro-
» fession, y, hecha aquel dia, el prier da ôrden que aya mucho
j» contento entre los religiosos, mandàndoles dar algo mas à
m corner que los otras dias , y vanse al campo ô à la huerta , y
» llevan al recien professe consigo, y alguna colacion. Sin esto,
» que es lo menosde la fiesta, ay procession y sermon, donde
» suele el prelado declararle que es lo que hace y ha becho en
» bacer la profession. » Oydo esto, dixo Su Magestad : a Pues
» quiero que el dia de Sant Blas, que viene presto, en que cum-
» plo un ano que entré en este monasterio , se diga una mîssa
» de graiiarum actionct y aya procession, con Te Deum lauda-
» mus y estas y estas oraciones, y aya sermon, y se dé de corner
» al convento , y después à la larde salgan todos al campo, pues,
p desde que yo estoy con elles, no ban salido, y Uévenles alla
» colacion : y declldes de mi parte que se huelguen mucho. » Y
anzi se hiço y cumpliô lodo como Su Magestad mandô. Los Fla-
mencos se vistiéron aquel dia muy galanes, y las Flamencas que
.'^r. r-m^^S
■* .J^
(37)
estaTan en Coacos TÎniéron aquel dia â Yuste miiy de fiesta,
diciendo que venian à la profession de Su Magestad; y los luga-
res de la vera sirviéron à Su Magestad con un buen présente de
perdîzes, gallinas y cabritos para la dicha fiesta y profession,
eomo elles decîan : porque , como se supo lo que Su Magestad
roandava hacer, y que se curoplia el ano que entrara en Yuste,
creyéron lo que queda dicho de la profession. Pero no fué anzi
que, en realidad de verdad, Su Magestad la hiciesse, sino que,
como gran cortesano que era , quiso hacer aquella demonstracion
del contento que ténia, y festejar el dia que avia entradÀ en
Yuste, y regalar à los religiosos : pero con todo eso no ay duda ,
sino que en esta fiestâ haria actos de mucha consideracion , pues
te celebrava por él , y debaxo del titulo de su profession y fray-
lia, y que tendria harlo dolor de no se poder hallar personal-
mente en ella y en la procession y sermon, por estar en la cama
agravado de su gota. Pasada esta fiesta, se hiço un Hbro nuevo,
para poner en él las professiones de los religiosos , como se usa
en la ôrden , y en el principio dél se puso esta fiesta de la pro-
fession de Su Magestad, para eterna rnemoria deste esclarescido
monarca y poderoso rey, para que los demàs religiosos que de
aqoi adelante vinieren , se precien de que sus nombres y pro-
fessiones esten con la deste principe, como él se preciéy tuvo
por bien de estar con nosotros y en nueslra compania, con cuyo
exemplo bamos aproveehando de bien en mejor , de suerte que
alcancemos la gloria de la quai creo que est goçando, por el
exemplo que nos diô , y por el acto tan herôico como hiço.
Ckrmu> XXXI. — De los senores y personas que sirviéron y regalâron k Su
Magestad! en Yuste.
Alganos senores deste reyno y personas principales tuviéron
mncho cuydado de servir y regalar à Su Magestad al tiempo
que estuTo en este monasterio. Y uno dellos, y el primero, fué
don Juan Siiiceo, arçobispo de Toledo, que le enbi6, luego que
llegô à Jarandilla, un gran présente de cosas de caça, conejos.
(38)
cabritos, perniles. Siryiôle tambien, y mas veces, don fray Fran-
cisco de Benayides, obispo de Mondonedo, y despoés faé de
Segoyia, y se dice muri6 electo de Jaen, prior que avia sido de
Guadalupe, y hijo professo de aquella casa. Sirvîôle tambien, y
mas de ordinario, don Gaspar de Çùniga y Avellaneda, obispo
de Segovia , y que muriô arçobispo de Seviila. Sirvîôle don Gon-
zalo Mexia , obispo de Salamanca. Regalôle tatnbieo el conde de
Oropeza, don Fernando de Tolcdo, y sobre todos, y eàsi cada
dia, el convento y prior de Guadalupe, el quai cada semana le
emblava un carnero criado â pan, y cada quinze dias una ter-
nera, y asta las gindas y otras frutas, quando faltavan en la
vera : fué muy grande el contenfo que Su Magestad tuvo del
regalo que se le hiço de aquetia santa casa. Tambien le embiô el
prior un officiai , para que le côrtasse un çamarro y unos guan-
tes, con espreso mandado que noYemasse ninguna cosa que Su
Magestad le diesse, so pena de su yndignacion, y que le despi-
diria de su casa : y anzi lo biço , que, atinque Su Magestad le
mandé dar cien ducados, no los tomô. Por lo quai estava Sa
Magestad tan agradecido al prior y aquella casa, que no podia
ser mas , estimando en mas el cuydado y volUDtad con que le
servian que lo que le embiavan; y anzi, dos veces que vîno à
Yuste el padre prior à visitar à Su Magestad , le mandô dar de
corner mas de doce dias, aunque comia en el refetorio cod noso-
tros, y los negocios que quiso Su Magestad embiar al capilulo
gênerai de nuestra érden , los embiô con él. Tambiien sirviô y
regalô à Su Magestad la reyna dona Gathalina, su\hermana>
desde Portugal, embiàndole cada quinze dias un ho(mbre con
una azémila cargada de regalos. Sirvîôle Yuste, y nues^ra ôrden
toda, con grande voluntad y puntualidad, porque, dexad^ aparté
la obligacion natural que como à nuestro rey le teniamios, \e
amàvamos entrailablemente como si fuera nuestro padre
prio, por su santidad y por cl grnn agradecimiento que mosli^va
en qualquier nineria que del convento se le enbiava, aunqu^DO
fuei^e sino una cestilla de gindas garrafales ; y aunque Su Ma-
gestad no tuvo con que gratifiear à los que le servian y regafli-
r
l
«•:
®
(39)
nn, fo hijo , qoando tino de Flandes, se lo gratificé à nnos,
mejeràndolos en obispados, y en otros en négocies j cosas que
se les offreeiéron.
Citmu) XKXII. — De como hiciéron sarer k Su M&gestad que ya no era
emperador.
Qoando llegô el tiempo en que se jnntàron los electores del
Tfflperio , y le proveyéron en el rey de Ronjanos don Fernando,
hermano de Su Magestad, fué à Su Magestad avisado de como
][i estaya cumplida su voluntad, y que su hermano estava coro-
nado por emperador. Y luego que lo supo, Su Magestad mandé
llamar à su confesser fray Juan Régla, y hiço dos cosas dignas
de grande memoria : la ona fué que mandù quitar de las plega-
lias que se dicen en la oracion de la missa, su nombre de empe-
rador, y que pusiessen el de su hermano don Fernando, diciendo :
c A mi bien me basta y me sobra que me nombren mi nombre
• de Carlos , pues ya no soy nada ; » y la otra fué mandar sus
criados à juntarse , y haceries leer la caria que desto avia venido,
y leyda , decirles : « A ya, no soy nada. » Y fué tanto el pasmo
jpeoa que recibiéron de oyrio, que quedàron como mudos, sin
poder responderle ni hablar palabra; y muchos dellos, no pu-
diendo suffrir la congoja y pena que ayian recevido, se saliéron
del aposento , Uorando. Y lo mismo acaeclé à nosotros los reli-
gioios, estando en la missa mayor, el dia que se quité su nom- |
bre en la oracion de la missa. En lo quai se echô de veer quien
era Carlos Màximo, noestro senor, porqne aqui descubrié su
pecbo con un ian fuerte acte de humildad, y confirmé y aprové
todo lo hecho, y el averlo dexado todo por Dios : que fué un
becho y acto heréyco , para elerna memoria de los que después
de DOS Tivieren. Y, en confirmacion deste aclo de humildad,
qoiero referir otro que succedié ; y fué que en el lugar de Coacos
se crié un tiesto de diverses clayeles y de diverses colores por
estremo Hndo, el quai le truxéron à Su Magestad, por darle
gnsto y contente; y, por mas hermosearle, le hiço su jardinero
(40)
un muy polido encanado, con las ynsignias del sacro ymperio;
y pucsto desta manera , pusiéronsele en su aposento. Y, conno le
VÎ6 tan lindo y tan compuesto, con tantas coronas, mandéle
luego sacar de su aposento, para que se las quitassen , diciendo
à sus criados : « Mirad , que otras dexamos mas ricas que esas ,
» y no nos ha pesado dello. » Sacàronle fuera y quilàron las
eoronas, y tornâron à meter el tiesto en su aposento; y, como le
vidé tan lindo y tan hermoso, comiençô à alavar à Dios que tan
hermosa cosa avia criado. Tanpoeo consintiô que, en la obra dd
quarto y aposento que mandé hacer en Yuste, se pusiesen sas
armas ni escudos, ni oy en dia los ay : que fué otro exemple de
humildad.
CiriTVLo XXXIII. — De como Sa Magestad mandô hacer las honras de sus padres,
y las suyas, y las de la Emperalrix, su inuy cara muger, en Yusle (l).
CiviTULo XXXIV. — De como Su Magestad confessô y comulgô otro dia que rayô
malo , y hiço un codicillo en que mando repartir muchat limosnas.
Luego que à Su Magestad llevàron à la cama, se confessé, y otro
dia comuigé, pidiendo para quando fuese menester la extrema-
uncion, como cattélieo principe; y juntamente començé à tratar
de hacer un codicillo, para anadirle al lestamento que havia
hecbo àntes que viniesse à Yuste. Y, porque no convenia llamar
escrivano de los lugares de al rededor de Yuste que le hiciesse«
fué necessario embiar à la princesa dona Joana , para que criasse
y nombrasse por escrito à Martin de GastelbA , con aprovacion
de lo que ténia escrito en el dicho codicillo. Y fué tanta la pena
que la princesa recibié, quando supo de la enfermedad de su
padre, que no pudo despachar el mensajero como qnisiera : en
(1) Ce chapitre a été inséré tout entier dans le tome P', p. Lxxxrni.
r
^
r • - »-■
(41 )
fin nombrû al cUcho Martin de Gastelbû , y, venido el poder y
nombHimienIo , se acabô de hacer todo lo que faltava. Y nombrô
Sa Hagestad por teslamentarios, eon les demàs que ténia nom-
brades en el testamento, al padre fray Juan Régla, y à Luys
Qohada, y a Marlin de Gastelbù. Lo que en él mandé , y todos
lo suplmos, sin otras cosas que no se entendiéron, fué mandar
mncbas limosnas en los pueblos comarcanos, como se avian
dado quando TÎno à Yuste, y de todos elles el mas mejorado fué
Coaoos, que le cupiéron del repartimiento 440 mil maravedis,
7 los 70 rail se empleàron en trigo para depésito de los pobres,
de que oy en dia le goçan.
Cantitlo XXXY. — Del cnydado y diligencia que el padre fray Juan Régla y Luys
Quixada puBÎéroii en la enfermedad de Su Magestad.
Siempre Luys Qnixada sinrié â Su Magestad eon gran cny-
dado; pero partîcularmente lemostré en la enfermedad de Su
Magestad. Y anzf , aunque Su Magestad ténia por médico al doc-
lor Mathiso, al quai avia traydo de Flandes, eon todo eso no se
tatisfiço Luys Quixada , sino que embié à la princesa dona Juana
à que le embiasse al doctor Cornelio, médico de la reyna Maria,
que residia en Cigales , y que ântes avia servido à Su Magestad.
Lu^o que la princesa supo que la enfermedad de su padre yva
tan adelante, le pidié & la reyna Maria, y anibas le embiàron.
Llegado à Yuste, el doctor Cornelio se ynformé de Mathiso de
la enfermedad de Su Magestad , y de los remédies que le havia
hecho y apHcado, y bien informado, entré â veer à Su Magestad :
eon quien Su Magestad recibié contente, por saber de su hermana
y de su hija, y enténces dixole el doctor Cornelio : « Senor,
• yo he savido del doctor Mathiso de la enfermedad de Yuestra
» Magestad, y lo que él haordenado cerca délia, y hallamos que
» no es nada, y que (placiendo â Dios) Yuestra Magestad ten-
» drà salud muy presto, como todos la desseamos. Lo que fuere
> en nosotrosy de nuestra profession, lo harémos eon mucha
» pontualidad. » Con este se allègre Su Magestad un poco, aun-
^.
(42)
que la calientura yva tomando fiierças cada bon mas. Y eon esto
el padre fray Juan Régla andava de frayle en frayle, aoliicitàn-
dolos à todos para que hieieasen oraciones particolares , oon
gran cuydado, fuera de las que eonventualmente se hacian,
porque Nuestro Senor nn nos privasse de tanio bien eomo tenia-
mos en Su Magestad. El buen confesser hacîa su dever, y les
frayies el suyo, porque para eslo no era menester sollicitarlos
tanto. Viendo pues Su Mageslad que los remedios de los médicos
aproyechavan poco , acudié à Dios , y tom6se à confessar y co-
mulgar, y à pedir el sacramento de la extremauncion , para
qoando fuesse menester, eomo principe cattôlico. El padre fray
Juan Régla no asosegava, que no hacia sino acudir à los frayies
y al prior, para que encomendassen à Dios à Su Magestad, y à
los médicos , para saver lo que sentian de la enfermedad : y , coa
lo uno y con lo olro, entrava à conforlar Su Magestad, y era
grande el cuydado que en esto traya. Y, quando entendiô que
era tiempo de darle la extremauncion, junte de presto al padre
prior y à los padres predicadores, que cran très, y oon otros
religiosos llevô el sacramento de la extremauncion. Y entraodo
Lfiiys Quixada delante, dixo al César : « Vuestra Magestad ha
» pedido el sacramento de la extremauncion por veces; si es
» servido, traérseha, pues Vuestra Magestad tiene salud y
» buen juicio, para recevirle agora y goçar dél. » Respondi6 el
César : « Si, y sea luego. j> Entônces, cortida (1) la cortina de la
cama, llegàron aquellos padres , y se la diéron : con que Su Ma-
gestad quedé muy consolado y contento, por aver recevido todos
los sacramentos. Y, no obstante esto, otro dia se confessé y
comulgé de nuevo, porque el uso y exercicio destos santos
sacramentos le fuéron siempre de gran consuelo. La extrema-
uncion se le diô lunes 19 de setiembre; el tornar à confessar y
comulgar fué martes 20 de setiembre, y el miércoles 21 expiré.
(!) Sic. Il faut lire : corrida.
(43)
CiTtiELD XXXTI. - Ds toaa cl arçobif po de TaUdo Can-ancu se hallo en la
tnun'la da Sa Hijealtd son olrot canikrei.
El arçobispo de Toledo, don fray Barlolomé de CarranM,
fhyle domlnico, vino de Flandes, donde el rey don Pbelîpe
nnertro seAor quedava . y aœrtd à venir à lieropo que Sn Hages-
ud cflava yndispuesto , un dis àntes que rouriesse. Lue|ço como
llegd, y Su Magettad lo supo. le di A licencia para queeotraue,
y, despuée de aver aebido algunaa cosan, ami en conmo y de la
salod de su hijo , le diio que no estava para nefocioa. Y anii se
taé k corner à ( JMCos, aunque en Ynste el padre prior le ofrecîA
la caia; pero no la aret6, por iraer mucha gente alli. A Us
qnalro delà larde, t>olvi6 à Yuste el arçobispo, y.aDoquelle^
â la antecémera de Su Hafealad, no enlr6 donde esiava Su
MafEestad, porqae no le dià lieencia para ello Su MaKestad. El
arçobispo deaeaTa entrar, y, como le eiupediao la entrait», pienaé
que su Gonfessor era lacausa. Ent^ncesentrôdon Liiys de Avila,
comendador niayor de Alcàntara , que vino con el arçobispo, par
si. y LuysQuitada por ai, y el condedeOropesa, don Fernando
de Toledo, por M, à pedir licencia para que entrasse el arço-
bispo :& lus qualet no respondi6 palabra Su Ha(;esUd, dando
de caveça que no queria. Y como sospechavan , como diie, que
la cauM de no entrar el arçobispo era cl padre confesaor. diiole
LaysQuixada al padre conl'pssor: a IMt^aselo V. P., porquepîen>
jt aan qae V. V. lo eslorva. > El padre Tray Juan Régla le re-
spondiô : ■ Plogiiiera i Jlios, seâor Luya Quixada, que todos lot
■ prelados de Espana se hallaran aqui presenLes, que fuera para
■ ml rnuygranconlenloiperoenliendoquenoguslaSuMageslad
> dello, y anales raçondarlecontento.niayormenteen el punto
■ que agora esU. ■ Y, como creciô el murmurio de que el padre
confessor lo estervava, él mismo se ofreciô , débute (tel comen-
dador mayor y de Luys Quixada, de suplicar à Su Magestad
diesse licencia para entrar el arçobispo, como se lo suplicâ. Y
Sa Magestad no respondiô palabra , sino mira de hîto en hito al
( 44)
padre confessor, con el rosiro algo turbado, que faé como si
dixera : cr ; Y vos tambien ! i» De lo quai quedàron todos salis-
fechos que no era la causa el padre confessor de no dar audien-
cia Su Magestad al arçobispo , sino no quercr Su Magestad en
aquel punto iratar de otras cosas mas que de las que tocavan à
su aima. Después de algun espacio, como se entendiô que Su
Magestad se yva por la posta acercando à la muerte , sin pedir
licencia se entré el arçobispo, con todos los senores que con él
avian venido, al aposento donde estava Su Magestad. Yel arço-
bispo, entre otras cosas que alli hablô, dixo à Su Magestad :
ff Senor, ya es hecbo, » y comiençô à declarar el psalmo de Pro-
fundis: y acavado, se saliéron todos fuera, quedândose solo el
padre confessor con Su Magestad , al quai dixo Su Magestad :
« ^ No Tistes como dixo el arçobispo : Ya es heeho? b Quando el
arçobispo se salie, encoroendô à un religioso nuestro, que estava
alli, que le llamasse quando entendiesse que fuesse hora, porque
se queria hallar présente al espirar de Su Magestad. Y con esto
fué adentro del convento; y Uegada la hora que al religioso le
pareciô conveniente, segun lo que entendiô de los médicos, que
séria como las doce de la noche, fué el religioso à avisar al arço-
bispo, y â los demàs senores que con él estavan , los quales acn-
diéron luego todos. Y ya Su Magestad estava en agonia ; y el
arçobispo encomençé à confortar à Su Magestad; y, como ténia
la voz algo pesada , â poco espacio le dixo Luys Quixada que
bablasse passo , que se angustiava Su Magestad : por lo quai se
apartiô de alli el arçobispo â un rincon del aposento con aquellos
senores, quedàndose con Su Magestad el amoroso predicadorde
Su Magestad, el padre fray Francisco de Villalva, con otros relî-
giosos de la érden. Y con su vocecita tan suave que ténia, le
comiençô «^hablar desta manera : a ; Alégrase (1) Yuestra Mages-
» tad muy mucho, que dia es oy del apostol sant Matheo ! Mathia
(f) Sic. Il faut lire ; yiïégrese^
(45)
> apéslol era qaando Vuestra Magestad entré en el mnndo;
> Matheo es oy quando sale dél : ambos apéstblos, y ambos her-
I manos, y ambos câsi de un nombre, y ambos discipulos de
> Jesu Christo; con laies avogados no ay que temer; esfuércese
> Vuestra Magestad, y Ilevante su coraçon al cielo; espère en
s el Senor muy Alto , que él le darà su glorîa , por quien es! b
con olras palabras blandas y amorosas y muy tiernas , como él
las sabîa decir, las quales hacian gran effêto en Su Magestad ,
segun se veya en su semblante. Entretanto estava el médico
Mathiso à los pies de la cama, considerando los pnntos de la
pnfermedad con gran cuydado, y el aima de] César alborotada
andava buscando por donde salir, y con la gran congoja que
Sa Magestad ténia , diô un gemido , y dixo : a Ay. » Enténces el
sabio médico alzé la voz y dixô : Jam nioritur, à la quai voz
acudiéron todos, y puesta una vela en una mano, y en la otra
ana cruz, estuvo Su Magestad agonizando con todo su juizio ,
asta que quiso dar la ûllima boqueada, y dixo : Jésus! que todos
lo oyéron ; y luego espiré, siendo las dos y média de la noche
pantualmente, y se acabavan en el choro los matines del apôstol.
Hallàronse présentes en esta hora , sin el arçobispo y los cava*
Héros que con él estavan , el padre prior de Yuste, y el padre con-
fessor, y los très predicadores , y otros religiosos que estavan
re^ndo , y encomendàndole à Dios.
CArtTOi.0 XXXVII. — De una brève consîderacion sobre la oiaerle de
Su Magestad.
Si Carlos, famoso y dicboso emperador, rey y nuestro senor,
qtie oy saliô de entre nosotros, pudiera venir à relaiarnos el
bien y descanso que le vino de aver dexado el sigio y quanto
en él ténia, para morir, comomuriô, con tanlo sossiego y quie-
tad, ayudado de nosotros en trance tan peligroso y de temer,
no foera menester filosofar agora sobre ello. Pero , pues al César
DO es possible respondernos, pregunto yo al mas discrète y sabio
del mando, que son las cosas que à Su Magestad le fueran alla
(46)
en el mundo mas favorables para esta hora y agonia de la muerle:
los hijos, los reyoos, el ymperio, las riquezas, la descendeocia
de reyes y emperadores , la antigua nobleça y prosapia, y sus
hechos heréycos. No creo yo, sio duda, que abrà hombre de juizio
sano y de valor, que no eche de veer y afirme que todo lo ya
dicho le fuera de ympedimeoto, au tes quç de provecho, para esta
hora y punto tan peligroso como es la muerte, porque ^que pro-
vecho le pudieran traer los hijusen aquella hora, aunque fueran
reyes poderosos, sino Uorarle, como lo hacen todos? con que
el César afloiiara , por amor de Dios , por ventura con la ternura
que sintiera en veerlos affligidos; pues los reynos y el imperio eon
todo lo demâs, ^que faute (I) le iruxeran para aquella partida,
adônde no se conoscen los reyes ni emperadores,. sino los vir-
tuoses y que obrâron bien? Valiéle pues mucbo, y mas que dîa-
guno piensa, el aver dexado con tiempo quanto posseya y amava,
y el averse retirado y dado con todo al iraste, para darse solo à
Dios, y aparejarse para morir como murîô, biviendo como bivié:
y anzi se puede muy bien conjecturar que goza de Dios en su
gloria, como se podrâ veer por las cosas que succediéron la
noche queespîrô, y algiinas ântes.
/
CinTin.0 XXXVlll. — D« algunat senales que uto y apareciéron en la eofermedad
y muerle del Emperador.
Las verdaderas senales del christiano son las obras que venios
y sabemos que hace, y estas son las que dél ante de Dios valen
algo, mediante su favor y gracia; tambien consuelan à los que
acà quedamos; otras que acuden en su abooo, como son el buen
nombre que uno dexa de persona virtuosa, honesta, charitativa«
amigo de lo bueno y de los buenos : con que el Senor da mues-
tras de lo que Su Âlta Magestad hace alla en el cielo con el
(I) S te y probablement pour /aufto.
r
(«)
difnDto; las quales, aunque do sean cosas tan cîerias ni de fee
que Bos coQveDçan à creerlas, perp son cosas que nos confortan,
j animao à sentir bien del tal difunto de quien se dicen.
Y anzi, para decir algo de lo que uvo en ia muerle del Einpe-
rador, quiero començar de la cometa que apareciô en el cielo ,
àoles de su muerte, por espacio de un mes, la quai apareciô
sobre esta, casa y sitio, y amenaçava à ella. Venia del Poniente,
y se Uegava algo al Septentrion, y, diez dias àntes que muriesse
Su Magestad, no se meneô de en cima de Yuste. Y en toda esta
provincia do se tratava otra cosa , sino que significaria aquella
cometa. Y muerto el Emperador, se enlendié mas daro, pues
Ine^o desapareciô, sin verse mas. Tambien apareciô otro éclipse
grande, quando muriô la Emperatriz en TQiedo, el ano de i 539,
que causé mucha turbacion. Otra cometa apareciô de mayor
espanto, quando el rey don Sébastian de Portugal muriô en
Âfrica, con la nobleça de su reyno, ano de 1578. Anzi que estas
senales son de muertes de sonores y grandes principes, ô de
cosas notables que Dios INuestro Senor quiere queacaezcan, para
que se enlienda que el reynar, y el dexar los reynos , todo viene
de su mano, y él los da y los quita, quando à él le place, por ser
soyos , de maoera que podemos decir que eslo quiso significar
la senal de la cometa que apareciô en el cielo en la muerte del
Emperador.
Otra senal uvo en la tierra, esta misma noche que muriô
Su Magestad, y fué muy extraordinaria y de mucha considéra-
cion. Âcaeciô pues que, en lo alto del aposento de Su Magestad,
estavan, y aun estân« unos horteçuelos de escogidas flores, y
entre ellas una rayz de açucenas, de la quai rayz naciéron y
saliéroD dos ramos, los quales fuéron creciendo ygualmente,
basta Uegar a lo alto que su naturuleza les promete : y el uno
delloSy como obediente à clla, rebentô y pariô una flor blanca
y olorosa por Corpus Chrisli , que es el tiempo y saçon en que,
en esta tierra de la vera, coumnmente dan sus flores las açuce-
nas; y el otro mastitilio ô ponipoUo se quedô y no reventô, ni
diô su flor, como bavia becho su companero, el quai, acavado
(48)
SU officio y de dar su flor, se seco , quedândose el companero con
sus botones verdes. ; Cada uno mire las obras del muy Âlto , y
sus grandes maravillas, que querrà ser que, de dos ramos de
nna planta, el uno haga su officio , y dé su flor à su tiempo, y
que el otro no la dé, sino que la guarde quatro meses después,
para dar en la noche que este gran principe muriesse ! No se
que me diga, ni que me piense, sino que fué cosa milngrosa,
ordenada por Dios, Nuestro Senor, para gloria de Su AltaMages-
tad y honra de su siervo Carlos V. Anzi passé, y lo vimos todos,
y, para confirmacion desta maravilla, la mandé el senor arço-
bispo de Toledo poner en el tcIo negro que esta junto al santi-
simo sacramento del altar, para que quedasse en memoria para
siempre. La rayz donde esta flor salie persévéré en el jardin
muchos anos, y la venian à veer muchas gentes : la quai estava
en la esquina del Pano, donde esta oy en dia el relox que hiço
Janelo, pegada a la ventana derecha del antecàmera de Su Mages-
tad. Tùvose por buena seilal esta de la salvacion de Su Magestad.
La tercera cosa que en la rauerte del César se vie, fué que, otro
dia después que Su Magestad murié , y aun se estava en el tùmulo
en la capilla mayor del nionasterio, donde se le celebravan les
officios de las obsequias , entretanto que se aparejava el entierro
en el altar mayor adénde le depositâron, aparecié y se vie sobre la
cruz del tejado de la dicha capilla mayor una pàxara, del tamaùo
y grandor de una gran pava , la quai dos noches arreo dié gritos
y graznidos : y de la una yo son testigo de vista, y otros muchos
religiosos , que me Ilamàron para que la viesse ; y un religioso
fidedigno me dixo que, cl dia de Sant Lucas adelante, después
que el Emperador murié, por dos veces oyé los mîsmos gritos y
graznidos de la misma pàxara, sobre la misma capilla mayor
donde el Cé^ar estava enterrado, y fué la misma noche que la
reyna Maria su hermana murié en Cigales, junto à Valladolid.
Este he dicho, por hacer fee de lo que enténces passé y vi : que
fué cosa muy notable. Y, echando el prudente lector estas cosas
à la mejor parte, podrâ créer piadosamente que el cielo, con
enbiar la cometa, y el ayre la pàxara, y la tierra la flor, hîciéron
Ji
(49)
sentimiento, ordenândolo Dios en la inuerte de un principe tan
cathélico, christinno y religîoso como Su Magestad fué, tan
aroparador y defensor de la fee y de la yglesia cathélica, porque
«tas cosas no succeden ni vienen à caso, mayorineote tantas
joDtas, sino que Dios las embia, permlle y quiere para gloria
saya y honra de sus fieles siervos y santos.
CimvLo XXXIX. — De como y luego que espirû Sn Magestnd , fuôron senalados
quatre religîosos que belassen su caerpo , y le guardnBscn.
En acavando deespirar el César, se fuéron à sus aposenlos
el arçobispo de Toledo , y los demâs cavalleros y senores que
alli se ballâron à su inuerte, à escrevir al rey nuestro senor, à
Flandes, y à la princesa dona Juana , à Valladolid, lo que avia
pasado en la enfermcdad y muerte de Su Magestad; y quedàron
en guardia del cuerpo quatro religiosos, y yo fui uno dellos,
y estnyimos guardândole hnsia las doce horas del dia, que los
barberos y cirujanos de Su Magestad cntrâron, y nos dixéron
qoe nos fuesseinos , porque le querian componer , para sacarle
al tùmulo que en la yglesia se avia hecho aquella manana. En
lodo este tiempo, entrâron muchas veces los dichos barberos y
cimjanos à veer si estava muerto ô bivo, poniendo el oydo sobre
sn rostre, y un espejo sobre su boca, para entender si ténia
aliento , 6 si se oya en él algun respirar , y lloravan grande-
mente. Loys Quixada tanibien entrava muchas veces, para veer
lo que avia y se hacia en el dicho aposento , y era tan contino
en entrar y salir, que estàvamos cansados de ahrir y serrar(4)
la pnerta. Y acaecié que uno de los padres predicadores que
estavan en Yuste quiso veer al César, y rogonos mucho se le
dexassemos veer, y no osàvanios, porque Luys Quixada no nos
topasse con el hurto en las manos; pero, por darle gusto, y
veerle tambien nosotros, abrimos de presto la cortina de la
(1) S4c, au lieu de eerrar.
Tous n.
^.ï
!3
(80)
<âma, y hallàmos al César desta rnanera : esta va ctibierto coa
la ropa de la cama hasta la barba; tetiia el rostro alegre j
como rosado, porque avia uua hora, no mas, que avia espi-
rado; ténia en la cabeça una gorra, de las qne se usa van eo-
tônces, de aguja; ténia un tafetan negro, que le cubria désdela
cabeça à la eintura , sobre el quai y sobre su pecho estava un
crucifiso con que la Emperatriz su muger avia muerto; y, sobre
las almobadas, y juoto à su caveça, una ymàgen niuy lînda de
la Virgen » colgada. Y apenas avlamos visto y considerado esto,
quaudo oymos llamar à la puerta à Luys Quixada, y, como no
pudimos acudîr à la puerta tan presto, nos entré rifiendOî sin
saver lo qne aviamos hecho. De lo quai se puede collegir el
cuydado y diligéncia que este cavallero ponia en lo que tocava à
Su Magestad, y el que deviô de tener en su servicio en el tiempo
que vivia Su Magestad.
GànTVLO XL. — Del tûmulo que se hiço en la capilla niayor, para poner û
cuerpo , mientras se hacian las obsequiaSé
Luego que amanecié el miércoles, dia de Sant Matheo, vi-
niéron muchos officiales y hiciéron un tûmulo no grande en
tnedio de la capilla mayor de la yglesia , para poner en él él
cuerpo de Su Magestad, y entretanto otros officiales desbara-
târon el altar mayor, para hacerle mas capat y grande, donde
estuviesse el cuerpo de Su Magestad en su atahud, jnnto y
pegndo à la pared de la dicha capilla , y junto à la caxa del san-
tisimo sacramento , qne para tôdo esto fué menester baen es-
pacio y anchura. Y que (I) es verdad que Su Magestad mandé
enterrar su cuerpo en la peana del dicho altar mayor, de suerte
que el èacerdote tuviesse los pies en cima de su pecho y caveça,
corné parece en su codicillo. Con todo esso movié Dios los cora-
çonës de los que tratàron de su entierro , à que lé enteiTassen
(1) Sic, Le mot que paraît devoir être retranche ici.
'->■
rv.»:
(M )
junto al santisimo sacramento, y à la caxa adénJe eslà encer-
rado, por su grande humildad, fee y devocion que sieinpra
tuvo à los cosas de la religion y culto divino , y espeeialmente
al saotisimo sacramento de! cuerpo de Nueatro Senor.
C&mvLO XLl. — Del sentimiento que el marqués de M iravel « y Luys Quixada y y
Gutelbù hiciéron, viendo muerto al Bmperador.
No paedo enteramente escrevir lo que passé en la moerte del
Emperador, por las làgrimas que corren de mis ojos aun agora.
Aeaeciô que, salido el ârçôbispo con los dénias senores, como
arriba dixe, à escrevir al rey nuestro senor la muerte de su padre,
se quedâron en el aposento, donde estava el cuerpo del Empe-
rador mnerto, los très queridos de Su Magesiad : el marqués de
Miravel /Xuys Quixada y Martin de Gastelbû, los quales fai-
ciéron y dixéron cosas, en sentimiento de la muerte de Su
Magesiad, que, à no los conoscer, fuera possible juzgar y
sentir mny diiFerentemenle dellos y de su gravedad. Davan yoces,
davan gritos, y dàvanse palmadas en el rostro y calabaçadas en
las paredes, que parecia estavan fuera de si, como lo estavan
con la pena que sentian de veer muerto à su senor que en tanta
bonra les pusiera , y â quien tan tiernamente amayan y querian ;
dedan muchas alabanzas del César, referian sus virtudes. Y,
jantamente con esto, eran tantas las voces y gri(os que davan ,
que despertàron toda la casa de Su Magestad, à que todos
bidessen otro tanto , asta que les saoèron del aposento , adénde
quedàmos los quatro religiosos que belâmos su cuerpo , como
arriba dixe.
CiftTOKO XLII. — De las honras y obsequias que se hiciéron por Su MagrsUd
en Yuste.
Venida la tarde , dichas bisperas y complétas en el cboro , y
poesto ja d cuerpo de Su Magestad en el lûmulo ya dicho, en
medio de la capilla mayor, rodeado de achaa y de los eavaileros
( 52 )
y senores que viniéron con el arçobispo, y olros que se liallâron
présentes, como el conde de Oropesa y el marqués de Miravel,
don Luys de Avila, comendador roayor, todos vestidos de lulo
ellos y sus criados, se comiençàroo las bonras y obsequias, con
tan grande magestad y auctoridad coroo se pudieran hacer en la
yglesia de Toledo. Hiço el officio el arçobispo, y yistiôse con él
de evangelio el padre prier desta casa, una vez, y otra el padre
confesser, y de epistola un dia une de los padres predîcadores,
y otro otro. Duràron estas obsequias très dias, y hallàronse pré-
sentes â ellas el convento de Santa Catalina, que es de dominicos,
y el de Sant Francisco de Jarandilla, con el nuestro : los domini-
cos hiciérop el officio todos très dias, por la manana y la tarde,
y, acabado ellos, encomiençavan los franciscanos, y nosotrosle
haciamos con el arçobispo, después dellos. Avia mucha y roay
buena mûsica de nuestra orden , que avia traydo aquf Su Mages*
tad, y predicàron todos très dias los très predicadores queaqni
ténia Su Magestad de nuestra érden. Primero predicô el padre
fray Francisco de Villalva, professo de Çàmora, que fuéal con-
cilie (I) Tridentino con el arçobispo de Granada, Guerrero , el
quai predicô con tanta gravedad que el arçobispo y los religio-
sos que avian yenido con él , de su érden , que eran el padre
maestro fray P^ de Solomayor, cathedràtico de prima en Sala-
manca, y el padre Ximenez, rector del collegio de Alcala, y todos
los cavalieros que se hallàron présentes, se espantàron de lo que
dixo, y de la buena traça y modo de decir, y se miravan unos à
otros. Y yo se que hiço harto effecto su sermon en uno de aque-
llos cavalières, y quedô como asumbrado. Fundé su sermon sobre
una sentencia de Seneca, que habla de la virtud , la quai vestié
muy bien con lugares de la Sacra Escritura. Y al tiempo que
llegé â hacer la cortesla que suelen hacer los predicadores à la
persona mas principal del auditorio, creyendo y pensando todos
(I) On remarquera qu*ici le copiste a écrit correctement les mou de
Çàmora et concUio, qu*il a estropiés plus haut.
(53)
qnebablara con el arçobispo, 6 con el senor don Juan de Ans-
Iria, que esta va alli présente, no curé de ninguno detlos, sino
que, boelto el rostro al Emperador, le hablô de la misnia roanera
que si estuviera bivo , aplicândole las palabras del tbenia, que
era que la virtud, muerto el subjecto, permanece, y diciéndole
pues : c Si es verdad , como lo es, que la yirtud siempre perma-
B nece, aun muerto el que la luvo, Sacra Real Magestad, etc. »
Fué tanto el agrado, como digo, del sermon , y lo bien que pare-
ciô à todos la cortesia que usô con el cuerpo del César, que todos
le pedian el sermon, para embiar al rey, y à la princesa, y à
otras part^. Fué este padre muy ingenioso, y anz( le qneria
macho Sa Magestad , y el rey don Phelîpe nuestro senor le biço
después su predicador, y le encomendô otros négocies de su ser-
vicio. El segundo padre que predicô fué el padre fra;^ Luys de
Sant Géorgie (i), prier de Sant Hierénimo de Granada, el quai
dexô el priorato, por venir à servir à Su Magestad : cl quai predieô
tambien muy bien. El tercero fué el padre fray Francisco Ângulo,
professo de San la Engracia de Saragoça , que tambien dexô el
priorato, por venir à servir à Su Magestad. Y estos dos padres
viniéron en lugar del padre fray Juan de Arcoleras, professo de
Naestra Senora de Prado, y famoso predicador, que le avian
llevado por prier de Salamanca , y después le biço el rey don
Pfaelipe nuestro senor arçobispo de las Canarias , y en lugar del
santo varon fray Juan de Sant Andres , que tambien le biciéron
prier de Santa Catalina , el quai murié como bivié, saviendo càsi
la hora de su muerte. Gustava Su Magestad que à sus criados los
honrasen en la ôrden ; y anzl , aunque dexavan prioratos por
venirle à servir, les dava tambien licencia, quando les honravan,
y gustava dello.
(1) Sani GregoTio, dans le 1. 1*', p. 426.
(54)
Ckwnvho XLIII. — De lo que passé a Luys Quixada con un cavallero de les
que asistian â las bonras el dia que predicô el padre fray Francisco de Yi>
Ilalya.
Sueedié que^ el primero dia de las honras, al tiempo que entra-
van en la missa , à uno de aquellos senores que alli estavaD pre*
fientes le metia un paje una silla para sentarse en e1la(l), lo quai
como lo vi6 Luys Quixada, diio al paje que la llevava, que la
saeasse luego fuera, y dixole el paje : « Es para fulano, » y elle
tornô â replicar que la saeasse, fuesse para quien se fuesse. Al
tiempo que el paje bolvia con la silla, encontre con el pajeel
niarqués'de Miravel , que dévia ser para él la silla, y dixole el paje
lo que Luys Quixada le mandava : los quales encomençàron à
tratar sobre ello. Luys Quixada allegava que no se usava, ni
alli seavia de consentir tener ninguno silla delante dd César, y
que se acordasse lo que avia pasado en Bruselas sobre cosa seme-
jante; el marqués decia que el personaje para quien era la silla
estava enfermo y la avia menester; Luys Quixada replicô que, si
no podia estar alli, se fuesse fuera, como al fin se fué. Y, aunqoe
el padre Yillalva no supo ni entendiô cosa de lo que avia pasado,
ni lo pudo saver, no pareciésino que como si ubiera oydo lodo
lo que avia pasado , anzi predicé tan altamente del respeto que
se deve tener à los reyes, aun después de muertos, que fué de
mucho gusto à todos los que savian lo que avia pasado. Y, para
eonfirmacion desto, sucediô que, viniendo aqui el duque de
Aiva , don Fernando de Toledo, y el cardenal Pacheco, arçobispo
que murié de Bnrgos, una semana santa, después que murié Sa
Magestad, en la quai estuviéron très dias, nunca quisiéron silla
(1) Pour riDtelligence de ceci, il faut savoir que, en Espagne, il D*y a pas
de chaises dans les églises.
(55)
eq la yglesia, ni.coDsintiéron se les pusiesse, sino que en unes
poyos se assentàron todos très dias; y, entrando e1 duque en
el aposento de Su Magestad, se quilô el sombrero, y jamàs se
cubriô hasta salir de todos elles. Pero i quien tan corlés y cor-
tesano como el duque? de quien dixo el duque Brancuy en
Tuste, que tambien vino à veer el sepulchro de Su Magestad ,
que el duque de AI va era el verdadero cortesano, con otras
niuchag cosas en su honor. Estuvo Luys Quixada , los très dias
primeros de las bonras que el arçobispo célébré, en pié, anzi à
las bisperas, y lectiones de los noctqrnos, como â las missas y
sermones, muy enlutado, y cubierta la cabeça: que, si no era
un poco del rostro, no ténia otra cosa descuvierta, arrimado y
pegado à si el nino y ynfante don Juan de Austria, que cierto
nos Qiaravillàmos como tuYO fuerças para sufrir estar tanto
tîempo en pié. Y él solo parece que representava y suplia en lo
que \q^ demâs por yentura faltavan : en lo quai se entendiô y
conoâ^ su gran fidelidad, cuydado y diligencia que siempre tuvo
en el servicio de Su Magestad.
Cavitou» XLrV. — De eomo fué depositjido el cuerpo del Emperador en el altar
mayor de Sant Hierônimo de Teste.
Su Magestad murié roiércoles, y estuvo su cuerpo asta el
biernesen la tarde en el tùmulo, para bacerle alll sus bonras,
como qu^ dichOf Pareciendo pues que convenia, d^termjnàron
el arçobispo y el padre copfessor y Luys Quixada y el secr^tario
Martin de Gastelbù, como testamentarios de Su Magestad, qne
aerit bien se dépositaire iuego aquella tarde el cuerpo del Em-
perador en el altar ipayor, sin aguardar mas, porque olia mal;
y, Tenida la tarde, se junlâron con los arriba dicbos el padre
prior de Yuste, y otros religiosos del mismo conyento, y el
padre maestro fray P** de Soiomayor, que avia venido con el
arçobispo. Y, puestas guardias en el cboro y en otras partes de
donde se podia yeer, se lleyô el cuerpo de Su Magestad, y se
(56)
pu80 en su hataud junto al aUar mayor, para bacer el acto de.
depôsito, el quai fué y passé en esta inanora :
(1).
CimOLO XLY. — De como el arçubispo de Toledo y los dot eonTentos de Saut
Domingo y Sant FraocUeo »e dispidiêron.
Hecho el dicho depésito biernes en la noche, couio queda
dicho, ^3 de setiembre, liiego el sàbado U de] dicbo mes, aca-
bados los très dias de las bonras que se hiciéron , después de aver
comido, hiço el arçobispo una plàtica en el refetorio  todoa
sobre las cosas del Ëmperador y en su loa, y agradeciô al padre
prier y convento desta casa lo bien que avian servido à Su
Magestad, y cumplido tan bien con los dos conventos y con su
persona , ofreciéndose que en lo que se le pidiesse lo agradecerÎA
y servi ria à esta casa. Y con esto se despidiô, y fué camino de
la Puenle. Y los religiosos tambien se fuéron à sus conventos.
Y el nuestro continuô las obsequias asta el novenario, con la
niisma solemnidad que àntes, y al fin del novenario tornô à pre-
dicar el buen Villalva, con la acetacion que el primer dia, aun-
que no con tan ta gente ni calificado auditorio.
G&nTVLo XLYl . — De las obsequias y honras que se hiciéron en toda
nuestra orden.
Luego que nuestro padre gênerai supo de la muerte de Sn
Magestad, ordenô y mandô que en toda nuestra ôrden se hicies-
sen los sufragios, y se dixessen las niissas por él, que se acos-
tumbran a bacery decir en toda nuestra ôrden por los religiosos
délia, quando mueren : que son ocho missas cada sacerdote, y
los que no lo son su equivalencia, con el trcintanario y cabo de
ano ; senalando tambien que tuviesse parte en todas las buenas
(1) Suit Tacle de dépôt , que nous avons donné d'après Tori^nal , dans te
1. 1", pp. 598-401.
(87)
obras que los religiosos y religiosas de toda nuestra érden hicies-
seo, como tan principal bienhechor, honrador y amparador de
toda ella. Quando el rey nuestro senor supo esto, lo tuvo en lo
que era yusto (1), y lo agradeciô mucho : y lo mismo hiço su hija
la princesa doua Juana, escriviendo una carU al gênerai, agra-
deciéndole el cuydado que avia tenido en lo que convenia al ser-
TÎcio de Su Hageslad (2). Y ordenô y mandô la dicha princesa doiia
Jaana que de alli adelante se dixesseneada dia por Su Magestad
ISniissas reçadas, sin la del santisimo sacramento, cada jueves,
asta que otra ôrden se diesse en contrario , y que ella mandaria
proveer lo que tocava à la limosna. Lo quai dur6 asta que Su Ma-
gestad vino de Flandes, el quai aprovô y diô por bueno el man-
dado de su beriuana, y mandé pagar lo que se dévia , y luego dié
olra ôrden en que mandé se dixessesolas  missas reçadas, cada
semana, y la cantada del santisimo sacramcnto el jucTcs. Lo quai
duré desde el ano de 6 1 , que Su Magestad vino de Flandes, basta
el de 74, que se llevé el cuerpo à Sant Lorcnzo. Dàvase en li-
mosna, por cada missa reçada, un real, y por la cantada un du-
cado , y por la céra por cada libra un tanto. Hiçose un tûmulo
junto à las gradas de la capilla mayor, y en las quatre esquinas
dél se ponian cada dia quatre achas, à missa y bisperas, y los
sacerdotes, en acabando de decir missa, yvan alli à decir su res-
ponso. Y esto duré basta que se trasladé el cuerpo de Su Mages-
tad à Sant Lorenzo el Real.
CànrvLO XLVII. — De como el rey don Phelipe noestro senor embio a pedir à
Tutte los cuerpos del Emperador tu padre y cl de la reyna de Francia lu lia.
Cada nno> de los senores à cuyo cargo eslava el llevar é traer
algun cuerpo real , de los ya dichos, traya cédula de Su Mages-
tad para que les diessen el cuerpo que pedian, y tarobien dexavan
cëdala adénde y à quien se le dava y entregava, para que cada
(1) Vusto, pour jtMto.
(î) Y©y. le 1 1*', p. 429.
( S8 )
uno diesse raçon de s(, quando fiiesse necessario. Y and el obispo
de Jaen y el duque de Alcala trujéroii cédula , y la diéron al
padre prier de Yuste, para que se les entregasse el cuerpo del
Emperador, la quai decia anzi :
« El Ret.
» Vénérables y devolos padres, prier y convento del mouas-
lerio de Sant Hierénimo de Yuste, de la érden de Sant Hie-
réninio, ya sabeys coido, à 23 de setiembre del ano pasado de
d558, se depositô eo esse monasterio el cuerpo del Ëmperador
mi senor, que santa glorîa aya, para que estuviesse en él en
depôsito asta que se lievasse y trasiadasse a la parte y lugar
adénde avia de ser su enterramiento, y que anzi lu recebisles. Y,
porque agora avemos acordado que el de la serenisima reyna de
Francia, nii muy carisima (1) y amada tia, que esta depositada
en la ciudad de Merida, se lleve ansiniismo à esse nionasterio, y
que ambos se traygan al de Sant Lorenço el Heal, donde han de
quedar enterrados, os encarganios y mandâmes que, Inego que
con esta cédula fuéredes requeridos, deis y entregueys les dichos
cuerpos al révérende in (^hristo padre obispo de Jaen y al duque
de Alcala, à quienes avemos nombrado para que los recivan ay»
y vengan en su acompananiienlo, juntaniente con otras personas,
asta el dicho nionasterio de Sant Lorenço el Real : que con esta
nuestra cédula y testimonio, signado de escrivano, de la entrega
que les hiciércdes de los dichos cuerpos, os damos por libres y
quitus dellos y de los dichos depésilos.
» Fecha en Sant Lorenço el Real, à 3 de henero de 157i.
> Yo EL Rey.
j> Por mandado de Su Magestad :
» Martin de Gastelbû. j»
(1) Sic. Lisez : cara.
(59)
Todo lo quai se hiço como Su Magestad mandé.
Llegâron à Yuste el obispo de Jaen y el dnque de Alcala, cou
lo8 cuerpos de la Emperatriz y de la princessa dona Juana, muger
del rey don Phelipe nuestro senor, y de los ynfantes don Ferdi-
nando y don Juan , sus hermanos, los quales trayan de Granada,
à los 2S de henero 1574. Y, el dia ântes, avia llegado el obispo
de Corîa con el de la reyna de Francia, que le traya de Merida.
Y, hecho el recibimiento, hizo otro dia el obispo de Ck)ria el
oflBcio delashonras, por venir cansado el de Jaen. Y otro dia se
partiéron el obispo de Jaen, y los que venian con él, con todos
los cuerpos que alli se avian juntado con el del Emperador, para
Sant Lorenço. Juntâronse muchos senores y cavalleros para acom-
panar los cuerpos , como fuéron el marqués del Garpio , el mar-
qués de Yillanueva, don Fernando Cortés, el conde de Monterey
y su hermano, don Juan de Yelasco, hermano del condestable, el
conde de Castellar y su hijo don Fernando, don Diego de Car-
cabo y don Alonso su hermano , don Juan de Ynostrosa , don
P^ de lasRoelas, don Pedro Maldonado, don Pedro de Duenas,
don P® Puertocarrero, don Gabriel Çapata, don Garcia de Gar-
denas, don P^ de Rivera , y olros muchos cavalleros y gentiles-
hombres de la boca del rey nuestro senor, y sus capellanos, con
su pendon y estandarte real, y 24 religiosos de las ôrdenes
mendicantes , y de Yuste ocho. Y llegâron à Sant Lorenço à 4 de
hebrero -1574, tardando en el camino diez dins, y fuéron rece-
bidos con gran pompa y magestad, como adelante se dira.
CA§mtù XLYIII. -^ De la ôrden que se guardo en el «coropanamieiito de lot
caerpos por el camino.
Porque sera possible que en muchos anos no se vea otra cosa
Uin rara y peregrina como esta, que se trasladen tantos cuerpos
juntos reaies, quise poner aqui el érden y concierto que por los
caminos llevavan, dado de Su Magestad del rey don Phelipe, para
que en nada se errasse, sino que en todo se hiciesse lo que à
tanta grandeça y magestad convenia. Yvan todos los senores y
(60)
cavalleros, que acompaftavan estos cuerpos reales, delante dellos,
orJenadosen dos hileras; luego yvan 24 religiososmendîcantes;
luego 8 religiosos de Sant Hierùnimo de Yusle, juntos à los
capellanes reaies, y los capellanes junto à las literasdondeyTan
los cuerpos; y detràs de las literas yvan el obispo de Jaen y el
duque de Âlcala; y detràs dellos los archeros de à cavallo de Su
Magestad, armados con lanças, en las quales llevavan sus ban-
derelas de tafetan negro, como por luto; y detràs destos yyao
millarcs de gentes que de todas partes salian à veer un espectâ-
culo tan grande como este. Al rededor de las literas, por ambas
partes, y va la guardia de à pié de Su Magestad, y S4 pajes à ca-
vallo, con achas de cera en las manos, y los unes y los oiros
vestidos de luto, asta las azéinilas de las literas, las quales eran
no mas que ciuco, aunque los cuerpos eran seys, porque en la
una délias yvan los dos cuerpos de los dos hermanos ynfantes
don Juan y don Fernando, por ser pequenos. Cuando llegàvamos
à algun lugar donde no se avia de hacer jornada , salian los clé-
rigos con la cruz , y decian sus responsos y oraciones por las
animas de los reyes que alii yvan; pero, quando llegàvamos
adônde se bncia jornada y noche, aquella noche yvamos todos
asta la yglesia del lugar, y, sacados los atahudes por los scôores
y cavalleros senalados para esto, se ponian en el tùmulo que ya
estava adereçado en la yglesia, y luego se decian sus responsos y
oraciones por el obispo , con gran mùsica que llevava de Jaen y
de Coria, que oyrla quitava el cansancio del camino; y luego,
quedàndose en la yglesia los alabarderos, los demàs se yvan à la
posada , y alli se les proveya , de casa del duque y del obispo ,
lo que era menester, con gran largeça y abundancia, y à los
alabarderos se les emblava de corner, y mucha lena : que todo
era menester, segun el frio que hacia. Y otro dia, por la maôana,
se decian muchas missas, y, acavada la mayor, y sus responsos,
à los quales siempre nos davan vêlas, sacàvanse los cuerpos, y
ponianse en sus literas por los sonores à cuyo cargo estava esto,
y comiençavan luego à marchar, porque todos avian ya comido.
Y todas estas cosas yvan ordenadas por la ynstruction de Su
(61 )
MâgesUd , la quai avia dado à don Luys Manrique y al secretario
Gastelbù, qae yvan alli. Desta manera se procediô en toda esta
jomada, yendo todos muy en ôrden y compuestos,mayorniente
desde Talavera alla, porqne y van con sospecha que en cada parte
estava el rey nuestro senor que los mirara : y dâvanos à la verdad
senal desto veer, de quando en qaando, algunos criadossuyos por
loscaminos, que de ordinario andavan con Su Mageslad.Con este
érden se llegé à Sant Lorenzo â los 4 de febrero de 1 574. Por ser
pnbKca à todos los cavalleros y senores que yran en este acom-
panamiento, una cosa que succedié, la quiero poner aqiii, que
sino la callara : y fué que , estando un dia todos puestos â cavallo,
para salir de un lugar donde aviamos hecho noche, pusimonos
los religiosos de nuestro padre Sant Hierônimo en el puesto y
lugar que nos avian puesto al principio, y que aviamos traydo
asia alli, que era junto à los capellanes de Su Majestad ; y uno de
los religiosos niendicantes, mas hâbil para esto que los otros»
sobresalié, en medio de tanta mnltitud y magestad como ailf yva,
T dixonos à los hierénimos que passasseroos adelante, que no
ATiamos de yr en aquel puesto y lugar : y esto lo dixo con tanin
cèlera y yugar de manos que uvo harto que notar. Nosotros no le
respondimos ni hablâmos palabra, por la gravedad y autoridad de
nuestro bàbito.Viéesto don Luys Manrique, y, con la prudencia de
que Dios le doté, le respondié : « Padre, bàyase adelante à su lugar
9 y puesto, que estes padres de Sant Hierônimo ban de yr adônde
9 Tan , y este es su lugar; y, si no esluvieran aqui los capellanes
9 de Su Magestad, elles fueran juntes y pegados à las literas donde
B van los cuerpos reaies. » Con esto empeçâmos à marchar. Y lo
mismo acaeciô otra vez en las Descalzas de Madrid, en las bonras
de la reyna dona Ysavel, que, estando el padre fray Juan llegla,
confessor de Su Majestad, y que entônces era prier de Sant Uieré-
DÎmo de Madrid , con su convento en la sacristia de la dicha ygle-
sia, esperando para vestirse y bacer con su convento el officie,
eniràron otros religiosos y, sin mas ni mas, se empeçÂron à bes-
tir; y, como losTtdé don Luys Manrique, que tambien andava
alli , les hiço desnudar , y les dtxo no se que palabras de senti-
<62)
miento, y, entre ellas, que mirassen que estâvamos alli nosotros,
y particularmente el confessor de Su Magestad , fray Juan Régla,
y que bastaTa Ter nuestra modestia , para no usar ellos de aquel
término tan descorlés. Âl fin se desnudàron , y se quedàron cor-
ridos y confusos, y à nosotros nos mandàron vestir. Ile querido
decir esto, porque en semejantes actos es bien que cada uno tome
lo que le dieren, y no mas: que no esta en esto la religion ni la
bienaventuranza, sino en la hurnildad y cortesfa.
GinTVLo XLIX. — Del recibimiento que en Sant Loreaso el Real se hiç» i
loB cueqx)!, el dia qae liegaron al monasterio, y de las honras y sermoaes
que UTO.
En el espacio y patio grande que esta àntes de la entrada del
monasterio de Sant Lorenço el Real, estava un tumulo muy rica-
mente adereçado entre quatro pinos altos , en el quai se pusiéron
los seys cuerpos reaies , y fuéron recebidos con gran pompa y
magestad de procession , y acompanamiento de los criados deSo
Magestad. Saliéron vestidos quatro cantores de capas, y el pre-
lado y sus roinistros, todos de brocado, con gran numéro de
religiosos que residen en aquel convento, cantando el responso
Subvenite, etc., tan despacio que nos pareciô que nunca se a>îa
de acabar aquel responso. Y anzi , con esta pausa , fui mos en pro-
cesion hasta el primero claustro, donde hallàmos dos tûmulos
pequenos, y en medio dellos à Hernando de Birviosca, giiar-
dayoyasdcSu Magestad, en los quales se pusiéron losdichos cuer-
pos , y se acabô el primero responso , y se dixéron las oraciones
convenientes. Y luego passé adelante la procesion al segundo
claustro, donde estava Hernando de Birviesca entre otros dos
tûmulos tan semejantes à los pasados, que anzi de presto crey que
eran los primeros, en los quales pusiéron los cuerpos, très en
cada uno; y alli se acavô el segundo responso, y se dixéron las
oraciones. Y acabadas, seprocediô adelante, asta llegar à la ca-
pilla, donde se hâcian éntônces los ofRcios divinos, donde se
pusiéron los cuerpos reaies en otros dos tûmulos, y alli se acaré
r^
(63)
el tercero respoDSo eon sns oracioaes. Posîëron los cnerpos en
«ta roanera : el del César en inedia d«l de Id Emperatriz y del
de la reyna de Francia, luadama l^eonor, estando el de esta
■eiiora à h mano derecha de] del Emperador, su hermano; el de
bsereoisinia princessa dofia Mari» pusiéron en medio de los dos
jnfintes, don Fernando y don Juan, estando à la mano derecha
de la pHiicessa el cuerpo de don Fernando. Acabado el responso,
como dUe, «e comiençàron las obsequias del Emperador, con
tanta solemnidad quanta Tué possible. Y otrodia.viernes, se cé-
lébra la missa; y â la tarde le depositâron debaxo del altar mayor
de la dicha yglesia 6 capïlla. Y esta misma larde se comiençâron
las obsequias de la Emperalriz. Y otro dia, sàbado, se dho la
missa , y & la tarde se enterrô junto k sa marido. Y luego se hîcîé-
ron los officiog de los ynfantes , y otro dia se les diso la missa,
y i ta tarde los enterràron. El oflicio de los Césares hifo el obispo
ie SegoTÏa, don Francisco de Salazar, comisario de la santa
cmiada, por venir cangado el de Jaen ; el de los ynfantes hïço
elpadre Fray \lonso deSevilla, vicarîodeSant Lorençoel Real,
por eslar yndi^nesto el padre prior, con un ornamento blanco,
hecho por 6rden de Su Hagestad para solas las obseqaias de los
ynrantes, sus hermanos. Era lama la gente que â estas Geslas y
entierros aeudi6, que don Rodrigo Manuel, capitan de la guar-
dn , DO se podia valer con loda ella.
El modo de depositar los cuerpos reaies era este. Al tiempo
que se aviande entregary dcpositarcadanno de los il ichos cuer-
pos, llegava el secretario Gastelbù , estando présentes cl obispo
de Jaen , y el duque de Alcala , y el vicario del dicho monasterîo.
y los padrcs deputados dël, con los lestigos. teniendo alli pré-
sente el cuerpo que en tregavan, y decia : « Estando en losdivi-
■ nosofficios tal dia y tat bora, etc., los seôores don Francisco
< Delgado, obispo de Jaen, del consejo de Sn Hagestad, y don
■ Fernando Henriquez de Kivera, duqne de Alcala, que ban
■ traydo el cuerpo del Emperador nuestro seiior, que sea en
B glorîa, 1 este monasterio, le dan, deposiian y enlregan al
» padre fray Alonto de Sevilla, vicario desle dicho monasterio
(64)
» (le Sanl Lorenço el Real, y à los padres deputados dél, en
i> nombre de los demàs religiosos del convento, para que le
}} guarden y tcngan en custodia, asta que el rev nuestro senor
» le pida, para enterrarle en el lugar que ha de ser su entierro
» en este dicho monasterio, por no estar acavado agora depre-
» sente de labrar : tesligos, etc., los quales todos le yiéroD y
» couociéron ser el mismo cuerpo de Su Magestad del Ernpe-
» rador. De lo quai yo tambien doy fee, que lo vi con los de-
» mas tesligos. » Âcavado esto, llevavan el cuerpo los que asta
alli le avian traydo à su cargo, juntamente con don Luys Man-
rique, queera el que lo governaya todo, como queda dicho, y le
ponian debaxo del altar mayor de la diclia yglesia y del santi-
simo sacramento, que estava en cima en Trente del cuerpo deSo
Magestad. Debaxo deste dicho altar y de los colaterales eslavaD
unos poyos, donde estavan los cuerpos del principe don Carlos
y de la reyna dona Ysavel, por el ôrden en que muriéron, en
sus atnhudes, con una letra en eada uno dellos, que declarava
quien era cada uno. Y este mismb ôrden se tuvo en los demàs
cuerpos que alli se depositàron, estando en el depésito de los dos
ynfantes.
Domingo 7 de febrcro del dicho ano , llegô la nueva que don
Pedro Gonçalez de Mendoça, obispo deSalamanca, y el marqués
del Aguilar veninn con los cuerpos de la reyna dona Juana y
dona Maria su hija : la reyna dona Juana trayan de Tordesillas,
y à dona Maria de San Benitode Valladolid, donde estavan deposi-
tadas. Fuéron rccibidas con la solemnidad que los demàs cuerpos,
como madré y abuela de los demas reyes que estavan en Sanl
Lorenço. Pusiéron h la reyna madré donde avia estado el Empe-
rador su hijo, teniendo h las dos reynas hijas à sus lados, la de
Francia à su mano derecha , y la de Hungaria à la yzquierda« Y
luegoaquella tarde se hiciéron lashonrasde la reyna dona Juana, y
otro dia la missa del pontifical por el obispo de Segovia, Salaçar.
Y, queriéndose partir el dnque con el cuerpo desta santa reyna,
para llevarle à Grenada, como le llevo, con el obispo de Jaen, no se
hallô cédula para que el marqués del Aguilar le entregasse. Despa-
'''-A
vj
(65)
chôlaeoQ gran breredad e1 secretario Gastelbû, y embiôla à firmar
à Sa Magestad que eatava en Aranuez, y biçolo tan bien el correo
que vino à tiempo, sin que se perdiesse jornada; y anzi se par-
liéroD luego, lunes à 8 de febrero, de Sant Lorenço, con el cuerpo
de la reyna madré , camino de Aranjuez, donde el rey los espe-
raTa , el quai hiço merced al duque de perdonar al marques del
Valie, su cunado, de una senlencia que contra él se avia dado,
de que foesse con ciertas lanzas à Oran ; y (ambicn hiço marqués
de Alcala 4 don Pedro Lopez Puertocarrero, su primo bermano.
Hiço este Sa Magestad en recompensa del servicio que le hiço el
duque en traer y llevar à Grenada estes cuerpos. Dixose que gas-
tava el dnque cada dia mill ducados, y yo oy à una persona fide-
digna, à quîen dixo el duque que avia gastado en esta jornada 54
qoentos : y, en verdad, él lo hiço como principe muy rico, ansi en
lo qae gastô en el corner como en lo que di6 en dones à los que
leacompaiiàron en esleviaje.
Ydo el duque y el obispo de laen con el cuerpo de la reyna
madré para Grenada, se prosiguiéron en Sant Lorenço las obse-
qoias de las dos reynas y de la princesa dona Maria , y se acabâ-
ron el jueves adelantc , y se deposîtàron como y de la mauera
que se hiço con el cuerpo del Emperador, poniendo à estas seno-
ras con los demâs por su 6rden en los poyos. Este dia nos salimos
fodos de Sant Lorenço, y el obispo de Salamanca dié de comer
al conventoy à otros muchos cavalières, con tan grande abun-
dancia, que un cortesano muy antiguo, que se halle alli, dixo
que cosa semejante de comida él no la avia visto. Ubo sermones
todos los dias que se hiciéron las honras, que fuéron ocho : los
dos predicé el padre fray Francisco de Villalva, predicador de
Sa Magestad, y otros dos predicé el padre fray Juan de Sant
Hierénîmo, que después fué prier de Sant Lorenço ; y otro pre-
dicé el padre fray Francisco de Segovia, gênerai que después fué
de naesira ôrden; y otros olros padres. Y todos predicâron muy
docU y cnriosamente, porque todos eran muy buenos officiales
a gloria y honra de Nuestro Senor.
ToHB IL 5
(66)
Camtolo L t ÔLTiao DBftA UuTomu. — Del sentimienlo qut el lugtr de Gomm
j toda b Teva turiéroa en que les IlemsM* de Yutte el euerpe dd Bp-
pendor.
Quiso el lugar de Coacos dar muestras del pesar que tuvo en
veer llevar de Vus te el cuerpo de Su Magestad ; y , para declarar
el sentimieoto que eu esto teoia, en el tùmulo en que estan
puesto el cuerpo de Su Magestad , quando le desenterraron para
llevarle, puso uoa doncella pintada que represeotava la Soledad,
con las manos eocrucijadas y con semblante triste, la qnil
hablando con su pueblo decia desta manera :
Sol9dad .* i Adàiide nenes , di , pueblo a Aigido f
Pueblo: Venimos â tener tu compafiia,
Llorando en este hiermo, noche y dia ,
La pérdida del ser que hemos (enido.
Si i Uanto y â dolor fué comiiiovido
Aquel pueblo troyano y otrot taks,
Coq elios preteodemos ser yguales,
Pues este mas que otrps ha perdido.
SoMad .* Nadie gima y liore sobre aquesta muerte ,
Ni diga perder ni desvfntura,
Porque ântes es ganancia y bueoa luerCf
Elema y que para siempre dura.
Aqueslo nos ensefia la Escritura,
T aquesto oy tenemos entre manos ,
Que aqueste, que venci6 (antos paganos,
No rouere, »no vive vida pura,
Peiaado la caduca y no segura.
Otra letra deeia .* Aqui yace durmiendo el sin segundo
1km Carlos quînto, emperador romano,
El quai mora en el delo soberaiio,
Dexaado su retrato acft en el SHiiido.
Otra deeia :
Aunque muerto, siempre vive
El ânimo y gran balor
Deste buen Emperador.
(67)
Otn : £1 pectio lieno de fee,
Dexando toda rique^a,
Escogiô aquesta pobreza.
RupondeelSn^^ador:7u que oyste mis blazooes,
Mirame en polvo tornado :
Yo wy e\ César llamado.
(Hra [tfmt deeid.* Quando uno mas esta sobre la rueda
De la fortuna ynstàbil y fementida ,
Procure de tenerla entônces queda,
Que enténoes ha de dar mayor cayda.
Aanqae taé grande el gentimiento del l»gar de Coacos y de
toda k Tera, por Ilevartea de aqui al Eraperador, foé toda etfra
en compapaeion de lo que en Yuste se sentie, y aAzi uno de los
leligiosos étà, con el gran dolor que desto tuYO, prorumpié en
este raçonamieato ;
« AuBqne agora esté tu cuerpo, gran seâor, sin espiritus
fitales ni sentido alguno, por aver tantos anos que le dexaste
eo el sepulcro, y tu aima, por la miserieordia de Dios, en la
gtoria^eomolo creemos, agradeeemos à Tu Magestad Cesarea la
meroed tan grande qne A este tu Yuste nos hecistes, y en él à
nnestra drden toda. Creo que ganaste mas renoinbre, en un aâo
y.ocho meses câsi que veniste en él , que en los muchos que ym-
peraste, aunqne grande es el merecimiento de régir y conservar
el bnen cornu n, si es ygual y camo deve yr : à lo menos esto se
y lo oygo à todos alabar que, aunque no se oWidaran , senor, tus
obras , por ser tan heréycas y grandes como lo fuéron , en esto
dicen y es anzi, te aventajaste mas que al fin heciste, porque los
bombres, como son amigos de ser mas, tienen en mucho al que
se hace menos de lo que es, como tu , senor, heciste. No se que
mediga, senor, pues que te llevan deste monasterio tuyo y nues-
tro, mas de que tuviera Dios por bien que no lo viera yo, ni
ninguno de los que aqui te conocimos, servîmes y tratàmos,
porqae no vierainoa a^ra un espectâculo U^ triste para todo
este ta convento, porque^ c(Hnp se podr&aoifif veer salir muerto
W
m
(68)
al que, quando vivia, nos quiso y escogiô por suyos? Con esto,
ya que otra cosa no nos valga ni consuele enteramente, (empla-
rémos algo la pena que sentimos y nos queda, que en On, donde
quiera que te lleven, ères nuestro, y sabràn todos que, quando
tu hablavas, esto escogistes. Gonfessamos , y con todas veras
afirmamos, que fuimos, somos y serémos tus amorosos eapella-
nos, y, mientras nos durare el tiempo, te ayudarémos con nues-
tras oraciones, en reconocimiento y gratitud de tan la merced j
fayor como nos daste aqui con tu presencia. Esto nos congoxa
todo lo del mundo , y no nos es possible desechar la pena que
sentimos qne, andando el tiempo, se olvide tu memoria en esta
tierra, como si en ella nunca entraras. Yéte en paz y en hora-
buena con los tuyos, pues no nos es possible el detenerte quête
llevan, afirmàndote de cierto que, si sintieras tu, senor,lo que
nosotros sentimos, sin duda te quedaras aqui donde tanto te
quesimos. Plega aquel senor padre de companas te acompane,
y te dé, buen Carlos Màximo, su gloria, y dé guarda à tu hijo
Phelipo y rey nuestro, que tanto procura engrandecerte, y, des-
pués del curso desta vida , Uevarnos contigo à aquel reyno celes-
tial , adônde ese mismo Dios y senor nuestro , que es rey de los
reyes y senor de los senores, es bienaventurança de los suyos. Y,
en confirmacion pues de lo mucho que nos amaste, y te quisîmos,
puse aqui este sello y firma que se signe :
Fin al cielo, terra y mar
Puso Dios k cada uno ,
Mas k amor quiso dexar
Sin tener tërmino alguno.
Finge el poeta que respondié el Emperador, consolando â sus
devotos y amorosos capellanos, y les dice anzi, à la despedida:
Quédaos ya con Dios, los mis queridos ,
Que el tiempo es ya llegado de partirme :
Ruéc^oos que no sintais el despedirme,
No os vea yo tristes y afligidos.
(69)
Mishijos y miiger son ya venidos:
jO, si fuera excusado el de aqui jrme!
Espero eo Dios de veros en lo firme,
Ado se goza el aima y los sentidos ,
Contemplando k Dios en su çrandeça :
Que todo lo de acà es gran pobreça.
Vint»,
II.
CHARLES-QUINT A JUAN VAZQUEZ.
Il espère partir pour TEspagne au mois de novembre , la flotte devant être prét«
pour le 15 de ce mois : il compte débarquer à Laredo , Santander , ou Bilbao , et
recommande qu'on pourvoie à temps à ce qu'il trouve , en arrivant , les vivres,
les bêtea de transport et les autres choses nécessaires à sa maison et à celle des
rein» ses sœurs. — Il réclame aussi de l'argent. — Envoi d'instructions rela«
tives i la fabrication de deux espèces de vin de séné qu'il désire qu'on prépare
pour lui.
Bruxelles, 11 octobre 1555.
Juan Vazquez de Molina , nuestro secretario y del nuestro
eoosejo, y\ la caria que me escribisteis a once de agosto; y por
fler en respuesta de otra mia , hay poco que decir mas de que ,
por la de la princesa mi hija , y la que después escribisteis â
Eraso à los veinte y très del mismo , he entendido la provision
de eada doscientos mil escudos que se ba heciio acà y para Ytalia ,
y ereo que se babrà puesto en ejecucion ; y si n6, solicitad que se
dé priesa à D. Aharo Bazan , que querria que llegase à tiempo
qoe pudiese ir conroigo. Y espero, con ayuda de Dios, embar-
carme en todo noviembre, que para los quince dél estarâ â
pnnto la armada, y procurad que en todo cnso se cumpla lo que
( 70 )
ha de Tenir aqui à treseientofi mil ducadog, demâs de los dii-
cnenta mil que escribia que cou estetros han de venir pan el
rey, porque para despa^harme es todo menester; y diréisàla
princesa que he determinado , sirriendo d tiempo , y no sieodo
lan forzoso que me eche à otra parte, de ir â desembarcarme i
Laredo, Santander 6 Bîlbao, en aquclla costa, y que mande
prévenir y proveer à tiempo lo de las vitnallas y acémilas, y las
otras cosas necesarias para mi casa y corte y de las reynas mis
hermanas, que llevarân hasta quinientas personas : de manera
que baya todo buen recaudo
Yo acostumbro tomar algunas veces vino de sen, que me hallo
bien; y como se ba de hacer en estas vendimias, y asi os eoTio
esas memorias bêchas por mi médico. Proveeréis que la uoa de
ellas se envie luego à fray Juan de Ortega, y escrivillehéis de mi
parte que lo haga hacer conforme à ella. Y en aquello se ha de
echar el agua que se dice, porque se temple; que pieiso de
otra manera séria fuerte demasiadamente por el calor de la
tierra, y la otra remîtiréis a alguna persona de confianza â
Yepes , para, que haga lo mismo, sin ecbarle agua ninguaa,
porque los vinos de alH son mas livianos, y no lo habrà me-
nester; y querria probar cual de elles sera mejor, adviriiendo
que un médico 6 boticario escojan y miren que la hoja de sen
seamuy buena(i).
De Bruselas, à li de octubre 1555.
(f ) Le secréuire Vazquec écrivit, te !!9 novembre, à fray Jttu dt Ofte^t)
pour hii faire connaître les iotentions de PEmperenr. Il lui disait 4|ue, li
i*oii ne trouvait pas , chez les pharmaciens de Plaseocia, de bonnes feoilks
de séné, il faudrait en envoyer chercher à Tolède.
Voici la recette pour le vin de séné, telle que Charles-Quint la transmit à
Tazquez , et que celui-ci l'adressa à fray Juan de Orteça :
« Hecepta para hacer vino de la hqja dé sem.
n Hise dé tomar cuantidad de setenta aznmbres de vino, laientras fcierve
y caece hecho mosto, y hechar dentro diez y siete libras de hoja de
de
(71)
IIL
ÉTAT DE LÀ MAISON DE CHARLES -QUINT, LORSQU'IL LA
UGENCIA, AU MOIS DE JUIN 15K6 (1).
RdadOB <i« l<M eriados que ^ Ettt^ador nuettre lenor , que etti kli glbrii -, tèiilk
tA ticmpb qu« deshiso mi fcasâ ^ por el mes de jirnio de tS59 aioe.
CapeUana»
CapUhi Nicolas PayeD» maeati^o de es-
pilla.
Odart de Bersaques, limosnero
mtyeri
Valeran Haogoort, segundo li-
mosnero. Jaques Parnier.
François de Rosimbos» SRmiller Pierre Lorier.
de oratorio. Odart Ayze.
MaximiliandeBergheSiSumiller Noël Ron.
de oratorio.' Jaques Abardi.
Akjaodria, habiendob prilbero bieti alimpiada del polto, pàjneUii f pèdfé-
xaelaf y otra enalqnîer tninédad, de manera qm iio qnedè mat que séla la
dicba ho{à| la caal, despuda de baberla echado en el soivediche mosto eb
nna linaja mtqr lÛDJpUi la dejar&n dentro cocer très 6 cuatro meses, 7 pasado
este tiempo la sacaràn fuera del vino, j el vino echàrlohan en otra tioija
bien limpia, jr lo dejaràn todo el atio, sin poner denlro mas bojas de sem
ningnna.
« Si ^el TÎno fuere muy ftiérté y recio, podrâ echar dentro la cnarta parte
de agna, Inege al pmcipio coando cuece y faienre el mosto. »
(1) Quoique cette pièce ait été copiée avec beaucoup de soin aux arefaiyel
de Simancasy il s'y trouve sans doute bien des noms qui n*ont pas été rendus
d*une manière tout à fait exacte. Ce sont des erreurs inévitables dans la
reproduction de pareils documents.
*V
mosna.
(72)
Gérard Toi. Françoys Loremberg, moçode
Geoi^e Nepotis. oratorio.
Jaques Hocmans, confesor del George Pesqueur, moço de li-
comuD.
Cantores.
Jen Blecker.
Pierre ClaviD.
Robert de la Porte.
Hans Ulhoven.
AdriaD Valmacker.
Mathias Van Loo.
Charles Boursse.
Pierre de Hot.
Noël Tounecken.
Jean Gérard.
Martin de Matines.
Guillen (^utzen.
Bauldoyn Pernoys.
Pierre Brabant.
Jean Bertol.
Robert de Sant-Martin.
Âdrian Covenhoven.
Diez mochachos de capilla.
Adrian Lef , maestro destos mo-
chachos.
Miguel Boch, organista.
Ludolf Volemont, templador.
CornilIeZnaen, furiel de capilla.
Henry Martin , moço de capilla.
Françoys Simon , moço de ca-
pilla.
Mathias Mnnort. moço de ora-
torio.
Mons' de Rye , somelier de
corps.
El duque de Alba, mâyordomo
mayor.
El baron de Montfalconet,
mâyordomo.
1). JuanManriqae, mâyordomo.
Luys Quixada, mâyordomo.
Geniileshombres de la boea.
D. Fernando de Lannov.
D. Joan Pimentel.
Charles de Trazegnies.
D. Joan de Lona.
D. Francisco de Toledo.
D. Hernando de Rojas.
Pierre de Vauldrez.
George de Brimeu.
Baudoyn de Lannoy.
Hugues de Villeleme (?).
Joan Tomàs Garaffa.
Ascanio Caraciolo.
Phelipe, conte de Berstain.
Jean Dachev.
llierônimo de Sangro.
Ferrante Garaffa.
D. Joan de Leyva.
D. Francisco de Benavides.
D. Sancho de Leyva.
D. Josepe de Guevara.
D. Gntierre de Cardeoas.
D. AloDso Manrrique.
D. Antonio de Toledo.
D. Joan de la Cerda.
El S"* de Chantonay.
Cristobal, c** de Nelemboarg (?).
D. Fadrique Enrriquez.
D. Rodrigo de Mendoça.
D. Joan de Mendoça de Ryvera.
D. Enrique de Mendoça.
D. Hernando de Gamboa.
Françoya de Noyelle.
El S« d*0ygnie8.
El Sf* d*Escleves.
Maximilian de Gambie.
D. Diego de Guzman.
D. Alonso de Aguila».
D. Alonso Puerlocarrero.
D. Joan de Figueroa.
D. Joan de Acuna.
El S^ de Balleve.
Ascano Gaffarelo.
El S^ de Morbeque.
D. Antonio Bêla.
D. Joan de Cardona.
D. Joan de Aguilon.
Rodrigo de Guzman.
D. Hernando de Cardona.
El conde Joan de Nassau.
D. Pedro de Toledo.
Andrés Truxes.
D. Antonio de Çûniga.
El S<^ de Beaufort.
Richard de Merodes.
(75)
El marqués de Renty.
Ernst, conde de Solm.
Joan, conde de Salme.
El S^ de Boussu, caballerizo
mayor.
Joan d*Andelot, primer caballe-
rizo.
Marco Antonio Centurion , ca-
ballerizo.
Polidor de Thiao» caballerizo.
GerUilcshombres de la cofa.
Francisco de Guzman.
Gomez Suares de Figueroa.
Christoforin Doria.
Martin de Cilly.
Francisco Chaves de Solis.
D. Claudio Manrrique.
Pedro de Monrroy.
Joan Francisco Delphiuo.
Philibert de Bullens.
Martin Alonso de los Rios.
Gnillen de Flory.
Rodrigo de Vargas.
Joan Çapata de Cardenas.
Claudio de Ray.
J). Pedro de Guzman.
D. Diego de Çdniga.
Claudio de Marsona.
Joan dlTmerselle.
El conde de Arignan.
D. Gomez de Alarcon.
D. Beltran de Guevara.
Joj^n Baptista de Sangrq,
(
Antonio de Barrientos.
D. Prudencio d^Avendafia.
Nicolas de Gilley.
D. Hierônimo de Cabanillas.
Joan d'Yves.
Claudio de Playne.
Federico de Martigny.
El S<^' de Moucron.
Joan Jaques de Stadion.
Charles de Hannart
Etenich van Volstain.
Joan Baptista Abenante.
Robert Royer Daste.
Honora to Joan.
David des Guerres.
D. Hernando de Àcuna.
D. Hernando de Robles.
D. Joan d*Ayala.
Gonzalo Rodriguez de &ila
manca.
Antonio de Guzman.
D. Diego de la Cerda.
D. Hierônimo Manrique.
Gaspar Osorio.
Tomàs Declermont.
Don Felipe Manrique.
D. Antonio Puertocarrero.
Martini Maguer.
Joan Velasquez.
D. Joan Pacheco.
D. Bernardine de Granada.
D. César de Siiva.
D. Sancho de Padilla.
Gaspar Mariades.
D. Miguel de Cenoghera.
U)
Joan Carondelet.
D. Diego de Guevara,
D. Hierônimo de Hendoça.
D. Joan Donce.
D. Pedro Sarmiento.
Hierônimo Cerdan.
D. Gabriel de Rojas.
Charles de Salenove.
D. Alvaro de Atarcon.
Alonso Osorio.
D. Martin de Àvendaiîa.
Maximilian de Harsillé.
D. Alonso Pimentel.
Alonso de UUoa.
Tello de Guzman.
El S"»" de Poiurni.
Jaques de Gatinaire.
Hierônimo Âlbanet.
- D. Pedro Manrique.
Felipe de Chassey.
D. Miguel de Moncada.
El capitan Millort.
Charles de Cavel.
D. Pedro de Beamonte.
D. Diego Manrique.
D. Francisco Manrique.
D. Joan Yazquez de Acunà.
D. Francisco de Mendoça.
François de Chaucin.
Pierre de Morbeque.
Andrés de Sucre.
D. Enrique Manrique.
D. Enrique de Palafoi.
D. Bernardino d'Avila.
D. Enrrique d^Avila.
(
Hierônimo de Mettenej.
Charles de Armstorff.
Joan de Mol.
Joan de CruningheD.
Henry de Yzemdore.
Felipe de Codenhoven.
Pierre de Quaderebe.
Andrés, S^ de Vassenaire.
Luis Bravo.
D. Joan Puertocarrero.
Pierre de Brandembourg.
D. Pedro de Lascano.
D. Cristobal Fenolete.
Gérard de Vateville.
Federico de Romezvale.
Philibert de Charnoy.
Prospère de Lulin.
Lambert de Varluzey.
Lazarus Zoendî.
D. Albaro de Lona.
Charles de Galieres.
D. Miguel de Herrera.
D. Antiocho Belite.
Joan , S^ de Lannoy.
Hanibal, visconde Boromeo.
Prospère , conde de Arcos.
Joan de Tian.
Henry de Brederodes.
Gaspar de Robles.
Adrian de Villeryal.
D. Lais Vich.
Jaques de Castre.
Joan de le Douve.
Joan de Abloys.
Cbarled de Sucre.
75 )
Amoul de Cruninghen.
George d*Andelot.
Hendric de Goer.
Gueraldo de Medicis.
Diernt van Dalberch.
El baron de Bolviller.
D. Pedro de Ulloa.
Flory de Aspre.
•
Variés servant.
Adolf de Douvrin.
Françoys de Vaultravers.
Costilliers,
Évrart de Cotterau.
Pierre de la Planque.
Rodrigo de Alarcon.
Guydo de Monfort.
D. George Manrique.
D. Felipe de Cervillon.
D. Joan de Lordat.
Cornille Vauderel.
El conde Atilio de Athenas.
D. Hernando de Valencia.
D. Alonso de Rîl.
D. Bernardine de Velasco.
D. Garcia d*Ayala.
Adan Syncendorsf.
D. Francisco Darino.
D. Carlos Millort.
Joan de Brancion.
Jaques Quarrey.
Cristobal Batury.
b. Lopez Moxicâ.
D. Lorenço de Figaeroa.
D. Juan de la Cueva.
D. Gabriel de Peraha.
D. Rodrigo d*Avalos.
Françoys de Vergy.
Felipe VaDdimeere.
Joan de Bouxtel.
El conde de Poddevaulx.
Nicolas de Gavia.
Joan de Merodes.
Felipe de Liqoes.
Antonio de Cilly.
Antonio de Vasompierre.
Josepe van Tournoiilt.
Jean de Mon fort.
N. de Domy.
N. de Eznique.
l^oys de Merode.
£1 vizconde de Ligni.
Hector Spinola.
Joan-Bap** d*Andelot.
Claudio de Tallant.
Mucher Taller.
Volf van Papenam.
Bornonville.
Mar. de Ganos.
Felipe de Montmartin.
Charles de Longasta.
Arnoul de Bimelsberghe.
Marco Antonio de Noguerol.
Jaques de Morselet.
Pages.
Joan de Noirc^rmes.
(76),
Lots Faulcué.
Théodore de Batenibourg.
Charles de Azce.
Marcos de Ganos, ayo de los
pages.
Pierre Havys, su ayuda.
Eustace de la Sale, capellan de
los pages.
Un cocinero de los pages.
Panateria.
Felipe Baudequin , sumillier.
Pierre Brusset, su avuda.
Guillame de Ham , frutier.
Gery Ayze, oblier.
Giles van Voerspoel, nooço.
Joan Renau, panadero.
Margarita de Brusis, lavandera
de boca.
Andréa Pletinz, mantequero.
E$ch<mçaneria,
Cornelio de Bugnon, ayuda de
sumiller de la caba.
Nicolas Crispeel, sota-ayuda.
Aulbert Grispel , moço.
Nicolas OEneus, cervezero.
Hendrych van Vynchel , cefve-
zero.
Cocina.
Ludovico Visser, cocinero.
Antonio Parmentier, cocioçro.
i
, porUdor. Venant Dnboyi,*coiTeo.
rlador. Joan Lorre, fîamfarero.
ocina. Hans Somegunn, fiambrero.
otagier. BastiandeNouve]les,6Bmbrera.
), paatolero. Hennandela Varde, sastre.
uer. Hïguel île Hun, macero.
, portero d« Eslîenne de la Joncbïere, ma-
cero.
;aad«r. Estienne Horel, ray d'armas.
iroreedor.
roveedor. Trompetai.
nger. Higuel de la Unretle.
Joan lie Palermo.
lUdl. Nicolas Duboys.
inger. Pedro Nacionx.
Joan Nacionit.
s. Françoys de Palermo.
Vincent Ekiloneie.
ibier, Mateo de Palermo.
r , 8P ayuda. Gery Ordin.
Higuel Valentin.
1. Enrique , atavalero.
ro. TaiUdoreB de vilmelat de arcoM.
uda.
da. TomAs Herman. •
Joan Herman.
ixa. Gaspar Payen.
Françoys Cornette.
nrriel de la
Laeayoï.
m aynda.
y uda. Hateo Rotarl.
I, correo. Luis Letret,
(78)
Diego Aparido.
Francisco Ahtarete.
Gaspar Mateo.
Santiago Bhnco.
Moçoê de Niera.
Pierre Gilles.
Antoaio.
Joan Rodrigo.
Alonso.
Un aguador de la cavalieriza.
Hoços de caballos.
Luis de Acevedo , siilero.
Henry Colin, frenero.
M. Domingo, herrador.
M. Federico , herrador.
Willen van Voermes, armero.
Benedicto Scaler, armero.
Joan Fix, armero.
Francisco Noguerolo, dorador.
Fabian Davila, cerragero.
Sanson Openberghe, plama-
gero.
Furriera, -— GentUe$hombre$
• delà cémara.
El S^ de la Chauk.
D. Luis de Çûâiga.
El S*' de Bevres.
El S^"' de Herbays.
El conde d*Agamont.
Don Hemando de h Cerda.
El S* de Noircarmes.
El S* de Hubermont.
El principe d'Oranges.
El conde de Reox.
El doclor GorneKo, médieo de
oàmara.
El doctor Vesalio, médieo de
familia.
Guyon de Monrron, gaarda-
ropa.
Ayudaê de eàmara.
Adrian Diiboys.
Claudio le Beuf.
Antonio de Canos.
Hugues de DouTrin.
Philibert de Yaultravers.
Guillame de Maie.
Nicolas Bonart, barbero de
corps.
Nicolaa Bénigne, ayoda de bar-
bero.
Guiilermo, ayvdade barbero.
Un barbero del comnn.
Estienne Sale, cimjano.
Maestro Frans, cirajano.
Alonso de Palacios, axer de
càmara.
Ogîer Bodart, axer.
Antonio Brun , uxer.
Sébastian Reymbouli, betiei-
rio.
Joan de Corbehen, boticario.
Joan Nicoby , tapieero.
Noiet Palebroo, sa ayada>
(79)
Joan LaDgele, su ajfiida.
Baadiehon, sota-ayuda.
Joes, retopador.
LieTÎn de Billee, ayoda de
gnardajoyas.
François de Valières, ayuda de
guardajoyas.
LoisSigoney, greffier.
François Hannart, aposentador
de palaeio.
Pierre de Croninguen, aposen-
lador de la casa.
Francisco de Tolosa, aposenta-
dor.
Rogier Lestamer, aposentactor.
Gantier de Moucron, aposen-
tador.
Hognçs Consin, aposentador.
Ana Vesalius, lavaiidera de
eorjM.
Amomo Danxon, platero.
Fions Tutenare, sastre.
Rogier Herraert, calcetero.
Narcos Amador, çapatero.
Nicolas Dorley , pell^ero.
Jai|ues vaa Vindelberbre, bor*
dador.
Gilles TMi Gmnebeghe» entaUa-
dor.
Joan Valin, relogero.
Hans Daniel, cerragero.
Margarita Daboys , costurera.
Q eo&de de Heghe», capiUn
de les archeros.
Guillame de Flory, su te-
niente.
Claudio Guy, capellan de los
archeros.
Antonio Savron , furriel de los
archeros.
Bonaventura, trompeta de los
archeros.
Ochenta y cinco archeros.
Rodrigo de Baçan, teniente de
la guarda espanola.
Un alferez, un capetlan y un
furriel de la dicha guarda.
Cient alaharderos de la dicha
guarda.
Cristobal Sterseen , teniente de
la guarda alemana.
Un escribano y un capellan de
la dicha guarda.
Cient alabarderos de la dicha
gnarda.
Francisco de Yera, que ténia
cargo del azemileria.
Un oficial que le ayudaba.
Un herrador del azemileria.
Un bastero dd azemileria.
Pensianarios,
El duque de Saboya.
El duque de Alba.
El conde de Boussu.
£1 duque Adolf de Holstain.
El obispo d'Arras.
El &* de Rye.
El conde de Heghen.
El S* dWndelot.
Polidor de Thian.
Marco Antonio Centurion.
(80)
El secrelario Bave.
Très monteras.
Joanelo.
IV.
INVENTAIRE DE hk TAISSELLB D ARGENT, DES LIVRES, DBS TA-
BLEAUX ET DBS AUTRES MEUBLES QUE l'eMPBRBUR EMPOKTA
EN ESPAGNE (1).
Bruxelles, 18 août 1556.
S'ensuj'll la vaceile d^ar^peDl, dorée et blanche, et auftres meubles que, |Mr
ordonnance de TEmpereitr, Franchois de Vallière8,a^dedeg^arde-jo/atth
de Sa Majesté, a délivré et mys es mains de Jehan Stercke, compaingnoo
en ladicte office au garde-jojaulx de Sadicte Magesté, pour les garder et
conduire, en su/vant Sa Magesté.
Petitte chappelle.
Premièrement, une calice et la patine y servant, pesant trois
marcqs cincq onces.
Item, une boicte à mectre des hosties, pesant ung marcq six
onces hayct estrelins.
(1) Cet inventaire n*est pas, comme les autres pièces de ce recueil, tiré
des archives de Simancas : il existe en original aux archives du royaume, à
Bruxelles (n° 96 des registres de la chambre des comptes). Il porte sur la
couverture le titre suivant : Inventaire dee meubkê que V Empereur print
pour ton portement d'Espaigne, etc.
*
—m
(81)
Item, deut ampoulles, pesant deux luarcqs trois onces sept
estreiins.
Item, ung bassin armoyé au mitant avecque des armes de Sa
Magesté , pesant quatre marcqs cincq onces sept estreiins.
Item, ung benoitier avecque son asperges, pesant huyct
marcqs trois onces noef estreiins.
Item, deux chandelliers d^afgent dorée, pesant dix-sept
marcqs six onces quinze estrslins.
Item, une clochette d*argcnl dorée, pesant trois marcqs cincq
onces.
Item, une croix d*argent dorée ayant ung cnixifix au milieu,
Nostre-Dame et sainct Jehan es costés, ayant au milieu du piedt
dn cnixifix ung escusson des armes de Sa Magesté, pesant dix-
nœf marcqs quatre onces quinze estreiins.
Item , ung aomement de velour cramosy, assavoir : une casu-
ble, une estolle, ung maniple doublé de sattin noir, lesdicts es-
tolle et maniple ayans frainges de fil d'or et de soye rouge; une
serviette de soye rouge, trachée de fil d*or et de soye rouge,
comme dessus; deux frontaulx servans à Taultel, Fung pour le
hanli et laultre pour le bas, de mesmes velours, brodées à Ten-
tour de toyile d*or. Audit frontal, en hault, y a une croix brodée
de la mesme toille d*or.
Item, deux missels, Tung couvert de velour rouge.
Item, ung corporal du mesme velour.
Item, une pierre de proffile enchâssé en boys.
Item, une croix d'argent dorée avecque le piedt y servant,
sur laquelle croix est attachée la resamblanche de Nostre-Sei-
gD«ir, d'argent, pesant quatre marcqs deux onces.
Item, ung calice avecque sa patène y servant, pesant deux
marcqs six onces douze estreiins.
Item, une boicte d'argent, dorée par dehors, servant à
mectre des hosties, pesant ung marcq une once deux estre-
iins.
Item, deux ampoullettes d'argent dorée, pesant ung marcq
ODxe estreiins.
ToxE H. 6
1
Item, deux chandelliers d^argent dorées en auleuoes lieux,
pesant ensamble trois marcqs une once quinze eslrelins.
Item , ung petit bassin d argent , tout le bort et le milieu do-
rée en aulcunes lieux, pesant sept onces trois estrelÎQs.
Item, une platine servant de chandellier, avecque sa mouchette
pendant à une chaynette, pesant sept onces deux estrelins.
Item, ung aornement, assçavoir: une casublede linge dont le
croix et le bort tout à Tentour est ouvrée des esloilies de soye
jaulne et violet; une cstolle et maniple de mesme ouyrage.; deux
frontaulx samblables à ladicte casuble; ung petit fronta/ob
avecque des longues frainges ; d^yn^ pièces pour pendre studict
frontaul , appellées mainges : le tout de la oiesme ouvraige del9
casuble, et doublée de taffetas jaulne; une aulbe et ung amîct
garny de leurs pièses de la mesme ouvraige.
Item, ung livvret en parchemin, eseript à la. main, élujuiné
et historié, comenchant : Tabla de lo$ offidos que en eêlo Ubro
se contienen : primeramente , el officio de la Nativitad, et finis-
sant : Requicscant in pace, amen; ledict livvre couvert de cayr
tanné, ayants deux fermans d'argents dorée, èsquelz à tous costés
sont les armes de Léon et de Castille.
Item, ung aultre livvre, aussy eseript à la main, illamiDé el
historié, commenchant : In nomine Dondni Nostri Jhesti CrisU,
et finissant : Ad compUlorium dicunlur sictit in prima die Pa^œ;
ledict livvre couvert de cuvr tanné, aians deux fermans d'or, le
dedens esmaillé de noir, et au-dessus une rosette eslevée sans
esmail.
Chambre.
Premièrement, une boutaille pour y mectre eaue de senteur»
pesant trois marcqs trois onces cincq^ estrelins.
Item, ung bassin d argent dorée, pesant six marcqs six onces
dix-noef estrelins.
Item, ung esguierre d argent doréç, pesant cincq niaroqs
sept onces unze estrelins.
(83)
Item, ung petit bassin d*argent dorée, pesant trois marcqs
six onces unze estrelins.
Item, une grande couppe avecque sa couvercle d*argent dorée,
pesanl ciacq marcqs trois onees.
Item, une tasse à piedt d'argent dorée, pesavl trot» maroqs
deux OBces quinze estrtlÎBs.
Item, trois tasses d argent blancq à piedt, pesant neef mareqs
deux onces quatorze esirdîns.
Item, ung petit flaccon d'argent, pesant trois marcqs cîncq
onces dix-sept estrelin».
Item, six cbandelliers d'argent, pesant ¥ingt-six marcqs
cineq onces.
Item, deux chandelliers d'argent, pesant eineq nvareq» sept
onces unze estrelins.
Item, une platine d argent, pesant ung marcq nnze estrelins.
Item, ung eaatre d'argent, pesant vingt raareqs wx onees
QDze estrelins.
Item, ung grandt bachin d'argent parfond, et ung petit, pe-
sans ensamble unze marcqs quatre onces deux estrelins.
Item, ung bacbin noir d'argent, pesant treize marcqs trois
onces.
Item, deux petits pottequins d'argent, qui sert à la cbanifare
de Sa Magesté pour y roectre bouoqnetz, pesants ensemble deux
marcqs sept onces dix-sept estrelins.
Item, ung pispot d'argent, pesant deux marcqs quatre onces
unze estrelins.
Item, ung grand bassin d'argent blancq, pesant six marcqs
cincq estrelins.
Item, ung petit bachin d'argent blancq, pesant trois marcqs
trois onees douze estrelins.
Item, une esguière d'argent blancq, pesant dncq marcqs
qjnatre oaces deux estrelins.
^
(8»)
Barbie,
Premièrement, ODg bachin à barbier, d'argent, pesant cineq
marcqs trois onces unse estrelins.
Item, deux potz d'argent, pesant ensamble unze maroqs sept
onces sept estrelins.
Item, ung petit bachin d'argent dorée, pesant ung marcq
sept onces treize estrelins.
Item, ung recuroir des oreilles, d'or, pesant seize estrelins.
Item, une petitte boicte placte, d'argent dorée, avecque une
aultre moindre dedens, ouvrée à la morisque, pesant ensamble
sept onces noef estrelins.
Item, ung petit pot d'argent, sans couvercle, servant de
pissepot, pesant ung marcq deux onces.
Item, une petite fiole d'argent, pesant une once douze estre-
lins.
Pann^rie.
Premièrement, une sallière d'or, pesant ung marcq trois
onces huyct estrelins.
Item, une cuUière d'or, avecque une pièce de licorne au mi-
lieu , pesant une once dix-huyct estrelins.
Item, une sallière d'argent dorée, bien ouvrée, pesant ung
marcq seize estrelins d'argent.
Item , deux petittes sallières dorées rondes, chascune de deux
pièces, servant l'une sur l'aultre, pesant ensamble deux onces
dix-noef estrelins.
Item , six trenchoirs d'argent dorées quarées, pesant ensamble
unze marcqs deux estrelins.
Item, douze cuillères d'argent, pesant «ensamble trois marcqs
quatre estrelins.
Item, une cullière d'argent dorée, pesant deux onces cincq
estrelins.
(85)
Item, deux ouviers d*argent dorées, pesant ensamble ung
marcq trois onces dix-sept estrelins.
Item, coffins d*argent dorées servant à mcctre cnredens,
pesant trois onces douze estrelins.
Item, huyct escuelles d'argent, avecque les armes de Sa
Magesté, pesants ensamble vingt marcqs deux onces.
Item, ung bachin d'argent tout trouué, pesant deux marcqs
une once.
Item, deux tasses d'argent, pesant ensamble six marcqs cincq
onces dix estrelins.
Item, deux reschauffoirs d'argent, pesant ensamble quinze
marcqs une once unze estrelins.
Item, une petitte boicte d'argent, à mectre passes, pesant
quatre onces ung estrelin.
Item, ung pot d'argent, à mectre moustarde, pesant trois
marcqs trois onces dix-sept estrelins.
Item, deux boictellettes d'argent souldées ensamble, servant
à mectre pesches, pesant sept onces douze estrelins.
Item, deux sallières d'argent, pesant ensamble deux marcqs
sept onces quinze estrelins.
Item, une collière d'argent dorée ayant la manche quarré,
pesant deux onces cincq estrelins.
Item , trois grands cousteaulx et une fourquetle garnie d'ar-
gent dorée, avec les armes de Sa Magesté; la gayne est couverte
de velour noir, gamye les deux boutz d'argent dorées.
Item, deuxaultres payres de cousteaulx avecque leurs deux
gaines, garnies les deux bouitz d'argent, dorées au mitant.
Cave.
Premièrement, ung lingot d'or, pesant cincq onces dix estre»
lins et demy.
Item, deux couppes d'argent dorées, à couvercles, pesant en-
semble douze marcqs six onces dix estrelins.
■•■Ai
(86 )
Item y six grandes tasses d'argent dorées, pesant ensarable
trente-quatre niarcqs trois onces dix estrdins.
Item, une esguierre d'argent dorée, pesant six marcqs deax
onces dix-neuf èstrelins.
Item, deux bassins d argent dorée, pesant ensamble douze
marcqs six onces cincq esireiins.
Item, deux aultres bassins d*argent dorée, pesants eoisamble
douze marcqs sept onces dix-noef estrelins.
Item, une tasse d aident dorée, pesant trois marcqs dnq
estrelins.
Item, une aultre tasse d'argent dorée, pesant trois marcqs
trois onces sept estrelins.
Item, trois potz d'argent blancq, pesant ensamble vingt-noef
marcqs trois onces quinze estrelins.
Item, deux aultres potz d'argent, pesant ensamble vingt et
ung marcqs six onces douze estrelins.
Item, deux aultres potz d'argent, pesant ensamble vingt
niarcqs sept onces.
Item, ung petit pot d'argent, pesant noef marcqs six onces.
Item, quatre flaccons d'argent, avecqne leurs couvercles et
chaynnes , pesans ensamble quarante-noef marcqs six onces.
Item, deux aultres flaccons d'argent avecque leurs couvercles
et chaynnes, pesant ensamble vingt-sept marcqs trois onces dix
estrelins.
Item, quatre petitz flaccons, avecque leurs couveroies et
chaynnes, pesant ensamble vingt et ung marcqs trois onces dix
estrelins.
Item, ung grand pot d'argent à porter eaue, pesant dix-huyct
marcqs six onces dix-huyct estrelins.
Item, six tasses d'argent, pesant ensamble dix-noef marcqs
quatre onces.
Item, deux esgqierres, avecque les armes de Sa Magesté, pe-
sant ensamble douze marcqs quatre onces douze estrelins.
Item, trois ampoulles ou flaccons servans pour rafreschier vin,
pesant ensamble dix-sept marc((s sept onces dix-huyct estrelins.
T»»-r • \«Ç'* •■■*.;'
(87)
Item» QD petit cimuldëron d'argent, t)esant trois knarcqâ une
ooce ung estrelin.
Item, deux embouchures d'argent, servans h deux bouraches,
pesant ensamble deux marciqs deux estrelins.
Item» ung pot d'argent, pesant cinq marcqs cincq oiîces
unie estrelins.
Item, six gobeletz d'argent, pesant ensamble quatoirze marcqs
cincq onces noef estrelins.
Item, ung petit gobelet avecque sa couvercle, pesant sept onces
quatorze estrelins.
Item, ung petit bâton d'argent, sen'ant pour nettoie^ la bouche
de Sa Majesté, pesant seize estrelins.
Item, ung goubelet d'argent, dorée en anicuns lieux, pesant
oDg marcq sept onces treize estrelins.
Item, deux esguierres d'argent avecqne leurs couvercles, Fung
plus grant que l'aultre, pesant ensamble cincq marcqs cincq
onces cincq estrelins.
Item, ungbacbin d'argent blancq, pesant six marcqs.
Item; trois petittes fiaccons d'argent, pesant ensamble huyct
mireqs trois onces dix estrelins, sans leurs couvercles, qui sont
de cuir.
Item, une tasse d'argent à piedt, pesant trois marcqs quinze
estrelins.
Item, deux tasses d'argent à piedt, pesant ensamble six marcqs
deux onces quinze estrelins.
Saulcerie.
Premièrement, ung bien grandt plat, pesant unze marcqs
sept onces.
Item, dix moindres platz d'argent, pesant ensamble quatre-
vîngts-quatre marcqs sept onces cincq estrelins.
Item, trente-six moiens platz d'argent, pesant ensamble deux
centz seize marcqs deux onces douze estrelins.
(88)
Item, trente-six petits platz d*argent, pesant ensamble eeot
quarante- cincq marcqs deux onces.
Item, quarante-huyct escuelles d*argent, pesant ensamble cent
quarante-quatre marcqs dix-sept estrelins.
Item, deux platz d^argent plus longs que larges, pesant en-
samble vingt et cincq marcqs trois onces dix-noef estrelins.
Item, deux parfonds plats et deux escuelles à oreilles^ servants
à prendre bouillon , pesant ensamble huyct marcqs six onces
treize estrelins.
Item, deux tasses d*argent, pesant ensamble six marcqs ttm
onces sept estrelins.
item, deux pottequins d'argent, pesant ensemble sept maroqs
cincq onces seize estrelins.
Item, trente-six trencboirs d*argent, pesant ensamble cinc-
quante-deux marcqs cincq onces dix estrelins.
Apotèquerie.
Premièrement, une loucbe pesant trois onces unze estrelins.
Item, une tasse d'argent, à piedt et à couvercle, pesant quatre
marcqs sept onces six estrelins.
Item, deux d'argent, dont Tune est dorée, pesant ensamUe
trois marcqs six onces douze estrelins.
Item, ung goubelet d'argent dorée: pèse ung marcq treize
estrelins.
Item, ung aultre goubelet d'argent à piedt, pesant ung marcq
quatre onces deux estrelins.
Item, ung aultre goubelet samblable, pesant ung marcq trois
onces cincq estrelins.
Item, une fourchette d'argent, pesant une once deux estre-
lins.
Item, une palette d'argent dorée, pesant une once quinze
estrelins.
Item, une boicte double avecque sa palette, pesant trois
marcqs sept onces ung estrelin.
(89)
Item, UDe petitte boiete placle d'argent, pesant sept onces
deux eslrelins et demy.
Item, ung long flaceon d'argent, pesant deux marcqs quinze
estrdins.
Item, ung auhre flaceon d'argent, pesant cinq marcqs deux
onces quatre estrelins.
Item, ung pot d'argent, pesant cincq marcqs une once six
estrelins.
Item, ung aultre pot d'argent, pesant quatre marcqs sept
onees trois estrelins.
Item, deux boictes d'argent, pesant ensamble cincq marcqs
deux estrelins.
Item, deux longs flaccons d'argent, pesant ensamble deux
marcqs six onces dix estrelins.
Item , deux ampoullettes d'argent, pesant ensamble ung marcq
une once cincq estrelins.
Item, ung petit pot d'argent, pesant ungne once quinze
estrelins.
Item, ung flaceon d'argent, pesant sept marcqs sept onces
qoinze estrelins.
Item, ung escumette d'argent, pesant ung marcq trois onces
QDg estrelin.
Item , une balanche avecque sa chainneKe et bassins , pesant
six marcqs cincq onces quatre estrelins.
Item, une aultre balanche plus petitte, avecque sa chnin-
nette et bassins, pesant ung marcq trois onces quatorze estre-
lins.
Item, une louche d'argent, pesant deux onces unze estrelins.
Item, deux sarenges d'argent, pesant ensamble cincq onces
seize estrelins.
Cérerie.
Item, six chandelliers d'argent, pesant ensamble vingt et six
marcqs sept onces.
(90)
Croix et tableaux de dév9iùm.
Premièrement, tine moîenne croix d'or et custode
dorée en aulcunes lieux, aianl plusieurs reliqnères éedens, et de
la vraye croix que le cardinal de Trente a donné à Sa Magpsté,
pesant Tor trois onces ung estrelîn ; et l'argent poise deux maroqs
quatre onces dix-huyct estrelins.
Item, une petitCe croix d'or, où y a une petitte piècbe de la
vraye croix , que ceulx du cloistre de Sainct-Paule ont donné
à Sa Magesté : pèse dix estrelins huyct grains.
PainehàreB de diwiivn.
Premièrement, de la Trinité, faiet par Tisiane (0« en grande
forme, sur toille.
Item, une éfigie de Nostre-Seignetir imprimé en cuivre i aiant
à Taultre costé plusieurs lettres hébraïques, ladicte éiigie mise
en une petitte boicte d or faicte de la mesme largeur, avecque
son couvercle de mesmes : icelle boicte pèse ung once dix-buiet
estrelins et demy.
Item, ung tablian de bois bien ouvré, en forme de portai,
ayant deux feuletz dessus le premier, et painct renonciation; et
au plus hault est une ronde bottelette , où est une médaille de
camabieu garnie d'or, où est-contrefaict l'Empereur et le roy
d'Espaigne, et par dedans ledict tableau sont noef médailles
d or, les unes plus grandes que les autres. La première, comeii-
chant en bas , est la resamblancbe de Sa Magesté; la seconde de
la resamblancbe de l'Enipératrixe, et la troisiesme du roy d'Es-
paigne, et plus haut est la resamblancbe de Sa Magesié contre-
faict en l'an 1541 , et la cinquiesme est la resamblancbe du roy
d'Espaigne ; la sixiesme est la resamblancbe de la royne d'An-
(1) Le Titien.
(91)
gleterre, et en la septienne est contrefaict la resamblanche de
Sa Magesté; et auprès aa mitant est contrefaictte la roynne de
Bohème , fille de TËmpereur; et en Taotre est contrefaictte la
princesse de Portugal , seconde fille de Sa Magesté; et à Tautre
costé dudict tabliau est painct dessu le feuillet Nostre-Dame de
Pitié tenant Jésus en son giron, et par dessoubz ledict feuillet
Ton voit Tenvers desdictes noef médailles d*or, et tout au plus
hault dudict costé, par dehors, gravé ung camahieu garny d'or
de la resamblanche de Tlmpératrixe, que Dieu aye en gloire.
Pèsent ces noef médailles sept màrcqs quatre onces quinze
estrelins.
Item, ung grandt tabliau de bois, où est contrefaict Jésus-
Crist portant la croix, mené de deux juifs, Nostre-Dame et sainct
Jehan et la Véronique et Simon le suivant; faict par maistre
Michaél(i).
Item, ung aultre tabliau de bois, où est contrefaict Jésus-
Crist en croix , que sert pour mectre dessus ledict grandt tabliau
faict par maistre Michaél.
Item, la resamblanche de Jésus-Crist sur pierre, comme il fust
flagellé, avecque ,ung Nostre-Dame de Pitié desur bois, atachée
ensanAle;.faicte par Tisiane.
Item , une aultre resamblanche de Nostre-Sçigneur sur bois, et
une Nostre-Dame de Pitié desus pierre, atachié ensamble; faicte
par Tisiane.
Item , une Nostre-Dame de Pitié , faict desus bois par Tisiane.-
Item , une aultre Nostre-Dame, faict desur toille, tenant Jhésus
entre ses bras; faict par Tisiane.
Item , deux petitz tableaux de bois garnis de bois d^ébenne ,
rang plus grand que Taultre, qui se ferme comme miroirs : le
plus grand se pendt avecque ung anneau d'argent doré^; par
dedens est painct Nostre-Dame tenant Jhésus; tout droict est
joindant ung homme dormant, qui samble estre Jesse ou Josep ,
(1) Voj. CharUt'Quini, tic, par M. Mimet, â* édition, p. 214.
(92)
reposant sa main dessu une table là où est une rose, et Taultre
costé samble estre saincte Elisabeth tenant sainct Jeban-Baptîste
par la tnain tout nud; et en Taultre tableau est palnete Nostre-
Dame tenant Jhésus, qui se joue avecques sainct Jehan Tévan-
gëliste, et de ung costé et d*aultre de Nostre-Dame sont, qne
hommes que femmes, sept personnaiges.
Item, la resamblanche de TEmpereur et de Flmpératrixe, sur
toille, faicte par Tisiane.
Item, la resamblanche de FEmpereur armé, sur toille, faite
pas Tisiane.
Item, la resamblanche de Tlmpératrise, faict sur toille, que
Dieu ayt en gloire; faict par Tisiane.
Item, ung tabliau de la resamblanche de la roynne d*AngIe-
terre, faict par Tomas More.
Item, une petite pièse de tapiserie de la Adoration des trois
roys.
Item, ung anltre petit tabliau de bois, là où sont contre-
faictes les quattre enffans du roy de Bohême, deux filz et deux
filles.
Item , une pièce de licorne, percée au milieu : est soyée de la
grande et première licorne; pesant quatre onces noef estrelins
dix grains.
UEmi^ereur , ayant ven cestuy inventoire, et tous les articles
cy-dessus escripls, spéciffiés et déclairés, a ordonné et ordonne
par cestes à François de Yallières, son ayde de garde-joyaulx ,
suivant sa personne, qu*il mette, baille et délivvre tôt ce que
cy-dessos est escript, es mains de Jehan Stercke, compaingnon
audict office, auquel il ordonne les recepvoir et luy en faire
garde; et d*icelles parties il a deschargé et descharge ledict
François de Yallières, en rapportant le récipissé dudict Jehan.
Faict à Bruxelles, lexvai^ jour du mois d'aoust, Tan quinze
cens cinquante et six.
CHiKLES.
(93)
Je, Jehan Stercke, compaignon à Toffice de garde-joiaulx de
TËmpereur, nostre sire, certiffie et connois en vérité que jay
recen de Franehois de Vallières, ayde audit office de garde»
joiaulx de Sadicte Magesté, tous les articles icy-dessus contenus
en douze feoiiletz icy-devant escripts. Dont j*en prometz faire
iHHine et soenre garde, et y rendre bon compte à Sadicte Magesté,
00 auitre à qui il plaira à Sadicte Magesté ordonner. Tesmoing
mon singne manuel cy-mis. Faict à Bruxelles, le xviii® jour du
mois daoost. Tan quinze cens et cinquante-six.
J. Stergke.
V.
PHILIPPE II A LA PRINCESSE DONA JUANA.
Départ do l'Emperear pour la Zélande, où il s*einbarqaera au premier vent pro-
pice. — 11 a résolu , afin de ne pas occasionner de déplacemool à la princesse ,
de loger, à Yalladolid , en la maison de Gomei Perez de las Marinas , où Riiy
Gomez loge ordinairement. — Dispositions à faire en conséquence. — L'Em-
pereur, en débarquant , enverra à Yalladolid son maréchal des logis , afin que
tout soit arrangé à son goût. — Les reines de France et de Hongrie descendront
au palais , qu'il faut faire évacuer en conséquence par les conseils qui y siègent,
et qui pourront s'établir provisoirement en la maison de D. Francisco do Tobar.
— Quoique l'Empereur ne l'ait pas voulu , il conviendrait que quelques per-
wanes principales et quelques gentilshommes allassent au-devant de lui au port
où il débarquera, outre les six prêtres pour lesquels il a été déjà écrit.
Gand, 8 septembre 1556.
El Emperador mi senor partie de aqui para Gelanda à los
veinte y ocho del passade, y Su Magestad esta en aquella isla
en buena dispnsicion, à Dios gracias, y se embarcarà con el
-1-7^
(94)
primer tiempo; y segua se va peaiendo, parasce c(ae no se dila-
tarà; y Su Magestad, porque no liagais madanza, ha detenni-
oadp de posar en la casa de Gomes Ferez de las Marinas» donde
posaba Ruy Gomez. Mandaréis que se eoiaieoze à limptar y
adereszar en las cosaa m^oudaa que fueren mentsler, y que se
tengan compradas alguaas lablaa y siadera y materiales, pan
que, si Su Magestad ordenare que se ie kagaa y acemoden
algunas pizzas, se pueda bacer eon brevedad : que en éesembar-
caudo, enviarâ por la posta adebnte^à Rogier^ su aposentador
de palacio, para que le tenga hecbo el aposento à su yoluDtad.
Y porque es razon que las serenisimas reinas de Francia y
Ungria mis lias posen en palacio, y, si no se desembarazasen las
piezas que tienen ocupadas algunos de los consejos y otros
oficiales que se juntan en palacio, no habria recaudo suficiente
para sus personas y mugeres, y para vos y el principe mi bijo,
mandaréis que se desembarazen , y que se ponga en ôrden lo
que fuere menester , y que se dé recaudo à sus aposeutadores
que eoviarân , asi en palacio como fuera dél , para sus oficiales
ordinarios y estados que no cupieren dentro, y ban de estar à la
mano, y para los otros criados que llevan en su servieio. Y para
que se junten à consejo los que habieren de salir de palacio, se
les podrà senalar la casa de D. Francisco de Tobar, 6 otra, si la
hubiere cerca.
Y aunque Su Magestad no ha querido tratar dello , séria jnslo
que viniesen al puerto algunas personas principales y caballeros
y un perlado que le acompanasen, demàs de los seis capellanes
que se ban escriLo : que , con que entiendan que vos holgaîs dello ,
y que paresce asi à los dei consejo, es de créer que, sin mao-
dargelo espresamente , lo haràn, guiàndolo y endereszàndolo
como viéredes que sera mejor , de maneni que se haga.
De Gante, à 8 de setiembre 1556.
r
(9S)
VI.
L4 PaUiCBSSE DOlU JUAHA A LUI» QUUAOA.
Ayant appris le débarquement de I.' Empereur et des reinea à Laredo , elle le prie
de s*y rendre à la réception de cette lettre, et par la poste ; de faire connaître à
TEropereur les deux logements dont il peut disposer, et de lui demander s*il
veut (pt'im place des poêles on <]fu'oa £ssse autre chose n celui qu'il choisira ; s'il
di^aijDB être eocoiçlé àfi la garde à cheval «t à pied , et accompagné de quelques
grands ou gentilshommes; si une réception devra lui être faite, ou aux reqies,
à Burgos et à Valladolid ; si le prince, et elle, et les conseils iront au-devant de
lui. — Elle charge Quijada de veiller à ce que rien ne manque à l'Empereur et
au letaes p^adani le voyage.
y^Ua^i^Ua, 1<' octobre 1556,
Là Pbwcbsa.
Luis Mendez Quijada , mayordomo del Eraperador mi senor ,
esta manana be tenido aviso que el Emperador , mi senor, y las
terenisiinas reynas mis tias llegàron à Laredo el lunes pasado,
Tispera de Sant Miguel , y Su Magestad se desembarcô aquella
larde , y ellas el dia siguiente , y que vienen buenos : de qu'e
dado mue bas gracias à Nueslro Senor y recihido el placer y con-
li^ntamienlo que es razon. Y porque ternâ necesidad de vos para
el caroino , y tambien conviene saber con tiempo donde querrà
posar en esta viUa, os ruego que, luego que esta recibais, os
partais y vais por la posta à S. M'** , y llegado le deis cuenta de
las dos maneras de aposento que de aqiii llevastes entendido(l).
(1) Le 33 septembre, la princesse, sachant que Quijada se proposait de
partir pour Laredo, où Ton s^attendait que débarquerait rEmpereor, lui
avait mandé de Tenir en diligence A Valladolid f el elle lui avait montré, pour
quMl en rendît compte à son ancien maître, deux maisons qui semblaient
propres à son logement.
(96)
y me aviseis coq toda diligencia cual dellos qniere Sa Magestad,
y si manda que se haga en ellas alguoas estufas 6 otras cosas,
para que se haga y esté à punto para su llegada.
Asimismo os ruego entendais de Su Magestad si quiere que
se envie guarda de pîé y de cavallo para su acompanamiento 6 de
las sereoisîmas reynas mis tias ;
Si sera servido que vayan algunos grandes 6 caballeros, para
que vengan en su acompanamiento;
Asimismo si querrà que en Burgos y aqui se haga recibi-
miento à Su Magestad, ô â las reynas mis tias, y de que manera;
Si manda que el principe, mi sobrino , le saïga à rescibir al
camino,y adônde;
Si sera servido que yo haga lo mismo, 6 los consejos que aqai
estàn;
Y que me aviseis con toda diligencia particularmente de lo
que fuere su voluntad en todo.
Asimismo os encargo tengais el cuidado, que de vos confie,
que por el camino sea Su Magestad muy bien proveido de todo
lo que fuere menester, y lo mismo las serenisimas reynas mis
tias , y de entender si hay en ello buen recaudo : avisando al
alcalde Durango de lo que os pareciere que sera necesario que
él provea , para que no baya falta , y à mi siempre de lo que de
aca conviene que se provea para ello : que en ello me haréis
mucho placer.
De Valladoiid, â primero de octubre 1556 (i).
La Pringesa.
(1) Quijada reçut cette lettre le 3, à trois heures du matia. Quoiqu*mdis-
posé, il se mit en route deux heui^s après, et il arriva à Burços le o, à neuf
heures avant midi. A Burgos, il ne trouva ni chevaux de poste, ni chevaux de
louage, pour continuer son chemin. (Lettres de Quijada à la princesse et à
Vazquez, des 2 et S octobre.)
Nous avons dit, dans le t. I^**, p. 7, note 3, diaprés les extraits de M. le
brigadier Aparici, que Quijada était arrivé à Laredo le 9 octobre. C^est une
erreur : il ne put y être avant le 5 ou le 6.
(97)
VI r.
LUIS QUIJADA A JUAN TAZQUEZ (1^
Averti&seioent c«iifid«ntiel des propos qni se tiennent sur ce que la prin<iesse
n'envoie pas plus souvent risiter son père. — Entrée des reines à Burgos. —
L'Empereur ne yent pas que le connétable de Gastille lui fasse de réception.
Burgos 1 14 octobre 1550.
liastre isenor, uua cosa suplico à Viiestra Merced, y esta
DO la en'tienda nadie, y lampoco la eiitendiera, sino que veo la
entienden aignnos de los que vienen aqui, y miran en qoe S. V
no aya enbiado à bisitar nias vezee à an padre de lo que locho (2) ;
y puédese azer con lion correo que traya très renglones. Y no
lo diria à otro que à Vuestra Merced , à quîen suplico rompa
6sU (3)
Las reynas entran al punto , y alla es ydo el condestable bien
aconpanado. Su Magestad no quiso que le saliese à recebir, sino
que le esperase en su posada (4)
De Burgos, à los i 4 de octubre.
Luis Quuada.
(1) Qnijada avait écrit, le matin du même jour, à Vazqaez, pour lui
annoDcer Farrivée de TEmpereur à Burgos. Voy. le 1. 1'^, p. 31 .
(3) Sic , pour lo ha hecho,
(S) Gaztelû écrivait le même jour à Vazquez , dans le même sens.
(4) Alonso Castillo écrirait, le même jour, de Burgos, à Vazquez : « El
• eoodestable, con todos sus parientes, esta aqui. Pùsoles la casa muy bien
• en 6rden, y tiene mucho cuidado de regalar â iodos. •
Tome 11.
(98)
VIII.
LA PRINCESSE DOMA JUANA A PHILIPPE 11.
Débarquement de l'Empereur et des reines à Laredo. — Dispositions prises par h
princesse : envoi de 4,000 ducats , de six prêtres, du connétable de Gastillei de
révoque de Salamanque et de Luis Mendez Quijada. — L'Empereur ordonne à
révéque de Salamanque d'accompagner les reiues. Il choisit, pour son logement
à Valladolid , la maison qu'habitait Ruy Gomez , et ordonne d'y faire des che-
minées, le palais devant être rêsenré pour les deux reines. — 11 veut que la
garde à cheval , seule , soit chargée de l'escorter; qu'on ne lui fasse pas de ré-
ception ; que les grands ne l'accompagnent pas , ceux qui désireront le visiter
pouvant se rendre à Burgos ; que le prince aille au-devant de lui, à Gabesôo.
A Valladolid, il ne veut de réception que pour les reines : quant à lai , H suffira
que le corrégidor et quelques conseillers aillent h sa rencontre, pour le guider,
et la princesse l'attendra dans la chambre qui lui est destinée*. — Envoi deD. En-
rique Enrîquez de Guznian et de D. Pedro de Pimenlel pour le visiter, ainsi
que les reines, de la part de la princesse et du prince. — Ordre, donné nn courte
de Benavente et à l'amiral de Castille , de l'accompagner. — Nouvelles de son
voyage; son arrivée à Burgos ; fêtes que lui préparent en cette ville le duc et b
duchesse de Prias. — Le général des hiéronymites et fray Juan de Ortega
mandés à Valladolid, selon ses intentions.
Valladolid , 15 octobre 1556.
A primero del présente, escribi à V. A** con un corrco que
mandé despachar, y aquel dia me lle^ô aviso delà desembarcacion
del Emperador mi senor, y de las serenisimas reynas mis lias,
que fué en Laredo à los 28 del pasado, bispera de Sanct Mi|cuel,
con salud : de que doy muchas gracias à Nuestro Senor. Y« condo ya
escribi à Y. A*', se babia proveido an tes que Hernando Ochoa (1)
enviase luego al puerto los cuatro mil ducados, los très mil para
el gasto de S. M'*** , y los mil para el acarreto del armeria de
(1) Hernando de Ochoa était trésorier du roi.
(99)
V. A"*, y que fueseD los seis capellanes; y tambien avisé al con*
destable (i) para que saliese alcamino, para venir acompanaodo
ÂSb M^ y à las sereDisimas reynas mis tias, y me respoodié
que, annqoe ténia poea salud, lo haria (2), y el obispo de Sala*
manca Ilegô à buen tiempo(3), y S.M^'^ le mandé que no tuviese
eoenta con él , sino que se viaiese con las reynas; y tambien llegé
Luis Mendez Quixada à servir à S. M^"""*, el quai viô los aposen*
tos de aquf , para dar razon dellos à S. M^'*^, y yo le encargué que
supiese si era servido que se le hiciese recibimiento en Burgos
y aqui, y donde mandaba que fuese la guarda de caballo y de
pié, y saliese el principe à besarle las manos, y que tambien
haria yo lo mismo, y los consejos. El quai después de haberlo
comunicado oon S. M^ , me escribié el dieho Luis Quijada que
habia elegido para sy la casa en que posaba Ruy Gomez, y que en
ella se biciesen très cbimineas, las cuales estàn haciendo, y en-
tablando algunas piczas, y que las reynas estaban contentas del
«posente que se les da en palacio, porque yo dejo el mio à la
reyna de Francia , y el principe el suyo à la de Ungria , y yo me
paso al aposento que ténia el dnque d*Alba , y el principe à los
eDiresuelos, y témanse à los del consejo real los que ténia,
porque el principe tenga sol, y pàsase el consejo adônde estaba
(1) Par lettre du 18 septembre.
(S) La princesse lui répondit, le 27 septembre, que ce serait pour elfe un
grand contentement, sMI pouvait aller au-devant de l'Empereur et des reines,
et les accompagner jusqu'à Valladolid, « porque, ajoutait-elle , en tal liempo
9 DO séria razon que faltâsedes, pues vos y vuestros pasados siempre os habeis
9 «efialado en todo lo que se ba ofrescido de su servicio, y esto no podrà
• dejar de ser may acepto à S. M^^ y al serenisimo rey mi hermano, y â
• mi me haréis mocbo cargo en que asi lo hagais. •
(8) La princesse avait écrit, dès le 18 septembre, à Pévéque de Salaman-
que, pour lloviter à aller au-devant de l'Empereur , à Laredo.
Le 4 octobre, D. Lois de Carvajal faisait savoir à la gouvernante que
Véwéqué était arrivé fort à propos, et que l'Empereur avait été très-satisfait
fmits qae ce prélat lui avait apportés.
fîous possédons ces deux lettres.
(100)
el de las ôrdenès , y este y la contaduria se pasan en casa dd
comendador mayor de Léon , doiide se les da boen recaado : de
manera que solo el consejo real y el de Aragon quedarân en
palacio. £n lo de la guarda , manda que solo vaya la de caballo,
la cnal es ya partida. No quiere que se le haga recibimiento, ni
que vayan grandes à acompaoarle, siao que los que quisieren
vayan à Bnrgos, y de alli se vuelvan , y alli mandé al duque de
Âlburquerque que salîese, y al principe manda saïga à Cabezôn,
y porquc vaya bien acompanado , he mandado liamar ai conde
de Benabente (I) y al almirante, para que, demàs de los otros
grandes que aqui estân , vayan con él. No quiere que aqui se le
haga recibimiento , sino que solo saïga el corregidor y algaoM
regidores, para que le guien, y que el recibimiento quede para
las serenisimas reynas mis lias, y que yo le espère en su câmara,
para cuando llegue : y asi se cumplirà à la letra.
Don Eorique Enriquez de Guzman y D. Pedro Pimentel (S)
fuéron à visitar à S. M*"^ y à mis lias de mi parte y de la del
principe : los cuales son vueltos, y dicen que le dejàron en
Médina de Pumar en buena dispusicion , y que partiria de alli
el domingo pasado , y vernia en très jornadas à Burgos; y segan
esto, entré alli el martes pasado, donde esperaria & las sereni-
simas reynas, que ban venido una jomada detràs, y que estaràn
alli dos é très dias, y luego partirian para venir aqui, donde
se espéra que seràn para los 22 del présente; y el dicho condes-
(1) Nous avons la lettre de la princesse au comte de Benavenie : elle est
datée du 1"^ octobre. La princesse dit au comte que, comme il y a tant
d^années que FEmpereur a quitté PEspa^^ne, et qu'il y revient maintenant, U
est juste que quelques-uns des g^rands aillent au-devant de lui et raccom-
pagnent jusqu'à Valladolid; qu^elle Ta, entre autres, choisi avec le connétable
de Gastille à cet effet; qu'elle est persuadée qu'il s'en réjouira, etc.
(3) D. Enrique Enriquez de Guzman avait été désigné par la princesse,
dès le 18 septembre, pour aller visiter, en son nom, l'Empereur et les reines.
D. Pedro Pimentel, son gendre, devait remplir la même mission, au nom
du prince D. Carlos.
( 101 )
table j la duquesa de Prias su muger me dicen que les tienen
aderesçada mncha fiesta en Burgos, bien acompaâados.
La casa donde ha de posar S. M^*^ se aderesça, y tambieu los
aposentos para las serenisimas reynas en palacio, como con-
viene; y enTÎô à mandar S. M'*' que, para cuando llegase aqui,
se ballasen en esta villa el gênerai de los gerônimos y fray Juan
de Ortega, y que se le hicîese de nuevo vino de sen , y asi he
mandado que se proyea.
I)e Yalladolid , â i 5 de octubre \ 556.
IX.
FRANCISCO OSORIO (1) A PHILIPPE II.
EatrM de rEmperair à Yalladolid le 91 octobre , après midi ; réception qui lui
est faite par le eoDoétable et l'amiral de CnstîUe , le comte de Benavente , le
marquis d'Astorga , les ducs de Nagera et de Sesa , les prélats , le corrégidor et
toot le corps de la ville. — Entrée plus solennelle des deux reines le lendemain;
elles sovpent ayee la princesse; paroles de satisfaction de la reine Marie. —
Kzcellente santé de l'Empereur, des reines , de la princesse el du prince. —
État sanitaire de Vnlladotid ; rétablissement de la comtesse de Miranda ; mort
du comte d'Albe. — Température favorable. — Contentement que l'Empereur
■lODtre de don Carlos : remarque faite à propos du prince , le jour où il alla
aa-de>aot de son grand père. — Paroles de l'Empereur à Osorio. — Longue et
bienveillante audience qu'il donne aux membres du conseil d'État ; remerei-
ments qu'il leur adresse de leurs services et de leur cèle; compte qu'il leur
rend de ses actions; éloge qu'il lait du Koi.
Yalladolid, 26 octobre 1556.
S. C. R. M**', bendito sea Dios Nuestro Senor, que Vuestra Ma-
geatad tiene la salud entera que tan uniYersalmente se desea : à
ao diYÎna piedad plega de la conserbar como la cristiandad lo
^1) Dào» des actM de 1545 et 1545, que notis avons loas les yeux, Fran-
( 102 )
ha menester ; y de suplicar por ella en los monesterios donda se
hace la contina uracion , se suplica cod la dibucion y aficion qoe
contino escribo à Vuestra Magestad , y dello tengo el cuidado
que Vuestra Magestad es servido quç se tenga. Y esta lia tenido
fuerza por que Su Magestad haya llegado à estes reinos, y las
serenisimas reinas, con entera salud, y cod ella entré Su Ma-
gestad en esta villa miércoles en la tarde, que fuéron veintey
UDO deste mes , y saliéron los grandes que aqui esperaban à Su
Magestad, al caminb, à besar los pies à Su Magestad : que son
el condestable, y conde de Benavente, y marqués de Astorga.y
almirante, y duque de Nagera , y duque de Sesa , y otros , y los
perlados qoe aqui se hallàron , y el corregidor con toda la TÎUa;
y fué su Magestad recebido con moy grande alegria. Y otro dîa, à
la mesma ora, entràron las serenisimas reinas, y fuéron rece-
bidas con el mismo amor y solenidad, y con tronpetas y atabales
y menistriles, y saliéron los consejos, y iglesia, y estudio, y los
dotores, con sus insinias, y el colegio con sus vecas coloradas;
y llegàron Sus Magestades à palacio con hachas , y la princesa
roi senora bajô al patio con el principe nuestro senor, y con
todas las senoras principales que aqui estàn , y alli besàron las
roanos à Sus Magestndes con niuy grande amor, y ceniron
aquellu noche con Su Âlteza, y obo una muy solene cena y con
mucha alegria : de que Su Magestad y las serenisimas reinas
tubiéron muy grande alegria y contentan)iento,y la serenisima
reina dona Maria tan grande, que dicen que en gran manera
dice Su Magestad le a parecido bien todo lo que ha visto , y
cada dia ternà mas conlentamiento de se ver en estos reînos,
cisco Osorîo est qualifié de chapelain de l^Emperear et aumdnier du priuce
Philippe.
Charles-Quint avait, dèa cette époque, chargé Osorio de faire dire pour lui
des prières dans certains monastères d^Espagne, et ces prières se continuèrent
jusqu^à sa mort. Une somme était, à cet effet, mise chaque année à la dispo>
sition du chapelain.
( i05 )
como de iodo mas particuiarmente se harà relacion à Vuestra
Ifagestad.
Los dias en que Sus Magestades entràron, hizo sol y muy
bncoos y claros , y las Galles por donde entrâron las serenisimas
reinas estaban muy bien entapizadas; y al punto que esta es-
cribo. Sa Magestad queda con entera salud , y las serenisimas
reinas; y la mesma tienen la princesa mi senora y el principe
nuestro senor, y generaimente decian todos : « Si el rey nuestro
» senor aquf YÎniera, fuera el alegria doblada, » y con este
deaeo todos suplicaban à Dios Nuestro Seftor por la bienaventu*
rada yenida de Vuestra Magestad ; y este rnego, que con tanto
amor se suplica à Su Divina Magestad, a de tener iuerza para
traer à Vuestra Magestad à estos sus reinos, con la prosperidad
y brevedad y salud que lan universalmente se desea.
En esta corte ay salud, y la tienen todos los vecinos délia con
q»ien se tiene cuenta, porque la condesa de Miranda que estaba
muy al cabo, cuando el ùltimo correo partie, esta ya sin calen-
tara; y no a yenido aviso que del reino faite persona senalada,
eelesîàstica ni seglar, despuës que falleciô el conde de Alva,
qae ann no era fallecido, cuando escribi à Vuestra Magestad la
àltima carta. El tieropo hace muy bueno y llovido razonable-
mente, y agora yela razonablemente de noche, y solo ha hecho
nieUa un dia cerrada, después que Su Magestad entré aqui, y
no dorô mas de hasta mediodia, y el otro niedio hizo muy elaro
soi y sin aire, y asi placera à Dios Nuestro Senor que los harà
boenos el tiempo que Su Magestad aqui oviere d*estar. En gran
manera se huelga con el principe nuestro senor, y medicen que
tiene muy grande con tenta mien to de Su Aheza, y muestra que es
tanto que, cuando seofreciere algo que importe, le a Su Mages-
tad de tenerle en consejo d*Estado. El dia que saliô à recebir
à Su Magestad , hacia un poco fresco, y Ilevô una ropa aforrada
qae le parecia muy bien, y parecia Su Alteza estrangero, y
fuéron hartas las vendiciones que echàroo à Vuestra Magestad y
à este bienaventurado fruto que Dios Nuestro Senor diô à Vuestra
Magestad
(m)
Cuando besé los pies à Su Magestad, pensé que no me cono-
^era, y me dijo : u Francisco Osorio, i como estais, que coa-
» renta anos a que os conozco? » Y besé los pies à Su MagesUd,
por la memoria que de mi ténia; y esta tubo fuena seryocmdo
de Vuestra Magestad
Très dias después que entré Su Magestad aqui, besàron los del
consejo todos juntos las manos à Su Mageslad, y Su Magestad
los recebié con grande amor , significàndoles por cuan servido se
ténia dellos, y dàndoles gracias por sus servicios y por el cni-
dado que tenian de cumplîr con su obligac'ion ; y Su MagesUd
les diô cuenta de todo lo que habia hecho, y las causas que le
moviéron à lo hacer, y la principal diciéndoles la TÎrtud y boa-
dad y prudencia de que Dios Nuestro Senor habia dotado à
Vuestra MagesUd para servirle, y p:|ra gobernar y régir estes
reinos, y de lo mucho que Vuestra Majestad habia irabajado en
la gobernacion durante su ausencia; y en razon deslo y de otns
cosas hablé Su Magestad taies y tan sautas cosas, que no se yo
encarescerlas. Y habiéndoles Su Magestad hablado y dado cuenta
particular de todo , se saliéron , daudo gracias à Dios Nuestro
Senor, y tan favorecidos y coutentos que no cesaban de dar
gracias à Dios por ello , como de todo se darà mas particular
cuenta à Vuestra Magestad , que lo sepan decir mejor que yo.
Y humilmenle suplico à Vuestra Magestad, las rodilias en el
suelo, que me perdone haberme alargado tanto : que, con la
licencia que Vuestra Magestad ha sido serrido de me mandar,
tengo este atrevimiento; y usando dé! , daré aviso à Vuestra Ma-
gestad de todo lo que se ofreciere.
Nuestro Senor , etc.
De ValladoKd , 26 de otubre.
Francisco Osorio.
( 105')
X.
L*EMP£RKUR A PHILIPPE 11.
Ca«mitiiic«tioii qua le duc d'Àlborquerque et Ezcurra lui ont donnée, àBargos,
de rélat des néfocialions avec M. de Vendôiue : réponse qu'il leur a faite sur
la déttr, eapriiaé par ce dernier, qu'elles continuent d'avoir lieu sous ses aus-
pices. — Ce que Ezcurra lui a dit en particulier du peu d'intelligence qu'il y a
entre M. de Vendôme et le duc d'Alburquerque. — Il presse le roi pour que le
prince d'Orange et le chancelier Seld aillent effectuer sa renonciation à l'Empire.
Sans date ( Valladolid, .. novembre 1556.)
El duqne de Albun|tterque ssAiù à mi à Burgos , y trnjo con
él al d^Ezcurra, y me diéron cuenta cusd adelaote tenian aquel
oegocio coD Mos' de Yandoma , pero que , con la tiHfgua y mi
Tenida , le parescia que se alargaba , y que no quisiera que yo
me saliera deste negocio en ninguna manera. Yo les respondi
que Tos hariades en éi lo mismo que yo, y que asi debian entre-
teoer laplàliea hasta vnestra venida en estos reinos, pues séria
tan brève, y que entônces, segun el slado de las cosas, se
podria pasar adelanle en el negocio : que en lo que en mi fuesse ,
le endereszaria.
Después de parlido yo de Burgos , saliô â mi el d*Ezcurra ,
y me dijo que, en caso que se baya de hacer la empresa, me
avisaba que Mos'' de Yandoma no iria debajo del duque de Albur-
querque, ni con ël, ni qu*estaba bien con él; que se mirase la
forma que en esto se debia tener. Y no se si estas cosas son para
aalirse de la plàtica ; y por esto me ba parescido avisaros de todo
dlo , para que esteis prevenido para su tiempo
ATÎsarmehéis si el principe d'Orange y el canciller(l) son idos
(1) lie cbaneetier de PEmpire, 6eorg«-Sif^ismond Seljl,
(106)
al serenisîmo rey de Romanos, roi hermano, sobre lo dd
Imperio; y si do fueren partidos, dadles prissa en que Yajan;
y veoida la respuesta, ineavisaréis con diligencia délia, porqoe
deseo, si fuese posible, entrar en el monesterio libre desto, como
de lo demâs.
XI,
MARGUERITE D AUTRICHE, DUCHESSE DE PARME,
A l'empereur (1).
Elle a appris à Milan que TEmpereur est arrÎTé en Espagoe , à bon port : ce qui lai
a causé un grand contentement, -r Elle part le lendemain de cette rille, peur
les Pays-Bas, afin d'aller baiser les mains au roi, et de lui présenter son fib
Alexandre. — Elle eût été heureuse d'y trouver l'Empereur, car elle n'a pas de
plus grand désir que de se mettre à ses pieds, avant de mourir.
Hilao, 5 nofenibra 1556.
Sacra, Cesarea et Catholica Maestà , da che io sono in Milano,
bo inteso coine Yostra Maestà è arrivata in Spagna a salva-
roento, che ne ho preso tanta contenteza quanto dire si puà.
Prego Nostro Signer Dio la conservi sana et felicissima, coroeio
sua huroilissima et devotissima serva desidero. Il re mio sîgnore
è restato servito que io vndi a basargli le oiani, et gli presenti
Âlessandro mio figliuolo et sno bumiliasimo el perpétue serve :
que è slato per nie di iniinita gratia et consolatione; et piacendo
a Dio, domane mi înviaro alla volta di Fiandra. Et se Nostrç
Signer Dio mi havesse concesso che io havesse trovato la Maestà
(1 ) Nous avons une autre lettre de Mar^^uerite à Charles-Quim : elle est
écrite de Bruxelles, le 3 février 1557; ce fut Ruy Gomez qui en fut porteur.
Nous ne la donnons pas, parce quelle ne contient que des comptimeiits.
( 107 )
Yostra in quelle bande , non havevo che più desiderare al mondo ,
che pure è grande, anzi grandissimo, il desiderio che io tengo
di vederla, et basargli li pîedi et mani innanzi che io mora, per-
che allrimenti non posso vivere contenta. Et per non faslidire
la Maestà Vostra , reslo basando bumilmeute le sue sacratîs-
sime njani , che Dio benedetto mi facci gratia conservarla lunga-
mente sana et felicissima. Di Milano, il di v di novembre 1556.
Di Vostra Maestà bumilissiroa serva,
Màrgarita d*Austria.
XII.
FRANCISCO OSORIO A PHILIPPE 11.
Satisfactiott que montrent les deux reinee de» honneurs qui leur sont rendus.
Yallâdolid, 15 novembre 1556.
S. C. R. M**^, de Su Magestad se sabe que va con salud, y
que ha hecho à Su Magestad niuy bien lieropo La princesa nii
senora tiene entera salud , y la misma el principe nueslro senor,
y ans! la tienen mny entera las serenisimas reynas, y muy
grande conlentamiento del servicio y aroor con que Sus Mages-
tades son servidas y visitadas de los grandes y senoras que aqui
estàn , porque Io hacen muy contino, y con mucho aroor; y la
princesa mi senora haie à Sus Magestades mny gran companla ;
y sieropre coroen juntas en el aposenio de la serenisima reina de
Fraocia , donde Vuestra Magestad comia.
De Valladolid , i5 de noviembre.
Francisco Osorio.
(108)
XIII.
LE S' DE LA CHàULX(I) A PHILIPPE IL
ExMllenle Mnt« do l'Enpereur. — Son arrivée à JarandîHa. — Son projet «TalkT
visitor Tuste. — Attente où il est d'une réponse du roi.
Jarandilla, 14 norembre 1556.
Sire , j*ay reeeuz la lettre qu il a pleuz à Voatre Magesté m'es-
crire , en responce de deulx que j'ayoia eserit à Yostre Nagesté :
don je suis ester bien ayze qui les aye receues. Quant h la santé
de TEmpereur, don Vostre Magesté désire savoir, elle a ester
tousjours bonne. Dieu mercy, et ne Fay veuz de longtemps sj
bien porter corne y Fa faicl tout le long du cbeniyn , deppuis
Larède jiisqnes en ce lieu de Jarandille, où il ariva le xii* de ce
moys, environ onne heure et demye de nuyt, ayant faict unae
bien grande journée, et au plus mauvais chemyn qui cVst pos-
sible de voir, sans estre que bien peu lasser; et continue h
sancté de Sa Magesté de bien en myeuh. 11 doisbt aller viziter
(1) Voy. le 1 1"", pp. 8, 14 , 55, 64.
Jean de Poupet, S' de la Cbaulx, resta avec Charles-Quint jusqu*i ren-
trée de ce monarque au monastère de Yuste. Le lendemain, 4 férrier 1557,
il prit congé de TEmpereur, partit pour Notre-Dame de Guadalupe, d*0H
il se rendit i une commanderie qu'il avait en CasliUe, et retourna aox
Pays-Bas i la fin du mois de mai 1557. Dans le registre n"" 521 des Cédulas
de la Câmara, il y a un acte de la princesse dofla Juana, du 16 mai
1557, par laquelle elle ordonne à D. Diego Hurtado de Mendoza , provédi-
teur général des flottes de Laredo, de donner passage pour la Flandre, sur un
des meilleurs navires qui devaient s*y rendre, i M. de la Chaulx, genlil-
bomme de la chambre de PEmpereur, et k quarante serviteurs siens et de
S. M. T., qui n*avaient pu sVmbarquer sur la flotte de D- Luis de Carvajal.
{ 109)
Joste déans deulx ou troys jours , et revenir coucher yssy , affin
que, s yl luy a quelque chose à racoutrer, qui se fasse pendant le
sesjour qui fera en ce lieu , que je pense bien sera pour tout la
fin de ce moys : car il attant la responce du courier qui despécha
i Voslre Magesté dois Yalladolid, avant son partement, pour
après se résoidre sellon icelle.
Sire, en baiiant pieds et mains de Voslre Magesté, et me
recommandant très -humblement à sa bonne grAce, prieray
le Créateur luy donner, en très-bonne sancté, longue et heu-
reuze vie.
De Jarandille» le uni* de novembre 1556.
De Vostre Magesté très-humble et très-obéissant subject et
serviteur, qui pieds et mains de Vostre Magesté baize ,
La Chaulx.
XIV.
PHILIPPE II À JUAN VAZQUBZ.
Ayant, »eloa le désir de rSapereur, fait patser des ordres à Milan , pour que
Gioraoni Andréa de MoUo se rende à Yuste, afin de donner ses soins à la gué-
risoQ des hémorroïdes de S. M. I., et qu'il soit accompagné de Juan de Gurrea ,
senritear de Francisco de Ibarra , il charge Vaiques de les faire guider , à leur
arrivée en Espagne , et ponr^-oir des choses nécessaires.
Bruxelles, 18 novembre 1556.
El Ret.
Juan Vazqnez de Holina, nuestro secretario y del nuestro con-
sejoy por la carta que el Emperador mi senor me escribiô de
vuestra mano, habréis visto como quiere y manda que Juan An-
1
( <io )
drea del Mole {{) vaya à Yaste, para entender en la eara
aquella au enfermedad familiar. T porqae yo be enviado ya h
érden à Milan, para que dealli Taya derecbo à eaa oorte por It
poala 6 jornadas, eomo raejor pqdîere, atento que ha estado muj
enfermo, y que en su oompania faese tambien luan de Garret,
criado de Francisco de Ibarra, con érden que acudan k vos, pan
que les hagais guiar haata Yuste, ternéia cuidado que, luegaqoe
liegaren abi, seau guiados y provehidos de lo que hubieren me-
nester hasla alla (2).
De Brnselas, à 16 de novembre 1556.
Yo EL Rey.
(1 ) Oo lit Mola et Molo dans les documents que nous avons insérés an
1. 1*', pp. 08, 100, 120, 191 , 129. Dans une lettre que nous avons de lai, il
signe : Gio. Jndrea de Mollo.
(2) Mollo et Gurrea arrivèrent à Jarandilla le 29 janvier. Le lendemain, à
deux heures, TEmpereur leur donna audience, et il entretint longuement
Mollo de ses hémorroïdes. (Lettre de Gurrea à Vazquei, du 50 janvier 1557.]
On a vu , 1. 1"', pp. 121 , 122, 1 24 , que Mollo quitta Yuste, sans avoir rien
fait de ce que TEmpereur s^était promis de lui , et même sans avoir pu trouver
la racine galyoptU dont il avait besoin pour la guérison des hémorroïdes :
à la veille de s^embarquer pour les Pays-Bas, où il voulait aller rendre
compte au roi de son voyage, il la rencontra le 7 avril, à une lieue et demie
de Laredo ; lui et Gurrea en remplirent une caisse qu^ib expédièrent i ToMe.
(Lettres de Mollo et Gurrea à TEmpereur, du 8 avril 1557.)
Cette caisse arriva i Yutte le 22 avril; PEmpereur voulut quVIe fût ouverte
aussitôt, et il fit de suite mettre en terre les plants qu^elIe contenait (T. I",
p. 144.)
( 111 )
XV.
LA RGlIfR ÉLÉORORE (1) A GHARLES-QUIIH'.
Elle lai envoie U réponse du roi et de U reine de Portugal sur la venue en Gastille
de Tintante, aa fille , el le prie de leur écrire danit le sens qu'elle indique.
Sans date (YaUadolid, .. novembre 1556).
Monseigneur, le Toj[i) et la royne de Portugal m^ont fait fa
responce sor la venue de ma fille, telle qu H plaira h Yostre
Magesté faire venir par les coppies cy-joioctes (3). Et, combien
(1) Étéonore d^Autricbe , sœur aînée de Charles-Quint, avait épousé, en
1510, Emmanuel le Fortuné, roi de Portugal, veuf en secondes noces de
Xarie de Castîlle, et qui mourut le 10 décembre 15t!1. Elle épousa depuis
Prançob I", roi de France.
f2) Jean III, fils d^Emmanuel et de Marie de Castille, qui était monté sur
le trdne en 15i1 , et qni avait épousé Catherine d^Autriche, sœur de Charles-
Quint.
(^ Cette réponse lui avait été donnée par D. Duarte de Almeida, ambassa-
deur du roi Jean III. Elle portait, en substance, que le roi ne pouvait consentir
â oe que Finfante, sa sœur, sortît de Portugal , à moins que ce ne fût pour
se marier; qu*îl n*en avait jamais été autrement des princesses de la maison
rojrale; que, si la reine Ëléonore voulait voir sa fille, elle pouvait venir â
Lisbonne, où elle serait honorée et respectée comme elle devait Pétre; que,
rialatite ayant été élevée par lui et à sa cour avec tant de sollicitude et
d*aiRMton , leur honneur à tous deux souffrirait de son changement de rési-
dence; que, A la cour de Portugal, elle était chez elle ; qu*en C^stille, elle
devrait mener mie vie toute différente de celle & laqueUe elle avait été habi-
tuée; qoe,quoiqu*alliée de très- près k la maison royale d^Espagne, cepen-
dant lei liens qu'elle avait avec la maison de Portugal étaient encore plus
( H2)
que je ferav mon mieulx de retenir icy Tambassadeur de Po^
tagal , lequel prétend d^aller vers Vostre Mageslé [i ), jusques à ce
que D. Sancho de C6rdoba paisse estre despèché vers voos,
aflSn que d\ivant FarriTée dudict ambassadeur, tous pnisdo
estre informé de ce que, soubz vostre bon plésir, j avons icj
advisé ce que Ton luy pourra respondre; mais, pour aoltant
qu il presse fort de vouloir partir, pour vous déchirer sa charge,
je suis en double si le pourray tant détenir : pour quoy fay
bien voulu la prévenir par cestes, accompaignée desdictes cop-
pies, pour sommairement préadviser Yostre Magesté de tout Et,
quant à moy, je suis délibéré de luy seulement dire que, par les
étroits, etc. (Lettre de Jean III à D. Duarte de Almeida, du 7 novembre 15S6.)
En réponse à cette communication , la reine Éléonore adressa , le 3S no-
vembre, une instruction très-détaillée à son amlmssadeur à Lisbonne, D. Joan
Hurtado de Mendoza; en même temps elle écrivit au roi et à la reine de
Portugal. La reine de Hongrie leur écrivit aussi : Tambassadeur Almeida
avait élé chargé par son maître de la visiter, et de rengager à appuyer an-
près de sa sœur la manière de voir de la cour de Lbbonne.
Dans son instruction à D. Juan de Mendoza, Éléonore, après avoir ré-
pondu aux objections du roi , s^occupait de deux autres raisons qui avaient
été alléguées à son ambassadeur , comme étant des obstacles à ce que Tm-
faute dolia Maria vînt en Castîlle. La première était que sa dignité ne loi
permettait pas d*aller demeurer dans les États d*un prince qui, après avoir
traité de son mariage avec elle, en avait épousé une autre; la seconde était
que, en Castille, les princes n*étaient pas environnés d^autant de respect et
d^égards qu'en Portugal. Sur le premier point, la reine disait que, si Phi-
lippe II avait épousé la reine Marie d'Angleterre , c'avait été Touvrage de
Dieu, qui avait voulu se servir de ce moyen, pour ramener la nation angbtse
à la foi catholique; que d'ailleurs, si la princesse avait à s'en prendre k
quelqu'un, c'était au roi son frère, lequel avait fait attendre trop longtemps
sa résolution, lorsque le mariage avec Philippe II se négociaiL Elle expri-
mait son étonnement quant à l'autre point, qui était contraire à toute vérité,
et assurait son ambassadeur que l'infante recevrait, en Castille, de la paît
des grands et des gentilshommes , l'honneur auquel elle avait droit de pré-
tendre.
(1) Le roi Jean III l'avait expi-essément chargé d'aller trouver l'Empe-
reur, pour lui donner les mêmes explications qu'à la reine Éléonore.
( H3 )
responces du roy et royne de. Portugal, je vois bien la bonne
aniour et affection qii*ilz ont à ma filio : de qnoy je leur inercie,
et que je ne double que les dificultez qu'ilz meuvent de sa venue
vers moy procèdent plus de ceste amour, que pour raison
fondée qu'il y ayt qu'il y doive tomber aulcune difficulté, espé-
rant leur donner de si bonnes raisons au contraire, que ce les
mouvra de satisfaire à mon intention. Mais, pour aultant que
en tout ce qu il me concerne, n ay jamais voulu prendre résolu-
tion, sans savoir le bon plésir de Vostre Magcsté, comme de
celuy que je tiens à seigneur cl en lieu do père, j'ay envoyé à
Vostre Magesté leur responce et mon advis de ce que je pensoie
respondre; et ayant entendu le bon plésir de Vostre Magesté,
leur feray faire la responce par D. Juan de Mendoça , à laquelle
je me remeitray. Vostre Magesté me feroit grant bien et bon*
neur, et je luy en supplie très-humblement, au cas susdict,
qa il prévint ledict D. Sancho de dire audict ambassadeur que
Vostre Magesté, non seulement en mon instance, avoit or-
donné au feu D. Loys Sarmycnto, vostre ambassadeur, de
me assister de vostre part à la poursuite vers les roys de la
venue de ma fille, mais aussi pour se sentir obligé de ce faire,
comme principal contractant de mon mariage avec le feu roy de
Portugal, à qui compéloit par raison de tenir la main que
icellny fût observé: y joinct que c'est ouvre pie de favoriser une
chose tant juste, mesmes pour personne à qui Vostre Magesté
porte tant d'amour et affection que à moy , et que pour ce vous
avyez esté délibéré, devant vostre parlement d'icy , d'envoyer vers
lesdicts roys, pour continuer la sollicitation de ceste négotia-
tion jnsquesau parachèvement, mais que, ayant entendu de moy
que D. Juan m'avoit escript que bientost lesdicts roys doune-
roîentla responce, Vostre Magesté avoit supercédé ledict envoy,
lequel vous feriez à ceste heure, puisque la responce est pour
excuser ladicte venue, avec telles raisons que Vostre Magesté
espérât lesdicts roys salisforoient ma bonne volunté : dont celle
de Vostre Magesté se entendroit estre telle envers ma fille que,
venant en ces royaulmes, îcelluy luy seroit en lieu de père» et
Tome H. 8
i
( «*4 )
que, estant le roy \ostre filz vostre successeur et héritier de voz
royaulmes et pays, il seroit aussi de luesmes bonne ToluDté
envers moy et ma fille, et de nous retenir en la mesme protec-
tion que Vostre Magesté nous a tenu et tient : qui est assez
conforme comme la dépesche que d'icy se dresse soubz le bon
plésir de Vostre Magesté, à laquelle je supplie me pardonner, si
je use de trop de présumption de demander si ample déclara-
tion, vers lesdicts rojs, de Taffeclion , faveur et amour que Vostre
Magesté me porte. La nécessité que cet afi%re a d'eslre fort
favorisé le me faict faire. Aussi il a pieu à Vostre Magesté de
tout temps me démonstrer tant d'honneur, faveur et amour,
que ce me faict estre si présiimptueuse , que de penser estre en
ce degré envers Vostre Magesté : de quoy très-humblement je
luy en supplie, et de me tenir tousjours en vostre bonne grâce,
à laquelle, monseigneur, après avoir prié le Créateur vous donner
santé et bonne vie, se recomande très-humblement, etc.
r
{m)
XVI.
CHARLBS*Qniirr a IBAM m, roi DB PORTUaAL(l).
Il loi eovoifl D. Saoebo d« jCofdofa, pour sollieiter son agrément k la venue en
Gastille de l'infante doiia Maria , en lui rappelant que depuis longtemps il lui a
fait faire cette demande par l'ambassadeur Luis Sarmiento, et la reine de
Frsnce par D. Juan de Mendoza. — Il s'étonne de la réponse qui a été donnée
à la reine : le roi aurait d& la lui envoyer, quand elle était aux Pays-Bas ; il loi
aurait par là épargné la peine de faire le voyage d' Espagne, dont le but
principal a été d'avoir sa fille avec elle. — Il espère que*le roi prendra une
autre dédsion, plus conforme à la volonté du fpu roi Emmanuel, père de la
princeaM, et à ce qui fut oonveon avec ce dernier, lors de son mariage avec It
reine Éléonorq»
Sans date (Jaraadîlla, .. norembre 1556).
Senor, yo envio à D. Sancho de Gôrdova (2), para que , demâs
de yisitar à V. A** de mi parte, le hable y solicite sobre esto de
la venida de la ilustrisima infante dona Maria mi sobrina à estar
COD la reyna su madré : lo cual ha machos dias que gelo envié à
pedir por Lois Sarmiento mi embajador, y la reyna enviô À
D. Juan de Mendoza k solicitallo de su parte (3) , la cual me ha
avisado agora de la respuesta que Y. A"* le ha enviado por su
embajador, à cabo de tanto tiempo : de que estoy maravillado,
porque» ya que se enviaba de esta manera, fuera bien que se le
(1) L^mpereur écririt dans le même sens à la reine do&a Catarina, sa
Mcnr.
(9) D. Sancho de Cordova arriva à Jarandilla le 29 novembre, et il en
partit le lendemaio , pour aller remplir sa mission. (Tom. P', p. 64, note 1.)
(3) On voit, par la lettre de la reine Éléonore à Jean III , du 32 novembre
1556 y queftant que la reine avait été aux Pays-Bas, ce prince s'était excusé
de laisser partir Tinfante, sous le prétexte qu'elle aurait eu à faire un trop
Umg royage.
(116)
llevara à Flandes, àntes que clki viniera à cstos reynos, qne
principalniente fiié por gozar de su hija y tenclla consî^o en
elios. Y aunque à V. A** le parezcan causas bastaules las que
propone para que la infante no saliese de Portugal , mayoros las
hay y mas joslas para que ella venga à estar con su madre,
como lo dejô ordenado el serenisirao rey 1). Manuel su padre(l),
que baya gloria , como de parle de la reyna se diràn à Y. A".
Y porque yo deseo mucbo dar â madré y à hija este contenla-
miento, y que Y. A", con su buena gracia y bendicion, roandase
lucgo entender en su partida, sera para mi muy grande que asi
lo provea , pne^ no séria razon que esto se difiriese mas lieiiipo :
que demàs de ciimplir en ello la voluntad del rey su padre, no
podré yo dejar de asistir , y asi el rey mi hijo , à que se guardc
y observe lo que entre mi y él se capitulé , al tîempo que se casé
con la reyna mi hermana, como mas parlicularmenle lo dira de
mi parte el dicho D. Sancho, à quien darà entera fe y creencia.
Y Nuestro Senor guarde y acresciente su muy real persoua y
estado como desea , etc.
(1) H élail stipulé, daos le traité de mariage d'Eléonorc avec Emmanuel,
que, s*ils avaient des filles, elles demeureraient avec leur mère. (Letti-e
d'Éléonore à D. Juan de Mendoza, du 32 novembre 1556.)
J
(H7)
XVII.
INSTRUCTION DR L*EMPEREUR A D. SANCHO DE CORDOVA.
11 deaeenclra , à Lisbonne , chez D. Juan de Mendosa , lui communiquera celte
ineiruction, lui demandera des renseignements sur tout ce qui s'est passé,
donnera, avis de son arrivée à Tinfante doua Maria, et prendra ses ordres. —
Raisons qu'il doit alléguer au roi et à la reine de Portugal, lorsqu'il aura
audience d'eux , pour les engager à laisser l'infante venir demeurer avec sa
mère. — S'ils s'y refusaient , l'Empereur, quoique retiré dans son monastère, et
ne se mêlant plus des affaires publiques, se verrait obligé d'intervenir.
Jarandilla , .. novembre 1556.
El Emperador.
Lo que vos, D. Sancho de Côrdova, veedor gênerai de la
génie de nuestras guardas , habeis de hacer en Portugal , donde
vais por mi mandado, es lo sîguiente :
Primeraniente, tomaréis vueslro despacho y iroshéis por la
posta â Portugal; y liegado à Lisboa, donde esta el serenfsimo
rey ini hermano, apearoshéis en la posada de D. Juan Hurtado
de Mendoza, que ha muchos dias que esta alla por mi mandado
y de la cristianisima reyna de Francia mi hermana , tratando y
solicitando la venida de la ilustrisîma infante dona Maria mi
sobrina à estos reynos de Castilla , para estar en compania de la
reyna su madré; al ciial, después de habelle dado la carta que
para él llevais de la dicha cristianisima reyna (i), le mostraréis
esta înstruccion , y sabrais dél las otras particularidades que
habràn pasado sobre este negocio, porque mejor podais estar
(1) Voy. ci-dessus, p. 1 1 1, note 5.
(118)
inforinailo para lo que debeis de tratar juntameDle con él, ô por
vos solo, como alla paresciere que sera mejor, segun el estado
en que hallàredes las cosas ; y hecho esto , a\isaréis à la dicha
iluslrisima infante mi sobrina, con el dicho D.Juan, de vuesira
llegada y para el efeclo que os envio, para que ella ordene lo
que debeis hacer, y cuando le parescerâ que vais à hablar à los
serenisinios rey y reyna mis hermanos y à ella; y asi lo haréis.
Hecho esto, cuando la ihulrisima infante os ordenare que
vais à hablar à los dichos serenisimos rey y reyna mis bermanos,
darlehéis rois carias y de la dicha cristianisinia reyna nii her-
mana, y, despn^s de habehlos visitado de nuestra parle, les
pediréis que olro dîa os den audiencia , para que les hableis y
dirais, de mi parle y de la dicha cristianisima reyna, la comî-
sion que Devais cerca de este négocie; y en este medio, podréis
ver à la dicha iluslrisima infante, para que, demâs de los
puntos que la reyna satisface, por lo que escribe â D. Juan de
Mendoza [i), â la rcspuesta que ha enviado el rey por su emba-
jador à la cristianisima reyna su madré, ella vea lo que mas le
parescerâ que debeis tratar y procurar cerca de este négocie »
por que lodo se ha$2:a à voluutad de la dicha cristianisima reyna
y si]ya, y para mas brevedad de su venida, pues no vais k otra
cosa.
Por las cartas que el dicho D. Juan de Mendoza ha escripto â
la dicha cristianisima reyna, y por la respuesta que el serenisimo
rey le ha enviàdo por su embajador (2) , he entendido los încon-
venientes que alla ban puesto delante de la dicha iluslrisima
infante, y acà se escriben, para impedir su salida de Portugal :
de que estoy maravillado» porque, ya que enviaba la respuesta
de esta manera el dicho serenisimo rey, fuera bien que fuera à
Flandes , ànles que la dicha cristianisima reyna viniera â estos
reynos , que principalmente ha sido por gozar de su hija y tenella
(1) Yoy. ci-dessus, p. 112.
(2) Voy. p. 111, note 3.
(H9)
consigo en ellos. Y aunque le parezca que son causas bastantes
las que propone para que la infante no salîese de Portugal,
mayores li^s hay y mas juslas para que ella venga à estar con su
madré, como la dicha crislianisima revna las escribe cou vos al
dicho D. Juan, para qUe, segun el eslado en que alla estubieren
los uegocios, asi las pueda declarar. Y no déjà de ayudar à esto
lo que dejô ordenado el serenisimo rey de Portugal D. Manuel
su padre , que baya gloria , y cuanta razon es que la dicha
cristianisima reyna y su hija esten junlas, pues estàn tan con-
formes, y la infante notiene menos que heredar de su madré que
de su padre, y que aun esto de su padre no fuera tanto, sino
por razon del matrimonio de la dicha cristianisima reyna y de
lo que cerca de ello se capitulé. Y asi pediréis de mi parte al
dicbo serenfîimo rey que tenga por bien de darles este conten-
tamienio à madré y à hija, pues con la respuesia que ha hecho,
ha y a cumplido con la obligaciou y amor que tiene à su her-
mano, el cual le debe mostrar, en mandar luego adereszar su
partida y ayudarla, como es razon, para que con su buena
gracia y bendicion se vengan à juntar con toda brevedad, y  la
aerenisima reyna mi bemiana que sea buena intercesora para
qne eu esto no baya dilacion; que, demàs de cumplirse en ello
con la Yoluntad del serenfsimo rey D. Manuel su padre, à mi
me darà mucho contentamiento, porque de otra manera no
podria dejar de asistir yo, ni el rey mi hijo, à que se guarde y
observe lo que entre mi y el dicho serenisimo rey D. Manuel
se capitulô', al tiempo que se casé con la dicha cristianisima
reyna roi bermana, porque, aunque esté en mi monasterio,
retraido de negocios, no podré dejar de tratar de esto, tocando
tanto à la cristianisima reyna mi bermana y à la ilustrisima
infante mi sobrina , à quien deseo dar todo el contentamiento
que es razon. Y de lo que sehiciere, y determinacion que tomare
el dicho serenisimo rey, me avisaréis con correo à diligencia.
Fecha en Jarandilla, à., de noviembre 1556.
( 130)
xvin.
LUIS QUUADA A JUAN VAZQUBZ.
Cause pour laquelle il ne lui a pas répondu plus tôt. — Caractère différent de
D. Sancbo de Cordova et de D. Juau de Mendoza. — Réception des anchois,
dont l'Empereur mange avec grand appétit. — Dialogue entre lui et Qnijada
Li-deasus et au sujet de la goutte. — Excellent état de sa santé. — Satisfactioa
qu'il montre de la jaquette qui lui a été envoyée par la princesse, et qu'il fait
essayer a Quijada ; conseil que lui donne ce dernier. — Besoin d'argent : l'En-
pereur ne veut pas qu'on louche aux 9,000 écus. — Accélération des travaux à
Tuste : Quijada croit que, le 15, les bâtiments seront en état de recevoir TEn-
pereur; désir extrême des moines de l'y voir entrer. — Arrivée d'un servitair
de la duchesse de Prias , avec un présent de gants , d'essences et d'une cassolette
en nrgpnl; satisfaction de l'Empereur, qui dit, en regardant les gants, quels
duchesse aurait dû lui envoyer aussi des mains pour s'en servir. — Audience
donnée à D. Fadriqne de Zûniga, beau-père de D. Luis de Avila. — Ledne
d'Escalona et le comte d'Oropes:i attendus. — Recommandation à Vazqnez
touchant les perdrix de Gama et Ips saucisses. — Ambassadeur de Portugal. —
— Ordre donné par l'Empereur à Quijada de faire le compte des gages des gens
de sa maison. — Lettre à la princesse. — Réponse que l'Empereur se propose
de faire à la reine de Hongrie, qui a voulu le détourner d'entrer dans le monas-
tère ; contrariété que lui causent les obser>'a(ions qui lui sont faites à ee sujet. —
Quijada demande le secret pour ce qu'il écrit là-dessus. - Inquiétude que
donne à l'Empereur le silence gardé par le roi.
Jarandilla, G décembre 1550.
Iliistre scnor, hàllonie con très carias de Vuestra Merced, de
veinte y niieve de noviembre y priniero y très deste, à las cuales
no he respondido, porque Su Magcstad ha detenido los correos
por escribir , y no lo ha hecho hasla agora , puesto que lo tiene
cscomenzado; y porque alla no se eslé con pena, y Sus Mages-
tndes y .\lteza sepan de la salud de Su Magestad , se despacha
este; y qnedn otro para llevar las carias qu'escribicre, las cuales
dice que ncabnrà hoy.
( 121 )
Gaztelii escribe lo que toca û D. Sancho de Cérdova» y ansi
no dire yo aqni mns, sino que D. Juan de Mendoza y él son de
diferentes condiciones : quiera Dios se confornien ambos en
este negocio.
Las ancboYas llegàron ayer sàbado de mafiana, y fuéron muy
bien recebidas y mejor comidas. Diùso Su Magestad un pasto
délias por ecelencia, y no comiô otro pescado nyer : lo demàs fué
todo morcillas y cosas de sàbado; y después de acabado de
comer, me dijo que de muchos dias atrâs no habia salidole el
eoioer como aquel dia, y que no se sentia nada cargado, conio
lo suele acer, cuando acaba de comer. Yo le respondi que se le
parecia bien en su disposicion , y que no podia negar que Ëspana
no era muy à propôsito para su disposicion , y que se via bien
en la sahid que ténia, y que fuese por muchos anos. Respon-
diôme : i « Sabeis, como me siento, que me pesarà si no me da
> la gota, porque, si este humor no corre alli, ha de hacello
> forzado â otra parte, y podria ser que mevcniese asma ôotra
B enfermedad que me dièse mas trabajo? y por esto no me
• pesaria que me dièse la gota. » Yo le respondi : « Tenga
» Vuestra Magestad siempre la salud que agora, y cuando vi-
» niere el mal, paciencia. » Él dice que ansi lo harà. Vuestra
Merced créa qu'esta muy bueno de todas sus indisposiciones , y
que se le parece muy bien. Dios le guarde, y dé salud y larga
TÎda.
£1 primero dia que se bestié la xaquela de pluma (i), en en-
traodo, me dijo : a Mi hija me ha dado mas de lo que piensa,
> por que me hallo muy bien con esla jatjueta; » y me la hizo
tenlar , para que viese su blandura y libianeza. Todabia le acon-
(1) Voy. le t. I«,p. 38.
Dans nne lettre du 1 8 novembre à la princesse dona Juana , Quijada lui
disait : « La alrailla de la colcha de plumas no es acabada basta agora :
1» pienso qne sera à propôsito, porque â su saiud conviene cosa liviana y que
■ le caliente y no pesé : esta hace forrar en dos iafetanes senciilos, y la
* pluma en medio. •
( 132 )
sejo que haga unà ropft larga como la laqtteta, y qbe sera
libiana y caliente.
Sobre les dineros qne hemos menester Gaztelû escribiHi à
Vuestra Merced, y, creo, Su Magestad sobrello. Alli terà Vuestra
Merced lo que dice; y à estes dos mil escudos no osaoïos tocar,
porque Su Magestad no quiere (I). Audamos buscando à très-
cientos y cuatrocientos reaies, y hâllanse con trabajo, y si
hubiésemos puesto la mano en ellos, ya no habria un real, y las
frailes lomarian nna parte, y no pequena : mas Su Magestad
manda que no se toquen, y es bien que sepan que hay dioero,
por no perder el crédito de que nos presten.
 las obras se da toda la priesa del mundo, y segun entiendo,
pienso que estarà todo acabado à los quince, no como had'estar,
sino que para entônces Su Magestad podiia ir; y los frailes
tienen tanta ganu de ver â Su Magestad en repose, que près-
tarân camas las que faltaren , y lo deroàs que fuere menester.
To creo que, 6 lo mas largo , Su Magestad no pasarâ de los veinte
deste.
Aqui llegô anteyer un criado de la duquesa de Prias con un
gran présente de guanies, y aguas de olores, y un perfumador,
digo una cazoleia de plata hecba al talle del condestable; y
Su Magestad mostré contentamiento al criado del présente que
la duquesa enviaba, y niîrando los guantes, dijo que tanibîen
fuera bien enviai le manos en que los trujera (2) Tambien vino
aqui D. Fadrique de Zùniga, suegro de D. Luis de Avila, y
Su Magestad le iïà grata aodieneia. Hoy se vuelve à Plaseocid.
Creo que manana viene el duque d'Escaiona y conde de Oro-
pesa, para volverse luego que bubieren besado las manos k Su
Magestad.
Al criado que aqui vino de la duquesa de Prias le dije que
digese al conde de Osorno lo de las perdizes, y Gama es oerca
(1) Voy. le L I*', p. 67.
(2) Voy. le 1. 1«% p. 64.
{m)
de Aguilar de Campo. Vueetra Merced no se descuide deslo y de
\èè sausisas que difço en la carta que va oon esta (1)» quealaba
eseriia, cuando Su Mageatad mand6 que ae detubiese el correo,
porqne queria escribir.
Aqui tendrémos aposento al embajador de Portugal, y Su
Magestad ae habia holgado, cuando de alla Vuestra Merced
escribiô que ae quedaba , y ansf me lo dijo luego ; mas puea
quiere venir, harémosie todo servicio (2).
Ayer me mandé Su Magestad que contaae Ins gajas de los aeis
meses poatreroa deate ano, y ordinario y trasordinnrio, y ansi
lo he esfomenzado hacer; y para csto creo sera menester dinero,
y no es menester mucho. Su Magestad escribirà à Vuestra Merced
la cantîdad que sera, y sea presto alguna cosa, porque se nos
acabarà nuestro crédite.
De aqnS no hay mas que decîr : yo escribo à la princesa (3) por
lo que Vuestra Merced dice, mas remitome à esta. Su Magestad ,
ereo , escribe à la reina de Ungria « la quai le debe haber escrito,
persuadietidole à que mire lo que hace en meterse en aquel
monesterio, por la relacion que dél tiene, y liànos dicho que la
reyna Tescribe sobre ello , y que le ha de responder que no es el
leon tan bravo como le pintan. Snpiico à Vuestra Merced que
de lo que yo escribo no diga Vuestra Merced sino lo que le pare-
ciere, porque creo le pesa à Su Magestad que le pongan inconve-
nientes fn esta casa ; y yo escribo à Vuestra Merced todo lo que
hay de lo alto ft lo bajo, para que lo sepa, mas no para que me
dé por autor ; supifcolo 6 Vuestra Merced..*..
De Xarandilla , à los aeia de didembre i 586.
(1) Celte du î Aéeeânhte^ ïùBétée dam le 1. 1*') p. 6Î.
(9) n parait que cet ambassadeur n^était pas Loreiuo Ferez de TaTora,
comme nous l^aTons dit an 1. 1'', p. 71 , note 3, mais Duarte de Almeida.
( Voy. ci-dessns , p. 1 1 1 . )
(S) Nous avons cette lettre de Quijada à la princesse, qui est aussi datée
du 6 décembre; mais nous ne Tinsérons pas, parce qu*e]le ne contient rien
<Iiii ne soit dans celle-ci.
( 124 )
Su Magestad me dijo anoche que, pues tardaba los papclcsque
envié à pedir h Su Mageslad Real, que debia ser por falu de
salud , y dijolo con cuidado. En snbiendose délia Vnestra Merced,
avise; que parece lo desea saber.
Luis Quuada.
XIX.
LA REINE DE HONGRIE A PHILIPPE II (1).
Motif pour lequel elle ne lui écrit pas sur ce qui concerne rEmpcrcur. — Objee-
tions qu'elle fait contre le séjour de Ynste , quoiqu'elle soit persuadée que son
frère ne changera pat de détermination. — La reine de France ayant choisi pour
sa ré^idence Guadalajara, elle a , de son côté, jeté les yeux sur Ocana, et etie
prie le roi de lui donner cet endroit, avec la juridiction , les provisions d'oflircs
et les revenus qui on dépendent.
Valladolld , 9 décembre 1556.
Senor, sabiendo que la princesa, y por su mandado, dan ciienta
à Vucslta Alleza complidamente de lo que toca à Su Magesud, yo
lo dejo de baser, por no dar à Yuesira Àlteza pesadumbre cod
largas cartas, pues que no séria sinon repelir el niismo. Pero
dire que me pesa muebo que el lugar y aire de Yusle no es tan
bueno por la salud de Su Mageslad como lo debenios desear (â),
(1) Lettre autot^raphe.
(2) Voy. lo t. I'•^ p. 05 et 05.
r
• ■'î w :
( 125 )
aooque esto no harà mudar su determinacioii , pnes que ha ha-
lladola casa y aposiento muv à su gusto. ; Dios sea scrvido que
Su Mageslad puede hallar el resto de misino, y à su conteuta-
mientoî Y porque la reina y yo deseamos mucho de nos poner
Umbien en el lugar adônde pensamos quedar, como nos compte,
jo he importunado tanto la dicba reina que no difiera mas à ele-
gir el lugar mas à su gusto, por cosa que me toca (puesque
tengo la confianza muy entera que, como que sea , Vueslra Alteza
DO (iejarâ de me prober de lugar como conviene) , que al fin Su
Alteza ha desclarado à la princcsa qu ella elije à Guadalajar, por
mandado de la cual se cnliende à adresar los despachos nesesa-
ries, por los enviar à Yuestra Alteza. Puesque ansi es , y que no
hay lugar mas scrca de Guadalajar, que conviene para mi , que
Ocanno, que es de doce léguas, y es la misnia distancia que a de
Tordecilla à Palencia, y Tuno ni Fotro no llegan à un qucnto de
renta, yo suplîco à Yuestra Alteza que sea servida de me dar por
mi vida el dicho lugardeOcanno, con toda la jurisdiclion, provi-
siones de ofBcios y réditos délia, de cualquiera manera que sean,
con el misroodrechoque Yuestra Alteza lo tiene, salvo su suprema
saperioridad, y que, si ay alguna renta della empennada, que
Yuestra Alteza mande à los de su hacienda de desempennarLn,
puesque es tan poca renta que pienso que Yuestra Alteza no me
queria dar el lugar sin ellas. Y si Yuestra Alteza es scrvido de me
haser esta merced , Yuestra Alteza lo sea tambien de escribir â la
priacesa que se hagan los despachos en esta conformidad, y esto
con la brevedad que los negocios de Yuestra Alteza lo pucdan
sofrir, para que los despachos se puedan haser an tes de nuestra
partida de acà, la quai sera, placiendo à Dios, luego que Yues-
tra Alteza enviera los despachos 6 la reina, para que pueda tomar
la pocesion del dicho Guadalajar, poco àntes ô llegando alla. Y
si mis servicios no ban merecido esta merced, suplico â Yuestra
Alteza tome en cuenta la entera voluntad y amor con la quai lo
he hecho, en la quai espero guastar toda mi vida de manera
qu ella sera meresedora desta y do todas las mersedes que Yues-
tra Alteza me querà haser. Cuya real persona Nuestro Senor
(126)
guarde como yo deseo. De Valladolid, à 9 de deeiembre f5S6.
Besa las maiioe de Vuestra Altesa su humilde tia ,
La Rbuva (1).
(1 ) On lit , (le la main de Philippe II , à la marge de cette leCjtre : « He res-
• pondido â la reioa, à 38 del mismo, qu*e$peraré, para respoodelle cou
» resolucion â esto, à ver lo que me responde â una caria que rescribi, eo
• que la deria las dificuliades y imposibilidades que habia en darie â Ocana,
» por ser de la 6rden, etc. (J*ai répondu à la reine, le 98 du même mois, qoe
j^aiiendrai, pour prendre une résolution sur ceci, sa réponse à une lettre oà
je lui ai dit les difficultés et impossibilités qu^il j avait à lui donner Ocani,
attendu que cet endroit appartient à Tordre, etc.).
J
(127)
XX.
».
D. SANCHO DE GOROOVA A L EMPEREUR.
Son arriTM è MsboniM. — pPimière audieoee du roi et de U reine. — Première
entrevue avec l'infante. — Conférence qu'elle lui fixe pour le lendemain, et
qu'elle contremande par un billet adressé à D. Juan de Mendoxa : explication
que D. Saneho a à ce sujet avec D. Juan. — Billet qu'il écrit à l'infante. —
Réponsequ'elle lui fait faire par Francisco de Guzman. — Audience qu'elle lui
doone ensuite , et diins laquelle elle lui déclare sa détermination d'aller demeurer
Bvpc sa mère , malgré l'opposition du roi et de la reine. — Deuxième audience
du roi; D. Saneho s'y rend, accompagné de D. Juan de Mendoza. — Discours
qo'il adresse au roi. — Réponse brè?e et dilatoire du roi. — Réplique de
D. Saneho. — Deuxième audience de la reine , qui le laisse à genoux pendant
près d'une heure, et lui occasionne par là une attaque de goutte; ce qu'il lui
dit; dispositions favorables qu'elle témoigne. — Trouble qu'a causé à la cour de
Lisbonne la mission deD. Saneho. — Communication qu'il donne à l'infante de
son instruction et de tes lettres , et à D. Juan de Mendoxa de ses lettres seulo-
ment. — Réponses faites par le roi et la reine à D. Juan , lorsque celui-ci leur
renût les lettre» des reines de France et de Hongrie. — D. Saneho conseille à
TEmpereur de ne pas entrer dans son monastère, ayant que l'affaire de l'infante
soit terminée. — Conduite qu'il a observée envers le loi et la reine. — Rapports
journaliers avec l'infante; elle lui demande s'il a une lettre pour le cardinal
Henri, et l'invite à l'aller visiter chez lui. — Nouvelle tentative du roi et de la
reine , poor détourner l'infante de se rendre au vœu de sa mère.
Lisbomie, 14 décembre 1656.
S. C. C. H**', al secretario Gaztelù cscribo coido y cuando
II<^ué à esta corte, y de la manera que fué à palacio k besar las
maoos à los reyes , y è darles las. cartas que trahia de Vuestra
Magestad, y lo que con Sus Âltezas pasé en esta primera vista,
que fué à nueve deste mes, à las cuatro de la tarde; y por esto no
lo reBero aqui. Este roismo dia , después de haber besado las
manos à la senora infante, le dije que, Vuestra Magestad me
enviaba aqui à servilla, y me mandé que todo lo que en este
negocio de Su Âlteza se hicîese y tratase, fiiese consullàndolo
primero con ella ^ y que no se escediese en nada de lo que man-
1
(12«)
dase; que viese Sii Allcza cuando cia servi ja qne yo volviese i
inrormalla i)e lo que trahin , para que lo lubîcse visto y detenni-
nado lo que le parecia que yo digese à )os reycs, iinles que uc
diesen et uudiencia que )es babia pedido. Respondi^me que )'o
veniacon mudia génie eutônces; queotro dia, cuando qnU'iese,
fuese; que Su AUeu nie oîrîa y diria su parecer. Esta hé miér-
coles.
Juevcs Gcguienle, n la tarde, quîse îr à hablalla como me manda,
y dijouie U. Juan de Mendoza que no queria Su Alleza que fuse
alla, ni la liablase, hasta que hablasc primero â los reycs, ; qae
Su Alteza le babia enviado un recaudo la noche àates, en qu« l«
(lecia esto que he dicho. Yo me escaadalicé un poco en pensjr
que Su Alteza, por alguoa ne^ociacion, me envïaba i mandir
aquello, en contrario de lo que me babia dîcho, v digde que
cuando te viniesen semcjaniea reeaudos, que me los remiliese,
porqne csic negocio à que Vuestra MagestatI me cuviaba, no
Eufria agora que anduhiesen tanlas demandas ni respuesUs
COiiio liasta aqiii babia habido en é1 ; que lo que al présente mas
convcniaeroque cesasen lodasias manerasdenegociar pasadu,
y se empezasc olra nueva, conforme â la àrden que trahia de
Vuestra Magestad por palabra y escrito, la cual teuia par cierlo
que séria mejor y mas bieve para concliiir esto que se iralaba :
V as) se lia liecbo después acà, y creo que no se lia penlido nada
en cllo. Y, porque esto se acabé de acordnr larde para ir à
bablar A Su Mieza , le escribi una cédula , deciendo que, cuando
le bcsé las manos, mu 'habia mandado que fuese otro din à con-
siillalle el dcspacho que trabta, y que Su Alteza me diria lo que
le pareoiaque yo dcbîa haccr ; que queriéndolo cumplir, D. Juaa
me babia dtcho que Su Alleza mandaba que no la bablase hasla
que cl rey me buhiese dado audiencia; que suplicaba h Su
Alleza inemandasedccirsi era a^i, porque locumpliria, aunque
Vuostra Mageslad me babia dado otra i5rden en contrario de
aquello. Itespondiôme, por Francisco deGuzman, que Su Alieia
le hal)ia mandado que otro dia seguienle , que era viernes , )>or ta
manana, me viniesu à liablar. Asi lo liizo, y dijo que Su Allai
( 129 )
decia que era verdad lo que D. Juan me habîa dicho, mas que,
pues meparecia otra cosa, que fuese à palacio luego, que me oiria
de buena gana : y asi se hizo. Estubc con Su Alteza mas de hora
y média, siu haber delante mas que doua Juana BLisfel y una hîja
soya, que eslaban apartadas en este tiempo. Pienso que enlendi
bien lo que Vuestra Magestad me mandé que supiese; y lo que
dello puedo certiticar es que Su Alleza esta delerminada de ir
ù estar con su madré, como se lo ticne escrito, y proroetiéme
quepor ninguna cosa dejarà de hacello, y que asi lo podia escribir
à Vaeslra Magestad y a la Suya, y que, si no se habia declarado
tanto como agora, era porque Vuestra Magestad y la reina cris-
tianisima estaban en Flandes, y nunca se pensô que vioieran à
esos reinos, como lo ban hecho, mas que agora que eslàn en
ellos, no fallarâ su palabra, y qu*el rey su hermano sabe qu*es asi,
porque, después que Vuestra Magestad vino, la hablo en ello muy
de veras, y le puso tantos inconvenientes como escribiô h la
cristianisima reina y le puso su embajador, y que no aprove-
châron nada para que Su Allcza no le declarase la volunlad que
ténia de ir con su maJre, qu'es la dicha, y qu*el rey se babia
sentido dello de manera que Su Âlteza se levante y le dejô con
la reina y se vino à su casa , y que otro dia, 6 dende à pocos,
de qne no me acuerdo los que me dijo, la reina vino à su posada
à deshacer el enojo del rey, y à persuadirle que concediese en
su voluntad, y no quisiese salir deste reino; y Su Alteza estubo
en la misma determinacion, y aun mas recia con ella que con
el rey. T contàndome esto, me dijo que no habia hecho poco en
determinarse à ello, porque, como habia nacido y criàdose en
este reino, y era hija del rey dél, y conocia toda la gente, y ellos
la deseaban ser>'ir, que estaba consolada en acabar su vida aqui,
serviendo à Dios, mas que, pues su madré queria y le mandaba
que hiciese otra cosa, y Vuestra Magestad asimismo, à quien
f enia por senor y padrc , que no podia dejar de obedecerlos y
eumpiir su voluntad, porque, allende de hacer lo que era obli-
gada, ténia por cierto que servia mas en esto à Dios, quelo po-
dria hacer en otra cosa.
TOHB U.
9
(130)
Yo le besé las manos, por la merced que me habia hecho en
decirme tao claraisente su yoluntad , porque ya sabia Su Aiteza
que sin ella no se podia hacer uada en este négocie ; que lo que
yo le podia certiflcar, era que lo debia todo k la de Vuestra Ma-
gestad, porque no la ténia por sobrina, sino en lugar de verda-
dera hija, y que bien lo entenderia Su Aiteza que era asi, poea
via que Vuestra Magestad se habia descargado de todos sus
négocies, y deste no lo habia querido hacer hasta tenerla en
compania de la crislianisima reioa su madré y de la serenisima
reina de Hungria , que no la queria menos que ella, porque teroia
mayor descanso y contentamiento del que por acâ podria teoer.
Respondiôme que besaba las manos a Vuestra Magestad , y que
toda la merced que le hiciese se la debia por si y por su madré,
pues la habia casado de manera que no tubiesen sus hijos donde
poder estar; y como yo ténia yo enlendîdo lo principal , que es lo
que tengo dicho, no quise replic^lle mas en nada, porque se le
sallÀron las lâgrimas hablando en esto; y asi me aparté. He dado
tan larga cuenta a Vuestra Magestad desto, porque vea que,
aunque no se puso por escrito en la instruccion, no olvidé lo que
me manda acerca dello.
Estedia, à las très de la tarde, me envié el rey â mandar que
le fuese a habia r : asi lo hice. Estaban en el antecàmara mucbos
caballeros, que, segun me dijo don Juan que iba comigo, debiao
de ser llamados. Eutrâmos los dos. Estaba el rey sentado, una
mesa delante con una campanilla, como la de Vuestra Magestad,
cubierla de un pano berde. Yo llegué solo, y hinquéme de rodi-
llas, y él mandé que se saliesen todos : solo quedé don Juan apar-
tado al cabo de la pieza. Digele : « El Emperador me envié , para
» que de su parte visilase à Vuestras Âltezas, como lo hice el
» dia que les besé las manos; y después desto, qu es lo principal
D â que vine, me mandé que digiese â Vuestra Aiteza qne, por
s Luis Sarmiento , su embajador, ha mucbos dias que le envié
» à pedir dièse licencia a la seôora infante dona Maria, para que
» pudiese ir à estar en compania de la cristianisima reina su
D madré, porque entramas lo deseaban mucho, y Su Magestad
( 131 )
aftimismo, por darles este contentamiento, y que, alliende
desto, la cristiani$îina reîna lo envié después à pedir à Su
Alteza por don Juan de Mendoza , el cual ha mas de dos anos
que esta aqui solicitândolo; y en todo lo mas deste tiempo,
Vuestra AUeza difirié de darles In respuesta, basta que Su
Magestad y la cristianisima reina su hermana viniéron à los
reinos de Castilla; y cuaodo pens^ron que la çenora infante
estaba para partir donde Sus Magestades estaban , como à
Vuestra AUeza lo habian pedido , llegô su embajador con la
respuesta de lo qu'el dicho Luis Sarmî^to y don Juan habian
trahido : por lo cual parece que Vuestra Alteza pone alguna
dilacion en su ida; y por las cartas de Vuestra AUeza, y la
creencia qu*el dicho embajador diô à la cristianisima reina de
Francia y serenisima reina de Hungria, entiende Su Mages*
tad que se ponen algunos inconvenientes para que la senora
infante no saïga deste reino , y bien conocen Su Mageslad y
la cristianisima reina su hermana y madré de Vuestra Àlteza
qa es razon que, siendo la senora infante tal persona y habién-
dola Vuestra Alteza criado, que tenga el sentimiento que ha
mostrado y escribe de apartarla de si; y pues, con lo que basta
aqui se ha hecho, Vuestra Alteza ha muy bien cumplido con
el amor que le debe. Su Magestad pide à Vuesira Alteza, cuan
encarecidamente puede, que quiera dar su bendicion à la
senora infante, y la licencia que le esta pedîda para que ^aya
à «star con su madré, pues Vuestra AUeza vee y entiende,
mejor que nadie, se lo puede decir, que las causas que se dan
para no hacerse, y las que mas sobre esto se diereo, no son
bastanles para impedirse por ellas el camino , porque siendo
la cristianisima reina tan real y escelente persona , como todo
el mundo vee y sabe que es, y estando viuda, y no teniendo
otro hijo ni hija sino à la senora infante, y viniendo tanto
camino por mar y tierra, en la edad que Su Magestad tiene,
por solo tenerla en su compaùia, ya vee Vuestra Alteza que
no hay ley divina ni humana que se lo pueda impedir que no
lo haga, en especial estando la s^enora infante tan cx>nibrme
( *32 )
» coii esta vojuntad de la cristi^nisima reina su madré, qne lo
» desea mas que Su Magestad; y pues Vuestra Âlteza tiene tanla
» obligacion à entramas, mas justo sera que mande quehaya
j» mas brevedad en la partida de Su Alteza, que no dilaeion, j que
» la ayude para su camino, pues la senora infante no tiene tanto
y» que lo pueda hacer, como quien es, sin el favor y ayuda de
» Vuestra Alteza; y alliende de hacer Vuestra Alteza en esto lo
» que siempre ha acostumbrado, qu*es mucha merced à sus ber-
» manos, cuando salen de su casa, cumple en ello la voluntad del
» serenisimo rey don Manuel su padre, y lo que él capitule con
» el Ëmperador, al tiempo que se casé la cristianisima reina con
» él, y lo que Vuestra Alteza tiene ratiGcado; y esta es masjusla
» y bastante causa para que se haga lo que la cristianisima reioa
» pide, que no las que se dan para impedillo; y tambien se junla
» con ella pedirlo el Ëmperador tan encarecidamente a Vuestra
I» Alteza, como se lo escribe y por mi se lo envia à decir, para que
» Vuestra Alteza lo haga; y pues nunca Su Magestad dej6 de con-
» céder en los ruegos de Vuestra Alteza , ni Vuestra Alteza en
» los suyos, no es razon que haya agora novedad en este que
» tanto desea. »
Respondiéme muy despacio y bajo : « Yo he oido bien lo que
» decis de parte del Ëmperador mi hermano ; y esto es cosa de
» calidad, que conviene que se mire bien en ella. Yo lo haré, y os
» responderé. »
Repliquéle : « Yo he dicho à Vuestra Alteza lo que Su Mages-
» tad me mandé. Lo que de la mia le suplico, es que sea ser?ido
)> de mandar que la respuesta se me dé en brève , porque pueda
» avisar à Su Magestad délia , porque no espéra otra cosa sino
» la determinacion deste negocio , para recogersc en su menés-
» terio; que, porque no piensa tratar de ninguno, en entrando
» alli, no lo ha querido hacer hasta que este se conclup; y por
» esto, de su parte, torno à pedir a Vuestra Alteza , quan encare-
» cidamente puedo , que le quiera dar este contentamiento en
» mandar que con brevedad se entienda en la partida de la
>» senora infante, que sera el mayor que al présente Su Magestad
» puede recibir. s
(435 )
Respondiéme : « Yo huelgo mucho de dar todo placer al Em-
M perador mi hermano; yo haré lo que os he dicho , y os respon-
» deré en brève. >
Con tanto se acabô este negocio. Preguntùme por Vuestra
Magestad muy particularinente, dando grandes mueslras de amor
que ténia à Vuestra Magestad, en todas las preguntas y palabras
que me decia.
Levantéme y fui à la reina. Dile las cartas que trahia para
Su Alleza, y digele que Vuestra Magestad le pedia y suplicaba que
fuese buena tercera con el rey, para que concediese en lo que la
cristianisima reina de Francia su hermana le pedia, pues via
Su Aiteza que era cosa muy justa hacerse asf , y no lo contrario,
y que à Su Âlteza no ténia yo necesidad de satisfacerle à las
razones que daban para que la senora infante no fuese à estar con
su madré, ni âlos inconvenientes que ponian para ello, pues via
claro Su Aiteza la poca fuerza que tenian para impedir que una
bija, sola moza, dejase de ir à estar en compania de una tai roadre
como la cristianisima reina, y de la serenisima reina de Hungria,
qneeran viudas, y sin tener otro hijo sino à la senora infante, por
estar en compania de su hermano, porque, si era por su autori-
dad y buen exemplo, mejor estaria con su madré que en otra
casa, y si porque ténia mas interese acà que alla, que à lo que
la cristianisima reina me habia dicho, era en mncha mayor can-
lidad lo que podia heredar délia la senora infante, que habia bere-
dado de su padre; y pues todo esto constaba â Su Aiteza, que era
asi que le suplicaba que no dièse lugar â que hubiese mas dilacion
en la partida de la senora infante, pues en hacerse en brève se
cumplia con lo qu el rey don Manuel habia capitulado, cuando se
casé con la cristianisima reina, y el rey su marido habia rati-
ficado, y que, ya que Vuestra Magestad pedia que se cumpliese
la capitulacion, no era cosa conveniente â Sus Altezas la dilacion
de hacello, pues no habia razones con que se pndiese escusar.
Dijome Su Aiteza entùnces : a En especial siendo razon lo que
» se dice. »
Digele : a Pues Vuestra Aiteza dice eso, bâstame lo dicho.
( 154 )
n que yd tengô pdr tietio (\né la guai'dârà y hârà qii*èl rey baga
» lo niismo. » Respondiâme qae ella deseabâ tanto servir à Yuea-
tra Magestad y à la cristianisima reina sa hermanà, que temift
cuidado en lo que Vuestra Magestad le enriaba â maudar, y que
Su Alteza lo acordaria al rey, y trabajaria por que se tue dièse
la respuesta en brève. Yo le répliqué que le suplicaba lo faiciett
asi , porque à mi me parecia que ofendia el autoridad del rey,
si negociàse cou él que cumpliese sii palabra y lo que ténia
capitulado , y por esto tornaba â suplicar à Su Alteza que dièse
ôrden para que yo fuese respondido con brevedad , sin caer en
este yerro , y que por esta razod no pensaba bablar sobre este
negociô à ninguno de sus consejos, ni à otra persona sino à
Sus Altezas. Dijome quelo decia muy bien, y que lo hicîese asi;
que Su Alteza ternia cuidado de acordar al rey que me dèspa-
chase.
Luego me empezô à pregutitar muy particularmente por la
salud de Vuestra Magestad y de sus hernianas y sobrina y nieto;
y tardô tanto en ello, qu*estube càsi una bdra de rodillas : y asi
me ha tocado la gota en Uii pié después acâ : mas no me impedlii
para dejar de negociar, coando Sus Altézas quisieren hacello.
Al rey le habian dicho alguiias personas que Vuestra Mages-
tad entraba en este iiegbcio, mas por importunidàd de la cristia-
nisiriia reiha de Francia y serenistma reiha de Hungria, que no
por tcner volùnlad de qiie se hiciese. Y segun el alteracioii que
esta corte ha tenido con ml vetiida , creô que debia de haber algo
desto que digo, porque el secretario, qu'es uiio de ios que mal
valeh con el rey, etnpezô h andar en demandas y respuestad con
don Jiiàn; y el duque d'AbeirO, que tambien es de Ios principales
del consejô del Estado, hizo lo misniô, porqué eutramos son
ainigos de don Juâh , y fuérôn tantos Ios recados que andaban à
la redonda de mi la noche que llegué, y otro dia , que déterminé
que don Juan, ni la senorà infante, ni persona ninguna , no sû-
piesen hada de mi de^pachô, sino solo que Vuestra Magestad me
enviaba à visiUir Ios reyes; y halléme tan bien dello, que hasta
hàbeiles dado sus cartas y hablâdoles, nn se supo de mi mas que
( ^35 )
io dîcho. tHeépaéé que hice èsto, niostré â la seîlofa infaûte la
instniccion y minutas de las cartas que troje, j â don Juaii dolad
Isa minutas, sin la instruccion, ho porque no se le podia fiar
este y mucho mas, que yo dertiflco à Vuestrà Màgestad que le hà
8er?ido y trabajado niueho mas en este négocie que btro l6 pu-
diera hacer, mas porque coti descuido no le sacasen algutia cosà
tan tas espias como andaban por hacello : que à ser esto, y saber
el rey Io que yo le habia de decir , pudiera ser que tubiera Vues-
tra Majestad la respuesta dello alla, ântes que yo se Io propu-
siera acà, como le aconteciô à su embajador , pues la he dado yo ,
como se verâ en esta carta , câsi el dia qu él diô la de su amb
à Vuestra Màgestad; y por esto mismo dije à don Jiian que Vues-
tra Mageslad mandaba que no dièse las de las reinas (i ), ântes que
yo hubiese dado las que trahia, y dicho al rey Io que Vuestra
Màgestad maiidaba : y asi Io hizo , porque hasta ayer, que fuéron
doee de! présente, no las diô ni les hablé.
Dice que los bablô juntos, y que la reina ténia los ojos incha-
dos y ilenos de làgrimàS. Recibiéronle bien ; respohdiéronle como
& mU Hâbia habido, âiites que don Juan entrase, una consulta
de mas de una hora, entre el rey y el duque d*Ayeiro, y que
es^abà fuera el conde de Castaneda , esperando de hablar.
Ellos veen que el négocie va mas de veras que pensaban, des-
pués que leyéron las cartas de Vuestra Màgestad , y yo hablé al
rey; y piènéo que, si Vuestlra Màgestad es servido de hacer una
merced muy grande à la cristianisima reina y à la senora infante,
que sera la cosa con que mas brevemente y mejor este négocie
se podrà despachar, y es con que dilate su entrada en el mones-
terio hasta que el rey baya respondido à Io que yo le he propuesto
de parte de Vuestra Màgestad, porque sin duda certifico qu*es
con Io que mas el rey y toda In corte se escandalîzan , decirle yo
que Vuestra Màgestad esperaba la respuesta desto en Jarandilla,
porque, ya que se habia descargado de todos los negocios del
(1) Yoy. p. 111, note 3.
( *S6 )
roundo, para retraberse à su monesterio, no queria enirir en él
hasta tener este determinado , porque, como es cosa traUdaen
casamiento , y que es Yuestra Mageslad el que lo hizo y que (i)
herinana mayorysobrina à quien tanto quiere, que uopuede
insistir à que se guarde y obsene lo que con él se capitulé; y
como no tienen razon con quepodersatisfacerni responder à esto,
sino con hacer lo que se pide, andan con la fatiga que digo , bus-
cando alguna color para no hacello. Y tenemos por cierto, los
que aqul estâmes y Teroos lo que pasa, que si Yuestra Magestad
puede hacer, sin recibir pesadumbre, lo que lis suplico, que sera
abreviar mucho el négocie; y sino ha lugar, con favorecerlo,
como hasta aqui lo ha heclio, del monesterio, espero en Dios
que ternà el buen fin que la cristianisima reina desea.
Para dar aviso à Yuestra Magestad de lo que pasé con los
reyes, despachaba un corrco secreto que fuese por jornadas hasta
salir de Portugal , porque no qneria que pensasen que sin su res-
puesta la habia yo de dar h Yuestra Mageslad de lo que me
mandé. Llegô en este medio tiempo el correo que se despacbô,
à los diez del présente, desa corte; y vi, por la carta de Yuestra
Mageslad de nueve, lo que el embajador le habia propuesto y la
respuosla (S), la cual me parece que ha sido de roanera que les
deshace todos los puntos en que elles se fuudan , y tanto que les
daré poca priessa por la respuesta, hasta saber qu*él ha enviado à
esta corte la que Yuestra Majeslad le dié, porque se acortarian
(1) La pièce «ftt déchirée en cet endroit et en deux ou trois aulres, qui sont
indiqués ici par des points.
(2) Gaxtelû écrivait, le même jour, 14 décembre, à Vazquei: • El embajador
» de Portugal llegô â Aldea Nueva, que es un lugar a média légua de este, h
• los siete de este , y luego enviô â pedir audiencia à S. M., la cual le dié el dia
» siguiente en acabando de corner, y durô mas de una hora^ y lucgo que
» hobo salido de con el Emperador, me mandé llamar y dijo todo lo que d
» dicho embajador le refirié, y las demandas y respuestas que bobo entre
» ambos, de que me mandé hacer una carta para que con ella se despacbe â
» Portugal, para prévenir â D. Sancho de todo
(157)
mnchos dias de negocios , si asi se hiciesc ; \ si me la difirieren de
dos ù très arriha, tornaré à suplicar ù la reina que pida al rey
que me- la mande dar , porque he entendido , después que aqui
esloy, queeslo se harâ roejor con un poco de reputacion que con
mocho bullir y negociar; y asi no voy à palacio, sinp cuando me
mandan llamar, y con don Juan les he enviado à pedir las audien-
eias. Con la senora infante no guardo este término , porque cada
dîa la he hallado, para satisfacerme mejor de lo que Vueslra
Mageslad me mandé.
Desta carta que este correo trujo no me pienso aprovechar,
si no fuese qu*el rey en su respuesta me remitiese a que esperaba
la de su embajador; que entônces, por escusar las dilaciones. le
dire io que pasa : mas si eslo no hay , espcmré à que é! se lo
escriba» que me parece que harâ mas efeto, que no decirselo yo
priroero qu*el otro. Esto se entiende que lo haré, si à Yuestra
Magestad no le pareciere olra cosa y me lo enyiare à manda r.
La senora infante me preguntô ayer si habia trahido carta para
el cardenal su hermano (I). Yo le dige que Yuestra Magestad me
habia mandado que le visitase de su parte; que carta no se la
habia trahido, porque las escrîbia Yuestra Mngestad de mala
gana. Mandémeqne le fuese à visilar â su casa, porque, cuando
la he^élas manos, estaba con la reina. Hacérlohe como Su Alteza
lo manda.
£1 secretario Gaztelû me escribe en su carta que Yuestra
Magestad habia enviado 6 decir al embajador que los emba-
jadores é mensageros que le enviasen sobre este negocio 6 otros,
que se fuesen à Yalladolid , porque de slli le escribirian lo que
tocase à este negocio, porque no piensa tratar otro. Si el rey
envia un obispo, como se suena por aqui que lo quiere hacer.
(1) Henri, fils du roi Emmanuel et de Marie de Castille, rardinal du titre
«les Quatre Couronnes, successivement arclievêque de Braga, de Li«l)onne et
«TEvora.
Il devint roi de Portujral, ci) \}57S, pnr la mort de §<'b^stîen, son neveu.
(138)
sobre esté negocib, ëntéhcès lé dire lo que Voestra Hagesud eiiViô
à decir à su embajador, j no de manera que entienda qaelosé
por carta de Gazielù, sino que Vuestra Magestad me luaodô.a
la creencia que me diô, que lo digiese asi; y si no es sertîdo que
se haga desta manera, suplico à Vuestra Magestad mande que,
con el prîmero que venga , me avisen dello.
Ayer hablâron el rey y lâ reina à la senora infante, pan qne
se estubiese queda en este reino, y fué gran rato lo que ocupàron
en esto. Su Alteza les dijo lo que siempre, qne no harà tttas delo
que Vuestra Magestad y su madré le màndaren. Parécele, i lo
que dice, que no se lo defenderàn. Yo como lo deseo terhecho,
no digo nada hasta estar en el camino. No me dan respuesta.oi
yo los aprieto por ella , ni parezco en palacio, sino de la posada
de la senora infante â la mia ando, hasta que pase esta semana;
que de^pués dàrleshe mas priesa.
Nueslro Sefior la impérial persona de Vuestra Magestad gaarde
y dé (anta ^ida como yo deseo.
De Lisboa, M de dictembre i556.
S. C. C. M., los pies y manos de Vuestra Magestad besa
Don Sancho db Cordoba.
J
( 1^3)
XXI.
D. SANGHO DE CORDOYA A L*EMPBREUR.
Reklion d'une nouvelle audience qu'il a eue du roî et de la reine do Portugal :
réponses bienveillantes, maïs dilatoires, qu'ils lui ont faites. — Il engage l'Em-
pereur h leur éerire de nouveau. >- Bruit répandu a la cour de Lisbonne que
l'Empereur «liait se faire moine. ~~ Grand secret observé par les ministnii de
celte cour.
Lisbonne, 18 décembre 1556.
S. C. C. H**^ à los catorce de deciembre, â las ocho de la
noche, despaché â Bartolomé de MadHd, correo de Vuestra
Magestad, y no piido ser àntes, porque la sehora infante me
mandé que se deiubiese, porque queria escribir, y después no
lo bîzo. Con él di relaciôn à Vuestra Magestad de nii llegada â
esta côrte, y de lo que me habia sucedido en ella basla entônces.
T viendo que el rey dilataba en darme la respuesia de la
earta que le truje de Vuestra Magestad , y â lo que de su parte
le propuse, torné à hablarlé & los diez y seis, en el aposento de
la reîna, delante délia, y dijele que ya se acordarîa Su Alteza de
lo que de parte de Vuestra Magestad le babia pedido, y que me
parecia que la respuesta dello se dilataba ; que suplicaba h Su
Alteza me la mandase dar, porque Vuestra Magestad se deseaba
pasar â su aposento, y no lo bacia, esperândola , y asimismo que
las cristiaiiisima y serenisima reinas de Francia y Hungria no
se dcterminaban en tomar asiento, basta que la senora infante
fliese; que no se les bacia buena obra en la diladion, y que, pues
Sn Aheza las queria tanto y babia tanta razon para ello, que no
lo debia de permitir, sino darles tan breye y buena respuesta ,
como Sas Magestades la esperabaii , de todo lô qne à Su Alteza
se babia pedido de su parte. '
Ré^pôndiôme, edn grah contentàmienlô y miicba fisa, que él
( 140 )
queria mucho al Emperador su liermano, y que holgaba deha-
cerle placer en lodo lo que pudiese, y qu*él via que yo ténia razon;
que me responderia breyemente : y no me dijo nada del einba-
jador. Tûbome cerca de una hora , informândose de la salud de
Vuestra Mage&tad, y de su casa, y de la gente que metia consigo,
porque acâ diccn que Vuestra Magestad se mete fraile, y qoc
ellos le ban de servir y dur de corner , y que por esto les da an
tanto cada ano. Esto se dice en la corte. El rey dijome parte
dello, mas no tanto. Yo dije que no sabia tal, sino que Vuestra
Magestad metia sus oficiales, y se habia de servir en su casa, â
parte dcl monesterio. Pregnntôme por su nielo y por las reinas
y princesa mis scnoras, y el estubo de tan buena maneraque me
pareciô que , si hubiera de despacharme mal , no lo hiciera asi.
Pasé à la reina, que eslaba un poco apartada dél : digele que
ya Su Alteza habia oido lo que dije al rey; que le suplic^nba me
hiciese merced de hablarle para que me despachase. Dîjo que le
placia, y que ella haria lo que pudiese para ello. Repliquéle que,
si Su Alteza hacia lo que podia, que yo sabia que séria despa-
ebado bien y brevemenle, conforme à como Vuestra Magestad y
la cristianisima reina lo deseaban y pedian. Riôse mucbo y dijo:
« Si ftiese en mi mano cl despacharos como decis , ya estaria
H becbo lo que el Emperador mi senor manda; mas yo io dire al
» rey, y le suplie^iré os mande despachar con brevedad. > Y nin-
guno dellos me dijo nada de su embajador, porqne, à hacerlo,
yo les digiera como estaba respondido : que llevaba alli la caria
de Vuestra Magestad para ello.
A D. Juan de Mendoza dije que los bablase otro dia de parte
de las reinas, y que entendiese dellos si paraban enalgo. Hizolo
asi , y diceme que la reina le dijo que esperaban respuesta de sa
embajador, y que ténia érden de avisallos de lo que Vuestra
Magestad le responderia desdc Jarandilla, y que no babia venido
su respuesta.
Visto esto, me pareciô avisar a Vuestra Magestad dello, para
que, si es sorvido, les tome à escribir,baciendo mencion delo que
el embajador le propuso , y de la respuesta que le diù y que es
( l-4i )
conforme à lo que Vueslra Hagestad les ha escrico coniigo, y yo
leshedicbo acâ de su parle, porque ya Vuestra Magestad estaba
infonnado, cuando me enviô, de todo lo qirél le dijo, por la
creencla y carias de Sus Àltezas qu él habia dado 6 ias reinas;
que Vuestra Magestad les pide que me respondan y despachen
brerementc : porque con esto tengo por cierto que lo harân , y
que se abreviarâ mucbo este negocio» con que ellos enliendan que
Vuestra Magestad es ei que lo pide y quiere , como yo les be
dicbo de su parte; y con ver que lo favorece, no tengo duda sino
que se bai-à.
A esta hora me ban dicbo qu el rey despacba un correo para
alla : no se si es asi, porque guardan tanto secreto con los que
van como be dicbo de los que vienen , pues ba càsi dos dias que
vino uno, y publican qu*es de mercaderes, y ellos dicen que no les
trahecartas : por donde se tiene por cierto que es el que esperaba
el rcy de su embajador , aunque él y los de su consejo lo niegan.
Si Vuestra Magestad fucre servido de escribir estas cartas que
le snpiico , convernà que vengan en brève , y si mandare que yo
haga otra cosa, que se me dé aviso dello, para que se cumpla.
Nuestro Senor la impérial persona de Vuestra Magestad guarde
y dé tan ta vida conio yo deseo.
I)e Lisboa, â 18 de diciembre i556.
La senora infante doua Maria me dijo, dos dias ba, que la
djlacjon podria danar este négocie; y esto meliizo bablar al rey,
y me hace despacbar este correo , porque tengo por cierto que
no hay quien los baga determinar mas presto que Vuestra Ma-
gestad. Y con estas cartas que pido , no ternàn acbaque ninguno
para la dilacion dicba, ni yo la terne en tomallos â bablar àntes
que vue! va la respuesta deste despacbo, porque, si me dan el
que les he pedido , aventûrase poco en tener ese otro , y si no
se hnbieren determinado, cuando Uegue, dârselesba à mejor
ooyontura.
S. C C. M**', los pies y manos de Vuestra Magestad besa
Don Sancho de Corik)ya.
( 14S)
XXH.
MARTIN DE GAZTELÛ A JUAN VAZQUEZ.
Mécontentement de l'Empereur du retard que soulTre Tarrivée de l'argent, et qui
l'empêchera d'entrer dans son monastèr* pour les fêtes de Noël. — Longue teltre
autographe qu'il a conuneocé d'écrire au roi , sur l'arrangement de sa mai-
son et les pensions qu'il donne à ses senriteurs bourguignons et flamands. —
Bonne santé de l'Empereur, qui traite arec Quijada tout ce qui concerne sa
maison.
Jarandilla, âO décembre 1556.
Ilustre senor, la acémiia con los dos rail ducados y lo
demàs no ha llegado basta agora, y eotiendo que Su Magestad
habla en ello y en la dilacion mucbas Teces, y à mi me lo ha dicho
y mandado que para lo de Sevilla se dé grandisima priesa, por-
que, por falla de no haber llegado lus veiote y seis mil ducados,
no entra esta pascua en su monasterio, y no quiere salir de aqui,
sin pagar su casa y dar à sus criados lo que bobieren de haber.....
El Emperador ha comenzado à escribir una larga carta de su
mano para*l rey, en que, â lo que entiendo por lo que ha dicho,
le da cuenta de la casa con que queda y de lo demàs tocante à
ella , y Tenviarà relacion de la merced que hace en sus casas à sus
criados flamencos y borgonones que acâ han venido, para que les
mande dar los despachos dello , y pîensa despacharlo todo dentro
de dos 6 très dias, y que à lo mas largo de aqui à Pascua s^enviarâ
el despacho con un correo que aqui se detiene para ello. Hàme
mandado que esc^iba â Vuestra Merced para que tenga alla olro
à punto, y que en ei enlretanto se escriba al rey, si hobiere que,
porque, cuando este llegue ahi con el despacho de Su Magestad,
no pierda tiempo, ni se detenga el que se ha de despachar â
Flandes
Su Magestad ha tenido y queda con salud, y no se otra cosa
r
( 1^ )
de que poder avisar. El senor Luis Qnijada lo debe hacer, como
con quien Su Magestad trata tpdo lo en que entiende de sus
criados
De Jarandilla, à 20 de dicienibre de 1556.
Martin de Gaztelu.
XXIIL
LUIS QUIJADA A JUAN YAZQUEZ.
Légère indisposition qu'a ressentie l'Empereur, par suite du froid. — Excellent
état actuel de sa santé. — Les dispositions pour l'arrangement de sa maison
sent très-avaneées; il gardera un peu plus de serviteurs qu'il ne l'aTait voulu :
instances de Qu^ada à cet égard. — Tout sera prêt pour qu'il soit entré au
monastère au 1^ janvier, si l'argent arrive à temps. — Recommandation à
Vasques d'en presser l'envoi ; inconvénients qu'il y aurait , s'il ne venait pas
arant la fin du mois. — Saucisses : l'Empereur a trouvé celles de la priaeesso
trop épicées, et celles de Tordesillas raoces. — Inclémence de la température.
— Quijada souhaiterait d'aller chez lui , sans passer par Valladolid ; peine qu'il
a eue a persuader l'Empereur de retenir un peu plus de monde à son service ;
erainte qu'il a de devoir rester encore quelques jours auprès de lui. — Seeond
entretien de l'Empereur avec le père Francisco de Bofja.
Jarandilla, 23 décembre 1&5G.
liustre seôor, con el correo que de aqni partie el domingo (i),
avisé à Yuesira Merced de lo que enlônces habia. Agora no se
ofrece mas, salvo que , con los dos dias que ha hecho de frio. Su
Magestad sentie un poco de indisposicion, mas no cosa que le
desasosegase; y como se acabô el frio, lambien lo hizo aquella
mala disposicion ; y esta moy bueno, y va la salud adelante; y en
(1) Voy. le 1. 1'', p. 72.
( 144 )
ciianto a lo de la gota, por Dios que picnso que por este ano
queda libre; y ansi placera à Nuestro Sefior sea en los que Yeo-
dran.
Va muy al cabo de despachar â los que para Flaodes ban de ir,
y ansîmisino lo va en las cosas necesarias para su servicio en d
inonesterio, y toma aiguna mas gente que traia pensado; mas
seràn pocos , y los que no pudiere escusar para su servicio. Yo
harto le suplico que tome los que no puede escusar, y cierto lo
hace con pesadumbre ; mas en nlnguna manera cierto puede ser
servido como conviene, sino es acrecentando alguno m^s. No
puede ser en su monesterio para Navidad , y no pasarà d dia de
ano nuevo d*estar en él, porque para enténces todo lo que ha;
que hacer estarâ hecbo y pagada la casa, digo contada y reoia-
ladas cuentas con todos, ordioario y trasordinario y gasto, y lo
demàs que bny que hacer, salvo el recebir el dinero para coo-
cluir. Deslo tiene Su Magestad entcndido qu'es parlldo de Sevilla,
y que sera aqui para el doraingo, à mas tardar; y ansi me mandé
anoche que de su parte yo escribicse â Vuestra Merced que para
este tiempo no faltase en ninguna manera, porque se le haria
muy ruin obra en ello; y aun liay otro inconvcniente, que si no
viene y escomienza â entrar el mes, liabrémos de hacer otras
cuentas, y darles todo el mes de gajas, à lo menos quince dias;
y por eslo, y porque para este dia de ano nuevo tiene irazada
su entrada, no qucrria hubiese falta en ello. Por eso, Vuestra
Merced mande despachar un correo À Sevilla, que con toda bre-
vedad venga el dinero, pues harà la falta que digo, y ansi me
mandé anoche Su Magestad que avisase k Vuestra Merced para
que en csto se hlciese diligencin. Las sausisas llegâron (I) : las
de Su Alteza dice que traen mucha especia, y las de Tordesillas
veniéron rancias, y ansi comié pocas de las unas y de las otras.
Tambîen dice que no son taies como solian las que de Tordesillas
veniéron, y qu*eran muy secas.
(1) Voy. le L I«s p. 72.
( 145 )
Eslos dos dias que atrâs digo qoe hizo de frio, fuéron buenos y
acabàron con nieve; pocos dias hace baeno, y los mas Ilueve (i).
No hay mas de que poder avisar à Vueslra Merced. En lo de
Portugal, GazCelù dira lo que hay; y en lo que aqui se concluyere,
y en el asienlo que en todo se tomare, yo avisaré à Vuestra Mer-
ced, y si por caria se sufriere; mas querria irme derecho à mi
casa, que no ir por ahi, pnesto que haré lo que me niandaren :
mas cnando yo vea à Vuestra Merced , lo entenderâ mas parti-
cularmentede mi, que cierlo en todo he pasado harto trabajo
para venir à concluir para que tome los que son raenester para
su senricio, el cual es bien diferente de lo que trahia trazado.
Temo terriblemente que me mande quedar por algunos dias,
que sera la cosa que mas senti ré : mas basta tomar el hilo del
servicio , tanto lo de su boca y criados y como se ba de bacer,
pienso que no se podrà escusar; mas, con que sean poeos, vayan
eon Dios. Vuelvo à decir à Vuestra Merced que puede muy bien
aTÎsar Vuestra Merced à Su Alleza que Su Magestad esta mejor
que ha estado de muchos dias atrâs, y que por los inconvenientes
que yo he escrito â Vueslra Merced , desea que le dièse la gota.
No hay otro que decir à Vuestra Merced
De Jarandilla, à los 23 de diciembre 1556.
El padre Francisco volvié ayer à hablar à Su Magestad (2) :
tubo otra muy larga audiencia, y se despidié y partie ayer de
aqni para Plasencia
Luis Q(}ijada.
(1) Le 98 décembre de raunce suivante, Gaztelù écri?ait à Vasquez :
Grandes son los frios que ha hccho, y las heladas, ayres y nieves; y porque
no quede nada por hacer, ba commenzado à IloYer de baena maoera, y ii
lo conltfitia 37 dioM, como agora un aHo, creo que se acaba la paciencia
à los Flamencos *
(2) Voy. le t l'% p. 74.
Tome II. iO
( 146 )
XX!V.
Luis quuada a la princesse doSa juana.
Attaque û^ gouf te survenue à V Empereur le troisiènke jour de fi6&. — Il prend
ttédceine. -^ Étal dans le^el il se f fouvc.
Jarandilla,3! décembre 1556.
Muy aita y miiy poderosa senora, Su Magestad «entié un poeo
degoia t\ tercero dia d« Pascua, en la muneca derecha» y poesto
que se quejaba, no dejé de levanlarse y <ûr misa aquel dia. El
dia siguiente, que fué lunes, le cargé de manera que ]e quité
el sueno; pero dormiô aquella nocha mas que la del dia ântes.
El maries, tubo ratn noche, y se le acrecenté d dolor hasta el
hombrO) de mànera que no se levante, ni tampoco ayer miér-
coles, aiinque se sentie mejor, puesto que tambien le ha tocado
en un dedo de la mano izquierda, pero no de manera que d^e
de corner con alla, porque del brazo dereebo no se puede apro-
vecbar. Corne poco y no con buen apetito. Anoche tome unas
pildoras y diez otizas de viao de sen : con que se iieae por
eierto se le oonsamirâ el bumor , para quedar libre deste corre-
mienlo, pues parecia à Su Mageslad y al médico qœ eonvenia
para la oonserbacion de su salud
De Jarandilla, à los 31 de diciembre 1556.
De Vuestra Alteza criado,
Luis Quuada.
Este correo habia de partirse boy al amanacer, y héle bedio
delener, esperando â ver como habian obrado las pildoras y
vino de sen que anoche tomô Su Magestad, las cuales han
hecho algun efeto, mas no mucho. Esta noche ha dormido Su
i 4*7 )
MagiBUd mal, y hile Jado d dolor en Im rodiUas ajfvfi Uoto^ y
ei el dedo de la maoo izquierda, y l^mbîen se qu^a de la espalda*
Pareçe que por todas partes maeve el hffiner. Ha eomid^ razo-
oableioeote, per» eon peco apetUoj y ansi queda bai^lo icanfiade
delà mala noche qae ha pasado.
£tu se cîerra à las doa después de medioi^a , à jos 3.1 de
dicieoibre.
XXV.
l'empereur av roi des romains.
Lafoutlel** empéchB de répondre plut tôt a la rédamation que le Kceneié Gamez
hiî a adf wée , de sa part, loseluMit 90^,060 iorins pi^és au due Gaoffe df
Sajw. Il s'étonne, .api:«s tout.ee qp'.il a lait pour son frère^ de c^tte «éçlamatjÛQn
mal fondée ; d'ailleurs elle aurait dû être adressée au roi son fik ^ vu la renoneia-
lioo qu'il a faîte de ses États.
JaraBdiila, «S janvier 1«57.
Monsieur mon bon frère, le licentiado Gamez (1 ) in*a envoyé la
lellre de crédence que sur luy m^eacrive?, du 16* de octobre, et
joinctement la lettre que lui avez escripte, et les escripiures que
sur ce luy avez envoyé (2). J'eu^e bien voulu vous avoir plus
-.t-^i^.i 111 III 1 1 I-
(1) Le licencié Gamez (oo Gamiz) était ambassadeur de f erdinand auprès
de PUlijppe IL
{à) La lettre de Ferdinand à Gamez est aussi du 16 octobre. Il j parle d*a-
bord (Tune rente de 00,000 ducats qu*il avait dans le royaume de Naples, et
qa*il déairaît Tendre : mais Plûlippe II , av.ant d'autoriser cette vente^ deman-
dait qa^il Justifiât de ses droits à la renie en question. (Vojr. la CoUccion de
docÊÊmentoi inédilos para la ÂUtçria de Bfpana^ de MM. Navarrete, SalvÂ
et Baran4a, L 11, p. 420.) Il en a (ait ciiei'cber les pitres, et il a trouvé que le
principal était le traité de partage fait entre lui et rJEmpereur, le 7 février 1599.
Il dît ensuite qu*il résulte du même traité que TEmpereur devait 300,000
(14«)
tosi respondu : mais, comme au temps que je le pensois faire,
ma prins la goûte; qu*ainçoires qu'elle m*a faict gran' grâce de
tantdiférer plus que les autres années, et ne ma tralcté si mal
qu'elle souloit, sy y a-t-il prez de vng mois qu elle me at empêché
à ce faire.
Tay veu, par la crédence dudict licentiado, ce que prétendez
de la debte contenue en Tescript de la répartition que vous feis,
Fan 22, touchant le duc George de Saxe, et ce quealéguez des res-
ponces que vous feis Tan 25 , signées de Jehan Laleroant. Et, on
dictes que n'avez trouvé, entre voz escriptures, ryens où icelie
debte fust esté satisfaicte, je croys, monsieur mon frère, que,
sy vous les cherchez bien , et réduictes à vostre mémoire ce qae
depuis est passé entre nous, que trouverez que. Tan 50, tant an
temps que fiismes en Âugspurg, que quand nous vînmes à Gou-
logne et Âix, où se traictoit de vostre élection , que lors feinies
une fin de compte, tant des sommes q*auparavant je vous avoye
envoyé, pour vous secourrir en voz nécessitez, tant de Hon-
grie, Wirtemberg q'autres, q*ausy en ce que failloit payer pour
vostredicte élection , èsquelles fut descompté ceste debte du duc
George et toutes autres que pouvyés prétendre; et aincoires vous
demouroit-il grandes sommes dadvantage dont je vous avoîs
secouru , et vous en faisois grâce. Et est chose légière à croire
que , sy ceste mémoire fresche de ce que je diz ne vous eût faict
oublier ces vieulx escriptz , selon les nécessitez en quoi vous estes
trouvé, ne l'eussiez mys en oubly, puys q'en cest heure, comme
chose oubliée , et par voye de descherge de conscience , le deman-
dez. Quicunqne que ce vous a conseillé et trouvé ceste inven-
tion , tant contraire à ce que entre nous se doibt user, debvroit
florins au duc George de Saxe; que celtç somme, c^est lui qui Ta iMiyée, et
qu^un acte daté de Madrid le 6 février 1525, signé de S. M. I. et contre-sîgné
par le secrélaire Lalemand, prouve qu^elIe lui en est restée rederable. H ne
doute pas, diaprés cela, que l'Empereur ne veuille décharger sa conscience,
en lui faisant rembourser ladite somme, et il charge Gamez de la réclamer.
Cette lettre est en espagnol.
( 149 )
plus attendre, et le tous dire aprez ma mort : car je croys qu*il
De y a peu ou nul qui de ce se peult souvenir, si ce n est la royne
d'Hongrie, nostre seur, qu*aUéguez; et je croys iuy en souvien-
dra. Par quoy , monsieur mon bon frère , je ne fayz double q avez
esté satisfaict deceste debte, et que ce que la demandez est par
ee que voz nécessitez vous font oublier ce qu'est passé; et à moy,
aincoires que j*ay la mémoire assez travaillée, comme je suys icy
en lieu où je la travaille moins que je soulois, sy m*en reste-il
quelcune.
Et sy d*adventure en ce je ro^abusois , je vous veulx bien ad ver-
tir que vous vous abusez bien de me demander ceste somme, ne
par forme de conscience, ny autrement : car je n*ay de quoi y
satisfaire, par la renunciacion que j'ay faict au roy mon filz,
lequel par icelle a accepté Texécucion de mon testament, auquel
je ne faiz mencion de telle debte, comme satisfaicte; en Taccom-
plissemoat duquel je suis seur qu il faira tout le possible , ain-
coires qu il ne Iuy fault (1) à quoy entendre; et en chaque quar-
tyer y a un lieu de mauvais chemin. Et, si vous trouvez que
eeste debte vous est redevable, c*est à Iuy à qui il fault que la
demandez, et non à moy, ny m*en encherger la conscience,
puisque je n*ay de quoi la payer; et il la pourra avérer. Mais
bien me semble- il que, voyant ce que devant et depuis j'ai faict
pour vous, et vous hoster des dangers évidens où estyez, sy je
ne TOUS eusse secourru , et avec mes grans despens, que eussiez
bien peu excuser ceste demande; et, vous souvenant de comme au
temps vous fustes d'icelle satisfaict, non seulement vous cher-
geryés votre conscience, de vouloir estre payé deux fois d'une
debte , mais ausy votre honneur. Et pour ce, recourez bien vostre
mémoire, et ne demandez chose qui ne fust juste.
Je vous prye ne mal prendre ce que je escripls : car, puis-
que ceci ne me touche plus, il me sembleroit que je ne fai-
rois office de bon père, sy, pour un escrupule, ou pour mieulx
(1 ) Une Iuy fauU, il ne lui manque.
»^
)i
{m)
d!r6 pour un bipoerfrier je voultisse niisy ehei^r moti fih. El»
Vf et les reeommaDdatioiit et prières âcou^uméei, pour faillir
le feullet, fais, monsieur mon frère, fyn; demoorant, tel qae
touts jours ay esté, vostre bon frère
Charles (i).
De Jarandilla, ce ixun* de janvier 4SS7.
XXV!.
L'EllPBftBUR A LA PRIMCBSSB DONA iUANA.
État de sa santé. —Rupture de U trête par les Français : il approuve les neswsi
que la princesse a prises pour la garde des frontières et des côtes , et l'envoi ds
500,000 ducats au roi. — Hépon&e au conseil qu'elle lui a demandé, touchant
Targent qui est k Sét ille. *- SatisfacUon i donner au Fuggcr. ^ Bipédientt
financiers préposés par la reine de Hongrie. — Ituportance de pourvoir de gens et
de vivres les garnisons des frontières. — Avertissement à donner aux grands ,
aux villes et aux prélats du royaume — Mesures n prendre pour Cran. —
Négeciàtioh dé Portugal : <!e qu« U princesse doit dire , de sa part , à la reînè
dé Hbfigri« et à Lorenao Pern. — Lettres du duc d' Alban|uerqiie : déoiann du
roi sur la négociation avec M. de Vendôme ; communication faite en consé-
quence i ce dernier; sa réponse; ordre au duc d'Alburquerque de passer eu
Angleterre; considérations qui font désirer à TEmpereur que le duc reste en
Navarre. — liiséde Rosis en état de défense. — - Courrier à expédier an roi. —
L'Empereur veut qu'un navire soit prêt à transporter des dépêches qu'il adres-
sera au roi , après son entrée au monastère , et dont sera porteur le $>* d'Hubcr-
mont , qui , en passant , visitera , de sa part , ta reine d'Angleterre.
Jarandilla, 81 janvier 1557«
Hija , vuestra cai*ta de veinte y siete de este recibi , y os agra-
dezco miicho el ciiidado que habeis teuido y teneis de saber de
mi salud, dé que ^stos dias he tenido harta falta, aunque no
(1) Cette lettre, dont on n*a qu*une copie aax archives de SimaDcas, fut
vraisemblablement écrite par TEmpercttr t4Hite de sa main.
(1M )
luu CMUO los tôaa pandos, y me hallo an major dispoùeion <
gradas k Nuestro Sefior, en quien espéra me la caatÏDuarà, y
tpie podré eotrar en el moDasterio brevemeole.
CoD mon debeisbaber seulidoque Fraaceaes hayao nunpiito
la tregua , y lan sîq fundamenlo eomo lo ban heeho , en cspectal
Mando laa eosas de la cristiandad y nuestraa en uUa Urniinoa;
pero, poes no te puede hacer otn cosa , conviene pensar eii d
remedio, para escuaar loi inconvenientea que de elle podrian
nacer; jbàrae parecido bieo que, luef^o codio se emeoditi la
Dueva de elle, bobiésedes mandado avisar y proveer |«g fron-
leraa de eaaos reynos y armadas que esUn en las cosUs de ellos,
porque todos esten apercibidog para no ser ofendidos, y asi en
que vayan en el armada del cargo de D. Luis de Carvajal les
quinientoB mil ducados que el rey escnbîà , à la mayor canlidad
de ellos que ter pudiere, porque pueda prevalerse de contado,
li haciendo cambio sobre ellos, como mas vierecoaTeDÏr, segao
la DecMÏdad en que se hallare.
En lo que decii que creeU que egorn liabrà meoeater el rey
mas dineros, y que no los hay, si no se loras de lo que esta ea
Serilla , y que esto DO se podria bacersin ver la ârdea que envia,
y que umpoco se puede tomar à cambio, porque el factor
Hernan Lopez del Campv no tïene poder para ello, inte» en la
ïnstruccion qne trujo, se le probîbe que no lo pueda hacer sin
tener érden dd rey, coa que se os limita el podelle vos dar
licencia para que lo baga, pidiàidome que os alumbrey acoo-
seje de lo que debeîs hacer y proveer, pues va lanlo en ello al
rey y sus reynos, lo que eq esto me pareceria se debria bacer,
séria procucar que el oro y plata en pista que esl4 an Sevilla,
se dièse mucba prisa en que se labrase moneda para ei) cuql-
qttier case, y agiiardar à ver la forma qne e| rey Ai de como
piensa ser provehido, porque, si ba de ser de contado, ganar-
ee_^a el tîempo que se perderia después en labrarlo; y si por
cambio, sera mas sveniajado, babiéndose de.cumplîr lu^go
dello; y en el entretanto no querria dar consejo sobre «sto,
porque séria andar à tino, liasla lener lirden de) rey, de la ct|al
( 152 )
dépende la que habeis de guardar acà , y podria aer muy diferente
de la que ahora se quisiese dar.
En lo que el rey ha mandado que loa del consejo de h
hacienda tengan la mano ^n el cumplimienlo de los doscieoU»
cincuenta y ocho mil ducadoa del Fucar, que Eraso eacribe k
Juan Vaxquez , sera bien que se mire de tenelle contente , poM
importa tanto, en esta coyuntura del rompimiento de la tregui,
la consenracion del crédito, en especial con el Fucar, quepuede
servir y socorrer mas que otro ningun roereader.
Guanto à lo que la reyna de Ungria mi hermana os ha comea-
zado à hablar , apuntando algunos medios que podria haber ptn
que se hayan dineros, sera bien que se platique y entienda el
fondamento y sustancia que son, para que, si conviniere osane
de ellos , se haga à su tiempo , y porque en el entretanto se gaoe
el que despuésse podria perder en tratallo; y si pareciere que te
debe dar aviso al rey , hacérseha ; y en lo demàs se tendra acà d
secreto que conviene, como lo escribis.
Con vend ria que las fuerzas de las fronteras de estes reynot
esten bien provehidas, asi de gente como de vituallas y muni-
ciones, por el tienipo y conforme à la érden que sobre este
tendra dada el rey, y la que pareciere convenir.
Séria bien que se mirase si convendria avisar de este rompi-
miento generalmenle à todas las ciudades, grandes y prelados
del reyno, y como el rey de Fraocia ha intenlado de querer
tomar à Duay en Flandes , y lo dénias que ha hecho por aqudla
parte, y la liga que en Ytalia tiene iratada, y el dano que èon
fabor del armada turquesca y de los Moros podria hacer en la
Costa de estes rey nos , para que desde luego comiencen à aper*
cibirse à la defension de ellos , y cscusar que no se reciba dano,
pero que, hasta tener olra érden, no levanten gente, por escu-
sarlos de gasto infructuoso, sino que hagan las diligencias nece-
sarias à este proposito, por ganar tiempo , para que, en casoqne
sea menester , puedan enviar su socorro con brevedad.
Ya creo debeis de saber de la manera que Oran estarâ prove*
hida ; y serh bien que se haga por tiempo que no faite lo necesario
( 1^3 )
euaodo mas sea menester, porque, después que esto^ acà, he
enteodido que el coode de Âlcaudete hà enviado un hombre para
atisar que se provean , y que los Moros se aparejan para volver
à bacer la empresa este verano ; y convendria que desde luego
se vea la érden que se ha de tener para socorrerla en caso de
neeesidad, y si sera bien que sea con navios, pues los hay de
ordinario en los puertos de estes reynos, y con algunas gâteras
que les vayan en retaguardia, por ocuparlas menos que ser
pudiere, pues serân tan necesarias para otros efectos, porque,
paesto caso que para larga navegacion séria de algun inconve-
niente, todabia, siendo esta lan corta y de tal calidad, se podria
bacer , y no séria bien en estas cosas aguardar à liempo de tan
urgente necesidad que no se pueda después bacer , ni que esta
plaza ni otra se pusiese en condicion como lo estnbo el ano
pasado , si el conde no se ballara en defendella , por pasiones
parlicalares denadie, pues si se perdiese, no querria ballarnoe
en Espana ni en las Yndias, sino donde no lo oyese, por la
grande afrenta que el rey recibiria en elle, y el dano de estes
reynos.
He Tisto parlicularmente lo que decis en lo que (oca à lo que
ha pasado entre la reyna de Ungria y Lorenzo Pirez sobre lo
que aeà me refirié y yo avisé (i), y la carta que el rey le escribe,
satisfaeiendo à lo que le respondi, y lo que sobre este colegis de
la voliintad de las reynas, y lo que el dicbo embajador os pidiô
que me escribîésedes; y puesto caso que yo, mas que nadie,
deseo ver el buen fin de este négocie, como liasta agora no
teogo respuesta de ninguna de las i*eynas, no sabria en este que
daciros, y mucho menos estando la infante tan diferente en ca-
•arse, eomo veréis por lo que D. Sancho de Côrdova me escribe
en so earta, cuya copia va con esta, por donde se ve que esto es
eosa ya tratada y platicada entre el rey y ella; y siendo asi, podréis
mirar que niedio podria haber en esto, y platicarlo con la reyna
(1) Voy. let I«,p. 106,
(154)
de Ungria, y aTisarme de lo que yo debo kaeer, y eaderoiral
dicho Pires, à quien dirélg oaanto he hol^do con todo loqaeel
rey diceen su caria que os vaelvo à enTÎar, pero que, habieado
este inconveniente de por niedio , mal se podria tratar de nia-
guno de los que apuota y yo le dije ( l ) ; y en la nueva que è\à k
enteuder teuia de la muerte de la reyna de Ynglaterra, aoby
que decir, pues debe haberla sembrado para alargar mai d
negocio.
Por dos cartaa de quînce de este, y la una en cifra, qae d
duque de Alvurquerque ha escripto à Gaztelù , con un criado sojo
que llegé aqui dos dias ha, habemos enlendîdo que habiacoatro
dias que le llegé la respuesta que aguardaba del rey sobre lo
platicado con Yandoma, y que es conforme à la que aqui dimos
al de Ezcurra, y que, babiéndose dado aviso de ello por su medio à
un su secrelario que la aguardaba en aquella comarca , escribiô
él luego sobre ello al dicho Yandoma, el cual diz que la habii
eslado esperando, y entreteniéndose por esto mucbosdias, ;
que no pudiéndose detener mas , se îria camino de la corte de
Francia, de donde habia sido llamado algunas veces, y que por
estar tnn lejos de aquella frontera , no se sufria enviar al de
Ëzcurra para dalle razon de ello, por ser tan conueido y escusar
(1) L^Empereur écrivit, he 2 février, au lecrétaire Yajcquet, en répoiMe à
ses lettres des 26 et 30 janvier (t. I", pp. 101 et 106), qu'il fallait fournir à
Lorenzo Ferez Toccasion de revenir par Yuste, et qu'il le recevrait; que, du
reste, il trouvait bien la réponse qu'on était convenu de lui donner. Vazquez
lui fit savoir , le 1 0 février, que la réponse convenue avait été donnée à Lorouo
Ferez, et que celui-ci, au lieu de partir, avait expédié un oourricr à Vtr
bonne, afin de demander de nouvelles instructi<W9 au roi.
Le 27 , il lui manda que ce courrier était revenu , et que Tambassadair
se disposait à partir pour Yuste. Les deux reines lui communiquèrent
en même temps ce que l'ambassadeur leur avait dit, et ce qu'elles avaient
répondu.
On a vu, t. \"j pp. 129 et 151 , comment Lorenzo Ferez avait été reça et
expédié à Yuste.
( <55 )
1m ioeonvenientes que de ello podrian resoltar , si le prendiMen :
é lo cittl el dicho Vandoma ba respondido, por medio de otre
secretario qœ ha eoviado de ouevo, diciendo el grandisimo
cooteniamiento que recibié de saber que hubiese Uegado la
dieha respueeta , y que luego fuese alla el de Ëzcurra en corn-
paôia del secretario que ha enviado para este efecto, y que vayan
al lugar de VaDdoma , doude les eatarà esperando, 8o color que
estàalli visitando sus vasallos, y que asf son partidos» y que,
como DO pueden ir por la posta, y hau de camioar mas de dos-
cieDlas léguas, no podràn dejar de tardar en el viage, y que el
didio duque ténia aviso cierto que Mos. de Guisa con su ejército
estaba en Léon, sin pensamiento de pasar dealli, hasta saber en
lo que paraban los conciertos con el papa, in cuyo socorro se
publicaba que ivan, y que en aquella frontera estaban bêchas
algnnas vanderas de infanleria que tambien se publica son para
el dîeho efecto : diciendo, demâs de esto, que el rey mi hijo le
ba escripto que vaya a servirle en Ynglalerra, y que se ponga
âpuDto para pasar en el armada de D. Luis de Carvajal. Y como
quiera que, por la noticia que tiene el duque de las cosas de
aquel reyno, del tiempo que en él residiô, y ser la persoua que
es, debe ser necesaria su ida y residencia allf , todabia , porque
cuando esto se le escribiô, no era aun rota la tregua, y estando
las cosas en los termines que eslàn, no se si convendria que
saliese por el présente de Navarra, por ser aquello de la im-
portancia que es, y que podria haber en esta sazon algun movi-
miento por aquella parle, y roucho menos agora, porque, si lo
que Yandoma ha ofrecido es cierto, presto se verà, y si otra
coM , tambien , y convendria que en esta coyuntura estubiese
aiU persona que tubiese noticia de las cosas de guerra y de las
de aquel reyno y Francia. De lo cual me ha parescido mandaros
avisar, para que veais si sera bien ordenar al dicho duque que no
saïga de Navarra, hasta que informado el rey mi hijo de esto, le
envie à mandar lo que ha de haeer, y Ja provision que se hace
para lo de aquel reyno , y que esté muy vigilante en todo lo que
conviniere proveerse para la buena guarda dél, teniendo toda
1
( 456 )
correspondencia con D. Diego de Garvajal (i) y can quienmag
coDviniere, porqoe, si Vandoma, conforme al aviso que diéelde
Ëzcurra los dias pasados, de que os envié relacion , se juntasecon
el ejéreito de Mos. de Guisa y las vanderas que hay hechas en
aquella fronlera, podria ser que tubiesen fin de intentar alguna
cosa por aquella parte; y mandaréis que en eslo haya secreto, y
que no lo entiendan mas personas de las que lo saben, porqite
asi conviene.
Aunque creo que, visto lo que Eraso ha escripto à Juan Vaz-
quez en lo de Rosas, habréis mandado proveer lo necesario y m-
sado al visorrey de Calaluna, para que aquella plaza esté Un i
reeaudo como conviene, todabia os lo he querido acordar, jqne
mandeis que se tenga mucho coidado en despachar correos por
tierra y mar, avisando al rey de todo, porque en esto hobo des-
cuido por lo pasado , y que esté una zabra aparejada; porque Ile-
gado al nionasterio escribiré al rey mi hijo, y le enviaré la relacion
de lo que en todo he acordado, con Obremont (1) que ira en ella,
para que de pasada visite de mi parte a la reyna de Ynglatern;
y à este propôsito le podréis hablar sobre elle, y tratado y pbti-
cado lo que de esto conviniere con quien se debe hacer, seràbifia
que lo que en ello se resolviere se ponga en ejecueion con la
diligencia y presteza que fuere posible , sin aguardar al punto de
la necesidad , como se ha hecho otras veces : de que han resal-
tado los inconvenicntes que debeis saber. Y Nuestro Senor os
guarde como yo deseo.
De Jarandilla, à 5i de encro 1557.
(1) Capitaine de Fontarabie.
(1) Fioris de Montmorency, seifj^neur d^Hubermonl. \oy. 1. 1*', pp. 8, 14,
17, 25, 70, 90, 90, 99, 100 et 109.
Le 15 février, Gaztehi écrivait à Vazquez , |K>ur le prier de dire à M. d*HiH
bermont quMl ne partit pas de Valladolid , avant Parrivée des dépédies de
FEmpereiir, qui sVn occupait depuis quatre jours.
(157)
De la main de VEmpereur.
Hija . no os escribo esta de mi mano , por ser tan larga , y aver
rifra en ella, y no estar ella para ello. Âlgtin dia de estos , cuando
piidiere, responderé à las otras, aunque son ya tan viejas que
creo habrâ poco que responder; y asi acaba estos renglones
Tnestro buen padre
Carlos.
XXVTI.
L'EMPIîRBUR a la princesse don a iUANA.
Il trouve bien qa'elle tit fait exUrniner par le eonaeil de guerre s'il conviendrait
d'attaquer la France par la Navarre et Fontarakie : mais il croit que , avant
de prendre aucun parti, il faudrait connaître les intentions dn roi , et le résultat
de la négociation avec M. de Vendôme. — En attendant, on pourrait s'occu-
per des moyens d'exécution de l'entreprise.
Jarandilla, 2 février 1557.
Hija, recebi la que me escribisles à los 50 del pasado; y
en lo que decis haber mandado platicar en el consejo de la guerra
en si se podrâ hacer algun efecto, entrando con egército por
Navarra y Fuenterravia, y que algunos estàn bien en ello, y el
ayuda que los prelados podrian hacer, y lo que esto aprovecha-
ria, hàme parecido bien que se baya tratado de ello : pero no se
si Gon^endria poner nada en efecto hasta entender el designio é
intento que tiene el rey, y lo que piensa hacer. Y en caso que se
hobiese de emprender algo, convendria que fuese enlendiendo
primero el fin de lo que résulta de la respuesta que el rey mi
(m)
hijo dié 8obre la piàtica que el de Ezcurra ha tratado con Ban-
doma, porqne, siendo «on su ayuda y medio, no podria dqar
de hacerse mas efecto, y con mayor ocasion. Y séria bien dar
razon de ello al rey, y que eu el enlretaoto, por gaaar tienfo,
se mirase y plalicase-à esie propdsiio ea la forma y 6rden qoe
se faabria de tener, y lo que se debe pro^eer, porfue, si se ho-
biese de poner algosa cosa en egecucioa, se pudiese baoer ceo
brevedad ; y en tal caso , pidiéndoseme , no dejaria de dar mi pa-
recer sobre ello
De Jarandilla» à 2 de hebrero de 4557.
De la main de V Empereur,
Hija, por no tener aun la mano para escrebir esta, no dice
mas vuestro buen padre
Cahlos.
xxvm.
3,
L EMPEREUR A iUAN VAZQUEZ.
11 envoie Gaztelù à Ytlladolid , afin d'instruire la princesse de la somme annuelle
dont il aura besoin pour sou entretien, de régler la manière dont elle devra
lui être payée, d'entendre le compte des droits de 11 et 6 par mille, enfin de
s'informer de ce qui a été résolu sur les affaires de Navarre, et de ce qui a été
fait par rapport aux cinq millions arrivés à Séville.
Yuste, 97 février 1557.
El ëmpsrador.
Juan Vazquez de Molina, mi secretario y del mi consejo, ba-
biendo acabado de tomar resolucion en todo , y béchose la cHeaU
de lo que habré menester cada ano para mi .entreteninûeiKOf
me ha pareddo enviar à Gaztelù, .para que dé cuenta de ello â la
(159)
priocesa mi hija, y 6e vea como y ee quieâ se me ba de librar,
jà los tiempos que conviene se nie provea, y para que feaeica
la cuenta de los derechos de once y seis al millar con Hernando
dd Campo, â cuyo cargo esta la cobranza de elles, y sepa lo que
liqoidameDte babrà eu su poder, y que, juoto con esto, entienda
lo que se provee en lo de Navarra, pues el duque de Aivurquerque
va à inglaterra, y lo que se ha hecho de k» dnco milloites que
me diffstMs habian ^enido y estaban en Sevilla para ei rey y
particnlares, como dél lo entenderéis. Encàrgoos roucho que, en
lo que toca à lo que habemos menester, procureis por Tuestra
parte que se baga como conviene, y en lo demàs le digais lo
qqe de ha provehido , para que me traiga rdacton particular de
ioAk
Del nionasterio de Tosle, à ^7 de febrero de 1 557.
Carlos.
XXIX,
BOT G01I«Z DE SILYA k l'eVPEREUR (t).
Objet pour lequel le roi Ta envoyé de Braxelles. — Son tiriTée à ValUdoRd.
Il ira troorer FEmpereur, «ussîtôt qu'il eara rendu compte à In princewe de
dMA il n été ehnrgé pnr le roi.
yalltdofid, 11 mars 1557.
S. C. C. M., et rey me despachô de Bruselas , à très de bcbrero ,
à dar cuenta à Vuestra Magestad del estado en que quedaban
aW los negocios, y en Italia, y Ingalaterra. Llegné aqui à dîezde
(1) Sur la mission que Philippe II donna à Ruy Gomez, nous avons les
I pièces suivantes :
i I. lastnietieo^atée de Bruxelles, le 3 février 1557. Buy Gomeg ira d*abord
( 160 )
marzo, de donde partiré como haya dado cuenta â la princesa de
lo que el rey manda que se provea, en el entretanto que Yuestra
en Anglelerre. Il visitera la reine, lui remetlra la lettre autographe du roi,
dont il est poKeur, lui dira quand et comment le roi se propose de se ren-
dre auprès d'elle; comment les Français ont, sans motif, rompu la trêve;
leurs desseins sur Tltalie; ce qu'il a traité avec le pape; la patience dont
il a usé pour le bien de la chrétienté; la nécessité où il s'est vu de lever
des troupes, afin de prévenir l'invasion du royaume de Naples par les Fran-
çais , réunis au pape ; enfin ce que S. S. ose maintenant contre lui. 11 lui
rendra compte aussi de Pobjet de son envoi en Espagne. Comme il j a bon
esi)oîr que les Anglais vont déclarer la guerre à la France, il ne traitera
de cette matière, ni avec la reine, ni avec personne, excepté avec Paget,
qu'il s'efforcera de persuader d'agir, comme de lui-même, dans ce but. Aus-
sitôt qu'il aura débarqué en Espagne , il ira trouver la princesse gouvernante
à Valladoiid , l'informera du nombre de troupes allemandes et belges que le
roi compte rassembler, ainsi que de celles qu'il faut lever en Espagne; lui
recommandera de faire partir, le plus tôt possible, trente navires de guerre,
sous le commandement de don Luis de Carvajal et de don Alvaro de Baçan,
pour être réunis à vingt autres navires qu'on arme aux Pays-Bas, etc. A son
arrivée à Valladoiid, il enveiTa un courrier à l'Empereur, pour lui en donner
avis, et le prévenir de sa visite. Il informera aussi la reine Marie de la situa-
tion des affaires, des mesures que le roi a résolu de prendre, et lui demandera
son avis, ainsi que les renseignements qu'elle possède, sur la guerre à faire
aux Français, du côté des Pays-Bas.
II. Lettre de Philippe II au duc d'Alburquerque, écrite de Bruxelles, le
5 février 1 557. Voyant le retard que souffre la négociation avec M. de Ven-
dôme , et la difficulté qu'il y a à la suivre, des Pays-Bas, à cause de la décla-
ration de guerre de la France , il a résolu de supplier l'Empereur qu'il veuiDe
commettre, pour la continuer, la personne qui lui paraîtra convenable, le
duc devant venir le trouver. Le duc aura donc soin d'informer l'Empereur de
tout ce qui s'est passé dans la négociation , afin que Sa Majesté ordonne,
détermine et pourvoie comme elle le jugera convenable, sans quil soit néces-
saire de recourir au i*oi {para que S» JU*^ ordene, détermine y provea como
le paresciere, tin que haya necesidad de ocurrir â mi).
IIL Pleins pouvoirs donnés par Philippe II, à Bruxelles, le IC février
1557 , en présence de D. Gomez de Figueroa , comte de Feria, D. Antonio de
Tolède, son grand écuyer, et D. Bernardino de Mendoza, tous trots de son
conseil, à l'effet de traiter avec M. de Vendôme. Le nom de la personne à qaî
( 161 )
Magestad en lodo manda lo que le pareciere mas necesario, scgun
la necesidad en que el rey queda. Y pues mi partida sera dentro
îts éUient destinés est laissé en blanc. Il devait y avoir, d'après cet acte,
ligne et confédération , et de pins , traités de mariage , entre le roi d*Espagnc
et M. de Vendôme, qui aurait remis au roi toutes les places qu'il possédait,
tant sur les frontières d'Espagne qu^en Flandre, Artois et Hainaut; qui, en
outre, Taurait aidé à conquérir Bayonne, Bordeaux et d'autres villes sujettes
an roi de France. De son côté, Philippe II l'aurait mis en possession de l'État
de Milan. La princesse dofia Juana était comprise dans les arrangements
matrimoniaux à ùiire.
IV. Autres pleins pouvoirs donnés par Philippe II, à Londres, le 15 avril
IS57, en présence des trois mêmes conseillers et de Juan de Figueroa, à
D. Beltran de la Cueva, duc d'Alburqnerque, vice-roi et capitaine général
de Navarre, et à Ruy Gomez de Silva, comte de Melito, grand trésorier de
Castille et de son conseil d'État, à l'effet de traiter avec M. de Vendôme. Ils
sont conçus en termes plus généraux que les précédents.
V. Instruction de Philippe I( ])our Ruy Gomei, donnée à Londres, le
lô avril 1557. Elle le charge d'aller incontinent à Yuste, pour rendre compte
i l'Empereur de ce que le roi lui écrit , tant au sujet de la négociation avec
Af. de Vendôme , que relativement aux provisions d'argent à envoyer aux
Pays-Bas, et aux autres affaires de la monarchie. Si l'Empereur approuve ce
qui concerne la négociation avec M. de Vendôme, Ruy Gomez se transpor-
tera en Navarre, sous prétexte de se concerter avec le duc d^ilburquerque
sur le voyage de celui-ci en Angleterre. 11 se fera montrer par le duc la
réponse que M. de Vendôme a donnée, le 4 février, sur la négociation prin-
cipale, et la lettre du duc au roi, du 21 février. II verra par là que la dernière
résolution de IL de Vendôme a été de persister à ce qu'on le mît d'abord en
possession de l'État de Milan, offrant de livrer ensuite ses places et de
donner ses fils en otage. Quoique toujours le roi ait prétendu que la déli-
vrance se fît sur un pied égal (co/i igualdad), et de manière qu'il y eût des
deux edtés une sécurité entière, désirant cependant en finir, il ordonne à
Kttjr Gomez et au duc d'Alburqnerque , ou à l'un d'eux, de déclarer à M. de
Vendôme qu'il est content de mettre en ses mains l'État de Milan, à condi-
tion <iae eet État ne courre pas le risque de tomber au pouvoir du roi de
France, ou de tout autre, et que M. de Vendôme donne à cet égard des
garanties suffisantes. Le roi a d'ailleurs en lui cette confiance, que, comme
gentilhomme si principal, il accomplira ses promesses; qu'il lui remettra en
conséquence ses deux fils, avec les places qu'il a offertes, et fera tout ce dont
ToaiE II. 41
( 163 )
de très 6 euatro dias (1), solo sera esta para cumplir le qoeel
rey me mandé, que fué avisar  Vueslra Magestad asi de lo dicho
como de su salud, que à mi partida era muy bnena. Guarde Nues-
tro Senor la S. G. G. persona de Vuestra Magestad , como sus
vasallos y criados deseamos.
De Valladolidt à 11 de marzo de 1557.
Humilde criado y vasallo de Vuestro Magestad ,
Rut Gomsz de Silta.
OD est convenu pour Texécution de la guerre contre la Praace. Le rot, 9j9mi
beaucoup réfléchi aux garanties en question, a trouvé que la meitteare serait
que ses propres troupes restassent dans TÉlat de Milan, moyennaol que
leurs cbefe et ke gouverneur prissent envers M. de Vendôme rengagement
de Pévaeneff, lorsqu'il aurait des forces capables de le défendre. Par la réponse
qu'il fera sur ces points, on pourra juger s'il proeède avec sincérité, ou s*il
ne traite que du su du roi de France. Le duc d^Attnrqnerque devra, saai
perdre de temps, Tavertir, ou sa femme, que le roi a envoyé les pouvoirs
néeesaûrei peur cocchire. Si l'Empereur est d*avis que la négociation se ter-
mine aÎBsi qu'il vient d'être dit, il faudra avoir soin de rédiger les articles du
Ijraité d'une manière très-claire et très^stinete* Enfin Ruy Gomea et le doc
suivront en tout ce que l'Empereur ordonnera {en fin teguiréis en todo lo
que S. M*^ aeordare y determénare). Il est entendu que M. de TeDdÔkne et
sa femme dirent renoncer formellement au droit qu'ils prétendent sur le
lejraumede Navarre. Si , par hasard , il demandait que l'Empereur hii doiuilt
TinvesliftttTC ée l'État de Milan, il faudrait lui répondre que le roi lieotde
S. M. l. les pouvoirs nécessaires à cet eflTet.
VI. Lettre du ret au duc d'Alburquerque, écrite de Londres, le t5 arril
1557. Elle a pour objet de l'informer de ce que contient l'instruction précé-
dente. Le <^c, aussitôt qu'ii recevra cette lettre, avertira M. de Vendôme, on
sa femme, pour que la négociation soit reprise, comme ils Pont offert. Il
demandera aussi à M. de Vendôme s'il est vrai qu'il ait traité euvertemoit
de cette affaire avec Polweiler, gentilhomme allemand , parce que cetni-ci
en a parlé, en ofiVant ses services.
(1) Une lettre de Juan Vazquex au roi nous apprend que Rujr Qm
quitta Valladolid, pour se rendre à Yuste, le 26 mars.
Il y arriva trois jours après. Vojr. le 1. 1"*, p. 159.
(163)
LUIS QUUADA A JUAM VAZQDK&.
Renvoi des mules «ppartenftDtes à l'Empereur , i Texceptlon d'une que Quijade
retient pour les commissions , et (pi'it payera au même prix que les autres se
vendront , s'il la garde pour lui. — État de la santé de l'Empereur.
Toite, 93 OHffs 1557.
Itastre seâor, âqoi fance mucha costa las acémilas, y segon
dicen tos frayles, sera mas barato servi rse por tragineros; y por
eso se envian las cuatro acémilas , las cuales van. Mandarà Vues-
Ua Merced hacer de ella&lo qae de las demàs» que, como digo,
à estes ptdres se les haice mucha costa. S. M. esta inuy baeno, y
piiesto que estes dîas le ba tocade la ^ta en muchas partes;^
mas en niogana le ha eargado de manera que le baya quitado el
soeno si el corner.
En San Gerônimo de Yuste, 3^ de maraso 1557 anos.
Yo hago quedar la una aeémiia de estas cuatro, porque no se si
sera menester para mandados; y sino, yo la llevaré; y si meque-
dare con ella, pagàrlahe al respecto que las demàs se vendîeren ,
que no quiero en nada ser en cargo à S. M. en esta jornada.
Luis Quuada.
( 164 )
XXXI.
MARTIN DE GATTELU A JUAN VAZQUEZ.
L'Empereur désire Tarrivée de Ruy Gomet : ce ne sera qa'après Tavoir vu , qu'il
répondra aux reines et à la princesse, et écrira au roi. — Bonne disposilion dus
laquelle il continue d'être.
Cuacos, 95 mars 1557.
Uustre senor, con un correo que se despachô los otros dias,
avisé à Vuestra Merced de lo que se ofrecia , como habrâ visto; y
no ha partido después otro de dos que acà hay , por agnardar pri*
mero à que Ilegue ei senor conde de Melito (1), que, segun los
dîas escribié Su Senoria que se detendria ahf , ya tarda, y So
Magestad querria que fuesse llegado, por entender lo que trabe,
y responder à las cartas que yo le truje de las reinas y princesa,
y escribir al rey ; la cual queda con la misma buena dispusicion
que tengo escrilo à Vuestra Merced , y en esta no se que baya
habido otra cosa, después que yo aqui llegué
De Cuacos, à 25 de marzo 1557.
Martin de Gaztelû.
(1) Voy. t. l^'jpp. 153 et 156.
' w- w^"¥ •■
'•• • r:.
(165)
XXXII.
LUIS QUUADA A PHILIPPE II (1).
GooiniiuîoB dont l'Empereur l'a chargé à Valladolîd , pour les reines , te prince
et U princesse. — Affaire des officiers de la maison de contraclation de Séville.
— Bonne santé de l'Empereur, qui Fa autorisé à retourner chec lui. — Récla-
mation à raison de ses services dans les trois dernières campagnes . part à la-
quelle il arait droit dans le rachat des prisonniers , et dont il n'a rien reçu.
Valladolid, 8 avril 1557.
S. C R. M^y Su Magestad me mandé que yiniese aqul (2), y
de su parte visitase à las serenisimas reinas, y al principe nues-
tro senor, y à la prineesa, y juntamente con esto le dièse una
carCa para que por ella los del consejo de hacienda y Yndias en-
tendiesen lo que Su Magestad sentia baber soltado el dinero de
la casa de la contratacion de Sevilla, sin comision particular de
Vuestra Magestad ; y ansimismo me ordenô que yo bablase à la
princesa sobr ello, y particularmente k todos los del consejo de
hacienda y Yndias, ayisàudoles de como Su Magestad lo sentia, y
como pensaba casligallo. Yo lo he hecho, y dicho de parle de
Sa Magestad que procnren sabello, y averiguar la Terdad, y avi-
sar à Su Magestad dello , porque, basta que lo hagan , no dezarà
(1 ) Philippe II répondit en termes bienveillants à cette lettre. Il dit à Quijada,
quant an rachat des prisonniers faits k Térouane et Hesdin, que la dépense
de leur captivité avait été si grande , et les sommes payées par eux pour se ra-
cheter si modérées, quUl n*j avait pas moyen de lui en faire rien avoir. Il lui
promit, au surplus, d*avoir souvenance des services qu*il avait rendus k TEm-
pereor et à lui : ife acordaré de lo que aveiê êervido à Su Mageetad y à my.
(9 II 7 était arrivé le mardi précédent (6 avril).
1
(166)
de sospechar sobre todos. Descârganse con decir que, por la
informacioQ que se hace , y por la que se envia à bacer despnés
de llegado yo, se sabra quieq ti^oe la culpa, para que Su Mages-
tad la mande castigar.
La salud de Su Magesta4 ya siempre adaUute generalmente de
todas sus indisposiciones , puesto que algunas veces y por mâ-
chas partes le apuuta la gota; mas po es de maDera qus baya de
tener la eania» ni dieta. Esta Sa Magestad gorde y de buena color.
Hase bolgado de la venida de) coude Rui Gomez, por eutender
partiçiilarmepte las cosas ie alla, las çuateis, s^p |p que nm-
traba, deseaba saber.
Pareciendo à Su Mages^d que, en b que tocaba al servicio de
su persona y casa , quedaba con toda buena 6rden y como conTe-
nia, ha sido servido mandarme ir à la mia, pues, por haber estado
|an poeo en ella después qpa llegué , es biep luenastçv ipi fesi-
deneia para niuah.as cos^^»
Vuestra Magestad sabe lo qp» yp siervi en la jomada paaada,
en très aftos que r98idi con la ypfapteria sp^polç^f y coipp les (ocô
la mayop parte del trabajo de los efeetos qqe se hieiérop, esp^at
mente en Iq jornada de Teruana y Hedip > de la cual postpen
plaça Su Magestad foé seryido que Ips prisioperos sa quitaseu 4
la yofanterla spanola» y los entrepse al duque de Saboya, Qs>m
Su Magestad mandé, y ansimismo çierta paptidad da plaia. Le
que alli trabajé doy por fe^Mga a) mipmo duque, qpe fpé gep^ral
en aqpella empresa i ppr lo cual , y por la dilig^pcia que en eçte
puse, y el poco inlarés que ep la jprpaila tuve, jpae prpnietié que,
cuando los prisioneros se rescatasen, me cabria la parte que con-
venia dellos, pues lo abia trabajado tan bien. Se que se an res-
calado, y que parte de la parte de la talla y prisioneros se^han re-
partido, y à mi me ban quedado sin ninguna. Supllee à Vuestra
Mageslad, pues aquella jomada ninguno la trabajô mas que yo,
y con razon ^ ninguno le podria caber mas parte, por todas las
prêtensiopes que po(|ria decir, sea servido mandallo remediar,
pues babiendo Su Magestad entendido lo que digo, me respopde
que, cuando él pensé en repartillos, no me dejaba sin parte. De
«>
(167)
la jofnâJa pasada & mi me ha cabido tan poca, qué too se hâliarà
haber tomado un escudo, ni quitado à soldado prisionero, ni
heeho agravio ninguno que toque à interés de un real. VueWo à
snplicallo à Vuestra Magestad, pues tengo razon de sentillo, sea
servido hacerme mereed , pues cualquiera que Vuestra Magestad
me bioiere la terne por muy grande. Cuya S. G. R. pcrsona de
V. M'^'^ MuestroSenor guarde con acrecentamiento de mas reynos
y senorios.
En Valiadolid, 8 de abril de 1557 anos.
DcV.S.C.R.M**''vasalIo.
Luis QUIXADA.
XXXIII.
GDILLAUIIE VAN MALE A JUAN VAZQUEZ.
n s'excuse de ne lui ayoir pas écrit plus tôt , sur ce que Luis Quijada le faisait
joumelleiiieot. — Il veut maintenant rivaliser avec Gazlelu , pour le tenir au
courant. — Excellente santé de l'Empereur.
Toste, 11avril1557.
May ilostre senor, Vuestra Sefioria me perdone de no habéf
eomplido roi palabra en esto. Como Luis Quijada lo hacta tan
k menndOf paréciame que cualquier dîiigeneia écarta mia fuera
k Vuestra Sefioria mas fastidiosa que bien yenida. Agora que es
ido Luis Quijada , quiero conlender con Gaztelù à porfla , que
por muy diligente que él sea en servir à Vuestra Senoria , qnié-
rolo yo tambien tomar h pechos, y hacer de modo que no me
eche, ni él, ni nadie, el pié adelanle.
De Su Magestad no hay que decir, pues« gracias à Noestro
(168)
Senor, esta tan bueno que no basta mal tiempo ninguno à kacer
en él la mener mudanza del mundo. De lo demâs creo liabrâ
Vuestra Senoria sido bien informado del senor Lois Quijada,
y asi no tengo , por agora, que tocar en este (i).
DeYu8te,ildeabrili557.
GULIELMO MaLINBO.
XXXIV.
l'empereur a la princesse don a juana.
Elle verra , par les pièces qu'il lui eoToie , que le roi de Portugal a consenti à la
venue de l'infante dona Maria en Gastille. — Il convient qu'elle s'occupe dès à
présent des mesures à prendre à roccasion du voyage de l infante. — P. S. au-
tographe : satisfaction de l'Empereur du dénoûment de cette affaire.
Yuste, 12 avril 1557.
Hija , por la carta que escribo â la reyna christîanisima » y las
copias que rcnvio de Ins que el rey y reina de Portugal me ban
escrito , veréis la delerniinacion que se ba tomado en la venida
de la infante mi sobrina, quVsla que pretendiamos : de que he
tenido el contentamiento que podeis pensar, por el que reeibirà
la reyna cbristianfsima, y ver acabado este négocie que tanto
deseaba. Y pues esta en estes termines, convendrà que desde luego
se mire y platiqne en la ôrden que se ha de tener, asi en la ida y
(1) Le reste de la lettre concerne une pension de 100 ducats que Phi-
lippe II, en considération de Van Maie, avait accordée à Die^o Ordebei,
chapelain de la reine Ëléonore.
(169)
el cuando y como del obispo de Salamunca (i) y el marqués de
Villanaeva (2), como en todo la demàs que se hobiero de pro-
Teer, para que se ponga en egecucion. Y si para elle fuere menes-
tre que vos deis algun despaeho, ô otra cosa, hacerioéis en la
forma que con vendra. Y Nuestro Senor os gnarde como yo deseo.
De Yuste, à 12 de abril de 1557.
De la main de ^Empereur,
Hija, no escribo estas cartas de mi roano, porque vaya el
eorreo mas presto, y tengan las reinasmis hermanas esla nueva
por ellas tanto deseada , y por mi , por verlas con este contenta-
roiento, y yo libre deste cuidado, conforme à lo sabredicho, y
que allé resolveréis y haréis lo que veréis convenir. Y con esto
acaba
Vuestro buen padre,
Carlos.
(1) Dès le 5 février, la princesie avait écrit à Tévéque de Salamanque,
i&a qu'il allât jusqu'à Lisbonne au devant de Tinfanle de Portugal, lorsqu'il
serait décidé qu'elle viendrait en Castille. Il répondit à Vazquez, le 7, qu'il
était prêt à faire ce que la princesse et les deux reines désiraient de lui.
(3> Le secrétaire Vazquez écrivit à l'Empereur, le 92 avril, que le marquis
de Yillanueva avait été invité à se transporter jusque vers la frontière de Por-
tugal : nuis, sur ces entrefaites, ce sei|^neur vint à mourir.
^
(170)
XXXV.
RUY GOMEZ DE SILVA A L^EMPERBUR.
Commission donnée par l'Empereur à Quijtda touchant l'affaire des officiers de U
maison de contractation de Sévllle. — Bons effets de Tintervention de Qaijada;
enroi d'un alcade k Séville. — Lettres de l'Empereur pour le roi et la reine. —
Lettre du roi esprimaai le déaîr que l'Empereur m renonce pu quant iproKat
à l'Empire, et s'occupe des provisions d'argent pour l'ItaUe : instances de Ray
Gomes à cet égard.
Valladolid, 21 ami 1557.
S. C. G. M*'"*, Luis Quîjada (1) me diô la carta de Vuestra
Magestad de dos de abril, y me dijo la comisioD que Vuestra
Magestad le hahia dado, para que hablase al marqués de Hon-
dejar y à los demâs sobre lo que se habia faecho en la casa de li
contratacion ; y no ha dejado de aprovechar , porque se ha en-
teudido con mas cuidado.en el negocio, eoviando un alcaldeà
Sevilla (3); y en la otra provision de dineros se va entendieudo
(1) Voy.letI*',p. 141.
(â) A vaot rarrivée de Quyada , l« cooaeil des finanoes avait eovoy^ à Sénlfe
un de ses agents, Sancho de Paz, avec Palcade Salazar, pour iDfomier sur
la conduite des officiers de la maison de contractation. La chaleur avec la-
quelle TEmpereur avait pris cette affaire, et les représentations pressantes
de Quijada , firent que le conseil cbar^^ea Palcade de cour Xarava de se trans-
porter sur les lieux dans le même but. (Lettre de Yazquez à TEmpereur, du
22 avril 1557.)
Philippe II ne trouva pas encore cette mesure suffisante. Par son ordre,
Talcade Morillas fut envoj^é à Séville, avec la mission de suspendre ei de faire
arrêter les officiers de la maison de contractation , s^ils étaient trouvés cou-
pables, et de les remplacer. (Lettre de Yazquez à TEmpereur, du 8 mai 1557.)
<474)
eon mas cuidado que baBta aqni. Tambien me diô Lms Quijada
las eartas de mano de Vuestra Magestad para el rey y para la
reyna nuestra senora de Inglaterra, las cuales enViaré con un
eorreo que partira esta noche 6 mafiana : estas iràn por mar,
porqoe, aunqne tambien se despacba por lierra , no me ha pare-
cidode enviarlas, porqae no corran peligro de ser abiertas
(<)•
El rey me escribe lo que Vuestra Magestad verâ por esa
earta (2); y por parecerme cosa tan importante, quisiera ser yo
(1) Les passages que nous retranchons de cette lettre concernent : ce que
Ray Gomez a négocié avec Tarcbevéque de Tolède; les sommes d*argent qui
ont été demandées en prêt à Tarchevéque de Séville et aux évéques de Gor-
done et de Saragosse; les deniers qui ont été trooYés dis|iOBibies à Séville,
et qui sont dirigés sur Laredo ; la difficulté de réunir les prortsions de bouche
pour las 9,000 bomapes qui doivent monter sur la flotte de don Alonso de
BaiKan, etc.
(9) Dans cette lettre, écrite de sa main , Philippe II chargeait Ruy Gomez
(le supplier PEmpereur, avec les plus grandes instances, qu'il voulût ne pas
renopcer à TEmpire. Il devait lui demander aussi de s*0ccuper des provisions
d*argeot à envoyer en Ifniie. Voici comment le roi s*ezprimaii t
• Siendo jra partido el principe d^Oraqge â lo de la renunclaeion del Impo^
rio, le escriM e) rey de Romanos que se volviese, y i mi lo mismo, por
qn*él no se podia detener ya mas en la dieta en Ratisbona, ni los Eleotores
iiian alii; qu*él se iba i tener una dieta en Bohemia, y que para primero de
mayo jnntaria en Egre los Electores, y que para entônces fuese el principe. Y
asi se vohiô , y cesa su ida hasta entônces. Mas lo que me cumpliria estrafia-
Beote es que Su Magestad no quisîese renunciar el Imperio , pues todos le
han dicbo que no tiene conciencta en lo que se haee, pues él no lo sabe; y
cierto, para aqui y pava Italla, yo perderé mucho, si Su Magestad lo renun-^
cia, y mas de lo que nadie pieosa; y se veya bien cuanto pierdo en no tener
la sombra de su autoridad. Vos le dad euenta desta vuelta del principe
dXhange, y le supUcad con grandislma instancia, aunque sea voivieudo al
roonasterio, que no quiera por agora, hasta ver que termine toman mis cosas,
renunciar ; y de lo que determinare me avisad luego por todas las vias que
pudiéredes, porque, si Su Magestad es servido dello, cese la ida del principe;
y D*os encarezco quanto me va en este, porque vos lo sabeis; y ast quiero que
( 172 )
el que fuera â tratallo con Vaeslra Magestad, y el no osarde]»
este negocio que traigo entre manos de la proyision del dinero
me lo estorva, y tener enlendido que, para el bien de los negocios
de Su Hagestad , ningun procurador ni allegador dellos puede
haber mejor que Vuestra Magestad; y asi me atrevo à solo eoTiar
la carta, con suplicar à Vuestra Magestad se resuelva en lo que
sera servido que yo responda al rey, pues con tanta instancia de-
sea saber la determinacion de Vuestra Magestad. Y pues Su Mages-
tad no pide esta suspension de la renunciacion del Imperio, sino
por tieropo tan limitado como sera el ver en que paran las cosas
deste ano, jnsto sera que Vuestra Magestad le contente; y me
mande avisar si le podré escribir las buenas nuevas que él desea
le hàQàÎÈ graDditima instancia en ello, y le deis cuenta de lo de Italia,y k
supliqueia que atienda k la provision délia, pues estando yo en campo,Do
tendre Torma deproveerlo, ni con que; sino que suplico â Su Magestad que,
Tenido el dinero que con vos ordené que se truxese para ac y para allé, So
Magestad tome la mano, por hacerme merced, de hacer buscar y dar calor
y autoridad à los que lo liicieren, para que se provea de dinero lo de Italia,
qu*estâ en grandisima necesidad y lo eslar mas cada dia, si la guerra dora,
y mas si viene la armada del Turco, como se tiene por cierto. Todo esto supli-
cad y persuadid â Su Majestad de mi parte con toda instancia posible, y por
el camino que viérdes que se podrâ acabar mejor con ël ; y avisadme de lo que
détermina en todo.
» I>eEloy,à 11 demarzo 1557.
» Yo EL Ret.
• He partido este pliego, por dar este medio â Gonzalo Ferez que le
trasladase, que me pareciô que le podia ver, y el otro medio no, y goardo
lo qu*el ha trasiadado, para enviâroslo por duplicado, con el primero qus
fuere. »
D*après une lettre de Ruy Gomez à Vazquez, écrite de Tolède le 31 mai
1557, Charles-Quint se prêta aux désirs de son fils. On lit dans cette lettre:
« Su Magestad ya ba sido servido de retener el Tmperio, y asimismode
m tomar la empresa, si Yandoma viene en el concierto, y tambien ba becba
» arta diligencia en lo del dinero, puesque ha escrito las carias que Tuesira
» Magestad sabe k la princesa. »
J
r^
■y:;!
(173)
en esta parle. Guarde Nuestro Senor la S. G. G. persona de Vues-
tra Magestad, como sus vasallos y criados deseamos.
DeValladoKd,à2l de abril.
Humilde criado y vasallo de Vuestra Mcigestad,
Rut Gomez de Silvà.
XXXVL
LA PRINCESSE DONA JUANA A l'EMPBREUR.
Venae d'Ezcurra à YalUdolid, pour rendre compte à la princesse de l'éUldes
négociations avec M. de Vendôme. — ATis sur ce sujet de Ruy Gomez, de
D. Garcia de Tolède , de Gutierre Lopex de Padilla , du marquis de Mondejar.
— Résolution d'envoyer Ezcurra à Yusle, pour faire rapport de tout k l'Empe-
reur. — La princesse prie son père de lui mander ce qui lui parait devoir être
réfeotu et répondu à M. de Vendôme , et de lui dire en même temps s*il faut
communiquer cette affaire à la reine de Hongrie , qui ne croit pas à la bonne
foi de M. de Vendôme.
Valladolid,91avril1557.
S. G. G. M^', habiendo venido aqui el senor d*Ezcurra à darme
razon del estado en qu*eslâ ei négocie que se tracta con Mos. de
Vandoma, ordené que le oyesen y Iractasen dello el conde de
Melito, D. Garcia deToledo y Gutierre Lopez de Padilla, y que,
comunieado con el marqués de Mondejar^ que por estar mal
dispnesto no se hallô en el consejo , me diesen su parecer; y ha-
biéndolo hecho, les paresciô qu*el dicho Ezcurra fuese por la
posta à dar razon à Vuestra Magestad de todo : y asi partira luego
tra£ el correo que Ueva esta. Y en el negocio principal de que
se tracta, les paresce que se debe continuar y seguir la pràtica
coD Vandoma, y no dejarla caer, y hacerle saber qu*el poder para
^4
n
(174)
tractarla y concluirla es venido (4)»y q/ae se enviarà personaque
la tracte y coocluya , y se le pida que à esta comunique el medio
de seguridad que dijo al d'Ëzcurra teoia, y no le quiao decir, ;
que demâs d*el que diere, se podràn tractar de otros que se
ofresceràn.
Hàme parescido haeer saber à Vuestra Magestad lo qu'esta
dicho, àntes que llegue Ezcurra, y suplicarle que, entendido
lo que parece al consejo , y oido él , sea servido avisarme y enviar
â mandar lo que le paresce se haga y responda à Vaodoma; y
tambien vea Vuestra Magestad si se comunicara este n^odo â
la serenisima reyna de Ungria , atfnque, como Vuestra Magestad
sabe, ella esta en que es tracto doble, y que se hace cod sabi-
duria del rey de Fraojcia. Nueslro Senor giiarde y prospère b
impérial persona y estado de Vuestra Magestad como desea,
De Valladolid, â 31 deabrilde 4557,
Ubidiente hijv de Vuestra Magestad,
La PRIlf€E3A.
XXXVIL
■
GUILLAUME VAN MALE A JUAN YAZQUEZ.
ExceUente santé de tEmpereur, malgré un accès de goutte qu'il eut les joon
précédents.
Yuste^dran-illSSr.
Mny iTustre seikor, la buena dispusicion de S. M^ en parte
sera causa de la brevedad de mis cartas. Plega à Nuestro Seâor
que siempre sea asi; que en verdad^ dtgo â Vuestra Seûoria qQO
(1) Voy. ci-<leMuft,pi 159, ootel.
J
r
(175)
«ta S. M^** tan bueno» que es cosa maraviilosa verlo. Esta gerdo
j lucio; y aunque estes dias pasados la gota le toeé, 6 por
mejor decir le apunté, en la mano y en el pié, no tuvo el mal
fuerza para pasar adelante; y asi cesô luego olro dîa
DeYusleȉ7deabrili557.
GULIELVO MaUNEO«
:îA
XXÎVIII
L BKPBUim A LA. PRIBGCBSSB BONA JUANA.
H*
V
t..
I
Vtnae d'Eacnrr» » Ynste. — Rapport qa*1! fait à rBmpereur ée ee qu'il atraitÂ
«tec M. de Vendôme. ~ Réponse de l'Empereur^ principelement sur le point
de la dêlirrance de rÉtat de Milao aii duc. — Considérations a propos de cette
nêfseiation , dee sAretés qui araient été demandées à M. de Vendôme , et dn
ptrli à prendre,
Tuste,â9 avril 1557.
Serenisima , etc. , en esotra carta que va con esta respondo à
dos que me habeis escrito à los 21 de este. Lo que demàs de
aqaello hay que decir, es que el de Ezcurra Uegô aqui antier, y
por ser tarde no le oi Inego, pero hicelo ayer. Yhabiéndome
dicho como, después que partie de Jarandilla, balle, llegado
que bubo à Navarra, que la respuesta del rey mi bijoera venîda,
y que filé luego con ella adônde estaba Vandoma , el cual diz que
quiso que se la dièse en presencia de un su médico y secretario,
y lo que sobre ello pasé; y demàs de esto , boy (f ) à la letra fa
respuesta que le diô por escrito, y tambien la copia que trujo
(1) Jfoff, pour o>.
(17G)
firmada de la carta que el duque de Alburquerque escribié sobre
cllo al rey , que es en la misina sustancia de lo que me ha dicho,
y de como habia Tenido ahi , con lo demàs que ha pasado , con-
forme à lo que me escribiste.
Y habiéndolo todo entendido, le dige que, si Vandoma aodaba
en este negocio con tan buen fin como siempre habia dado i
entender y se debia esperar dél , siendo quien es, que verdade-
ramente recibia grande cngafio en pedir que se le entregae pri-
mero el Estado de Milan que no él al rey à Navarrens (1) y bs
otras fuerzas, porque, como quiera que las del uno y del otro
estàn tan apartadas que no podrà bacerse la entrega de dh i
yista de ojos, ni à un mismo tiempo, ni en ninguna manera lo
que él pide, sin ser descubierto el negocio , por ser de la caali-
dad que es, esta claro que en tal caso el rey de Francia le oca-
paria y tomaria luego todo su Estado, y que, demis de esto, le
vendrian à faltar los mas de sus amigos y otras personas en qaieo
pueda tener mas esperanza, como se ha visto y ve cada diç por
esperiencia, porque, en cuanlo toca à la confianza que se pnede
hacer de su persona, no solo la haria yo del Estado de Milan,
pero de Navarra y Castilla , pues no se ha de créer que él ha de
hacer cosa que no deba, y que, si esta tan mal con el re; ^
Francia como dicen, mucho menos le conviene lo que pide,
porque séria perderse , ni el podria defender el Estado de Milan,
aunque se le dièse , sin el favor y ayuda de mi hijo , de coya
amistad , favor y confederacion dépende su bien y acrescenta-
miento, y que por este es justo que se fie de él, pues cuantoson
mayores sus prendas y lo que avenluraria à perder con el mundo,
es tanto mayor la obligacion que tiene para cumplir con lo qoe
prometicre, y que, si para mayor satisfaccion suya quisiere qne
yo me obligue à elle, lo haré, para que Tea que por su parte j
la mia se desea el efecto de este negocio, pues con este fin ba
(1) Navarreins , TÎIle forte , aujourd'hui du départcmcDt des Basses-Py-
rénées.
\
IIV'.;
( 177 )
enviado el poder é instrucciones para ello (4), y que lo que se
bobiere de faacer sea luego, y como conviene, pues va tanto en
dlo â Vandoma , y que en lo que toca à la persona que ha de ir
à la conclusion de este, y para entender el medio que él dice
dara, à contentamiento de arobas partes, y el otro en que el
marqués de Mondejar habia pensado, con los demés que se
ofreacieren y fueren convenientes, me remito à lo que el rey ha
eserito, y lo que parescerà à los que en ello entienden.
Todo lo sobredieho es en suslancia lo que me pareciô decirle.
Pero , demàs de este, acordândome que, cuando este négocie se
eomenzô â tratar, fué con presupnesto que, de mi parte, 6 del
rey mi bijo, se prindpiase la gnerra, y ofrescia el duque de
Vandoma en este caso lo que esta platicado, y que, para seguri-
dad de que él cumpliria lo que ofrescia, se le pediéron las con-
diciones que estàn ya sabidas, podria agora parescer que, pues
la guerra esta ya comenzada y rota por el rey de Francia , y el
rey mi bijo jnnta egército por tierra y armada por mar, demàs
de lo que se espéra que los Ingleses baràn para defenderle, que
es lo que el duque de Vandoma pretendia que se biciese ântes
que se declarase, que viendo agora poner esto en egecucion, si
â lieoela Yolnntad que ba mostrado, que él se debria de declarar,
y declaràndose, qnizâ que no babria tanta necesidad de pedille
las seguridades y fortalezas que àntes se le pedian , porque, jun-
tândose la gente que él biciese, fingiendo que quiere invadir
NaTarra, y que estos reinos biciesen lo mismo con acbaque de
resislille, paresceria que estaria tan obligado y puesto en el
négocie que, babiéndole de dar à Milan, se le podria entregar
con menos duda y dificultad, y no sotamente daria enténces las
fortalezas que estàn en esta frontera, mas aun trabajaria de dar
las que tiene en Picardia , y ganar al rey de Francia todas las
que mas pudiese.
Hàme parescido escribiros esto, para que se mire asf en ello
S*
(1) Vojr. cÎHlessiu, pp. 160 et 161.
Tovi 11. là
n
( ire )
como en los medîos qae Vandoma y d marqaés de Mondqar
dicen que declararàn , y los que mas ocurrieren , y se platiqQe,y
Yea lo que mas converoà, porque, como escriboen esoiracaru,
conviene mucho que se mire eo que, si Vandoma se allega à (ér-
minos de coneierto, y va cou buen fin, y quiere poner en ege-
cucioQ lo que ha ofrescido , no se pierda ; y si todavia , sio em-
bargo de lo sobredicbo, persistiere en lo que dijo al de Eicum,
me paresce que no tiene la gana que da à entender de conoe^
tarse, pues se ve tan à la clara que lo que pide es para su perdi-
cion , àntes se podria sospechar lo contrario ; y para en cualquier
caso, no puede dejar de aprovechar el eotretener y contiouarh
plâtica, en especial si Vandoma tuviese fin de juntar algo esU
ano por Nayarra, estando el rey mi hijo embarazado como
sabeis. Y avisàrseme ha de la ùltima resolncion que se tomari,
para que, vista aquella, pueda ayisar de lo que sobre ello me
ocurre; y mirad que haya en este négocie secreto, y quesepoaga
en Navarra todo elbuen recaudo que conviene. Sereniaima prin-
cesa , etc.
De Yuste, à 29 de abril 1557.
Carlos.
r
i.
f
»~
( 179)
XXXIX.
L'bUPERBIJR a ItJAN YAZQUEZ.
Il s^admel |ni8 )• justlficftUon àt Vtzqaerdans l'affaire des orSricr • de la ntAiton
d« conCraeUlion de Séville ; il blâme aurtout le oonaeil des Iodes. — Il n'a pas
voulu receroir des délégués des consuls de Séville.
Yuste,99 avril 1557.
|El Empbrador.
Jaan Vaxquez de Molioa, mi secretario y del mi consejo ,
en lo que Luis Qoijada os dijo de mi parte sobre la desérden
de la suelta del dinero, y lo que àates y después se ha proveido,
con lo que mas deds de cuan sin culpa estais (1) , no puedo
dejar decargalla à todos los que teneis la mano en estes négocies,
por mny libres que algunos prétendais estar de ella, por haber
caido en tan gran descuido en cosa que tanto importaba , y no
sési,aunqu6 seremediase con los medios que se buscan, bastarà
para que este no haga falla à los négocies en que el rey mi hijo
eslà, ni si con elle se podrà suplir la que en esto ha habido, en
que no se poede dar tan bastante desculpa , que no baya habido
gran yerro. Y si por la cédnla, cuya copia meenviaste, se bobiese
de imputar culpa à alguno , la echaria h los del consejo de Indias
que la senalàron , y à Ledesma que larefrendô, y no â la pfincesa,
aonqoe la firmase, porque, si debajo de lo que contiene, no hay
(1) Dans une lettre du S2 avril, Vazquez 8*étail efforcé de se disculper,
auprès de l'Empereur, de ce qui était arrivé. 11 invoquait la longue expé-
rieoce que TËmpereur avait de sa fidélité et de son intégrité.
•H
Al
( 180 )
alguna vellaqaeria , no se entiende que haya en ella cosa porqiie
hobiesen los oficiales de Sevilla de soltar el dinero que traia el
navio del capitan Miguel de Ocuendo, à cuya suplicacion sedes-
pachô, ni los oebocientos mil ducados que el licenciado Salazar
escribiô à la princesa que se habian soUado, para hacer la falta
que hacen los cinco millones; y por eso no solamente se dde
enlender en la averiguacion de lo pasado, y castigar los oïlpados
con deniostracion , mas tambien que se vaelva à cobrar la major
parte que ser pudiere de lo que se ba soltado. Y cuanto mas sin
culpa pensais estar en este negoeio, tanto con mayor cuidado
habeis de procurar la egecucion de lo sobredicho, porque teoed
entendido que, si cl rey no es proveido de muy gran cantidad, y
con presteza, no puede dejar de caer «n grandisima afreota, y
nacer de ello otros inconvenientes.
Los otros dias pasàron por cerca de aqui ciertas personas qne,
en nombre de los cénsules de Sevilla , venian à hacerme no se
que ofrecimiento de dinero ; y, por ser négocie de aquella calidad
y estar tan enojado de lo sobre dicho, no losoi, ânteslos remili
que acudiesen à la princesa. Avisarmehéis de lo que ban ofre-
cido, y de que manera, y lo que sobre ello se ha proveido (\)
De Yuste, à 39 de abril de 4557.
Carlos.
(1) Les délégués du prieur et des consuls de Sérille ne fireot aucune
offre; ils demandèrent qu^on leur remît 500,000 ducats qui étaient recenos
en la maison de contractation : ce qui leur fut refusé. (Lettre de Yazqoez
à TEmpereur, du 8 mai 1557.)
v'/^-w»?'
<7
(181)
XL.
LA PRINCESSE DONA JUANA A l'eMPEREUR (1).
Rapport, fait par Exeurra, en présence de la reine de Hongrie , de la princesse , de
Ray Gomes , de D. Garcia de Tolède et de Gutierre Lopes*de PadiUa, de la
dernière réponse de M. de Vendôme et de celle de TErapereur. — Assentiment
donné par tous aux considérations que l'Empereur a exposées dans sa dernière
lettre. — Résolution de reuToyer Ezcurra a H. de Vendôme, et instruction
qu'on Inî donnera, si l'Empereur l'approuve. — Mesures de précaution en
Navarre. — Moyen particulier indiqué par le marquis de Mondejar pour la
sûreté de cette négociation.
Valladolid, 7 mai 1557.
S. C. G. M^"*, rescebi la carta de Vuestra Magestad de 29 de
abril, la caal mostré à la serenisima reina de Ungria, mi tia,
coiDO Vuestra Magestad me mandé; y, en presencia suya y mia,
del oonde de Melito, D. Garcia de Toledo y Gutierre Lopez de
PadiUa, refiriô el d'Ezeurra asi la ultima respuesta que le di6
Vandoma, de que diz que dejô à Vuestra Magestad la escritura,
eomo lo que Vuestra Magestad le dijo en el negocio; y babién-
dolo hecho se saliô, y se praticô largamente sobr'él, visto el
parescer del marqués de Mondejar , con quien primero se comu-
nicù. Y paresciô à todos que lo que Vuestra Magestad me escribe,
asi cerca de las causas porqu*es justo que Vandoroa se conBe
del rey mi hermano, mayormente asegnréndolo y obligândose
Vuestra Magesta4 à la seguridad, como de que, si no lo déjà â
esta confianza, se verà que no tracta con voluntad de efectuarlo,
y que entregarle, como pide, primero el Estado de Milan, con los
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(t) La répoDse de TEmpereur à cette lettre est dans le 1. 1**^, p. 149. ^|
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• I
( 183 )
rehenes de sas hijos, 6 sin ellos, séria su perdicion, porqne
laego se descubriria el tracto, y le ociiparia el rey de FrancUsos
Estados, y él qaedaria sin posibilidad de entregar sus tierras:
qu*es muy bastante y concluyente razon, y de que Vandomase
debe satisfacer, si tracta verdad, y tiene gana de efectoario,
ya que paresce que no puede dar justa escusa. Asimesmo pa-
resciô qu*el medio para efectnarse mejor es, en el tiempo pré-
sente qu'esta fota la guerra , y ha de tener el rey mi hermano
egército y armada grande, que con hacer Vandoma alguaa
gente, con color de que sospecha que por esta parte se quiere
entrar en sus tierras, y hacerla acà con la de ofenderle à d^
fender à Navarra , como Vuestra Magestad apunta que se irae-
taha, se podria venir à la egecucion ; y que lo que de preseotese
debe bacer en el négocie, presupuesto que paresce acà, como
escribi à Vuestra Magestad y lo aprueba, que se contiaoe la
prâtica y no se rompa, qu*el d*Ezcurra vnelva à Vandoma, y, sin
tractar de la ullima respuestn que le diô, le diga lo que Vuestra
Magestad mandera ver por el papel que ira con esta (i), y ({oe
demâs dello se diga à parte al d'Ezcurra que, persisliendo Van-
doma en no quererse iiar de Vuestra Magestad, ni del rey, y que
se le entregue, primero qu'él entregue, el Estado de Milan, k
diga lo que Vuestra Magestad escribe y le dijo de palabra: que
séria descubrirse, y su perdicion, como va puesto al pié del dicho
(1) Voici la substance de ce qiie contenait ce papier ;
liC S^" dTf curra derait dire à M. de Vendôme que PEmpereur aTait reço
du roi les pouvoirs nécessaires pour traiter avec lui; que les deux Majesiéi
avaient grande volonté de le faire dans un bref délai ; ^e les clrconsUoces
paraissaient propices, puisque la guerre était déclarée, que les Françsii
étaient embantassés en Italie, et le roi prêt à envahir la Picardie; que l*Ein-
pereur s*était réjoui d^apprendre qu'il avait le moyen de mieux garantir ce
qui serait convenu, et que, aussitôt après quMl aurait donné connaissance
de ce moyen à S. M. I., elle enverrait une personne pour conclure le
traité.
(185)
papel (1). Y DO viniendo con todo esto à lo justo, yérsena qu'es
tncto doble, y que no tiene voluutad de concluirlo. '
Vaestra Magestad lo vea todo, y envie â mandar lo qu'es
servido que sehaga; y entretanto queda aqui el d*Ezcurra, espe-
rando que se le dé la respuesta* Y en lo que Vuestra Magestad
manda que se ponga buen recaudo en Navarra, se harà asi.
Y cuanto al medio que se dijo à Vuestra Magestad ténia pensado
el marqués de Mondejar, para la seguridad deste negocio, de
que mandô que se le dé aviso, el que él dice y tiens por mas
segnro de todos, es que, cuando se obiere de efecluar, tenga el
rey mi hermano un buen egército en Francia, en la parte de
Bordeos, quesea parte para resistir al del rey de Francia, y que
habîéndole, y entendiendo la parte qu*es Vandoma para entregar
sus tiérras que ofresce, y que lo quiere bacer, se podrâ efectuar,
y no de otra manera, porqu*él dubda que Vandoma sea parte
bastante para entregarlas , por los aficcionados y servidores que
en ellas tiene el rey de Francia , y con el dicho ejéreito le paresce
se asegura todo. Nuestro Senor guarde y prospère la impérial
persona y estado de Vuestra Majestad con la salud que yo deseo.
De Valladolid , à siete de mayo de 1S57 anos.
Ubidiente hija de Vuestra Magestad,
La Pringesa.
(1) Si M* de Vendéme penbtait à demander qae le roi lui remît Ttut de
Bfitoi ayant que lui-même remît les terres qui étaient en son pouTOÎr, et
seulement contre Penfoi de ses fils en otage, Ezcurra devait lui proposer,
comme de lui-même, que i^Empereur se portât garant de ce qui serait con-
tenu avec lui. Si cela ne le satisfaisait pas , Ezcurra lui remontrerait que son
intérêt propre lui commandait d^accepter les offres du roi : car, du moment
<fo*il livrerait ses fils, on qu*on lui remettrait Milan, son intelligenee avec
le roi serait découverte, et les Français lui prendraient tout ce qu'il avait.
Telle est la substance de ce qui était dit au bas du papier mentionné par
la princesse.
( i^)
XLI.
LA PRINCESSE DOÎIA JUANA AU GORRÉGIBOR DE MURGS,
LORCA ET CARTHAGÈNE(1}.
Le pape ayant résolu de fulminer une bulle pour priver le roi de ses ÉUts,
aussitôt qu'ils la recevront , ils donneront l'ordre que toutes les personnes qai
viendront d'Italie et de France, soient vbilées avec soin, et qu'on arrête eeUes
qui apporteraient ladite bulle , ou des dépêches y relatives.
Valladolid, 13maî1557.
El Ret.
Nuestro corregidor de las cîudades de Murcia , Lorca y Caria-
gêna y por cartas do mi el rey , hechas en Londres à Teinte y
ocho del pasado, que envié con correo propio qoe mandé despa-
char por mar , he hecho saber como tengo aviso de Roma , de
très del mismo , que Su Santidad se habia resuelto en privarme
de mis reinos, Estados y senorios, y que se entendis oon dili-
gencia en la espedicion de la bulla y en lo demàs que veréis por
la copia del capiliilo que sera con esta. Y siendo este négocie de
tan gran cualidad é importancia, habemos deterroinado, por
érden de roi el rey, de escribiros la présente, y encargaros y
mandarosque, luego como la recibais, deis érden que en les
puertos y costas de mar desse reino , y en todos los pnertos y
pasos que confinan à la parte del reyno de Valencia, tengan
prevenidos y sobre aviso para que se caten y visiten con mucba
diligencia y cuidado todas las personas que vinieren, hacia las
(1) Les luêmes ordres Turent dODnës pour les autres frontières. Voy. le
1. 1'% p. 151.
(185)
partes de Ytalia 6 de Franeia, à entrar y pasar à las deatos reinos,
de coalquier cualidad y condicion que seao , y les cateo los cofres,
malas y ropas y pliegos de cartes qne trugeren , sin dejar cosa
por recoDOScer; y à cualquiera que se hallaren los dichos despa-
chos, é parte dellos, à cartas, 6 relaciones, 6 memoriales que
toquen à lo sobredicho • se los tomen , y examinen las taies per-
sonas muy particularmente, para saber lo que passa en este ne-
gocio, y qne los tengan presos y à buen recando, y se nos avise,
enviândonos los dichos despacbos originales, para que sobre
ello se mande lo que convenga y se hubiere de hacer : advirtiendo
qoe sea con el secreto y dexteridad que conviene, que en ello
DOS serviréis. Y no se hallando nada de lo tocante à lo sobre-
dicho à las taies personas que asi catàredes, es noestra voluntad
que no se les ponga impedimento, dejândolas pasar libremente.
Fecha en Valladolid, à 12 de mayo 1557.
La Primgesa.
Por mandado de Su Magestad , Su Âlteza en su nombre :
Juan Vazquez.
( 186)
XLII.
l'bVPBRRUR a L*AQGH8YâQUB DE SÉTILLB (t).
II s'imeireiUa grandement d'apprendre que rarebevèqae a refusé de prétar n
roi la somme que la princesse lui a demandée de sa part, tandis qu'il y a Uat
d'années qu'il jouit des fruits du siège archiépiscopal de Séville. — 11 le prie
et charge de donner cette somme , ou la plus considérable qu'il pourra : iatrr-
ment, le roi devrait y pourvoir avec démonstration, et lui -même eenieilleraît s
son fils de le faire.
Yuste, 18 mai 1557.
El Emperador.
Muy reTereûdo in Cristo padre, arzobispo de SeYilh, inqoisi-
dor gênerai en estos reynos contra la herélica pravedad j apos-
tasia, y del nueslro consejo, entendido havemos que habiéodoos
hablado la serenisima princesa mi hija , de parte del rey, eoo
intervencion del conde de Melito, en virtud de la comiaiony
cartas que trujo , para que en esta coyuntura que tanta necesidad
(1) Ruj Gomez, dans sa seconde visite à Yuste (voy. le 1 1"', p. 151), aTtit
fait connaître à PEmpereur le refus de Parchevêque.
Charles-Quint, en envoyant cette lettre à la princesse, pour qu^elle la fît
tenir à Valdès , lui dit quMl ne convenait pas de tolérer la conduite de ce préUl
(f»o convendria que, aunque el arxobispo se haya eseusado, saliesse cm
su intenta , ni se disimulase con e7).
L^Empereur écrivit dans le même sens à Tévêque de Cordoue , qui ne s'était
pas d*abord montré plus disposé que Parchevêque à secourir le roi ; mais cette
seconde lettre ne fut pas envoyée à sa destination , Pévêque ayant manifesté
à Ruy Gomez Pintention de donner tout ce qui serait en son pouvoir. (Lettre
de Ruy Gomez à PEmpereur, du 98 mai 1557.)
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(187)
tiene de ser socorrido , por los machos y grandes gastos que se
le ofrecen con la guerra, é importar tanto à su reputacion,
tovi^edes por bien de hacerlo por Tuestra parte con la suma
que 08 ha pedido, la cual no solamenle diz que no habeis cum-
plido, pero que os habeis escusado, dando poca esperanza de
hacerlo. De que no poco nos habemos roaravîllado, siendo he-
chura y tan antiguo criado nuestro , y haviendo tantos aftos que
gozais de los frutos de esa dignidad : en que holgara que ovié-
rades mostrado con obra la voluntad que haveis significado
siempre tener â las cosas de mi servicio. Por todo lo cual me
ha parecido rogaros y encargaros mucho que, pues beis cnan
josto es lo que el rey mi hijo pide, y lo que en esta coynntura
le importa, tfengais por bien de soeorrerle con la cantidad que
de sa parte se os ha pedido (que yo se que queriendo lo podréis
haeer) , 6 con la mayor que os fuere posible, pues en ella no
habeis de aventorar nada, y se os darà seguridad para que seais
satisfecho : porqne , demàs de que cumpliréis con lo que deveis
y sois obligado, me haréis en ello, y en que lo hagais con bre-
▼edad , particnlar placer y servicio, porque, de otra roanera, ni
el rey dejaria de niandallo proveer con demostracion , ni yo de
aconsejàrselo.
De Yuste, à i8 de mayo de i557.
Carlos.
(188)
XLIII.
FERNANDO DE VALDÈS, ARCHEVÊQUE DE SÉYILLE,
A L*EMPEREUR.
Réponse k la lettre de l'Empereur. — Il lui expose toutes les dépenses qa'il s
faites, depuis qu'il a été pourvu du siège archiépiscopal de ScviUe,etmêDie
avant : en bâtisses , dotations de eoUéges à Salamanque et à Oviedo , dots de
filles pauvres , distributions de pain aux indigents , constructbns d'églises
dans les Asturies cl ailleurs, pensions , subsides et aumônes, etc. — Il préteod
qu'il n'a jamais eu ensemble 40,000 ducats. — 11 répèle ce qu'il a dit à la
princesse : que, si l'on ne veut pas le croire, on nomme les contadoret les plos
rigoureux pour examiner ses livres; il le demande même comme une grâce.—
11 a, du reste, envoyé à Séville, pour savoir ce qu'il pourra offrir: mais ce
ne sera jamais à beaucoup près autant qu'on lui a demandé. — 11 espère qoe
la démonstration dont l'Empereur a parlé, consistera à le déclarer très-fidèle et
très-zélé serviteur de S. M. et du roi.
San Martin de la Fnente, 23 mai 1557.
S. C. C. M^"' , por una carta que Vuestra Magestad me mandô
escribir de i8 del présente (i), he entendido que, por relacion
que à Vuestra Magestad se ha dado, no esta satisfecho de lo que
respondl à la serenisima princesa y al condc de Melito, en lo
que Su Âlteza me dijo que socorriese con cierta cuantidad à la
Magestad Real. Y si Vuestra Magestad fuera informado de que,
ântes que me Iiiciese merced de la îglesia de Sevilla, sienipre
andube alcanzado con el gasto ordinario, y con pensiones y otros
gastos que me obligaban los oficios en que he servido à Vuestra
Magestad, y en los que mi bâbito me obligaba, y que, después
que fui promovido n Sevilla, he gaslado en edificios de las casas
(1) Voy. la loKpe qui précède.
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( 189 )
y fortalezas de la arzobispalia , y en comprar renta para dotacion
y edificio de los colegios que hago en Salamanca y en Oviedo , y
para casar c^da ano doncellas pobres, y limosna de pan para
pobres cada ano, y en nna iglesia que he heclio ediBcar en Âstu-
rias, con siete capellanes, dolados perpetuamente, con obligacion
y menioria particular que en sus sacrificios y oraciones rueguen
à Dios por Vuestra Magestad y por la Emperatriz nuestra senora,
que esté en gloria, y en edificios de otras iglesias y casas que he
hecho y bago, demàs del gasto ordinario y pensiones y subsidios
y limosnas, que aunque no hago esto tan cumplidamente como
séria razon, no me descuido de ello en Sevilla y en otras partes, y
que CDD todo esto se juntan las malas pagas y cobranza de Sevilla,
CDD haber sucedido los anos necesitados, tengo â Vuestra Ma-
gestad por tan catélico, y se que siempre me ha hecho merced
de tenerme por criado que me precio de tralar verdad, que me
creyera lo que à Su Alteza dige cerca de esto , y que en mi vida no
me habia visto con cuarenta mil ducados juntos, aun an tes que
se ofrecieran estes gastos, como es verdad : y en esto pienso que
he camplido la obligacion que ténia en emplear los frutos de la
iglesia , en cuyos son , y para esto tengo por cierto que me los
dié Vuestra Magestad.
Dige tambien à Su Âlteza que, si esto no se me creia, nombrase
los mas rigurosos contadores que se pudiesen haber, para que
TÎesen mis libres, y averiguasen si lo que digo es verdad ; y esto
miamo suplico à Vuestra Magestad , para que yo no pierda el
crédite de ser de los mas leales y celosos criados que Vuestra
Magestad tiene, y mas aficionados â su servicio : que esel prin-
cipal caudal de que en este mundo mas me precio. Y después
que Su Âlteza me hablé, envié à Sevilla à averiguar cuentas con
qaien tiene cargo de mi hacienda , y esta entendiendo en ellas,
para que, sabido lo que podré ofrescer, me déclare. Y cotno de
lodo lo que he comprado para las obras pias tengo hecba dona-
cioD , tambien bago diligencias como podré disponer de ello,
para hacer dinero para este efecto, pues, con lo que Su Magestad
Real proveyerc, se podràn recompeusar las obras pias en lo que
(190)
se mndare de lo que les esta hecba donacion^ Mas lo ano y lo
otro creo do podrà ser tanta cuaniidad como yo qaisiera, y no
podrâ dejar de ser muy menos de la que se piiso en plàùca,
cuando en ello me hablô Su Alteza, présente el conde de Melito,
sin saber nii poca posibilidad; y la que fuere sera para servir à
Vueatra Magestad y à la Magestad Real, como lo debo; y en ello
pongo toda la diligencia posible. Y cuando con todo esto no
fuere creido como crisûano y como prelado, la demosiracion que
en esto se hobiere de hacer espero sera para declararme por muy
fiel criado de Vuestra Magestad y de la Magestad Real , y moy
celoso à su servicio , como lo he sîdo en servir, las veees que se
ban ofrescido semejantes necesidades, con mas de lo qne podia.
La impérial persoua de Vuestra Magestad guarde Nuestro Seôor
con la salud y prosperidad que los criados de Vuestra Magestad
deseamos.
En San Martin, 25 de mayo 1357.
De Vuestra S. C. C. M^ servidor é capeUan, que sus ma-
Dos basa,
F. HlS^ALSlfSlS.
( 191 )
XLIV.
UERNAKDO de OCHOA (1) A L EMPEREUR.
RaUlion détaîlice de oe qui »*vA pané antre lui et rerchevéqae do Séville, tortqu'il
a remis à ce préUl la lettre de l'Empereur. — Protestations de pauvreté et de
Teracité de l'archeTeque. — Réponse de Ochoa , qui l'engage fortement à don-
ner les 150,000 ducats qu'on lui a demandés. — Déclaration de l'archevêque,
fidte dermt vn saint sacrement, qoe les diables l'emportassent, si jamais il avait
eu 100,000, 80^000 , 00,000, ni même 30,000 ducats ensemble. — Réplique de
Ochoa , qui lui fait le compte de tout ce qu'il a touché, depuis dix ans qu'il est
archevêque de Séville, à raison de 60,000 ducats par an, et qui lui prouve,
ea admettant même les dépenses indiquées par lui , qu'il lui reste au moins
150,000 dueats. — Répétition de jurements par rarcbevoque , et observations
sur la violence qu'on faisait ainsi aux prélats. — Nouvelle réplique de Ochoa ,
qui lui fait remarquer que le sacrifice ne sera pas grand , puisqu'il ne s'agit
que d'on prêt , et lui propose , comme un expédient qui lui procurera de suite
100,000 ducalsy d'afferatr pour deux ans les rerenos de son aitlwféehé.
VaIladolîd,3aiiiail557.
&C»C. M**\ é mi me mandôla serenisima prioceoa que fuese
eoD nna carta de Vuestra Magestad y otra suja al arzobispo de
Senlla» à un lugar catorce léguas de aqui, donde eatà , y que le
dièse las dichas cartas, y que le digese como Su Âlteza me habia
mandado ir â Uevar las dichas cartas, y que me dièse la res-
pueala de ellas, y que no le tratase de otra cosa, si él no me
YÎniese à Iratar de la materia que Vuestm M^jestad le escribié.
(1) H était Ton des contadores qvà servaient en la trésorerie de CasUlIe.
Aa moment où rarcberéqae hii faiiatt tous les serments qa*il rapporte
dans cette lettre, pour le convaincre qn^il n^avait pas dVgent, six charjçes
d*espèoe8 monnayées, venant de Séville, entraient à Yalladolid pour ce prélat.
(Lettre de Ruy Gomez à TEmpereur , du 38 mai 1557.)
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1
( 192 )
Y cumpliendo lo que se me mandé, lo hice ansi. Y después deha-
ber leido las cartas, me dijo : « ]Qué buenas cartas me Irais! » Yo
le respondi : « Senor, no se porqne lo dice Vnestra Senoria,
» porque no se lo que escriben à Vuestra Senoria. » Entdnoes
me dijô : « No me qaieren créer lo qne les he dicho asi à So
» Âlteza corao al conde de Melito y otros, de que no tengo
B dineros, y que pues no me creen como à crisliano y per-
» lado, » que le nombrasen para esto un contador el mas rego-
roso que hubiese, y que él entregaria suslibros de loque le
habia valide el arzobispado, y habia gastado y comprado para
dotaciones y dado de limosnas, y que la dicha cuenta le tomasen
como à un arrendador, y que verian que él decia verdad.
Y como él me salie à la materia, yo le dige : c Senor, como vues-
» tro servidor, quieros decir lo que publicamente se dice en toda
» la corte : que, habiendos pedido la princesa, présente el conde
» de Melilo, de parte del rey nuestro senor, ciento y ctncuenta
» mil ducados para las necesidades présentes , representandos el
» servicio que en ello hariades, por la en qne eslaba, y que
» Vnestra Senoria respondistes que Tiérades lo qne podrlades
y hacer, y que en todo lo que pudiésedes serviriades» y que
» à cabo de dos meses que andubiéron tras vos, nunca pudiéron
» sacaros nada, ni os quisisteis resolveros en lo que darfa!S,y
» que estando esperandola respuesta de loque hariades, salisles
B de la corte, con pensar que el négocie con esto qnedaria
» olvidado b , y visto esto, Su Âlteza fué servida de dar cuenta
à Vuestra Magestad de lo que en esto habia , y que entendido
esto, le escribia Vuestra Magestad aquella carta, y que él ténia
mucha culpa de esto, por no haberrespondido à Su Alteza loqne
podia bacer ; que yo le suplicaba , como su servidor, se reaol-
viese en dar à Vuestra Magestad y al rey nuestro senor los ciento
y cincucnta mil ducados que le pedian, pues ya que no los
tuviese todos, los podria baber, para darlos, con hartas Gomodi-
dades. Y respondiômc siempre que no los ténia.
Dijome, delante de un sacramento, que los diables le Ilevasen,
si nunca tuvo cicn mil, ni ocbenta mil, ni sesenta mil, ni
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(193)
treinU mil dncados jantos, porqae siempre habia gaatado mucho
y hecho limosnas, y comprado en ciento cincuenta mil ducados
para doUciones y otras cosas, y que esto era ansi. Yo le respondi
à esto : « Seôor, no basta que vos digais esto para que os
» crean , porqne saben que ha diez anos y mas que sois arzo-
» biapo de Sevilla, y que, después que le tenets, el ano que
» mènes ba valido ynestro arzobispado ban sido setenta mil
» ducados arriba. « Y él me respondiô que era verdad que el
arzobispado le babia valido sesenla mil ducados cada un ano.
Y.à esto le dige : « Pues si ansi es , en diez anos son seiscientos
» mil ducados, pues no teneis tanta costa que no es notorio
» lo que gastais; que â gastar diez mil ducados en vuestra des*
» pensa y casa cada un ano es barto , y otros diez mil que deis
> de limosnas son veinte mil; que en diez aôos son doscientos
» rail ducados, y ciento cincuenta mil ducados que decis babeis
» comprado son 350,000 ducados : pues yo quiero ecbaros,
» como os ecbo, veinte mil ducados para gasto y limosna cada
» on ano; otros diez mil ducados mas, que son 30,000, que es
9 imposible que los gasteis, porque nunca distes de comer en
9 vuestra casa à nadie, ni babeis becbo plato, como otros per-
» lados y caballeros; y esto es notorio, y lo sabe toda la corte.
» Pues, siendo todo esto ansi, son, con las compras y gastos,
» ecbàndoos los diez mil ducados sobrados cada un ano, con mas
» los ciento cincuenta mil ducados de las compras, 450,000 du-
» cados : pues i que son de los ciento cincuenta mil ducados
» restantes para cumplir los 600,000 ducados? »
A esto se me embarazô, y todavia me volviô â bacer grandes
juramentos en que no ténia dineros, y que no era bien apretar
h los perlados de aquella manera , ni era buen titulo el dinero
qoe de esto se sacase para la guerra, y como podrà Dios ayudar
al rey, y que dirian en la cristiandad sobre esto. A esto le res-
pondi : « Senor, el rey no os pide este dinero que le deis dado,
9 sino que se lo presteis , à compreis de lo que le diéredes à
9 voestra voluntad lo que quisiéredes, como lo comprais de
9 olro para vuestras dotaciones, 6 para lo que quisiéredes, y
Tons II. i3
«
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( i94 \
^ esta 4e ta\ maoer»» que e8tei$ «iny segur^» y av^ntajiiidiNN
9 eQ las coropras; y pues yeis la neeesidad ea qiiecsU, poœ
9k aervicio le kaceis ei^ dàrselo. »
El me respo^idid que él teaia y iuvo aiempre «bligadon )
volunta^ de aervk à Vuestra Mageetad y a) rey, y que de§ealtt
pauerlo por obra, como la haria. A esio le dige ; < SMor,
9 DÎDgttDO os créera lo que decis, porque , si tuviésed^a valnatad
9 de servir y darlo à enlender al r^y y a) muudo, habiades de
» hacer luucbas demostraciones, para satisfacer anal de la toIub-
9 tad como del decir que no teaiades diueros, porque, querieai^
a servir cou elles, comodidades terniades para coioplirios., »
y quQ yoi le diria una que ^ nU me psti;escia de que podia yalene
4e çie^ Qiil di^cados. : q^e era arrendase por dos aâoa an ariobis-
pado, y le dariai^ luego adelaatados, al meaoveie, eien nil du-
cados, y que, cqb estos y con les que él leoia recogidos, padia
cump^r c9ijQ Vuesjtra Ms^estad y co;i el rey |o que le pidUa, J
que à eato up ieaia escu^sa, y que me prescia que, para egecuur
ç^tQ, y para vol ver pur su boura^ le conveoia voJiver luego ^ 1^
Qotrte, parque si ou bacia este, podria ser que Vues(rai HageM^d
Uiaudase provçer sobre ello. Nuesjtro Senur la impérial pa^iena
(lie Vuesiira^ Ma^^estad guarde y prqapere.
De YaUadali4 >. a ^ 4^ mavo. i bSl auos.
t>a VM^Ua Mageataid luuy huvûlAe çriad^o.» qjm «ufi impenaks
pi^j ipaQQs^m,
Hebnanoo Oghoa.
i
(195)
XLV.
l'bHFBRSOR a L*ARCH8VâQUB DE 8ÉViLLB (1).
il a VQ let raiiMf aHégiMM dans m leCtM do 13 mm : il s'attondanl à m» aiiUe
réponse » el »e flatte encore que l'archevêque s'efEoreera de servir le roi , eomMe
Q en a le moyen , d'autant plus qu'il ne risque rien en cela. — Il préviendra
ainsi qu*on n'aie d'autre démonstration à son égard.
Tii8te,îjuint5S7.
El Ëmpsradob.
Hoy reverendo in Cristo padre, «Robispo de Sevilla, inquisidor
gênerai en les reynos del serentsimo rey nri Vqo cootra la herëtica
pravedad y apostasf a , y del ntiestro conaejo * la carta <iae' nos
eacriUsteis à Teinte y très del pasado habemos recibtdo, y vieto
partieulaniente todo le que por efta decis sobre ef empréstido qne
la serenisima princesa mi brja os pidM de parte de) rey , en pre-
sencia del conde de M elito , y \o qite le respondisteis para jnsti-
ficacion de la imposibilidad en que os hallais, y las diligencias
qne habeis hecbo y haceis para procurar de le servir con la
(1) L*Empereur, en envoyant cette lettre à la princesse , pour la faire tenir
à rarchevéque, lui écrivait qae, si ce prélat persistait dans son refus, il serait
lûen d^exécuter à son égard les ordre» du roi, mais qu^auparavant, il con-
viendrait d^employer quelque démonstration plus modérée , pour la décence
de Faffaire : • Y cuando, con lodo esto, no viniese en hacer lo que se le pide
» jr es ra^on, sera bien que se ejecute lo que el rey manda; pero todavia
• convendrâ que ântes, y primero, se use con él de alguna demoslracion
» mas moderada, para que, si ser pudiese, se escusase lo demâs, por lo
» que toca la decenda del negocio. * Je ne vois pas, dans les pièces qu*on m*a
envoyées, en quoi consistaient les ordres du roi.
^
( 196)
mayor suma que pudiéredes, pero que no podràser sinomo;
menos de la que se os ha pedido. Y como quiera que quisiéramos
que, en cosa tan justa y que con tauta instancia se os ha pedido,
é importa tanto al servicio y reputaeion del rey, y habiéndoos
yo escrito sobre ello, hobiérades mostrado con obras el deseo
que teneis de servir a mi y à él , sin las razones y escusas qoe
apuntais, las cuales nnnca ereyéramos de vos, siendo la persona
que sois y tan antiguo criado nuestro, pues se tiene enteudido
que, segun el tiempo que ha que gozais de esa dignidad , y ios
otros gastos que decis, lo podiades muy bien hacer, sin usardel
espediente que el contador Hemando Ochoa os dijo, cnando por
mandado de la princesa os llevô mi carta, cuanto mas usaado
dél y de Ios otros que vos hallariades, queriendo, y prevaliéndoos
de las seis cargas de moneda que me escriben os han Uegado â
Valladolid, todavia habemos querido rogaros y encargaros mu-
cho de nuevo que os esforceis y trabajeis de servir al rey eo esU
necesidad tan urgente, pues no habeis de aventurar nada : qae
en ello, y en que b hagais con mucha brevedad, que es io que mas
importa, me haréîs mucho placer y servicio , de manera que no
sea menester usar de otra demostracion, pues sin ella espero
que haréis lo que es razon y confiamos
De Yuste, à 2 de junio de 1557.
Carlos.
J
(m)
XLVI.
L*E1IPEREUR A JUAN VAZQUEZ.
NouTeHes envoyéM par Vasques. — Flotte de D. Luis de Carrajal. — Flotte des
laiaes. — Poursuites contre les officiers de la maison de contraetacîon de Séville
et autres.
Yuâte,2jmDl557.
El Emperador.
Juan Vaxqaez de Holina, mi secretario y del mi coDsejo, vi
Yuestra caria de 28 del pasado; y por la que escribiste à Gaztelù
con el correo que fué à Portugal , entendi lo que habia de nuevo ;
y he holgado de saber, por el que llegô por tierra con el dupli-
cado, que el rey quedaba con salud, aunque me ba desplacido
de que la armada del cargo de D. Luis de Carrajal hobiese vuelto
à la Coruna (i), por la falta que habrà hecho el dinero que en ella
iba. Esperoque, pues el tiempo comenzaba à abonar, sera partida,
y dârseha priesa à la flola de las lanas (2), en que ha de ir la
gente y dinero, pues veis la instancia que el rey bace y lo que
importa â su reputacion y servicio, ayiséndonos de lo que en lo
ODO y en lo otro entendiéredes, y tambien de lo de Italia , y de
laa galeras del cargo de D. Juan de Mendoza.
(1) Cette flotte araît mis à la voile de Laredo, le 10 avril; mais les vents
contraires la forcèrent d^entrer à la Corogne. Elle appareilla de ce port le 31 mai
pour les Pays-Bas. (Lettres de Yazquez à TEmpereur, des 28 mai et 38 juin.)
(3) Yazquez écrivait à TEmpereur, le 12 juin, que la flotte des laines était
prête à mettre à la voile, et que Ip duc de Sesa venait de partir par la poste,
pour 9!*y embarquer.
(198)
Por las copias que habeis enviado, he TÎsto la comision qoede
Duevo se diô al alcalde Xarava , y lo que se le ordeua en lo que
toca à los colpados. lo cual dos ha parecido bien, y las conside-
raciones que se tuviéron en lo de los maestres, pilotos y merca-
deres, por las causas que apuntais : en que no bay que decir, sino
que acordeis siempre à la princesa que mande que en este aego-
cio no se pierda punto de tiempo hasU Ter el fin dél , y que seau
castigados con demoslracion los que tuvieren colpa (1)
De Yuste, â 2 de junio 4557.
Carlos.
(1) Il avait été question de faire poursuivre les maîtres et pilotes des na-
vires , ainsi que les marchands auxquels avait été délivré' Targent : mab oo
considéra que les premiers, aussitôt qu*ils auraient vent des poursuites,
iraient servir le roi de France, et , quant aux autres, que ce qu^on leur avait
pris cette fois, et précédemment , leur avait eausé asseï de pertes. (Lettre de
Yaïquez à TEmpereur, du 98 mai 1557.)
On envoya de Valladolid, pour remplacer les officiers de la maison dt
contractacion qui avaient été pris, Antonio de Eguino et Saincbo ^ F^*
(Lettre de Yazquez à TEmpereur, du 12 juin.)
r
( <99 )
XLVIL
tTARCHByÉQVft DB SÉYtLLfi A L*ÈttPBRBtJA (1).
BAfrinm à la foltn du 9. -^ Il est peiné de voir qu'on mette ëh dmité s« fi<i61itê él
MTémcité, alon qu'il »*est appliqué, avec tout le sèle et la promptitude pos-
sible y à rechercher les moyens de secourir le roi. — Il regrette qu'on n'ait pas,
coinihè il te demandait, chargé lé e&ntadàr le plus rigoureux d'examiner ses
livres ûe reeèttèt bt dé dépenses. — Explication Sur les six bhat-gés de mdhhaië
arrtvéM à Valladolid* — Protestations de dérouement.
Swà Martin de la Fuente, 15 juin 1S57.
S. C. C M^^ por la carta que Vuestra Hagestad me mandé edcri*
bir à los dos de este junio , y por las que ântca jo habia tambien
recibîdo de Vueatra Magestad y de la serenisîma princesai leoge
entendido que los que à Vuestra Mageslad y à Su Alteza han
informado de mis grandes tesorosi han trahido el negocio àtérmi-
no8 que ya se entîende que no tratan de lo con que yo podré
soeorrer en el servicio de Su Magestad Real, sino diminuir y
eseurescer el crédite y verdad que yo he siempre procurado de
adquirir y conserrar toda mi vida con Dios, y con Vuestra Ma*
gestad, y con todo el mundo, con muy grandes trabajos y desye-
lamientos y cuidados en servicio de Vuestra Magestad, pues le
(1) L'Empereur envoya copie de cette lettre, le 15 juillet, à Juan Vaxque^,
en lui disant : « No sabria mas que decir en aquello, sino que, siendo bien
• que se egecute lo que el rey mi hijo liene maudado, se haga, y pares-
• cérmeya que dende hiego se tome lo que él j el de Zaragoza dan, y se
D haga tnstancia por lo demàs que se les ha pedido. »
Yazqoex répondit à TEmpereur , le 19, que la lettre de Tarcheyéque se Ter-
rait en conseil des finances, et que jusqii*à ce moment on n^avait rien décidé
sur les offres de ce prélat ni de rarcbevêque de Saragosse.
i -.1
1
(200)
que yo ofreci , con toda la buena voluntad y verdàd que Dios sabe,
à la serenisima princesa, no se me ba tomado ni admitido.sino por
escnsaa y evasiones voluntarias : mas Dios, que es testigo de todo,
y sabe y entiende los corazones de los bombres, sabe que loqw
yo dîge y ofreci à Su Alteza fué con toda yerdad y fidelidad ;
limpieza ; y, en lo que fué en mi mano» lo comencé luego à poner
por obra, baciendo examinar mis cuentas, y procurando coo lotb
diligencia Hegarlas al cabo con los oficiales que ban tratado mi
bacienda , como escriben de Sevilla que esta ya becho y eondaido;
y creo sera ya llegada la resolucion dello à Valladolid, à poder
del arcediano de Sigûensa , à quien yo envié de aqui, para que las
viese y dièse noticia à Su Alteza de lo que resnllaba , y de lo que se
podia bacer en servicio de Su Magestad, como creo lo babrà ;a
becbo , 6 lo barà muy presto. Y como yo be becho este con la di-
ligencia posible, hobiera recibido muy grau merced, si se bobien
becbo lo que yo pedi y supliqué, que era que, si à mis palabras
y yerdad no se daba crédite , se mandasen ver mis libres al con-
tador mas riguroso quehubiese en la corte.y por elles pareseeria
lo que babia entrado y salido de las rentas de mi iglesia y los
tesoros que yo podia tener , y tambien se alcanzarà à saber si los
anos que ba que Vuestra Magestad me bizo merced del anobis-
pado, be sido mal despencero de los bienes que son de la iglesia
y de los pobres, é si los be atesorado con abaricia, 6 gastadoen
juegos 6 otros uses malos 6 deshonestos. Y pluguiese à Dios qae à
los mismos informadores de mis tesoros, 6 alguno de elles, se co*
metieseesta anatomia, porque los mismos que me ban calumniado
y calumnian fuesen pregoneros de mi verdad, y tambien enten-
derian los que Vuestra Magestad dice le escribiéron de las cargas
de dineros que viniéron à Valladolid, que fuéron basla cientoy
sesenta mil reaies, que se pudiéron baber en Sevilla con todas
las diligencias del mundo, para poder cumplir con algo lo qae
Su Alteza me habia mandado; y tambien se bobieran desenganâdo
los espias de como, para cuenta de los cienlo y sesenta nàil reaies,
ban salido de mi oâmara de poco mas de un ano acà , solo en
compras y edificios y limosnas, mas de Irescientos mil reaies, sia
]
( 901 )
1m gaMos de mi casa y paga de penùeneg y salarios de oficiales
del anobispado y otras cosaa; y visto todo este, se veria el
peqoeôo portillo que te puede tapar, en las necesidades que ocur-
ren , con el socorro de mi hacienda : de lo cual â mi me pesa
mocho; que si , con lo que yo deseo servir, se pudiera ello cum-
plîr, Dios sabe que Su Magestad no estubiera en necesidad. A su
infinita bondad plega de proveerlo y remediarlo todo como lo
poede é yo lo deseo ; y ponga en corazon à Vueetra Magestad
me créa la verdad que digo, y me lome en coenla mi buena
▼olontad ; y prospère siempre la impérial persona de Vuestra
Magestad con la salud y prosperidad que desea ,
En San Martin de la Fuenle, 15de junio iK57,
D. V« S. C. G. M^ hechura é criado humilde, que sus impe^
rialesroanos besa,
F. HiSPALENSIS.
(903)
XLVin.
RUY GOMEZ DE SILTA A L*EMPERBUB.
La lettre à rircbevcque de Séville lui a été envoyée par son frère, qui a pmms
de s'employer à le persuader. - Auy Gomex compte retourner aux I^ayi-Bas
à la fin de juin , ou au eomtnenel$inent de Juillet : arant de s*ettibarquer, il
informera l'Empereur de tout ce qu'il aura fait. — Départ de D. Intimio et
Velasco , avec de l'argent et des troupes. — Selon le désir de l'Empereur, Kny
Gomex emmènera les pages dé la reine Marie , et les offrira au roi. — Prêt de
100,000 ducats par Tévéque de Cordoué.
Valladolid, 16 juin 1557.
S. C. C. M^*^, al arçobispo de Sevilla parescié que se le en-
viase la caila de Vuestra Magestad con un su bermano(i) qne
estaba aqui , y que él le persuadiese, conio hermano, à semr al
rey, y que le dièse à entender que, si no lo hacia, habia Sn Ma-
gestad de sentirlo mucbo; y ofreciôse à tratarlo muy bien j
como al servicio de Su Magestad conviene. Es ya partido,y en
viniendo avisaré à Vuestra Magestad de lo que habrà hecho; y,
si DO fuere como es razon , entônces se us%rà de lo que el rey
manda , pues , babiéndole persuadido tanto à lo que cumple al
servicio de Su Magestad, no lo babrà querido hacer.
Lo que mas ilie queda que hacer tengo en buenos términos, y
pienso acabarlo muy presto, y poderme partir de aqui al fin de
este mes, û â los ocbo del que viene. Àntes que sea, avisaré &
Vuestra Magestad muy particularmente de todo lo que Uevaré
hecho , y de lo que mas habrà que avisar à Vuestra Magestad.
(1) Le licencié Salas, auditeur de la chancellerie de Valladolid. L^arche-
vêque se montra disposé à prêter 50^000 ducats. (Lettres de Vazquez à rSiiH
pereur, des 12 et 28 juin.)
Voy. la note 1, à la page 199.
(905)
D. Antonio de Velaseo se hizo à la vêla â los diez deste :
liera la gente y dinero que dije à Vuestra Magestad que habia
de llevar. Escriben que le bacia muy buen tiempo; y si le ba
durado , ya eatarà en yista de Yngalaterra. Plegue â Dios que le
haya dado muy boena navegacion.
Gaztelû me escribe que Vuestra Magestad manda que Ueve
comigo los pajes que la Magestad de la reyna Maria tiene, y
que los dé al rey» de parte de Vuestra Magestad. Yo lo haré asi
oomo Vuestra Magestad me lo manda , cuya ymperial persona
Nuestro Senor guarde como la cristiandad ha menester.
De Valladolid, i 46 de junio 1557.
Después de escrita esta, bablé con el obispo de Cordoba, y
hàme dicho que darà luego eien mil ducados de contado.ypara
ello se ha enviado correo para que luego los traigan, y aun dice
que harà diligencia para dar mas dinero (1).
Umilde criado de Vuestra Magestad,
Ru Y GOMEZ DE SlLVAy
Coude de Melito.
(1) Le roi avait écrit à TarcbevAqtie de Saragoste, pour lui demander en
prél 100,000 docati : ce prébt n*eii donna que 90,000.
^
( S04 )
XLIX.
l'empereor a la princesse bona jcaka.
Arrivée à Yuste de D. Juin de Mendoia y Bibeni y que le roi a nommé sm
ambassadeur à la cour de Lisbonne. — Vu U mort du roi de Portugal, ils
retenu D. Juan , et il charge la princesse de faire osaminer y par k comte àf
Melito et le conseil d*État , si cet ambassadeur doit se servir des lettres de
créance dont il est porteur , ou s*il convient que la princesse en écrive d'antres.
— Les mêmes conseillers auront à voir si D. Saaeho de Gordeva ne pourrait pas
revenir , pour exercer sa charge de veedor.
Yaste, 94 juin 1957.
Serenisima princesa , mi mvtj cara y muy amada hija , D. Joan
de Mendoza y Ribera , que va por embajador del rey nai bijo à
residir en la corte de Portagal, ha llegado aqui de Toledo(l),
con fin de prosegiiir con mi licencia su viaje; y habiéndome
hablado, entre otras cosas me ba dicbo que trae carias de mi
bijo para la reyna y el rey de Portugal sobre ello, pidiéndoine
que , pues él es muerto , viese de la manera que babia de ostr
délias. Y por ser esto de la calidad que es, y no ofrecene ai
présente négocies de tanta importancia que tratar, y ballarse
(1) Il arriva le 99 juin à Jaraadilla : le lendemain, TEmpereur lui donoa
audience. « Je trouvai , écrivit-il à Vazquez le 94, TEmpereur teUeœefil
» mieux, que j*en suis étonné. » ( Jyer vi cU Emperador, y tanto mtj^
que estoy espaniado.)
D. Juan de Mendoza , au moment où il allait quitter Jarandilla , pour se
rendre à son poste , tomba malade. ( Lettre de l'Empereur à Vazquez , <lu
15 juillet.)
II ne put se mettre en route que le 24 août. (Voy., ci-après, la lettre de
Gazteiiî à Vazquez, de cette date.)
r
1 .i
(ao$ )
alià D. Sancho y D. Joan de Hartado de Mendoza , aunque nin-
gttno delios réside con érden del rey, me ha parecido reiui-
liroslo, para que mandais que laego se comunique con el conde
de Melito y los del consejo de Estado, y se vea si , por ser muerto
el rey, sera bien que use de las dichas carias, 6 que vos escri-
vais otras sobre la ida del dicho D. Joan à residir en aquella
corte, 6 lo que sobre ello parece se deve hacer, para que, visto, se
provea en ello lo que conviniere : y conforme à aquello, se harâ
Inego el despacho, y embiàrseha aqui, para que se dé al dicho
D. Joan, que por mi ôrden queda aguardàndole en Jarandilla,
y si, yéndose él, y dilatàndose la venida de la infanta , se podria
venir D. Sancho de Cordova à servir su oficio de veedor.
De Tuste , à â4 de junio de i 557.
Y, demâs de lo sobredicho, miràrsea si el dicho D. Joan deve
partir lu^o à servir en el dicho cargo.
Carlos.
4
^
(906)
L.
l'empereur a la princesse dona joana.
Arrivée à Yuste de D. Failrique Enriquex de Guzman , que la prineeue eDTojail
en Portugal. — L'Empereur ne veut pai qu'il use des instruetions et des leltrei
d« sa fille, et kii en donne d'autres. <- Bon état de U snnlé 4e f Bnperenr. -
U désire ipie Ruy Gooes revienne à Yuete, au moacnt ^'il aura eifédiè
Ezcurra. — P. S, autographe : plaie au petit doigt.
Ynste, 5 juillet 1557.
Hija, con otro que deq[Kicharé brevemeiUe, respoBderéà
vuestras carias. Esta se hace solameote para decir que, habiendo
Uegado aqvi D. Fadrique Ënriquez (i), y oido à la letra la in-
stniccion que le distes de lo que ha de hacer en Portugal, le dije
y ordenéque en ninguna manera me parecia que tratase deirue^
tra parte con la reyna mi herroana, ni con los demàs para quieo
le distes cartas, ni usase de eilas, en lo que toca à lo de la gobe^
nacion de aquel reyno durante la mener edad del rey vuestro
hijo, ni de la casa que se le ha de poner, ni criados que ha de
tener, porque este podria traer en este principio muchos incon-
Tenientes, y no convemia. Pero, por la instruccion que lien
mia , cuya copia se os envia , le ordeno en este caso lo que debe
hacer, porque para lo demàs tiempo habrà al adelante; y es
bien, en estas cosas y entre hermanos, ir con mucho mira-
miento, por todos respectes; y mas vos siendo hija; y porque
tambien lleva ôrden de palabra el dicho D. Fabrique, que la
carta de vuestra mano , que le envié Juan Vazquez con un correo
(1) Il était arrivé le 8 à Jarandilla.
r
(807)
qae Hegé ayer» para la reyaa de Portugal, no se la dé, aino aola-
mente la dé viaitaeion , porqae podria aer que toeàaedes en ella
algo de lo aobredicho, y no aprovechase nada; y siendo asi, sera
bien que le aviseis de lo que, conforme à esto , debe hacer de las
dichas cartas , porque esta manana partie para proseguir su
viage, y procurarà de llegar àntes alla que parta D. Gilianes (i)
para acà.
Yo he estadb todos estos dias y quedo en buena disposicion,
gracias à Nuestro Senor. El os guarde como yo deseo.
De Ynate, i S de jiilio 1557.
Por la ûltima carta que el duque de Âlvurquerque os escribiô,
la Gual me en^id Juan Vazquez originalmente, y eon eUa otra
qne eserîbié à Rny Gomez, he entendido que el de Ezcurra era
partido para acÂ, y que trae consigo al secretario Burdeo. T, por-
que Ruy Gomea pueda Uevar la ùUima resolucion que se (omarà
sobre este négocie, y le acabe yo de hablar en olros que tengo
comenzados, convendria que viniese aqui como se lo escribo (2) ,
pero que su llegada fuese câsi al mismo tiempo que el de Ezcurra
y ao companero hubiesen partido de acà, à los cuales despacharé
hiego en Uegando; pero no qaerria que esto fuese causa para que
ae ifetubiese la armada en que ha de pasar, ni biciese falta al
rey lo que en ella ha ée ir.
•
De la main de t Empereur.
H ija, esta no va de mi mano, porque se me ha tornade à abrir
los ag:ujeros del dedillo que càsi estaban cerrados, y duélenme
(1) $eli>o ce que I*£mpereur écrivait à la princesse le 1'^ juillet, la reine
de Portugal s*occupait de dépécher à Yuste don Giiiafies, pour lui rendre
compte de ce qui s^était passé lors de la mort du roi , et de l'état dans lequel
éuient ks affiiires du royaume.
(9) T07. k i. iTi P> 161.
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1
l
(208 )
haclo. Manana» é esotrodia, responderé à lo demaa de vuesbn
carta : y por eso, no dira aqui mas Yuesiro buen padre
Carlos.
LI.
INSTRUCTION DE l'eMPERBUR POUR D. FADRIQUB ENRIQCEZ
DE GUZMAN.
Compliments de eoodoléaiiee à faire, de la part de rBmperenr, à la reioe, as
cardinal infant et aux infantes dona Maria et dona Isabel. — lafbrmatioas à
prendre sur les dispositions faites par le feu roi touchant le gouvenienient do
royaume pendant la minorité du roi actuel. — Conduite à tenir par Vamliassa'
dear enTors la reine, afin de découvrir ses sentiments à cet égard.
Yiute, 5 juillet 1557.
Lo que vos, D. Fadrique Enriqaez de Gosmaii, mayordomo
del ilustrisimo principe mi nieto, habeis de haeer en Portngaif
donde vais por mi mandado, es lo siguiente :
Llegado que bayais à la corte de Portugal, lo haréis saber à It
serenisima reyna mi hermana, para que, conforme à lo que os
ordenare, le vais à besar las manos; y, cuando fuéredes à bacerI(H
le daréis mi carta que le llevais; y, visitado que la bayais de mi
parte, le diréis la mucba pena y sentimiento que be tenido ;
tengo del fallecimiento del rey mi bermano, que esté en gloria,
asi por el deudo y grande amor que bobo entre nosotros como
por la que ella ternâ, y la falta que le barà tan buena compania,
y que esto siento yo mas, por no ballarme en parte donde en tia
gran trabajo y soledad pudiera consolarla, y que, puesto que sea
este camino que todos babemos de bacer, sin poderse escusar, j
que no se puede dejar de sentir, tengo por cierto que con su prv-
]
' fit.*
( 209)
dencia y cristiandad lo habrà tomado como cosa que procède
de la Yotuntad de Nuestro Senor, y que se habrà conformado
con ella, y dàdole gracias por todo, y que asi le ruego cuauto
puedo lo haga, pues hacer lo contrario aprovecha poco à los
muertos, y menos à los tIvos, y que mire mucho por su salud,
y de tratarse mejor de lo que me dicen que lo ha hecho y hace,
pues ve lo que h todos nos va en ello , y que me avise si hay
algana cosa en que yo la pueda servir y dar contentamiento ,
pues he de tener mas cuidado délia agora que nunca, conforme
à nuestra hermandad y al grande amor que siempre le love y
tengo.
Hecho que hayâis lo sobredicho con la reyna iiii bermana,
visitaréis de mi parte al senor cardenal infante mi hermano; y
dàndole roi carta que le llevais, le diréis cuanto he sentido el
fallescimiento del rey mi hermano , que baya gloria, asi por el
dendo grande que bobo entre nosotros como por la pérdida de
80 real persona , y la pena que él con tanta razon ternà de ello»
y que tengo por cierto que, siendo este camino que todoshabe-
roos de hacer» lo habrà tomado con su prudencia , como cosa que
procède de las manos de Nuestro Senor, y que se habrà confor-
mado con su voluntad , y que le ruego mucho que, pues el mayor
coosoelo que à la reyna queda, es estar en su compania, tenga
la mano para que no se fatigue ni trate tan mal como me dicen
que lo hace, y que, habiendo algona cosa en que yo le pueda dar
eontentamiento, lo haré como es razon, conforme aldeudo y
amor que siempre le tove.
Asimismo visitaréis de mi parte à la ilustrisima infanta dona
Maria mi sobrina, dàndole mi carta que le llevais, y diciéndole
la pena que he tenido del fallescimiento dcl rey mi hermano ,
asi por el deudo y grande amor que siempre hovo entre nosotros
como por la falta y gran pérdida de la reyna mi hermana, y la
qoe élla habrà sentido, y que le ruego que, pues se balla en su
corapania, trabaje en esta necesidad deconsolarla el tiempo que
se detubiere en aquel reyno, pues sera tanta la que tendra de
dlo » como tengo por cierto que lo habrà hecho.
ToaB 11. 14
^
( 31U)
VisitaréU tambien de mi parte à la Uustrisiina infiiDte dona
Isabel , diciéodole en suslancia lo mismo.
Hecho todo lo sobredicho , sin formar Degociacioo ni daros
priesa, procuraréU de entender, lo mas parlicularnienlequew
fuere posible, de D. Sancho de Cérdova y D. Juan de Mendou,
de la nianera que el rey dej6 ordenado y quexla lo de la gover-
nacion durante la menor edad del rey D. Sevastian mi oielo; ;
deapués, dende algunos dias, cuando os parecerà, teniendo alguaa
causa para visitar à la reyna, buscaréis ocasion para meterla en
esta plâtica, diciéndole, como de roi parte» que os encargué
entre otras cosas lo supiésedes; y si ella os saliese à decirlo,
entenderlohéis bien; y si mostrase algun eentimienio» diciendo
que QO quiere nada » y que lo que ha hecho de acelar lo de la
goberoacion ha sido contra su Toluntad, y niuy importnnada
del reypo, entônces con blandura la podréis aplacar, apontando
que este solamente se hace, por deseallo yo saber con otras cosas
que os he mandado, y porque, como todos estamoa sujetos à la
mserte, y podrian morirse los mozos como los vicjos, como le
iiabemo^ visto y vemos cada dia , querria tambien saber lo que
para en tal caso esta ordenado, anadiendo en esta sostancia lo
demàs que os parecerà y viéredes que conviene. Y en caso qae la
reyna se cebase de esta plàtica» y oonociésedes que se huelga de
hablar en ella, y viésedes que pone algunas dificultades, lepo*
dréis pedir parecer, para que os diga el remédie que en elio se
podfia pener, para prevenillo todo con tiempo, en caso que se
ofreciese tal necesidad; y entônces, y no àntes, podréis apiintar
y entender lo que la prîncesa desea, conforme à su instruccioa
y à lo que os habrà diclio de palabra , y lo de la casa que se ha
de poner^ y criados que se ban de dar al rey su hijo , para que
estes sean cuales conviene. Y en esta plàtica no habeis de hacer
mencion ninguna de la princesa mi hija , ni taropoco cuando le
hablâredes de su parte, no embargante lo que os ordena por su
iuslruccion , ni dar ninguna de las cartas que llevais para d
duque de Aveiro, conde de Oastaneda , Lorenzo Pirez, ni el secre-
tario, tocantes à esta materia, ui à la casa y criados dd rey so
--•a
(8*1)
hijo, ni dar demostrftcioii que en este pretcnëe ni se aparU de
oada, porque no convendria por agOra; y al adeknte habrà
Uempo para Iratar de elle; y aai lo escribiré à mi hija que os lo
he ordenado, y vos podréis hacer lo rnismo.
Hecho eslo, y cobrada la reapoesta de la reyna y los demàs,
08 podréis Yolver por aqui, para darmeouenla de lodo.
Fecbfl en Sant Gerénîmo de Yosie, à eihco de julio de mil
quinientos cincuenta y siete.
Cahlos.
LIL
JUAM VAZQUK A L'Rlll«EBUlt«
NottTalles d*luUe. — S«eour» d'argent el d'boaunét demaadés par le due d'Aibd.
— Leitref du roi , écrites d'Angleterre. — Départ pour Laredo de Ruy Gomea ,
qui se reneontrera en cbeniîn avec le due d'Atburquerque. — Rasseniblement
MX Payt-Bas dai tvoapes «lleaiandeè ; arritée dans les porta de eea prorineea
da 160 navirea ehargéa de biadt poartuifa da natiraade gveiM fraiifais par
daa navires d'Angteterro« — Protestation et appel du roi contre le papa. --^
Justification du conseil des Indes. — Poursuites contre les officiers de Séville.
— Hort de Francisco TeHo dans les prisons de Slmancas. — Désir du conseil des
financea de disposer daa 89,000 d«aU qua l'Eaipareur possède dans eelta
forteresse. - Distribution, faite par la reine de Hongrie, des laelensqu'a eareyés
TEmpereur. — Don que le roi a fait de Guadalajara à la reine de France, et a
la reine de Hongrie de Huete ou Aranda , à son cboix : extension de ces con-
iena désirée par les deux reines ; mémoires qu'elles remettent k Ray Gomes.
Vâlladelid,80juîllMl59r.
S. C. C. M^^ ...^ todo lo que ànles be ayisado de las eosas do
Ytalia , paresee que se viene à rcsolver ea lo que el duque de
Alba eseribe à 21 dei pasado, que es lo que Yuestra Magestad
mandarà ver por su carta original que ya con esta. Lo que él
pide, por la instruccion que un criado suyo trae, es que le
.\1
■A
( 312 )
provean los ochoeientos mil ducados que el rey habia escrilo; y
àntes que llegase, se le habian enviado las cédulas de los qai*
nientos y cincuenta mil ducados que escribi à Vuestra Mageslad:
que por el présente se debe contentar , entretaolo que se t6
de donde se podrà proveer la resta, especialmente escribiendo el
rey agora que se le envieo aun mas dineros de ios que ha de
llevar Ruy Gomez. Tambien pide .el duque los mil hombres que
dejé de llevar D. Hernando de Toledo, los cuales habrà diiBoul-
tad de poderse eaviar por el présente : satisfacérseleba à todo
lo mejor que se pudiere. Después ha veuido Leooardo Lonielin,
de Génova, que partie de alli à ùltimo del pasado, y dice que
alli se sabia que todavia estaba Mos. deGuisa à quince millas del
reino, y que el marqués de Pescara habia socorrido à Cnni, y
Mos. de Brisac se levante de sobre él.
Âyer vino correo de Tnglaterra que vtno por mar ; y las cartas
que escribe Su Magestad de mano agena son de Londres de
â del présente, y las de propia à mi desde Contnrbey (i) de
cuatro, yeodo de camino à pasar à Calés, de donde tomaria la
posta para Bruselas; y habia dejado à la reina con salnd, aunque
Gon pena de su ausencia. No ha venido à mi poder carta pan
Vuestra Magestad : no se si Su Alteza 6 Ruy Gomez las enviao.
Ténia el rey gran contentamiento de la Ilegada de las armadas,
y esperaba esta ùltima que ya esta à punto ; y Ruy Gomez se
parte esta noche , para verse en el camino con el duque de
Âlburquerque, y pasar à embarcarse.
Estaba ya en Flandes la mayor parte de la caballeria é infan-
teria alemana junta, y llegado el rey saldria en campana. Habian
llegado de Osterlanda ciento y sesenta naos de trigo, que fué
gran remédie para la tierra y gente del egército. Diceme d
confesor del rey que las naos inglesas andaban buscando los
Franceses, y que topàron con cuatro naos de armada, y les en-
viàron una barca â reconoscellos, y la quemâron; y loslngleses
(]) Cantorbéry.
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(215 )
1m siguiéron hasta metellas en an puerto de Francia, y que
alli queinàroD las dos, y las otros dos echàron à fondo.
Ck>n esta envio à Vaestra Magestad unos eapitolos de lo que
el rey escribe (I) : por una de ellos verà lo que diee de las cosas
del papa y la protestacioo , apelacion y suplicaciôn que mandé
bacer, de que envia copia; y lambien envia una justificacion de
las causas que le han movido para tomar las armas y résistif à
la fueraa de la liga hecha por Su Santidad , que manda que se
impriman; y porque sou escrituras lai^as, no van aquf. 0 im-
presa , 6 sacada copia, se enviaràn a Vuestra Magestad. Una caja
trujo este correo para Vuestra Magestad , la eual envio con esta.
La carta y relacion que los del consejo de Yndias enviàron â
Vuestra Magestad (2), mostraré al de la hacienda, como lo
manda , y vista se enviarà relacion à Vuestra Magestad de todo
lo que manda; y contra los oficiales de Sevilla se procède, y se
ha mandado h los alcaldes de esta corte, à quien se ba cometido ,
que conozcan de sus causas. Francisco Tello , luego qne le pu«>
sîéron en Simancas, cayé malo , de manera que anteayer fallecié;
Dios le perdone.
A les del dicho consejo de hacienda parescié que, por la falta
que babia de contado para llevar al rey con Ruy Gomez, se
podîan tomar prestados los treinta mil ducados que Vuestra
Magestad tîene en Simancas para las cosas de su consciencia, y
(1) C*étaient des extraits de deux lettres da roi à la princesse : Tune du
10 juin, et Taulre du 3 juillet. Gameia, Ftlipe II, liv. Il, pp. 68-69,
donue ces mêmes extraits, mais avec la date erronée du 10 juillet 1556.
(9) Le conseil des Indes, dans deux lettres adressées à CbarleS'Qnint, le
99 juin et le 31 juillet, s^étaît disculpé des reproches que Quijada lui avait
bits, au nom de TEmpereur. 11 avait établi, dans ces lettres, qui! n*avait
pris et n*avait eu à prendre aucune mesure, relativement à Tar^pent apporté
des Indes, au mois de septembre 1556, par la flotte sous le commandement
de Pero Menendex, et que c^était le conseil des 6nances qui avait fait toutes
les dispositions à cet é^^ard.
L^Emperenr, écrivant à Yazquez le 25 juillet, le chargea de demander des
explications là-dessus au conseil des finances.
"1
(i!4)
qufl el faclor Io$ voWieM de lo primero qae se reeojiaM» deatra
del lérmino que va en h Hoenoia que con eata va, aeepuda A4
faotor, para que asi lo cumpla. Vuetira Mageetad la vcri, y
sieudo »epvido de ello, la mande enviar para que se egeeute, y,
si no fuere au volnntad , la mande raagar : que cou este fin U
envio oon esta, para que Vuestra Magestad baga lo quo mas lei
aervido ( I ).
A la serenisima rcina de Hungria di el reeaudo de Vueitri
Magestad» >* cou los melones boigé, y repartie como Vaestn
Magestad lo maoda. (lijome que escrîbîria k Vuesira Magestad,
Si lo biciere» ira coo esta su carta.
Y en lo de Guadalajara (2) » lo que bay que decir e$ que el rey
(1) Par une cédule donnée à losprack le 38 mars 1552| et adressée 4
Francisco de los Covos, receveur des droits de 6 et 11 au mille {dereehia ii
ieis é once al m#2lar); Charles-Quint avait ordonné de mettre 30,000 ducats
en un oofl^, en présence de D. Hennndo NiAo, patriarche des Iodes, éréqos
d« Signeaaa, et président du conseil de GastiUe, de Juan Vaaquei de Molina,
son secrétaire, et du même Govos, qui tous trois auraient une clef du c^ifre,
et de déposer ce cofire dans la forteresse de Simancas. Cette somme était
destinée par PEmpereur à Tacquiltement des charges de son testament
Le dépôt se fit le 25 octobre suivant. Le coffre fut placé dans la tour dile
de réréque (el cubo âelebitpe).
Quelles que hissent les nëoeasités dans lesquelles CbarleSfQuînt se troun
depuis, il ne voulut jamais toucher à cette somme.
En même temps que Vazquex lui écrivait ce qu*on voit ici, la princesse
gouvernante cWON^dsit k raichevéqqe de Séville, à qui était passée voe
des trois clefs , de la lui reoiettre. Ce prélat i'en excusa, en suppUaat la
princesse de ne rien faire en cela sans le consentement de son père : • Je
* tiens pour certain, ajoMta*t-il, que, si le roi était consulté, il ne consenti-
« rait en aveune manière q«*on mît U main sur nn tel dépôt : car, oatie le
n péril qui en réiulterait pour U conscience, ce serait irriter 3. M. l •
(lettre du 37 jniM.)
(â) Vaaquax ajant écrit à TEmpereur, le 19 juillet, que le secrécairsde la
reine de France , revenu de Bruxelles , avait apporté les dépêches relativei i
Guadalajara, Charles lui demanda, par lettre du 95 1 quels étaient les lieoi
compris dans la concession faite à la reine. C^est à cette demande que Vaiqoez
répond ici. (Yojr. le 1. 1*', p. 158,oQt6 1.)
(218)
da aqnella dudad â la reina cristianisima y à la infante su hija,
YÎDÎendo à estar con ella , por sus dias, reservando la soberania ;
à la serenisima reina de Hungiia le da 6 Huele, é Aranda, à
escojer cual mas quisiere; y anda informàndose de lo que le
esUrâ mejor. Querrian la ^uprema» 6 qu9 à lo menos que por
cédnla aparté las hiciese el rey sus gobernadoras de aquellas
ciudad y villa por sus vidas, y hao dado à Ruy Gomez mémo*
riaies sobre ello , para que procure con el rey. Nuestro Seftor la
impérial persona de Yuestra Hagestad guarde y acresciente
eomodesea.
De Yalladolid , à 50 de julio 4557,
De Yuestra Magestad mas hnmilde criado y hechura, que sus
impériales manos besa ,
Juan YAZQingz.
(â16)
LUI.
l'empereur a PHIUPPE II.
Arrivée a Goacoft d'un PortugAÎs , nonmé Franeùeo Gil , qui prétend aToir î lui
déclarer des choftat importâmes. — Il ne Teut pas le reeevoir , et lui fait dire d«
s'expliquer avec le confesseur, ou d'aller trouver la princesse gouremanle.—
Refus du Portugais : paroles mystérieuses qu'il dit, en partant , à Gaztelu. —
L'Empereur mande à don Sanclio de Cordova de prendre des renneignemcnls sar
son compte , et , s'ils sont satisfaisants , de le v<Mr , de tâcher d'apprendre de lui
ce dont il est question , ou de l'engager à retourner à Yuste. — Francisco Gil
prend ce dernier parti. — L'Empereur lui donne deux audiences , qui roulent sur
la succession à la couronne de Portugal, au cas que le roi ou la reine vint i mou-
rir, sur les sentiments des Portugais envers les Espagnols , les intrigues dei
Français, les droits du prince D. Carlos ; sur une apostrophe du roi Jean III au
marquis de Villareal , qui s'opposait au mariage de la princesse Marie'avec k
prince Philippe d'Espagne, etc. — L'Empereur engage son fils à examiner ce
qu'il lui convient de faire dans toutes les éventualités, sans attendre juaqu'sa
dernier moment.
Yuate, 8 août 1557.
Hijo, por el mes de junio pasado, llegô «1 lugar de QaacosuD
Portugués llamado Francisco Gil ; y habiendo bablado cod Gaz-
telu , diz que le dijo que habia venido aolamente à darme aviso de
algunaa cosaa que importaban ù mi servicio, y que no las diria
sino â mf , y que por lo pasado tUYO oficio en la inquisicion de
aquel reyno , y que el rey y la reyna mis hermanos le encomen-
daban cosas de confianza. Y habiéndomc el dicbo Gaztelù faecho
relacion dello, y de su manera, y lo que liabia podido compren-
der, le respondi que me escusase de dalle audiencia, por no
conoseelle , ni saber el crédito que se podia dar à lo que dijese, ;
tambien temiendo que no viniese mas con fin de querer saber y
enlender nii intente, para referirlo y aprovecharse dello , que
para declarar cosas de tanta importancia como él dccia , pero
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( 217 )
que procorase que, por medio de mi confesor, 6 por etcrito, dijese
)o qae qu^a, 6 que foese à la princeaa a dalle cuenta dello: de
lo ciial se eseusé. Y al tiempo que ae dispidiô dél , dix que le dijo
que dièse yo érden de enviar algun médico casteliano limpio û
la reyua mi bermana, porque el que la servia no lo era, ni por
la Dotieia que él ténia de los confesos de aqqel reyno convenia,
y que no eseribiese yo à ningun particulàr dél, y que se tuviese
la raano para no hacer mal tralamiento ni desdenar à Pqrtu-
gueses, y que de un bombre de buena ^ida y egemplo y docto de
aquel reyno, que ya faliescié, entendié que, aunque el rey que
boy es Ilegaria à serlo, vendria à gozarlo poco, y que entre los
confesos bay muy ruines volnntades.
T puesto que, babiendo entendido esto, quise oille el dia
sigDÎente, no fué 6 tiempo, porque se habia ya vuelto û Portugal ;
y en falta desto , mandé avisar de todo lo sobredicbo à D. Sancho
de Cérdoba, para que, como de suyo , secretamente entendiese
que bombre era este, y la opinion y erédito que se le podia dar; y
sîendo de cualidad queconvinieseoirle, le hablasey persuadiese
para que le dijese lo que me queria referir, y, en caso que no lo
pudiese acabar, y le paresciese, por lo que entendiere, que con-
venia saberse, procurase con él que volviese aqui, porque le
oiria. Lo cual se bizo , y él lo puso en egeeucion ; y llegado â
Quacos, fui avisado dello; y babiéndole oido en dos dias, después
de baberme diebo muchas cosas de la mala \oluntad qqe los
confeMM de aquel reyno me tienen , temiendo que, si se juntase
€0D este, DoiriTirian con la libertad que basta agora, y séria lo
que mas les pesaria y menos pueden sufrir , y que convenia que
detde luego se dtese érden de lo que se debria hacer, en caso
que fallesciese el rey 6 la reyna, porque en lo det rey sabia y
ténia entendido que el embajador de Francia que réside en aquel
reyno , irata por todas las vias que puede de que case con hija del
rey de Francia, y que ofresce muchas cosas, y que no falta
quîen lo oye y procura de buena gana , en especial confesos , por
estar may emparentados con alguna de la gente principal, di-
dendo ^e les importa niocbo para su conservacipn y la provision
( 318 )
à» trigo, y otras cosm que aouinulan i apte propteito, y qae, m
case que el rey muriese, $e podria coQcluir eate cassimiaoto con
el infante D. Uuarte, y que en 1q de la reyna bien saben que no
lia de yenir en eatoe casamientos, ni que lainpoco ealan bien e&
que gobierne, por aer caateliana. y que ténia nmolia neeesidad
de oiirar pqr ai, y que en eaao que Dioa dispuaiese del|a, \am
que Franceaea intentarân de hnrtar a) rey con la ecasion y liber-
tad que tienen , por el traM> y comunicacion de aqnel reyuo y lo
de las naos de trigo ooq que van llevandp geqte en ellas, lo cual
diz que podriao hacer para efectuar por esta via et dicho can-
mieoto, quando no pudiesan por otra, y que alU^ ae h# dîçho
entre algunos que acà se ha babUdo en esta materîa desueesioa»
diciando que, cuando Portuguesea PQ vipieaen en eilo, deaqai i
Portugal no bay ningun rio, y que lo ban tPfP^do mal, y otrtt
cosas.
Y porque el dicho 0. Sancho me habia escrito que podria ser
que este Franeiaco Gil fueae echado de otros , le satiafice con todi
blandura, agradeadéndole )a vpluutad y celo con que decia ae habia
roovido  hacer estecamiqo, y que yo no habia pensf^donih^blado
en las cosaa que 4?oia , porque en niqgiin;i Ri^nera me podia par*
suadir à créer que, babieqdo tanta génie nobje, cuerda y cria*
tiaoa en aquel reyno, no cpnoaoieae qtie, de jualicia y r^izpn , ea
falta del rey, perteneacia y venia directamente k auoeder ep A
el principe I). Carlos vuestro bijo^ pero que eapfsraba eo Dioi
daria muy larga vida y aucasion al rey, para que no fueae nienca-
ter venir à eatoa términoa, porque me pesaria, puea era un ini
nieto como el principe : cuanto mas que entre iiquel reyno j «rte
habia aiempre bsibido toda conformidad y buena amii^tad , y que
asi creia que en todo tiempo correaponderîap A (Blla, y queen lo
delà reina y lo de la gobernacion, puesto que aqqçllo perleoea-
eia à la princesa, todavia, comp era mi hermana, y tia y abueh
de mi hija y nieto, tampoco habia parado en ello, pues era todo
una miaroa cosa, pero que, en falta délia, à niqguno tocaba
aquello, sino a roi hija como madré y tutora del rey; y que en lo
que allft se habia dicho, que de aqui à Portugal no habia ningoii
r
^' ^r^y^i
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(219)
rio, ni 70 lo habia dicbo, ni creia qae nadie se metiese en semé-
jante plàtica, pero que acaso con ocasion podria haber yo dicbo
que, cuando las cosas viniesen en taies termines, y se apartasen
de la razon y jnsticia , que en tal caso babia poco que bacer.
Pasado todo esto, le toqué en que no podîa ser sino que, al
tiempo i|ue fallesciô et principe, y quedô la princesa prenada del
rey que agora es , hobiese el rey tratado en esta materia de su-*
eesion , para que en caso que no saliese à luz ni viviese lo que la
princesa pariese. Respondiôme que no babia oido nada dello ,
pero que sabia que ténia gran amor y voluntad à mis cosas, y
que, al tiempo que se tratô vuestro casamiento con la princesa,
que esta en gloria , le puso delaote el marqués de Villareal que no
convenia que se biciese, porque era dar Portugal à Castilla, y
qne respondiô ci rey que, si esto acaesciese, era de Dios, y que no
se podia escusar ; y persistiendo el marqués en que no se biciese
el dieho casamiento, le desbonré el rey, dioiendo : « Ânda, que
« sois on porciiroo ; b y otras cosas à este propésito : de donde
se ba de inferir que no estaba fuera de lo que la razop permite,
ni tampoco se ha de pensar que la reyna mi bermana se apartarà
dalla , pues el principe es tan su nieto coroo el rey,
|)e lo cual me ha parescido mandaros avi^r, comolo baré de lo
que siicediere de la ida del padre Francisco (i), à quien espero
cada clia , y de lo demàs que entendiere , para que, como os tengo
escriptOy mirais desde luego lo que se debe bacer y proveer para
en todos casos, sin aguardar a) punclode Ift neeesidad. Y Nues*
tro Senor os guarde como yo deseo.
De Yuste, i 8 de agos^o i557.
Carlos.
(1) Le père Francisco de Borja.
( 320 )
LIV.
L EMPEREUR A JUAN VAZQUEZ.
Déplaisir que lui cause U conduite du pape. — Nécessité et justice des mesores que
le roi a prises, peur résister aux empiétements de ce pontife. — Argent ri
troupes à envoyer au duc d'Albe. — L'Empereur refuse de laisser toucher lu
30,000 ducal A déposes dans la forteresse de Siniancas. — Affaire des offirien
de Séville. — Secours de Goni.
Yu8te,8âoût1557.
El ElIPERADOR.
Juan Vazquez de llolina, nuestro secretario y del naestro eon-
sejo , yi la carta que me escribiste à 50 del pasado, y boy à h
letra la del duque de Alba , y las copias que enviaste, y bànos
desplacido cuanto es razou de entender las cosas que el papa
intenta , y que sea tan mal aconsejado. Pero , pues no se poede
hacer otra cosa, y el rey se ha justificado en tantas maneras,
cumpliendo con Dios y el mundo , por escusar los danos que de
ello se seguiràn , forzado sera usar del l'iltimo remedio. Y en
lo que escribe dei entredicho y lo demàs, no tengo que decir,
sino que, conforme à aquello, se use en todo de la diligencia y
prevencion que conviene, para que aquello no venga en efecto,
por escusar el inconveniente que de ello se podria seguir.
En lo que el duque de Alba escribe, pucsto que, comodecis,
no podia aun saber la provision de los 550,000 ducados que se le
habian remitido por letras de cambio, todavia, pues vois lo que
importa, estando las cosas de Ytalia en los terminus que que-
daban , que es muy diferenle de lo que los otros dias se me aviso,
sera bien que se mire que, por cambio 6 de conlado , se provea
lo que falta à cumplimiento de lo que esta acordado; y en lo de
r
( S21 )
los mil soldados que pide , en lugar de los que D. Fernando de
Toledo dej6 de llevar , se haga lo iiltîmo que ser pudiere (1 ).
Caanlo à los trcinta mil ducados que estàn depositados en
Simancas, y lo que sobre ello ha parecido a los del consejo de la
hacienda, escribo à la princesa lo que de ella enlenderéis, y le
envio la cédula , para que la rasgue (3).
Avisaréis de lo que hay en lo de la copia de la carta que os
envié de los del consejo de Yndias , para que la mostràsedes à los
del de la hacienda, y en los términos que qneda la causa de los
oficiales de Sevîlla, y cuando sera acabada , de que decis conocen
los alcaldes de corte, pues Francisco Tello murié, y si el rey ha
enviado algnn despacho sobre lo que toca à los dereclios de seis
y once al millar , asi de lo corrido como de lo por yenir.
He holgado que se hobiese socorrido à Cuni , con dano de los
Franceses, y que se hobiesen levantado de sobre él, porque
estaba con cuidado de aquella plaza.
A lo demàs que decis en vuestra caria no hay que responder ,
sino que haceis bien en avisâmes de lo que eutendeis, y asi lo
haréis de lo que se ofreciere.
De Yuste, à 8 de agosto de 1557.
Carlos.
Por mandado de Su Hagestad :
Martin db Gaztelû.
(1) Voj. p. 91 S. On oe donna pas au duc dUlbe les 1,000 hommes qu^il
demandait, à cause des renforts qu*il fallait envoyer aux Pays-Bas et de la
pénurie du trésor. (Lettre de Vaxquez i rErapereur, du 90 aoûU )
(2) Voy. p. 214.
^
( 222 )
LV.
MARTIN J>£ GAZTELU A JUAN VAZQOEZ.
Lettres de l'Empereur au roi. — Indiscret ions comnitsef sur la ncfociatioD ivec
M. de Vendôme : mécontentement de l'Empereur.' — Quijada rappelé à Ynle
par Sa Majesté , qui ne peut se passer de lui , les religieux n'entendant riea aa
Règlement de ta maison.
GuaoM) 10 août 1557.
Ilustre senor, Su Magestad me ha mandado que escriba
à Vuestra Merced que , cou el pliego suyo que aqui va pan A
coude de Melito , se le despache luego correo, porque van en él
las cartas para el rey, y que, si fuere hecho â la vela, sede-
tengan hasta que lleguen oiras, que creo que escribirâ hoy, para
que con todas se despache y flete una zabra
De esa corte han escrito , aqui y à Plasencia, algunas carias
tratando del negocio que uliimamente se comunicé à Su Ma-
gestad, dft que el coude de Melito llev6 dos relaciones, y di-
ciendo algunas particularidades dél : lo cual ha Su Magestad
entendido , y hàle desplacido de ver el poco secreto que hay, y
senaladamente en un negocio de la ealidad de esta Bien creo
yo que en casa de Vuestra Merced se guarda en lo que es me-
nester, y tambîen se de mi que no tengo culpa de nada de esto.
A Luis Qiiijada escribe Su Magestad que venga luego aqui,
porque para su servicto conviene que no faite una persona de sa
calidad que tenga cuenta con esto, porque frayles no lo entieo-
den; y creo que se va ya Su Magesiad desenganando de que
DO le conviene ocupallos en nada. Guarde , etc.
DeCuacos, à iO deagosto de 1557.
Martin de Gaztelû.
( 223 )
LVI.
MARTIN DB GAZTELU A JUAN VAZQUBZ.
Lettm àt rBmperour à la reioe de Hongrie et à la princesse. — Son avis sur ce
que la reine de France doit écrire à sa fille. — Son roéconlenleoient des indis-
crétions commises sur la négociation avec M. de Vendôme. — Excellent état de
sa santé. — Dépêches pour Ruy Gomec. — Jaan de Tega. — Visite à Yuste de
0. Sanebo de Gardeui, uninl de Valence.
Oaaoof , 13 Mût 1557.
llostre sefior ,.•... Sa Magestad escribe las que van cod esta
â la reyna de Uogria y la senora princesa; y tarobiea va aqui lo
qae le parece en una reiacion aobi^e lo que la reyna cristianl&îma
(lebe escribir à la iofante( I ), para que Vuestra Merced la niuestre,
y se qtrite é aâada lo que mas conviniere.
Su Magestad me ha diclio que escriba â la senorn princesa
sobre lo que en esa eorte se ha publicado de aquel negocio que
trala el de Ezcurra, y ciertoleha pesado mucho por mas razones.
iiieB ereo que se podrà mal saber rie donde ha salido : pero fuera
(1) Le d août, Felipe de Salazar, attaché à la maison de la reine Éléonore,
était arrivé de Lisbonne à VaHadolid, apportant des lettres de Tinfante dofta
Maria , où elle déclarait rormellement sa volonté de rester en Portugal. Ces
lettres attristèrent fort les deux reines, qui demandèrent Tavis de l*Empereur.
(Lettre ée Vazqnei à r£mperear, du 8 août)
Nous avons cet avis, envoyé par Gaztelû à Vazquez. Charles^Quint y oon*
fleiiie à la reine Éléonore d'écrire à Tinfante avec beaucoup de douceur, et de
faire appel à ses sentiments de fille, pour l'engager à changer de résolution.
Vaiifues Duade à PEmpereur, le 15 août, qu*il vient d'être reçu des lettres
de Gerônimo Ruiz (t. !«', p. 150), où la volonté de l'infante est <iéGlarée plut
expiicilement encore.
1
( â24 )
muy justo que se guardara en eslo el decoro que debia, siendo
de tal calidad. Yo, como creo que esta falla no ha nacido de casa
de Vuestra Merced, estoy salisfcclio que ni lo he escripto, ni
platicado, sino con quien lo sabia y trataba; y por eso no me
da mas pena de la qtie debo tener por lo que toca al servicio de
Su Magestad , la cual queda en la misma buena disposicion que
an tes, y ann mejor, porque las càmaras siempre le hiciéron
provecho.
Con esta envio un pliego , para que con él se despache laego
correo al senor Ruy Gomez; y si se hobiere hecbo à la vela, sio
llevar el que envié antier, manda Su Magestad que con ambos
se envie alguna zabra, para que le alcance en la mar, 6 prosigi
su viage hasta donde le ballare, y se los dé, y que en caso que el
dicho Ruy Gomez llevase el dicho pliego de antier, no se des-
pache con solo este, que bastarà que le Heve el primero que de
ahi se despachara(l). El senor Juan de Vega no es H^do(%).
Guarde, etc. De Cuacos, à 13 de agoslo de 4557.
Martin db Gaztelû.
Sur un papier inséré dam la leUre.
Don Sancho de Cardona, almirante de Valencia, ha venido
aqui; y aunquc hobo réplica, todabia besô las manos à Su Ma-
gestad, y entre otras cosas le dijo que, al tieropo que el Empe-
rador pasé por esa villa, se hallé en ella, pero mal dispuesto de
almorranas, y que por eso no lo hizo entônces.
(1) Vazquez écrivit à TEmpereur, le 30 août, qu'il venait à rinstantde
recevoir une lettre où Ruy Gomez lui annonçait la réception des deux dépêches
de Sa Majesté, et qu*il n'attendait plus qu'un vent favorable, poar mettre 1
la voile.
(3) Vazquez avait annoncé à TEmpereur, le 8 août, le dépari de Juan de
Vega pour Yuste.
i
( 225 )
LVII.
D. LUIS DE AYILA Y zCnIGA A JUAN VAZQURZ.
Réflexions sur les recours envoyés d'Espagne aux Pays-Bas , et sur les résultats
qu'on peut s'en promettre. — Lettre du roi. — Intention de D. Luis de Avila
d'aller à Yuste. — Dispositions dans lesquelles il laissa l'Bnipereiir , qu*il appelle
/rire Ckarltê, à son dernier voyage. — Conaidtfation i propos du brait répandu
que l'Empereur allait sortir du monastère, et se mettre à la tête de l'armée de
Navarre. — Envoi à Yazquex d'une coupe faite aux Pays-Bas , et remarques
plaisantes à ce sujet.
PbBeocîa, 13 août 1557.
liusira seôor, una carta de Vuestra Merced recibi, la cual
me iiiYiô Gaztelû desde Yaste. Ed ella dice buenas esperanzas
de nuesiros negocios : plega à Dios que baya ya socedido» porque
cierlo los materiales para la empresa de acâ ban sido prove-
bidos harto mejor de lo qae se pensé, tiniendo respeto à la
neeesidad y estrecheza de los liempos. Yo seguro que ba sido
bien menester el consejo y la iodustria de los que ban entendido
en la provision. De Plandes tengo carias de cuan à tiempo
ll^àron los dineros de acà, y entre ellos me escribe D. Antonio
de Toledo cuan, poquitas boras àntes que llegasen, estaban con
grandisima congoja, por verse mucba gente à cuestas, y poco
remedio para remediar aquella pesadumbre. Parece que Dios
fué servido que se reroediase por algun buen efecto. Si lo que
el conde de Melito Ueva llega presto, de razon la guerra de
aquellas partes barâ gran efecto, salvo si no lo cumplen lodo
en las vanidades , 6 por mejor decir ninerias, con que otras veces
se ftoelen satisfacer aquellas provincias, que es con qucmar un
rerano y ser quemados otro. Ya yo be escripto alla lo que me
pare€:e, con aquella roodostia que se requière, escribiéndose
desde Plasencia en Eslremadura.
ToMB n. 45
r
( â^ )
Cion la caria de Vuestra Merced vîdo nna del rey noeslro
senor : â Vuestra Merced beso las nianos, por el cuidado qne
tubo de mandàrmela enviar, porque la inerced que Su Ma*
gestad con ella me hizo, fuë tan grande cuauto él las suele haeer
àlos quedesea faborecer. En ella meda cuenla de rouchas oosas,
y la que tengo en mas, es decir en ella cuanto deseaba tenerme
alla, para dàrniela de lodas. To, senor, aguardo à responder
à Su Mageslad desde Yuste, adônde, si place à Dios, seré
presto, porque desde alli habrft mas que escribille, segun andan
los negocios. T si este que agora por aqui se trata es verdad,
materia habrà para los solicitadores. Yo muy sosegado dejé i
fray Carlo : aunque no muy desconfiado de sus fuerzas, todabla
le pa rescia que no bastaban para salir de alli. Después que yo do
le vi , todo se puede baber mudado. Todo lo creo del amor qae
liene à su hijo, y de su buen ânimo y antigua costumbre, pu»
es criado en guerra , como dicen de la salamandria en el bonio
devidrio. Mas , seiîor, gente nueva, y caballosbecbos de sefiores,
y todo un ejército nuevo, como digo, no se como se hallara con
el qoien siempre le trajo de soldados vegisiroos, salvo si aqad
negocio de Francia no esta tan bien ordenado que baste el
numéro de nuestra ayuda , sin que tenga las calidades que digo.
Esto digo de mi mano, por lo que Vuestra Merced puede eoo-
siderar , y aM me atrevo à mi mala letra.
Esta carta que ba venido para la ciudad , en que dice que
Su Magestad quiere por agora dejar «^ Yuste y enlrar por Na-
varra (i), ha lèvantado los pies à todo el mundo : en ^rardad,
(1) Ce bruit répandu, que Charles-Quiiit élait disposé à quitter le mooai-
Xève (yoy. le t. r«^, pp. 167 et 168), provenait sans doute de ce quVui éa
articles du traité proposé par M. de Venddme portait que rEmpereur, si m
santé n*y mettait obstacle, prendrait le commandement de Tannée destinée
i entrer en France par les Pyrénées, el que, dans ce cas, M. de Vendéoe
serait son lieutenant. (Voy. ci-après, p. 344, à la note.)
On voit, par les lettres de Gazlelù du 8 et du 13 août, que plusieurs da
points de la négociation avaient transpiré à Valladolid, et celle de Kvj
•au
Ooniez à Vaxqueff du 51 ihm précédent, dont nous avonj donné un extrait,
p. f 79, à la note, montre qii*en effet Cbarles-Quînt avait consenti à diriger
Vexpédltwa contre la France.
( 227 )
que pienso que no ha de quedar hombre que do yaya con él. \|
Plega à Dio8, seâor, qnesi se ha de poner en efecto esta brabata , . J
como dicen en Ytalia , que haya diKgencia , porque tiempo no es '^^
en nuestra mano alargalle, especialmente que Navarra no es ■',
lilstreniadura, adénde el invierno no osa entrar ton presto como fj
en otras partes. Yo estoy esperando aqui al senor Jnan de Vega,
que me han dicho que es su camino por aqui : tréme con él à
Yuste, y desde alli escribiré â Vueslra Merced. Cuya iiuslre
peraooa, etc.
De Plasencia , trece de agosto 1 557.
«
)
Senor, agora en esta hora me acaban de traer esa copa hecha 1
en Plandes, la cual es présente del senor conde de Feria : es
para beber vino tinto, y yo no le bebo sino blanco, y, aunque le
bebiera tinlo, es tan chîquila que sirve muy poco para las sfjdes
de filstremadura. Por el peso, verâ Vuestra Merced en cuanto
mas la ha de tener que por la hechura. Esta invincion han hal^
lado los que tienen poco dioero, aunque los que estàn en Flapdes ^^
no dan poco , si dan copas, ,
lEtl COMENDADOR MâYOR DE AlGANTAIIA.
( 228 )
LVIII.
MARTIN DE GAZTBLÙ A JUAN TAZQUEZ.
ArriTM il« D. Fadrique Eoriquez de Guzmafl , avec des leUrts de Tiniante de
Portufral et de D. Juan de Mendoza. — Avis de l'Empereur sur la nanièn de
procéder avec l'infante. — Salisfaclion que lui ont CAusêe les nmiTelles de fanace
du duc d'Albe. — Affaire des 30,000 ducats déposés à Simancaa. — Bonctotdc
la santé de l'Empereur. — Juan de Vega. — Maladie du prieur de Tnste. —
Recommandation de Gaxtelû en faveur de Quijada.
CuaooS| 17 août 1557.
Ilusiresenor, el correo que Vuestra Merced mandô despachar
de ahi à los 45 de este llegô aqui à los 15, por la manana —
Después llegô el oenor D. Fadriqtie (1), con quien Su MagcsUd
recîbiô las carias de la senora infante y de D. Juan de Mendoxa,
que van aqui, por las cuales, y lo que Su Magestad escribe en
respuesta de las snyas (S) , verà lo que dice , à que me remito :
con lo cual creo que se alargarâ mas la partida de las reînas
para acà; y, si ha de ser parte para que la senora infanla venga,
todo sera bien empleado, y cualquier otro trabajo.
Con las nuevas del egército del duque de Alva se hoIgA So
(1) D. Fadriquo Enriquex de Guzman. Voy. p. 306 et suiv.
(2) £n retjmeêta de laM suyas , c'est-i-dire en réponse aux lettres de
Vazquex. Dans cette réponse, datée du 17 août, TEmpereur chargeait ¥u-
quez de montrer les lettres de Tinfante, de D. Juan Hurtado de Meodoza et
de D. Sancho de Cordova i la reine de Hongrie, afin qu*on examinât ce que
lui devait répondre i Tinfanle : il faisait observer à Yazquez qa*îl conveiutt
de procéder en cela avec la plus grande douceur, et sans trop presser Pia-
fante sur le moment de la visite quVUe promettait de faire à sa mère.
La reine de Hongrie s^en remit à Tavis de son frère. (Lettre de Vaiqoezi
TEmpeieur, du 32 août. )
r
{ 229 )
Mageslad » y no crée que la armada torquesca , aunque venga ,
como ae dice, barà macho efecto.
No tomô Sn Magestad mal lo de les treinta mil dncados,
viendo la necesidad con que se pedian, y la justiGcacion y limi-
tacion con que se htzo : pero , por las causas que escribe à la
serenisima princesa, las cuales* debe Yuestra Merced haber
visto, no le ha parecido que debia permitillo (1). Qneda en la
bnena dispusicion que tengo escrito, como el senor D. Fadrique,
à qnien me remito, dira. El senor Juan de Vega no ha llegado
aquf , ni tengo nueva que lo baya hecho à Plasencia. El prior de
Yuste esta mny malo, y acà hay muchos que lo estàn, pero
mueren pocos. Si Luis Quijada viniere abi, y se le ofreciere algo
que le toque, Vuestra Merced tenga la mano para que sus cosas
sean favorecidas, porque se que se lo merece, y es bien conten-
lalle, agora que se ha de tratar de su quedada aqui, y que trayga
à su muger : pero sea para Vuestra Merced
De Gnacos, à 17 de agosto, à média noche.
Martin de Gaztelû.
(1) V07. pp. SI 4 et 921. Yazquez voulut se disculper dVoir été pour
quelque chose dans le projet de disposer des 30,000 ducats conservés dans
b forteresse de Simancas; voici ce quMl écrivit à PEmpereur le 30 août:
• En lo de k» 30,000 ducados de Simancas, Su Alteza me dijo lo que Vuestra
* Ma^eatBÛ le habia escrito cerca de«llo; y si yo fuera creido, no se bubiera
* tratado de esto; y ansi ha bolgado de que Yuestra Magestad lo boy a asi
• proveido, pues estos 30,000 ducados, para lo que es nienester proveer al
« rey, bacian poco al caso, y es bien que Vuestra Maj^estad acabe de dispo-
B ocr de ellos, pues son para cosas del aima. »
1
(230)
LIX.
LBMPBRBint A JUAN VAZftVEZ.
•
ioi« tTW laqvflle il a appris l'iiiTestineoieDi de Sainl-Qaentia par rannée da
roi, la défaite de M. d'EDghien et le retard du rassemblement de Tannée
française. — Il charge Vazquei de recommander, de sa part , aui eonseib de h
guerre et des finances , qu'ils envoient le plus d'faommM et d*argtiit potsiMa
au duc d'Albe. — JNégociation de Portngal t observation sur una lettre de la
reine de France à sa fille ; l'Empereur est d'avis que sa sœur en écrive une antre,
et ^u'il ne soit fait usage de la première , qu'en cas d'absolue nécessité.
Yuste, %A août 1557.
El EHPBKàooit.
Juan Vazquez de Molina, mi secretario y del mi consejo,
vimos vuesirt carta de yeiote deste, y he holgado de entender
qa*el ejército de! rey se hobiese puesto sobre San Quintin, y
que los dos mil infantes que iban à cargo de Mos. de Angnien
à meterse dentro hobiesen sido desbaratados , y quel rey de
Francia no tobiése aun junta su gente para impedir la egeai-
cion de la enipresa; y espero en Dios que , ganândose esta plaza,
como \q confio en él, no podrân dejar de hao^rse otros efectos,
tetiiendo «I rey tau buen ejército y lo demis, cooio liene
Quanto à lo del dinero y gente qu el duque de AUa pide, no
hay que decir mas de que de mi parte encargueis à los del con-
sejo de la guerra y hacienda que hagan en lo uno y en lo otro
lo que fuere posible , pues vecn lo que importa para lo i jua por
aqnella parte podria liacer , y necesitar à los Franceses à que no
carguen por la de Flandes
En lo que toca à la venida de la infante dona Maria, he vislo
lo que decis y lo que las christianisima y serenisima reyoas de
Francia y Ungria mis hermanas me ban escrito, y las copias de
r
^*€^
( 23i )
las cartas que escriben à la infanta y à D. Sancho y D. Juan de
Mendoza ; y, como qiiiera que para ultimo remédie eslâ lodo bien
dicho y apuntado, todavia, visto lo que los dichos escriben con
ei correo que partie de aqui anlier para esa corte. y la blandura
eonque la infanta les respondiô, después de haber visto la carta
que la reyna christianisiiua Tescribiô de su mano con el dicbo
correo, me parece que en ninguna manera convendria que la
que trahe este correo , de mano de la reyna , para la infanta , en
respuesta de la qu'ella Tescribiô, se le dièse lu ego como llegase
el correo, por ser tan rigurosa y resoluta que podria exasperalla
de suerte que con esta ocasion persistiese en lo escrito, y res-
pondiese resolutamente que no quîere venir, sino que la reyna
ebristianisima le escribiese otra que fuese muy mas bbànda,
tomando por ocasion para ello lo que los dicbos D. Sancho y
D. Juan escriben de la buena demostracion que ha dado de
querer venir y conformarse con su voluntad; dàndoleà entender
qu*ella se aUanda con confianza que por ello no deferirà mas su
parlida, y que asi se lo ruega y encarga, y que, sin dar lugar à
mas réplicas ni dilacion , le avise del dia senalado en que piensa
podrà partir : anadiendo à ello las otras buenas palabras y ra-
zoDes que parecieren ser necesarias : de que se nos podrà enviar
copia , para que escriba yo à la infante y à la reyna y cardenal ,
conforme à aquello, lo que convenga, tratando del négocie
como de cosa acordada y concedida. Y segun lo que la dicha
infante respondiere, podrân los dicbos D. Sancho y D. Juan
replicalie à ello como conviniere.aprovecbàndose para este efecto
de algonos de los puntos de la dicha carta que la reyna chris*
tiaoisima escribe à la infante, de que se les envia copia; y si,
después de haber elles dado las taies cartas y hecho todas las
olras diligencias, conforme à lo sobredicho, se persistiese, por
parle délia, en no querer venir 6 en diferir su partida, enténces,
y DO àntps, por ultime remédie, podrà el dicho D. Juan abrir la
dîcba carta de la reyna, y leeila à la infanla, y quedarse con
ella; y ordenàrselo asi à él por escrito en otra carta à parte,
qu^él le podrà mostrar, para que lo pueda hacer, sin que se le
( 233 )
impute culpa por ello , porque no convendria que la dicha cairtt
viesen la reyna, ni el cardenal, ni otra persona, por algunas
cosas que contiene, qu'es bien escusar, pudiendo.
De todo lo cual me ha parecido ronndaros avisar, para que lo
consuUeis con las reinas rois hermanas y la princesa mi hija, y
que, pareciéndoles se baga el despacbo en esta sustancia, lo
vean, y, como qiiier que fuere, s'envie, con la mas brevedad qoe
ser pudiere , aquf , donde habemos niandado que se detenga el
corrco que iba à Portugal , basta que Ilegue la respuesta , pues
podrà venir dentro de seis dias; y aunque no fuera por otra causa,
sino por qu*esla dicba carta no se diera à la infanta, por lo que
se podria sospechar que la mostrara, lo bubiera becho, hasla
avisarles dello , para que se pudiera ordenar al dicho D. Juan lo
que en este caso debia bacer , conforme à lo sobredicho (\).
De Yuste, à 24 de agosto de 1557.
Carlos.
Por mandado de Su Hagestad :
Martin de Gaztelû.
(1) Les deux l'eines, sur de nou?eaux renseignements qu^elies reçurent de
Lisbonne, ne se conformèrent pas à l'avis de TEmpereur, et persislèicnt
dans renvoi de la lettre que la reine Éléonore avait écrite à sa fille. (Lettre de
Vazquez à PEmpereur, du 30 août.)
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• i^ï^
( 233 )
LX.
MARTIN DE GAZTELU A JUAEf VAZQUEZ.
Proposilion de FEroperetir à Quijada, pour que eelai-ci reste à son sen'iee. —
Difficultés que Quijadt y trouve , et qui font douter à Gtslelû qu'il accepte. —
Renteignements demandés par rEnipereur sur les avantages faits à D. Garcia
* de Tolède et à ceux qui ont rempli des charges analogues. — Départ de D. Juan
de Mendoxa y Ribera pour Lisbonne : instructions verbales que lui donne
TEmpereur ; autres instruclioni qu'il désire que Tatquei lut transmette; point
de la préséance entre lui et l'ambassadeur de France. — Arrivée de Juan de Vega
■ Cabexuela. — Bonne santé de l'Empereur.
Cuacos , 24 août 1557.
Jiustre senor, el Eoiperador ha propuesto al senor Luis %
Quijada(l) hoy, en acabando de corner, laa causas que tiene
para no poder dejar de servirse de él ; y hasta agora no ha tomado
resolacîonen quedar, por lasmuchasdiflBcultadesquehalla para
no podello hacer solo, y mucho mayores trayendo à su muger, y
tener tanta necesidad de ester en su compania. Y estendo el
negocio en estos términos, me ha mandado que escriba con este ||
à Yueslra Merced que avise de lo que se da à D. Garcia de To-
ledo , por razon de ser mayordomo de la senora princesa , y asi-
mîsmo al que lo fué de la serenlsinia reina de Bohemia, cuando
esteba en eslos reinos , y tambien & los del rey nuestro senor, y
al marqués de Dénia, que lo era de la reina nuestra senora , para
que, enlendidolo de todos estos, mire en lo que sera justo
hacer, y que, demàs de esto, le avise Vuestra Merced de su pa-
recer , y que liaya en ello todo secreto , sin que se entienda el fin
(1) Dans une autre lettre du même jour, Gaztelù mande i Vazquez que
Quijada est arrivé la veille , au grand contentement de TEmpereur.
i
I
11
\
t
( 234 )
porquese desea saber, y que venga la respueata con el primero,
porque importa la brevedad ; y en ei entretanlo se ira eotrele-
DÎendo la conclusion del negock), aunque tengo por dificoltoso
el acaballo cou él.
D. Juan de Mendoza de Rivera bes6 boy las manos al Empe-
rador, y se despidié dél, para prosegnir su vîaje à Portugal à
servir su cargo de embajador; y estàndolo baciendo, le dié
Su Magestad parte de algunas cosas, previniéndole del fin que
ba de tener, y bàme tambien mandado que escrîba à Voestra
Merced para que se le envie instruccion, asi de lo que Voestra
Merced y el senor marqués de llondejar le digéron de palabra
ahi en el eonsejo de Estado , como en io que loca 6 lo de la
gobernacion de Portugal y lo de la sucesion de aquel reino; y
tambien cuando se ofreciere algun caso de la calidad dd que
D. Sancho escribié al Ëmperador con D. Fadrique, en eartade
1 i de este , del capitulo del cual envio copia , y de todo io demàs
que à Yuestra Merced se le ofreciere y tuviere enlendido por lo
que el dicho D. Sancho y 1). Juan Hurtado de Mendoza ban
escrito {i ), y al ser en que estân los negocios, de la érden que eo
(1) AU lettre de Gaztelû est jointe une pièce intitulée : Puntoi de cariai
de D. Sancho de Côrdova y D. Juan Hurtado de Mendoza ^ dont voici
les passages les plus saillants :
K Dice D. Juan que, aquellos dias de la muerte del rey, decian los Porto-
gueses algunas palabras en perjuicîo de essos reynos, que, por ser palalN^s,
no iiay para que bacer cuenta de ellas , y que oon pequeAas oracioMS »
^ueltan â deciUas, y que decia Simon Gonzalez, corregidor de paJacio, es-
tando en él, y en alta voz : « £1 principe de Caslilla querria sello de Portugal,
i> y el rey de Portugal corne por mano de dos Castellanos ; » que bay
grandes envidias entre algunos que govieinan y parcialidades de amistades,
y que podria ser que de aqui viniese k descubrirse atgo algun dîa, y qur en
los principios la reyna se goveroaba por el cirdenal
» Dice D. Sancho que el rey dejô un escripto, de mano del secretario, m
que nombraba por gobernadora y tutora à la reyna , y siu firma mas de
que lo juran el dicho secretario y un tal Caravallo , y que aquello se guarda,
y que la reyna queria que juntamente lo fuese el cardenal \ que los confcsos
r
( 255 )
lodo ello ha de tener para eu todos casos, porque, en lo que toca
à lo «lel asîenlQ y precedencias de entre él y el embajador de
Francia, ya Su Magestad ha dado forma de lo que en ello se
debe hacer, para escusar disensiones y competeneias que no
convendrian en este tiempo, segun los términos en que estân
las cosas, y que, hecha la dicha instruccion, se envie al dicho
D. Jaan de RÎTera, el cual partie esta noche para Xaraiz, y de
alli partira manana y proseguiré su viaje, de manera que, cuando
llegue & Portugal, la halle alla, y que se envie copia de ella acâ,
para que Su Magestad la vea; y si conviniere prevenirle de otra
cosa de mas de aquello, lo pueda hacer.......
£1 senor Juan de Yega es llegado à Cabezuela , cuatro léguas
de aqui, y manana à la noche vendra à dormir à este lugar, lo
cual ine ha dicbo nn criado suyo que ha enviado por sus cartas
que estaban en mi poder»
Su Magestad esta bueno ; y la que escribe de su mano à la de
Hungria, le mande Vnestra Merced luegg dar. Cuya ilustre» etc.
De Cuacos , à 24 de agoslo , à la noche , 1 557.
Martin de Gaztelû.
que estân en aquel reyno, que saliéron de este, son mas franceses que la
flor de lis..
» Trata D. Sancho muy largo en que la infanta pone escusas en su venida ,
fMW lo qne dix que alla le ofrescen demàs renta y casamiento con el infante
O. Duarte, y esperanias de la sucesion, en caso que el rejr muriese, y que
el canlenal-iofanle tambien podria suoeder. Y pai'esciale à D. Saneho que
esta era buena cojruntura para Iratar en lo de la sucesion de aquel rejrno,
porque i^udaria que la infanta ni el cardenal tratasen de ello; y otras cosas
sobre esta maleria
fl» D. Juan dice, en una sujra de doce de af^osto, que es muy bien que la
proposicton ea lo de la jura y suceston se hiciese , porque le parece que séria
Bias Mstj^uro agora , y que, aunque I>. Fadrique b propaio k la reyna disiau-
J^damente, no le sali6 à ello. »
( 236 )
LXI.
L*EMPERBUR A LA PRINGBSSE DONA IDASfA.
ArrÎTée aux Açores de la flotte dea Indes , et de eeHe de D. Ahran de Bam. ^
L'Enporeur invite la princesse à prendre immédiatenent les Mesure» Met»*
saires pour qu'il ne puisse être rien distrait de l'argent apporté par la flotte de»
Indes. — Bon état de sa santé.
Yu9te,S0août 1557.
Hija , por cartas de D. Saocho de Cérdova y I). Joan Hartado
de Méndoza de veinte y seis de este, habemos entendido qoe
D. Juan de Meoeses, à cuyo cargo fué el ano paaado la armada
de aquel reyno à la Yndia, era vuello con sola la nao capitana,
sin saber de las demàs, por haber partido despaés qae ellas, j
que, de una caravela que llegô con ella la nocbe àntes, se ha
entendido que la armada del rey mi liijo, que viene de las Yndias,
era Uegada à la ysla de los Azores, y el mismo dia la del caifo
de D. Alvaro Bazan, y que las vie y dejô jnntas : qae ha sîdo
harta ventura para la seguridad de ella y muy buena nneva en
esta coyuntura ; y asi espero que no puede ya tardar. T aunque
creo que tendréis ya aviso de esto, todavia me ha parecido dàr-
osie, para rogaros, hija , que pues veis en lo que se halla ei re;
vuestro hermano, y cuanto importa à su repulacion y à h de
lodos que sea provehldo, que desde luego, sin perder pnnto de
tiempo, ni aguardar à que llegue la dicha armada à Sevilla , pm-
veais que vaya alguna persona de calidad y conGanza « para que
se prevenga y ponga todo lo que en ella viene à aiuy buen
recaudo, de manera que no sucedan las desérdenes qoe por lo
pasado; y que, si algtin maestro, mercader, pasajero ni otn
persona lo intentare, sea luego ejemplarmente castigado, y que
tambien escribais al dicho D. Alvaro, para que, si se tnijeroi
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( 237 )
algunas partidas por registrar abscondidamenle, provea que en
la armada de su cargo no se recîba ni enire persona de las que
vinieren en la de Yndias : previoiendo lodo lo demâs que convi-
niere, conforme à lo que résulta de las informaciones que se
han recibido» y à lo que mas pareciere convenir; dando aviso de
todo elle al rey,para que él le dé de lo que en ello se debe hacer,
5 seguir la ôrden que en tal caso tobiere dada (i ).
Yo me hallo en buena disposicion , gracias à Nueslro Senor. Él
os guarde como yo deseo.
De Yuste, à 50 de agosto de 15S7.
El enviar la dicha persona à Sevilla se entiende en caso que
no pareciere bastante provision, para lo aobredicho, los que allÂ
estàn para poder entender en ello.
Yuestrobuenpadre,
Carlos.
(1) Cette flotte des Indes, composée de quatre navires de la Nouvelle-
Espagne et de sept de terre ferme, était commandée par D. Martin de Aven-
dafto y Gamboa. Lorsqu*elle arriva aux Açores, D. Alvaro de Jlazan, que
le conseil des Indes avait envoyé au-devant d*elle, en prit le oommandemenL
Elle mouilla dans le port de San l^ucar le 6 septembre. Elle apportait en
argent 386,454 ducats pour le roi, et 037,053 ducats pour les marchands
et particuliers. (Lettre du conseil des Indes à TEmpereur. du 18 septembre. )
La princesse, avant la réception de ta lettre de son père, avait déjà pris les
précautions convenables pour que rien ne fût distrait de cet argent : aussitôt
qu*elle sot Farrivée de la flotte à San Lucar, elle ordonna aux officiers du roi
à SévilJe de le iaire expédier à Santander , pour y être embarqué et dirigé sur
les Pa/s*Bas.
Ce secours inattendu arriva tori à propos pour les alTaires de Philippe H.
( Lettre de Vaxqnez à TEmpereur, du 0 septembre.)
n
( 238 )
LXIL
MARTIN DE GAZTELU A JUAN VAZQUEZ.
Arrivée , réception par l'Empereur et dépari de Ju&n deVega. — Quîjada eeueal
à retter avec l'iCapereur, et à faire venir sa fenuae. — Néceiaité d'aifcnL -
Bonne santé et contentement de l'Empereur.
Cuacos, SI août 1557.
Ilustre senor, à los â4 de este, à la iioche, escribi ultimamente
à Vuestra Merced con ei correo qui vino aquf para pasar à Por-
tugal, como hnbrà visio. Lo que después hay que decir es que el
seûor Juan de Vega (1) llegô el dia siguiente à la tarde; posé en
este lugar en la casa del senor Luis Quijada, y por aquel dia no
fué Â Yuste, basta el otro después de corner, que besé las manos
à Su Majestad, la cual holgô harto de velle, porque me ballé pré-
sente. Ëstuvo câsi hora média en esta visita. Se dispidié, sin
haber àntes ni después hecbo otra ; y asf se partie de aqni à Im
28 de este, â la manana, para Cabezuela, donde se habia de ver
con el coroendador mayor de Àlcàntara.
El senor Luis Quijada, después de haber pasado muebas pU-
ticas sobre su quedada 6 ida« ba determinado, sin embargo de
todas las inoomodidades que se han ofrecido para no poder traer
ni estar aqui su muger, de conformarse con la voluntad de Sa
Magestad, y S(?rvirle, y traerla aqui, como él lo debe escribir â
Vuestra Merced; y para tratar del entretenimiento que le ba de
dar, se aguarda la respuesta de lo que escribi â Vuestra Mereed
con el dicbo correo
(1) Président du Conseil de Gastille. \oy, le 1. 1"^ , p. 178, note 1 .
i
(239 )
El Emperador me ha mandado que escriba à Vuestra Mer-
ced para que, cou el primer correo que se despachare à Sevilla,
dé ôrden à Sancho de Paz que luego, sin perder punto de tiempo,
envie à Su Magestad 5,400 ducadoa, les einco mil de elles para
su gasto de los très primeros meses de octubre, noviembre y
deciembre, y los cualrocientos restantes por otros tantes que
se han dado aqui, de los dineros que habia para este'efecto, al
embajador del rey de Tunez, que debe de ser ya llc^do ahf , y à
un Portugués que dié ciertos avisos de que se ha dado razon à
Su Magestad Real (1); y sepa Vuestra Merced que no hay en mi
poder 200 ducados, y que conviene que se haga provision de
trigo y otras cosas para todo el ano; y si las reinas han de venir,
sera necesario que haya tanta mas brevedad en este.
Su Magestad esta bueno, y muy contcnto con la quedarla del
seûor Luis Quijada. Plegue à Dios que él y su muger lo esten
con el tiempo
De Cuacos, â 51 de agosto de 1557.
Martin de Gaztelù.
(1) Voj. p. 216.
(240 )
LXIII.
L EMPEREUR A PHILIPPE II.
11 a proposé et fait proposer par Gaatelû à Quijada de rester auprès de lui, et de
faire venir sa femme : après quelques diffieultés, Qnijada a conseoli , nais saa(
vouloir s'expliquer sur le traitement qu'il désire, et s'en remettant làilesmsi
l'Empereur. — L'Empereur a faitpreodre des renseignements sur les avaBls|e$
dont ont joui d'autres personnes qui ont rempli des charges semblables, et les
envoie à son fils : il a écrit à Ruy Gomes, pour avoir son avis sur le traitemeat rt
la gratification qu'il accordera à Quijada ; si Ruy Gomos a déjà quitté l'E^agie,
il désire que le roi luhméme lui mande son sentiment à r%ard de l'un et de l'aiilre
point. — Joie que lui ont donnée la lettre du roi et les nouvelles de la déroute
des Français : félicitations qu'il en adresse à son fils ; paroles de consobtioa sir
ce qu'il ne s'est pas trouvé à la bataille. — Règlement det gages du deelrar
Mathys et de Gaztelù : réclamation du premier. — Postscriplum autographe
pour consoler de nouveau le roi sur ce qu'il n'a pas assisté à la bataille de Saint-
Quentin. — Lettre de l'évéqued'Arras, à laquelle l'Empereur répondra , après
l'arrivée de la reine de Hongrie, qu'il attend.
Yuste, 17 septembre 1557.
Hijo, âlos 8 del pasado, os eacribi ultimamente, respondieado
 viiestras cartas, y tengo aviso que Ruy Gomez recibiô las mias
en Laredo. Y después lle^ô aqui Luis Quixada ; y, habiéndole ba-
blado sobre su qiiedada y que trugeseâsu muger, mandé à Gaz-
telù que lo hicicse mas cumplidamente de mi parte; y, pnesto que
se le ofreciéron algunas dificnltades, todavia vino en eilo : de que
liolgué conio cosa que taiito deseaba. Y queriendo después que
se plalicase con él sobre el tratamiento que le tengo de hacer,
se escusù dello , rcmitiéndolo à mi. Y para que pudiese alinar
mas en ello , se escribiô h Joan Yazquez que avisase de lo ({ue se
habia hecho con olras personas que han servido en semejantes
lugares; el cual ha cnviado la relation de que va con esta
r
( 241 )
copia (4), por donde veréis lo que della résulta. Y cotnoqniera
que no se la ôrdeo y comision que sobr'esto distes à Ruy Gomez,
ni él me ba avisado della, mas de haberme enviado copia de la
carta que le escrebistes à 10 de juuio, en que hay un capitulo
que babia en ello, le scribo con este, para, en caso que no se
hobiese hecho à la \ela , que me avise dello cumplidamente, con
su parecer,y de la ayuda de costa que séria juste se le dièse, atento
à que no se la he dado, después que llegué à estos reinos, y el
gasto que ba hecbo y el que se le ofrece en traer à su muger y
casa , y reedificar en la que en Cuacos ha de posar, con érden
que, si el dicho Roy Gomez fuese partido, pase el correo adelante
hasta alcanzarle, ô adônde vos estovierdes, para que, visto lo
sobredicho, mireis lo que en lo uno y en lo otro debo bacer, y
me aviseis luego dello.
Con este correo, que trujo la nneva de la rota de les Franceses
y prision del condestable y los demàs , recibf vuestra carta de
once del pasado, con que bolgué cuanto es razon, à la cuai
rcsponderë con otro. Solamente dire aqui que ba sido y es tan
grande el contentamiento que be tenido y me queda , que no me
puedo contentar de dar gracias à Dios de ver quan buen prin-
cipio ha dado à vuestra primera jornada, que es lo que siempre
(1 ) Il résulte de cette relation que le comte de Cifueotès avait eu environ
3,400 ducats comme grand majordome de l'impératrice; que le même traite-
neot avait été assigné au comte de Miranda et au marquis de Tavera, suc-
cessivement grands maîtres des infantes; que le marquis de Dénia et sa
lêmme avaient eu 3,000 ducats, en qualité de gouverneurs de la maison de la
princesse Marie de Portugal, première femme de Philippe II, et le grand
commandeur de Gastille, don Juan de Zùbiga, 3,000 ducats comme ayo (gou-
Temeur) du prince Philippe, outre 9,800 comme son grand majordome; que
Jes g^gea de D. Garcia de Tolède ne paraissaient pas avoir été fixés pour sa
place de grand majordome de la princesse dofta Juana, mais quMI recevait
^Ù(H} ducats en qualité d'ayo du prince D* Carlos, outre 4,040 ducats pobr
mon plat, selon Tusage de la maison de Bourgogne.
Vaxquez était d'avis que, vu les services et les mérites de Quijada, r£mpe-
rear devait se montrer libéral envers lui.
TOMB II. i6
( 243 )
la he pedîdo y esperaba ; y asi eonfio en él que lo llevarà adeliate,
y que redudrà vaestraa eosai al aer y termines qae conviene pin
la quietud de la cristiandad y bien delloa ; y, aooque tengo peaa
por la que vos babréia reeebîdo de no haberos hallado en esta
vitoria, todavia me conauelo, y asi lo debeia vos hacer, pues aatà
claro que, si estoviérades en el campo, no aaliera el oondestable
tan conBado en que se os habia de enviar esoolta; y si asi fuera,
no resultara lo sobredicho. Y pues fué neeesario que, para que
suoediese, no fuésedes llegado al eampo, mejores que baya sido
asi.
En lo que toca al doctor. Enrique Matisio, que esta aquf sir-
viéndome, visto lo que deeis, y lo que Eraso escribié à Gaitelù
que 08 parecia , babemos acordado que las 30 plaças que tiene
de gajas cada dia en los libres de vnestra casa, se le cuentan ahi
hasta ûltimo de junîo deste ano, no obstante que (segun diee) se
le ban testado, y desde prlmero de jiilio sigoiente en adelanle
acô , para ser pagado délias como y cuando los otros criados que
aqui me sirven ; y en lo del asiento de médico, con la cédula de la
ayuda de oostaestraordinaria, que enviastes, pueste que mandé
decirle la merced que en esto le haeiades, no se satisfizo oon
elU » pretendiendo que se la inandâsemos acrecentar, atento & io
que déjà de ganar estando aqui , y trayendo por consecuencia lo
que mandâbamos dar à los doctores Cornelio y Yesalio ; y asi se
le ban anadido otros 40,000 maravedis en cada un ano , por via
de ayuda de costa, los cnnies se le pagarân junto con sus gajas, y
esto solamente por el tiempo que nie sirviere aqui, y no raas : por
manera que vendra h montar lo de sus gajas, con lo del asiento
de médico y la cédula que con él vino, y los dichos 40,000 ma-
ravedis de ayuda de costa, 229,500 maravedis, que hacen 612
ducados : con que lo deste queda asentado ; y lambien lo de
Gaztelii, à quien he mandado senalar à razon de 400 dacados de
salarie al aûo , para con que se enlretenga. Y Nuestro Sefior os
guarde como yo deseo.
De Yuste, â 17 de setiembre de 1557.
'rr^^T-v^:
( 2^ )
De la main de V Empereur,
Hijo, â tan biiena nueTa Tuera justo responder de mi roano:
naa, pues arriba digo lo que yo sabrya escrebir, y principal-
meotepara consolaros de no averos hallado ^n esta jornada, no
aerà meiieiterque diga maa, puea ea mejor que baya aidosio que
06 hallaaaedes en ella , que hubiera de dexar de aer, quanto mas
que, por la ora de bagora , segun por acâ se dice, os habrà que-
dado la mano sabrosa de la toma de San Quinlin, y de otras cosas
que 08 babràn acontecîdo. Plega à Dios que todo sea como os lo
Yoestro bueq padre,
Carlos.
Yo vi lo quel obîspo d*Aras me escribiô por vuestro man-
dado ; y por ser muchos los puntos, y esperar aqui presto la reina
da HungHa , que dicen que esta la de Franoia y ella k punto
para partir de Valladolid, sy la infanla dona Maria no lo estorba,
porque besto vea un poco , y asi no respondo à esta carta del
obispo , por haber sobre algunos puntos el parecer de la dicba
reyna.
}
«*
( 244 )
LXIV.
l'empereur a PHILIPPE II.
Vu le silence du due de Vendôme sur la dernière proposition qui lai a été fiile ,
et la tournure favorable qu'ont prise les affaires du roi , il pense qu'il ftudrttt
se délier des engagements contraetés envers lui , et l'en avertir.
Yutte, 32 septembre 1557.
Hijo , ya habréis sabido como el de Eicurra y el secrelario
Burdeo TÎniéron â tiempo que Ruy Gomez se haliaba présente,
y lo que, por parte del duque de Vandoma, se me propuso, y los
capitules que en su nombre diéron , y la respuesta que à elles se
dié (t). Y visto que hasta .agora no me han avisado que la ha
(1) Voici les points principaux dont TEmpereur était convenu, a Yuste,
avec Ezcurra et le seci*étaire Burdeo, à Tintervention de Ruy Gomez (vo/. le
t. I", pp. 161 et 162):
1» Dans les trois mois à partir du jour où Tarmée espagnole passerait \»
Pyrénées , TEmpereur et le roi remettraient à M. de Vendôme PEtat de Milan
et tout ce qui en dépendait.
9" M. de Vendôme et ses successeurs ou ayants cause posséderaient en
toute supériorité les terres de la maison d'AIbret, le comté d^ArmagnaC) la
vicomte de Marsan, Tursan, Gabardan, Busan (sic), Bigorre, le comté de
Foix, le Périgord, le Limousin; iU auraient le droit d*y pourvoir à tous les
archevêchés, évéohés et autres dignités et bénéfices.
3" Ils posséderaient de même le comté de Comminges et le Condomois,
qu'avait usurpés le roi de France.
4" M. de Vendôme i>ourrait échanger ou vendre, sans payer aucun droit,
les terres qu'il avait aux Pays-Bas.
5" L'Empereur promettait, pour le cas que sa santé le permît, dese metue
à la tête de Texpédition qui devait entrer en France par les Pyrénées. Alors
M. de Vendôme se contenterait d'être son lieutenant. Si l'Empereur n'y était
pas, le commandement en chef appartiendrait à ce dernier.
0" L'Empereur et le roi prêteraient aide et secours à M. de Vendôme pour
( 24S )
enviado de ningana cosa, para que el negocio 8e pusiese en
«gecucion, ni se lo que por esa parte ha hecho en lo de la Fera,
Han y la$ otras plaças, y que vuestras cosas estàn, por la bondad
de Dios, en tan buenos términos, no querria que estuviésemos
vos y yo prendados, por razon de lo que en este se ha tratado,
asi en lo de Milan como en lo demâs, sino que, pues no ha
enviado la respuesta de la ûltima resolucion al tiempo que era
la conservation de TËtat de Milan; ils continueraient la guerre pendant Tan-
née actuelle du c^té du Piémont, et, les trois années suivantes, ils lui four-
niraient un secours de 10,000 hommes d^infanterie.
7« Les mariages, confédérations et Kgues se feraient conformément à ce
qui avait été négocié, c'est-à-dire que le fils aîné de M. de Vendôme se ma-
rierait avec la fille qui naîtrait du mariage du roi Philippe avec la reine
d'Angleterre, ou, à défaut, avec une fille du roi des Romains ou du roi de
Bohême, ou bien avec la fille de la duchesse de Lorraine.
8* Il j aurait ligue et confédération i)erpétue!le entre TEmpereur, le roi
et leurs successeurs en Espagne, T Angleterre, les royaumes de Naples et de
Sicile, d*une part, et M. de Vendôme et ses successeurs, d*autre part. Les
premiers ne pourraient faire paix ni trêve avec le roi de France, ni d^autres
princes chrétiens, sans y comprendre les seconds. Une ligue perpétuelle de-
vrait être aussi négociée avec le pape, le roi des Romains, le roi de Bohême,
les Vénitiens et les antres potentats dltalie.
9" Tous les points ci-dessus seraient ratifiés par la reine d'Angleterre.
10* M. de Vendôme s'engagerait à donner passage , par ses terres et ses
forteresses, à Parmée royale d'Espagne. Il y joindrait 5,000 hommes d'in-
fanterie, 1,500 chevaux, 1,300 pionniers {gattadores)y 3,000 paires de bœufs
attelés, 10 canons, 5 couleuvrines longues, 5 bâtardes, 100,000 livres de
poudre, et les balles i proportion.
11« Il renoncerait, ainsi que sa femme, à tous droits et actions sur les
royaumes d'Aragon et de Navarre et le comté de Biscaye , ne se réservant
que la basse Navarre, appelée terre des Basques, qu'ils possédaient présen-
lement.
Tous ces points furent ensuite examinés à Valladolid , en un conseil d'État,
auquel assistaient Ruy Gomez , le marquis de Mondejar, D. Garcia de Tolède,
Gutierre Lopez de Padilla et le secrétaire Tazquez. Ils ne donnèrent lieu qu'à
des observations peu importantes, et en conséquence ils furent délivrés au
secrétaire de M. de Vendôme. (Lettre de la princesse doAa Juana au roi , du
25 juillet 1557.)
( 2« )
obligado, conforme à lo acordado, quedemos lodoa libta, j que.
pareaciendo ^^îe para mayor jusliHcacion conviene, se lo bagais
dar VAi à entender. Y Nuestro SeAor os guarde como yù deseo.
De Yuste, à 22 de setiembre 1557.
Carlos.
LXV.
l'empereur a juam vazqusz.
NêfocitiîoB av«e M. de V«nddiii« : il deumade copi« de* kltre& ^«e le duc d*Al-
burquerque «t Eicurra ont écrites en dernier lieu , ainsi que Umi» lee «ulrM
renseignements que Vasques possède sur cette affiiire.
Ynste, 27 septembre 1597.
El Empeeador.
Juan Vasques de Molina, nuestro secretario y del nuestro
consejo, vinios vuestra carta de 22 de este (1)
He visto lo que decis en el negocio de Yandoma , y quisiera
que nos huhiërades enviado copia de las cartns que et duque At
Âlburquerque y el de Ezcurra ban escrilo y avisado, partîcular-
mente de la parte donde Vaudoma se ballaba, y que quejasson
las que tiene, y de la data que sou sus c^rtas, y si las que dice
que descifrâron en Francia son las que llevé su secretarioi y que
(1) Elle est au 1. 1^', p. 173; maiS) par inadvertance) on lui a donné, à la
suite du titre, la date du 18 septembre.
La lettre sans date, insérée au même tome, p. 174, doit être datée aosei
du 32 septembre.
( 247 )
68 h eaosa por que no ha avisado àntes de ello , como lo ofrecié
en su nombre, y de todo lo deuiâs que cerca de esto se tiene
entendido» para que con niayor fundamento pudiera avisar de lo
que me ocurria, como me lo escribe la princesa; y pues no se
ha hecho, hacerlohéis iuego, conforme à lo sobredicho (1)» y
de lo cierto que entendiéredes de la toma de San Quiutin y
GhaCelet, con lo demàs que se ofreciere
De Yusle» à 27 de setiembre de 1557.
Carlos.
Por mandado de Su Magestad :
Martin de Gaztblù.
LXVi.
D. SANGHO DE CÔRDOVA A JUAN VAZQUBZ.
Dernières déterminatioDs de l'infante de Portugal, qui se remet à la volonté de
rHaiperear. — D. Snncho arrive près de Tuste le 99; il a, te 30, audience de
FEmpereur y qui veut bien conseiller, maïs non ordonner. — Le i» octobre, il
eai reçu par les deux reines. — GonTersation de cinq heures avec la reine Marie.
— On veut le renvoyer à Lisbonne, avec de nouveaux moyens de négociations;
mais il s'y refuse, et déclare qu'il n'y retournera que pour emmener Tinfante,
«u rompre tout à Cait.
Aldea Nueva, 8 octobre 1557.
ilostre senor, harto me ha pesado de hallar à las reynas fuera
de ahi , por no poder besar las inanos de Vuestra Merced , que es
lo que mas deseaba hacer ; mas pasé, por lo poco que han holgado
conmîgo, porque su hija se résume en decir que ella escribié
bien en pedilles parecer de lo que debia hacer después de la
(1) Voyez, dans le U I", p. 180 , la lellre de Vazquez du 98 septembre.
1
( 248 )
tniierte del rey , y Sus Magestades hicîéron mal en escribille tan
asperamente por ello (1), pues en su carta no dice que no quiere
venir; y que visto esto , y lo poco que ellas tienen para ayudalla
à susientar su casa y pagalle sus deudas, que le parece que sera
mejor, si ha de tener necesidad, por alla en Portugal, dondees
su natnraleza y la conocen , que en Castilla , y que su Toluntad
séria no salir de aquel reyno; mas que, si Su Magestad Impérial
se lo manda , que vernâ luego, mas que le suplica, pues se pooe
en sus manos, que mire lo que le manda, porque, si mal lesuce-
diere su camino , no se quejara de nadie, sino dél.
Con esto llegué aqui à los veinte v nueve del pasado , y à los
treinta me oyé; y no esta en mandar, sino aconsejar : no se si
saidrà ella con solo esto.
A las reynas vi primero de este , y estube siete horas en dos
veces, las cinco con Maria. Pesôle de la determinacion. Qnerian-
me tornar à enviar con medios, y yo no lo acepté, sino que he
de ir con resolucion de traella 6 dejalla, y si esta no me dan,
que se despache correo con los medios, y que de su respnesta
resultarâ mi despacho como lo pido, porque, de otra manera, ni
conviene al servicio de Su Magestad que yo vaya , ni à mi honm;
y el secretario Gaztelû ha consul tado con Su Magestad, y pan
que dé licencia que vayan las reynas à velle, y que juntos den
orden en esto. No se en lo que pararà ; mas se que todos desea-
mos que pare, porque andamos cansados y gastados, y no nos
podemos tener. De lo que se determinare y de lodo lo demis
sera Vuestra Merced avisado; y porque agora no me dan lugar à
mas, no alargo
De Aldea Nueva de la Yera , très de octobre.
Don Sancuo de Côrdova.
(1) Voy. ci-dessus, p. Vi^. Lorsque Tinfante prit lecture de la lettre de sa
mère, elle en fut si troublée, qu'elle ne put aller plus loin que la troisième
page. (Lettre de Vazquezà r£Dipei*eur, du 17 septembre.)
r^
•t---fk>«-]it>'j4*"î
(249 )
LXVIÏ.
D. 9ANCH0 DE GÔRDOVA A LA PRINCESSE DONA JUANA.
Motif de sa venue près de l'Empereur et des reines. — II attend leur détermina-
tion. — Nouvelles de Portugal : satisfaction qu'on a de la reine; mécontentement
de Tambassadeur de France; insulte qui lui est faite » à la nouvelle>de la déroute
du connétable de Montmorency; bonne éducation du roi.
Cuacos, 4 octobre 1557.
Muy alla y may poderosa senora, la reina y la senora infante
y el cardenal me oiandàron venir à informar à Su Magestad, y
k sa mndre, de la poca razon que tuvo de escrebille tan àspera
caria como una que le escribiô pocos dias ha, la cual fué parte
para acabalie de quitar la poca gana que ténia de venir à estos
reinos, después que el rey muriô; y aunque agora se toma à
retjficar, en que escribiô bien , y que pedir parecer à su madré no
era desobedecella , se remite à hacer lo que ella y Su Magestad le
mandaren. No se si se determinaràn à raandarla venir : determi-
nàrseha dentro de très dias. De lo que sucediere sera Vnestra
Alteza avisada àntes que yo me parta. La reina quedaba buena,
y cada dia huelgan mas con su buena manera de gobernar, y
tiene mas antoridad y reputacion en el reino, y asi esta todo
pacifico , aunque no querrian ver Castellanos en el consejo. El
embajador de Francia decian que se queria ir, y que decia que
lodos los hallaba en aquella corte castellanos; à él le colgàron
una soga à la puerta, cuando llegô la rota del condestable. No se
si son estas nuevas como las mas que se dicen en aquel reino , que
todas son falsas, aunque me las digéron caballeros honrados
El rey esta muy bueno, Dios le guarde, y gentil hombre;
babia mas claro. Crianle muy bien aquellos caballeros que le ban
'4
(2S0 )
puesto para ello ; cuando me despedi dél , dijo qne besaba lâs
manos de Vuestra Alteza
De Caacos , 4 de octubre.
Don Sancho de Côrdova.
LKVIII.
JUAN YAZQUEZ A L EMPEREUR.
MégocÏRtion avec M. de Vendôme. — Mort do l'évcquo de Cordoue en voyage; soi
testament; legs qu'il fait à un enfant de deux ans, supposé son fils nalurd.—
Ordre donné au corrégidor de Cordoue de s'assurer de la succession. — Étal
sanitaire peu satisfaisant de Valladolid et des autres villes de la VieîUe-Gastine.—
Mort de dona GaUUna de Aragon , du lieencié Oalana et de Pfero Henandei dd
Portillo.
Valladolid, 5 octobre 1557.
S. G. G. M., recibi la carta de Vuestra Magestad deiTdel
pasado : y lo que , después que ullimamente escribi 4 Vuestra
Magestad, tengo que decir, es que el duque de Âlburquerqueba
escrito à Su Alteza lo que Vuestra Magestad verà por la cop'u
de su carta que ira con esta, asi de lo que ha sabido de lo qoe
ha hecho el rey con su egército , como de lo que pasa en el oego-
cio de Mos. de Vandoma, y envié la respuesta que dié à lo qoe d
doctor Suarez dijo à sus secretarios , de que tambien ira con esta
copia. Lo cual se vie en consejo de Estado, y paresciô que se
respondiese al duque que avisase que comision llevé el alcalde
para tratar de aquellas materias, porque no se habia entendido
que iba sino à satisfacer à sola la queja de las cartas que se habiaa
tomado en Francia, y que, sobre esto que de nuevo trata Van-
doma, sin consulta de Vuestra Magestad y del rey nuestro senoTt
(251 )
DO te podrifl tratar de ello, pero que, como le esta eecrito, no dege
de entretener la plâtica, por los respectos que escrîbi à Vuestra
Mageetad, y que sobre todo envie su parecer (\)
£1 obispo de Cordova (2), yendo de camino, adoleseiôy murié en
la Serena, à los S9 del pasado. Han traido aqui su testaniento, y
baee mandas à criados y otras personas en cuantidad , y déjà por
heredero de la villa de Fuente Obejuna, sobre que habia dado
los cien mil dueados que llevô Ruy Gomez al rey , à Maximiliano,
Dino de dos anos, que debe ser su hijo, que la madré es catalana,
por via de mayorazfOt y que si muriere sin hijos l^itimos» que
esta villa voelva al rey, y que, durante la vida de la madré, se le
dé la cuarta parte de lo que renta hi dicha villa, para su susten-
tacion , y demâs de esto les déjà cada cuatro mil dueados en
dinero por una vez, y que, si en esto de la villa se le pusiese im-
pedimento, déjà por heredero de ella à un criado suyo, para él
y sus subcesores : lo cual debiô hacer por asegurar lo del hijo.
Demés de esto , déjà à este criado suyo el remanîente de sus
bienes, sin declarar mas : de manera que, habiéndose de cum-
plir este testamento, nos podrémos poco aprovechar de esta
hacienda para el rey, la cual se pensaba que fuera mayor suma
do lo que paresce por las mandas , si en el remaniente no hay
algnna cautela. Hase proveido, ântes que llegase este testamento,
que el corregidor de Gérdova secrestase el dinero , hacienda y
pan y dendas que quedàron del dicho obispo; y se trataba de
enviar un oydor de la contaduria, para poner recaudo en la
dicha hacienda. Manana se verà en consejo de hacienda el dicho
testaniento, y de lo que se determinare avisaré à Vuestra Ma-
gestad (3)«
(1) Voyez, dans le 1 1", p. 189, ia lettre de Quijada du 13 octobre.
(3) Léopold d'Autriche, fils naturel de l'empereur Maximilien ^^
(5) Le conseil des finances trouva que le testament n*était pas valide, parce
qae Tévêque n*avait pas eu licence du pape pour tester; que Teofant en faveur
de qui il était principalement fait était incapable d'hériter, de même que le
( 252 )
Sus Altezas estan ya boenos, qae 8U8 indispnsiciones fné de
este romadizo que auda , que no hay hombre que no baya adole-
cido de ello en esta villa. Hoy se despacha à saber como esta de
salud Burgos, Santo Domingo de la Calzada, Yitoria, y tambiea
se envia à saber como esta Toro, porque Segôvia , Aviia, Medioa
y ioda esta comarca estan peores que Valladolid , porque, si eslo
va adelante, no séria razon que SS. AA. esten aqui.
Hoy se ban muerto dona Catalina de Aragon, dama de U
senora princesa, que la condesa de Rib^'orza (i), su madré, h
trajo roala del Abrojo , y tambien se ban muerto el licenciado
Galarza del consejo, y Pero Hemandez del Portillo
De Valladolid, à 5 de oclubre 4557.
Juan Vazquez.
prêtre, serviteur du défunt; qu'en conséqueuce, toute la succession refeoait
au roi.
L'Empereur écrivit à la princesse et à Vuquex qu'on prît soin au moins
de Tenfant, jusqu'à ce que le roi eût fait connaître ses intentions à cet égard.
(1) Sic dans le MS. Peut-être faut-il lire : Riharoxa,
r
( 253 )
LE P. FRANCISCO DE BORJA A L EMPEREUR (1).
Maladie mortelle dont il est attaqué à Evora. ^ La reine le fait cbercber en cette
ville , et transporter à Lisbonne. — Audience qu'il a de la reine, qui lui découvre
toute sa pensée, niais ne veut pas qu'il la confie à une lettre. — Annonce de son
prochain départ. — L'Empereur .a toute raison d'être satisfait, car tout Ta bien.
—Dispositions favorables du cardinal-infant.
LisboDne,6 octobre 1557.
Senor, llegando à Evora, fué Nuestro Senor servido llevarnie
à las puertaa de la muerte, de una muj grave enfermedad ; y si
no iuera por CattUina IHez, que envi6 por mi y me sacé de aquei
LXIX.
(1) Cetta lettre et la suivajile du P. Borja sont écrites avec des noms
supposéf.
Mieer Jgustino y est mis
Caiaiina Dies,
Pedro Sanehex,
Juan Dièx,
Carritto Sanehex,
Milan,
PerpHUm,
Santiago de Madrid,
Franciêeo jélvarez ,
Juana Diex,
Sébastian Diex ,
Mfaria Sanehex,
Juan Diex,
Juan Jlvarex ,
pour l'Empereur;
pour la reine de Portugal;
pour le P. Borja lui-même;
pour le roi de Portugal;
pour le cardinalr4nfant;
pour Cattille;
pour Portugal;
pour le roi d'Espagne;
pour l'ambassadeur de France;
pour la princesse de Portugal;
pour le roi Sébeutien de Portugal;
pour l'infante de Portugal, dona Maria;
pour le feu roi Jean de Portugal;
pour l'ambassadeur d'Espagne à Lisbonne.
Les deux lettres portent pour suscription : ^ mtcer Jgustino, en Milan,
Le prieur Martin de Angulo, reproduit par Sapdoval, parle en ces termes
( 234 )
lugar, ereo que no padiera camplir, coroo deseaba, lo que me
mandô micer Agustino : mas, con el fabor divino, liegaé à este
lugar, y desde à pocos dias hablé con CcUalina Dkz, conforme à
la instruccion que iraia. Quedé inuy contento de ver )o que tieoe
en ella micer Agusiino. Descubriése nmcho cop Pedro jonchez ,
de manera que le dijo que la respuesta que le daba, que no la
fiase à carte, sino que él en persona la die^* Y con e^lo ma esii
brève, pues tambien lo sera la partida, que por les humoresde
acâ, y para quitar el rasero, le parece lo mismo à CcUalina Diez,
En el intérim puede estar micer Agustino muy salisfecho, qae
todo va bien , y de las ligas no hay que lemer. La premàtica se
harà en brève, y otras diligencias ténia bêchas Juan Diitz que
fuéron harto à propôsito ; y CarriUo Sanchez esta bien en los
negocios, de manera que por abora ni hay que menear en ellos,
ni hay cosa sustencial que no dé causa de satisfaccion* Lo deoiàs
quedfirà para la vuelU , que con licencia de micer AguUino sera
en brève, en teniendo algunas fuerzas mas p9ra el camino; ;
porque agora son muy flacas, que Dios sabe como se escriben
estosringlones, acabo.
De Lisboa, à 6 de octubre.
Su siervo,
Francisco.
des deux derniers voya^^os à Yuste du père Francisco de Borja : « Otras dot
n vezes estuvo en Yuste el padre Francisco Borjia : ia una , namândole el
«^ Emperador, para cmbiarle â Portugal â dar el pésame de la moerte del
»» rey D. Juan, y tratar eierto negoeio de importanda con la reyna dofla
n Catalioa su hermana , j la otra , quando bolviô coo la retpueaia desu
I» embaxada. » {Hiitoria de Carlo» F, t. II, p. 617.)
( 355 )
LXX.
LE P. FBANGISCO DE BORJA A l'EMPERBUR,
NouTelle conversation Irès-Mtisfaiiante avec la reine. — Observation qu'elle lui
fait sur les rapports du gouvernement d'Espagne avec le Portugal. — Ce qu'elle
lui dit au sujet du voyage de l'infante. — MauTaise snnté du P. Borja. — Dans
«n ]Mwl>ser»plttin, le P. Borja revient sur ce qui eonceme l'infaste.
Lisbonne, 19 octobre 1557.
Senor, después de haber escrito la qae va con esta, envié à
Daniar Catalina Diez à Pedro Snnchez, para darle la respuesla,
porque despachaba para Milan, y dijole que para eila habia sido
gran merced haber querido tener cuenla micer Agustino con las
cosas de Perpinan, conio era justo, pues es tan su pariente el
que ha de ser governador de PerpifLan cumo lo es de Catalina
Diez; y asi le pedia tubiese slenipre la mesina cuenta, y le avi-
sase de io que le parecia que se debia de hacer ; y pues eslaba
tan cerca de Dios, se lo encomendase , porque lo que en ello
niandase se obedecoria por ella, como lo podria hacer Santiago
de Madrid, porque en la misma cuenta se tiene. Decir los tér-
minos y las palabras con que lo dijo, quedarà para la vista : basta
que Pedro Sancfiez se mobiô tanto que je quiso besar las manos,
por lo que decia. En lo demàs responde que no hay de que tener
cuidado, porque ni hay tratos ni cosa de que temer; y lo de
Perpinan, y los cénsules que le gôbiernan , estàn qnietos, como
mas largamente se dira después; y asi no se hallan tan bien con
este Franciêco Alvarez como con el otro , que era muy paciGco.
Res|M)ndi6 tambien que la venida de la sobrina de Juana Diez
para criarse en su casa, le parecia bien, con que fuese de la
mesma edad 6 poquito mas de Sevastian Diez. Al fin conôcese
tanto el valor y voluntad de Catalina Diez, que, roientras el Senor
■i
(S56 )
le diere vida, que sea muchos anos, pues tan bien la emplea eo
su servicio, porque cierto esta muy querida de Dios y de los
hombres, tiene poeo de que tener cuidado micer Agiistino, si no
fuere de advenir 6 avisar de a)guna eosa que en Perpinan do la
tengan entendida. Y pues ellos lo hacen tan bien, justa es la
gratitud , porque sienten mucho algunos descuidos y s^uedades
que con ellos liacen los de Milan , y lioran el tiempo que era
governador el pasado , porque dicen que daba muy buenas res-
puestas y lenia gran respecto ; a este Pedro Sanchez bablara mas
largamenle, y en el eutretanto alguna fratema sera al propôsito.
Avisado del respecto que se debe , aunque no sea sino por sola
Catalina Diez , à quien todo se debe , por mucho que se baga ,
cuanto mas que ella no prétende sino lo jasto, y no quiere gulle-
rias, solo dire agora que de muy buen original he sabido como,
para la ida de Maria Sanchez à Milan, no conviene usar (anto de
rigor como de medios que la aseguren y den contentamiento en
él, condccendiendo en lo que se puede en algunas cosas de las
quepide, y lootro es no césar en el negocio, porque la porfia
roatarâ el venado. Tambien me dijo Catalina Diez en esta ma-
teria que se le acordaba lo que Juan Diez ténia provebido sobre
ello, y que tambien vea micer Àgustino que es lo que ella puede
y debe bacer en ello, y se lo avise. Digolo, porque estaban ya
senalados los que con ella liabian de ir.
Esto es lo que agoi*a se ofrece. Solo me queda suplîcar se
perdone la ruin letra , porque esta noche tube calentura , y ando
tan cayendo y lebanlando que, pues aqui no hay que bacer, con
licencia de viiccr AgusUno, me volveré à los aires de la tierra,
pues tanto los persuaden los médicos. Y pues dira lo demàs Pedro
Sanchez , yo puedo quedar libre por agora.
Echa en Lisbona, â 12 de octubre.
Su siervo,
Francisco.
Vuelvo à decir que este negocio esta muy seguro y muy bueno
i
(257)
de todas las maneras, y que Catalina Diez esta muy aparejada à
cnniplir )o que le es mandado por Juan Diez en esta materia, que
es conforme à lo que en ello puede desear mcer Àgustino.
Cuanto à la ida de Maria Sanchez, por declararnie mas, digo
que Catalina Diez f or su parle no se détermina à tomar en si la
ida 6 quedada : mas dice Pedro Sanchez que, si determinadamente
siempre le parece à mtcer Agustino que vaya, que, para efectuar
su ida, conviene que micer Agustino le muestre y certifique le
Gonviene mucho la ida, aliende de tenerla prometida, y que asi
se lo aconsejan , visto todo lo que es pasado , y que le envie à
decir como sera mas eonforme à su gusto y honrra, y asi lo
trabajarà con su madré, pues dejar no puede, ni le conviene en
ningtina manera : y esto que aqui se dice no se alreviera Pedro
Sanchez à decirlo, si no lo habiera entendido de muy buen
original.
Cuanto à lo de Juan Alvarez, Catalina Diez provee que no la
Yean sin ser Ilamados : mas con todo dice que se puede ofrecer
caso inescusable, y que para esto desea que con el secreto posible
se le envie la provision , 6 se concéda que ella pueda decir con
▼erdad que esta nombrado por micer Agustino: y con esto lo
podria téner reservado in pectore hasta la necesidad, la cnal se
dnda venga en ningnn tiempo
Tome IL H 7
( 258 )
LXXI.
L'EMPBnBUR A LÀ REINE DE PORTUGAL (1).
Quoiqu'éloigné des affaires et retiré au monastère de Yu<te, il ponmit surmir
quelque chose qu'il eût à traiter avec elle, ou avec le roi : pur ce motif, il a^
crédite auprès d'elle, en qualité de son ambassadeur, D, Juan de Mendoiadt
Ribera, ambassadeur du roi , son fils.
Ynste, 94 octobre 1S57.
Dell Carlos, pqr la miWK cLEuma Empbbapqh smins icfiono,
Rey de Alfjuna, etc.
ÇerenUima, qmiy ^Ua y miij poderosa rejna, mi mu; cani;
rnuy fim^kda b^rmana. porque el serenisioiq rey mi hijo ha noin-
bradp à D Jpan d^ Meodosa de Ribçra por su embs^ador, pam
qae resida en esa eorte y reino, y trate en su Qombre, comoUl,
(Qdo \çk que se \^ qfrççiere y él yicire cpuYenir à su seryicip, y
porque podria ser que, aunque est^pios |aq apartado de Rq;oçioi
(1) Il y avait , à la cour de Lisboone, comme dans les autres cours de
TEurope, débat pour la préséance entre les ambassadeurs d^Espagoe et de
France. L'Empereur enga|^ea la reine à faire savoir à Pun et à Tautre qulb
ne devaient pas assister à des cérémonies publiques, sans y être invités, et il
lui recommanda de veiller à ce qu'on ne les invitât jamais ensemble. Cet avis,
il le lui fit donner, d'abord par D. Juan de Mendoza de Ribera, et par le père
Borja ensuite. La reine résolut d'adopter le plan de conduite tracé par son
frère : mais, comme il pouvait survenir des circonstances où il fût impossible
d'empêcher la rencontre des ministres de France et d'Espagne, elle désin
que l'Empereur donnât à D. Juan de Mendoza le caractère de son ambassa-
deur (voy. p. 257). Charles y consentit, à la condition toutefois que la choK
fût tenue secrète, et qu'il ne fût fait usage de sa lettre de créance, que dans
le cas d'absolue nécessité.
J
r
( 259 )
y retirado en este recojiniîento, se me ofrcoiese alguno de que
no mepudiese escusar, que conviniese proponerd iratar en mi
nombre, agora 6 al delante, coq vos, à el rey mi nieto, habe-
mo8 acordado de nombrar tambieii para el dicbo efecto por nues-*
tro embajador al dicbo D. Juan de Mendosa, y os rogamos nue
le tengais y iavorezcais como à tal, y que pueda usar su cargo
por la forma y de la manera que lo ban beebo los oiros mis em-
bajadores que àntes dél ban sido : que en ello nos haréis muchp
placer. Y sea, serenisima, muy alla y muy poderosa reyua, mi
muy oara y muy amada bûnnana , Nueatro Senor en voeatra oon«
littoa guarda, ete.
De Yuale, à 34 de octubre 15o7.
LXXII.
L*BMPEREUR AU DUC D'aLBURQUERQUE (1).
L de VeDdôme n'ayant pas aoo«rté tea propciilioBi qai tai ani éla Ciitea , k rt i et
lui demeurent dégagés de leurs promesses. - Quant aux nouvellea ouvertures
qu'il a faites, il en pourra traiter avec le roi pendant l'hiver.
Yuste, 94 octobre 1557.
Duque primo, visorrey y capitan gênerai del reyno de Na^arra,
por las cartas que escrivistes à la princesa mi hija à 16, S3 y 29
del pasado, cuyas copias nos ba embiado, y la que aquel secre-
(f ) Ce fat après avoir examiné, avec la reine (le Hongrie, toutes les pièces
enrayées de Yalladolid, que TEropereur résolut d^écrire cette lettre au duc
d*A1barqaerque. (Lettre de TEmpereur à Vazquez , du 31 octobre.)
( 260 )
tario (4) escrivîo al de Ëzcurra à los H del dicho sobre lo mismo,
junlamente con las relaciooes de la respuesla que los otrosgos
conipaneros diéron, en nombre de Bandoma, à él y al doctor
Xaarez sobr^el negocio que con él se ha tratado, y lo qaeellos
replicàron, havemos entendido lo que en ello ha pasado. Y, pues
el dicho Bandoma no aceptô el ofrecimiento que bîcimos sobfd
camplimiento de lo contenido en la relacion de los capitales que
su secretario que vino aqui con el de Ezcurra llevé (^), mi bîjo;
yo quedamos libres de mi oferta y promesa. En lo demâs qa'd
dicho Bandoma propone de nuevo, annque son cosasqaese han
platicado por lo pasado, y sabe él lo que por nnestra parte se hi
respondido, todavia se podràn tractar con el rey, pues habni
tiempo para ello este imbierno, que yo soy cierto qu^él se allegari
à todo lo que fuere justo; y para ello intercederé yo en lo qoe
convinîere. Y conforme à esto se podrà responder al dicho Ban-
doma.
De Ynste, à 24 de octubre 1557.
Carlos.
(1) Le 89eréttire Burdeo. Voy. pp. 944 et 946.
(9) Voy. p. M4.
( 2f)l )
LXXIII.
GUILLAUME VAN MALE A JUAN YAZQUEZ.
Il lui écrit, au lieu du docteur Mathys, & qui la langue espagnole n'est pas asses
Caiailière, pour le prier d'envoyer une lettre de eelui««i au roi, dana laquelle U
rend eompte de la dernière indisposition surrenue à l'Empereur. — Van Maie
s'en remet, quant à cette indisposition, aux détails donnés par Quijada. — Mal-
heurs qu'il a essuyés à Yuste : mort de deux de ses fils; état inquiétant du
dernier; maladie de sa femme.
Yuste, 34 octobre 1557.
Moy ilustre senor, d senoir doctor Matisio me ruega haga esto
eo su nombre, por no atrevene él à tanto en lengoa caste-
)Iana (1)« y es que suplique à Vuestra Senoria mande Inego en-
vîar con el primero esta carta para el rey nuestro senor, en la
cual hace relacion à Su Magestad de lo que el otro dia acaescié
al Emperador ; y pues Luis Quijada envia tambien de lo mismo
la sustancial y brève relacion à Vuestra Senoria (S) , no dire yo
mas en esta de rogar à Nuestro Senor guarde la muy ilustre
persona de Vuestra Senoria, y su estado acreciente , y le dé hijos
de bendicion , y con ellos mejor ventura que yo aqui he tenido
en servicio de Su liagestad : que de très varones que ténia se
ban muerto los dos, y el tercero qneda en ella, y la madré sin
un dia de salud , y toda mi casa bêcha un hospital y muerta de
hambre, y yo tambien, por quererlo asi Su Magestad.
De Yuste , 24 de octubre i 557.
Moy ilustre senor, besa las manos à Vuestra Sefioria su minimo
servidor
GUILLBLHO MaLINBO.
(1) Vojr. le 1. 1", p. 198, à la note.
(2) Voy. let. i*', p. 11
( 262 )
LXXIV.
LUIS QUIJADA À JUAN VAZQUBZ.
L'fimpereo^y louflrant da froid dans wn «ppArtMntnt, TOut y faire plaerr ém
étuire : Yacqttet est êhargé d« faire chercher, toit a TalUdoUd, aeil à Bar|M,
deux pîèees de fer de bi bàutewr et de la largeur dont Quijada lei envoie lo
nteedres; si Ton ne les y troovepas, Quijada donnera à l'Empereur l'ctuTe qu'il
a à Villagarcia. — Vasques doit s'informer s'il y a, à Tolède ou à Madrid i dei
Allemands qui arrangent les étuves, et s'il y a aussi dans ces villes des poêles sa
terre glaise. - Arbalétrier mandé ii Yusto par l'Empereur, pour tuer lei
outardes , les perdrix , les grues et les canards sauvages. — Demande de pèches
tapées et fraîches, et d'olives de Perejon. — Excellente santé de rEmpereur, qii
man^e du poisson ; il se propose d'écrire aux Pays-Bas.
Yuste, 30 octobre 1557.
itusire senor, pues en la vera no falla calor en veraob, ilô
séria justo que en invierno dejase Je hacer frio, como Vùestn
Merced verâ por To que Su Magestad manda, que es que Vuestn
Merced, luego à la liora que esta recibn , mande buscar dm
piezas de hierro, del alto y ancho que aqui van las medidas, part
hacer una estufa, la cuàl hà de ser, no como las ordinarias, sifto
que desde su ctiiménea se pongan unas ptezâs de hierrd en elli,
para que el calor del Tuego pase de la otra parte de la estufii qtie
se ha de hacer. Estas ptezas de hierro se hah de halUr en Yallà-
dolid , y yo las he vislo debajo de los portâtes de San Francisco,
6 en otro cabo , si alH no se venden agora ; y si en Valladolid no
se hull^ren, mande Vuestra Merced buscarlas en Burfos, qae
alli pienso que se hallaràn , aunque creo que de este alto y de
este ancho no las habrà, si no son piezas de estufa de hierro» y si
estas se hallasen, séria lo niejor. Y del tamano que Vuestra Merced
las hallare, ansi de lo alto como del ancho, envie la medida cod
toda la brevedad que fuere posible , aunque creo que nadie debe
( 263 )
teneir Ul comodidad pttrà el)o como yo , porque tenge en Yilia-
garcia una estufa de hierro« del tamano que Su Magestad la
quiere; y no hallàndose eo otra parte, sera forzado desaeonio-
dàrme yo para aeomodar à Su Magestad, el cual quiere que, do
hallahdo ahi estas pieaas, pàse à Villagareia este correo« para
que D" Magdalena tome la medida del ancho y largo de las
piedis de la estufa, y la envie Vuestra Merced > para ver si vienen
à propéàito, porqne, maidità la cosa« se le darà à Su Magestad
desaoûmodarme en todd con que él lo esté (i)i
Vuestra Merced mande enviar à Toledo , 6 à Madrid t à saber
si hay allialgunes Alemanes que asienten estufas, y ansimesmo
si las tienen de barro, porque, no pudiendo Sn Magestad aprove-
charae de esta comodidad , ha de usar de la otra , porque dice
que pasa gran frio, y cuando bien no las hubiere de barro, sera
necesario arrancar una y traellii. De todo esto me avisarà Vuestra
Hereed con brevedad , porque Su Magestad lo quiere saber.
La postrera earta que à Voestra Merced escrebi (^) decia como
Sa Magestad habia mandado venir aqui un ballestero , para que
le mfltase abutardâs^ perdîtes ^ gruas y lavancos bravos ^ el euâl
habia vivido con el rey , y lé daba diez y ochd tnil tnaravedis.
Quiere Su Magestad queestos 18,000 maravedîs Vuestra Merced
se les haga librar alla, porque, con ellos y alguna ayuda de cesta
que acà se le darâ, se podrà entretener : pero , à mi parecer, séria
major que todo se pagase aqui , aunque creo que, segun laslavores
que Su Magestad quiere hacer , que habrà menester mas que lo
ordinario. Los orejones y melocotones no se olvide Vuestra
Merced de enviarnos ; y si se hallasen de aquellas aceitunas de
Perejoo , Su Magestad se bolgaria de ello
Ed, Yuste , 30 de octubre \ 557.
(1) Toj. le 1. 1", p. 213. Dans une lettre du 5 noTembre à TBinpereur,
yaxtpMei lui dît qa*on n*a trouvé ni planches de fer, ni ëtuve à Valladolid ,
ci qa^oo a envojé i Borgos.
(3) Le 26 octobre.
( 26i )
Aunque se halle la estufa en Madrid 6 Toledo» no veoga bnu
que Su Magestad la pida, que no quiere saber, sino si haj dii
quien las asiente.
Su Magestad esta muy bueno, y pues come hoj peseido,
puédese muy bien créer : después de la indisposicion pasads, do
ha sentido mas; y la pildora que tomô obré muy bien (1). Qoiere
escoroenzar à escrebir para Flandes, y dice que, aunque le bsgi
el martes, que llegarà à tieœpo de ir con la armada. En lo demis
Vuestra lierced veré, por las cartas de Su Magestad, h) qoe
manda en todo.
Luis Quuada.
LXXV.
LUI8 QUIJADA À LA PRINCESSE DONA JUANA.
Grttiludt de l'Empereur, pour les présents qu'elle lui envoie et le soin <(u*dle prad
de s*infonner de se santé. — État satisfaisant dans lequel il se trouve, à eertsii
resserrement près. — Tif désir qu'il a d'avoir une éture. — Son intention ds
(aire faire un oratoire dans son appartement du rei-^e-ehaussée , et un jsidis
dans le haut.
Yuste, SI octobre 1557.
Muy alta y muy poderosa senora, la de Vuestra Aiteza de S8
de este recebi boy, y luego la lei à Su Magestad, y en dla vie d
recaudo qoe Vuestra Alteza me manda que le dièse. Su Magestad
agradece el cuidado que tiene de regalalle, y saber de su salod.
Al présente se halla muy bueno; y ayer avisé à Juan Vaiqaei
como la pildora habia heeho provecho; y después de la indispo-
(1) Voy., dans le t. W, pp. 106 et 198, la relation da docteur tfathysét
24 octobre, el sa lettre à Vazquez du 30.
r
( â66 )
MeîoQ pasada, uo ha habido otra cosa mas de la que.VuesIra
Alieza aabe por iiii carta, saWoandarSu Mageslad tan restrenido
que le da peoa. Si en esto anduTieae concertado, nunca tiivo
Unta salad como agora; y ansi espero que se ia darà Nuestro
Senor niiicboa anos.
Sa Magestad da priesa para que se haga su estufa , porque no
le satisface cbiniinea. Tambien quiere hacer un oratorio muy
bueno en su aposento bajo; y en este, y en hacer un jardin en
alto, y en que se le traya alli una fuente, pasa su tiempo.Nuestro
Senor, etc.
De Yuste, Si de octnbre i557.
Luis Quijada.
LXXVI.
LUIS QUUADA À JUAN TAZQUEZ.
PêthM , eairelato, olives , envoyés par la princesse, et arriyés en très-bon état. —
Désir deTEmpereur de connaître les conditions de la paix faite avec le pape;
nauTaÎM opinion qu'il en a. - Présents de l'évéque de Paleneta et de D. Rodrigo
M^xia.
Yuste, 31 octobre 1557.
linslre senor los orejones y melocotones llegâron à muy
boen tiempo, y las acedias que Su Alteza envia eomerà Su Ma-
gestad de buena Toluntad, por que ha hallado gusto en unas que
los dias pasados le envié la serenisima reina de Portugal. Las
aeeitunas probarà Su Magestad, y de como le supieren avisaré à
Vuestra Merced; y es muy bien avisar à Sevilla, para que nos
provenu de ellas, pues ahi no se hallan.
£1 dinero que va para Italia en las cinco galeras que Vuestra
Merced dice, sera bien recibido, ans! del principe Doria como del
'^ fcT:..f
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(266)
doque d*Alba, y no bltarà eo que gttftUllo; y Su MagMtad cilâ
con gran deseo de saber el ftuceso de aqoello, y que de ha heebo
eon e) (lapâ; y tiene por raid eeAal decir que la pat ea heehi. y
no decir el como , y eierto se holgarà de eolendelto; y dice <|te,
aunque faese rouy à nuestra ventaja, no séria Inaeho
En YuatCi 3t de octabre 4557.
Las Gosas que viniéron llegàroo todas may bnenasi y Sa Migès-
tad ho)g6 eon los orejones y hielocotones; y aiinqne aateyerel
obispo de Palencia nos envié dos docenas, no son taleH. Lasieeï-
tunas halia Su Magestad inuy acedas. No hHy otra eosi qttë dedr,
sino que Su Magestad esta bneno y ha comido hoy oiuy bien, pero
anda tan restrenido que no puede hacer càmara , si do es oon
mucho trabajo
Hoy hemos tenido un présente de D. Rodrigo liegia, en qoe
hubo galinas de las Indias y un gavalin y otras cosas.
Luis QOUADA.
(i67)
LXXVII.
Là reine ÉLÉONORE à PHILIPPE II.
Yœux pour le succès des armes du roi. - Motifs qui l'ont amenée , Ainsi que là
reine de Hongrie , à Jarandilla : désir de V6ir Tlmpertur , et de faciliter lee arraa-
feuMDts pour la ▼enue de l'infante dp Portu|al en Castille. — Obstaclea q«e ce
dernier point a rencontrés de la part des Portugais — État de la négociation. —
Difficultés que les deux reines éprouvent pour se ûxe^ à Guadalajara : conduite
indécente du due de l'Infantado ; ortlre donné à un alcade de se rendre eil éellè
▼ille^ pour qu'elles puissent s'y logert— Nécessité de peurroir à depanils ineea-
vénients.
Jarandilla , l8 DOVembre 1557.
Senor * desde las eartas de €aatro y seis de setiembre, eo que
▼iniéroo las buenas nuevas de Vuestra Alteza » y juntameole cod
la toma de San Quintio, hasta la hora que esta se hace, no hay
carta suya. Por lo ciial , y habiendo reconocido à Dîos las gracias
que por las victorias de Vuestra Âheza se le deben , como se hiao
y hace, estamos con gran deseo y cuidado que el misino, de
quîen todo bien procède, las baya continuado con otras niucbas
mayores , cuanto basten à que por medio de elias se consiga la
perpétua paz y buen eslado de la repùblica cristiana : de que
Vuestra Âlteza* como medio y ministre soyo que para ello tiene
en el mundo, goce con otras mucbas victorias y prosperidades , à
gloria suya, como yo, teniendo entendido el celo y santa inten-
eion de Vuestra Alteza, lo confie y espero, y se io suplico.
La reina de Hungria roi senora y hermana é yo vinimos à esta
tierra con los dos fines que Vuestra Alteza ternà entendido : el
Boo, para ver y visitar al Ëmperador mi senor, y este luego leçon-
seguimos, y bien cumplidamente , por la salud que Su Magestad
tiene , que es buena , barto mojor que en mucbos anos pasados
la ha lenido, de que, como es razon, baberaos recreado y damos
gracias à Nuestro Senor , à quien tambien suplicamos que se la
( 2G8 )
confirme y conserve por muchos anos; el otro, para gaiar y aco-
modar mas los medios en la venida de la infante mi hija, si coq
los Portugueses se piidiere acabar. En esto hay tanlasdilaeioau
y difieuUades de parte de ellos, que, habîéndose llanamenle con-
cedido de su parle, y habiéndome yo movido à dejar poresU
intencion cl asiento y sosiego que en mis Estados ténia, trocaodo
por ello los trabajos y desasosiego de tan largos caminos de mar
y tierra, y los otros inconvenientes que se pueden represeotar,
y â Vueslra Alteza, queriendo aplicar su consideracion , le séria
notorios, y babiéndose después pasado en los tratos de dlo harto
mas tiempo que se requeria, venimos abora à parar en que, por
satisfaccion de mi voluntad y recompensa de todo lo que se hi
puesto de mi parte, se ponga siquiera de la suya no mas que venir
aqui à verse conmigo y visitarme, para que, habiéndolo cumplido,
se pueda volver, si quisiere : todo ello à costa mîa, como se hs
ofrecido. De esto se espéra la respuesta y resolucion suya, qoe
aunque pudiera ser ya tomada y venida, y ellos la debian abrevisr,
por tener entendido que estâmes, por solo ello, en nna roonUDS
harto estéril y sin refrigerios, y por condecender en rai voluo-
tad y cumplirla , por ser tan justa , natural y pia , como de raadre
que desea ver una sola hija que tiene, ni esto ni los otros res-
pectos y consideraciones debidas que conçu rren no parece q«e
bastan con ellos , y à cabo de tanto tiempo como de parte nueslrt
se insiste en ello, y de càsi un ano que de esta ùllima vez.
Demàs de los ministros que yo para ello alla tengo, esli
D. Sancbo de Côrdova por ôrden de Su Magestad, y como sa
ministro , tractando de ello y procuràndolo con ellos. No ha-
biendo hecbo mas efeclo que el primer dia, àntes menos, \îno
aqui con la relacion de las evasiones é invenciones uuevas qœ
dan de su parte para que no venga , y retirarse de lo que àotes
estaba tan adelante que no restaba sino el efecto y egecucîon
de ello. Y asi , habiendo ya buenos dias que el mismo D. Sao-
cho Yolviô, con la declaracion de mi volunlad determinada pan
que mi hija venga luego à verse cx>nmigo, entretienen, como
suelen , la respuesta , y tonian , por causas de la mudanza y note-
I
•t1
{ 269 )
dad de qae usan, dar à entender que io son, baberse iiiuerlo
dcspoés el rey de Portugal , en quien la infante dix que pudiera
tener favor y socorro para poderse volver en aqiiel reino, cuando
bien le estuviese, y parecerles que alla tiene mns real Irata-
miento y mas segnridad de conservarse en él que en estes, donde
dieen que habria de estar à la gobernacion de Vnestra Alteia y
de sus niinistros, que les parece grande inconveniente, y dan
tambien otras escusas, aunque tan poco é menos importantes que
estas (1). De lo cual todo quise dar 6 Vuestra Âlteza noticia,
por los buenos efectos que de ello se pneden esperar , y como de
lo demàs la tiene y se le debe.
Goanto à las eosas de nuestro asienlo en Gnadalajara , cada dia
se ofrccen dificultades que descubreu y hacen mas manifiesta la
necesidad de hacer instancia con Vuestra Alteza, para que mande
dar la érden queen ello se requière, conforme à lo que, por las car-
tas y memoriales que cerca de ello lleré el conde de Melito , se le
ba significado. Y entre otras cosas, que son muchas, y dan egem-
plo y demostracion de lo que adelante podria suceder para que
por lo présente se saque, me contentaré con referir lo que agora
pende con el duque del Infantado : el cual, habiéndose con él
Qsado de buenos medios , para que él de snyo nos ofreciese , à lo
menos para esta primera entrada en aquel lugar, sus casas, pues
alH no hay otras taies, como Vnestra Alte2a sabe, en que poda-
mos estar, cumpliéndose con todo como conviene, y habiéndose
esperado este comedimiento cuanto bastô para entenderse que
no le baria , àntes habiéndose dado de su parte otras ocasiones, y
habiéndosele escrito de la nuestra , rogàndole que por agora nos
las dejase, ha rcspondido en efecto, y, como dicen, en buen ro-
rDance, que las ha menester y las quiere para si, y usado de otros
descaidos harto indécentes al propésito (2) : por lo cual, habién-
(1) Voy.j daos le t. I'', pp. 199 et 303 , les lettres de Sancho de Cérdova à
rEmpereor, des 3 et 6 novembre, et p. 209, celle de la reine Éléonore aux
dffuJL anilMssadetirs, du 11 du même mois.
(9) Le due répondit à la reine Éléonore que , étant vieui et infirme, il ne
t
( 270 )
dolo ooDsultado à Su MagesUd, y hecko saber à la prinoeBa, é
invocado su interveoeion como gobernadora de eslos reîoos de
Yaestra Alleza , habemos mandado à un alcaide de au easa y corle,
que COQ nos residia , vaya à dar ôrden como tengamos posada; y
alla es ido. De donde se pnede enteuder la Decesidad que hay de
proveer desde el principio en estas cosas, como se prebeugaoy
atajen lus inconvenientes que sin ello estàn en la mano, y siibce-
derian en desasosiego nuesifo y desacato , contra la inleacioD
quee^tà enteodida de Vuestra Alteca, à quien suplicamos lo
mande prQveer conoo mas convenga , dedaràndole nuestra iotea-
cion, que por tener entendido ser el roejor medio aai para aoea-
iro conlenlamienlo, que consiste, cobio en los dichoa mémo-
liales se signifiée, en descuidar de négocies de gobernacion y de
jvisticia,€onservàndosenQs sin ello la decencia y autoridad debida,
nos ha parecido que séria tener en nuestro senricio y aoompaâa*
mientû un alcaide de la casa y corte de Vuestra Altesa, que, cods
tal, trate de los Aiakw oegoçios donde residiéremos y sus em^
cas» como en los dichos memoriales se dyo : mediante lo caal n
consigan el respeto que se debe pretender y los otros buenosefee-
tos de acompanamiento, y de los mantenimientos y otras oesu
que para nuestra corte convienen. Y, porque sobre ee(o escriho
al dichocpnde, y tambiw sobre otro negoçio, pidiéndole quelo
Yuelva acordar y lo acuerde de nuevo, cuanto al bien de todo elle
se requiera, à Vuestra Alteia , remitiéndome â lo que él informafs
de mi parte, doy (kVi i eata« suplicandi^ à Uoa gMarde y ensalee b
muy real persona y estado de Vuesira Alteaa com<i yo deseo.
De Jarandilla, à ^5 de noyiemhre de i5$7,
Besa las manos de Vuestra Alteza su tia y serridora,
La Reima.
pouvait Qbaager de demeure. La reine pria alors la princesse gouvernante de
lui écrire, et lui demanda que, en cas de refus, ell^ obli|^6|t le duc , par céâà»
royale, à quitter son château. (Lettre de la reine Ël^nore à Taaquez, da
30 octobre.)
( 271 )
LXXVIIL
L'SMPEIieW A LA REINE PPUAlftlÈiiS OB PORTUGAL.
Reroerciments des marques d'amitié qu'elle lui donne. — Étal de sa santé. —
D. Sancho de Côrdova communiquera à la reine la détermination de la reine de
Franee. — L'Empereur la prie de s'employer à ce que les choses s'arrangent
comme leur sosur le désire.
Toste, 13 Dovembre 1557.
Las cartas de Vuestra Alteza recibi , y le agradezco mucho ia
peoa y aphraaallo que le dié haber labido la iodispnaieieii que
love, y lo que à eale propdsito mas diee y me aconaeja : que lo
tengo y eslimo eu lo que se debe y es. razpn , por ser tau con-
forrae à lo que le merezco; y he holgado mucho de saber que
Voestra Alteza quedaha con la salod que yp le deseo. Lo que de
ia mia le podria decir es que, aunque los dias pasados me su-
cediô lo que eotenderia , no duré mas , ni me hizo tener la cama;
y deapu^ me he sentido y quedo en buena dispusicîon , gracias
à Niiestro Senor.
En JQ que toea à ta vçnida de la infiinta, he yis|o lo que Vtiestra
Alteza dice, y D. Sancho do Côrdova me ha escrilo 1q que ha
pas$|do, y el cuidadp q^ie ha tenido paru que se pusiese en egecu-
cîo(i ; qu^es conforme à lo que siempre he esperado. Y puesto que
me pareçia que, 8e|;un lo que en este négocie ha pas^do, y Ip qu.e.
kl reina nuestra hermana^ escribiô ullimamente, siendo tan justi-
ficado, ce le dictra contenlamiento, todavia que ya que ha sufrido
j padecido tantos y tan grandes trabajos en este négocie, no le
quede nada por hacer, y para mayor satisfacciop suya, ha acor-
dado y determinado lo que D. Sancho dira a Yueslra Alteza de
su parte y la mia , por ver el cumplimiento de lo que tanto desea ;
j aai le ruego, cuanto puedo, que, pues ha trabajado tanto eo este
n
( î272 )
negocio, y la reina ntiestra hermana viene en sn edad hacerlo
que dice, por ver à su liija, qae ponga Vaestra Alteza la mano
en ello tan de Teras, que se consiga lo que prétende, cod h
brevedad que elia desea : que en ello recibiré mncho placer.
Y Nuestro Senor sn mny real persona guarde como yo deseo.
De Yuste, à 13 de noviembre de '557.
LXXIX.
l'empereur a l'infante dona maria.
Il regrette qttoD. Settcho de Gordova Vait Uni pressée de lui écrire d« sa nab.-
DétorminaiioD de la reine très-chrétienne d'aller joaqu à Badajoi. — L'Es-
pereur ne doute pas que l'infante, si l'état de sa santé le permet, correspondn
au désir de sa mère. — État de sa santé.
ÎToste, 13 novembre 1S57.
Senora, sobrina y hermana, la carta de Yuestra Alieza de
3 de este recebi, y hâme desplacido de que, no estando para
ello, hobiese D. Sancho de Côrdova dado tanta priesa sobre que
me escribiésedes de vuestra mano(l), y tanto mas pues, tan
pocos dias después, me habeis escrito la otra de 7 del fflismo,
que trujo vuestro criado que despachastes à la reina cristia-
nlsima vuestra madré, la cual , conio veréis , ha determinado de
que, queriendo Vuestra Alteza venir à Badajoz, ira alla à verse
con vos; y tengo por cîerlo que, dando higar à ello vuestra dis-
pusicion, no dejaréis de ponerlo en egecucion, con la brevedad
que desea, siendo tan justo, y en caso que no pudiésedes ba-
il) \oy. \tLl',\). 201.
J
'^'If^.
■■fi.
( 273 )
cerlo, se ira à Goadalajara, donde estarâ, para que, sieinpre
que quîsiéredes cumplir su voluntad y la vuestra, lo podais bacer
coD la bendicion de Dios. Y como quîera que, efecloàndose cual-
quier de estes roedios, por nioguno de elles vengo à conseguir
lo que deseaba, que es veros, todavia tendre por bien de pos-
pooer mi contentamiento por el de la reyna, como quien tanto
se le desea dar en todo; y hàrae pesado niucbo de que no tengais
la salud y lo demàs que os deseo. Yo quedo con elia, gracias à
Nuestro Senor, y espero en él os la darâ para ver el fin de lo
que la reina prétende. Y él guarde vuestra real persona como
deseais.
De Yuste, â 13 de noviembre de 1557.
De la main de V Empereur.
Senora, no va esta de rai mano, por lo que otras veces he
dicho, y no estar para ello. Vuestra Alteza perdone la agena.
Tome il. 18
r
^n
< 274 )
LXXX.
l'bMPBRBUR a PHILIPPE 11.
Joie qu'il a ressenlie de la prisa de S^Qaeniin, du Gatelet et de Ham, ainâ fia é»
bonnes nouvelles de la santé du roi. — Il pardonne à son fils de ne lai avoir p«
écrit plus au long, dans Tatlente d'une autre lettre de lui. — Lettres de l'éTêqoe
d'Arras, àuxquelleè il a répondu. ~ Instances qu'il he cesse de £iire auprès de
la princesse et du secrétaire Vasques, pour qu'on euToie au roi le plus d'aifnl
et avec le plus de diligence que possible. — Préoccupations que lui eausenl les
levées de la France : conseils qu'il donne à ce sujet à son fils ; expédition pro-
jetée du baron de Polweiler. — Dette qu'il croit avoir envers le duc de Ferrare,
et dont il désire être déchargé. — Observation incidenie sur le traité du doe
d'Albe avec le pape.
Tusle, 15 novembre 1557.
Hijo , à vuestra carta de 1 1 do agosto , que irata dd rompi-
oiieDto de los Fraoceses, y lo que os pesé de no haberos hallado
en elle , que trujo el correo que cou esta nueva mandastes despa-
char, respondi (i) con el mismo, como habréis visto, 6 Teréis
por la duplicada que va con esta; y después he recibido la de
28 de! mismo, por la cual entend! la toma de San Quinlin, y
por las que Eraso escribiô à Joan Vazquez à 6, i6 y 26 de se-
tiembre, como se rindié Schatelet y Ham : con todo lo coal, y
haber entendido la salud con que quedàbades, be holgado lo que
podeis pensar , porque debeis dar continuamente mucbas gracias
à Dios, que asi encamina vuesiras cosas, como lo hago yo, por la
parte que dello me cabe, en quien espero lo llevarà adelante; y
no dudo sino que habréis tenido el trabajo que decis , con d
(1) Voy. page 340.
► .»'■
( 273 )
asalto de San Quintin , en eftcusar.las desôrdenes que suele haber
eo aemejantes cosas; y con nueva tan buena y causa tan justa,
digno 8018 de perdon, por no escrîbinne mas largo, pues lo
habréis hecho después.
El obispo de Ras me ha avisado, conforme à lo que le man-
dasles, de lo de allÂ, y le respondo lo que veréis : à que me
reniito.
A la princesa y Joon Vazquez he scrito y scribo continua*
mente que os provean del mas dînero que ser pu(Jiet*e, y côn
brevedad, porque se coanto va en ello, eomo quîen se ha vistô
en esos irabajos, y demàs del que se os ha enviado, ira agora »
en la armada que partira brevemente, el que la princesa os
escribirà, y yo tendre la mano para dar priesa, pues no pvedo
aytidaros por agora con olra cosa.
Por la copia de la nllima de las dichas cartas que Eraso
escribié à Joan Yaxqttez, he visto que hasta enténces se habia
ganado à Ham , y la estàbades fortificando , sin déclarer io que
mas se pensaba haeer^ sino que se habia comenzado à tralar
dello : pero, porque junto con este dice, aunque no corao cosa
que tiene por cierta ^ qu^el rey de Francia armaba à Fnria , y
que levantaba iâ^OOO infantes suiços, y ternia seis 6 ocho mil
Alemanes, con niucha caballeria que juntaba, y por ona rela*
don que ha enyiado aqui de Portugal el embajador û. Joan de
Mendoza de Ribera de lo que s*entendia de Francia por cartas de
8 del pasado . se afirma lo mismo y aun mucho mas , y podria
ser que, juntando el eoetnigo su campo, qutsiese este inYierno
intentar de querer recuperar algUna de las plaças que ha per-
dido , ô ganar otras de nnevo , y hallàndoos desarmado podria
ser que, no estando San Quintin y Ham tan bien fortificados y
proveidoscuantoconvernia para su defension, quehiciese algun
efecto , y esto habria mas lugar cuanlo menos esperanza tuviesen
de ser socorridos los que se hallasen en defender las taies fuerzas;
y aunque tengo por cierto que lo habréis proveido y prevenido,
todavia, puesto que no se los termines en que estarà lo de ahi,
y que este mi aviso podria llegar tarde, dire lo que me ocorre,
( 276 )
y es que, para en caso que sucediese lo sobredicho, y eslando
aun en pié los 13,000 infantes y J,000 caballos que be enlen-
dido habia levantado Polviler, conforme à las plàticas que ira-
taba para îr la vuelta de Léon 6 Metz , de que en la dicha rdacion
hace mencion , y que os hallàsedes con raenos gente de la nece-
saria para poder acudir adénde conviniese, mandàsedes Uamar
al dicbo Polviler, para que fuese à la parte de Metz y Lorrena à
juntarse con vos, pues lo podrîa hacer con seguridad yendo por
Lucemburg; y teniendo vos aquella gente, podriades mas sega-
ramente allcgaros al eneroigo, y contraslarle, para estorbarle
que no hiciese lo que podria pretender; y demàs desto, se daria
calor â vuestras fuerzas y a los que le hobiesen menester, po-
niéndoos doude conviniese , y tomando sitios fuertes y cômodos,
para con seguridad socorrer à los amigos y ofender à los ene-
migos, como se hizo en lo de Yalencianas, Namur y Renti.
Sobre lo cual escribo à la princesa , para que luego , sin perder
liempo, os avise de lo sobredicho, por roar y tierra, para qoe os
podais aprovechar de lo que dello conviniere.
Entendido he que se ha sabido qu*el duque de Âlba ba con-
cluido la paz con el papa, sin declarar las condiciones délia,
que no lo tengo por buen senal : pero, como quier que sea, es
bien que tengais entendido qu*el duque de Ferrara me presto,
los afios pasados, 50,000 escudos (1) ; y puesto que mandé scribir
al visorrey D. Pedro de Toledo (2) diversas veces que se los
pagase, no se si se bizo, ni si el papa babrà comprendîdo en la
paz al dicho duque, y querria que, si se trata con él, se hiciese
de manera que yo quedase libre y mi conciencia descargada.
Y Noestro Senor os guarde como yo deseo.
De Yuste, à 15 de noviembre 1557.
(1) Le chiffre de 50,000 n*a pas été lu a?ec certitude.
(3) Vice-roi de Naples.
(277)
De la main de [Empereur.
Hijo , por yr «la en cifra , y mandar anadir este artfculo de
doque de Ferrara, borré lo que encomencé de escrevir de in
maDo(l), y no la escribo detla, por no tener masque decii
Y, porque lé que aun no estaréis un négocies, no esuribo ma
bi^o; y porqne, sobra log punies que me escribîA el obisp
d'Arras, le respondo como él os mostrarà, reinïtiéndome .
ello , acabo.
Vueatro bnen padre ,
Carlos (S).
(1) Cfaar]ct-(>uii>taTaiIcomiDeQc£le|ioiUcrip(Dind«Miiuio,aprMCM<c{
couccroanL li janctioai dire det forces de Polw«i1er avec «elles ilu roi, et
avait écrit Ici mol) : Bijo, por yr, lonqa'il lei eSafa, pour [aire ajoDii
par toD Kcrélairc l'arLicle relitir au duc de Ferrare, C'etl ce qu^il prend I
peine d'nptiquer ici.
(S) On lit, au do« da cette leUre : > No ba; que reaponder • (Il d'j a p]
de rJpoiue 1 Taire).
( 278 )
LXXXI.
l'empereur a la princesse dona juana.
Maison du duc 6ei l'Infantado et juridiction de Guadnlajara : OBotîfs pour lesqaek
l'Empereur ne veut pas le mêler de eea deux objets. — Recommandation 4 b
priocesse d'apporter 1^ plu» gr^odç diligence poafiUe c)|ina l'epToi d'atfnt ai
roi. - Bon état de sa s«nté.
Yuste, 15 novembre 1557.
En io que decis de la casa del diiqne del Infanudgo,
hàme parecido bien la diligencia y térniinos de que havets
usndo. Y aunqiie lus revnâs mis hernianas me han dado rasoQ
de Io que lan^bien por su parte se ha hecho, y creo que bol-
garan, aunque no me Io han pedido, que escriviera al duqae
sobrello, no me he querido embarazar en ello ni en Io deb
jurisdicion de Guadalajara que pretenden , porque no tengan
celos de que, si no se hace todo como Io quieren , Io estorvo yo,
y tocar al duque, que me ha servido por Io pasado, y es justo
tener cucnta con él, por ser la persona que es; y asi creo que
séria bien que, platicândolo con lus del consejo d'Eslado y real,
sin que sea menester llevarlo por términosdejnsticia, siiio pro-
cura r, por via de bucna gobernacion, amoncstaciones y persaa-
siones , tenga por bien de condescender en Io que las reynas
piden ; y en caso que, habiendo usado de los medios que, con-
forme à esto, fueren justos, y por esta via no se pudiere acabar,
se vea Io que se puede y debe hacer en ello.
Pues, por Io que os esorive el rey, haveis visto en Io que
quedaba , y la necesidad que lenia de dinero , y la prisa con que
se le ha de proveer, no habrà para que yo Io digâ , sino ropn»
mucho, hija, que, en conformidad de aquello, pues veis coanto
( 279 )
mas le va en conservar lo ganado que en baberlo conqoislado,
tengais continuamente la mano para que no se pierda punto
de tiempo en lo que se le ba de embiar, y en recojer todo lo
que ser pudiere para adelante, asi de lo que TÎno en esta
ûUima armada de Indias como de los ofros espedieqtes y formas
que se ballaren, y que asi lo mandeis encargar lambien de
loi parte â los ministros à cuyo cargo esta, pues podejii çonsir
darar al dano é înoonTinientes que de lo eopirario podrian
resultar.
Despnés que los otros dias tome aquella pildora, be estado
y quedo en buena dispqsjçjpq, graciait 1^ Nuestro Senor. El os
gaarde.
De la main de f Empereur.
Hija, como esta habia de ser tan larga, no me atrevi â escri-
yirla de mi mano; y asi, para responder à los puntos de la
\uestra, fiié menester ordenar à Gaztelà que escriviese lo sobre-
dieho.
De Tuestro buen padre,
Carlos.
( 280 )
Lxxxn.
MARTIN DE GAZTELU A JUAN VAZQUBZ.
Lettres de l'Empereur au roi , i Tévêque d'Arr&t et à Enso. — ExeeUenlétatde
sa santé. — Il regarde comme terminée l'affaire de la venue de Tinfantede Por-
tugal. — Gaxtelû ne voit pas comment l'infante pourrait s'excuser de vaiir à
Badajos,
Cu«cos, 18 novembre 1557.
Ilustre seûor, ya Su Hagestad escribié à Flandes pan il
rey y el obispo de Ras y Eraso, y va aqoi el pliego, dentrodel
cual \an tambien las carias de las reinas« para que Vuestn
Merced le mande enviarcon el que ha de ir por mar, comoSa
Magestad se lo escribe, juntamente con el olro para al graffier,
à quien se escribe sobre cosas de servicio de niesa y otras qoe
ha de enviar; y se podrà ordeoar, en el parte, que el correo lome
certificacion de conoo lo entrêga.
Desde que Su Magestad tovo la indispusicion que escribi loi
dias pasados, ha cslado y queda en tan buena cuanto la ha tenido
después que llegé & eslos reinos, y aun diez anos alràs.......
Su Magestad ya tiene por acabado este negocio de la infaota,
para no escribir él mas nada sobre él; y no se como la infants se
pueda escusar de venir à Badajoz, pues la reina ira, y se ba
determinado de padecer este trabajo, demàs de los pasados. Dn-
rango , su secrelario , me ha dicho que se envia relacion al rey de
todo lo que en este negocio ha pasado; digolo, porque lo tenga
Vuestra Merced entendido. Las reinas tienen salud , y acà la baj
en (odos estos lugares, sino en Piacencia
De Cuacos, à i8 de noviembre de 1557.
Martin de Gaztelu.
( 281 )
LXXXIII.
LA REIMB ÉLÉONORE A LA PRINCESSE DONA JUANA.
Résumé des uégoeiations pour la venue de l'infante de Portugal. — Dernière
proposition de U reine , consistant dans une entrevue avec sa fille à Badajoz , et
à laquelle l'infante a fini par accéder. — Dispositions à prendre en conséquence.
L'Empereur a jugé que le voyage des reines devait se faire avec apparat , et
qu'il convenait qu'elles fussent accompagnées des grands seigneurs , prélats et
gentilshommes principaux des environs. — La reine envoie à la princesse une
liste de ceux à qui il faudrait écrire. — Elle espère encore déterminer sa fille à
deDieurer avec elle. — Demande de deux alguazils , pour seconder l'alcade
Morillas dans les mesures que le voyage des reines rendra nécessaires.
Jarandilla, 97 novembre 1557.
Senora , por relaciones que se habrân hecho à Vueslra Âlteza,
ternà entendido el estado en que estaba este nii negocio de la
veuida de la infante mi bîja , y como, yîsla la dureza y largas en
que lian los Porlugueses estado , se les pidiô que, ya que su venida
no fuese à residir conmigo en Castilla , à lo menos permitiesen
que Yiniese à visitarme y verse conmigo , aseguràndolos, de bajo
de mi prometimiento , que se le dejaria en su voluntad libre la
vaelta , cuando ella lo quisiere, y se les dié eleccion que de alla
viniesen personas en su acompanamiento y servicio, que resi-
diesen y pudiesen volverse con ella : sobre lo cual ha tambien
babido réplicas, demandas y respuestas, y otras largas de las
acostambradas , de su parte.
Lo cual visto , haciendo yo de mi parte los oficios de buena
madré, asi por amor suyo, como en satisfaccion mîa, de no
faaber dejado cosa por hacer, uUimamenle les ofreci que, si el
negocio no esluviese en mas de tomar yo mas trabajo sobre los
otros tantos y tan grandes que he pasado por ello, qife yo iria
basta la raya entre estes leinos, viniendo tambien ella, y nos
i
M
( 283 )
podrianios junUr en Badajoz , para que mi Yoluntad y deseo se
cumpliese. Y aunqiie tambien en esto se moviéron de su parte
algunas diiicuUades, y se inlenté asimismo de lo n^r, alar-
gàndolo para adeiante, pero en fin, cuando ya estuvo en la mayor
desconfianza y cuàsi del todo desesperado, ha sido NuestroSenor
servido que esta mi voiuntad , que yo he tratado con muy boeo
çelo y con tan grande perseverancia, cpmo Vues^ra Mteza ha
entendido y visto, se me baya de cumplir; y ayer, â6 del pré-
sente, llegàron aqui , primero, un eorre4i een cartas de D. Sanebo
de Gôrdova, y después, À pocas horas, el correo mayor de Por-
tugal con cartas asi de la infanlis cqmo de la r^na y cardeiial
infante, y tambien del misroo D. Sanebo y de D. Juan Hurtado
de Mendoza, que alla residen por el Emperador mi senor y por
mi, tralando de ello como Vuestra Alteza sabe, en que afirman
que la infante, de consentimiento de lodos, ha aceptado la ve-
nida, y asignado el dia de su partida para de diez hasta quince
de diciembre, con fin que tengamos en Badajoz las fieslas del
nacimiento de nuestro Dios, el cual sea loado, por la mereed
que me ha querido hacer en que se me cumpla lo que tanto be
deseado y deseo.
Abora resta de hacer de nuestra parle lo que conviene para el
buen efecto; y porque cuando este ofrecimiento de ir hasta la
raya, tratando con Su Magestad la érden que para en caao que
sucediese se debia tener en ello, fué la resolucion que foése-
semos con el aparato y autoridad que se requière, y, para esto,
principalmenle es menester que concurra y se junte gente que
haga acompanamiento â nuesira corte, se acordô que se aperd-
biesen de los grandes senores , prelados y caballeros prineipalef
de la comarca , que con menos dificultad lo pudiesen hacer para
ello, y esto sera necesario que asi se haga, sin esperar mas
mandato de Su Magestad por carta propia, pues no se podrîa
haber tan presto como la brevedad del tiempo lo requière, 4
causa de haber Nuestro Senor permitido que en tal oportunidad
esté Su Magestad Irabado é impedido de la gota, como lo esti
de présente, y VMCStra Alteza lo habrà sabido, conviene que
Jf>!
( 283)
luego te hagan, y con toda dilîgencîa envien, carias del rey mi
senor y sobrino de apercibimiento y llamaroiento, para las per*
sonas que van deciaradas en un billete que à Vuestra Altezs^ epviq
jonumente con esta, rof^ândoles de su parte que hagan por
bien de se hallar con nos en nuestro acom panamien to para diez
dias de diciembre, que de aqqi , ton ayuda y voluntad de Dios,
partirémos para Badajoz, y haeernos buen acompanamiento en
el camino y dias qoe alli residiéramos , y hasta tanto que la in-
fante, habiéndose de volver de nos, se apartare : que todo sera
por pocos dias. Y esto mandarâ Vuestra Alteza hacer con la calor,
brevedad y eficaciaque para su buen efecto conviene (1), como
cosa que nos toca tanto , y ha sido acordada por Su Hagestad ,
y por la parte propia que en el)o tiene porque se cumpla, junta-
mente con la incHnacion de los Porlugueses, que bien conoce,
en que tambien podria estar buena parte para la buena sucesion
y fin nuestro del principal négocie que yo prétende en ganarse
la voluntad de mi hija, par^ que, dejadas otras cosas que la de-
tienen , se mueva à cumplir lamia y residir conmigo, entretanto
qoe acà se ha provéido que el alcalde Morillas, que fué à lo del
aposento de Guadalajara, vuelva luego à entender en lo nece-
sario para el buen proveimienlo de la jornada, caminos y otras
cosas que serân à su cargo. Mas para elle mandarà Vuestra
Alteza que vengan de ahi otros dos alguaciles que seràn roe-
nester para acomodarlo , demâs de los que con él acà residen ; y
de Guadalajara traeràn el arreo y cosas necesarias; y se proveerà
lo dem^s que para la proporcion y aparato fuere décente, eu
que tambiep Vuestra Alteza nos mandarà advertir y dar aviso.
(1) La princesse écrivît, à cet effet, le 30 novembre, sous le nom du roi, au
due d^Escalona, aux comtes de Oropesa et de Medellin, à Tévéquede Coria,
au grand commandeur d^Alcàntara , à Juan de Chaves , Juan Nuftez de Prado,
Jnan Velasqoez d''Avila, Francisco de Solis, au commandeur d^Estapa, au
marquis de Tillanueva , au comte de la Puebla et à Févêque de Salamanque.
Elle les priait d^accompagner les deux reines pendant leur voyage de Ja*
randilla à Badajoz , et d*être avec elles tout le temps que Tinfante j resterait
(284 )
demâs de lo que aqui se ha significado conviene. Y Noestro
Senor guarde la muy real persona de Vuestra Âlteza como yo
deseo y siempre se lo pido.
De Jarandilla , À 27 de noviembre de 4557.
Besa las manos de Vuestra Âlteza vuestra tia ,
La Reina.
DURANGO.
LXXXIV.
D. LUIS DE AVILA Y ZÙNIGA A JUAN YAZQUEZ (1).
Il aurait beaucoup de raisons pour s'eicuser d*aeeompagner les deux reines dut
leur voyage à Badajoz ; il pourrait alléguer surtout lo besoin qu*il a de faire des
économies , afin de payer ses dettes : mais les reines lui ont écrit en des termes
tels qu'il ne veut pas se servir de ces raisons. — 11 les accompagnera donc, afe
qu'elles aient quelqu'un avec qui elles puissent parler en français , et le fera de
très-bonne volonté.
Plasencia, 4 décembre 1557.
llustre sefior, mucho me parece que debo à quien ha tenido
tanla merooria de mi, que, estaodo en este rincon adônde mi
buena ventura me trajo , para descansar de nauchas desaventuras
y pagar mis deudas, me saque ahora dél, para que sea daena de
acompanamienio. Vuestra Merced créa que no me falUran ex-
cusas aparenles, asi como de salud y cosas semejantes, y uoa
muy verdadera , que es pagar lo que debo y quedarme poco para
(1) 11 avait écrit, la veille, dans le même sens, à la princesse doua Joana.
Voy. la note de la page précédente.
I
rJA
( 285 )
haeer jornada de autoridad ; y siipiera esGusarmc , mas no he
querido, porque se que dijeran que me supe esensar; y quiero
mas tornarmc à cansar estes dias y à gastar lo que ténia , que
no poncrme a otros juicios. Yo holgara que esto se escusara :
mas la reyna de Francia y la de Ungria han cargado conmigo la
mano de manera que yo no las he tenido para defenderme. Y asi ,
senor, pienso acompanar à Sus Magestades, porque lengan con
quien hablar francés; y con esto me volveré h mi casa , vendidos
mis carncros. Holgara que para esto estubiera pagada aquella
larga ayuda de costa que me diô Su Magestad de cuatro mil du-
eados; mas paréeeme que se pone mas diligencia en mandùr-
melos gastarqueno en que los pueda cobrar. Senor, todas estas
cosas siéntense, al cabo de los liempos que he pasado sirviendo
como Vuestra Merced sabe; y si dicen que es fabor hacer cuenta
de mi, verdad es mas ester en concejo, que no se si fuera razon
tener respecto à que soy del consejo, en alguna cosa, la cual no
escribo, porque algun dia veré à Vuestra Merced y la tratar^
con él , pues soy su servidor y ha muchos dias que lo soy : mas
el mundo ordena su érden de manera que no sabré escribillo
sino tratalio; y asi quede para cuando vea â Vuestra Merced, lo
cual pensé que fuera mas presto, si no me lo estorbara esta jor-
naUa, la cual, placiendo à Dios, yo haré con buena voluntad,
porque mostrado estoy à jomadas con reyes, «y serriré à estas
seûoras como pudiere. La reyna de Francia me ha escrito, pi-
diéndomeio de manera que cierto no fuera razon hacer otra cosa.
Pésame que me toma en Plasencia, donde no hay sino sol» y otra
cosa ninguna para poder hacer jornada con damas. Suplioo à
Vuestra Merced lea con atencion este carta y ràsguela, porque
este es la respueste que ella merece. Yo pensaba escribir à Vuestra
Merced otras materias diferentes de este; mas, pues este jornada
lu estorba, no sera menester trater de otras mas justes
De Placencia, 3 de diciembre.
El Comendador Mayor de âlgantara.
( 286 )
LXXXV.
LA PRINCESSE DONA iUANA A L*E1IPBRBUR.
Délibération du eonMil d'ÉUt inr la tilaation des afTains du roi. — Le ceaiail
opine pour la paix avec la France. — 11 trouve absolument nécessaire le relwir
du roi en Espagne, pour divers motifs, et surtout pour rarrangemenl de tfs
finances et la prise de possession de la couronne d'Aragon. — La princesse ccrK
au roi en ce sens , et le supplie , dans tous les cas , do revenir en Espsgae. -
Autre avis du conseil, pour le eas que la guerre continiie : invasion à faire ca
France, du côté des Pyrénées; raisons à l'appui de ce projet. — La princeise
prie l'Empereur de lui dire ce qu'il en pense.
^ Valladolîd, 14 décembre 1557.
S. C. 0. M**', cou el ûllimo conréo que ie despuché al nfj m
hermano, le escribi, haciéndole saber lo que aqtif dire; y conio
Vuestra Magestad ha estado coti iûdispusicion de lagota, no IoIk
escrito à Vuestra Magesiad, hasta saber qae estuvîese en bocm
dispusicion , como lo he entendîdo qne la liene : de que doj
mucbas gracias à Nnestro Senor.
Y es que los tiel consejo de Estado que aqui residen , eoa li
obligaeion^ celo y voluntad que tienen de niirar y tratar lo qie
convîene al servicio de Yuestra Magestad y del rey mi bermano, y
à sn autoridad y repntacion, y bien de sus negecios, han pracli-
cado en lo que convernia que se bkiese , estandd las cosas en el
estado que estàn ^ ton las titorias que Nuestro Sefior ba àào
servido dar al rey mi bermano ^ aunque no baya mandamieato
soyo para bacerlo; y me ban dicbo que les paresoe que estando,
como esta, vitorioso y pujanle, y el rey de Francia por el con-
trario, es buena ooasion y coyuivtnra para haeer con él la pai,y
que se podria tractar con niejores y mas aventajadas condiciones
que otras veces , y que le séria provecbosa y necesaria y à sas
amigos y sûbditos, demàs de la obiigacion que tiene à proea-
'ii
■ j
( 287 )
rerla , reconoMieiidô à Naestro Seâor las mercedes que siempre
te ha hecho, y partieularmente en esta gnerra, y siguiendo y
continuando la YoloDtad con que Vuestra Magestad eh su tiempo,
y el rey después que reina , ha tenido à ello , y , alieude de las
otras causas geoërales, porque siempre es buena y provechosa,
por la oecesidad grande que hay dé la brève venida suya à estos
tvittos, para dar ôrdeu y asentar làs cosas de elles, y especial*
meute de la hacienda, y de todos los otros sus Estados, y no
ilienos para lo que toca à totnar la posesion de los reinos de
Aragoii, que esta sobreseido tânto tieitapo ha, y porque, conio
VuestM Magestad sabe, la hacienda esta tan gastada y codsu-
mida que no hay aparejo para continuar la giierra; y mucho y la
ibayor parte de lo que se ha gastado en la pasada , ha sido
lôinândolo à sus duenos pdr vias estraordinariâs, lo cuàl ha sido
forzoso y en aiguna manera hà justificado la hécesidad ; y para
adelànle, de cosas seittejantes ni de ôlras no se ve cokno podrià
clitDplir y proveeir, y que yo debia escribir y supHcar al rey hii
liMaftano fasse serrido dé que, proponiéndole la dîcha pâï, aca-
balla y aseotalla por todos los bueiios medios que le paresciere
dftttentr.
Y asi se lo be escrito y suplicado , con toda la insuncia que
pfiedo, lo haga, y que efectuàndose , como plegue à Nuestro
Seâor que se baga, y aunque no se efeciue, pues no se sîgué ni
se debe presuponer que no habiendo paz con Francia , es me-
WKter que todo el tiempo que «lo la bubiere resida en Ftandes,
faabiendo la aecesîdad que esta dicha y hay de su presencia eh
<%sl6s reinos, y pndiéndose hacer la guerra sin estar su persona
BD Fiandes, se Tenga à estos reinos con toda brevedad y sin
ëilatarto Mas, pues te lo mucho que le couviene, aunque soy
cierta que, déseando lo dno y lo otro, como siempre lo ha
iMicfao, babia poca necesidad de esté recuei^o.
Asimismo me ban dieho que ban pratieado y les paresce qtie,
en caso que no se encaminase y siguiese la paz , y que conviniese
proseguir la guerra, lo cual no pléglie à Dios que permita, en
que Imbria tanta difienltad y imposibilidad, como Vuestra Ma-
( 288 )
gestad sabc, de haber dineros para ello, presupuesto que, por
la parte de Picardia , ba de haber poderoso egército dei rey mi
bermano contra el rey de Francia , é con tan buen numéro de
gente en la fronlera, que esten ocupados con ella la mayor parle
de las fuerzas de! dicbo rey, por apretarle y necesitarle mas, se
debria entrar en Francia por la parte de estos reînos, y hacer d
efecto que paresciere mas convenir con el ^ércita que se podria
juntar de la gente de pié de las ciudades de estos reînos que
eslà apercibida, y la de caballo de las guardas, y que daràn los
grandes por el apercibimiento que les esta hecho, y con hasta
cuatro mil Âlemanes y dos mil Espanoles viqos que converoii
enviar para ello à estos reinos , se podria hacer algun buen efecto,
y que es agora mejor coyuntura y mas à propésito para hacer
esta entrada, que cuando se iraclaba de hacerla este veraoo
pasado, aunque faite la ayuda que ofrescia Yandoma, asi por
estar las cosas en mejor estado que estaban à la sazon , y por el
contrario las de los enemigos, como por ser la sazon del tiempo
en que se podria hacer mejor à la primavera que à la entrada del
invierno , aunque lambien en esto se ofrescen algunas diBcol-
tades, como son las necesidades que generalmente hay en lodos
eslados de gente de estos reinos : que podria ser causa de no
juntarse tanta gente como esta apercibida , ni tan à tiempo como
convernia, y en la provision de las vituallas necesarias, por U
falta gênerai que hay de ellas en todos estos reinos. Y tambien
les paresce que podria ser que , haciéndose esta entrada por esta
parle donde el dicho Yandoma tiene su Estado , viniese él i
declarar mejor su inlencion, y que se daba parte de esto a
Yuestra Magestad, para que digese lo que le paresce en ello, y
cerca de la parte por donde convernia entrar, y el efecto qoe se
podria hacer, y que à los visoreyes y capitanes générales de las
fronteras de estos reinos se escribiese avisasen de lo mismo,
para que, entendido lo que paresciese» en caso que se ha]fa de
conlinuar la guerra, y que él sea servido que se haga la dicbi
entrada , se resuelva lo que paresciere mas conveniente.
Suplico à Yucstra Magestad que, sobre esto que toca à hacer
> r^^Tr.
( 289 )
eotrada en Frnncia por la parte de estes reines, me mande
enviar el parecer y respuesta que ftiere servido , pai*a avisar de
eilo al rej mi hermano. Nucstro Senor guarde y prospère la
impérial persona de Vueslra Mageslad como yo deseo.
De Valiadolid , à I i de diciembre 1 557.
Ubidiente hija de Viiestra Magestad,
La Pri;<ge$a.
LXXXVI.
JUAN VAZQUEZ A L EMPEREUR.
ArriTée a Valiadolid de D. Jnan de Acunn , parti de Bruxelles le i^ décembre. ~
KoiiTelles qu'il rapporte des Pays-Bas : bonoe santé dn roi ; licenciemeiit des
troupes altemaudes; gamisoBs mises dans les places conquises sur la France; mort
de D. Fernando de Gonzaga el de D. Luis de Côrdova. — Entretien d'Acuna
avec le roi de France , à son passage par ce pays^ dispositions pacifiques du roi ;
estime qu'il fait du connétable. «- Projet de M. de Guise. — Acuna se met aux
ordres de l'Empereur. — État de la princesse et du prince.
Valiadolid , 91 décembre 1557.
S. ۥ C. M^, D. Juan de Acuna , hijo de D. Juan de Acuna, el
de Toro, Ileg6 aqui hayer, que vino por Francia de Flandes, y
partie de Bruselas à primero del présente. Dejé alli al rey nuestro
senor con salud , tratando en les négocies de aquellos Estados.
Habiasedespedido la genta alemana : contentàronse con que se les
fatciese cierta paga en Maestrique, y que el reste se les dièse tam-
bien alli para cl i® diade cuaresma. En las plazas que Su Mages-
lad lomô en Francia , quedo solamente la guarda que fué nece*
saria para su defensa. Dice que muriù l>. Fernando de Gonzaga
TovE H. 19
(290 )
de êus enfermedades {i), y tambien D. Lois de Gôrdova, hîjo
3^ del marqués de Comares. Hablé al rey de Francia à su pasada,
y dice que le iratô bien ; y entre olras cosas le signifiée qae hol-
garia de la pai (Ron el rey nuestro seoor; y D. Jnan, porqne do
traia sino salvo conduto del condestable, le pidiéqne se lo oan-
dase dar : à lo cual dice que le respondié el rey que baslaba ei que
traia, porque séria tan obedecido como el suyo, y que con él
podia pasar libremente, honrràndole mucho, y quese habia per-
dido como tân buen caballero; y dice tambien D. Juan que supo
como Mos. de Guisa iva'hàcia Lieja con un campillo, para ber si
podria hurtar algo, y que dello quisiera avisar al rey, pero que
Su Magestad no lo ignorarà. Escrive à Luis Quijada que, siendo
Vuestra Magestad servido, ira à dalie razonde lo demâs(2); j
luego pasô à Toro à tener la pascua con su muger. Y de niu-
guna otra parte liay cosa de nuevo, mas de que se da gran prisa
à las naos y.zabras para que partan con el dinero. Su Alteza se
hallô ante bayer y bayer con alguna indispusicion de su cabesa;
ba temado boy un poco de raanà, con que se repanirà, pheiendo
à Uns. El principe esta muy bueno ; y lodos estamos muy aie-
grès con la salud de Vuestra Magestad
De Valladotid, à 24 de dîciembre 1557.
Juan Vazquez.
(1) Voy.lei. l",p. 235.
(2) L^Empereur rendit à Vazquez le 26 décembre : * Écrivez à D. Ja»
B de Acufia quHl vienne ici j je désire savoir par lui plusieurs choses des Paja-
» Bas.*
i%.*: S-i
( 291 )
LXXXVII.
D. JUAN DG NeMDOZA A LA RfilNB ÉLÉONORE.
Préparatifs du départ de f infante de Portugal. — Itinéraire. — Femmes, noblesse
et aatrea ponoaoef dont la prinoMte doit être aceooipagiié*.
Lisbonne, 35 décembre 1557.
S. C. R. M"^ reeibi la carta de Vaestra Magestad de los treee
del présente à los diez y ocho del mismo, y con ella las que para
la reyna , cardeoal é iofaole veoian , à los cuales dije como Vues-
tra Magesiad y la serenisima reyna de Ungria estabao despedi-
daa ya dd Emperador, para ponerse en camino à los quince, y que
serian en Badajoz an tes de Navidad Respondiéme la reyna que
las cartas de Vueslra Magestad eran respuesta de la suya; que
oo ténia mas que decir , de remitirse à mi y à lo que estaba orde-
nado y cada dia se iva disponîendo para que la infante parliese
caando estaba dicho, en lo cual no habria falta, y que ansi lo
podria tornar à escribir.
La infante esta aparejada, y se ha dado tal xnana que por su
parte no ha de faltar. ËJ conde esta ya levantado, y hasta la cara-
▼ela , en que pasé y tornô para alla la princesa de Portugal , esta
en el puerto , aparejada. Paréceme que el cardenal pasarà hasta
Alcoehete; que con el embarazo del gobierno no se si podria ir
mas adelante. Alli estarân el dia del ano nuevo, que es el sàbado,
y el domingo siguiente. En estos dos dias se juntaràn los car-
mages y los aparejos para el repuesto, y se repartira como vaya
mejor; y el lunes, que seràn très de enero, se comenzaràn à
caminar, y la segunda jornada sera à Alandera, la tercera 4
i.
i^^l
( 292 )
Montemayor, y la cuarta à Ebora, por donde se déterminé el
carotno de pocos dias aca : es donde cl conde de Vîniero lîenesa
asiento y mejor lugar, que es la razon por qae eligiéron aqiidU
posada, aunque la jornada de aquel dîa se alarga un poco.
Después, à los siete, se va à Estremoz, y el dia siguiente â
Elvas; y no veo cosa que pneda inipcdir esto, ni que faite pan
poder ser conio esté escrito; y cuando sentiera algnna tibieza,
estoy tan escandalizado de lo pasado, que luego avisara â
Vuestra Magestad , como la haré en pasando de la otra parte del
agua.
La infante ha determinado de enviar un aposentador por li
posta brevemente, el cual llevarà las listas y la érden deoomo
han de repartir las posadas de los que la han de acompanar, j
de las mugeres que la han de servir : que con no ser mas qne
cinco damas y cuatro mozas de câmara , juntando estas y sas
criadas de ellas y otras que son necesarias para el servido ordi-
nario, à las que dona Juana y dona Constanza Hevan consigo,
pasarân de cuarenta mugeres en todas. No he qoerido, por
no tener suspensa mas à Vuestra Magestad , esperar al aposen-
tador
Agora se envia este correo àBadajoz, para que llegue al liempo
que Vuestras Magcstades llegarcn, ô poco después, y paraqoe
sepan como quedamos, y que Su Âlteza esta buena y alegre. Ha
dicho que escribirâ; y como no le faltan ocupaciones, no se ba
desembarazndo : que tambien ha causado no ser mas ajna alla
este mensajero y otros por lo pasado, porque en cosas de esta
manera mas quiero la culpa de un poco vilcnto alla , que acà de
mucho diligente.
Las listas que llevarà el aposentador se estàn haciendo, y por
ellas se podrâ entender mas particularmente el numéro de los
nobles y de la otra gente que va. Lo que se juzga â vulto son
quinientos de caballo, quinientas cargas, y entre aroasy cnados
dos mil personas; y no creo que digo pocas, pero no habrà mu-
chas roenos. Liegados à Badajoz, se tornaràn algunos de eslosi
Elvas. Todavia sera con esta el mémorial de las mugeres que la
{ 295 )
infaole lleva.Guarde y ensalce Nuestro Senor la S. C. R. persona
de Vuestra Magestad como desco.
En Liaboa, à 25 de diciembre 1557.
Juan de Mendoza.
LXXXVIII.
l'empereur a la princesse DONA JUAN a.
R^poofe à sa lettre du 14. — Il regarde la paix comme une chose tienne et lonable ,
et toujours il Ta désirée: mais i) n*a pas confiance dans les promesses et les
engagements des Français. — Il ne voit pas, d'ailleurs, quels bons moyens le
roi aurait de traiter, dans la situation actuelle de ses affaires; et, quoiqu'il
reconnaisse la nécessité de sa présence en Espagne, il ne trouTerait pas conTe>
nable qu'il quittât en ce moment les Pays-Bas. — 11 n'a donc voulu lui conseiller,
ni de venir , ni de rester. — L'expédition en France que le conseil propose , en
cas de continuation de la guerre, pourrait faire une diversion utile; mais il y
trouve plusieurs difficultés, qu'il énumère. — Aussi préférerait-il que les moyens
qu'on y emploierait fussent appliqués à l'aiigmentatioa de l'armée, du côté de la
Picardie et de la Normandie. Il s'en remet^du reste aussi , sur ce point , à la
décision du roi.
Yuste, 90 décembre 1557.
Hija, vaestra carta de i 4 de e$te he recebido, y visto por ella
lo que decia qae los del consejo de Ëstado ban platicado sobre
lo que convernia se hiciese , eatando las cosas en el ser que estan ,
con las yictorias que Nuestro Seuor ha sido servido de dar al
rey, poesto que do baya inaudamieiito suyo para hacerio, y que
les parece séria bueoa ooasion para tratar de paz, pues se podria
hacer con mejores y mas aventajadas condiciones que otras veces,
siendo tan necesaria» y asi su venida ik estes reioos para asentar
las cosas de elles, y tomar posesion de los de Aragon , y estar lo
de la hacienda tan gastado y consumido que no hay aparejo para
( 294 )
continiiar la guerra, junto con lo demàs que & este propôsito
decis.
Y como quîera que la paz sea en todo tiempo tan boena y
loable, y lo que siempre yo he prefendido, por escusar los
niucfaos y grandes înconvenientes que de lo contrario se han se-
guido y siguen à toda la cristiandad , es tan poca la segaridad
y conflanza que se puede tener de que por parte de los Frauceses
se ha de guardar , cuanto lo ha mostrado la esperiencia por io
pasado, pues no han tenido ni tienen mas fin , con la obser\'acioa
de lo que prometen, de cuanto les esta bien; y demâs de este, no
veo que medios podria haber para tractar de ella, que foesen
buenos para el rey , eslando sus cosas en el punto que estàn ; j
puesto que conozco que su venida à estes reinos seo tao necesam
cuanto decis, tampoco contendria en ningnna manerd desam-
parar lo de Flandes, y mucho nicnos en esta coyuntura. Y vieodo
cuan necesario es lo uno y lo otro, do le he querido aconsejar
que Tenga ni quede, pues él y los que tiene cabe si lo veràn, y
elegiràn lo qiie mas convenga.
Âsimismo he visto lo que dicen que, ya que no se encafflioase
la paz y conTiniese proseguir la guerra « presupuesto que por h
parte de Picardia hâ de haber égército de! rey, 6 tan boen
numéro de gente en la frontera que eslén ocupadas con ella la
mayor parte de las fuerzas del rey de Francia , y que, por âpre-
tarie y necesilarle mas, les paresce que se debria entrar por
estos reinos, con el égército que se podria juntar de la gente de
pié de lad t^iudades y grandes de ellos que estÀ apercibida, y la
dé caballô de las guardas, y trayendo basta cuatro mil Alemaaes
y dos mil Espafîoles viejos para hacer algun bueû efecto, coo le
demàs que apuntah.
Y puesio que veo que esto podria aprovechar para dirertir al
enemigo, todavia se me representan niuehas dificultades para
créer que el efecto que se puede hacer, entrahdo por Navarra, y
no habiendo armada por mar, en que tambien babrà trabajo ,
puede ser poco, y mucho menos y mas dudoso no sehaciendo cou
el aynda de Bandonia^ por lo que toca à las vitualias, que es tan
r'
( 395 )
importante, y lo demàs que liene ofrecido; ni se la esperanza
que se puede tener en lo que se ofrecîere , ni aé como se podria
suatentar, ya que se ganase algo : por lo cual todo, creeria yo que
séria mas conviniente que el ayuda que para este efecto est&
ofrecida se convirtiese en hacer, el ano que viene, el niayor
esfuerxo que ser pudiese para entrar por la parte de Picardia y
Normandia, porqueespero en Oios que, estando las cosas iil
rey de Francia en los lérmtnos que estin , se harian taies efeetos
qne no pudiese levantar cabeza tan presto , pues no se ha vlsto ,
ni se si se ofrecerà en muchos anos, tal coyuntnra como la pré-
sente para ponello en egerueion. Pero, porque en todo me remtto
à la détermination que el rey tomarâ , sera bien que se le envien
los pareceres de los del consejo de Estado, para que, vistos con
lot de alla, se provea lo que mas pareciere convenir (i).
De San Hierônimo de Yuste, h 26 de diciembre de 4557.
Vuestro buen padre,
Carlos.
(1) 11 se plaint, dans le reste de sa lettre, que le procès des officiers de la
maison de contractation de Séville ne soit pas encore terminé , et les cou-
pables punis : il engage la princesse à donner des ordres précis pour qu*il eo
■oil (àk UM fin.
( 306 )
LXXXIX.
LE LICENCIÉ ARCEO A JUAN YAZQUEZ.
BeUtSon du voyage det deux raines, de larandilit k Bidajo». — PersoBM|n
qui Tiennent au devant d'elles , pour les accompagner : rêrêque de SalanuMpe,
Juan de Chares, Juan Velazquez de Avila, Francisco de Solis, le grand con-
mandcur d*Alcantara. — Excuses du duc d'Escalona , du comte d'Oropeu, dp
résèque de Coria. — Absence de plusieurs autres personnes qui aTaieat été
invilées à faire partie du cortège des reines, sans qu'elles aient pris lapeiar
de répondre- — Nouvelles de Portugal confirmant la venue de Tinisatc; pié-
tentions des Portugais. — Mécontentement que ressentent \e» denxrrinnda
procédé de ceux qui , ayant été invités à les accompagner , ne sont pas veans,
et ne se sont pas même excusés, ainsi que de l'arrivée tardive du iearrier d é»
deux alguaxils demandés par dlea : observation relative à la reine de Hoagiie.
Baddjo2, 96 décembre 1557.
lluslra sehor, las Magestades de las reynas de Frauda y
Ungria me mandâron faacer esia , para que Vuestra Merced sepa
las nuevas de aqiii, y cl eslado de (odo, y de ello dé noticia à So
Aheza.
Parliéron de Jarandilla el miércolea, que foéron qvîiioe dd
présente, como Vuestra Merced supo, y todos los dias prost-
guiéron sus jornadas, escepto el de Sanfo Tome, que tobiéron ea
Mérida. Hizo muy buen tieropo, salvo aquel dia de Mérida, donde
no cesé de llover dia ni noehe. A Tnijillo saliù el obispo de
Salanianca, bien acoinpanado de caballcros y gentebîen laeida
y de libreas y otros arreos, como estaba aparejado para la Jor-
nada de la senora infante (1 ) de que primero se trataba. De alti
saliù tanibien Juan de Chaves, con algunos caballeros sus deo-
(1) Voy. p. 169.
( 207 )
doB y amigos. A Mérida saliéron Juan Velazqnez de Âvila, muy
bien aoompanado de caballeros deudos suyosy degente bien en
érden , y tambien Francisco de Solis, qoe fué uno de los llamados
de Càceres. Ântes de entrar en Badajtoz, à dos léguas de elia,
saliô el eoniendador mayor de Alcàntara , con algunos caballeros
y la gente de su casa; y con estes fué la entrada en Badajoz el
jueves pasado, de donde saliéron la justicia y regimienio y algu-
nos otros caballeros. De los lIan)ado8(i) no han venido mas hasta
hoy dia de Pascua, ni enviado à escusarse otro alguno de ellos,
fuera de los duque de Escalona y conde de Oropesa y obispo de
Coria, qne se escusâron como Vuestra Merced sabe, ni tampoco
han enviado aceplacion ni certificacion alguna de su venida, salvo
D. Cristoval Osorio, eoniendador de Ëstepa, de quien y de dona
Maria Manuel su muger, que fué dama de la reyna cristianisima,
hay cartas que quieren venir; mas no son venidos elles, ni cosa
suya» aunque à su instaneia estàn dias ha aposentados, ni hay
Bueva hasta agora del marqués de Villanueva, ni de los oondes
de Medellin , ni la Puebla , ni de Juan Nuûez de Prado , que tam-
bien fuéron llamados, puesto que, al principio del aposento, dicen
los aposentadores que aeudiéron un dia, por parte del marqua,
à pedir posada : pero después no insistiéron en ello, ni los vie-
ron mas, ni snyo, ni de los olros llamados hay mas reeabdo.
Hoy ha llegado aqui un correo de Portugal, ralificando la
venida de la infante y el dia asignado à su partida, que es el pos-
trero de este. AquI van copias de las cartas que hacen mas al caso ,
por donde se verà lo que pretenden los PoKugueses, y el acom-
panamiento que ha de traer la infante. A lo que piden en lo del
jttzgar las causas de los Portugueses , y en lo de la moneda , y de
la franqueza de las viluallas (2), les esta respondido, guardân-
(1) Yoy. p.383,notel.
(3) Les Portugais demaodaienl qu'à Badajoz, les discussions qu'ils pour-
raîeut avoir fussent décidées par eux-mêmes, que leur monnaie y eût le même
cours qu'en Portugal, et qu'ils y fussent affranchis de tout impôt sur les
«objets de consommation.
1
( 298 )
dotes la &DUttia canfonne al disparate; y asi no babri que tntar
de esto. Solo sienten Sus Maf estadea el poco recabdo que se ha
eCectuado ea lo de su acompanamiento. Tiénese fçrande sospechi
que el duqne de Eacaioua no se escusé mediaote causa muy nece-
saria, y à esto ayudô harto ua criado suyo que aqui Tino, àntes
de su ûltima resolucion, â escusarle, que parece haberdicho,
donde hay buenos testigos, que el duque trataba de aparqane
para cumplir con el Ilaroamienlo. A los que foéron llamados, y
no ban venido, ni se escnsàron, no sabria yo disculpar, y algu-
nos estàn algo atnjados en ver ejemplo contrario de la obediencii
y fidelidad de que se precian é intitulan los Castellanos; si slli
se enviàron â escusar, como no se ha dado noticîa de elle, dieen
Sus Magestades que no pueden juzgar de lo que no ban vislo ni
sabido. Con esto se junia baber faltado los alguaciles y apoKo-
tador que se pidiéron ùllimamente, cuando fuéron roenester pan
la Jornada , y venir después de cnmplido con la neceaidad deella,
porque, babiendo Uegado aqui las reynas à veinte y très, viniéroo
elles à veinte y cuatro, y asi se vuelven en desgracia, que 11
Magestad de la reyna de Ungria con lodo liene buena eueota. liO
une y lo otro debe ya tener poco remédie
De Badajoz, à 26 de diciembre, fin de 1557.
LlCENUADO ÂBCEO.
( 399 )
XC.
DON SAKCHO DE COBDOVA A L*EMPEREtIR.
Relation du voyage de Tinfante de Portugal , de Lisbonne à fiadajos. — Lenteur
extraordinaire apporté* dans ee foyage; deptaitir et inquiétude qu'elle cause i
ta rein« de France , qui en eat malade. — * D. Stncbo explique comnent on a mie
wiie jours à faire trente-trois lieues. — Suite nombreuse de l'infante. — Récep-
tion qui lui est faite : confusion causée par la multitude des personnes et reziguïté
du local. — Joie extmordînaire de la reine de France et de sa fille, en se re-
Toyant : D. ftaneho doute pourtant que la princetse puisse être déterminée à se
fixer en CasUIle , et même qu'elle y passe plus de quinxe jours. — Plaintea
dea Portugais de sa suite, sur leur logement et l'abaissement du cours de leur
monnaie : demande de l'infiinte sur ce dernier point; difficutlé qu'il y a à la
saliifiaire. — D. Sancbo ftupplif^ l'Empereur de lui faire connaître si sa mission
eel aeeomplie , ùU s'il doit la continuer jusqu'au retour de l'infante en Portugal.
Badijoj, 19 janiri«r 1658.
S. G. C. M*^**, no he escrito à VuMtrâ MagetUd mucboi diat
ha» hasta ver acabadaeata joroada, porqne, despute de la deter-
miDacion que la senora infante tome para bacella, ae ha andado
con lanto espacio en todo^ que no entré en e«ta corte haata ajer,
qae fuéron 18 deste^ Tardé diceseya dias en el camino, porque
tiivo mai recado de oamiajea; y baaia proveerae delloa, eatu?o
en Alcoobete, que es iree legoaa de Lisboa, deade el lunea baata
el TÎemea aiguiente, que fuéron siete deate, que partie de aquel
logar; y en Hebora eatuvo otros trea diaa, y en Yelbes, que ea
très legoaa de aqui, dos. Y conio las dilaciones que ba babido en
«le negocio ban sido tantaa, escandalisése la crialianisima reyna
desta de manera que estuvo mala , très dias ba , y no durmié
toda una noche, con tener â su bija en Yelbes, pensando que
de alli se le babia de vol ver; y verdaderamente lo decia el pueblo
de aquel reyno, qu^es tan amigo de nuevas que jamâa déjà de
( 500 )
decillas, y todas faisas. Puede Viieslra Magestad tener por cierto
que, desde el dia que déterminé y declaro su venida, su madré no
deseô tanto este camino como Su Alteasa bacelle , y que la dilacion
que hubo en el fué justamente tenida, porque, en cuantos he
visto hacer con damas à Vuestra Magestad , ninguno ba sido lan
trabajoso, porque ningun dia hubo qu el que menos no esluviéron
siele ô ocho horas à caballo, de seis que camînàmos, porque
todas las jornadas eran muy grandes; y como estaban desusadas,
en andando un dia babian menester holgar très; y esta fué h
causa por que se tardâron diceseis dias en treinta y très legoas.
Ha venido muy bien acompanada , porque pienso que traia mas
de mil y docientas cabalgaduras, y que entràron en este logar
con ella mas de cuatrocientas mas de la comarca. De pié , pan
su servicio, venia niucho numéro de lacayos y otra gente, porque
dos caballeros hermanos, bijos de la camarera mayor de la
priucesa, que baya gloria, traen entre entrambos ciucuenta
lacayos y pajcs, y mas de otros veinte escuderos y oficialesâ
caballo, sin los pajes, que son por todos quarenta de h caballo,
y treinta y seis acémilas de guia y de carga ; y todos los dcmâs,
aunque no en tanta caiilidad como estos, vienen con este ecesso.
Llàmase el mayor dellos Manuel de Melo , y el segnndo Antonio
de Melo : este pienso que enviarà la senora infante à visitar à
Vuestra Magestad (1).
Porque creo que las reynas y el comendador mayor eseribiràn
la érden que tuviéron en recebir à Su Altexa, no lo dire yo , mas
de que hera muy buena , si se goardara , porque bubo tanta desôr-
den, por la mucha gente y estrecbeza de la casa, que à la senora
infante le fué necesario , para que las damas podiesen entrar,
pararse al pié del escalera con la serenisima reyna, y echarlas
delante; y con todo esto, se bizo con tanta apretura, que lareyna
saitô à bacer apartar la gente.
(l) Ce fut Manuel, el non Antonio de Melo, que Pinfantc envoya à Tii<te.
Voy. ]*^t. 1", p. 950.
( 301 )
Su rendre se hoigé tanto con «lia, y Sa Àlteza en verla, que
roe parece que nunca vi tanto contentamiento jnniàs en nadie
como (uviéron; y este va en crecimiento cada dia mas : no se si
aprovecharâ para que Su Alteza se qnede, porqne la veo muy
determinada de no bacello. Mas en estos quince dias que trae
para estar aqui , podria ser que tuviese alguna mndança de las
que ba habido para no venir; y bien creo que la estada no sera
mas larga, porque estos ecesos de bestias y gente que traen e!
conde de Yimiosso y su hermano , v todos los otros caballeros
que vienen con elles y sin ellos , acompanando à Su Alteza , que
serân basta veinte, pocos mas é menos, no los dejar&n pasar ade*
lante, por la gran costa, y poca bacienda que tienen para soste-
nella; y asi sentian ellos^ mas que la reyna, cada dia de los que
nos deteniamos en este camino.
Aqui se les ha becbo buena bospederfa , annqn*ellos estân que*
josos del aposento y las camas, y tienen razon , porqu*es la ropa
ruin y poca, y 1ns casas no tan grandes como son menester para
camplir con su pompa. Trabâjase de remediallo : no se si en todo
se podrà bacer. Antojoseles que les babian bajado su moneda , y
pidi6 la seftora infante à su madré y tia, estando yo con ellas,
que mandasen que no se biciese. Como es cosa que no se acaba
facilmente snbilla demàs del valor, no se acabé tan presto como
pensaban, porque no era la diferencia mas que très reaies en
cada santome, que son unas piezas de oro que valen dos ducados
j medio entre ellos, y el verdadero valor son 34 reaies y medio.
He dicbo esto, porque vea Vuestra Magestad con que regalo tra-
tarâa lo demâs, y de la manera que entienden todo, pues les
paresce que babia poco que bacer en lo que treinta pares de certes
Dunca acaban de bordenar.
Yo estoy aqui, sin saber lo que be de bacer, y si sirvo à Vues-
tra Magestad en elle, y dura mi comision basta que la senora
infante sea vuelta 6 puesta con su madré , 6 si se acabé el dia que
entrô aqui. Su Alteza no quiere que se acabe, sino estar à la som-
bra de Vuestra Magestad basta que lorne en Portugal, y esto lo
Coma de manera que no me quiso dar licencia para que viniese a
( 302 )
besar las manoë â su madré y tia desde Yelbes, que son très
legoas pequenas de aqui, decieodo que, pues Yuestra MagesUd
me babia mandado venir coo ella, que oo me habia de adelaolar,
sino entrarcooSu Alteza, y aun volver con ella; y asi nos veoi-
mes, D. Juan (I ) y yo, sio apartarnos de la compania, hasta qse
bes6 las manos à su inadre. Suplico à Vuestra Magestad me
mande decir lo que es servido que baga, porque no esté tan
desalumbrado como agora « y si be de asistir aqui en estes nego-
cios como bombre que los he tratado , 6 dejallos à otros que lo$
acaben, y irme à besar las manos à Yuestra Magestad , y pasarme
à servir mi cargo , à alguna oira parte doude fuere mas senrido
que esté.
Una carta de la serenisima reyna de Portugal tengo aqni,qa«
me mandé dar à la partida, para que yo la dièse à Yuestra Mages-
tad. Dice qu'es en respuesta de la que Uevé.
NuestroSenorla impérial personade Yuestra Magestad goarde,
y dé tan laiya vida como sus criados y vasallos deseamos.
De Badajoz, Â 49 de benero 1558.
Sacra C. C. M^^ los pies y manos de Yuestra Magestad besa
Don Sàngho de Côrdoba.
(1) D. Juan d« Mendiua.
j
( 303 )
XCL
l'empereur a jijam vazquez.
Venue de D. Juan de Acttoa et de D. Gabriel de la Cueva à Tunte. — • Leltre de
l'Empereur à la princesse sur la négocialion avec Jf. de Vendôme. — FloUe de
Pero Menendes. — Traité du duc d'Albe avec le pape : l'Empereur n'est pas
fhis «mtenl des nHichs secrMa que des articles publics. — Payement à faire ii
(hono » peuries prières ^il Ait dire dans iet abbayes.
Yuste, 95 janYÎer 1558.
El Emperame.
ioan Vazqnez de Molina , del nuestro consejo y auestro Mcre-
tario» vuesiras cartas de 4 y 9 deste habemos recebido; y en
conformidad de \o que escribisteis à D. Joan de Âcuôa. vioo
a<|ui; y habiéndome dado cuenta de lo de Flandes, se volvié
con mi licencia ; y hicistes bien en prevenirme de la venida de
D. Graviel de la €ueva , y d*enviarnie copia de la carta que ahi se
le diô, al cual be oido, y tambien los papeles qne trae acerca de
aquel négocie, sobre que escribo à la princesa, en fespuesta de
sa carta, lo que veréis (I), y al duque de Alburquerque tambien :
de que se os envia copia, remitiéndome à lo que ella le mandarà
ATÎsar.
Por la que scribistes â Gaztelii à d2 deste, entendimos como
Ja armada del cargo de Pero Menendezsehizo àla vêla; y despuës
nos ha dicbo que, por 4>tra de 22, le avisais qu el tiempo cantrario
Im velvié al paerto, estando ya cincuenta léguas dentro en la
mar, y qne, aunque corrié peligro, no se perdié ningun navio.
(l> Cette lettre i la princesse est dans le 1. 1"', p. 247.
( 50 1 )
mas de habet* apartado uno a San Sébastian. Âvisaréîs de lo ipie
nias entendiéredes, porqne deseo mucho que llegase en sal?a-
miento y qu el rey mi hijo se pudiose prevaler con brevedad ià
dinero que en ella va, para cuniplir con lo que quedô debiendoâ
les Alemanes y lo demàs; y hânos parecido mejor que fuese junto
comova que en laszabras, como se habia platicado, asi por el
poco tienipo que en ello se aventnraba à ganar, como por los
incouTenientes que pudieran suceder
Vi las cartas originales del duque de Âlba que viniéron con
la vnestra(l), las cuales se os yolviéron à enviar; y la capitula-
cion sécréta que con ellas vino me ha satisfecho tan poco como
la pùblica (2).
Despachàrseha luego cédula para que el factor gênerai Hernan
Lopez del Campo pague, de los drecbos de seis y once al millar,
cuya cobranza esta à su cargo, â Francisco Osorio qainientos;
setenta ducados , para que los dé de limosna à los nionesterios
donde se hace la ot*acion sin intcrniision , conforme â la érdeo
que por nuestro mandado se le diô (3), los cuales son por lo dd
aào pasado de 557, y avisarnoséis de como se bace.
De Yuste, à 25 de enero de 4558. .
Carlos.
Por mandado du Su Magestad :
Martin db Gaztelû.
(1) V.izqucz lui avait envoyé ces lettres le 0 janvier, et y avait joiot les
articles publics et secrets du traité avec le pape.
(9) Déjà, le 26 décembre , I* Empereur avait écrit à Vazquez, touchant le
conditions de la paix : « Son las que esperàbamos y yo sîempre (en^i
» viendo que el duque de Aiva no avisaba de ellas, ni de olra cosa, babiéa-
F dose escrito |)or taiitas vias. *
(3) Voy. la pajye 101, noie 1.
( 305 )
XCII.
MARTIN DE GAZTELÛ A JUAN VAZQUEZ.
Arrivée et réception à Badajos de l'infaote de Portng»! , qui enroie visiter l'Em-
|>ereur par D. Manuel de Melo. — Arrivée de D. Manuel, que TEmpereur reçoit,
mais à qui il ne fait aucun présent, malgré les observations qui lui sont
adressées. — Cadeaux des deux reines à Tinfante. — Lellre «lu duc d'Albc
à l'Empereur, pour Tinfornier de la paix qu*il a conclue avec le pape, et
lui exprimer l'espoir que le roi le laissera se reposer de vingt-quatre années de.
fatigues, et retourner en Espagne. — Silence de l'Empereur, qui ne veut pas
entendre la lecture d'une longue relation dont cette lettre était accompagnée.
Cuacos, 37 janvier 1558.
Ilustro senor, la senora infanfa llegé en Badajoz h los 48, à
la tarde, y su recibimiento dicen que fué muy bueno, y ha en-
viado à viaitar à Su Mageatad con un caballero llamado Manuel
de Melo, montero mayor del rey, el cual ha venido por la posta
con doce caballos y bien cargado de luto. Llegé ântes de anoche ,
y ayer besô las manos al Ëniperador, y boy se despedirà; y, si
Su Magestad esta en lo que anoche, no le darâ nada, porque diz
que quiere romper el hilo a estas cosas. Diôsele à entender que
era justo dalle, y que séria gran lisonja para las reinas é infanta;
y cnandome vine, dtge à Luis Quijada que, si le daban, no
podian menos de mil escudos, y que estos se podian tomar de
los dos mil que tiene Su Magestad en su câmara, y traerse otros
lantos con el primer tercio, para ponellos en su lugar, y esto en
falta de no haber cadena ni otra presea que dalle. Dice este que
encontre à D. Antonio Puertocarrero â média légua de Badajoz
à los SI de este; y el secretario Durango me ha escrito que la
reîna de Francia ha dado en joyas y preseas el valor de mas de
50,000 ducados à la infanta , y la reina de Hungria diz que ha
faecfao lo mismo, aunque en menos cuantidad, y que no sola-
T<MiE 11. 20
( 3U6 )
mente no da demostracion de ir à Gaadalajara , pero que selrata
de Yolverse, y parlir para la Gandelaria : ne se en lo que pararâ,
que Su Magestad tambien lo desea saber
El duque de Âlba ha escrito al Emperador, por medio dd
comendador niayor, una carta la cual me ha enviado, y es de
su mano, hecha en Genazano à 23 de setiembre, en que dire la
paz que, à los diez dél, habia hecho con ei papa, y que se em-
barcarta con la gente que pareciese para ir en Lombardia, y que
de alli , pues gracias à Dios las cosas de Su Magestad estào eo
tan buenos términos eo Ytalia, gozarà de la merced que le biio,
cuando le envié à ella , en decirle que séria por tiempo limitado
y poco, y que iria à besalle las luanos y suplicalle sea servido qoe
repose de veinlicinco anos de inquietud y Irabajos como ha te-
nido, y que liene por cierto se la concédera, para con ella venir
â besar las de Su Mageslad ; la cual no dijo nada, ni quiso oir
nna relacion larga que con ella venia , diciendo que ya lo habia
visto por las que Vuestra Merced ha enviado
De Cuacoa» a 27 de euero de i5â8.
Martin de Gaztelu.
J
( 3W )
xaii.
JUAN VAZQUEZ A L EMPEREUR.
Envoi d'une personne do confiance en Angleterre , pour «'assurer de YéUàî des
. affaires , avant que la flotte de Pedro Henendes reoieile » la voile. — Disposi-
tions prises pour faire parvenir au roi des IctUes de change n concurrence de
200,000 ducats, pour trouver ù Laredo des navires légers qui puissent transporter
de l'argent aux Pays-Bas, et pour que le prince Doria envoie des galères dan»
le même bat. — Arrivée d'un serviteur du marqoiade Gortès, avee use lettre en
chiffres du roi , qu'il a su soustraire aux recherches des Français, et qui contient
la relation de la perte de Calais, ninsi que des instructions pour le conseil
d'Espagne. — Mesures arrêtées en conséquence. — Nouvelles d'Italie. — In-
quiétudes que donne l'approche de la flotte turque..
Talladolid, 7 février 1558.
S. G. C. M., à primero del pfesente escribi à Vuestra Ma-
geslad lo que se entendta de la toma de Calés, de que â todos nos
liene en harto cnidado; y luego sabido esto, y que la armada de
Pedro Menendez babia vuelto con temporal al puerto, y la tar*
danza que ba babido en llevar el dinero, y que no se sabia como
podia estar lo de Ynglaterra con esta novedad, para la seguridad
dël , se ha provehido que vaya una persona de conflanza en una
zabra que pase luego à aquel reyno , dirigido al régente Figueroa ,
j avise con la misma diligencia lo que enlendîere, para que,
estandoseguro, la dicba armada pueda segoir su viage. Aunque
86 tiene por cîerto que ya el rey , conforme al snceso , babrà
inandado y ordenado lo que en tai caso se requière, lodabia, por
las causas que estàn dicbas, y porque Su Magestad tenga enlr»-
Canto con que socorrerse, parecié que se le debria proveer de
algun dinero por cambio; y aunque los mercaderes andan muy
«scandalizadosy recaladoscon lo que con elles se ha hecho, con
la buena diligencia del factor se bizo uno de doscientos mil do-
/
( 308 )
cados, y por cuatro vins por niar y tierrn se lian enviado ya las
pôlizas à Su MagesUd ; y si nias se piidicix; haber, tambien se
harà, que ya se entiende en ello. Tambien se ha escripto al
puerto de Laredo que se busquen buenas zabras y galeones lige-
ros, para ver si converna enviarse en elles alguoa cantidadde
dineros , y asimismo se ha escrito al principe Doria que envie
algunas galeras , para , si fuere menester, enviar por aquella via
dinero de contado , porque Su Magestad por todas partes paeda
ser socorrido, como lo habrâ menester en esta coyuntnra.
Escrito esto, llegé un criado del marqués de Certes, que la
marquesa su niuger habia enviado primero con salvo condiido,
que hubo & saber de su salud , cl cual trajo una carta en cifra de
Su Magestad metida en una accion del estribo, de quince del
pasado; y dice el hombre que en Paris le detubiéron nuevedias,
y que no le dejàron cosa por catar. Y con este envio à Vaestra
Magestad copia de ella , como el rey lo manda , por la cual verà
el suceso de lo de Calés , y lo que Su Magestad habia delerniinado
de proseguir la guerra este ano, y lo que habia mandado pré-
venir y proveer en todo. Y asi se ha comenzado ya en platicar
acâ, y se ira ejecutando todo lo que el rey por su carta ordeaa,
y se le ira siempre dando aviso de lo que se hace; y en lo qae
manda de la paga de las galeras del principe Doria , ya cuando
se recibiô la carta de Su Magestad , se habia tractado que en
esta feria de octubre se le diesen cien mil ducados de conlado,
y en la venidera cuarenta mil, y lo demâs consignado en las
minas, donde sera bien pagado. Agora acaba de llegar correo de
Ytalia, y se ha sacado de todo lo que hay la relacion que va con
esta. Bien pensàbamos que la guerra sciva amansàndose, y
vemos que se acrecienta mas por lodas partes , y los gastos mas
forzosos, sin haber de donde se proveer; y este de la armada dd
Turco nos pone en mncho cuidado, y mas traer gente de caballo
en ella , que paresce que quieren haccr alguna empresa. Dârseha
aviso al conde de Alcaudete, para que se dé priesaen lo que
ha de llevar para Oran, porque, si viniere à aquellas plazas, las
halle en defensa
( 309 )
Nuestro Senor la impérial personn de Vuestra Magestad
guarde y prospère como sus criados deseamos.
De Valladolid, à 7 de febrero 1558.
De Vaestra Magestad mas humill criado y hechura, que sus
impériales manos besa,
Juan Vazquez.
XCIV.
JUAN YAZQUBZ A L*EMPERBUR.
rrÎTée d*uD courrier des Pays-Bas. — Lettre autographe du roi et lettres de
Tcvêque d'Arras à TEmpereur. — Opinion commune que les Français ont pris
Calab par trahison. — Ordre donné au capitaine Pedro Menendez de trans-
porter de suite 300,000 ducats aux Pays-Bas, au moyen de quatre des gnmds
narires de sa flotte et de trois autres petits. — Lettre de Londres , du régent
Figueroa : grossesse de la reine.
Valladolid, 19 février 1558.
S. C. C. H^, boy ha venido un correo por mar de Flandes,
qoe es el duplicado de lo que vino por tierra, que trujo aquel
criado dcl marqua de Certes de \ 5 del pasado ; y con esta envio
ana carta de mano del rcy para Vuestra Magestad, y otras que
verà, y las unas creo que son del obispo de Ras. Y aunque tengo
por cierto que en ellas se debe hacer relacion de lo que alla hay,
todavia se ba sacado copia de la que el rey envia à Su Alteza , y
tarobieo va con esta otra copia de la carta que â mi me escribe
el dicbo obispo , y todos tienen por cierto que bubo trato en lo
de Calés, pues tan facilmente se rindiéron los de dentro, y se
apoderàron de ella los Franceses.
Ya escribi â Vuestra Magestad lo que se habia proveido por
cambio, y los medios que se buscaban para poder socorrer al rey
(310)
con brevedad ; y habiendo venido aqui estos dias el capitan Pero
Menendez , ha parescido y se le ha ordeoado que luego partiese
al puerto , como lo hizo , y que tomase coatro zabraa grandes de
su armada que estàn à punlo, y meta en ellas hasta doscientos
mil ducados de los oebocientos mil que estan eu su armada, y
que lleve tambien con ellas olras cuatro zabras pequenas en
conserva » y que la una de estas vaya siempre adelante pra des-
cubrir, y que llegado al embocamiento de Ugente y costa de
Ynglaterra, lo cual ha de escusar, pudiendo seguir el viagede
Flandes, pase los dichos docientos mil ducados en las très zabras
pequenas, Ilevando siempre la otra desembarazada para descu-
brir, y vuelva â enviar las cuatro zabras à Laredo à juntarse
con la dicha armada, quese queda creeieodo y acabando de apa-
rejar, y que avise luego, con ellos 6 con olro navio, de todolo
que entendiere y supiere de Ynglaterra y Flandes y de navios de
enemigos, y que él siga su camino hasta llegar â Flandes, cod la
brevedad y coidadoj seguridad que pudiere(l). Y lodoestose
ha hecho con su parescer, y lleva tambien érden qucdando
aviso â Su Magestad de su viage, y hecho lo que se le hubiere
mandado del dicho dinero, se vuelva à Laredo, donde qnedô es
su ausencia Alvaro Sanchez, su hermano, almirante de la dicba
armada, aprestândola como esta dicho; y entretanto se darâ
prisa al dinero que ha de venir de Sevilla, para que lambieD
pueda ir en la didia armada, si llegare â tiempo.
Con esta envio tambien â Vuestra Magestad copia de lo que
me escribe el régente Figueroa , de Londres , à !25 de enero , por
donde entenderà Vuestra Magestad como tomô la reina lo de
Calés, y la certeza de su preôado. Plegue à Dios sea asf, y de
alumbralla, como es menester
De Valladolid. à 13 de hebrero i558.
Juan Vazqukz.
(1) Le capitaine Pedro Menendez mit à la voile, de Laredo, le 28 féfrier,
par un vent très-favorable. (Lettre de Vazquez à TEmpereur , du 9 mars.)
(311 )
xcv.
LE DOCTECR MAIHTS A PHILIPPE II.
Bvialîoq de U dernière maladie de rBroperenr, des remède» «pie M athy t a employés,
du régime que TEmperenr wi% » et de l'élat dons lequel il ae trovve.
Yuste, 14 février 1558.
S. C R. M**', jam tom cnm postremas meaa literas xii eal.
februarii ad Majeslatem Tuam darem, spem conceperam (etoi
tum imbecilla adhuc es8e( Caesaris valetudo), fulurum ut non
ila niulto post firmior efBceretur, el fliixus ille chilosua aiqne
affectus aeliacuB aedaretur; quo primo quoque tempore laeliora
de Soae Majeatatis salute nunciare ac preacrihera inihî liceret.
Neque ea me fefelHt, siquidem, postquam continuis quioqu^
dîebns inane ante luceni stimpsisset jusculuro quoddam gallina^
ceum medicatum, et die xxiiii januariî devorassel calapotium.
alephanginum nominatom, cujua ope insequenli die alvua miilla
et varia reddidit, dejectiones multo foere meliores ac panciores;
potiasiroum advocato ad aliquot dies vini abainthitisauxilio, quod
plane ventrem corroboravil. Verum, ubi primum veniri coepit
esse proapeclum» e vesiigio cnirium prurilus sucoeasit, antiqaua
niniimm iile ac jam prope familiaria carnifex; aimulqne calor
qnidara molestua, ob quem, a m cal. februarii in bunc uaqiie diem,
seinper pudis dormit libiis, ne tanlillum quidem alragulia inteC'*
lus. Quae res, ut post diulurnam auperiorem artbrilidem, et Ion*
gam tônuem yicliia rationem, crebraaque roultorum dieruro dqec«
tiones, admirationem nemini non parère débet, ita cacochimiano
permultam siibease, et humorum pravitatem intua latitare er-
gjîlt : quae si ad crura minime propelleretur, dubio proeul alio
decombena, posset multorum malomm et molestiaroin esae
( 512 )
causa. Qiiin etiam necdiim apud me salis tulam aul consoltnm
esse vidcUir, ejusniodi hiimores niovere, ac niedîcamentis 9^-
tare; potissimnni vires suas nobis oslentante natura, dom eos
procul a praecipuis membris abigere ac proteodere conalur;
quod non satis eonstet quanta sit eorum vis, aut in qaa mem-
brorum ac corporis parte inprimis lateant. Proinde in ancipid
magQopere versamur, dam baeremus nalurae ne totum istuc
negocium sit committendum , quae incredibiii providentia nos-
trorum corporum satagit, an ipsum corpus sit immodica caco-
chimia repurgandum, nam temerarium videtur natura a su
administratione ac oeconomia avocare, et humores alia m
eiigere quam qua ipsa vergat; rursum periculosum est deha-
morum copia uihil detrahere, aut saltem non eniti ut paulalim
natura assuescat alio demittere. Video quidem controversîam,
caeterum bene quiescentia interdum non sine maxirao discrimine
moveri atque irritari non ignore. Ejus rei periculum temere
facere subjecli corporis praestantia vetat, quod experimentum
omne juxta senis nostri décréta periculo non careat; quodqueejus
ipsius rei judicium sit perdifficile. Observabo tamen sedulo.nom
ipsa natura , inquam , nonnihil ambigens occasionem praebebil
agendi, ideoque, cilra aliquam haesitationem , intérim ea ?ia
insistam , quam hactenus sum ingressus.
Quod autem ad praesentem corporis Gaesarei manifestam
constitutionem attinel, ea tolerabilis est; nam ab artbritide liber
bene et quiète dormit; edit non quidem multum, attamen me-
diocriter; bibit in diem heminas quatuor, pauio plus minusve,
easqne partim viui , parlim cervisiae , pro antique sue more. E
digito illo minimo dexlrae ulcerato nihil manat, sed paulalim
carne impletur, ut brevi videatur cicatrice obduceudus. On bac-
tenus post arihritidem vix deesl sua aridilas et inflammatio, quae
modo major, modo minor est; et noctu praecipue, negocium
facessit, nam interdiu serapervivo herba lenitur.
Haec habeo quae in pracsentia scribere possum ; reliqua Deus
immortalispraestabit, in cujusmanibuscuncta consistunt; quem-
que obnixeobsecratum velim ut Caesaream Tuamque Majestalem
T-*v
(313)
perpetuo incolumem nobis et toti reipublicae christianae, ex
omnîam voto, conservet; ae faxit, ut quaeciimque MajestasTua
capessit, ea admodum ex sententia et féliciter succedanl.
EJa8tiano,xiiii februarii 1558.
Sacrae Hajestati Tuae semper devotissimum mancipium,
Cor. Henr. Mathisius,
Medîcorum mioimus.
XCVl.
LUIS QUUADA A JUAN VAZQUEZ.
L'Empereur désire que Vasques fa>êe acheter à Burgos, ou à Laredo, des harengs
sec& et des harengs salés. — Offrande de 59 écus faite par Quijada à l'autel de
Yuste , en comuénioratîon de la naissance de TEmpereur.
Yuste, 94 février 1558.
Iltistre sefior , después de cerradas las que con esta van (1), me
ha mandudo Su Magestad qu'escribiese a Vuestra Merced que
procurase, en Burgos 6 en Laredo, haber aranques secos que se
snelen Iraher de Flandes , y ansiniismo de los salados blancos : el
ano pasado, el condeslable (^) los envio secos. Si en Burgos no se
ballaren, dice Su Magestad que podria ser hallarse en el Aredo;
y donde yo picnso que se hallarôn mejor, sera en Burgos, en
(1) Les lettres de Quijada, dû 33 février, insérées dans le t. H, pp. 375
etsrc.
(i) Le connétable de Castille.
/-
( 5<4 )
casas de mercaderes regalados; y, si se hallaren, Vuestra Merced
los mande venir con alguna estafeta, porque liene f^ana dellos.
Lo niismo se ha escrito à don Juan de Mendoza, eoibajadorde
Portugal, que, si aili los hubiere, los mande enviar (i).
De Yuste , dia de San Malia, y he ofrecido 59 escudos por lot
anos del Emperador.
Luis QUIJADA.
XCVII.
D. LUIS DR AVILA Y Z6NIGA A JUAN VAZQUEZ.
Il est venu Tisiter rEiapereur, qu'il n'avait pas vu de quelque tenps, a|im
avoir pris congé des deux reines. — Il dit , à propos de la mort de la reine de
France, que c'était une sainte, qui n'avait pas plu^ de malice qu'une colombe.
— État peu satisfaisant dans lequel il trouve l'Empereur. — Réflexions d*ATih
sur la guerre des Pnys-Bns, et la perte de Calais et de Guines.
GuacoS) dernier de février 1558.
Ilustre senor, yo vine aqui à visitar à Su Magestad , porqoe
habia aigunos dias que no le habia visto, y parle de ellos fué
andar ocupado en aconipanar à las reinas con mis dos tocas,
como la senora dona Marina. En fin, senor, yo las degé en Ba-
dajoz, y éjala fuera ântes, y me vine después. 1^ de Francis
acordô de hacer otro camino. Dios la ponga en el cielo, qae
(I) Quijada écrivit, le 13 mars, à Yazquez : a Los arenques son boenos, j
» mejores que los qu*el embajador D. Joan de Mendoza dos ha eoviado de
» Portuj^al. >' Il ajoutait : « Cuando el salmon llef^are alla , sera el bien venido
» acâ. n
Jfin
( 516 )
verdaderaaiente era ona santa ÎDocente, y creo que no havia en
ella mas malicia que en una paioma vieja. Halle al Eiuperador
harto flaco, y rouy de ru in color, en la cama, sin gana de corner;
y ayer, bendito Dios, se levante y esta harto mejor : mas, si los
frios vuelven, que podrà ser por ser esto niontana, ternà tra-
bajo, porque los pasados le han puesto en estos términos.
Entre otras cosas que acà se han tratado, entend! algunos
medios que se hallan para sacar dinero, los cuales son bien
menester. j Plujera à Dios que el rey se hallara con ellos el ano
pasado, que Calés estuviera libre y Paris hecho carbon! Mas no
pueden todos lo que quieren, y, ya que Calés se perdié, bueno
es tener el rey tomado lo que tiene. Guines querria que se ho-
biese sostenido, que eierto sera pérdida acrecentar el Francés
tanta reputacion à su empresa : harto la desquitô con tomar à
Calés, el cual no es nada bueno para nosotros tenelle Franceses,
y peor para Ingleses. Su Mageslad no lo tiene por tan danoso,
por muchas y niuy buenas razones que da : mas pues ya esta
malaria es vieja, tratemos de otra
Después de escrito hasta aqui, vino la relacion de lo de
Guines; pesôle à Su Magestad, mas no tanto como le pesara, si
no pensara que habia de ser asi. Lo que ha ganado el Francés es
ir desempenando su reputacion , que con las cosas pasadas la
ienia harto quebrada. Guines, teoiendo Franceses à Calés y
Harbra(l), no importarà mucho el sostenelle, y asi le habràn
desniantelado. Mos. de Guisa me parece que ha mostrado en esta
parle mas diligencia que en Ytalia; él ha hecho gentil empresa ,
cogiendo él lo que sembro el condestable.......
De Cuacos , ultimo de hebrero.
El Comendador Mayor dr Alcantara.
(1) Ardres.
( 516 )
xcvrii.
INSTRUCTION DE LA PRINCESSE DONA JUANA POUR D. HERNANïïO
DE ROJAS (1).
D. Heraando se rendra d'abord à Yuste, et présentera à VEmpereur les compUneDls
de condoléance de In princesse et du prince sou neveu , à l'occasion de la mort de
la reine de France. — Il présentera les mêmes compliments à la reine de Hongrie,
là où elle m trouvera. — Il rendra compte à l'Empereur de tout ce qui s'est passe
à Valladolid, à l'occasion du dépôt du corps de la reine de France à Mcrida. —
II lui demandera ses intentions sur le lieu où la reine devra être enterrée, en lui
faisant les objections que la princesse énonce , s'il parlait de la chapelle royale de
Grenade. — Il dira 21 la reine de Hongrie que la princesse et le conseil d'Élat ont
Ole , comme elle , d'avis de distribuer aux pauvres la somme qu'aurait coûté ua
enterrement fait avec apparat. — Si l'Empcrenr le trouve bon , il passera en Por-
tugal , pour offrir à la reine douairière et à l'infante dona Maria les eom{dimcnls
de la princesse. — Si l'Empereur préfère donner cette mission à D. Sancbo de
Cordova, Rojas remettra à celui-ci un extrait de son instruction, en ce qai
concerne le voyage à Lisbonne.
Valladolid, dernier février 1558.
Lo que vos, D. Hernando de Rojas, mayordomo del serenisiiDO
principe mi sobrino, habeis de hacer en este camino que vais por
mi mandado, es lo siguiente :
Yréis de aqui à Yuste por la posta, oon la diligencîa que w
pudiere. Y, porque be entendido que el Emperador roi senor b
estado estos dîas con algiina indispusicion de la gola , visitaréb
à Su Magcstad de roi parle, y de la del serenisimo principe mi
sobrino; y dàndole la carta mia que Uevais de mi mano, signi-
(1) Rojas écrivit à Yazquez, le 9 mars, quMI était arrivé à Cuaeos le samedi
précéilenl; que FEmpcreur, Payant reçu, lui avait ordonné de partir imnié>
diatenM'nt f our le Portugal , et qu^'l se mettrait en route le lendemain.
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yM
(317)
ficaréis à Su Magestad la pena que con tanta razon he scnlido
del fallcsciniiento de la cristianisima reyna nii tîa, y no menos
por la quo Su Magestad habrà tenido, suplicàndole de mi parte
que, pues este negocio es de Dios, lo tome como de su mano, y
de manera que» estando Su Magestad como esta, no le cause
nueva indispusicion : que séria para mi muy grande y doblado
descontentamiento y pena.
Y porque, cuando Uegardes, podria ser que estuviese ya alli ,
6 en Xarandilla, la serenisima reyna de Ungria mi tia, daréis à
Su Alteza la caria que tambien Uevais de mi mano, sîgnificândole
lo niesmo que à Su Magestad, porque no tengo duda que habrâ
sentido este fallescimiento de la cristianisima reyna, como de
faermana mayor que tanto amaba y queria , y que déjà à Su Âlteza
con tanta soledad, habiendo vivido en tan larga compania : que
es la cosa que no me da à mi poca pena , por la que Su Alteza
ternà; y lo que mas sobre esto os paresciere, como de mi lo Ue-
vais entendido; y, si Su Alteza no hubiere llegado, no dejeis de
passar donde estuviere, y como el Emperador mi senor os lo man-
dara ordenar.
Podréis decir al Emperador mi senor que, al tiempo que Su
Magestad enviaba à Luis Quijada h visitar à la cristianisima
reyna , scribiô el dicho Luis Quijada à Juan Vazquez, y le envia
noa carta que el obispo de Palencia le escribiù à él (l), en que
se pedia ei parescer de aca sobr el depésito del cuerpo de la cris-
tianisima reyna , en caso que fallesciese, y se le respondid que
en Mérida era muy à propdsito, por las causas que el dicho
obispo decia , y que luego se recibiéron otras cartas del licen-
ciado Arzeo, de i8 del présente, que escribié por érden de la
serenisima reyna de Ungria, en que tractaba lo que se habia
enviado â consultar à Su Magestad si séria deposito é enterra-
mien to, y donde, y que enlretanto se quedaba previniendo del
modo , pompa y otras costunibres de Spana que en ello se deben
i
I
(I) Voy. Ict. H,p. 267.
(318)
tener , y que acà se cop8uUase sobrello , y se enviase iosiraccîon
y persona en diligencia que tiiviese esperieDcia para qoe lo
guiase ; y el mesnio dia que se Iractô desto , que faé lue^ que
se recibîéron las carias, llegé otra que Luis Qnijada eseribiô
desde Galisteo (I) con el aTÎso dei fallescimîeoto, y tambien Us
que se me escribiéron de Yusle , de Î2. del mismo, en que se me
avisaba de que, con el parescer de Su Magestad, se llevariaei
cuerpo à depositar à Mérida, que es lo mesmo que tanbten acà
paresciô , y que esto se baria el dia de Saiict Matia , y que, pues
esto fué ton bien aeordado, no habia necesidad que de acà se
hiciese otra diligencia ni enviase persona para elio, porque, aun-
que foese, no llegaria â liempo, inayormente que no paresdé
habia de que adverlir en esto mas de que se hiciese el depôsito
como se acostumbra, y se tomase el testimonio dello, y se dqe-
sen las misas y oficios divinos usados, de que lienen notieia A
obispo y licenciado Arzeo , y que no paresee acà de que hay qae
anadir à lo que ya esta hecbo, ni que aconsejar y dar paresoer,
hasta saber lo que la cristianisima reyna dejô ordenado cerea
dello; que, sabiéndolo, si hubiere de que adyertir, se harà.
Y si, estando vos alli, el Emperador roi sefïor viniese 4 tnctar
en lo del enterramiento, podréis decir que, hablando acàen dlo,
paresciô que, pues de présente no es el tiempo en que se ha de
trasladar, lo habrà para mirar lo que se debe hacer, y qneal
tiempo mandaré proveer el aeompanamiento y lo deraâs qoecoiH
viniere y se requière â tal persona ; y, si pasare So Magestad i
hablar de enterrarla en la capilla real de Granada . le podréis
decir que ya sabe Su Magestad cuan pequeâa es la capilla, y que
esté tan ocupada con los bultos que en ella hay, que apen»
caben , y que no se ban enterrado alli hermanos ni reyes trans-
versales, y que acà parescia que estaria bien en Guadalupe, donde,
como Su Magestad sabe, esta el cuerpo del rey D. Enrique, 6 en
San Juan de los Reyes de Toledo , à en Avila , donde esta el prio-
(1) Voy. let l»', p. 273.
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(319)
cipe D. Juan, y que todo se remite à lo que, à Su Magestâd pares-
ciere y mandare.
Diréis tambien de mi parte à la aerenisima reyna que me parea-
cié muy bien , y lo mesmo à los del eonsejo d'Estado que cabe mi
reaiden , lo que Luis Quijnda eseribié aobre lo que à Su Alteza
parescia, que lo que se hubiese de gastar en pompas en el enlierro
de la cristianisima reyna se dièse à pobres (1) : que fué muy bien
acordado.
LIevais dos cartas mias de visitacion para la reyna de Portu-
gal mi senora y serenisiuia infanta dona Maria; y en caso que al
E)mperador mi senor le paresciese que pasàsedes à aquel reyno
con ellas, iréis en diligencia por la posta; y, dando à la reina mi
senora la suya , le significaréis de mi parte lo mismo que al £m-
perador mi senor y à la serenisima reyna de Uagria mi tia, y
lliego visitaréis h la infanta dona Maria, que es à quien principal-
mente habeis de consolar de mi parte, como à quien perdiô tal
madré, y la pena tan grande que yo he tenido principalroente
por este, y lo que mas os pareciere en tal caso, y el contenta-
miento que recibiré en avisarme muchas veces de su salud.
Tambien visitaréis al serenisimo rey mi faijo, y me traeréis
nHiy panicularei naevas de su salod; y, en caso que al Empera-
dar mi senor paresciese que no debeis vos pasar adelante â liacer
bis diebas visitas» y mandase que D. Sancho deCérdoba (â) pasase,
de parte de Su Magestâd y de la serenisima reyna de Ungria y
mia, à Portugal, dalleéys las dos cartas que llevais mias, habiendo
de jr él, y copia deste capitulo y el de arriba. En todo lo cual,
86giiiréisy baréis lo que à Su Magestâd paresciere, y lo mesmo
•n la visita de la serenisima reyna de Ungria , suplicàndole de
(1) Vojr. Ictl", p. 273.
(S) D. Sancho de C6rdova désirait vivement être chargé de cette mission :
il écrivit plusieurs lettres à Vazquez pour la solliciter, et lit parler dans le
iiiétne but à TEmpercur. Mais il paraît que la princesse avait d^abord jeté les
yeux sur Rojas, el l'Emperewr, quoiqu'eUa i*en iaÎMit maître, ne voulut pas
infirmer le choix quMle avait fait
( 32U )
mi parte os mande ordenar lo que en todo le paresce debeis kicer.
Y en ciianto à lo que acà se dcbe faacer, que es lo de las boo-
ras, podréis decir que se liarân con el honor y autoridad que es
razon y se debe , y couio se acostumbra eo estos reynos.
De Valladolid, â ûUimo de bebrero 1558.
XCIX.
MARTIN DE GÀZTELÛ A JUAN VAZQUEZ.
Dépôt à Mcrida du corps do 1« reine Éléonore. — Arrivée à Yuste de la reÎM de
Hongrie , qui loge dans l'habitation de l'Empereur : personnes dont die est
accompagnée; réparlition des gens de sa suite. — Ceux qui étaient préseabà
l'arrivée de la reine. >- L'Empereur permet que les personnes de la suite de la
reine lui baisent la main. — État de sa santé. — Déplaisir que lui cause la perie
de Guines et de Ham.
Cuacos, 4 mars 1557.
Ilastre senor, la carta de Vuestra Merced de 26 del pindo
recibi , y en lo de la reina cristianisima no hay que decir, sioo
que su cuerpo se depositô en Nérida , como pareciô à todos. Y
la de Hungria se partie para acà , y llegé ayer a Yuste, càsi à las
très, y en su acompanamiento el senor obispo de Palencia,
D. Juan Hurtado de Mendoza y Juan de Cfaaves. Ella se quedé
alli, donde Su Magestad la mandé nposentar en cuatro pieits
bajas de verano , y a elles en este logar, y los demàs criados j
mugercs en Jarandilla. Hasta agora no se los dias que se deten-
dràn, ni la determinacion que se tomara; pero presto se enten-
derà (i). Hallâronse en Yuste, cuando la reina llegé, d senor
(I) La reine quitta Yuste le S mars, et alla loger à Jarandilla. (Lettre de
D. Sanclio de Côrdova à Vazquez , du 8 mars.)
( 321 )
comendador mayor, D. Snncho y Luis Quijada; y el dicho 8enor
obispo y sus coropaneros entràron con la reina al aposeiito dcl
Emperador, y tuvo por bien que le besasen las manos
Su Magestad queda ievantado y en buena disposicion, aunque
de las rudillas abajo tiene comexon , que es buen senal, porque,
cuando le falta, diz que acude la gota : sobre que el doctor, à
quieu prevengo siempre, escribe à Vuestra Merced lo que verà,
à cuya carta me remito (1).
La pérdida de Guisnes y Hams ha dcsplucido h Su Mageslad ,
porque para el asedio de Gales y todos efeclos iinportaban , y
tiene grande esperanza que, pues los Ingleses daban tan buena
demostracion de recuperalla, y el rey ténia ya tanta gente junta,
se haran buenos efectos, si el dinero no falta, sobre lo cual creo
que envîarà al senor Luis Quijada por ahi, para que de su parle
hable en ello à Su Alteza y à quien mas convenga.
DeGuacos, viernes à 4 de marzo de 1558, à las il del dia.
Martin de Gaztelû.
(1) Voy.| dans le 1 1*', p. 278, la kUre do docteur Mathys du 1" mars.
Tome U. 21
(383 )
C.
LUIS QUIIADA k lUAN TAZQUBZ.
Arrirée et i^our k Yaat« de la reÎBe de Hongrie , qui va easaiCe k Jamdillt it-
joindre sa maison et celle de la reine de France. — Son ialentioe de de^earer
à Cigales , jusqu'à ce que le roi ait statué sur son établissemeoi. — L'Empemr,
à la prière du grand commandeur d*Alcantara et de Quijada , permet à eeIai-«
d'ÎBtereéder peur le eorrégidor de Plasencia. ~ Bnvoi de Qntjâda à f aBadoM.
— Amélioration de la santé de rKuperi*ur. - Arrivée à Yiiale de Benaidias de
Tàvora , avec une mission de la reine et de l'in/anle de Portugal. •— Dépwt de
D. Hernando de Rojasetde D. Sancbo deCôrdova.
Tusle, 10 man 1558.
Ilustre senor, Sa Magestad me anda por despachar; y porqne
DO 5é si tlegaré primero que esta, he querido avisar à Vuestra
Merced , en estos pocos renglones, como la reyna llegé aqui, bo;
jueTes hace ocho dias. Estobo hasta el martes, y se fué â Jaran-
dilla, donde esta so casa y la de la cristianisima reyna. Partira de
alli el lunes que viene, si puede dejar concluido con Su Magestad
lo del testamento y de la manera que se ha de hacer ; y da poder i
la reyna para que lo despache y haga como convenga à la bre-
vedad que se requière, para la costa que se recrece â la liadendi
de la cristianisima. Resolviôse con Su Magestad de irse à Cigales,
donde estarâ y esperarè à los négocies que con Su Magestad Real
ha de tomar para su asiento. Y en lo de! corregidor de Plaseo-
cia y su teniente, Su Magestad, à suplicacion del comendador
mayor y mia, me lo ha remitido, para que yo lo trate coando
vaya con el senor Juan de Vega (f ). Vuestra Merced le puede
avisar que esté de buen ânimo.
(1 ) Vojr. le 1. 1*', p. 240, et la lettre de Gaitelû du 1 2 mars , qui suit ceOe^
■»..r
( 323 )
Su Mageslad me envia, y con ocasioD, que sin ella nunca saliera
de aqui; y porque, como digo, yo sèré en brève, no digo mas
de remiiillo para entônces.
Su Magestad va cada dia mejorando : de io cual podrà Vuestra
Merced avisar à Su Alteza.
Aqui es ilegado Bernardino de Tàbora , que viene à visitar à
Su Magestad de parte de la reyna y infante, y no pasarâ adelante;
y don Hernando de Rojns esta despachado y parte lioy, y don
Sancho de Cérdova liace Io mismo, y con calentura, y contente
de loque Su Magestad le respondiô; y se va à su casa
Kn San Gerénimo de Yuste, 10 de marzo 1558.
Luis Quuada.
^
■
(324 )
CI.
MARTIN DE GAZTELÙ A JUAN VAZQUKZ (1).
Audience donnée à D. Ilernando de Rojas par l'Empereur, qui l'expédie, avec
dea lettres pour la reine , l'infante et le cardinal de Portugal. — IndispositioD de
D- Sancho de Côrdova, qui s'apprête à partir pour chez lui. — L'Empereur ne
reut pas qu'on lui envoie plus d'argent qu'il n'en a reçu jusqu'ici, nonobstant les
ouvrages qu'il fait faire. — Longs entretiens de la reine de Hongrie avec TEb-
perear , pendant son séjour à Yuste. — Gaztelù ignore ses intentions ultériettra;
mais il ne croit pas qu'elle consente à retourner aux Pays-Bas , et pourtant dk
aime à se mêler des affaires publiques, quoiqu'elle dise le contraire. — Affai-
blissement de sa santé. — Prochain départ de Qtiijada. — Amélioration de U
santé de l'Empereur. — Retour d'Antonio de Guxman , envoyé par la reine de
Hongrie à Lisbonne, après la mort de la reine de France, pour complimenter
l'infante, sa fille. — Audiences données par l'Empereur et la reine à D. Bernar-
dine deTâvora, ambassadeur de la reine et de l'infante de Portugal. — L'Eb-
pereur pardonne au corrégidor de Plasenela et à son lieutenant.
Cuacos, 13 mars 1558.
Ilostresenor, Su Hagestad oyd al senor D. Hernando de
Rojas, y le mandô dar instniccioD , y escribiô à la reina , infante
y cardenal con él ; y se partie de aqui antier manana para Pla-
sencia, donde le aguardaba el senor comendador mayor. Liegô
y va bueno; y con esto cesa la ida del senor D. Sancho , el coal
esta aqui, y ha tenido no se cuantas calenturas; pero ayer ao-
daba levantado y bueno por este logar. En entendiendo lo que
Su Magestad responde h lo que le ha supUcado que escriba al
rey , para que le haga merced en estas vacantes de encomiendas,
creo que se partira, à lo que él me ha dicho
Diciendo à Su Magestad que Vuestra Merced me escribia la
(1) Voj., dans le t. I", p. 383, la let(i« de Quijada du même jour.
( 325 )
diiigenda que habia hecho para que se envîase cl tercio de los très
meses que vienen, y que , si era servido se le enviase masque por
lo pasado , por razon de lo que se ha acrecentado y las obras en
que se gasta razonable parte, se haria, me respondiô y dijo que
por agora no es necesario, porque las obras seràn luego acabadas,
y bastaràn los cinco mil ducados en cada très meses para lo
demàs. Cuando otra cosa entendiere, lo avisaré à Vuestra Merced.
La reina de Hungria posé en Yuste, corao escribi; y los dias
que alli estnvo, que fué hasta el martes pasado, que fuéron 8 de
este, tuvo largas plàticas con el Eroperador k solas; y este dia, à
la tarde, se partie para Jarandilla à ponerse en érden ; y, à lo que
entiendo, volverà à Yuste, 6 aqui, el lunes 6 martes que viene,
para despedirse de Su Magestad, y partira luego para Cigales,
donde despedirâ la casa de la reina cristianisima, y entenderâ en
el cumplimiento de algunas cosas de su testamento. Lo demàs
que piensa hacer no lo se : pero creo que, aunque se lo pidan, no
Tolverà à Flandes, puesto que creo convemia al servicio de Sus
Magestades; y, por otra parte, conozco de ella que es amiga de
négocies; aunque da à entender otra cosa, yo no me debo de
enganar. Se que no anda buena , porque su dolor de corazon le
acude mas recio y de ordinario que por lo pasado
La partida dcl senor Luis Quijada para su casa dépende de la
de la reina, y ira por ahf à lo que Vuestra Merced de él enten-
derâ : à que me remito.
Su Magestad esta bueno, y cada dia lo va estando mejor.
Antonio de Guzman, que fué, de parte de la reina de Hungria,
despoés del fallecimiento de la cristianisima , à visitar à la in-
fante, me dicen que pasô ayer tarde por aqui para Jarandilla*
estando yo en Yuste.
El embajador que la reina é infanta de Portugal envian à
visitar al Emperador y à la reina, llegù aqui antier, y el mismo
dia se le dié audiencia, y el siguiente pasô â Jarandilla à hacer
su visitacion à la reina , donde se esta al olor de las damas. Llà-
mase D. Bernardine de Tàvora.
De Cuacos, à 12 de marzo de 4558.
{ 326 )
OlvidàbaMine de decir que , habiendo el Emperador eotcn-
dido que los senores del contejo habian suspendido à su teniente
del corregidor de PlaBeocia , por lo que aqui sueediô, y durante
el tiempo que fuese au yoluotad , y que à él no le dabau lieeocii
para venir à servir su cargo , se hizo con Su Magestad la dili-
gencia necesaria, y tiene por bien de perdonallos, y que basU
lo hecho, y se les dé licencia que vuelvan à servir sus oficios : de
que todos habemos holgado cuanto se debe, por lo que toca il
corregidor, que es buen caballero; y es de créer que adeUnte
mirari lo que hace
Martin db GàxtELt.
CÎI.
LE DOCTEUR HATHYS À JUAN YAZQUEZ.
Quoique la «anté de TEmpereur se soit améliorée , elle laisse «cependant i dc«Rf
eneore , et la plaie du petit doigt de la main s'est rouverte. — Matbys se
propose de lui faire prendre de Teau de bois des Indes , ou de la salsepareiQci
pour le conforter. — Observations à propos d'une grati6eation qu'aTaient rrriie
les serviteurs de l'Empereur , parmi lesquels Matbys n'avait pas été compris.
Tuste, 15 mars 1558.
Muy iluslre sefior, annque la mejoHa de la gota de Su Ma-
gestad va adelante, A Dios gracias, todabla no tiene entera salod,
por no tener gana de corner, y quedarle niucha qaantidad de
orina en el cuerpo , lo que A me no contienta ; pero Su Magestad
dnernie muy bien y bace sus cémaras razonables, rienipre coa
alguna aquosidad , y corne algo , pero sin gran gusto y sin delec*
tacion. HAle tambien reverdescido la llaga del dedo pequeAo de
la mano : lo que no tengo en mncbo. Estâmes agora en que Sa
.i
'■"^'-J.'-T-
(327 )
Magestad tome el agoa del palo de iaa Indias, à de la zarzapar-
rilla, por restorar el estôraago y confortar los otros miembros
principales ; y manana se determiDarà eual sarà de estas. Plegue
à Nuestro Seôor que sea con lanto provecho como todos de-
seamos.
Cuanto à io que loca à mis gajes, Vuestra Senoria sepa que ,
por boca de Su Mageslad , estos dias acà, se entendiô como Sa
Alteza habia hecho merced à los criados de Su Magestad, por
ayuda de Costa, de cuatro roeses de gajes; y escribi à Vuestra
Senoria como en esto à me ap habian tratado como à todos los
otros, solamente por darle ad entender Io que conmigo se pasa
por acà; y en verdad yo pensaba que Su Âlteza nos hacia tal
merced : pero paresceme de entender, por la carta de Vuestra
Seftoria, que debe ser FEmperador el que la hace; y pesariame
qne sobre semejante cosa se escribiese à la Magestad del rey
nuestro seftor, porqne espero da Su Magestad Real mayor
merced, cuando sarà tiempo de pedirla, que iOO escudos, 6
algo mas , que es Io que à me agora tocaria , tratàndome con-
forme à Io que ban recibido todos los criados de Su Magestad :
siendo muy gran razon que el rey nuestro seôor trate à me, suyo
eriado, como Su Magestad trata à los suyos, sirviendo yo tan
bien y con tan buena voluniad à su padre como todos los otros.
Pero beso humilmente los muy reaies pies y manos de Su Alteza ,
por la Toluntad que me liene, y de Vuestra Sefioria recibo muy
gran merced , en decirme que por su parte no dejarà de ayn-
darme
I>e Yuste, à 15 de marzo de 4558.
Henrriqub Matisio.
(328)
cm.
UkKTm DE GAZTELi ▲ JUAN VAZQUEZ.
La reine de Hongrie prend congé de TEoiperear, et part pour Cigales. — Onijada
se rend à YalladoUd, avee une mission de l'Empereur, qui se borne à lui remettre
quelques mots pour la princesse.
Cuaoos, 16 mars 1S58.
Ilustre senor, la Magestad de la reina de Hungria vino ayer,
después de corner, de Jarandîlla à Yuste; y habiéndose deapedido
del Emperador, y estado primero buen rato parlaodo con él, se
vino à dormir h este logar, de donde boy, deq>fiés de baber
comido , se partie en punto à las doce; y va dormir â Cabezuela,
ciiatro léguas de aqui. Dicen que llegarà en siete dias à Cigales.
Va buena, y asi lo queda Su Magestad, coino lo escribe el doctor
â Vuestra Merced, à cuya carta me remito (i).
Tambien se partie el senor Luis Quijada esta manana, k las
ocho; y llegarà abi câsi tan presto como esta; y por ser él, le
parecié â Su Magestad que se podria escusar el escribir, pues por
su relacion, como quien va y esta tan informado de lo de aqui,
la podrâ hacer tan cumplida y verdadera de todo; al cual me
remito
De Cuacos, â 16 de marzo 1558.
Martin de Gaztel6.
Después ba escrito Su Magestad con el senor Luis Quijada bre-
vemente à la senora princesa, remitiendo lo demàs para baœrio
con D. Hemando de Rojas.
(1) Voyez la lettre précédente.
( 529 )
CIV.
JUAN VAZQUEZ A L*EMPEREUR.
EoToî de la copie d'une lettre du roi. — Nouvelles d'Italie. — Mesures de précaution
prises contre la flotte turque , qui s'approche.
Valladolid, 19 mars 1558.
I
k >
l
s. C. C. M**' , ayer se recibiô una carta del rey naeslro senor,
de diez de febrero, que la trujo un honibre que vino por sus jor-
nadas, con saWo conducto , por tierra ; y con esta envio à Vuestra
Magestad la copia de ella , à la cual me remito en todo lo que de
alla podria deeir; y tambien se recibiéron unas carias de Italia,
de once del mismo, y lodabia confirman la venida de la armnda
del Turco, con mas numéro de galeras que los anos pasados, y
con navios para traer caballos : que es senal de hacer empresa ; y
asi se previene à todas partes, y à la Goleta seproveeque se lleven
trescientos hombres y la paga , y hasta cinco 6 seis mil hanegas
de pan , porque de Sicilia no lo proveen , porque este ano liay
gran falta en aquel reyno, y si el armada vîene alli, no la halle
desprovehida ; y à Gerdena se ha acordado que se hagan 1res van-
deras y se envien alli con diligencia j ^
f
De Voestra Magestad humill criado y hechura, que sus impé-
riales manos besa »
Juan Vazquez.
- lrr->. ■
0-'
( 330 )
cv.
LUIS QUIIADA A L EMPEREUR.
Son arrivée à Valladolid. - Viaitea au prince et à la prioeesse. — Gommumeatioa
à la princesse des pointa dont TEmperear Ta chargé, sur les secours d'aqsent
} à envoyer au roi , rintervenlion de la reine de Hongrie dans les affaires du
f gouvernement , et le logement de la reine au palais : mécontentement que b
I princesse a témoigné sur les deux derniers points.
J
Valladolid, 19 mars 1558.
I S. C. C. M**** , yo lleguétioy à mediodia , y luego visité al pria-
i cipe y princesa de parte de Vuestra Magestad, cayas maoos
j besan muchas veoes, por tan gran merced como les ha faechoen
* avisalles tan particalarmente connoigo de la salud con que Voes-
( tra Magestad se hallaba, euando yo parti. Yo lei les pontes qoe
! Vuestra Magestad me mandé, à la princesa. Y en cnantoih
provision que se ha de hacer del dinero para el rey , Sa Alten
! escribe à Vuestru Magestad lo que en elio hay, y en lo demis
dice que mandarà hacer las diligencias que se pndieren, pan
que vaya la mayor suma que fuere posible, y que no aynda Â
ello nada lo que el rey ha envîado à mandar por la ùllima carta
que de Su Magestad Real se Uene. En lo del oomontcar ios nega-
i cios con la Magestad de la reyna de Ungria , halla Su Alten
harlos inconvenîentes , y el mayor es deeir que se le loca tm sa
j auloridad, y no menos que, couociendo su condioion de la rejna,
I quiera tomar mas parte de ellos de lo que se le quieran dar; ;
ans! me ha mandado que no cure de decillo à ninguno de Ios
consejos , hasta tanlo que se comunique con Vuestra Magestad;
y porque Su .Vlteza escribe mas largo en su carta de mano propia,
] , solo digo yo lo que dello siento. Y en lo del aposento para la
Magestad de la reyna en palacio, responde que ella esta mirr
:t-UJ-
(331 )
estrecfaa en el que tiene, y qoe, cuando aqui viniéron Sus Mages
tades, se podia sufrir el trabajo , por ser huéspedes, mas que de
asiento es imposible. Y aviso à Vuestra Hagestad que lo uno y
lo otro sien le mucho , y que càsi que me ha dado à entender que
deparara la casa que tieoe à la reyna, y se pasarà à la de Cobos.
En lo demàs, dice que la servira y contentarâ con el cuidado y
diligencia que se requière.
Y por la priesa con que este va , no digo mas. Nuestro Senor
guarde la S. C. C. persona de Vueslra Magestad como todos
deseamos.
De Vallàdolid, sabado, 19 de roarzo 1358.
De V. S. G. C. H"-' criado.
Luis Qui j ad a.
( 332 )
CVI.
l'empereur a luis QUUADA (1).
Communication que le conseiller Nicolas M icault et le trésorier Roger Palhie lai
ont donnée , après le départ de la reine de Hongrie, d'une lettre qu'elle se pro-
pose d'écrire au roi. — Il a refusé de leur dire ce qu'il en pense ; maisil crnt
devoir informer Quijada des points dont elle traite , afin qu'il en rende compte
à la princesse. — Ces points eoncement : i^ les 300,000 écus qui avaient été
assignés à la reine Éléonore à titre de dot ou de douaire , et les huit nmlM
qu'elle avait de pension en Espagne : la reine de Hongrie demande que b
princesse de Portugal soit substituée aux droits de sa mère , de ces deus dicfa;
S* l'acquisition que la reine se propose de faire de certains lieux dans le royause
de Tolède : elle désire que le roi la laisse libre d'en payer le prix quand et
comme elle pourra; 3* l'exercice de la justice dans les lieux qu'elle acquerra :
elle demande de pouvoir y établir un alcade, avec la même autorité qne les
alcades de cour; 4" la maison pieuse qu'elle a l'intention de fonder : elle uXûàlt
du roi une rente perpétuelle de 4,000 ducats pour l'entretien de l'éflise et ihi
clergé , ainsi que des maîtres et maîtresses qui y enseigneront les enfants. —
L'Empereur fait sur tous ces points des ob8er\'ations, et se montre peu favwihlc
aux prétentions personnelles de la reine.
Yuste, 19 mars 1558.
Lais Quixada, cuya es Villagarcia, mi mayordoroo, demis de
lo que llevastes por seriplo (2), para comunicar eon la prince»
mi liija sobre lo que habia pasado entre mi y la reyna de Ungiia
(1) On voit, par une lettre de Quijada du l*' avril, écrite de Villagarda,
qu^il avait, selon les intentions de TEmpereur, recommandé le plus graui
secret à la princesse do&a Juana sur le contenu de cette lettre : il n'avait
pas même voulu la laisser entre ses mains, mais elle Texigea, disant qu'on
pouvait bien avoir confiance en elle : « diciéndome Su Alteza que la podia
p muy bien fiar de clla. »
(2) Voy. la pièce CIIL
Si
( 555 )
mi herniana, dejû ella 6rden, al liempo de su parlida de Cuacos,
qu el coiisegero Nicolas MicauU y el tesorero Kogier quedasen
aqui , y me mostrasen una carta qu ella escribe al rey mi hijo
acerca de lo sobredicho , pidiéndome que dijese mi parecer, y la
enmeudase en lo que conviniese; y aunque pudiera hacerlo en
algnnas cosas que contiene, bien diferentes de lo quella y yo
liabemos platicado y me ha dicho y enviado à decir por tercera
persoua, todavia no quise hacello, ni dar demostracion dello,
por las causas que podeis pensar , sino remitirselo, deciendo que
creia qu ella lo habria mirado y miraria. Pero hàme parecido
ques bien avisaros de lo que d*esto résulta, para que asimismo
deis cuenta dello à la princesa, y que lo tenga entendido, junto
con lo demàs : por cuya causa se os escribié que os detuviésedes
ahi , hasta recibir esta.
Y lo que se me acuerda de los puntos mas sustanciales que la
dicha caria contiene , es tratar primero del particular de la r^na
cristianisima, que sea en gloria, y de cuan bien acabé y ordené
sus cosas : y esto muy largamente, y de como estando la reyna
en los termines que estaba , tovo memoria , en su ùltimo testp-
mento 6 codicille, cuya copia vos trugistes, derenovar las re-
nunciacioncs que habia hecho de cualquier drecho que podia
pretender; por el cual, si bien me acuerda, me encomienda que
yo y mi hijo tengamos por bien de favorecer à la infanta su hija,
para que pueda gozar de la renta de su dote, ô de la suma con-
tenida en la capitulacion de su casamiento , que son 300,000
escudos , y que , si el rey de Francia no lo permitiere, nos enco-
mienda mucho que, por via de paz, ô por todas las otras que
sean posibles, le favorezcamos de manera.que goce desta suma
que le fué consignada por el rey mi senor, que sea en gloria , y
acrecentada por mi; y no se que en el dicho teslamento ô codi-
cille haga mas justicia, puesto que agora la reyna de Ungria en
la dicha carta quiere fundar y obligamos, al rey y à mi, à la
seguridad y saneamiento desto, diciendo que, teniendo situado
su dote en estes reynos, se le libre alla, y poniéndolo por cargo
que en conciencia sériâmes obligados à elle, exagerando y esli-
( 334 )
rando lo que la reyna cristianisima hizo y dice, en el dicho (esta-
mento 6 codicillo , mucho mais de lo que elia lo déclara en A,
Y en lo que toca à todo esto , mi hijo y yo estamos bien libres
de las obligaciones y esorûpnlo que en esto se nos quiere pooer,
pues lo de! casamiento de! rey de Francia y lo de la dicha dote,
la reina lo quiso y tovo por mejor qu*el del duque de Borbon que
yo habia tractado.
Tambien Fescribe sobre lo que la reyna dej6 soplicado en sd
lestamento acerca de los ocho cuentos qu*ella ténia por su vida
en estos reynos , para qu'el rey tenga por bien de hacer merced
dellos à la infanta por la suya . aunqne , segun lo que entiendo,
creo que se contentaria con los cualro dellos. Y puesto qae, por
las necesidades y trabajos en que se halla con la guerra, habria
menester mas ser socorrido y ayudado que dar lo que Uene ,
todavia podrà él ver y responder à esto lo que le pareciere : pan
coyo efecto , y justificar y facilitar mas esta merced , pide al re;
con justicia que mire la razon que habria para ello, pues la
infanta se ha endeudado con los gastos que hizo , confiada que
en la conclusion del casamiento que se tractô no habria faita;
y esto es lo que snpiica en Fa^or délia.
Lo que en su propio particular escribe al rey , es encarecerle j
tener en mucho lo que le aconsejé y que Dios me debia de haber
inspirado , pues aquello habia sido causa de que ella se determi-
nase à tomar la vida estrecha de las très que me propuso , y que
para este efecto ténia acordado de comprar ciertos Ingares en ci
reyno de Toledo , y hacer en el uno dellos lo que llevâsteis enlen-
dido y por vuestra instruccion , pidiendo al rey que en hi compn
dellos le haga la merced y gratificacion que le pareciere, y por-
qu^està pobre, le dé licencia que lo qoo hobiere de pagar ses
cuando pudiere y como qnisiere, y que la venta se le condaya y
se le dé la pesesion , porque desde luego pueda camenzar à
edificar la dicha casa : para cnyo efecto ha enviado , como sa-
beis, à I). Claudio Manrique su criado y al dicho tesorero
Rogier, à que vean los dichos lugares , y el sitio , dispusicion j
calidades dellos, porque, informada, pueda elegir el que le pare-
( 335 )
cer6 para sa vWienda: sobre lo cual passàinos, ella y yo, lo que
sabeis. Y desta manera no Yendria el rey à aprovecharse ni pre-
valerse de nada, pues el fin con que vende de su patrimonio es
para socorrerse dello en esta présente necesidad; y siendo esto
en tanta cuantidad que creo montarâ mas de 400,000 ducados,
y no teniendo ella forma para pagallos, no se si convendria con
las condiciones y de la manera que lo prelende, pues vendria à
gozar de la renia dellos al quilar, sin pagar , 6 muy à la larga ,
el precio en que los dicbos lugares se vendiesen , cuanto mas que
Umpoco pienso que la princesa tendra poder para semejantes
Yentas perpétuas, y que ya que le tenga, sera con limitacion, y
coQSultândolo primero con el rey, por las consideraciones que
en ellas se suelen y deben tener. Y por mejor tendria que, ya que
mi hijo toviese fin de hacerle alguna merced, fuese de por vida,
y no desta manera.
Tambien he notado que, en la dicha carta que eseribe la
reyna, tratando de los 300,000 escudos de la dote que la cristia-
nisima y por ella la infanta su hija tiene en Francia , los divide y
hace dos partidas : la ona, de 200,000 escudos, que dice que es
lo quel rey nuestro padre le dejé, y la oira de los cien mil res-
tantes quiere la reyna de Ungria fundar y dar  entender que
debiao de ser por la légitima de la reyna mi senora, que después
fné Dios serrido de llevar; y no séria mucho qu*ella baya hecho
esta division, con fin de pedir tambien su parte de la légitima,
que ya ella tassa eu 400,000 escudos, como pretendié, en otro
tieflipOy qae, aaaquel rey mi bermano y ella fuéron rasados, en
tmeeo» y àntes y deapués de la muerte del rey Ludovico sa ma-
ri4o, ha gozado de 30 6 40,000 ducados de renta, y loe goza
todavia , que yo era obligado à pagarle los 200,000 qu el rey mt
semr le dcjé, y que, si babian sido casados mi bermano y elia,
em Irueoo que yo podia tener aquella accion contra él , pues habia
heredado el reyno, sabiendo ella que, por lo que entr*el rey y ml
se babia tractado, y las cuentas, que con el remate quedaba él
obligado à cumplir lo qu ella podia justamente pretender.
Aaimisnio pide que sus criados sean exemptes de loda justicia.
( 33(> )
y que, como piensa oomprar la jurisdîccion de los taies lugares,
pueda poner un alcalde que tenga la misnia auctoridad que los
de corte , y este usar su oGcio en ellos y los de su conloroo, pan
qu ella sea mejor proveida de bastimentos y las otras cosas que
hobiere menester. Y en cuanto à esto, ya os acordaréis de lo que
os dije, que la reyna me habia dicho que no pretendia jorisdi-
cion : en que me parece que, pues pide cslo, ha mudado de pro-
pdsito.
Juntamente con lo sobredicho, envia à suplicar al rey le haga
mereed de darle hasta cuatro mil ducados de renta perpétua por
la Yglesia, para salarios y entretenimiento de los clérigos y
maestros y duenas que ha de enlretener en la dieha casa qoe
quiere hacer , para ensenar a los mochachos que piensa reooger,
diciendo qu estos se podrân dismembrar de algunas dignidades
destos reynos, queriéndolo el rey, con voluntad de los obispos.
En lo cual parece que tambien habrà dificultad, porqa*es me-
nester consensu del papa , y séria nueva introduccion c«mo lo
pide, y no se si convernia ni se podria hacer con concienda,
cuanto mas qu*es diferente de lo que para este efecto m'envio à
decir con Guillermo (i) que habia menester, que creo que fuéroo
300 6 400 ducados, de manera que agora muda los cente-
nares en millares. Y para lo que ella decia que queria comprar
esta renta , parece que se puede entender que la quiere fundar
con estos bienes de la Yglesia , y tener la tal renta qoe comprare
hasta que se le qui te y redima, y gozar después de los dineros
que recibiere, en lugar de la renta. Y pues quiere ha^ott esta
fundacion con bienes de Yglesia , no se que quiere hacer , oi pan
quien quiere la renta destos lugares, 6 el dinero que habrâ dado
para la compra dellos.
Y dado que bayais cuenta a la princesa de lo sobredicho, nos
avisaréis dello y de vuestra partida à Villagarcia, enviàndonos
(1) Guillaume Van Maie.
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■ ','^.
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(337)
la relacion quellevastes (I), ô copia délia, si va no lo hiibiércdcs
hecho, por lo que Gaztelu os escribiô antier.
Diréis à la princesa que me avise de los lugares que la reina
qoiere comprar , y en la parte que son , y do que vecindad y cali-
dad, y lo que rentan , y de comq lo piensa hacer, y de la résolu-
cion que sobrello se tomarà con ella : advirtiéndole sobre todo
qu'este seasecreto, de manera que no entienda ella que faabemos
escripto sobrello.
De Saoct Gerénimo de Yuste, à 19 de marzo de 1558.
Carlos.
CVII.
PRÉCIS DE l'instruction DONNÉE PAR l'eHPEREUR A QUIJADA 9
EN l'envoyant a VALLADOLID (9).
Cette instrnctîon roule presque enlièrement sur ce que la reine de Hongrie traita
avec l'Empereur, pendant son séjour à Yuste, touchant son établissement défi-
nitif. — La reine, après aroir dit à son frère qu'il y avait pour elle trois manières
de Tivre , une large , une médiocre et une étroite, et qu'elle s'en remettait à lui
du choix entre ces trois modes , a montré le désir de vivre à Guadalajara : à
quoi l'Empereur a fait des objections , l'engageant , en attendant la décision du
roi sur ce qu'elle lui demanderait , à aller demeurer à Valladolid , ou en quelques
autres endroits qu'il lui a désignés. — La reine n'y a pas consenti d'abord : elle
a indiqué Aranjucx , ou le Pardo , puis Guadalupe : ce qui a donné lieu à de
Douvellcs objections deTEnipereur ; mais enfin elle s'est décidée pour Cigales. —
Elle a alors offert , si l'Empereur voulait assister en personne aux certes de Cas-
tille , qui venaient d'être convoquées, de l'y seconder, et de donner du reste au
gouvernement tous les avis qu'on réclamerait d'elle. — L'Empereur lui a fait
observer , sur ce point , que l'autorité de la princesse pourrait en être afiectce :
(1) Yoy. la pièce suivante.
(2) On lit, en tête de cette pièce : Copia de la copia de la relacion que
JLuis Quijada hizo de lo que Su Magestad le manda que rcfiriese de su
parte à la princesa, sobre lo que posa con la reina de Hungria, y lo
demàs que abajo se dira.
Tome II. â'2
( 338 )
néanmoÎDS il charge Quijada d'engager la princesse et les conseils d*État et des
finances à demander Tavis de la reine dans les affaires où ib le jugeront con-
venir. — La reine a aussi représente à l'Empereur que ses revenus sont ii-
sulfisants, et l'a prié d*inlereéder auprès du roi, pour q«'il les angneote:
l'Empereur s'en est excusé. —Détermination de la reine, en prenant congé de
l'Empereur, d'acheter, dans le royaume de Tolède, pour s'y fixer, certains lîeax
qui appartiennent aux ordres ; conditions auxquelles elle veut demander au roi
de lui en faire la vente : difficultés trouvées à cet égard par l'Emperevr , q«i re>
commande toutefois à la princesse de fairo pour sa tante loot ce q«'dle penrra.
— Pendant le séjour de la reine à Yuste , l'Empereur et Quijada l'ont , plusieun
fois, sollicitée d'aller reprendre le gouvernement des Pays-Bas; mais die s'y
est alMolnmenl refusée, disant qu'elle irait plutôt aux Indes; que, d*aillears,
sa présence dans ces provinces serait plus dommageable qu'utile au roi. — Le
reste de l'iiutrnction concerne la mort de la reine Élconore , rexéculimi de soa
testament, et les démarches à faire par Quijada auprès des conseib d'État et
des finances, pour qu'ils hâtent l'envoi de secours au roi.
Sans date (Yivte, .. mars 1558).
Primeramente, le mandô Su Magestad que visiUse deso parte
al principe y à la princesa, y dièse coenta de la disposicioo en
que se ballaba, y la falta que con su gota habia tenido de salod,
de deciembre acà;
Lo mucho que habia sentido el fallecimiento de la reyna cris-
tiaufisima , y quan bien acabé , y cotno se deposité su coerpo e&
Mérida, para desde alli trasladalla adônde hobiere de estar, y
la orden con que se trujo alli desde Talaveruela, y como se
recibi6;
Que, hecho este, la reina de Ungria vino aqni, y se aposentè
en el monasterio con cuatro mugeres, y su casa y la de la reyaa
cristianlsima en Xarandilla, y algunos criados en Quacos, y se
tome acuerdo con Su Magestad en lo que convenia acerca del
testamento de la dicha reyna, y en que se despidiese su casa, y
en nombrar testamentarios para egecucion dél , por no haber
aqui mas de dos, y el uno impidido de enfermedad (I);
(1) Le testamenl de la reine Éléonore avait été fait à Bruxelies^ le 10 août
155C, et confirmé par elle à Talaveruela, le 15 fé?rier 1558. La reine jr dés»-
( 339 )
Qoe Su Magestad dié poder à la reyna, y le cedié en él todo
lo tocante al testamento y nombramiento de testamentarios, y
pagar deudaa, y dar licencia à la casa de la cristianisima
reyna (i);
Que teniendo asent^do lo dicho, la Hageslad de la reyna Uratô
con el Ëmperador lo que toca al asiento que debia lomar, pro*
poniendo que haria en todo lo que Su Magestad le mandase en
esto y en lo demâs, con tal que no se le hablase en vol ver al
gobierno de Flandes, porque no lo haria, y que an tes se iria à las
Indias que volver à él» por los inconvinientes que habia y los
que dijo.
Dio à entender la reyna à Su Magestad très maneras que le
parecia de vivir, y que habia de senalar una délias: la una larga ,
y otra médiocre, y la tercera estrecha, para que Su Magestad le
mandase tomar aquella que debia escoger; y siguiria en todo la
érden que Su Magestad le dièse en esto y en la residencia de su
persona.
Mostr6 y dié à entender à Su Magestad desear y tener gana
goait, pour ses eiécuteun testamentaires, le comte de Lalaing, chevalier de
la Toison d*or, lieutenant et capitaine £pénéral de Hainaut et Cambrai ; Viglius
de Zwichem, président du conseil privé aux Pays-Bas ; Gilles foyinet (?) , abbé
de S'-Jean d'Amiens, son confesseur et grand aumônier, et Pedro de Lamila-
tierra (?), seigneur de Lordes, son majordome. Elle y suppliait TEmpereur et
la reine de Hongrie de veiller, comme surintendants, à Texéculion de ses
dernières volontés.
(1) Par acte passé au monastère de Ynste, le 8 mars 1558, en présente de
Martin de Gaztelû, secrétaire de PEmpereur, et de Martin de Durango,
ex-secrétaire de la reine très-chrétienne et notaire royal, PEmpereur se dé-
chargea du pouvoir que lui donnait le testament de cette princesse , et le remit
tout entier à la reine de Hongrie.
Par le même acte , PEmpereur el la reine , considérant que deux des exécu-
teurs testamentaires, le comte de Lalatng et le président Viglius, étaient
absents, et que le S' de Lordes était empêché par maladie, leur substituèrent
D. Pedro de la Gasca, évoque de Palencia, le licencié Pedro de Arceo, du
conseil du roi et auditeur de la chancellerie de Yaliadolid, et Roger Pathie,
trésorier général de la reine de Hongrie.
S '
CT
*
( 540 )
de Guadalajara , por haber sSJo Iiigar scnalado pan la vivîenda
de Sas Magestades, y por tener las calidades convinientes, aosi
por la casa como para vivir mejor, conforme â sus pasaliem-
pos y entretCDimiento.
Cuanto à las très raaneras de vivir, y que Su Magestad le acon-
sejase cual le parecia que debia de eligir , le respondié que debia
de tomar la médiocre, porque la larga habia menester gastar
mucfao, y tomar la estrecha era fuera de su condicîon, y qoe,
aunque la reyna se resuelve à tomar la mas estrecha , le parece
que es la médiocre, y que do sera corta sino bien larga, y que
Su Magestad no le mandarà lo que haga , pues tiene entend!-
miento y libertad para hacer y escoger lo que quisiere;
Que, en lo del eligir el lugar para residencia y vivîenda, le
parecia demasiado de grande Guadalajara para la casa que dice
que quiere tener , por haber menester en ella mas gente de la
necesaria para la vida estrecha y recogimiento que quiere, y que
de su parecer no la debia tomar, por los inconvenientes que alli
podrian succéder, y que tambien habrà, si el rey se la darîa coo
las calidades que pretendia de hacienda y jurisdiccion que se
habia pidido;
Y que, en el entretanto que se tratase con el rey lo que tocaba
al lugar que se le habia de senalar, le parecia ser mejor volvene
à Valladolid , desde donde habria comodidad para mas facilmeDle
tratar los negocios con el rey y venir h la conclusion dellos, y
por tener alli mas compania y entretenimiento que en otra parte,
y ser agora necesaria; y, no queriendo esto, podria tomar à Tor-
desillas, Toro, Çàmora, Palencia, Âranda, Arevalo, Olmedo, à
Simancas 6 Cigales, no queriéndose ir à Valladolid, y que en
cualquiera destos lugares podrà esperar la respuesta del rey;
Que en Valladolid le séria mas cômodo para el despidimiento
de la casa de la cristianisima reyna, y mas en camino para sus
criados , y lo mismo , para si se hobiese de disponer de algun
mueble de la casa para el cumplimiento de su aima.
La reyna por entônces no acetô ningun lugar destos, àntes
apuntô à Su Magestad querer esperar la respuesta de sus nego-
(34i )
GÎos en Aranjuez, 6 cl Pardo, y no mas de apuntar sin cargar
la Qiano en ello, sino niuy comedidamcnte.
Su Magestad le respondiù qaan malsana es aquella casa en
algun tîeiupo del ano, y que le parecia no convenirle tomar
ninguna de las dicfaas dos casas.
La reyna însistiô en irse à Guadalupe, y esperar alli la con-
clusion de sus négocies ; y à esle asiento estaba mas afectionada ,
segun lo que diô à entender.
A Su Magestad le pareciô no convenia hacello por agora, sino
que senalase otra parte que la de alli, descùmoda en este tiempo.
Y, visto lo que Su Magestad decia , le pareciô ser mejor ir à
Cigales, que es uno de los lugares que se le nombrâron, y por
tener ocasion de Uegarse mas  la corte.
Ofrecié â Su Magestad que, queriendo hallarse en estas certes
qu*estân convocadas en persona, ayudaria â llevar parte del tra-
bajo que alli Su Magestad toviese, por aliviarle dél, y el amor
que ténia à Su Magestad Real , y por lo que deseaba qu*el négocie
loviese buen suceso , y reusando Su Magestad este , por sus indis-
pusiciones, que en Cigales tomaria el trabajo de aconsejar y
buscar medios y remédies como Su Magestad fuese servido, dando
su pareeer en todo, queriéndoselo pedir;
Que, vista la determinacion de la reyna, que es decir que fauye
de toda manera de négocies, especialmente de los de Flandes,
no esta fuera de los de acà, y que desea con esta ocasion Uegarse
â Valladolid ;
Y aunque Su Magestad le respondiô que no queria embara-
çarse en alterar lo qu*el rey ténia mandado en lo que toca al
gobierno, y que tambien no se podia bacer con la auctoridad
que convenia, porque séria quitalla â la princesa, que Su Mages-
tad con Luis Quijada avisaria â la princesa y â los del consejo
d^Estado y hacienda qae tomasen su pareeer en las cosas que con-
viniese, pues, como persona tnas informada de los negocios de
Flandes, podrà dar mejor pareeer en elles, teniendo entendidas
las cosas de aquellos Estados mejor que los de acà, y que dijese â
Ia« dichos oonsejos que Su Magestad habia pidido à la reyna qne.
94, -s . •
»♦•
;»
(342 )
si se le comunicase algtin négocie y pidiese su pâreeer en ello, le
dièse;
Y que tambien Su Magestad lo hacia , eutendiendo que acii son
largos los négocies, y la reyna solicita en elles, y les animaria
y solicitaria, y trabajaria en la brevedad y boena eipedicioA
dellos.
Y, aunque Su Magestad procuré de lexos darle à entender
cuanto convenia à la sustentacion de los Estados de Flandes que
Su Âlteza Yolviese al gobiemo dellos , y lo mucho en quel rey lo
tendria, no quiso que se tratase dello, habiendo prosupuesto , al
principio que se comenzô à tratar de lo sobredicho, que suplicaba
à Su Magestad no hablase en ello, porque no lo haria.
Y, aunque Luis Quijada , tomando la oeasion que la misna
reyna le diù para hablarle en ello, y lambien de nna carta que
D. Juan Manrique escribiô à Su Magestad, poniendo delante
cuanto convenia que la reyna volviese à aquel gobiemo, y ei
peligro en que aquellos Estados estaban, si no lo hacia, y que era
mas que necesario que lo hiciese, ansi por lo que digo, como
porque para su condicion era mejortierra su naturaleza,y,dejado
este à parte, la buena obra que al rey haria , encargândose dello,
y tomar aquellos trabajos que para Su Magestad serian menores,
por entendellos tambien , y otras algunas causas que le dijo; mas
no quiso hablar en ello, dîcicndo que no convenia, y que ântes
danarîa al rey qu'ella fuese, y â su servicio que no aprovecbaria,
dando razones para ello: en lo cual se le hablù mas de una ^'ez,
y sieropre la halle Luis Quijada en un ser de no querer ir.
Tambien apuntô la reyna tener poca renta para sn entreteni-
mienlo, significando â Su Magestad que le haria merced proeu-
rase con el rey le apdase à su gasto; y habiendo tralado la renU
que ténia. Su Magestad respondiô que, en tal tiempo y tan estre-
cho como en el qu*el rey estaba , no osaria pidille nada , pues
habia bien menester loque ténia, y aun lo demàs, para d socorro
de sus necesidades.
Visto que Su Magestad hacia dificultad en que en el Ingar que
la reyna senalase se le dièse jurisdiccion alfa y baja , como la pre-
\
"W~*-r:JTy
{ ^^ )
tendis, j poniendo por egemplo que la reynt nuestra seflora
esuba en Tordesillas tan solamente eon qn*el marqués de Dénia
aefialaae un corregidor(l), y que para su descanso era mejor ansf,
donde quieni que estOYiese , por el desasosiego que le daria lo
delà jttstieia, se resolviô no seôalar por agora ningun asiento;
y parte de aqui con determinacion de comprar, en el reyno de
Toledo, y cerca deToledo , ciertos Ingares que dice que son de las
ôrdenes; del cual sitio y asiento esté satisfecha, conforme â la
rdacion que dello tiene , y ser à su gusto , y bneno para sus
pasatiemposy entretenimento; para lo cual prétende las cosas
siguientes :
Lo primero, que, satisfecha del sitio y asiento de los dichos
lugares y aldeas, d^sde luego se trate del precio, y se concluya
la venta, y no pierda tiempo para edîGcar la casa y capilla que
en dia quiere faacer;
Que, en el precio que se concertare, Su Magestad Real le haga
la mereed y gratiGcacion que fuere servido en abajar alguna snma
de lo en que fuere apreciada y valiere, y que la paga sea en dos
6 très plazos , y los mas largos que se podiere , 6 esperalle por
todo algun tiempo.
En lo cual Su Magestad halla las difficultades siguientes, y
que estas se digan à la princesa , y no à otra persona alguna :
Que la venta que se hiciere sea conforme à la instruccion que
de Su Magestad crée tiene, y conforme à los poderes que para
ello se han enviado, no alterando ni innovando cosa ninguna; y
que, si se vendiere, sea con las condiciones que se requière y se
baeecon otros;
Lo segundo, qu'el rey esta en necesidad, por cuya causa
vende, y que esperar por las pagas tan largo tiempo como la
reyna debe pretender, no Tes comodo, ni le ayuda nada el vender,
para la necesidad en que al présente se halla ;
Que en esto la princesa debe remitillo â los del consejo de
(1) Ce passage semble avoir été mal copi^»
( 344 )
hacienda, y ellos consultarlo con el rey, para que se resoelTa en
\o que se debe hacer, dcspués de baber entendido lo que la reyoa
quiere, y cun las condiciones que lo pide, y que en todo Sa
Alteza dé dcmostracion de desear contentar y agradar â la reyna ,
pbr haberlo menesler su soledad y enfermedad de corazon, que,
después del faileseimiento de la cristianisima reyna , le aprieU
mas de lo que solia.
Decir à les del consejo de Ëstado y hacienda que Sa HagesUd
les encarga, quan encarecidamente puede, procuren ayudary
dar ùrden, juutaroenle con la persona quel rey envia, à sactlle
desta necesidad por los mejores inedios que pareciere , y cod b
roayor cuantidad que se pudiere : que en ello recibirâ mucho ser-
vicio, y le haràn grande al rey, y en que sea con brevedad, por
ter corto el tiempo;
Que, en el entretanto que Uega la dîeba persona qu*d rej
envia, busquen y platiquen de donde y como se puede baber
dinero, y se ponga en egecucion , avisando à Su Magestad del
modo y medios que para ello se piensa tener, y la cuantidad, que
sera poco mas é menos, y cuando podrâ partir, y el armada en
que bobiere de ir.
( 545 )
' CVIII.
MARTIN DE GA2TELÛ A JUAN VAZQUBZ.
Progrès de la eonvaletcenee de TEmpereur. — Éloge de Quijada. — Retour à
Yuste de D. Gabriel de la Cueva , qui pari pour la Nararre , après avoir baisé
les mains à TEmpercur. — Naissance d'une fille au grand commandeur d*Al-
eantara.
Cuacos, 90 mars 1558.
Iliistre senor, no teogo carta de Vuestra Merced, ni de aqiii
hay que escribir, sino que la convalescencia y buena dispusicion
en que Su Magestad se halla va tan adelante, que ya no se le
parece el mal ni flaqueza con que se hallaba les dias pasados.
Placera a Dios ilebarlo adelante como es menester.
Ya Vuestra Merced habrà entendido de la manera que queda
lo de aqui,del senor Luis Quijada, como de persona à cuyo cargo
esta, y que tan bien lo entiende
Don Gabriel de la Cueva vohiô aqui de su encomienda ; y
babiendo vesado las roanos de Su Magestad , se partie ayer para
Navarra, de donde le euviù h Uamar su padre.
Al senor comendador mayor me dicen que ha Dios dado otra
bija 9 aunque holgara mas que fuera hijo , por no tenelle. Placera
à Diosdàrsele
De Cuacos, à 20 de marzo i558;
Martin de Gaztelû.
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( 34« )
CIX.
LUIS QUIJADA A PHILIPPE II.
Le seeréUire Brato informera pins particblî^remeiit le roi de ee qu'il a n^ié ï
Valladolid sur les diflérenta poÎDts dont TEmperettr l'a chargé.
Yalladolid, 32 mars 1558.
S. C. R. M^'**, desde Yiiste avisé â Vuestra Magestad coinod
Emperador me mandaba venir aqui ; y ]o que habia de hacer, y
la ùrden que trahia, verà Vuestra Magestad por la estruccion que
se me diô , la cual vuelvo à enviar à Yuste , para que délia se
envie 6 Vuestra Magestad una copia ; y de lo que se condajô
con Su Alteza y con les consejos de Elstado y hacienda sobre h
provision del dinero, se envia â Vuestra Magestad razon de todo:
y ansi tendre yo poco que decir h ella , mas de remitirme al
secretario Eraso, el cual informar/i à Vuestra Magestad mas par-
licularmente; y ansimismo lo harâ de lo deroâs que se traté con
la reina de Hungria sobre los puntos que en la dicha istruccioB
y carta que, después de llegado à Valladolid, Su Magestad me
enviô, la cual comnniqué con la princesa. Y porque tambien lo
debe hacer Su Alteza con Vuestra Magestad , no digo mas , sino
que ayer tube cartas de Yuste de veinte deste, y Su Magestad se
hallaba con mucha salud. Nuestro Senor guarde la S. C. R. per-
sona de Vuestra Magestad con acrecentamiento de mas reinos j
senorios.
De Valladolid, à ^2 de marzo de 1558.
De V. S. C. R. M^ criado.
Luis Quuada.
(347)
ex.
LA PRINCESSE DONA JUANA A l'EMPEREUR (f).
Lu reine de Hongrie attendue à Simaneas et « Cigales. -^ Réponse sor les diffé>
rents points dont Quijada a entretenu la princesse, de la part de l'Empereur. —
Provision d'argent pour le roi : délibérations des conseils d'État et des finances.
— Cédale de 60,000 ducats donnée par le roi a la reine de Hongrie : opposition
du conseil des finances ; embarras de la princesse , qui réclame l'avis de l'Em-
pereur. — Demandes que la reine fait au roi : la princesse les trouve exagérées ;
elle laissera le roi en décider, selon le désir de son père. — Elle n'a pas permis
à Quijada d'engager les conseils à consulter la reine de Hongrie sur certaines
affaires, parce que cela préjudicierait à son autorité. — Réclamation du tréso-
rier de la reine. — Affaires de Portugal : la princesse n'est pas d'avis qu'on
suggère à la reine dona Catalina de la désigner dans son testament comme
tutrice du roi , et elle en dit les raisons. — Elle demande il l'Empereur si elle
doit communiquer de ce dernier point avec le père Francisco de Borja.
Valladolid, 39 mars 1558.
S. C. C. M**', no respondi con el correo pasado à todo lo qne
Luis Quixada me dijo, porque no se detiivîese, y, àntes que la
reyna de Ungria llegase, me pudiese Vuestra Magestad res-
ponder à ]o que enténces escribia. La reina duerme en Simaneas
boy , y manana liega à Cigales : no se si querrâ que saïga al
camino à besalle las manos. De lo que hieiere avisaré â Vuestra
Magestad.
L.ais Quixada me diô larga cuenfô de lo que Vuestra Magestad
le mandé; y el cuidado que Vuestra Magestad me manda que
tenga de la provision de dineros para mi hermano es tan juste, y
deséolo yo tanto , que podrâ bien créer Vuestra Magestad que
daré priesa a todos los ministres , para que en esto baya la bre-
(1) Lettre autographe.
( 3^ )
vedad qu'es menester. Y as! junte iuego al consejo d*Eslado y
hacieoda , para que se tratase lo que mi hermano escribe; y la
resolucion que se ha toniado verû Vuestra Magestad por li
relacion que harà Juan Vazquez, que asi selo hemandado; y
parece que se podrà inviar à roi hermano una buena suma : qnes
gran bien. Pero sepa Vueslra Magestad que la reina de Ungrb
nos pide ahora 60,000 ducados de los qu'estàn en Sevilla, porqoe
mi hermano le ha in?iado una cédula para mi , en que manda
que Iuego se los dé el fator; y desta manera no es muj boena
ayuda. Y asi el consejo de hacienda no esta en hacello , y ella esta
en querer que se los den Iuego; y pues mi hermano lo manda,
parece que tiene razon. Hariame Vuestra Magestad mny gran
merced en decirme lo que le parece en esto , porque yo estoy eo
aprieto con estas cosas que mi hermano manda.
Lo que Vuestra Magestad escribe à Luis Quijada he visto; y
quedo avisada de lo que la reina escribe à mi hermano y le pide;
y cierto parece que son cosas demasiadas para la necesidad que
ahora tiene : pero con remetillo à mi hermano, como Vuestra
Magestad ha hecho y me manda à mi que lo haga , verà Su Alteia
lo que sera biop responder à todo; y cuando aqui tratare la reina
de la compra de los lugares, y yo entendiere los que son , avisaré
à Vuestra Magestad de todo, como Vuestra Magestad lo manda,
y con el secreto qu'es menester, para que la reina no enlienda
cosa de las que Vuestra Magestad ha querido que no sepa.
Luis Quijada se va à su casa; y no le he dejado que diga a los
consejos que pidan parecer à la reyna en algnnas cosas, por-
qu*espero que Vuestra Magestad verà que séria en desautoridad
roia : y siendo asi , no creo que lo qnerrà Vuestra Magestad (I).
Los avisos que da el tesorero de la reyna se veràn en d
consejo de hacienda , y de lo que pareciere avisaré à Vuestra
(1) Quijada écriyaît à PEmperaur, le l*' avril : « Cuanto â oomunicar kis
» negfocios con Su Magestad de la reyna de Hung^ia, es de créer que gi
» todo Su Alteza guardarâ la ôrden que Vuestra Magestad le diere, •
( 349 )
Magcstad ; y advierta Vaestra Magestad que este (i) es francés,
y que no séria bueno que entendiese mucho las cosas de acÀ.
Pero todavia sera bueno ver ei fundaniento qu*e8la8 tienen.
Sobre la pregmÀtica de Portugal, podria Vuestra Magestad
escribir à la reina conforme à lo que tiene entendido della,
porque mas qu'esto parece que tendria efecto ; y lo que Vuestra
Magestad dice que se tratase con la reina, qu'en caso que Nuestro
Senor fuese servido de llevarla, me dejase en su testamento por
lutora del rey y el gobierno, aunque Vuestra Magestad enten-
derà esto mejor que yo, todavia me parece que podria esto danar,
segun la reyna esta malquista entre algunas personas de aquel
reyno, y yo tengo entendido que las mas sebolgarian de que yo
faese alla; y esta claro que, faltando la reina , no podria ser otra
persona tutora del rey sino su roadre; y podria ser que, dejàn-
dolo la reina , fuese parte para que los qu'estân mal con ella lo
tomasen mal. Y pues Dios darà la salud â la reina qu'es me-
nester, si Vuestra Magestad fuere servido, yo tengo personas
alla que me podrân avisar de lo que alla se trata, y de las volun-
lades de todos, porque, sabiendo esto, se podrâ Vuestra Magestad
mejor resolver en todo.
£1 padre Francisco esta aqui. Vea Vuestra Magestad si sera
bueno tratar esto con él , pues podria ser que, cuando estuvo
alla , entenderia algo dello. Vuestra Magestad me avisarà de lo
que sera servido que se haga.
Y con esto me parece qn'e respondido à todo lo que Luis Qui-
jada me dijo. De lo que se fuere haciendo avisaré siempre à
Vuestra Magestad, à quien guarde Nuestro Seûor como yo deseo.
De Valladolid , à 22 de março.
Ubidiente hija de Vuestra Magestad,
La Princesa.
(1) Roger Palbie.
( 350)
CXI.
LUIS QUUADA A L EMPEREUR.
Conférence qu* il a eue avec les conseils d'ÉUt et des finances sur les points dontriln-
pereur l'a chargé : envoi par Vazquez d'une relation de ce qui y a été traité. —
Lecture qu'il a donnée à la princesse du promemoriâ de l' Empereur : réponse d«
la princesse concernant la reine de Hongrie et la pragmatique de Portugal. —
Renvoi à l'Empereur de l'original de son instruction. — Réception et lecture à
la princesse de la lettre particulière de l'Empereur concernant la reine de Hon-
grie. — Prétention de la feue reine de France , à la charge du roi , à raisoa
des S00,000 ducats que le roi de France devait lui payer. — Mémorial deR^er
Patbie. — Grande croissance du prince. — Départ de Quîjada pour Villagarai.
ValladoUd, 33 mm 1558.
S. C. C. M^*^, el sàbado que aqai llegué, do tabe Ivgar de poder
hablar à los del consejo » porque sali câsi que noche de palado,
y no hubo mas tiempo d*escribir la que Voestra Magestad debe
faaber visto. El domlugo , an tes de corner y después, hablé à los
consejos de Ëstado y hacienda sobre mi comision , à quien la
princesa habia mandado juntar sobre lo que Yuestra Mageslad
mandaba; y lo que en este consejo se déterminé el domiogo jel
martes, que fué ayer , envia Juan Vazquez relacion particular de
todo; y ansi no dire aqui mas de remitirme à la misma.
Yo lei a la princesa los puntos que irahia por memoria , y le di
à entender lo que convenia dellos; y Su Âiteza respondié à Ya^
tra Magestad lo que le pareciô sobre lo de comonicar con la reina
de Hnngria los négocies. De todo lo demâs queda informada,
y me pediô el capitulo que hablaba sobre ello, para mejor res-
ponder à Yuestra Magestad à aquel negocio; y en lo de la premà-
tîca de Portugal, dice Su Aiteza que responderà à YuesUi
Magestad en esto, y en lo deroàs dedejar la reina para, después
de sus dias, nombrada por gobernadora à la princesa, cuando
{ 354 )
estabiere mas bien informada de lo que en aquel reino se enten-
diere que bay.
Yo envio la lubma reiacion que traje, con este, como Vuestra
Magestad manda, originalmente.
Ayer, àntes de corner, recebl la de Vuestra Magestad de
i9deste(i), y despuésdeoomer.fui à palacio,ydi à Su Alteza la
que para ella venia; y conforme à lo que Vuestra Magestad me
ordenaba le lei la mia, y sobre cada punto informé de lo que en-
tendia; y à lo que yo puedo enlender, bay algunos puntos en
ella diferentes de lo que la reîna senificô à Vuestra Magestad à
su partida.
Y en lo de los doscientos mil ducados que la cristianisima
ténia en Francia, platicàmos una vez, en presencia del secre-
tario Gaztelù ; y quiriendo la Magestad de la reina de Hungria
fnndar que en conciencia y en derecbo podia ser que se le de-
biesen Jerespondi que en conciencia no sabrîa determinallo ,
mas que en justicia creia que Vuestra Magestad no séria obli-
gado à la paga dellos, ni Su Magestad Real, aunque el rey de
Francia no quisiese restîtnirselos à la infanta. Ansi que de todo
lo que yo entendi informé la princesa; y paréceme que Vuestra
Magestad debe avisar à Su Magestad Real dello , para que de todo
esté advertido , enviàndole reiacion de todo lo sucedido en este
négocie, para que entienda como esta : ques de créer que la
Magestad de la reina de Hungria querrà pretender, en lo que le
loca de sus doscientos mil escudos, el mismo derecbo contra el
rey » y que le satisfaga en la compra que piensa bacer, siendo el
rey de Romanos obligado à ello.
£1 mémorial de Rogier di à la princesa, y aun avisé qu*el
dicho era francés. Y porque yo escribo à Gaztelù mas largo en
lo que Vuestra Magestad quiere ser informado, no digo aqui
mas, sino qu'el principe y princesa tienen mucha salud, y el
principe crece mucho. Yo me paso à mi casa, no teniendo érden
(1 ) La lettre insérée p. 352.
(5oâ)
de Vuesti'n Magestad de hacer aqui mas de lo hecho. Nuestro
Scnor guardc y acrcctente la sacra y cesarea y catélica persona
deViiestra Magestad, como sns vasallos deseamos.
De Valladolid, 23 de marzo 1558.
De V. S. G. C. Magestad vasallo ,
Luis QUUADA.
CXII.
JUAN VAZQUEZ A L*EMPEREUR.
Résolutious prises sur les points touchés daos U lettre du roi. — Zèle que la prin-
cesse met à s<>rvir son frère. — Observation sur les avis que donnent au roi œax
qui soni près de lui : Tazquez croit que ce sont des moines , qui nVntendefil
pas grand'chose aux affaires. — Éloge de Quijnda. — ArrÎTee de la reine de
Hongrie à Cigales : elle part si matin de Siraaneas , que la princesse , q«i voaUîl
aller à sa rencontre , entre ce bourg et Yalladolid , était encore couchée, lonqm
la reine traversa la ville. — Doua Juana l'envoie visiter par D. Garcia de Tolède.
Yalladolid, 33 mars 1558.
S. G. G. M^"**, con el correo pasado envié à Vuestra Magestad
copia de la carta del rey nuestro senor, que vîno por tiem.
Después se ha tratado y platieado sobre los puntos de eila, y se
ha toinado por resolncion lo que Vuestra Magestad yerâ por esos
memoriales; y Sa Âlteza tiene tanto cuidado de que su hermaoo
sea servido y socorrido, que cada hora qniere saber lo que todos
hacemos; y asi espero en Dios que ha de tener buen efecto,
annque Su Magestad nos desaynda con pareceres que le deben
haber dado fraîles, que no deben entender mucho los negodos,
pues hacen conciencia de unas cosas, y la alargan en otras ea
que la hay mayor, como Vuestra Magestad verà en los dicbos
r
v«
( 353 )
niemoriales. Y de lo que se respondiere al rey, que sera mas
cumplidamente, enviaré copia à Vueslra Magestad, para que de
todo sea mas particularmenle avisado.
Luis Quijada ha hecho muv bien su oficio , y el rey tiene bieo
que serbir à Vuestra Magestad el cuidado que tiene de su buena
provision , que maldito el dano que esto ha hecho. Éi escribe à
Vuestra Magestad, y se pasé à visitar à la serenisima reyna de
Ungria , que llegé hoy à comer à Cigales : la senora princesa
queria salir à loparia entre Simancas y esta villa , y madrugô
lanto la reyna, que pasô àntes que Su Âlteza se levantase; y luego
envié à D. Garcia de Toledo à Cigales à visitarla, y piensa ir el
viemes , 6 el sàbado , À verla
No tenemos nuevasmasdel rey ni de Ytalia : cuando algo hu-
l)iere, yo terne cuidado de avisallo à Vuestra Magestad, cuya
impérial persona Nuestro Senor guarde y prospère como sus
criados deseamos.
De Valladolid, à 23 de marzo de 1558.
De Vuestra Magestad mas bumill criado , que sus impériales
manos besa ,
Juan Vazquez.
('
ToMK H. 23
^^-'
^
( 554 )
CXIII.
LA PRINCESSE DONA JtJAMA A L*B11PBREUR.
L'Empereur ayant ordonné que le oorpt de la reine doîia Juana soit transféré à h
chapelle royale de Grenade , la princesse a désigné Tarchevéque de Sévîlle povr
raccompagner, en inTitant ce prélat à se rendre ensuite dans son diocèse. — Ob-
jections de rarcheréqae. — DéUbératioB du conseil d*État. — La priarfise
demande que TEmpereur lui fasse connaître ses intentions sur cet înci^leiit
Talladolid, 93 mars 1558.
S. C. G. H^, qnandt) Voestra Magestad envié à maodar que
se llevase el coerpo de la reyna mi senora (1), que faaya gloria, à
la capilla real de Granada, paresciô que fuese con ei antoridad
que se requeria , y que por esto ae debia mandar qae faesea ea sa
acompanamiento ei arçobispo de Sevilla y el marqués de Co-
mara. Y acwrdado esto, yo iiablé al arçobispo, para que se
adereçase, y que, dejado el cuerpo de Su Alteza en Granada, se
podria irÀ yisitar su yglesia; y aunque mostré loda volnutad
para servir en elle , dijo que eslaba muy embarazado con oego-
cios importantes del santo oficio y otros suyos : à lo quai le
répliqué que todavia se pusiese en érdea , porque Vuestra Ma-
gestad mandaba que con brevedad se efectuase esto.
Después desde algunos dias, mandé à Juan Vazquezque su-
(1) La reine do&a Juana, épouse de Phiiippe-Ie-Beau. Son corps était resté
déposé à Tordesillas, où elle avait rendu le dernier soupir.
Nous avons une lettre de TEmpereur à la princesse, où il est questioD
de cet objet : elle ne porte point de date ; mais c^est probablemeot celle à
laquelle la princesse répond ici. L^Empereur s*y exprime de la manicre
suivante : « Pues el cuerpo de la reyna mi sefiora, que sea en gloria, esUri ja
n deshecho, sera bien que se lleve à Granada este imbiemo, en resiriando mas
s el tiempo, y que se vea quien ira con él. »
V!
^^
( 355 )
piese dél para quando estaria en urden , porque se adereçase lo
queera menester, para efecto dellevar à Su Alteza : al cual dijo
que, àntes que el serenisimo rey mi hermano se partiese destos
reynos, le suplicô le dièse licencia para ir à visitar sa yglesia,
porque entônces , con mandar Vuestra Magestad que se guardase
el concilio tridentino, y los del consejo favorescîan esto, que
pndiera hacer fructo en su yglesia, y que por enténces Su
Alteza gela negô; y que después, como esto del concilio no se
guarda , y los cabildos de las yglesias son tan favorecidos del
papa que él no podria hacer su oficio de perlado , y que por esto
leconvenia estaren estaeorte, 6 en Roma, para valerse de su
cabildo, y que él estaba ocupado en las heregias que se han
levantado entre algunas personas en Sevilla y en Murcia , y tam-
bien trataba de lo que toca à los Moriscos desta villa; y que
siendo estes négocies de tanta împortancia, no convenia à ser-
YÎcio de Dios y del rey mi hermano que él los dejase asi ; y que
lambien entendia en dar ôrden en ciertas obras pias que hace en
Salamanca y en el prineipado de ÂsUirias de Oviedo; y que,
pues no hacia mas al caso llevar agora el cuerpo de la reyna mi
senora que al septiembre, que para en tances podria estar desem-
baraçado destas cosas , y temia por mueha mereed maiiilar que
él hiciese esta jomada, pero que todos deseaban echarle de aqui.
Yista esta respuesta , yo mandé à Juan Vazquez que la refi-
rîese en consejo deEstado; y platicado alli, no paresciéron nuy
bastantes las eseusas que daba el arçobîspo , porque desde Se-
villa puede hacer lo que hace aqui en su cargo, como él y sus
pasados lo han hecho otras Teces, y, ya que Vuestra Magestad
mandase que se difiriese el lievar el cuerpo de Su Alteza por
otros respectos, que se podia justamente mandar al arçobîspo
que fuese à residir en su yglesia.
De lo cual me ha parescide dar cuenta à Vuestra Magestad ,
para que, yisto, envie à mandar lo que haré en esto que paresce
al consejo de Estado. Y Nuestro Senor la ymperiol persona y
estado de Vuestra Magestad guarde y acreciente como deseo.
De Valladolid, 23 demarzo 1558.
^1;
( 356 )
Después (lesta escrîpta , me ha habiado el dicho arçobîspo, ;
dicho el buen estado en que (iene el negocio de los ouevamenle
convertidos desla villa, y que, acabado esto, entenderà en lo
que toca a los del reyno de Granada , de donde piensa sacar de
servicio nias de cienl niill ducados para el serenfsinio re; mi
hermano. De lo cual tambien he querido ayisar à Vuestra Ma-
gestad, para que, visto todo, se pueda niejor resolver en lo que
mas convenga y fuere servido.
Ubidiente hija de Vuestra Hagestad,
La Princbsa.
CXIV.
L EMPEREUR A JUAN TAZQUEZ.
Réponse aux leUres de Vasques des 7 et IS février, 9 et 19 mars. — l\ appronve
tout ce qui a été fait pour envoyer au roi des secours d* argent; mais il voudrait
qu'on fit plus encore , si c'élail possible, et il charge Vasques de stimuler, de
sa part , les conseils d'État et des finances. — 11 recommande aussi de prendre
les dispositions nécessaires pour que les places du littoral soient en mesure de
résister aux attaques de la flotte turque , et désire que le conseil examine i*3
ne faudrait pas dès à présant réclamer le concours dea grands , des villes «I
des prélats.
Yuste, 95 ma» i55&
EL Empebador.'
Joan Vazquez de Molina, nuestro secrelario y del naestro
consejo, las cartas que nos escribisteis à 7 y 1â del pasado, 9
y 19 del présente, recebimos; y por ellas y las copias de las que
( 3S7 )
el rey ha escrito, y otras relaciones que habeis enviado, ha-
bemos entendido los avisos que se tenian de todas partes; y asi
lo conlinuaréis de lo que mas se ofreciere.
Cuaoto à lo de los 200,000 ducados que se provcyéron al rey
por cambio, y el que se qnedaba haciendo de los 600,000 sobr*el
servicio destas certes, y los 200,000 que llevô Pero Meoendez
en las oeho zabras , y los otros 600,000 ducados de contado que
quedaban en Laredo con lo restante de la armada , y la ôrden
que se ha dado para qu*estos y lo qu*està en Sevilla se lleve luego
alla y vaya junto (i), no hay que decir mas de habernos pare-
cido bien lo que acerca de todo esto se ha hecho , y prevencion
de que se ha usado : pero, porque, como el rey scribe, es poca
cosa para lo mucho que alla se debe à los Alemanes y merca-
deres, y lo que ha menester para sustentar tan grueso egército
como ha de juntar, es menester que, usando de todos los medios
y espedientes que mas convinieren , se recoja la roayor suma de
dineros que ser pudiere, y se le provean do contado, ô por
cambio, como mas convenga , y que sea con brevedad : qu'es lo
que mas importa. Y aunque soy cierto que, entendiendo lo
macho que en esto va al rey, por hallarse sus cosas en los tér-
minos y ser qu^estàn , y el rey de Francia armado, harân los del
eonsejo de Estado y hacienda el esfueno que semejante nece-
sidnd requière, como tan buenos ministros y criados suyos,
todavia os encargamos que, demàs de lo que les envié à decir
COQ Luis Quijada, les rogueis mucho, de mi parte, que asi lo
hagan , y que, demâs desto, se tenga mucha cuenta con que se
provean con tiempo, de gente, vituallas y lo demâs que fuere
neeesario , las plazas de las costas y fronteras de estos reynos y
laa de Berberia , con las islas , de manera que no puedan ser
ofendidas de la armada turquesca, pues decis que viene, y tan
pujante, y que se vea si sera bien hacer desde luego el apercibi-
miento gênerai que se acosturobra à todas las ciudades, grandes
t^
(1) Voy. p. 307 et 509.
t'I
; i. ••»■
( 358 )
y perlados , para que desde luego comiencen é apercebiree y ha-
cer las diligencias necesarias, con que, hasta tener olra érdea,
no levanlen la génie, sino para que se gane tiempo y puedan,
siendo menester, enviar su socorro con brevedad
I DeYuste,à25demarçoi558.
iff Carlos.
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ïv . Por mandado de Su Magestad :
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Martin db Gaztelû.
rw*-
I
7-^J
( 359 )
CXV.
L*ÉVÉQtJE DE PALENCIA À PHILIPPE II.
Rétolvlîon te Mioct de France et de HoDgrie d'aller i Badajos , peur y aToir one
•nlrevoe avec l'infante de Portugal. — Arriyée dei reines en cette vîUe, eu l'in-
fante se fait attendre depuis le 33 décembre jusqu'au 17 janvier. — Tentatives
infructueuses de la reine de France pour engager sa fille à rester avec elle :
excuse dont se sert Tioftinte, qui fait espérer pourtant que, sous prétexte
d'an pèleiinaffl à Guadalupe, elle viendra rejoindre sa mère, — Départ de fin-
fnnte, comblée de cadeaux des deux reinas. ~ Départ do celles-ci pour Guadala-
jara. — La reine de France tombe malade à Talaveruela ; elle meurt après neuf
jours de souffrances , sans avoir pu se déshabiller ni se mettre au Ut. - Fin exem-
plaire de cette princesse. — Sa libéralité envers ses serviteurs. — Elle s'en
remet à l'Empereur touchant |e lieit d« son enterrement , et exprime le désir
d'être enterrée auprès de lui. — Dépôt du corps dans l'église de Mérida : offices
et messes. — La reine de Hongrie se rend i Tuste , où l'Empereur, pour mieux la
eonsoler, la fait loger dans son habitation avec quatre de ses femmes ; le reste
de sa suite est réparti entre Cnaeos et Jarandilla. -^^ Séjour qu'elle fait à Ynste;
entretiens qu'elle a avec TEmpereur sur le lieu où elle «e fixera ; l'Iîlmporour la
persuade avec peine de s'établir provisoirement près de Valladolid. — Son dé-
part de Tuste et de Jarandilla, et son arrivée è Cigales. — Visite qu'elle rend i
In princesse et an prince , si matinale qoe les portes du pabis étaient k peine
ouvertes , quand elle s'y présenta. — Soins qu'elle donne à la guérison d'une
maladie de rœur dont elle souffre depuis la mort de la reine de France. — Son
intention de mener une vie tout à fait retirée.
Cigales, 95 natt 1558.
<]. R. M**', como ya hice relacion, después que no se pudo
persoadir à la sereniairoa inhnta de Portugal iiegaae à beaar las
mànos al Emperador nuestro sefior y à las cristianisima y serenf-
sima reynas de Francia y Ungrfa en Yustc y Jarandilla, pares-
ci6 à Su Magestad debian ellas ir à Badajoz à verse con ella, que
no quiso entrar mas dentro en Castilla; y ansi se concerté; y
llegàron las reynas à aquella ciudad à â3 de diciembre; y aunque
la infants habia dicho que para entônces se hailaria alli , no vino
hasta 47 de enero, con roucho numéro de ac^mpafiamieuto mas
( 3G0 )
que no ibanios con las reynas, porque todog lod seglares de
titulo, à quien , con parescer de Su Magestad, ellas y la princesa
escribiéron que las acompanasen , se escusâron , y aignnos que no
le hiciéron, después faltâron. El coroendador mayor de Alcàntara
y Juan Velazquez d'Avila, y Juan de Ghaves, y otros particolans
de Estremadura , sirriéron bien y con muy buena volunlad.
Estuviéron en aquella ciudad junctas todas très SI dias, ea
que la reyna de Francia procuré persuadir à su hija quedase en
su compania ; y no lo acabô , porque la infanta se eseusé, diciendo
que habia prometido de volver à Portugal, y que tambien , pan
asentar sus cosas, ténia dcllo necesidad, pero que, asentadas, se
lo haria saber, para que, con color de venir en romeria â Gnada-
lupe, se viesen y efectuase lo que niandaba.
Parliôse de Badajoz en 7 de bebrero à Portugal , may llenade
joyas que su madré y algunas su lia la diéron , que estimaban en
200,000 ducados, y las reynas camino de Guadalajara à 10 del
mesino; y fuéron â dormir 6 Talaveruela, très léguas de Bada*
joz , adénde la cristianisima reyna de Francia llegé indispuesta de
asma y calentura tal que, sin poder pasar de alli, estuvo nuere
dias enferma, sin poderse desnudar ni echar en cama, porque ei
asma no çufrié otra cosa, la quai cresciô en tanta maoera que
ni beber, ni aun resollar, sino con gran dificultad, la dejaba; y
ansi fallesciô al noveno de su enfermedad (1).
Fué su fin muy bendito y egemplar, porque fué moy grande
el cuidado que tuvo de ordenar su anima y recibir muy à tiempo
(1) Dans une lettre du 10 février à Juan Vazquez, D. Sancho de Coniora
donne à entendre que le chagrin de n^avoir pu déterminer sa fille à rester avec
elle, fut la principale cause de la maladie de la reine: « La reina crtstianisûna
• se tiene por cierto que â esta hora habrâ acabado sus dias, y su bija uo mal
o negocio , en ser causa de eUo , que verdaderamente se puede créer que su
• vuelta â Portugal es la principal que la mata. •
Dans une autre lettre, du 33 février, il s^exprime en termes énigmatiquessnr
le résultat de sa négpociatiop en Portu^^al : « Si sucediô mal, dit-il, no es mia
I» ni de Su Magestad la culpa, sino de quien lo pidié y puso en ello, y as le
» ha pef^ado »
( 3G1 )
lo8 santisimos sacramentos, y la determinacion de conformarse
con la divina voluntad, ofresciendo à Dios continuatnente su vida
con gran conlentamiento.
Testé largo en favor de sus criados, porqne, alicnde de otras
mandas particulares que les hizo , ordenô que todos los que al
présente la sirvian gozasen dos anos por entero de sus quita-
ciones, y que, pasados aquellos, los que hubiesen très resididos
en su servicio, llevasen por todasu vida la meitad de su salarie,
y los que ocho, le llevasen por entero (i).
En el testamento que an tes ténia hecho, mandaba la enterrasen
en el lugar donde fallesciese, humilde y llanamente, y sin pompa;
y con mucha dificultad se pudo acabar con ella que, porque
aquella aldea no era para enterrarla, dejase lo de su enterra-
iniento a voluntad del Emperador nuestro senor; y ansl lo hizo,
snplicàndole fuese servido que, pues ella en vida habia deseado
eslar en su coropania, tuviese por bien que su cuerpo se enter-
rase donde el de Su Magestad.
Y con esto Su Magestad mandé que yo fuese con las casas de
entrambas à Mérida â depositar el cuerpo; y ansi se hizo, y enterré
en la yglesia de aquella ciudad, haciendo los oficios una tarde,
y otro dia à la manana , con toda devocion y la dccencia que con-
vino, con numéro de clercjia y religiosos; y se ordené que todo
el aiio se dijese cada dia una misa solemne y otras muchas reza-
das, y se repartiese limosna en aquel pueblo.
Otro dia después del depésito y entierro, llegé h aquella ciu-
dad la reyna de Ungria, y sin entrar en ella vino à corner dos
léguas desla parte, y de alli caroiné hasta Yuste, adénde Su
Magestad, para mejor consolarla y regalarla, habia mandado
hacerle el aposento , en el quai quedé con solas cuatro mugeres ;
(1) D. Sancho de Cordova, écrivant le 3 mai à Juan Vazquez,dit, d^unc
nBanîère plus explicite, que la reine, dans son testament, fit plus pour ses
serviteurs que pour sa fille, mais que la faute en fut à celle-ci : « La reina
m crîstianisiroa dispuso de sus bienes en provecbo de sus criados, mas que de
a» sa bija; pues Su Alteza tuvo la culpa, no hay de que tener pena por ello... »
(362)
j alguDOB pocoa otros nos loandA quedar en Qaacos, y à loi
(lemàa ir â Jarandilla.
Estuvo cuatro dias en Yuste, eu que tracU de su asiento para
adelante, y donde habia de estar, en tanto que aquel se deter-
tninaba ; y no con poca dificultad ia persuadià Su Hagestad qoe
viniese à Valladolld , dicîéndola que al)l estaba en œejor comam
para el curoplimienlo de] lestamentu de su hermana, y en las
caries podria ayudar à la princesa â haber mayor cuantidad para
las cosas del servicîo de Viiestra Magestad, que es una de las cosas
que entiendo ella mas desea en esta vida. Y Gon esto , y con ecpe-
rar que, si ella y la princesa escribiesen i Su Hageeud impt^-
taba para este efecto salir à ellas, lo haria, se persuadïô à venir
Aesta tierra, porque, aunque esta salida tengo por dîGcultosa, ella
muestra tener sperania délia.
Para ordenar supartida,sevino âjarandilla, de donde toIvî6
à despedirse de Su Hagestad h 11 del présente; y otro dis se
partie, y Uegô à este pueblo A 93 , y el siguiente Tué â ver à la
princesa y principe, y tan de maftana, que apenas estaban en
Valladolld abiertas las puerlas de palacio que Wegù; y luego sf
volviA aquella tarde.
Entîende en curarse de una indisposicion que la ha dado al
corazon después del fallescimiento de la reyna, y esta delemit-
nada de tomar asiento donde pueda vivir vida muy privada y de
rancho recogimiento y quietud, porque de todo lo demis dîc«
que ha dias tieoe hastio.
El Emperador nuestro seiior quedô con buena disposicion ,
aonque flaco de la gota que faabia tenido. Nuestro Seiior goarde
la catôlica y real persona de Vuestra Magestad â bu sanlo serricio
y bien universal de su repâblicacrisliana por largos y bien aven-
turados anos, como sus vasallos y criados deseamos y beroos
menester.
De Cigales, 3â de man» de ISSS.
De V. C. R. H"' humil vasallo y indigna cHado, que sus maDOi
besa,
El Obispo de Palencu.
( 363 )
CXVI.
LE DOGTBUR MATHTS A JUAN VAZQUEZ.
Etat dm \m «Até de TEaipereur , qui prend ta médeciiM ordinaire , et %*tm trouve
bien. — Observations sur son appétit : Mithys eraint bien plus de le voir
manger trop , que trop peu. — Démangeaison aux jambes : Mathys la trouve
plutôt favorable que nuisible, l'expérience ayant prouvé que, lorsque l'Empereur
n'en souffre pas , il a un autre mal plus dangereux.
Tiiste, 97 mars 1558.
Huy ilustre senor , por carta mia de quince, y por lo del senor
Luis Qaijafla, Vuestra Seûoria habrâ entendido la dispusicion
de Su Mageslad , la quai , à Dios gracias , es en lo mismo ser y
mejor, sîno que ayer Su Magestad se purgé, por preseryarse, con
purga ordinaria , y hâle socedido muy bien , porque hizo très
muy grandes càmaras ayer, y esta manaua otra de muy hediondo
horoor. Ayer, como à dia de purga, comié poco, pero boy ha
comido niejor, aunque no con tanto apetito con]oàntes;y todo
esto no es sino bueno, porque hay mas peligro de demasiado
que de poco. Quanto à lo demâs, Su Magestad hàllase con buena
dispusicion , segondo su costumbre; y aunque tenga trabajo por
la eomezon de las piernas, todabia aquello mas es provechoso
que danoso , porque vemos cada dia por esperiencia que, cuando
le falca la eomezon , luego tieneotro mal mayor y de mas peligro :
plegue à Muestro Senor que sea para mas salud, y para tan cum-
plida como todos deseamos y hemos menester
De Yuste, à 27 de roarzo.
Henriqub Mathisio.
S"/*^'
.^
7 '
( 564 )
CXVII.
l'bMPRRBUR à JUAN YAZQUEZ.
RéponM à la loltr* de VaiqiiM du fS n«n. — Il troiiv* bien toat ce qw a cte
rétoitt sur U lettre du roi.
Yttste,97 mars 1558.
El Ehperadob.
Joan Vâzquei deMolina, nuestro secretario y dd nuesUro ooa*
sejo, antier os escribi, respondiendo à vuestras captas; y do-
pués recibi la de 23 deste, y oi à la letra las relaciones que ooa
ella viniéron de los puntos de la caria del rey de 10 del pasado,
que habiamos ya visto , y de la resolucion que sobre cada cosa
se ha tomado : que nos ha parecîdo todo ello bien , y asf los me-
dios que apuntan los del consejo de Yndias para haber dinero, v
de que , .nntes que se use dellos , se consulte cou mi hijo, por las
causas que parecen : à que no hay que decir, sine tener par
cierto que en todo se usarâ de la dillgencia que conviene, y que
los del consejo d*Eslado y hacienda haceis en ello le que cod-
flamos : de que Luis Quijada nos ha avisado. Sobre que me ha
parecido escribir à la princesa lo que veréis, para que de mi
parte les dé las gracias por ello (1)
De Yuste , à 37 de marzo de 1 558.
Carlos.
Por mandado de Su M agestad :
Martin de Gaztelu.
(1) Voy. cette lettre à la princesse dans le 1. 1'', p. 987.
( 565 )
CXVIII.
LE DOCTEUR MATHYS A JUAN VAZQUEZ (1).
Amélioration progressive de la aaulé de l'Empereur. — Matbys espère qu'il n'aura
pas besoin de prendre de l'eau de bois des Indes, ni de la salsepareille.
Yuste, 81 mars 1658.
Muy ilustresenor, Vueslra Senoria habrâ entendido el suceso
delà purga, y como Su Magestad, à Dios gracias, estaba mejor.
Agora le digo que la niejoria va cada dia cresciendo , y espero no
ternémos menester del agua del palo, ni de la zarzaparrilla......
De Tuste , â 3i de niarzo i 558.
Hbnrique Mathisio.
(1) Le 4 avril, Mathjrs écrit encore à Vaxquez que , chaque jour , la santé de
TEmpereur va en s'améliorant Le 25 du même mois, il lui mande qu^elle est
telle qu^il n*y a qu*à supplier Dieu de la maintenir en cet état. Il ajoute qu'il
croit inutile désormais d*écrire aussi souvent à Vazquex.
( 366 )
CXIX.
L*EMPEREUR A PHILIPPE II (1).
Il attend avec désir des réponses du roi à plusieurs de ses lettres : il a été jojeui
d'apprendre son rétablissement. — Mort de la reine de France à Talarenida;
dépôt de son corps à Mérida. — Venue à Yuste de la reine de Hongrie, qui con-
munique à l'Empereur ses projets et ses inteatiens. — Il charge Quijada des
conférer avec la princesse dona Juana. — Il en prévient d'avance le roi, poar
qu'il soit averti , mais en lui demandant le secret , la reine se défiant déjà de loi;
et toutefois il le prie de faire pour la reine tout ce qu'il pourra. — Mission dont
il a chargé le père Francisco de Borja auprès de la reine de Portugal : droits do
prince D. Carlos à la succession de ce royaume; pratiques 4e rambassadeerde
France , pour le mariage d'une fille de son roi avec le roi don Sél>aslieii; préfe-
rcnce à demander pour une des filles du roi de Bohême; venue en GastîHe deb
princesse Marie. — Retour de Borja , qui rend compte à l'Empereur des réponses
de la reine. — L'Empereur le charge de communiquer le tout , à YalkHiolid , à la
princesse dona Juana. — Il engage le roi à faire dès à présent des ouvertor» ai
roi de Bohême , pour le mariage d'une de ses filles avec D. Sébastien. — Offre
de dona Juana d'élever la jeune princesse auprès d'elle. — Ce qu'elle réponds
l'Empereur sur le fait de la régence de Portugal, en cas de mort de la reine.
— Recommandations en faveur de D. Juan Hurtado de Mendoza et de D. SaDcbo
de Gordova. — Post-scriptum autographes : attaques de goutte dont TEmpereir
a souffert , et qui ne lui ont pas permis d'entendre un seul sermon , de t<mt le
carême; soins qu'il se donne pour que le roi soit pourvu d'argent; plaiates di
conscnl d'Espagne à cet égard ; affaire de la reine de Hongrie , qui Ta oonjaré de
ne pas lui être défavorable; D. Juan 4e Mendoaa et D. Sanefao de Goidara;
peine que lui ont causée les nouvelles des Pays-Bas; espoir que le roi aura pris
les dispositions nécessaires pour remédier au mal ; pension de la reine de Bohêaie.
Yuste, 31 mars et 7 avril 1558.
Hijo, algunas cartas os he escrito, y estoy aguardando coa
deseo à la persona que habiades d'enviar, que, segun lo que habeis
(1) On lit, au «los de cette lettre, de la main de Philippe II : « Eraso, des-
• pues que ayais visto estas, volvédmelas, para que las responda de w
( 367 )
avisado, va no pnede tardar , con qiiien espero me satisfaréis à
todo cnmplidamente. Y por lo qne refiriô uno que ultiroameDte
TÎno por jornadas dessa corte, con quien escribistes à los 10 del
pasado, s'enteDdiô que habiades estado mal dispuesto, pero que
qnedàbades libre y con salud : de que cuanto me pesé de lo uno
bolgué de lo otro; y aunque à mi me ha ido tan mal délia, este
tnviemo, como habréis sabido, todavia de algunos dias à esta
parte me hallo en mejor dispusicion , gracias à Nuestro Senor , en
quien espero que con la templanza de la primavera me la con-
tintiarû.
Ya habréis entendido como, después de haber venido las rey-
nas mis hermanas â Xarandilla , y tenido muchas demandas y
respuestas con la infanta dona Maria sobre su venida , se tomô
por medio que se viesen en Badajoz , y que , después de haberlo
liecfao, yTuéltose la infanta à Portugal, y parlidose las reynas
para proseguir su camino h Geadalajara , adoleciô la de Francia
en Talaveruela, de manera que le convino quedarse en ella,
dende, después de haber ordenado sus cosas y recebido los sacra-
mentos, falleciô à los 18 del pasado, con tanto acuerdo y tan
como buena cristiana que, segun medijo LuisQuiiada, à quien
habîa enTÎado para que de mi parte la visitase, y se hallô présente,
filé mas de habelle envidia que làstima : lo quai senti cuanto es
razon , por el grande y particular amor que ambos nos tovimos
stempre. Y faabîéndose depositado su cuerpo por agora , hasta que
oiracosaseacnerdcen Mérîda, qu'esta cerca de alli, vino la reyna
jKpii, no muy bien dispnesta, porque, después de la muerte de
sa hermana, le lia vuelto su mal de corazon; v habiéndola man-
dado tposentar en este monasterio, porque con mas comodidad
nos puéièsemos comunicar, me di6 razon de la enfermedad de
la reyna, y de quan bien acabé y ordené sus cosas, y junto con
este del fin quella ténia, y de lo que deseaba, pidiéndome pare-
mano • (Eraso, après que vous aurez vu celte lettre, renvoyez-la moi, pour
que Xj réponde de ma main).
( 308 )
cer en todo. Y demâs de habelle satisfeeho â elto y à lo que me
envié à dccîr por terccra persona, y ofreciéndose la ida de Luis
Quixnda à su casa, con mi licencia, para ordenar sus cosasy
traer à su niuger, le di parte de todo ello, para que de camino
la dièse de la mia à la princesa, como veréis por la copia de la
relacion queél hizo y llevé dello, para su memoria, que va ood
esta (i). Y partido que se hobo de aqui à los il àesie, que fué el
mismo dia que la reyna , dejé ella al consejero Micault y à su
tesorero Rugier , para que me mostrasen la carta que ella os ténia
escrita; y visto que lo que con ténia era bien diferente de lo qae
me habia comunicado y en\iado à decir, escribi luego à Luis Qoi-
jada lo que veréis por la copia de la mia que tambien va aqui (â),
para que la mostrase à la princesa con lo demàs, como lo hizo. Y
aunque se que la reyna os habrà escrito y escribira sobr estas
cosas lo que veréis, no he querido dejar de preveniros desto,
pero no para que entienda nadie que lo liago , y asi os lo niego •
porque, si viniese à saberlo, como me tiene por sospechoso, peu-
saria que en no haciéndose todo lo que quiere, soy yo la causa,
y por escusar otros inconvenientes que dello podrian nacer, sioo
para que lo veais y hagais en ello lo que os parecicre, teniendo
fin à contentalla y agradalla en lo que buena y justamente bo-
biere lugar, segun vuestras necesidades.
Ya sabréis lo que los dias pasados os escribi sobre la ida dd
padre Francisco a Portugal (5). Y lo que demàs de aquello hay
que decir es que, habiendo venido aqui, le mandé que, allende
de visitar la reyna mi hermana de mi parte, le dijese las ooas
que habia entendido se decian en aquel rey no sobre lo de la suce-
sion del principe mi nieto, y la dispensacion del rey D. Manuel
con la reina dona Maria, en qu*el cardenal de Viseo me haUô
como os dije, poniendo duda de no ser bastante, y el impedi-
(1) Voy. p. 557.
(2) Voy. p. 532.
(5) Voy. p. 253 et 255.
.fX'
('
s ( 369 )
lueoto que por esta causa babia , lo cual siendo asi , el rey 1). Joan
y sus hermanos y los demàs no podràn preleoder el reyno, y
que, porqnc asimismo decian qu'el embajador do Francia que en
aquella sazon babia ido à residir en aquella corte , Ueyé couiision
de Iractar casamiento entre una bija del rey su amo con el rey
D. Sébastian mi nieto , que tambien le dièse à entender que me
parecîa séria bien qu este fuese con una de sus hijas de la reyna
deBohemia yuestra hermana, cual pareciese, y que, efectuàndose,
se podria traer à aquel reyno, para que se criase en él basta que
fuese de edad, y que procuraso d'encaminar la venida de la in»
fanta, paraestar con su madré, porque, aunque en vida del rey
bice instancia en ello, por dar contentamiento à la reyna su
madré, visto, después de la muerte del rey, que lo que yo pensé
que era muy secreto que babia dicbo el dicho cardenal , es tan
pùblico en Portugal, y que esto babia beebo levantar los pies à
lainfanta, para persuadirse â créer algunas cosas que no debria,
me pareciô que era mas conviniente su venida , por quitar estos
embarazos; y habiendo el dicho padre Francisco propuesto lo
eobredicho, volviô aqui, y me diô cuenta dello, y de su viage,
y de lo que la reyna le respondié , que es :
Que, en lo que toca à la dispensacion del rey D. Manuel con
la reina dona Maria, es bastante, y que no tiene ella duda
ninguna;
Mi tampoco en lo de la sucesion del principe D. Carlos mi
nieto, por estar muy claro, y que asi lo tienen todos entendido,
j que dentro de pocos dias se publicarà la pregmàtica que so-
br éllo estaba bêcha y aprobada por los del consejo; y aunque ha
que pasé esto câsi cuatro meses, no se que se baya hecho, y que
solamente paraban en lo de la sucesion de las bijas, cuya decla-
racion habia cometido â dos consejos, para mayor satisfaccion
de todos, aunque ella diz que no tiene duda sino que sea
d*eiitender lo que toca à ellas como lo de los bijos , pues qu'esto
haee poco al caso por agora : pero es bien qu'esté declarado
par adelante;
Y que, en lo del casamiento de la bija del rey de Francia, no
Tome 11. 24
( 570 )
se te babia propoesto nada ^ y que , en èl de la rejna de Behemit,
le babia parecido bien , y asi que se traiga à aquei reytio j se ene
en él , COQ que aea de la tnisma edad 6 poca mas qoe et rey.
Y en cnanto à le de la dispensadon y sùiiesion, le répliqué,
para qu'él aeio escribiese à la reyna, confortnàDdome con sa
voluntad, y que, pues estaba satîsfecba en lo que loea à este,
tambien lo estaba yo, sin decir que se hîdese otra diligeiicia,
pareciéndome que en cosas d'esla calîdad es peor cnanto mas ae
tratan , y que en lo del ca<«niîento os avSsarîa dello , para que
vos lo tratàsedes. Y asi sera bien qne lo bagais y veais la peraoaa
que lo debe hacer, eseribiendo à los reyes mi hermaBo y Ujeft,
para que lo Tean y platiquen con cual de las bi}a8 ba de ser, y
0011 que condiciones, para que, entendido todo, se vea lo que eo
elle se debe y poede baoer : de que me avisâtes.
Sft^todo lo ctwl , y \o que mas me refirié de parle de la rqnu
sobre lo qpe^eUa babia irabajado y eneamînado la Tenîda de h
infenU, siii bàbar podido hacer mas, escribi à la priacesi,
remitiéndome al dictM^^re Francisco , para que , p«es iba à
Valladolid , le dièse cuentâ^da todo ; y respondiéodome â lo de h
bija de la reina de Bohemia, m^seribe que^ en eaeo «fo^esto «
efectkie, b<jlgarta mncbo de criarîar^ t«n««^te e» »« compaiiia
para su contentamiento, aunqne es dè^^^^f^ V^^ *• rcyiia pra-
tenderà lo mismo. v
Vkto que la reyna de Portugal mi bernaÇM' eakrvo los dîas
pasados mala, aunque brevemeote qnedô Mw*» envié à d«if
coB Luis Qoipda h la princesa q«e ntînise en>^ se™ ™^ f*
se le escribiese , ô que se lo dijese eOmo de so^ ^ embajsiw
Di Joa» de Mendoca de Hibera, que, en caso qnrf^^î"»* "*
faltar, si convendria que la nombrase ântes por golç^™***"™ ■•
aquei reyno; la cual me ha respondtdo que no convie*®* 7 ^^
sin que eUa lo haga, le pertenece directamente, m V^ ^^
personas en aquei reyno que le avnarân de todo enandl^^^'^
el caso. Pero todavia me parece que lo débets ver, j^^'*^»*'
con tiempo lo que conviene para en todos casos, por si^^*"^
denal toviese algun fin en lo que toca & eato.
r
(371)
Estaado las reynas en Xarandill^ , y ballândose tan éncargadas
de D. Juan Hurtado de Mendoxa (1) , por )o qne ha servido en
este negocio de la infante, me enviârôn à pedir totiese pôr bien
d^escribiros en su favor, para que lé hiciésedes merced en lo qne
resaltase d^esta consulta de la Yglesia, y no lo hice etiténces,
por estar con la gota; pero envîéles à d<%ir qiiè os ^cribiesen
ellas, y que yo lo baria en estando para ello. Agora, al tiempo que
la reyna de Ungria se devpidiô de mi , me volvié à htUar so-
br'esto, y para que haga lo mîsmo por D.Sancho de G<^rdoba, que
ha estado en Portugal é'ntèndiendo en lo sobredicbfo, y suptica
por utia encomtenda de las que estàn Tacas. Y aunquè èstoy tan
fliera de escribir por nadie, como débets saber, todavia, po^
haber dicho que lo haria sohfesto, he qnerido bacef esfos ren-
glones, reinitiéndoos 16 que ambos pretèïiden, para que \(f véafs,
y hsrgais en ello lo que os pareciefe. T Nuestro Senor, etc.
De Yuste, k 3i de màfzo de 1558.
De la main de Œmpereur,
Hijo, ya avréis sabido como la gotta me ha tratado; y aunqœ
DO ba sido ianto tiempo ni -con lantos acidentes como cuando
alla estaba, todavia ha sido mucho mas qu^elano pasado, porque^
desde lantos de BOYÎembre hasta pocos dias ba , me ha dado
1res veces, y muy recio , y me ba tenido muchos dias en la cama*
y he estado, hasta pocos dias ha, tan trabajado y flaco que en toda
esta quaresma no he podido oir un sermon. Y esto es la causa
porque no os escribo esta de mi mano, y porque, como no tengo
aun respuesta de lo qoe os tengo escrito, ni me huelgo de en-
tender acâ en muchos negocios, no se sobre que os escrebir; y
( I ) B. Jaan Hurtado de Mendoxa fut un des diplomates les plus illustres de
ce temps. Il avait servi TEmpereur, peodant douze ans, au concile de Trente ^
à Rome, dans les ambassades de Venise, Flandre et Allemagne, sans parler
d'autres affaires importantes auxquelles il avait été employé.
1
(572)"
pues de uno solo, en el quai os sirvo desde aqui de soliciudor,
qu'es para que os provean de dioero, veréîs, por lo que vuestra
hermana os escribe, como lo hacen, y como se quejan que en
algunos medios donde pensaban sacarlos se los quitais , yo creo
que cou todo esto no os escribiera esta, hasta la llegada del que
enviais, si no fuera por averse alravesado esto de la reyna de
Hongrfa , de que os envio las copias , por las quales veréis lo
que debeis de bacer en ello; y no digo mas, porque ella me faa
conjurado que no escribiese en su disfavor. Tambien os escribo
en lo de D. Joan de Mendoza y de D. Sancho de Cérdoba. Ta
habréis entendido como se han habido en sus cargos, y lo que
merecen : à lo cual me remito. Tampoco os escribo sobre bs
cosas que por alla an sucedido , porque todo lo que yo podria
decir séria fuera de tiempo y de prop^sito ; solamente os dire
que hasido cosa que ianto alarma y desasosiego me ha dado,conio
pudo bacer ninguna de las que yo tuve de la venida dd rey de
Francia, quando yo fui en Namur, y de todo lo que àntes y
despuës de aquello sucedié. Yo confie que habréis dado la mqor
ôrden que ser pudiere para remediar à tantos trabajos y incoo-
venientes que dello pudiera suceder, y que, si teneis liempo de
annaros, que no solamente le resistîréis, mas haréis mejores
efectos que hiciéredes, si el rey de Francia os dejara en tal
tiempo tan pacifico que os volviérades acà àntes dél. Dios asi lo
quiera, y ordene como conviene à su servicioy al bien, honra y
repose que os desea vuestro buen padre,
Carlos.
Autre po8t-seriptum de la main de Œmpereur.
Acuérdoos veays si séria bien que lo que librays cada ano
ahy à la reyna de Bohemia, vuestra hermana, se lo consignâsedtf
en la renta del Estado de Bari 6 Rosano que os dexô la dePoIonia,
por libraros de esa importunidad, y de las otras que es de créer
os daràn algunos sobre que les hagays merced dello, aunqae creo
(573)
que sin esta prevencion os guardareys de dalle à nadie. Somos à
7 de abril.
cxx.
LE DOCTEUR MATHYS A PHILIPPE II.
Relation de l'état de l'Empereor et du régime qu'il obsenv.
Ynste, 1 avril 1558.
S. R. et C. M^, qood jandudum, non sine maguo meo dolore,
ac animi, ut par est, raolestia, nequWi in preseotia mihi com*
mode et merito nunciare, mirifiee nobis gratulari posse videor,
nenipe, hoc teropore, Caesareae Majestatis valetudinem firmio-
rem ac meliorero esse (Dei iromortalîs, qui omnium bonorum
nobis unicus est author, beneficio) quam fuerit superioribos
quatuor mensibus, idque ipsomet Caesare judice ac teste. Quod
nuncinro, ut procul dubio Tnae Majestati spero fore gratissimum»
ita a me quoque libentissime perscribitnr; atque unum tantum
velim a Deo summo opifice impetratum , qnà boc bonum esset
nobis perpetuum, aut saltem in complures annos prorogaretor;
atque ita fore, non levem spem nobis praebere videtur vema baec
amplectenda constitutio. Âdest quidem perpetuus tibiarum ille
carnifex, pruritus scilicct ; caeterum non temere est expellen-
dos, quod a majoribus intérim malis, ut mea fert sententia,
vindicet : ob quam solam causam, ni falior, tolerandus est, ac
inihi quidem tantum non negligendus : quanvis optarim, médius
fidtus, ut eo carere possimus, (quod cacoehimiam intuff pluri-
mam adhuc snbesse doceat, quae nihilominus temere non sit
agitanda, ne camarinam, quod dici soiet, moveamus); nisi e plu-
ribus incommodis id quod levins est et tolerabilius praeferri
( 574 )
soleret. Quod ad cattera aUinet , post nupemmaiii puifatkmeiB,
familîarem illam ac levem , Sua Majeslas melius appeiit quam
multis retroactis hebdoroadibus. Et, utuno verbo dicam, nato-
rales ejus functîones liberîoressunt, ac laudabiliores; de anima-
libus nihil habeo quod dicam , quod in hac cellnlaria soa yIu
fera sint ociosae, idque non ci(ra animi nostri moerorem, quod
aliter fieri posse desperem , etiansi nimiopere ex usu nostro esset,
nam supra quindecim aut vigioti pansus, ut nunc est, Yix tolo
die gestatur, et raro tôt progreditur. Fuere quidem proximis die-
du8 pedesiitcuniqueioipedili, pb ulcuscMla quaedam e scabieibi
prognata ; verum, eliamsi liberrimi sint pro sua condilione, nibil
propemodum ulierius praestatur. llaemorrhofdes \enae nunc
paruin negocii facessunt ut illae incusari non mereantur; neque
video quid aliud causari debeam quam voluntatem quae nobis
omnibus est pro ratione vel efltoicissima. Caetaronn haec aliter
se bahere non possunt ; eqoidem , quantMm in me erU, non deai-
nam tamen prp mea virili portions advigilare, qu(^ pro nata oeca-
8Î006, ubicumque opus esse depreheudi&ro, statim praesto adsin.
Faxit modo Deusoptimus maximus ut remsen^per, quod dici soiet,
«eu attingam, (oontingit enim hic, utpote in arte conjecturali,
intardum a fine ^berrare, qe quid temere mibi airogero), ilaqiie
omnta succédant ut nuisquam defîciam aut perperam actipnes
weas instituamt et Majestî^ti Tuae perpetuo ^atisfdciarn; ea enim
mea unica est cqra, et id esjt prfiecipuum ipei^m çtudium. Resiat
intérim, ut me tolum quantuluscuroque sum Majestati Toae
devoveam, atque ad genua proyolutus supplex dexteram sacro-
sanetam expsculer. Ifpjestatem Tuam pro suo voto is serret ac
tneatup, qni cuncta pro nutu suo gubernat, Deus. E Jostiano
coenobio cal. oprilis 1558.
Sacrae Majestati Tuae semper devotissimum mancipium.
Cor. Hbmricus Mathisius,
Medicorum minimus.
(375)
CXXL
JUAH VAZQUBZ A L EMPEREUR.
Il f Hsara qu'oo ftpporte tout* la diligence possible dtns la reeherelie et remploi
4ea moyens propres à procurer de l'argent au rel. — Lettre de roi à la prin-
cesse. — 'Mesures qu'il prescrit pour |a défense de U Sardeigne*^ Nouvelles
des Pays Bas reçues par Yaïques. — Offres faites par ordre du roi au cardinal
Carafa. — Prétentions du duc d*A!be , sur lesquelles il n'a pas été statué encore.
— Envoi pittchain par le roi d'un de ses ministres en Espagne. — Arrivée à Dou*
vras de Pedro Menende^ avec ses navires et l>rgent» — Succès de la mission du
comte do Feria en Angleterre : détermination de la reine de faire la guerre aux
Français.
YalM^Ud, 9 avril 159a.
S. C. C. W^^ 4os carUu de Vuestra Mage»tfi4 he recibîdo e^los
dias , da yeînte y cipco y yeinte y 8ie(e del pasJido ; y puede
Vuesira Mageatad teqer por cierto que, en la provision que ge
bace al rey Qpestro aenor, se usa de la diligeneia que eu e|
uiuDdo es posible, y que para elio qo se entiende en ptra cos^,
sino en buscsr medios y suspender otros negocîos por este, pues
lanto importa; y los del consejo de Estado y hacienda besan las
manos de Vuestra Magestad» por la satisfaccion que muestra tener
dellos en esto.
Anecbe se reeibiéron carias de Flandes con un correo de mer-
eaderes ; y con esta en vio copia de la que Su Magestad Real escribe
à la senora princesa; y, por la mesma causa que no scribe à Su
Aheza , debe dejar de escribir à Vuestra Magestad, aunque Ëraso
me escribe que despacharian presto correo.
En lo quo escribe el rey que se provean para Cerdena mil y
doscientos soldados, ya se habian proveido très capilanes para
que levantasen setecientos hombres, como à Vuestra Magestad
escribi, y de nuevo se nombrarân otros dos capitanes para que
pr^Wi
'fl\\
(376)
levanten otros quinientos, â ciimplimiento de los mil y dodentos;
y tambien se proveerâ lo del artilleria y municioDes que se ha de
enviar , y se platicarà sobre lo que Vuestra Magestad apunta si
convernâ hacer apercibiniiento gênerai en el reino. Y de lo que
se resolviere se darà aviso à Vueslra Magestad.
Lo que me escriben à mi, por carias de cuatro de marao, es
que Su Magestad Real quedaba ya con salud, y que» después
que los Franceses tomàron y aaolàron à Guines, y se retiràron
hâcia Bolona, habia licenciado alguna gente, y alojado la demàs
en las plazas suyas de aquellas fronteras, y que en Calés habian
puesto hasta très mil hombres, y con ellos à Mos' de Ternes;
que el duque de Saboya iria à fortificar à Gravelinguas y Bor-
burg : para lo cual habian dado los estados de Flandes cien mil
florines.
Escribeme Eraso que Su Magestad Real habia mandado ofreêca
al cardenal Garrafa , para el conde de Montorio, seis mil ducados
de renta, y à Rosano, y diez mil sobre las sedas del reîno, todo
perpetuo , y no se contenté , porque la recompensa de Paliano do
le parescia suficiente, y que se le habia hecho un protesto, para
que se viese que por parte de Su Magestad se habia cumplido^
y se escribiô â Roma sobre lo mesmo, y al cardenal ofresciô doee
mil ducados de pension sobre Toledo, y ocho mil de naturaleza
en estos reinos : de lo cual no ha tractado, dejàndolo por agora
ansi. Pero el rey le dejô en su mano el irse 6 quedarse, y no habîa
tomado resolucion, ni tampoco se habia determinado nada en las
pretensiones del duque d'Âlva para su Tuelta â Ytalia , 6 quedada :
lo cual paresce que no esta bien sin ministros del rey, en tienipo
que viene el armada del Turco , ni tampoco estaba declarada la
persona que el rey ha de enviar acâ, aunque se crée que sera
Rui Gomez.
El régente Figueroa me ha cscrito que Pero Menendez llegô
con las zabras y dinero â Dobra, y que luego |)assô â Flandes :
con lo cuni me paresce que ha cumplido muy bien lo que ofresciô.
Tambien dice que el conde de Feria ha hecho y hace bien sa
omision , y que la roina y el consejo estàn con deterroinacioo
(377)
de ofencler a 1o8 enemigos ciianto pudieren , y que se preparan
por mar y por tierra para defensa del reino.
CoD esta he querido tambien enviar à Vaestm Magestad la
copia de la carta que se escribiô al rey sobre los apuntamientos
que yo envié à Vuestra Magestad , por la cual se verà todo mas
partieularmente.
Nuestro Seûor la impérial persona de Vuestra Magestad guarde
con la salud que sus criados deseamos.
De Yalladolid, à 2 de abril 1558.
De Vuestra Magestad mas humilde criado y hechura , que sus
impériales manos besa,
Juan Vazquez.
CXXII.
MARTIN DE GAZTELÛ A JUAN VAZQUEZ.
Satisfaction de l'Empereur du soio qu'on apporte , à Valladolid , à secourir le roi.
— Il ne répond pas à Vazquez, à cause des jours de confession. — Il a trouvé
bon» U» harengs qu'on lui a envoyés. — Sa santé est excellente. — D. Hemando
de Rojas est attendu à Yusto.
CuacoSjO avril 1558.
Ilustre senor, Su Magestad vie la que Vuestra Merced le
ha escrito, y las copias de las que con ella viniéron, y en todo ve
el ruidado y diligencia de que abi se usa para que el rey nuestro
senor sea servido y socorrido, pues la necesidad en que se halla y
la razon lo permiten; y, por estar en dias de confesion, nores-
ponde agora : bacérloha adelante
Los arenques que trujo este correo le han sabido bien , y quetla
tan bueno que ayer andnbo viendo la obra que se hace, y estuvo
te
;i
( 378 )
"^1 bueo rgto mirando como trabajaba la gente que anda en elltt.
De D. Hernando de Rojas (I) recibi ayer ona carta que me trajo
el eorreo qae envié addante para aposentalle, y él sera aqoi m-
nana» y brevemente despaehado, porque vaya à tener ia pascat en
an easa...,
De Guacos, à 6 de abril de i558.
Martin de GaztblA.
CXXIII.
LA REINE DE HONGRIE A JUAN YAZQUEZ.
Elle le prie de ftîre pAirenir le plus tôt possible à l'Empereur des livres de rausii|ic
qu'elle lui a envoyés pour Sa Majesté.
Cigales, 15 avril 1558.
Juan Vazquez , yo os enbié una carta con alganos libres de
niùaica que Su Mngestad me mandé que se les enviase : enbialde
à Su Mageslad con la primera comodidad ; que tanbten estas
carias escrito de mi mano, e! mas presto que ser puede. De mis
negocios, siendo en tan buena mano como en ia vuestn, me
aseguro que no perderes liempo de hacer lo que compte; y por
este no dire mas, sino esperar el aviso que dellos me daréis,
siendo en su punto
De Cigales , à 4 5 de abril.
La Betna.
(1) Voy. p. 516.
(579)
CXXIV.
l'bmpereur a p»ii,ippe lU
EoToi oife lui a fait la rein« de Portugal d'Al^Dso de Çuniga , pour soUieiter son
intercession auprès du roi , touchant les quatre cuentof de maravédis qui lui
avaient été assignés en Espagne , qu'elle avait échangés avec la feue reine de
France coniiie une pareille tqnin doi)t celle-ci jouissfiit en Portugal , et dont elle
désirait maintenant la reslitutiop. — L'Empereur demande à son fils ce qu'il
doit répondre à la reine. — pans un post-scriptum autographe , il s'excuse en
quelque sorte de hii écrire en ftiveur de la reine de Portugal , aussi bien que de
la nine de floagria et de fiafanle.
Yuste, 91 avril 1558.
Hijo, à 1q3 34 de) pawdo os escribi ultifuiaiiieote (i) en claro»
con un correo que se despacbd por mar» io que habréis vislto, y
envié rois cartas à la princesa yuestra hermana, para que fueseo
con las suyas; y después l'envié el duplicado délias en cifra , para
que las envi^ase por tierra; y habiépdoiuc avisado que no erao
idas, me ha parecido escribiros lo que abajo entenderéis.
Ya debeis saber que, teniendo la reyna de Francia, roi her-
mana, en Porlngal cuatro cuentos de roaravedis por lo 4^ su
TÎudedad» para durante sus dias, y la reyna de Portugal otros
€uatro en estos reynos, y vislo que, por baberse casado en aquel
reyno, le venja pias k propésito tenerlos alli, y por el consi-
gniente à la de Francia aci, para ser roejor pagada , toviéron por
bien de trocar; y agora la reyna de Portugal, habiendo enviado
aqui a Alonso de Çûniga, su criado, con algunos regalos, de lo
cual y de saber de mi salud ha tenido y liene harto cuidado, y
vp6lo que la reyna crisUanisiroa era fallescida, roe ha escrito de
(1) Voy. p.566.
( 380 )
8u inano y enviado à hablar con el dicho Çùhiga, pidiéndome.
con niacha limiUcion , comedimîento y blandura, coiuo dla lo
ftiiele hacer en todo, que, atento à que, por tener siloados los
dichos cuatro cuentos en dîferentes lagares, y haber venido en
diminuycion las renias dellos y los salarios que paga à las per-
sonas que en su nombre los cobran , viene à recibir de daiio eâsi
la mitad, toviese por bien de intercéder y bacerle merced que se
le Yuelvan los dichos cuatro cuentos que ténia en estes reynos (1),
con tanto que esto no baya de ser estorbo para la que vos qoi-
siéredes hacer h la infanta. A lo cual le he respondido de palabra
y en mi carta, significàndole que ya sabia quan apartado estaba
yo de todo , y que lo que podia hacer era scribiros sobrello de
muy buena voluntad, y que asi lo haria con el primer correo
que partiese.
Por lo cual , y para qu*esio pueda llegar à tiempo que podais
tratarlo junto con lo de la reyna de Ungria é infanta, me lia
parecido avisaros dello , para que veais lo uno y lo otro, porqae«
conforme à lo que hiciéredes con ellas, podais mirarlo que
querréis hacer con la de Portugal ; y de la resolucion que tomà-
redes holgarii que me aviseis, y de lo que os pareciere que habré
de responder à la reyna de Portugal , mirando que en todo hava
mucho secreto.
Yo he estado y quedo en buena dispusicion , y con deseo de
saber que tcngais entera salud , y que haya Dios alumbrado con
bien & la reyna vucstra muger, y que fuese Ilegado Ruy Gomez,
que me dicen es la persona que enviais para enlender los lér-
minos en qu*està lo de alla, y lo que pensais hacer. NuesCro
Senor lo guie todo, y os guarde como yo deseo
De Yuste, â 21 de abril de 4558.
(1) On Ht , à la mai*g;e, les mots suivants, écrits de la main de Philippe H :
« Que Su Magestad puede saber alla que yo no los ten^ro • (Sa Majesté pest
savoir K^-bas que je ne les ai point )«
(581 )
De la main de l* Empereur,
Hijo, ofrécense cosas que, aunque horobre no quiere, do
puede escusarse de tratar délias ; y asi no iie podido escusar de
escrebiros sobre esto y sobre lo de la reyna de Hungria y de la
infanta; y aunque tengo la mano mejor, pues este duplicado
habia de tr en cifra , la he mandado escrebir de mano ajena.
Y no escribo mas destos renglones.
De vuestro buen padre,
Carlos.
cxxv.
MARTIN DE GAZTELÛ A JUAN VAZQUEZ.
Excellente santé de l'Rmpereur, qui se dispense, par ce motif, de prendre de l'eau
de bois. — Envoi qui lui est fait par la reine de Portugal , de deux chats de
riode , d'un perroquet , d'un arrosoir en or, de deux boites de porfums et d'un
baril d'esturgeons. — Remerciments qu'il adresse à la reine. — Gratification à
son messager.
Cttacoe , 29 avril 1558.
llustre senor, la de Voestra Merced de 14 de este recibi, à
que hay poco que responder. Su Magestad oîô à la letra la que
le escribiô, cuya respuesta va aqni, y de salud le Ta cada dia
mejor, por lo cuai ba dejado de tomar el agua del palo, como lo
ténia acordado , basta que tenga mas necesidad.
La reina de Portugal ha enviado aqui à Alonso de Zûniga, su
criado, con unos antojos sobre que ios dias pasados se le escrîbiô,
y dos gatos de la Yndia muy pequenos, y un papagayo que habla,
( 382 )
una almarraja deoro, dos cajas de pebetes y un barril de solio;
y habiendo hecho su oficio, sê ie diéron 900 ducados, y se Tolviô.
Gon quien Su Magestad respondîô à la reina, agradeciéndole
mucho el cuidado que tiene de regalarle, que cierto es harto
grande, y de saber de su salbd
DeCuacos, à 22 de abril do 1558.
Martin dé Gaztrl6.
CXXVI.
MARTIN DE GAZTELÛ A JUAN YAZQUEZ.
Visitef à Yusta de réréque d'Avila et do D. Hernando de la Cerda. — Eudlealc
santé de TEmpereur. — Ses attentions pour ses senrileun flamands.
Cuaoo8,27aTrillS58.
llustre senor, el senor obispe de Avila diceo qae fiene
maôana aqui à besar las manos à Su Magestàd. D. Hernando de
la Cerda hizo lo misoio, dos dias ha , y se parte dentro de otres
dias. Su Magestàd esta muy bueno
Ese pliego grande es de cartas de criados del Emperador, el
cual me mandé, ântes de agora, que se las encaminase àenpre
bien , para que tengan nuevas de sus deodost y qae, si tigmas
aportasen à casa de Vuestra Merced part elles, ie escribiese qae
se las enviase. Harto pocohacen en serville aqui, puea Su Ma-
gestàd tiene tant» cueata eon todo lo que les toca
De Cuacos , à 27 de abril de i $58.
Martin de Gaztelc.
( 385)
CXXVII.
LfiMPBRBUR A PHILIPPE II.
Détennination de la reine de Hongrie de demander an N>i , pour en jouir sa rie
dunuit, Zorika« Alnonacid, Albalate et Illana. — Leitre qu'elle écrit à
l'Empereur; réponse de l'Empereur , qui trouve cette demande plus raisonnable
que la précédente, et s'en réfère à ce que le roi décidera. — L'Empereur rectifie
un propos de la même reine touchant les prétentions de l'infante de Portugal. —
Les bruits qu'on répand de traités de pais et de mariage, et de grandes largesses
du roi , le mettent en peine : il ne peut croire surtout aux derniers , alors que
lui-même se montre si difficile sur les prétentions des deux reines ses sœurs et
de Tikifante sa nièce , et ïi fait à son fils des observations à ce sujet. — Il y
revient dans un postHScriptom autographe.
Yitttei 97 avril 1598.
Hijo, por lo que os etcribi^ k ios 31 del pasado, por mar j
tierra, sobre lo qoe mecomunicé la reyna de Ungria, cuando
ultinaaraeiite estobo aqui, y là copia de la reiacion que Luis
Qirijada llevô, para dar cuenta dello à la princesa, y la carta
qoe después le escribi sobre lo que resultaba deotra de la reyoa^
babréis enttudido lo que hasta euténees habia sueedido. Y bar
biéndose después ittibvmado ella partieularmenle de las calîdades
de Çorita de ios GaneSi Almonecir, Albàlatie y Yilana, deliesa de
AlglMPgil^ qae son Ios logares que se mebaeDviado reiacion que
teDM ftn de eomprar, y pidido su parecer à ioan de Vega y Joan
Vazquez, se ha resuelto en pidiroslos para solo durante su Yida^
y no como àntes lo pretendia. De qoe ba avisadoacà largattieate,
pidiëndome que os escribiese sobrello, para que lo toviésedes
por bien : à que le he respondido con toda blandora , aprobando
su determinacion , por parecerme que lleva este mas camino de
poderse baeer que no lo otro, asi por lo que loca à vos como por
la necesidad en qu'ella se pusiera , si la compra fuera perpétua.
( 384 )
De lo ciial me ha parecido taïubien avisaros , para que, iofor-
màndosc priiuero bien de todo lo que sobr*esto convenga, y vîsio
lo que la reyna os scribirà, lo proveais como viéredes mas cod-
venir : que à mi paréceme que, habîendo de hacer algo con elb,
es raejor desta manera que agora lo pide , que no perpetuameote,
cuanto mas que los dichos lugares no rentan tanto, ni algunos
dellos son tan caliGcados como pensaba.
La princesa vuestra hermana me ba escripto que, tratando la
reyna de los ocho cuentos que la infanta prétende, se da à en-
tender y dice que se los darëis, ô à lo menos los cuatrp dellos,
y que yo estoy bien en ello y me paresce muy juslo. Y lo que en
esto tengo que decir, es lo que habréis visto por el segundo
capitulo de la carta que escribi â Luis Quijada, cuya copia os
envié (1); y fuera de aquello, uo me acuerdo haber dicho oi
escripto à la reyna lo que dice.
Como ha tanto que no viene correo desa corte, ni Ilega h
persona que enviais, se dicen tantas cosas de concierlos de pai
y casamientos que délia resultan , y mercedes crecidas que ha-
ceis, que no puedo créer nada (S), auoque estoy con cuidado, y
mucbo menos lo ùltimo, viendo vos la Hmitacion con que trato
lo que pretenden las reynas y infante, mis hermanas y sobrina,
puesto que creo que no faltaràn importunidades de personas que
han servido menos de lo que diràn, y de otros, sin haberlo hedio
ni merecello. En lo cual no tengo que decir, hasta saber lo cîerto
y tener respuesta de lo que os tengo escrito , pues cnalquier
aviso y prevencion mia Uegaria tarde y fuera de saxon; y si esta
llegase à tiempo, podrà serviros de aviso, para estar advertido
de lo que debeis hacer. Y Nuestro Senor os gaarde como yo
deseo
De Yuste , à 27 de abril 1558.
(1) Voy. p. 334.
(2) A la marge , il est écrit de la main de Philippe 11 : « Sattsfaeerle i
(Lui donoer satisfaction sm* ce point).
( 385 )
De la main de t Empereur,
Hijo , por ser estas cartas que os escribo sobre esta materia, y
baher de ir el duplicado en cifra , no van de mi roano , ni tam-
poco escribo sobre otra, porque, como no es llegado el qne de
alla ha de venir, que no ayuda nada con las provisiones que de
acà han de ir, y acà se dicen tantas nuevas que no se que decir
ni que escribir, cuando ese fuere venido, y avré entendido lo
quel traye, y lo que alla pasa, entônces dire lo que se me ofre-
ciere y entendiere. Bien podria ser que quiça servira à cosa
heeha, à que habrâ poco que decir, pues sera hccha.
De vueslro buen padre,
Carlos.
CXXVIII.
MAUTIN DE GAZTELU A JUAN VAZQUEZ.
ArrÎTre el départ de l'éTeque d*Avîia , avec qui l'Empereur a une longue eonrer-
satioB. — Bonne tante et contentement de Sa Vajesté. — Venue de Juan
Gaétan , pour préparer les cierges et autres choses néoesaaires aux obsèques qui
•e célèbrent , chaque année, le fc mai, pour Timpératrice.
Cuaco8,38 avril 1558.
Ilnstre senor, ayer manana se despachô un correo con quien
escribi à Vuestra Merced lo que habré visto, y poco después
liegù aqui el senor obispo de Avila, y besé las manos al Empe-
rador en acabando de corner; y, demâs de baber holgado con su
YÎsîUicion, estuvo parlando con éi, buen ralo, eosas de buena
coriTersacion ; y con su licencia se despidiô, y parte dentro de
Tome II. 25
'i-::--i
( 386 )
una hora , si lo mucho que Ilueve do le detiene. Su Magestad esta
bueno y alegre, y con deseo de saber esto del parlo de la reiaa
de Ynglaterra
Juan Gaétan , por qnien escribi à Vuestra Merced el otro dia,
es vuelto aqui, porque Su Magestad lo mandé, para poneren
érden lo de la cera y otras cosas necesarias para las honras que
cada ano se bacen à primero de mayo por la emperatrîx
De Cuacos , à 28 de abril de 1558.
Martin de Gaztelu.
CXXIX.
l'empereur a JUAN VAZQUBZ.
Lettre autographe du roi. — L'Empereur a été eharmé de savoir avec eertttu^ U
manière dont sa renonciation à l'Empire a été effectuée , quoiqu'elle ait ev lira
autrement qu'on ne l'avait dit. — Nouvelle recommandation de procurer
tout l'argent possible au roi. — Luthériens arrêtés. — Nouveaux sceaux à (aire
graver.
Yu»le, 8 mai 1558.
Joan Vazquez de MoHna, secrelario y del oonsejo deJ rey mi
hijo, la carta que me seribisies à 27 del pasado (i) he recibido,
y enlendido , por la de mano del rey , la mejorf a con que que-
(1) Dans le 1. 1*'', p. 288, nous avons donné un extrait de cette lettre de
Vazquez du 97 avril, concernant Tarrestation du docteur Cazalla et diantre»
luthériens. Cest à cette lettre qu^étaient jointes la lettre anto^aphe do roi à
rEmperenr, ainsi qu*une copie d'une seconde lettre de Philippe U ,
à la princesse sa sepiir, et d'autres pièces.
( 387 )
daba : de que he holgado, y asi de saber lo cierto de la renuo-
ciacioo dellmperio, que, aunque se ha hecho bien, fué diferente
de como ae dijo los dias pasados.
En lo de loa cambioa que escribe el rey à la princesa en su
ûltima caria, cuya copia m enviastes , que se habifiii concluido, y
lo que se ha de proveer, y dinero que se le ha de enviar , su nece-
sidad debié de ser de manera que, para cumplir con lo& Alema-
nes y el principe Doria, le fué forzado hacellos : en que no teogo
que decir, sino remitirme à lo que ahi se ha de proveer; y soy
cierto que, sin embargo de aquello, se harâ lo que conviene,
yendo en ello la seguridad y reniedio de todo , y estando el rey de
Francia. como dice, armado, y el rey no, porque, cuanto mas
adelante esta el tiempo, tanto es mas necesario usar de presteza
en lo que se hubîere de hacer.
En lo de las personas que hay (4 ) y eu otras partes destos
reynos se hanpresoporluieranos, escribo à la princesa lo que
veréis (2) , a que me remito.
A Gaztelù he mandado que os escriba sobre dos sellos que se
faan de hacer, del tamaiio y con las armas que os avisari (3)»
Haréis que conforme à aquello se ponga luego mano en elles , y
s^embien.
De Yusle, à 3 de mayo de 4558.
Carlos.
Por mandado de Su Magestad :
Martin de Gaztblé.
(1) fiay, pour ahi, aUi.
(2) Cette lettre est dans le t I**, p. SOS.
(5) La lettre de Qêit»\ù à Vazquez est aussi dans le 1. 1'% p. 993.
( 3S8 )
cxxx.
MARTIN DE GAZTELÛ A JUAM VAZQUEZ.
ArrivM d'IUlie de D. Luis de Caslelti , qui entretieol T Empereur d'une aiaire
d'une telle importance , que Se Majesté le charge d* aller aux Pays-Bei en rva-
dre compte au roi , en lui donnant une lettre pour son fils : ce qu'il a refusé à
d'autres. ~ Continuation de la bonne santé de l'Empereur.
Cuacos, 5 mai 1558.
llustre seiior, el seûor D. Luis de Casteivi, à quien Vuestn
Merced conoce, ha venido de Italia aqui à besar las manos al Em-
perador, como criado suyo, y à dalle cuenta de un negociode
tanta calidad, que le remite, y ha inandado vaya a Flaodes à dalla
al rey , y le ha dado carta suya para que con mas ocasion lo puedi
hacer ; v ha acordado de ir ahi à besar las manos à VueslraMer-
ced, por lo que me dice que es su servîdor, y para entender la
brevedad con que partira la armada del cargo de Pero Menendex,
para que, si tuviere tiempo, pueda ir & irisitar sus deudos y ptria,
y sino vaya â envnrcarse en ella. Suplico à Vuestra Merced qne,
aunque se que le es aficionado, me la haga que, asi en esto coma
en lo demàs que ahi se le ofrecierc y le tocare, mire por sus cosa»
como de persona que ha servido muy bien à Su MagesUd, y qne,
como ik tal, ha hecho con él lo que ha negado k otros, auoqae
merezca mucho mas. Queda bueno, como escribi ayer
De Guacos, à 5 de mayo de 1558.
Martin de Gaztelé.
( 389 )
CXXXI.
MARTIN DE GAZTELU A JUAN VAZQUEZ.
Sanlà de rEmpereur : démangeaison qu'il relent aux jambes, mais qui est considé-
réfi comme un bon symptôme. — EnToi , par Tinfanta de Portugal , de Francisco
de Barros, poar rexêeution du testament de sa mère. — L'Empereur le reçoit.
— Défaite du roi d'Alger par le roi de Maroc : détails désirés par l'Empereur.
Cuacos, 9 mai 1558.
Ilustre senor, con el que ultiniamente partie, respondi à iina
caria que ténia de Vuestra Merced. Lo que después hay quedecir ,
es que Su Magestad ha estado y queda bueno , aunque le da pesa-
danibre noa comezon que liene en las piernas: pero no es cosa
nneva , àntes es senal de salud ; y, cuando le falta , le da la gota.
Hàcese algunos beneficios, y se crée que no sera nada ('l).
Francisco de Bayrros, que esta darâ à Vuestra Merced, es
criado del rey, à quien la senora infanta envia para entender en el
cumplimiento del testamento delà reina cristianisima su madré;
y bfibiendo venido aqui, besé las manos al Emperador, y pasa à
esa corte.yloharà à Cigales. Hànos traido una muy buena nueva,
de haber desvaratado y niuerto niucha gente el rey de Fez al de
Argel: de que Su M*""* ha holgado harto, por ser en esta coyun-
Cura. Aqni se tuvo aviso, el otro dia , que al de Àrgel habian dado
una mala mano , y que huyendo le encerràron hasta dentro las
puertas de Argel ; y esta nueva me dicen que la dijo Guillermo (2).
Desea Su Magestad saber lo que hay en esto , y si es todo una
(1) Dans noe lettre da 13 mai, Gaztelû répète les mêmes choses sur la
s^nié de FEmpereur.
(2) Guillaume Van Maie.
il ( 590 )
misma cosa, y que se le envie relacion de lo que en ello se tiene
entendido. Guarde , etc.
De Cuacos, a 9 de mayo de \ 558.
Martin de Gaztblè.
CXXXII.
LÀ REINB DE HONGRIE A PHILIPPE H.
Elle demande «u roi , mais pour sa vie seulement, ZoriU, Almonacid , Àlbalate et
Illana , avec leurs revenus : ces quatre endroits Appartenant aux ordres , «Ils
s'est assurée qu'il y avait faculté du pape pour T aliénation leoiporaire qu'eilt
sollicita. <- Elle sa eoofie que le roi ne fera aucune difieulté de eondetecndre a
aoD désir , vu le peu d'importance des eadrofts dont il s'agit. — GoMn* e« ^'eHe
souhaite surtout est de vivre tranquille, elle demande, de plus, que le rn
lui concède une entière juridiction sur ces endroits, afin qu'eHe ne aoH pas
iM|alétêe ni troublée par les conseils, chancelleries ni autres justices : elle crnt
que e^e8t le m^oins qui lui est dû , après tant de faliguea qu'elle a sapporléespeiir
le service de TEmpereur et du roi. — Elle demande encore, soit à titre de dcu,
soit par vente qui lui en serait faite, aux conditions qu'elle indique, deux pe»-
priétés qui sont à proximité des endroits mentionnés ci-dessus , et qvi apparlici-
nent aux commeuderies de Zorita et de Vallega. — Elfe renouvelle easuite li
demande d'une pension de 5 à 4,000 ducats , pour l'eBtretiea d« Téfliie etda
collège qu'elle se propose d'ériger. — Elle a chargé un gentilhomme de sa aui-
son , le S' de Bredan , de se rendre aux Pays-Bas , afin de solliciter TexpédUioa
de ces diverses deasaBdea. —Elle prie le rei de h&ler ses résolutions : car rineer-
titude où elle est ne pourrait se prolonger , sans que sa réputation «s ao«firlt , et
sans qu'elle s'endettât — Elle recommande de nouveau au roi \e% intérêts éa
l'infante de Portugal.
Cigales, 10 mai 1558.
Senor, Vnestra Alteza habrà visto , en mi précédente carU (1),
en que 70 estaba resolula cuanto à la manera de mi retirameolo.
(1) Noas n'avons pas cette lettre. CVst probablement celle dont la w»
avait fait soumettre le projet à PEmpereur. ( Voj. p. 383.)
( 591 )
Como habia enviado ft visitar tiigar propio por este efeeto , y que
faese pequeno, se balle commodidad en las villas de Çorita, de
Almonaeir, con dos otroslugares, que son Albalate y Yllana, lo
mas à propésito de roi intencion; y aanque be deseado que se
ballare en solo un iugar y pequeâo , por tener menés erobarazo,
no se ba podido baber sin caer en otro, por ser ios limites destos
lagares tan mezclados Ios unes con Ios otros, que no se pueden
bien dividir, y tambien por lo que toca al servicio y manteni-»
mîento de mi easa ; y asi soy forzada de suplirar à Vuestra Alteza
sea servido de me dar estes cuatro lugares , con sus termines y
rentas, por mi vida solamente: lo coal soplico à Vuestra Âlteza »
después de haberme bien informado si bay facultad del papa para
elle, por ser de 4^rden, y habîéndose ballado, por inforroacion
de Ios del consejo y oficiales, que la bay, no solamente para que
Vuestra Alteza lo puede dar de por vida, pero tambieo para lo
poder vender y agenar perpetuamente.
1^ renta y Ios lufiares son de tan poca importancia , que me
dan seguridad que Vuestra Alteza me les podrA dar, sin reeibir
pesadumbre ni incomodidad alguna , porque en todos Ios lugares
hay mil y trecieotos y diez y sois vasallos, y la renta en aleàva-
las no excède de nueveeientos y ocbenta y sois docados, que todos
elles estàn siluados en jures à partieulares, excepte doce ducados
que fincau à Vuestra Alteza. J^s otras rentas todas allas se reau-
men en otros trecienlos y ocbenta y un ducados en dineros, y eu
docientas y veinte y ocbo fanegas de trigo, y ciento y cuarenta
y ires fanegas de cevada , segun la copia que dello ban dado Ios
conladores. Lo demàs que yo prétende es vivir eu soai^o lo
nuia que ser puede, y segun soy informada de tanios, que se
puede deoir de todos, y por la esperienota que be visto y een-
tido, que es menester supliear à Vuestra Alteza que me quiera
concéder la entera juridicion destoa lugares, asi entre elles corne
uobre las persopas de mi casa, paru que no sea inquietada de lot
consqos, ebancillerias y otras justicias, porque la génie, aunque
seftD bien tratados y con razon , se vee por esperiencia que no
ikjan de usar de atrevimîeotos y desacatos, para dar pesadumbre
( 392 )
à sus senores, quando losqueda ocasion , y asi lo ha Su Mag^eslad
iiiismo sentîdo» pues que no ha podido pasar sin servirse de uo
alcalde: lo que es tan fuera de su guslo como Vueslra Âllesa
sabe. Y pues la génie que alli residen han dado ocasion à So
Mageslad, bueno esta de entender lo que se debe temer que harian
oonmigo, pues algunas veces los ministres de los consejos dan
oidos à los que desta inanera acuden à ellos, sin tener el res-
pecto que se debria, como ya la reyna, que Dios haya, y yo lo
babemos tambien esperimentado en casos acaescidos por lo de
nuestras casas, demàs de lo que cada dia se vee que aconleoe por
olros. Y porque esie punto se ha tratado con la princesa y prési-
dente, y con otros del consejo, de la manera que se podrà hacer,
y ellos informaràn à Vueslra Aheza , me remito à lo que dirâo.
Mi pretencion es , como esta dieho , solo poder vîvir con quietud,
sin ser forzada por cada cosa dar pesadumbre à Vuestra Alleia:
alcanzando esto en cualquiera manera , saré contenta de me dar
esta quietod basta à la fin de mis dias. Pues que he pasado mis
dias con tanto trabajo por el servicio de Su Magestad y de Vues-
tra Âlteza , me parece que es lo menos que Vuestra Alteza me
debe; y asi le suplico me dé este contentamiento.
Tambien, senor, para tener algun egercitio, y pasar el tîempo
en agricultura y lo que dello dépende, por no tener estos Ingares
tierras que sean de Vuestra Alteza, las que serian menester pan
mi itttencion , me conviene haber dos dehesas alla en la eomarca,
que son de los comendadores de Çorita y Vallega, con an moliny
alameda que es anexa à la una délias; y auuque no se sabe cierto
por agora lo que estas dehesas valen de renta liquidamente, pero
bien esté résolu lo que la renta délias no esceda de ochodentos
ducados. Y pues Vuestra Alteza tiene facultad de vender la pr&-
piedad de cualquieras encomiendas, 6 parte délias, y es cosa qae
cada dia se hace con cualquier particular , aunque yo no lengo
de présente dineros de contado para pagarlas, y vender de mis
renias me harian falla para vivir , pues Vuestra Alteza sabe lo poco
que son, en especial juntando la otra necesidad que se ofresce de
ediBcar casa en que viva, y otros gastos, me es forzado preteo-
( 593 )
der haber esUis dehesaseii propiedud, aiinque sea coiuprândolas
à dinero, en caso que Vuesli*a Alteza sea senîda de me bacer
merced de los dicbos cualro lugares de por vida: de que estoy
tan confiada como be dicho, aunquc fuesen de mayor importan-
cia que son. Para lo bacer, hay 1res medios de que Vuestra Alleza
podrà escoger el que sarâ mas à su volnnlad. El uno sarà si,
recompensando Vuestra Alleza à estas encomiendas en las sedas
de Grenada, conforme â la facultad, me quisiere bacer merced
destas debesas en propiedad libre, sin pagar dineros ni renta;
el segundo, pagando en renta â Vuestra Alteza otro tanlo, en
i-ecompensa, como se consinaren en las encomiendas en las
sedas de Grenada, y desta manera Vuestra Alteza no ganaria ni
perderia en la venta, pues le consino otro tanlo; el terceco,
comprândolas yo en el niismo precio que le podria vender â
cualquier otro particular: pero, en este ùltiroo, le babria de
tomar al precio tambien en renta de lo que yo tengo, por la
diflcultad que babria de pagarlo de contado. Pues que en cual-
quier destos casos se ha de efectuar mi pretension , be pedido
a la princesa y à los minislros de Vuestra Alleza, que desde
iuego baga la evaluacion y las otras diligencias que por baber el
conseAtimiento de los comendadores se requieren, teniéndolo
prevenido como, para eu caso que Vuestra Alteza lo concéda,
lo puede Iuego efetuar sin dilacion.
En lo que loca à los très 6 cualro mil ducados que yo be pedido,
por via de pension , 6 por olra que con meuos dificultad se me
pueden dar , para poner los salarios de los minislros de la capilla
y collegio que entiendo berigir (i), baciéndome Vuestra Alteza
esta ayuda, y para, entrelanto que se balla érden como por
otros medios se pueden perpetuar, à menos costa y dificultad de
Voestra Alteza, me baria muy gran merced en mandar Iuego
consinar aquella snmma, para que desde Iuego se pudiese usar
délia, por el gusto que me saria verlo efectuado en mis dias;
(I) Yo^. p. 330.
( 394 )
y asi lo suplico à Vaestra Alteza , considerandoqtienopidoà Vues-
ira Alteza renta para mi d'importancia , y que esto que pidose
podria dar al menor de sus criados , queriéndolos hacer mereed.
Las causas y todo lo que à esta peticion y resolucîon me muera,
Yuestra Alteza lo podrâ mas partieularmente ver por losmemo-
riales que he dado à la princesa, pues escribirà y los euTiarà; y
he dado cargo à estecaballero de mi casa, el sefior de Bredam (1),
que darâ los despachos à Vuestra Alteza , que entienda en suplî-
car y sollicitar el despacho délias. Y asi suplico à Vuestra Alteza
le oya y admita y dé crédito en lo que de rai parte cerca ddio le
dijere ; el cual lleva tambien copia de los memoriales , y Vuestn
Alteza le mande despachar con toda la brevedad que sea posible,
considerando que estar asi en suspenso no saria décente i mi
reputacion : en que Yuestra Alteza aventura la mtsma por si,pnes
es toda una cosa , y tambien los guastos se me acrescienten ; y
puedo certiffcar que no podria pasar muy adelante , sio roe poner
en deuda y necesidad : que saria anadir mal sobre mal, y aqoî
no se sufre disminuir tanto mi casa , como pretendo de lo hacer
para ordenarme y vivir de lo que tengo. Pero, si los negoeios
de la guerra no dieren lugar que se pueda entender en estas
despachos con la brevedad que requiero, podrà Yuestra Àlten,
senificando su intention h la princesa, remetirselo, y mandar qoe
acà se haga, porque tanto mas brevemente me pueda yo retirar.
No quiero aqui repetir lo que he escrito à Yuestra Alteza en
lo que la reyna, que Dios haya, me babia encomendado, espe-
rando que Yuestra Alteza babrà recibido mis cartas, y las despa-
charà conforme à mi peticion , pues hay tanta razon para ello, y
que la respuesta sea ya de camino: pero, si no lo fuese, yoIto &
suplicar â Yuestra Alteza lo mismo que mi carta contiene, con h
mayor instancia y humildad que puedo, pues ningnn negocio
(1) Antoine de Bourgogne, seigneur de Bredan. Dans le codicille qu*eik
fil à Cigales le 27 septembre 1558, la reine Marie légua à ce seigneur 860
ducats de rente, « pour estre, — ainsi s'exprime-t-elle , — oultre sei ashres
0 calités, de nostre sanc et povre. »
( 398 )
mk) qniero preferir k este. Y porqae la princesa ayisarà à Vnestra
Altexa de todo lo de acà, no me queda que decir, sino rogar é
Dios que dé à Vuentra Alleza los successos de saB negocios eomo
deseo, y guarde au real peraona.
De Gigalea, à 40 de mayo 4fi58.
Besa las nianos de Vaestra Àlteza su liumilde lia ,
Là Hbymà.
Au ëoê de la ieUn te trmiverU kê Ugnês ndvantts, de la main de
Philippe II, adreesàe» à Cun de ees tecréiaires , prebMemefiH
Eraêo :
Por esla caria , veréis sabe la reyna decir bien su razon , y si
debe de lener quien la acooseje lo que esta niejor à ella , do
niirando el respeto que se me debe de tener, pues no quiere res-
petarme ninguna superioridad; y yo no quiero que lo sea otra
en mis reynos, sioo Su Magestad, Poco habrà que respoudelle,
hasla ver que détermina. Decidme é ponedme por escrito sobre
eslo vuestro parecer (1).
Sur une feuille de papier joinie à la lettre se trouve Cavis demandé
par le roi , en ces termes :
Representarle la necesidad que hay; acordarle Tamor y voluu-
tad qoesiempre ha mostrado y ofrescido ; que en nenguna cosa
io podria mas mostrar, que en despojarse en parte de su volnn-
tad y determînacion ; que Dios sera mas serrido desto , que de lo
(1) Voici la traduction de ces curieuses ligues :
«■ Vous verrez, par cette lettre, que la reine sait bien dire ses raisons, el si
elle doit avoir quelqu*un qui lui conseille ce qui lui va le mieux , sans égard au
respect qu'elle doit me porter, car elle ne veut reconnaître aucune supériorité,
et moi je ne veux pas qu'il y ait d^autre supérieur en mes royaumes que moi,
S. M. (PEmpefear) exceptée. Il y aura peu k lui répondre , jusqu*i ce quelle
mm soil déterminée. Dîtes-moi ou mettevnnoi par écrit votre avis lè-dessus. »
( 396 )
que piensa hacei* ; que la venida sea para conferir con dia sobre
la ôrden que habrà de dejar |>or acâ, pues, sin provcerlo , no
puede partir sin el peligro que sabe, por la noticia que ûeoe do las
provincias, y que dejar de ir à Espana , sabe ella que Su Magestad
no puede; que el dar la mano â los negocios, sea 6 coroo prio-
cipal, é como ayudanle, â su cleccion, poniéndose coq su pare-
cer la forma. No sera sino por dos anos, para que Yuestra Ma-
gestad pucda ir à Espana, ver al principe, y si le paresciere,
enviarle por acà , pues temà ya anos : anadiéndole la forma de
consejo que, con el parcscer délia, se Tiera convenir; 6 voWer
Su Magestad mesma. Que su retraiiniento podrà ser por acâ, y
con tan buena comodidad de hacer sus coUegios, y mas a propd-
sito de los que la han bien y lealmentc serrido. Ofrescerle iierras
demàs de las que tiene , que scan â su propôsito, de que gooe sn
vida durante, y que su prescncia aqui sera de gran alivîo pan
cualquiera que despues gobieme, aunque no se mueva de su re-
traimiento. Ofrescerle gran entreteniniientoy mucba auctoridad,
y darle esperanza que babrâ paz, y que, como los principes soa
canzados, liay aparentia que durarà (1).
Sur ii7ie autre feuille de papier, égalenwnl jointe à la lettre, se
trouve Cexpoié suivant des detnandes de la reine ^ avec les apos-
tilles de Philippe II :
Que tractando , como tracta , para comprar de la serenisima
seîiora infante gobernadora y de los del consejo de la hacienda
ciertas vegas, adénde se piensa rotraer, en el reyno de Toledo,
que son de los maestradgos, en la conclusion de lo coal seda
mucba prissa, por labrar aun este ano en ellas, con confianzaque
Su Magestad le harâ merced del precio , pide que Su Magestad se
(1) Je crois devoir Uoniier é^Iemenl la traduction de cet avis :
« Représenter à la reine la nécessité qu'il y a (de sa venne aux Pays-Bas).
Lui rappeler Tamour et la bonne volonté qu'elle a toi^jours montréf ctoftrts.
(397)
la quiera hacer solamente de por su vida , y que con los apro-
Techamientos que harà en ellas , saidra h Vuestra Magestad â gran
provecho (1).
Pide que en aquellas vegas queden sus criados enteramente
exemplos, en actiones personales y reaies, de loda otra jnrisdic-
tion que de la suya , excepto por la hacienda que podrian tener
estos sus criados en algunas partes fuera de las dichas vegas (2).
Lui dire qu^elle ne saurait en aucune chose en donner une preuve plus grande,
qu^en se relâchant en partie de sa résolution , et qu*el(e servira mieux Dieu
ainsi, que par ce quMIe se propose de faire. Que sa venue sera pour conférer
afec le roi sur Tordre qu*il aura à laisser ici, puisqu*autrement il ne peut en
partir, sans le danger qu*eUe sait, pour la connaissance qu'elle a de ces pro-
vinces, et quVUe sait également qu'il ne peut se dispenser d'aller en Espagne.
Qu^elle prendra part aux affaires, soit comme gouvernante, soit comme
adjointe , à son choix , et selon la forme qu'elle déterminera elle-même. Que
ce ne sera que pour deux années : pendant ce temps, le roi pourra aller en
Espagne, voir le prince, et, s'il le juge à propos, l'envoyer ici , puisqu'alors
il aura Tâge, en lui donnant un conseil; ou bien le roi lui-même y reviendra.
Qu^elie peut vivre dans la retraite ici, et y ériger aussi bien ses collèges,
et même mieux pour ceux qui Pont bien et loyalement servie. Lui offrir de
nouveaux domaines qui soient à sa convenance, pour en jouir sa vie durant.
Lui représenter le grand soulagement que sa présence donnera à celui , quel
qu^il soit, qui gouvernera depuis, alors même qu'elle ne sortirait pas de sa
retraite. Lui offrir enfîn un grand entretien et beaucoup d'autorité, et lui
donner l'espoir que la paix se fera, en ajoutant que, comme les princes sont
fatigués, il y a apparence qu'elle sera de longue durée. »
(1) A la marge de cet article, l'apostille suivante est écrite de la main du
roi : « A Su Magestad, que, si viniese aca por gobemadora, se le podria
• dar, para que lo labrase entretanto, habiendo de volver alU,y no vi-
* niendo sino para cstarse acâ, lo |M)dria hacer mejor, y no viniendo, se le
n podria dar esto : dejando lo de Huete en cualquier caso <lestos. »
Le sens de cette apostille, qui n'a peut-être pas été bien lue par le copiste,
est peu clair : il paraît en résulter cependant que le roi était disposé à concé-
der à la reine Marie ce qu'elle demandait dans cet article, et qu'il s'en remet-
tait à ce que l'Empereur {Su JOageêtad) déciderait à cet égard.
Voy. le t. 1", p. 551 , note 1.
(3) Apostille marginale de la main du roi : • A estas condiciones no se
( 398 )
Que pueda ella tener un alcalde oon la iumbu^ juriditiaji qoe
Uene el de la corte de Su Magestad , y que pueda ella maïubr
sobre las aldeas de las dichas vegas en io que loca el no transpor-
lar las victuallas, y para compeller los villanos délias à qae Tan-
gau à vender las dichas victuallas en la plaça que ella depularâ
para su eomodidad y de su casa y gente.
Que Su Magestad reserve, sobre las yglesias agora vacas, très
6 cuatro mil ducados que ella pueda repartir à las personas que
senalarà por su collegio, como mas largamente lo escribe (I).
« pu^de responder, sino vîendo ta determinacion que la feyna toma » (On
ne peut répondre sur ces conditions, avant de connaître la détennînatjon de
la reine).
(1) Apostille marginale, de la main du roi : « A esto no bay que respooder ,
A hasta Yer la determinacion que la reyna tomarâ ; y tampoeo no aé si se podrè
A hacer con buena conciencia , quanto mas que en lo vaco hasfagori ténia
n yo ya seflaladas las pensiones grandes ti (Il n'y a pas à répondre i «U,
jusqu'à ce qu*on connaisse la détermination de la reine. Je ne sais d'ailleurs
si cela se pourra faire en bonne conscience , d*atitant plus que, sur les égliso
vacantes , j*ai déjà assigné les grandes pensions).
(399 )
CXXXIII.
RELATION DU DOCTEUR MATHYS (1).
Bons •ffats d'une médecin* que l'Empereur prit le 15 mars. — Il racourre
rappétii, le sommeil, le repos, la gaieté, et son étal n'aurait laissé rien à
désirer, sans la démangeaison ans jambes, dont il souffre toujours, quand
il n'a pas la goutte. ^^ Composttbn de ses repas : grande consommation qu'il
fait de fraises et de cerises. — Redoublement de la démangeaison aux jambes
depuis une douzaine de jours : bains qu'il prend, pour la combattre. — Chaleur
et froid qu'il ressent en même temps, dont Mathys ne peut pénétrer la cause,
•I qui l'inquiète. — Confiance exceasiTe de l'Empereur dans ses anaiennet habi-
tudes et la force de sa complexion. — Comment il boit et mange. — ObserTa-
tion de Mathys sur le peu de précautions qu'il prend.
Sans date ( Yuste, 1 3 mai 1 558 ).
Por las relaciones y car tas que he escrîto continuaménte para
el rey niiestro senor como para Vailadolid , se habrà bien enten-
dido conio Su Magestad, aigu nos dîas después de la postrera
gola, se habia quedado sin apelito, y como, después que tome à
25 de marzo cierta medicîna que te dimos, torné Su Magestad
no solamenteà cobrar la gana de corner, pero de ahi adelante la
fué sîempre mejorando todo lo demàs , como es el sueâo , muy
buenas càmaras nalurales, contentamiento de su salud, buen
reposo , etc. , escepto solo lo de la comezon de las piemas , por-
que esta , en falténdole la gota , le es tan ordinaria y familiar que
nunca esta sin ella. Creciéle à Su Magestad el apetito en gran
roanera con las tresas, las cuales hubo loego à los primeros dias
de Pascua, y se huelga en extremo con ellas. Habrà quince dias
é mas que biniéron las cerezas; desias y de las fresas corne Su
(1) Cette relation fut envoyée par Mathys à Vazquex le 13 mai.
( 400 )
Magestad, ni principio de conter, may gran cantidad, oomo
suele hacer siempre, comiendo con las fresaa ana esctidiUade
crema y natas; luego corne de un pastel con especias, y janta-
mente de un pernîl de tocîno cocido y de nnos tonreznos : con
lo cual se le pasa la mayor parte de su corner.
Con todo lo sohredicho , bien es berdad que la gsina del corner
ha sido buena : pero hàle crecido mucho, por olra parte, Isi
dicha cumezon de las piernas, la cual, habrà cerca de ISdias, ha
dado à Su Magestad tan ta molestia que le ha împedido ei dormir
de noche, y ha sido mcnester lomar unes banos, los cuales hasta
boy va conlinuando; y deinâs desto, de algunos dias acâ, le ha
yenido una destemplanza y desigualdad de calor y frio, princi-
palmente de noche, de tal manera que en una misma noche
sien te Su Magestad del vientre arriba un frio interior con al-
gunos temblores, aunque livianos, y unos escalofrios, sin que se
siga pero olra alteracion ninguna; y al contrario desto, en ud
mismo tiempo siente Su Magestad en las piemas un calor inte-
rior muy grande, y pxteriormente un frio : pero, pues la causa
de la comezun nacida de olra parte viene à dar à las piernas, las
cuales Su Magestad ordinariamente de noche, que hace mayor
frio , tiene descubiertas y de lodo desnudas, no es mararilla que
en ellas y en los pies sienla Su IVJagestad el frio exterior : pero,
que en las partes de arriba y en ei pecho y brazos, teniendo todo
esto Su Magestad bien cubierto, sienta tan to frio interior que
baste à hacerle teniblar, esto sin duda nace de otra causa algvna
mas oculta , in cual à la verdad no me contenta nada. Con todo
eslo, dice Su Magestad que se halla bien de salud, y que no siente
mal ninguno en el cuerpo; corne bien y mucho; beve mejor,
aunque de algunos dias acâ hace poca càmara. Tiene Su Ma-
gestad, à lo que parece, todo lo que dicho tengo, en poro, y
se descuida mucho de lo que podria suceder, pues pareee ser
que no tiene pensamiento ni voluntad de mudar su modo de
hacer acerca de lo sohredicho; àntes, si yo no me engano, se
confia muy demasiadamente en su costumbre vieja y en las
fuerzas nalnrales de su complexion , las cuales a la verdad mu-
(401 )
ehas veces veiuos caerso nias presto de lo que se esperaba , prin-
cipalineote en un cuerpo lleno de nialos humores. Dios pero ,
por su mîsericordia, no permita que nos acaezca tan gran
desgracia.
CXXXIV.
LISTE DBS PERSONNES ARRÊTÉES ET ENFERMÉES DANS LES PRISONS
DE VALLABOLID, POUR LUTHÉRANISME 0).
VaIladoHd,14mai 155S.
Fray Domingo de Hojas.
D. Pedro Sarniiento, su heraiano.
I>* Mencia de Figueroa , su muger.
D. Lois de Rojas, nieto del marques de Poza.
D* Ana Enriquez, hija del marqués de Alcanizes.
D. Carlos de Sesso.
El dottor Caçalla, y dos hermanos suyos clérigos, y dos her-
manas suyas, y Joan de Bivero, hermano del diebo doctor, ca-
nado con dona Joana de SiWa , hija del marqués de Montemayor,
é Ysabel , criada de una bermana del doctor.
D* Francisca de Çâniga, bîja del licenciado Baeça.
D* Catalina de Hortega , bija del licenciado Hernando Diaz.
Joana Yelazquez , criada de la marquesa de Alcanizes.
El licenciado Errezuelo, yecino de Toro.
Juan deUlloa, comendador de la érden de San Joan, vecino
de Toro.
Cristobal de Padilla, vecino de Zàmora.
( 1 ) jointe à une lettre de Parchevêque de Séville au roi , du 14 mai.
Tome IL S6
r
( 402 )
El liceneiado Herrera , alcalde de Saeas de Logrooo.
Joana Sandiea, beau , vecina de Valladolid.
ÂDtOD PaaoD , criado de D. Luis de Rojas et clérigo.
Pedro de Sotelo, vecioo de Âldea el Palo.
Un platero qae se llama Joan Garcia, y otroa.
cxxxv.
lOAN VAZQUEZ A L*E1IPEIIEUR.
ArrÎTM d'Espinosa , de Bruiellcs , ivec une Uiln dv roi en cUffres. — La prâ-
eesM lui ordonne d'aller rendre compte à TEmpereur de Tétat det affûres wx
Pays-Bas. — Nomination par le roi de réréqne de S^oWe à rarebevè^ê 4b
Santiago, et de t'évêque d' Arila à l'évéché de Cordone.
Valladolid, 14 mai 1558.
S. G. G. M^, Egpino8a(i), qve ta présente darà à Vaeatn
Magestad , llegô anoclie de Flandes por tiem , <(ae partie de
fimselaa à très del présente. Tralie una carta det rey qae seqieda
deacifrando; y, porque me dijo qae qaeria pasar adénde eatâ d
ohispo de Segovia, à quîen Su Magestad Real ha aombrade al
arzol)i8pado de Santiago, y tambien va al obispo de Avila , ^
(1) Voy. le t. 1*', pp. 289 et 295.
Je D*ai pu vérifier si cet Espinosa , qui portait aussi le prénom de Diego,
comme on le verra plus Ioîd, est le même qui devint, une dizaine d^Bnéei
après, eonseîHer d*État, président de Caslille, évêque de Sig^ueiua, grand
inquisiteur, cardinal et favori de Philippe II. 11 était, ainsi que nous rapfvné
la lettre de Gaztelû à Yazquez, du S6 mai, serviteur ou client (crMufe} da
licencié Briviesca. Le secrétaire Eraso lui voulait du bien ; et, dans une lettre
à Vazquez, du 7 juin 1558, Gaztelù recommandait Espinosa, parce qne,
disait-il , • es buen mozo, y por algunos avisos que dié en Flandes. •
( 405 )
ba sido proiDovido al obispado de Cordova , que todo es câsi
un camino, le ha maudado Su Alteza, por ser hombre de buena
razon, que pase à dalla à Vueslra Magealad* Y a»i solamente be
querido escribir cod él estos rengiones, entreianlo que se acaba
de descifrar lo que irujo , que él dira particuiarmeiite iodo lo que
dél Vuestra Magestad querrà saber : à quien me remito
De Yalladolid» à U de mayo de 1558.
Juan Vazquez.
CXXXVI.
lOAN DB VEGA (1) A l'eMPBREUR.
Il le prie d'appuyer auprès du roi let demandas de la reine de Hoogrie , qu'il
trouve bian modettet » en considérant à qui elle» sent faites , et qui les fait.
y«lladolid,14iiiai1S5S.
S. C. C. M****, la serenisîma seôora reyna de Ungria , después
del fallecimiento de la crislianisima senora reyna de Fraocia ,
que Dios haya, ha venido'aqui à Cigales, como Vuei^ra Ma-
gestad habrà entendido, para cod mas comodidad tratar del
deseargo y cumplimieoto del aima de la cristianisima reyna. La
serenisîma reyna de Ungria me ha hecho merced de comuni-
carme la eleccion de la morada que deseaba tomar y manera de
TÎda, y de que dijese à Su Magestad mi parecer sobre ello, y la
sirviese en la egecucion del negocio que Vuestra Magestad en-
lenderà por lo que las serenisimas reyna y princesa escriben, que
(f ) Président du conseil de Castille. Voy. le 1. 1*', p. 1 78 , note I .
'V*-
( 404 )
cierlo es bien pequena demanda para à quien la demanda y para
quien la pide, mas todavia no déjà de tener aignna poca de difi-
cuitad, que, cuando no seallanase, daria desasosiego: la ocasion
del cual tengo por cierto que el rey nuestro senor no solamente
quîtarà, mas que en todo lo que se pudiere dar à Su Magestad
contentamiento, sera servido de hacello, como la razon del deudo
y de la charidad lo requière , allende de los servidos senalados
que la serenisima reyna ha hecho a Vuestra Magestad. T aunqae
parecerà à Vuestra Magestad superfluo hacer yo oficio en esto,
siendo de si tan encomendado, por haber yo entendido en elle, y
conocido de la serenisima reyna que era servida de que por mi
parte se hiciese este oficio, me ha parecido hacerle, para avisar y
suplicar â Vuestra Magestad que no solamente en lo qne'pide sea
servida y guiada Su Magestad para conseguir el fin , mas se le
ofrezca y procure de en otras cosas mayores darle contenta-
miento, pues sera buen egemplo y cosa que à todos parecerà
muy justa y honesta, y lo contrario descuido y falta de respeto â
quien tanto se debe, por ser hermana de Vuestra Magestad y ser
quien es.
S. C. C. M**"* , quedo rogando à Nuestro Senor guarde y eo-
salce la S. C. C. persona de Vuestra Magestad por largos tiempos,
con felicisimo suceso en todos sus hechos, para que les ûrva.
De Valladolid, à 44 de mayo de 1558.
S. C. C. M^** , besa los muy reaies pies y manos de Vuestra Ma-
gestad
Juan de Vega.
( 40S )
CXXXVIÎ.
MARTIN DE GAZTELÛ A JUAN VAZQUBZ.
Eut de TEmpirear : dîminotion de la démaDgeaiMm aux jambes. — Venue
d'Espinosa, k qnt l'Emperear (ait des demandes sans fin.
Ciiacos,18 mai 1558.
Ilastre senor, no he querido dejar de hacer estos ren-
glones» para avisar que Su Mageatad esta bueno; y con los bene-
ficios que se le han hecho, se le ha mitigado la comezon de las
piernas, y ha dormido bien la noche pasada, mejor que las otras.
Espioosa , el que vino de Flandes por tierra , llegé aqui ayer,
y luego le llevé à Tuste* donde Su Magestad le hizo mas pre-
guntas que se pudieran hacer à la doncella Theodor : de que de
todo diô buena razon, y de lo que vie y oié en Francia, provi-
siones de obispados, cargos de Ytalia, y de la infanterla, cabal-
leria, artilleria, gastadores, armada de mar, y de otras cosas
que S. M. R. junta y tendra para ofender à los Franceses por
mar y tierra : de que el Emperador ha holgado cierto mucho
De Cuacos » à i 8 de mayo de i S58.
Martin de Gaztblû.
( 406 )
CXXXVIII.
l'eMPERKUR a PHILIPPE 11.
EnToi , par PiufàDte Marie de Portugal , de Francisco de Barrot , â Teffei de trai-
ter de rexécQtion du tectametit de la reine ÉléonoM, sa mire , et spédaleineat
des 900,000 ducats de sa dot , pour lesqueb asàfnation lui ayait été donnée ea
Espagne et en France , à son choix. — 11 sollicite une prorogation du délai de trois
mois, dans lequel l'infante devait se prononcer : l'Empereur s'excuse delà don-
ner, à cause de la renonciation qu'il a faite ; mais il lui déliirre ncie de sa de»
mande. ~ Le roi jugera du parti qu'il lui convient de prendre. — RebtioB bile
à l'Empereur , par Diego de fispinosa , de l'état des affaires mu Paya-Bas et de
ce qu'il a vu en France. — Etat de sa santé : démangeaison aux jamJ»es.
Yiute,18inai 1558.
Hijo, à los 27 del pasado, os escribi, en claro y en cifra, por
mar y tierra, io que habréis visto 6 yeréis; y despaés llegé aqui
de Portugal Francisco de Barros (1), a quien la infanta envia,
con poder suyo, para entender en e1 cuuiplimiento del testa-
mento de la reyua su niadre. Y habiéndome \isiiado de su parte
y de la reyna y cardenal, pasô à Valladolid, y de allf à Cigales,
ionde esta la de Ungria , y viô las escripturas que dejô la reyna
cristianisima, entre las cuales ha hallado una renunciacîon qu*ella
hizo en Madrid , el ano de 1530 (2), en mi favor , cuya copia ba
i
(1) Fraocisco de Barros de Payva, gentilhomme de la maison du roi de
Portugal.
(2) Cet acte avait été passé à Madrid ^ le 23 février 1 550 , devant le secré-
taire Juan Vazquez de Molina el Miguel de Texeda, notaire de câmara. Il
contenait, entre autres, que, si les afTaires quMI y avait entre TEmperenr f(
le roi de France en venaient à des termes tels que la reine Ëléonore fut
obligée, durant son mariage, ou trois mois après quMl aurait été dissous, de
retourner en Espagne ou aux Pays-BrSj en ce cas, et si elle se fixait cb
( *07 )
de leoer Joan Vaxqnez, pues la otorgô anfél. T porque, como
veréis, conforme à eita (1), ha de elîgir j declarar la infante ti
acepla les 200,000 doeadoa de sa dote, que en ella ae haoe men-
cion, en estoa reynos, donde primero loa ténia altuados, 6 en
Francia , dentro de très meses después de sa fallecimiento ; y visto
que estoa se caniplen â los 18 deste , ha acordado el dicho Barros
de YoWer âqui à pidirme qae prorogase el dicho tiempo, para
que paeda primero haoer la diligeneia neeesaria en Francia, j
procure de haber alla la dicha su dote, y, en caso qn'eato no se
podieae haber, le dièse testimonio» para conservacion de su dre-
dio, de coma se habia presentado ante roi dentro dellos. A lo cnal
le mandé responder, por medio de Gaxtelù , y tambien le dije yo
parte dello , que ya veia que habia hecho renonciacion de todo, y
quan apartado estoy destas cosas, y que, aanque hiciese yo la dicha
prorogacion, no séria valida, quanto mas qae no era menester
nada desto , pues vos no habiades de parar eo nada dello. Y visto
la instancia que sobrello hizo, acordé de coocedellelo del testi-
monio que pedia , porque no se le podîa ni era razon negarle , y
junto con este, que, si traia poder é instruccion para aceptar en
nombre de la infante desde luego su dote en Castilla, que lo YÎese,
y hiciese en mi presencia : â que respondiô que no, pero que, por
virtud del que ténia, y de la carta de creencia que me trujo» lo
podia hacer. Y, yislo que no trae poder especial, ni érden en su
inatruccion para elle, no ae ha hecho ; pero hàsele dado el dicho
Espagne, elle pourrait, à son choix, on jouir de la consignation qui lui
avait été faite eo /t<roa dans ce royaume, pour Iesi00,000 dneata de sa dot,
ou demeurer arec l*hjrpotbèque qui lui ayait été donnée en France. La même
aiternatÎTe était laissée A ses héritiers, à condition qu*ils se prononçassent
dans les trois mois qui suivraient son décès.
(1) On lit, à la marge, ces mots écrits de la main de Philippe U : « Que
<i hasta agora no han renido estas escrituras, ni escrito menos, sobre ello^
• cfe lo que Su Magestad aqui dice; que renidos responderé k ello • (Jusqu^â
présent, ces pièces ne sont pas arrivées, et moins encore a-ton écrit sur le
point dont Sa Majesté parle ici : lorsqu'elles viendront , je répondrai).
■*■■»
( 408 )
testimonio, ciiya copia ira con esta (1). Y porqne aainiismo ba
pidido scribiese à la princesa hiciese alla eu yuesiro nombre ia
dicha prorogacion , y aunque se le ha respondido que tambieo
creia que no séria bastanle, todavia» habiendo persistido en eUo»
le escribo que lo vea, y le responda, si conviniere, lo mismo qoe
yo, y que os lo escribirà, por ser esto lan difereote de lo de la
gobernacion destos reynos qu esta à su cargo.
Delocual he querido avisaros, para que, vista la dicha escri-
tura, de la quai escribo â la princesa que os manden enriar copia,
y asimismo del ùltimo codicilo que hizo la reyna» pocos dias
ântes que muriese, y de los testamentos y renunciaciones de que
en él se hace mencion, y de la capilulacion que se hizo en Madrid,
con todo lo demàs tocante à esto, mireis lo que se debe hacer,
porque, habiéndose de efectuar esto, como en la scriptnra se con-
tiene, en defecto de no querer el rey de Francia pagalle su dote,
lo tengais entendido, para ver lo que querréis hacer en lo de los
ocho cuentos que vaeÂron por la reyna su madré, sobre que os
tengo escrito.
A Diego de Espinosa, que vino por criadodel marqués del Yalle
por Francia, mandé la princesa venir aquf ; y me ha hecho rela-
cion particular de lo de ahi , y de lo que vie y oyé en Francia :
de que he holgado, y principalmente por entender que quedâba-
des con salud. Yo la tengo, aunque una comezon que me acadiô
à las piemas me ha dado estes dias pena, puesto que, con los
beneBcios que se me ban aplicado , estoy mas aliviado délias,
gracias â Nuestro Senor.
Él os guarde como yo deseo.
De Sant Gerénimo de Yuste, à 18 de mayo de 4558.
(1) L*acte est du 17 mai. L*Empereur j certifie que Francisco Barras s^tsl
présenté devant lui le lundi 16 mai, avant midi, au nom de Tinfante, eclnia
parlé touchant la prorogation demandée par elle (y me hablà aeerca de fe
iohredieho).
>I09 )
De la main de l'Empereur.
Hijo, Y08 veréis, por lo de aryba, lo que ay en este oegocio.
Verloéis, y, bien mirado, baréis lo que mejor os pareciere. El
negocio es de la calidad que entenderéis, ya que se puede aver
inuchos respettos.
De Tuestro buen padre,
Carlos.
CXXXIX,
LE DOCTEUR MATHY8 A JUAN VAZQUEZ.
État de PEnpCTMir. — DéinangeaÎMn aux jambes : bains pris par lui deox fois par
jour. — Mauvais régime qu'il continue de sai«Te. — Douleurs de tête.
Yii8te,34mai1558.
Muy ilustre senor, à la de Vuestra Sefioria de diez y sois del
présente no tengo que responder, sino que acerca la dispusicion
de Su Magestad no ba habido basta boy otra mudanxa, à Dios
gracias, aunque el tiempo acà sea muy estraneo y eomo de in-
vierno , tantas son las aguas y el frio. La comezon de las piemas
es agora menor, por los banos que yo be escrito à Vuestra
Senorfa , los quales todabia Su Magestad continua dos veces al
dia, por ballarse bien con elles; pero tengo miedo que no bas-
tJinui para quitalla del todo, pues la causa es interior y viene
cTarriba : de la quai Su Magestad se descuida, y sigue su cos-
tumbre de yiyir, sin pensamiento de mndalla, Siente algunas
(410 )
veces un poco de dolor en la cabeza à las tardes; pero qaitase
con el sueno, y muchas veces con la oolacion. Las operadones
natttrales may buenas sod
De Yvste, à 24 de niayo de 4558.
Hbnriqub Matisio.
CXL.
MARTIN DE GAZTBLU A JUAlf VAZQUEZ.
L*Empereur a été si satisfait des détails que lui a doanés Espiuota , qo'D a vodh
lui parler plusieurs fois, et que, après TaToir reteou Jusqu'à ee joar, il lai a
remis une dépêche pour Quijada. - Santé de TEmperear. — NonTean aeetut.
— Silence que l'Empereur garde sur les charges données par le roi en Italie, H
la demeure du due d'Alhe à la cour : indisposition qu'il a contre ee dernier,
depuis son traité aTec le pape. — Déplaisir que lui cause l'ineertitnde de h
grossesse de la reine. — Lettres de lui à Vaiquei : il se décide à y nifvt b
même forme qu'avant sa renonciation à l'Empire. — Livres de chant eB««>és
par la reine Marie. — Besoins d'argent. -- Luthériens pris à Séville : TEaspe-
reur désire savoir qui ils sont. — Gratification à donner a Bspinosa. — Indispe-
•ition de Gastelû : observations sur le climat de Toste.
Cuacot , 96 mai 1558.
Ilustre sefior, Sa Magestad ha holgado tanto con la rala-
cion partienlar que de todo le ha hecho Espinosa, qae, demàs de
habelle hablado algunas veces, io ha detenido hasta agora, y le ha
mandado que vaya por Villagarcia, y dé& Lois Quijada un pUego
qne lleva, en que se le eseribe que vaya luego ahi à lo que Vnestra
l^rced entenderA dél.
Su Magestad queda muy bueno , y càsi libre de la comezon de
las piernas.
Los sellos seràn bien llegados, cuando vinieren.
( 411 )
He €fttado mny atento para ver como toma Su Mageatad la
proviaioo de los cargos de Ytalia , y la quedada del duque de
Aha en la corte : pero no ha dado demoatmeion de reprovallo,
ni de parecelle bien , ai no ha aeido no haber hecho al doque de
AWa la mereed que dice Espinoaa pretendia , porque esta mal
eon algunas de sas cosas , después de la conclosion de la paz eon
el papa: lo eual supiieo à Ynesira Merced sirva solo para si (i)
De que baya salido incierta la preâez de la reyna nuestra
senora, ha desplacido à Su Magestad, à quien hablé sobre lo
que toca à oomo se ha de escribir & Vuestra Merced; y todabia,
aunqoe esta tan apartado de estas cosas, TÎsto la instancia que
le be heeho , ba Tenido en que se baga como an tes; y la mudanza
que bobo do fîié cnlpa mia , sino mandado précise soyo : por lo
cual se Yolvié à bacer la carta. Que muy accesorio es este, para
loque yo deseo servir y agradar à Vuestra Merced, cuanto mas
siendo tan juste; y en estas cosas tendre yo sienipre cuidado,
como es razon y lo be becbo siempre.
Su Magestad me ha dicho que, por ôrden de la reyna, se ha-
bian de enviar aquf ciertos libres ^ de cantos(^), y que habian
ya de ser llegados, y que se entregarian en casa de Vuestra
Merced, para que el primer correo los trujese; y, como ban
pasado tantos dias, me ba mandado que escribiese à Vuestra
Merced, para que avise que es la causa que no ban venido, y que
se euvicn luego : de lo cual creo tiene noticia Ayala. El dinero
que ultîmamente se trajo para el gasto de estes très meses que
se cumplen à fin del de junio que viene, se ha ya càsi acabado :
por lo cual conviene que Vuestra Merced mande escribir à
Sevilla, para que envien luego los cînco mil ducados de juiio.
(1) Dans une lettre de Quijada k Yazquez, du 0 juitlet 1558, nous trouvons
encore ce passage relatif au duc d*Albe : » Para eon Vuestra Merced , y no
» l>ara mas, dice Su Magestad que, cuando el rey diô al duque de Alva los
» cieoto cincuenta mil ducados, pensé que habia hecbo mucho mas : que
m mas es lo que el rey ha hecho eon él. »
(2) Yoy. p. 378.
( 412 )
agosto y seliembre, y que vengan entre ellos mil y quinientos
escudos, porqueestos basiarào para lo que se ha de cumplir coa
oro; y lo demàs en reaies, como se aeostumbra.
Su Magestad ha enteodido que en Sevilia se han preso por
luteranos algunas persouas principales, y otros ausentados; y
hàme mandado que escribiese à Vuestra Merced que mande
avisar quienes son, porque, como aqui hay frailes de aquella
dndad, tienen inteligencias en estas y otras cosas mas que
nosotros.
Si aqui hobiera dineros, creo que Su Magestad mandara dar
à Espinosa alguna ayuda de costa , y, en defecto de ser tan poca
cosa la que hay, lo remite à Su Âiteza. Suplico à Vuestra Merced
que, porque es criado del senor licenciado Virbiesca, y la bueaa
Toluntad que Eraso le tiene, y porque lievô la nue?a de Amberes
à Bruselas de la llegada del senor obispo de Pateocia, cuando
vino del Perù , y no se le diô nada , y las demàs razones que
Su Magestad escribe, le faborezca para que Sa Âlleza se la haga :
que en é\ sera bien empleado , y yo la recibiré por niia.
IjOS dias pasados, nie dié un catarro en el ojo izquierdo; y
aunque me he sangrado y purgado y hecho otros benefieios, to-
dabia se me ha hecho una postema en el pàrpado bajo junto à éi,
que me la abriràn hoy ; que estos son los efectos de las boenas
calidades de esta tierra. Dios se lo perdone â quien encaroinô i
Su Magestad à este sitio
De Cuacos, à 26 de mavo de 1558.
Martin de GaztelA.
( 413 )
CXLI.
LE DOCTEUR MATHTS A JUAN VAZQUKZ (1).
Ayant apporté des Pays-Bas une bible en français, et le confesseur lui ayant dit
qu'il ne pouvait pas l'avoir, il prie Vasques de s'enquérir des inquisiteurs s'il
peut la conserver, étant prêt à la brûler, s'ils f ordonnent.
Yuste,30inai 155S.
Moy ilustre senor, pues Su HagesUd esta cual este criado de
Su Alleza ha visto, y no hay mudanza en su dispusicion alguna
Dueva , à Dios gracias , tengo de suplicar à Vuestra Seâoria una
merced , y sarà para mi muy grande : y es que Vuestra Senoria
sabra como truje de Flandes una bîblîa en francés, y cuando yo
estaba cansado de leer 6 estudiar cosas griegas 6 latinas , huel-
gàvame con leer algunas veces en ella. Agora diceme el nuestro
«sonfesor que acà en Ëspana no se puede tener, por ser en
francés. Yo no querria errar : pero bien se que en Flandes la
puedemos tener en cualquiera lengua. Y , con permision de Su
Magestad, suplico à Vuestra Senoria intienda de los inqnisidores
si quieren que yo la tenga y la lea por ini contentaroiento; y
sino, iuego à la bora la qnemaré, porque acà no pretiendo otra
(1) Quoique, dans le 1. 1*'', p. 197, note 1, j^aie fait connaître la sabstance
de cette lettre, le texte ni*en ayant été envoyé en dernier lieu, je crois devoir
le donner ici. Voici les ternies dans lesquels, le 10 juin, sur la réponse de
VazqœZj Matbys lui annonça qu'il avait brâlé sa bible : « En lo de la biblia,
0 porque no parezca & los de la inquisicion que no pidia cosa sino mujr raxo-
m nable, y porque no me iba mucho en ello, yo la he quemado, en presencia
<* del confesor de Su Magestad, por no tener esta bri^^a de enviarla allé, y
m dar trabajo à Vuestra Se&oria por un no nada.... •
(414)
cosa, ftino obedecer à lo que ellos me roandaren; y por eDten-
della , no me importa mas que sea francesa, ô italiana , à latiaa ,
é griega, é flamenca, 6 espanola, aunque acà con Su Magestad
no hablamos sino francés
De Yuale, à di 30 de mayo i558.
Hbnrique Matisio.
I^ biblia que yo digo* no tiene shio el texto aolo, «d peqaeàa
forma.
CXLII.
MARTIN DE GAZTELU A JUAN VAZQUBZ.
Déplaisir que cause à l'Empereur la nouvelle de la prise de D« Joan Manrî^oe. —
II se réjouit beaucoup de la bonne provision d^ai^nt qui a été envoyée au rn ,
et approuve lea dispoeitient fîules touehant la ehronique d'Oeampo. — Sa saatê
eft excellente ; seulement , il souffre de l'index de la nain droit*, etcraÎBC ^3
ne s'y forme un trou. — Nécessité d'argent. — Mort du prieur de Yuste et eu
prieur de Gordoue pendant la tenue du chapitre de Tordre de S^-Jérôme ; «mbî*
■atÛHi de fray iuan de Asoleras comme général de Tordre. — Le vicaire de
Tutobit prier TBmpereur d'écrire an général , ponr que le eonvont soitasiarisé
à élire un prieur : il s'y refuse nettement.
Cuacos, 50 mai 1558.
Ilustre senor , con Espioosa , que partie de aqui cinoo dîas ht ,
y fué por Villagarcia, eacribi & Vneatra Merced lo que habri
TÎato; y anocbe recebi el detpacho que trujo el correo que se
deapaché à los Teinte y siete deste, con quien recebi la carta de
Voestra Merced , à que bay poco que responder. Su Magestad
oyé anocbe à la letra la suya , y le deaplugo de la nueva que se
( 4^s )
habia tenido de qo'el senor D. Joan Manrique (i) hobiese sido
preso : placera à Dios que no sea cierta ; y ha bolgado mucho de
la buena y brève provision que se ha hecho de dinero à Su Ma-
gestad, y lo que mas se quedaba procurando : con que tiene
esperanza se harân buenos efectos; y hàle parecido bien las cé-
dulas que se quedaban despachando sobre lo de la corénica de
Florean d*Ocampo. Y lo que en su salud hay que decir, y yo en-
tiendo, es qu'esta muy bueno : solamente le duele el dedo cabe
el pulgar de la mano drecha, y leme se le ha de hacer algun
agujero; y siendo asi, lo que Dios no quiera, quedarà para
escribir de su mano menos que por lo pasado. Suplico à Vuestra
Merced tenga memoria de lo que toca à la provision del dinero
para estos très meses que vienen , por qu*el que hay es muy poco.
El prior desta casa muriô en el capitulo* y tambien el de Cùrdova,
que fué eligido por gênerai de la ôrden ; y en su lugar se ha
nombrado à fray Joan de Azoleras , que ha seido meritamente*
Y entendido esto, el vicario desta casa envié à suplicar à Su
Magestad tobiese por bien de escrebir al gênerai que les dejase
hacer élection de prior : de lo cual se escusé rasamente, y d*em*
barazarseen ninguna destas cosas, ni de su 6rden (â)........
De Cuacos, à 30 de mayo de i558.
Martin de Gaztblû.
(1) D. iuan Manrique de Lara, conseiller d*ËUl, général de Tartillerie et
Tun des majordomes du roi. Philippe II Pavait envoyé des Pays-Bas en Italie,
pour y exercer la charge de vice-roi de Flapies , en remplacement du duc
d'Albe. Il ne fut pas pris en chemin par les Français, ou leurs alfiés, comme
le brait s*«n était répandu, mais il arriva satn et sauf à Milan. Yoy. Camika,
Felipe If, liv. lY, ck XV et XIX.
(â) D*après une lettre de Gaztelû à Vazquez, du 7 juin, le prieur de 6ua-
dalape était attendu à Yuste, pour présider à Pélection du prieur de ce
couvent.
(416 )
CXLIll.
L EMPEREUR A JUAN VAZQUBZ.
Il approuve 1«8 dispostUons qui ont été faites et se font pour proearer le pi»
d'argent possible aa rot. — Il troaye bîeD aoseî que de» évêques aient été
appelés pour se joindre au conseil de rinqvisttion. — Prise de D. Jnam Haa-
rique.
Yiiste,2juio1558.
Joan Vazquez de Molina, mi secretario y del mi consqo (I),
Tuestra carta de 27 del pasado he recibido; y por ella y la copia
de lo8 asientos que enviastes, y lo qne la princesa me ha escrito
de su mano , he entendido los cambios que se han eondaido, ;
io que se provee al rey , de contado y por letras, y el aviso que de
todo se le da por diferentes vias : de que he holgado, y asi de
saber el cuîdado con que se quedaba tratando de los arbitrios que
se acordô los dias pasados para haber mas dinero, porque espero
en Dios que, si el rey es proveido, ha de hacer este ano boesos
efectos.
Paréceme bien que se hayan enviado à Uamar à los obispos
que escribis, para que, juntamente con los del consejo de h
ynquisicion y los demâs, vean lo que se debe proveer sobrVl
reroedio y castigo de tan gran mal ; y ya creo que Luis Quijada
debe ser llegado ahi, para tratar dello en mi nombre.
Hàme desplacido de la nueva que ahi se habia tenido de la
presion de D. Juan Manrique , por la falta que harà al rey en
(1) On voit que, ainsi que récrivait Gazlelâ, le S6 mai, TEniperaiir
tinnc de se servir, dans sa correspondance avec Vazquez , de la même formole
qu^avant sa renonciation à TEmpire.
(417)
esta coyunlura , y la voluntid que le (engo. De h que mas enten<
diércdes me avisaréis.
DeYustc, ik 2dejunio 1558.
Càhlos.
Por mandado de Su MagesUd :
Martin de Gaztelù.
CXLIV.
L*ARCHEVÉÛUE DE SÉVILLE (1) A L'ëMPEREUR.
Raison pour laquelle il ne l'a pas infornic des choses qui ont été découvertes en
matièra de luthéranisme. — Il lut envoie une relation de ce qui s'est passé et fait
en dernier lieu. — Peine que donne à rarchevéqnt le manque d'inquisiteurs et
de eonseillers.
L'Abrojo^âjuin 1558.
S. C. C. M*'** , yo he dejado de dar cuenta à Vuestra Magestad
de las cosas que se ban descubierto de los berrores luteranos,
por baber entendido que del todo babia dado Vuestra Magestad
(!) On a vu f p. 554) que rarchcvéque de Séville faisait des difficultés pour
se rendre dans .«on diocèse. Le 5 juin 1558, Philippe II écrivit à la princesse
{gouvernante qu^elIc devait lui ordonner de s'y rendre sans délai, et que, sMI
al]é(]^uait de nouvelles excuses, elle ne rappellerait plus au conseil d*Ëtat
{Le mandaréît que lo haga luego, sin mas dilacion, y, si todavia se
escusase^ no sea Uamado ni entre en el consejo de Estado : que con esto
satisfago con mi conciencin, entretanto que voy en csos reynos, y lo
provco como conviene à ella).
Le roi changea d'avis quelques jours après, à cause de la gravité des nou-
ToMB II. 27
(418)
de mano à los négocies, y que por eso no convenia cansar à
Vueslra Magestad con mis carias ; y por la miama causa , he de*
jadodeadveriirle deolras cosas que habia necesidad dedareoenU
à quien lo pudiese reinediar. De lo que ha habido en esto de
ahora, be dado siempre cuenta à la serenlsima princesa, y cod
consulta de Su Alteza se ha proveido lo que se ha beebe hasU
ahora, que Vuestra Magestad mandarà ver por la relacion que
va con esta. Tambien lo he escrito por estenso à la Mageslad dd
rey. Yo pienso que en niuguna cosa se ha perdido punto de lo
queconvenia hacerse, segun la cualidad de los liempos y de los
negocios, y confîo en Dios que tampoco habrâ descuido en lo de
adelante. Lo que uie ha dado algun trabajo es haber faita de per-
sonas en las inquisiciones , asi por no tener de que pagarles,
como por algunos disfavores que ban sentido de aigunos dîas acâ
en las cosas del sancto oficio : que Ho es poco inconveniente y
peligro para estos tienipos. Tambien me he hallado con pocas
personas en el consejo , asi por lo dicho como por lo que Ta en
ei mémorial ; mas confio en Dios que todo se remediarâ como
conviene, con la voluntad y calor que Vuestra Magestad agora y
siempre ha tomado las cosas de la fe, y que por eso ha de dar à
Vuestra Magestad mucha salud y larga vida. A él plega por so
infinita bondad que sea asi, con la prosperidad, contenlamiento
vclles que lui parvinreol sur le développement que le luthéranisme avait piîi
eu Castille. Voici ce qu'il écrivit, le 14 juin, à la princesse :
« En la carta de negocios, os escribo lo que veréis cerca de la ida del arzo-
bispo de Sevilla à su içlesia, y que, no haciéndolo, mandeis que no sea n^maul"
al consejo de Estadoj y después, con tcner mas certenidad de lo que ha pasado
en la prisiou de Caçaila y los demâs , y lo que desto dépende, he mirado ea
elio, paresciéndome que la auscncia del arçobispo podria hacer mucha falu
en esta ocasiou, especiaimenlc escribiéndoos , como os escribo, que se juntca
mas personas con los de la inquisicion , para tratai* deste negocio. Si él se
quisiere ir , en este caso no habrà para que embaraçarle , porque él mirafâ
lo que convernà en tai coj'untura; / quedândose, no habrà para que se vea el
capitulo en consejo, ni se le diga nada por el présente. •
( ^^^ )
y descanso que yo le deseo y es menestcr para bien de su yglesia
y religion cristiana.
En el Abroxo, 2 de junio 1558.
De V. S. C. M^** servtdor é capellan humilde, que sus nianos
é pies besa,
F. UlSPALENSlS.
CXLV,
BEL\T10N ENVOYÉE A L*EMPEREUR PAB l'ARGHEVÊQUE
DE SÉVILLE.
L'archevêque étaDt à Valladolid , occupé de Taffaire des luthériens de Sévillo et
d'autres objets importants touchant la foi, il vint à sa connaissance que certaines
personnes , en grand secret , et sous couleur d'enseigner des choses qui parais-
saient bonnes et saintes, y mêlaient des choses mauvaises et hérétiques. - Il re-
commanda à quelques-uns de ceux qu'on voulait tenter, d'user de dissimulation,
et de tâcher d'avoir par écrit les maximes qu'on cherchait à leur inculquer. Sur
ces entrefaites, un habitant de Zâniora fut dénoncé à Tévéque , comme suspect de
luthéranisme; l'évéque le fit mettre en prison, mais en le laissant communiquer
avec ses adhérents : ce qui donna l'éveil aux plus coupables, lesquels cher-
chèrent à se mettre en sûreté, hors du pavs. — L'inquisition alors crut devoir
agir : elle fit arrêter le docteur Cazalla, ses frères et ses sœurs, sa mère, D. Pedro
Sarmiento et sa femme , dona Ana Gnriquez, sa niècp, fille du marquis d'Alcani-
ces , D. Luis de Rojas, petit-fils du marquis de Posa, ainsi que d'autres habi-
tants de Valladolid , de Toro et d'ailleurs. Elle envoya aussi en diligence vers
les frontières, pour arrêter ceux qui s'enfuyaient, et, de cette manière, elle
aaisil 0. Carhw de Sesso, flx-«orrégidor de Toro, et fray Domingo de Rojas, qui
avait revêtu des habits séculiers : ces deux derniers étaient parvenus à se pro-
curer un sauf-conduit du vice-roi de Navarre , pour passer en France ; ib avaient
des lettres do recommandation pour la princesse de Bcarn. — Avec eux , et
sous l'escorte de douze arquebusiers, familiers du saint office, fut amené le
licencié Herrera , alcade de Sacas à Logrofio, qui leur avait prêté faveur. —
Sur toute la route, jusqu'à Valladolid , les hommes , les femmes, les enfants , sor-
taient des maisons pour les voir, et voulaient les livrer aux flammes : on les fit
entrer de nuit a Valladolid , de crainte que le peuple ne les Inpidât. - De tous les
fugitifs, un seul s'est échappé , en s' embarquant sur uu navire qui a mis à la
( 420 )
voile pour la Flandre ; mais on a pris des nir^uros nHn de T al teindre. — L'arche-
vêque a informé de tout le roi et son confesseur. — Chaque jour on enlesid de
nouveaux témoins. — Un gentilhomme de Toro, Juan de Ulloa Percjni, s*e>t pré-
seule do lui-même et a élc mis en prison. — On a différé d'en arrélcr d'autres,
il défaut de prisons suffisantes. - Le docteur Diego, inquisiteur à Cuenra , a été
mandé à Valladolid , ainsi qu'un inquisiteur de Murcie. — D. Diego de Cordova
et Valtodano, du conseil de Finquîsition , sont occupés tous les jours, matin
et soir, avec l'inquisiteur, aux interrogatoires et à l'examen des prisoDoiers, à
l'inlcrvention du fiscal du conseil royal et du fiscal de l'inquisition. — L* arche-
vêque reste seul au conseil , pour Texpédition des affaires générales , avec Diego
tic los Cobos et le docteur Andrès Perça : chaque jour on rînfomie de U
marche des procédures, et lui-même en rend compte à la princesse gouvernante.
— Lorsque les procès seront en termes d'être décidés , on appellera , outre des
auditeurs de la chancellerie et du conseil royal, les évêques de Palcneia et de
Ciudad -Rodrigo , qui ont été du conseil de l'inquisition. — La lettre deTEai-
pereur à la princesse a produit un grand effet. — L'évêque de Tarrazoaa a été
mandé à Valladolid , avec le dessein de l'envoyer à Sévillc. — Pour le moment ,
il semble qu'il n'y ait rien à faire de plus.
Sans date (3 juin 1558).
Memoria de lo que ha pasado y se ha hecho en los negoctos que han sabcedido
de nuevo cerca de los herrores luteranos.
Estando el arçobispo en Valladolid , eDtendiendo en las cosas
que habian sucedido cerca destas materias en Sevilla, y tambien en
otras cosas nmy importantes à la fe que habian sucedido en las
inquisiciones de Aragon, Valcncia y Murcia, aunque no deslos
herrores, subcedio que vino a su nolicia que algunas personas,
en gran secreto y con color de enscnar y predicar cosas que pares-
cian sanctas y bueuas, mezclaban cosas malas y heréticas, lo cual
iban baeiendo poco à poco, segun hallaban la dispusicion en las
personas que tentaban. Esto entendiôel arzobispo de algunas per-
sonas de las tentadas, que se habian escandalizado de lo que les
comenzaban à ensenar, aunque no se habia pasado con ellos moy
adelantc. A estas personas se les m.indô que con todo secreto y
desiniulacion volviescn à los enscnadorcs que les habian dîcbo,
y que descaban cntenderlo mejor y toniarlo por escrilo, pot
encomendarlo û la ineinoria y conlemplar mas y consolarse coo
( 421 )
ello, y comanîcar con las personas que mejor io enlendian.
£sto se efoctiiô asi , y subcediô bien , porque se fiié aciarando
algo mas la maleria, y se entandiô, por escrito y por cartas, algu-
nos malos herrores que ensenaban, y algunos de los auctorcs de
la doctrina : mas todavia se trataba con todo secrelo v disimu-
lacion, porque se pudiese mejor entender y aaber de mas perso*
nas que fuesen parlicipautes en ello.
Eslandolos negocios en e$tos< termines, sueedié que etobispo
de Çàmora hizo publicar en su yglesia ciertos heditos que se
suelen publicar en quaresma, para que los que supieren de aigu»
nos pecados pùblicos 6 supersliciones lo vengan deciendo; y desta
ocasion, algunas personas fuéron à decir, anteel obispo, contra
un vecino de alli que se llama Padilla, algunas cosas destos her-
rores ; y el obispo le prendié y puso en su cârcel pûblica. Y como
esto fué pùblico, y el Padilla en la cârcel tuvo libertad de ba»
blar con las personas que quiso , y para escribir cartas y avisos
â olras partes; y aunque el obispo lo hizo con buena intencion ,
mas, por no tener experiencia del secreto con que estas cosas se
suelen traiar, subcediô mal, porque dié ocasion à espantar la
caza; y asi comenzâron à ausentarse algunas personas de las mas
colpadas, y pusiéron al arçobispo y à la inquisicion en mucho
cuidado de començar luego à prender à algunos de los culpados,
que fué al doctor Caçalla y à unes hermanos y hermanas suyas,
y à su madré, y à don Pedro Sarmiento, y à su muger, y à dona
Âna Enriqoez su sobrina, bija del marqués de Alcaûices, y à don
Luis de Hojas, nieto del marqués de Poça y heredero de su casa ,
y a otros vecinos y vecinas de Yalladolid y de Toro y de unes
îugares de su tierra; y tambien enviâron con gran diligencia à
tomar los puertos, para prender à los que sehabian ausentado.
y plugo à Dios que se prendiéron en Navarra don Carlos de Sesso,
vecino de Logrono, que fué corregidor en Toro, y fray Domingo
de Rojas, que iba en hàbito de seglar : que fué gran ventura,
porque ya tenian salvo conduto del virrey de Navarra, para pasar
en Francia; que con engano le habian sacado al virrey, y lleva-
ban cartas de encomienda de algunas otras personas para la
( 422 )
princesa de Biarne y para las guardas de los puertos; y asi fuéron
traidos presos, y jiintaniente con el licenciado Herrera, alcaUe
de Sacas en Logrono , que , demàs de ser partieipante en lo prin-
cipal , habia desimiilado y dado favor al ffay Domingo y à don
Carlos, para pasarse; Tragéron ai fraile eon ei iiiismo hàbito que
le tomàron de lego ; y asI esté en la càrcel , sio haberie cooseo-
tido que tome sus hàbitos. Tragêronios cou doce arcaboceros
fatniliares dél santo oficiu; y à caballo venian loè ofieiales que se
habian envîado è boscarios. Y desta makiera veniéron por Ipdo
el camiho hasia Valladolid^ siti conséiitir que se hablase une à
otro , iii que otra persona algitna les hablase. Y por todos los pae-
blos donde pasàron, salian muchas gentes, hombres y mugeres
y muchachos, â verlôs ^ con démoslracidn que luego los quisierao
queinar. El fraile traia gran miedo que sus parientes le habian
de matar en el camino. Proveyôse que los meUeséh en Yalladoiid
de nôche, por evitar que los muchachoi y el pueblo no Ida ape-
dreasen, porque, segun la genté esta indiguada contra eilos^
piidiera ser que lo hicieran.
De todos Ibs attsentados ittt se ha escapado sîno uno que, ami-
que os hornbre de baxa suerté, es muy culpado. Deste se lf«tie
noticia. Embàrcé en Castro de Urdiales en una cabra qae alli
lenia fletada un mercader flaiiiencô; y quando llégarbn los que
iban en su segiiimienio , éru ya embarcàdo; Viéronse unas oartas
SiUyas que escribia à una su deToià que esta presa, en que la avi-
Sàbn como îbû en aquella cabra à Fiandes, à casa del arçobispo
de Toledo (I), ô de fray Juan de Yillagarcia su eoiiipanero,
adônde dicë que séria bien t^ecehido, y que alli le ballarian, y el
nombre por quien habian de preguntar, porque se habia mudado
su pi*opio nombre.
De todo esto se ha dado aviso al rey nuestro senor y à su eon-
fesor, y lanibien al capitan Pero Menendez que es ido alla, y »
(i) On remarquera lUnsinuation qui est déjà ici dirigée par Yaldés contre
rarchevéqtrê de Tolède ^ frd^ Barto)ôtn(' de Carrabza.
( 423 )
hombre diligente, para que, si fuerô posible, se prenda y se en-
vie acâ. Cada dià vien^n à la inquisicion nttevos testi^i^os que se
eiaminao con toda diligenda y seereto. Hase venido â présentât
y esta preso en la inquisicion un caballero de Toro. que sellama
Juan de Ulloa Pereyi*a, y otros se han dejado de prender , porque
no hay càrceles adônde los puedan tener à buen recaudo, y por
io MUéhô que ha habido en que entender estos dias con los pre-
SOS, y pot* los pocos oBciales que hay, porque de dos inquisidores
de Valladolid et unô eslâ en Avila , entendiendo en otros nego^
cioB importantes, y no convino hallarse en estos, por algunos
buenos respectes; y por esta falta se ha envîado al doctor Diego,
inquisidor de (luenca , para que venga À residir en esta de Vallado-
lid ; y tambien ha de venir otro de Murcin, porque mas cerca no se
ballàron otros inquisidores que fuesen al propésito de lo que ahora
se trata. También en el consejo de la inquisicion se ha hallado
algtina falta de personas, porque los dos del consejd real que
suelen dcndir alli han faltado à esta saxon , porque Galarza es
ftiuerto, y Olalora ha muclio tiempo que esta enfi^rmo, y se fué à
su tierfti; y de los cuatro que qiiedan él Uiio es teôlogo, que puede
ayudar poco en los negocios que agora se tratan , y de los très
que quedan el arçobispo ha proveido qiie don Diego de Cèrdôba
y Valtodano vayan conlino, luananas y tardes, à la inquisicion à
hallarse présentes, eon el inquisidor, à las audiehcias, y examen
y confesiones de los presos , y para visitar y proveer lo necesàrio
al recaudo de las càrceles; y asi se hace que, câsi todo el dia y
pftrte de la iioclie, se ocupan en esto; y tambien va con elles el
fiscal del consejo, para asîsiir con el fiscal de la inquisicion,
porqne en todohaya mejor rëcaiido, por ser iiiuchds los presos,
y personas y negocios de cualidad.
Kl arçobispo queda solo en el consejo con Diego de los Cobos
y con el doctor Andrés Perez teôlogo, para despachar los nego-
cios générales de las otras in((uisiciones; y cnda dia le vienen â
dar cuenta de lo que se hace con los presos en la inquisicion , y
tambien el arçobispo consulta con la serenisima princesa cada
dia lo que hay y lo que se hace, y tienc acordado con Su Alteza
{ 'iâi )
que, cuando fuerc nicnesler que algunos del consejo real se
desocupen y ayuden a estos negocios, luhagan, y que, para
cuando los procesos eslen en términos de se ver y deteroiinar,se
llamen algunos de los oidores de la chancilleria, cofflosesude
hacer, y lambien algunos de los del consejo real, ô todos, si
parescicre que conviene se hallen â ello ; y, demâs desto, lambien
esta cousullado à Su Alteza que, para mas autoridad, al tiempo
de ver los procesos, se llamen los obispos de Palencia y Ciudad-
Rodrigo , que han sido del consejo de la inquisicion. Con la carta
que Su Majestad Impérial escribiù à Su Alteza , que el arzobispo
ha mgstrado à todos los que la quisiéron ver, porque el pueblo
tenga entendido con el calor que toma estos negocios, se ha dado
mucho favor y autoridad à todo (!).
Tambien el arzobispo ha consul tado à Su Alteza que, para dar
mas calor y autoridad à lo que se trata en la inquisicion de
Sevilla, convernia enviar alli algun prelado de los que han sido
de la inquisicion; y porque los desta cualidad que estân mas
cerca, eran los obispos de Jaen y Ci udad -Rodrigo, no conviene
que entiendan en los négocies dealli, por tener en Sevilla muchos
parientes principales y algunos presos, paresciô que no habia
otro que fuese mas â propôsito que el obispo de Taraçona, que ha
sido inquisidor nmchos nnos, y tiene buen espiritu y mucba
esperiencia; y asi Su Alleza le ha enviado à Uamar, y ha respon-
dido que vernâ presto â Valladolid , aunque no se sabe si aeep-
tara la ida â Sevilla.
Estando los negocios en estos términos, llegô al Abrojo Luis
Quijada (â) , y hablô à Su Alteza , y tambien al arçobispo; y asi
de lo que dijo como de lo que paresce por el capitulo de la earta
que agora ultimamente recibiô Su Alteza, se eotendiù la oiocba
(1) La lettre de TEmpercur à la princesse doila Juana est dans le 1. 1*',
p. 207.
(3) Voy., dans le t. V", p. 289 et 305 , les leUres de Quijada à TEmperenr,
des !••' et 10 juin.
.'fj
■1
5
( 425 )
pena y cuidado que Su Magestad tiene destos negocios ; y Juan de
Vega vino tambien à hablar à Su Alteza y al arçobispo sobr*ello
al Âbroxo. Y enlendiendo el discurso del negocio, y lo que esta
proveîdo, paresce que no bay mas que proveer : nias con todo
queda concertado que, yendo Su Alteza à Valladolid , se tornaràn
â juniar; y, si hobiere otra cosa que proveer, se harà con toda
dilîgencia.
CXLVl.
MARTIN DE GAZTELU A JUAN VAZQUEZ.
Excellente Ranlé de TEmperour : U déninngeaison qu'il avait aux jambes va en
diminuant. — Pluies continuelles » Yuste.
CuaG08,3Jiiin 1558.
llustre senor, Su Magestad queda bueno y gordo y con
mejor color que ha tenido dias ha , y buen upetito de corner. La
comezon de las piernas ha ido y va en declinacion ; y cuando
vinîere el dinero para el gasto, sera bien ilegado, y asi los libros
de canto y sellos [\ ) , porque todo es menester. Âqui ha veinte
dias que llueve sin césar
De Cuacos, à 3 de junio de 1558.
Martin de Gaztelu.
(1 ) V07. le 1. 1*% p. 209, a le t. II, p. 378, 387, 407 et 408.
( 436 )
CXLVII.
INSTRUCTION DE PHILIPPE II POUR FRAT BARTOLOIIÉ DE
CARRANZA , ARCHEVÊQUE DE TOLÈDE.
II ira s'embarquer en Zélande sur les navires qui Vy attendent, et, en passant
devant Douvres, il y prendra le régent Pigueroa. — A son débarquement, s*îl
apprend que la flotte de Pero Menendez n'a pas encore mis à la voile, il en
pressera le départ; ensuite il poursuivra son chemin jusqu'à Yalladolid. — Il
rendra compte d'abord à la princesse gouvernante, et puis au eonseil d'État,
de la situation des affaires aux Pays-Bas , de l'intention qu'avait le roi de se
rendre en Espagne, des causes qui l'en ont empeébé, des besoins d^argeol
qu'il éprouve , de sou grand désir de conclure la paix , et de toutes les autres
choses que l'archevêque jugera convenir: il laissera, après cela, an régent
Pigueroa , le soin de traiter les questions financières. — Il fera connaître avsM
à la reine de Hongrie la situation des affaires des Pays-Bas , mais en des termes
propres à l'engager à reprendre le gouvernement de ces provinces. — Cela fait,
il se transportera à Yuste. — • II remettra à l'Empereur la lettre de main propre
du roi , dira à Sa Majesté le grand contentement qu'il a de la savoir en bonne
santé, et lui rendra un eompte particulier de la situation où se trouvent ses
affaires, situation pleine d'embarras et de périls, à cause de l'in^oflfisanoe de
ses ressources pécuttiaires et de l'impossibilité de tirer de noaveailx subsides
de ses sujets des Pays Bas, d'Italie et d'Espagne ^ qui sont épuisés par les
impôts ordinaires et extraordinaires auxquels, depuis tant d'années, il a faila
les soumettre. — Le seul moyeu qu'il eût de sortir d'embarras , serait de $e
rendre en Espagne , pour y réiablir l'ordre ilans les fihancès; mais il ne sait
comment il pourrait abandonner les Pa\s-Bas. — Le duc de Savoie «si mal w
des seigneurs et du peuple, et désire lui-même être déchargé du gouverne-
ment. — On a délibéré sur les personnes qui pourraient le remplacer : on a mh
en avant l'archiduc Perdinand, le duc Octave de Parme , là dlichësse sa femme,
la duchesse de Lorraine : tous ces choix ont paru offrir des inconvénients. —
La reine de Hongrie , par son aotorité , par la longue expérience qu'elle a des
affaires du pays, par l'amour et l'estime qu'on y a pour elle, serait celle qai
conviendrait le mieux. — L'archevêque suppliera donc l'Empereur de la lùn
appeler, et de la persuader d'aller reprendre le gouvernement des Pa^s-Bas,
sinon pour un temps indéfini , an moins pour un temps raisonnable. — Si elle
parlait d'emmener avec elle le prince D. Carlos, on lui répondrait qu'il derrail
préalablement être juré en Castille , ainsi que dans les royaumes d'Aragon , de
Valence et de Catalogne. — Pour déterminer la reine, l'Empereur pouxra lai
accorder ce qu'il jugera convenable, tant en Espagne qu'aux Pays-Bas. —
(427)
L'archerèqtie informein , en mitre , l'Empereur des peines qoe le roi n prîset
en Angleterre , et qu'il veut prendre eorore, pour le mariage du duc de Sayoie
avec la princesse Élizabeth; il lui donnera enfin connaissance de l'état des
affaires en Angleterre , en Italie et en Allemagne. -> Le régent Pigueroa pourra
raccompagner à Yuste.
Anvers, 5 juin 1558.
El Rbt.
Lo que vos, el niuy reverendo arzobîspo de Toledo , del nuestro
consejo d^Estado, habeis de hacer por mi servieio en Espana,
donde ys , es lo siguiente :
Lo primero , os partiréis y iréis à Gelanda, donde os nguardan
las naos que alli estàn adereszadas y  punto ; y embarcÂudoos en
ellas, os haréis à la vêla con el primer buen tiempo, eon la
bendicion de Nuestro Senor;y pasando por delante de Dobla (1)
enviaréis las zabras que van con vos, à que iomen y traigan al
régente Figueroa , que ha de ir en vuestra compania. Y desem-
bnrcados en Laredo , 6 en el puerto de aqaella costa que pudié-
redes tomar, si hnllÀredes que aun no es partido Pero Mcnendez
con el dinero, le daréis prisa à que lo hagn, sin detenerse, pues
sabeis lo mucbo que importa su vcnida; y luego pasaréis y se-
guiréis vuestro camino à Valladolid. Y llegado, ante todas cosas,
hablaréis à la serenisinia princesa mi hermana, dàndole cuenia
de lo que os paresciere, y después en el consejo de Kstado,
diciéndolcs particularinente de la manera y en el término que
quedan las cosas de acà, y la deterniinacion que ténia de ir à
aquellos reinos, y las causas que bobo para no poderlo bacer
esla primavera, y la voliintad que tengo de ponerlo en efecio lo
mas presto que pudiere y lo sufriercn los negocios, y sobre todo
(1) Douvres,
( 428 )
en el eslremo de necesidad en que me he hallado y hallo, des-
pues que voivi aqui dcl campo , asi por io niucho que quedé a
deber à la gente de guerra, coino por la continuacion de los
grandes gastos que he sostenido , por no haber podido despedir
la infanteria alcmana, segun que ya les he avisado con los correos
que han ido , enviàndoles particular relacion de todo , y lo que
importa ser proveido y socorrido con.toda brevedad, juntando
el ejército que junlo, de que Ilevais relacion , y del servicio que
estos Estados me han concedido (1 ) , y habiendo de salir en cam-
pana, y teniendo esperanza que con su favor y ayuda se haràn
algunos buenos efectos, procurando de aprelarle y estrecharle
para reducirle à alguna buena paz, que la deseo cuanto sabeis,
por el bien y utilidad de la crisliandad y de mis senorlos y Es-
tados, pues agora han propuesto taies cosas que io mas convi-
niente ha sido para todos efectos romper la plàttca. Y à este
propôsito, les diréis todo lo demàs que viéredes convenir, como
de palabra os las he comunicado : que, cuanto à las particn-
laridadcs de lo que toca a la provision de dinero , y lo qoe se
debe hacer, el dicho régente llcva comision para tratario y
solicilario.
Estando In serenfsinia reina de Hungria mi tia en Yailadnlid,
pues la habréis de ver, no se podra escusar que, viniendo à
hablar en las cosas de acâ , no le digais en generalidad de la
manera que quedan las cosas, apartàndole diGcultades, y dàn-
dole â entender en les buenos termines que esta, después qoe se
ganô San Quintin, y Han , y Xatclet, por estar la gente ftiera
de las fronteras, y con la buena voluntad que han servido estos
Estados para esta guerra , y lo que de aquello restarà para sos-
tener las gnarniciones ordinarias, y la esperanza que se tiene que
ayudaràn para lo de adelante , porque séria mas à propôsito para
faciiitar su venida.
(1) Les étals généraux des Pays-Bas venaient, après de longues dîcciii-
sions , d\iccor(Ier au W une aide pour neuf années.
( 42!) )
Acnbndo lo de Valladolid, en que os daréis todn la priesa que
ptidiéredes, luego pasarëis à Yiisle; y dando la carta de nii
niano que llevais al Emperador mi senor, le visitaréis de mi
parte, diciéndole el cou tenta m lento grande que lengo de saber
de la salud de Su Magestad, y le daréis particular cnenta y razon
de lo de acÂ, y de el gran trahajo y peligro en que estàn estes
Estados, y cuan alcanzados y consuraidos, tanto que diyersas
yeces me han dado memoriales de corao esta lo de la hacienda,
y las grandes sumas que se deben sin poderse pagar ni cumplir,
de cuya causa el crédilo esta perdido, mostrando que aun no hay
forma de poder pagar los salaries de los del consejo y ministres
de justicia y otros oficiales ; pidiéndome lo mande proveer de
olra parte. Y todos los gastos de la guerra pasada , que fuéron
grandes, hasta lo de las guarniciones ordinarias, y las bandas y
fortificaciones, y lo del artilleria y municiones, se pagâron del
dinero que yino de aquelios reinos , y de lo que se tomù al Fucar
y otros mercaderes, sin poderlo escusar. Y aun después, se ha
ido y va continuando de lo que me han enyiado por cambio y
trahido de contado , de manera que, pensando que tobiera re-
caudo para juntar el egército y salir en campafia, y sostenerle,
ine ha yenido à faltar, y â tal punto que quedo con harta pena y
cuidado, porque no se como lo podré hacer : que en esta coyun-
tora que tanto importaba anticiparme, ya lleyais entendido el
ç:ran inconveniente que trahe; y lo que eslos Estados han hecho
y concedido , que asimismo mostraréis à Su Magestad , ha sido
bueno en la caniidad y en el tiempo, si no fuera necesitado, por
razon de la guerra , anticipar y tomar dello càsi dos millones y
medio de florines, que se vienen à consumir en sois nieses el
sueldo de la gcnte de caballo y de pié que pagan ; y lo que resta
en cada un ano de los nueye por que fué la conccsion , aun no
hnsta para las bandas ordinarias, cuanto mas para todos los otros
gastos, especialmente si se continua la guerra ; que lo de la infan-
teria espanola y caballos iigeros y arcabuceros es otra cuenta à
parte, que tambien me da mucho trabajo, porque pasan gran
necesidad, y no tienen forma de entrelenerse, si no es con el
( 430 )
dinero en ia mano, esiaodo en San Qaintin, Han y XatdeL
Y con el poeo dinero que voy recogiendo cou harto trabajo,
haré una paga à mi egéreito , con esperanza que enlrelanto lie-
gara Pero Menendez, aunqu^es poco io que me queda de lo qae
Irahe, por haberse tomado sobrello para los gastospasados, y
salir en campana , y hacer los efectos que se pudieren , seguu las
ocasiones y el lugar que dieren los eneniigos que arinau gruesa-
mente, y procurar de impedirles que ellos no los hagan, y sos-
tener y conserbar las dichas plazas que se ganàron el ano psado,
y amparar y defender nuestras fronteras. Y con esto, estaodo
ambos en el estremo en que esUmos. podria ser que encami-
nase Dios alguna buena y firme paz con condiciones honestas y
razonables, las cuales no rehnsaré, ântes las acceptaré y proco-
raré de muy buena voluntad; y entretanto que ando en la gaerra,
no dejaré de endereszar. como desde agora lo voy haciendo, de
asentar y poner ôrden en todo, principalmente lo delà religion,
que ya sabeis cual esta en estos Estados, y lo dd gubiemoy
justicia, y aun desde aqui lo que se pudiere y sufriere en lo de
Ynglaterra.
Y vislo en el estremo de necesidad en que me hallo, qn'es
mayor de lo que puedo encarescer, porque lo de Nàpoles,
Secilia, Milan y lo destos Estados esta del todo acabado, y
nuestros sùbditos y vasallos muy cansados, por haberies tan
continuamente pedido servicios y ayudas ordinarias y estraordi-
narias, y que lo de la hacienda de Espana, ques io principal y
de donde se podia tener alguna esperanza , esta tan aicanzada y
consumida que no faay forma de poderme prevaler ni socorrer
délia , aun para lo prdinario , y que los medios y arbitrios de que
forzosamente para lo de este ano be permitido que se uaen , coo
harto senlimienlo, por ser tan escrupulosos y no convenieales
al bien del reino ni à mi opinion , me avisan que se podrâ sacar
poco fruto, y que van umy despacio, y que, si algun remedio
puedo tener para lo de adelanle, es asenUir y dar orden en lo de
la dicba hacienda con brevedad, en lo cual sera roenester mirar
con mucho fundamenlo y cuidado, y por taies medios que no
( «i )
\o$ pueden ni deben inictar, sino yo mismo y en mi presencia, y
con elia no faltarân b9rta8 diiicuUades é împedimentos, segun
esta todo andando y buscando , y los del reino tan necesitados y
descontenlos , y no con poca razon , viendo que de tantos anos à
esta parte no se bace otra cosa , sino aacar para todas partes tan
grandes y continuadas sumas de dinero, tomândolo à ios que
vienea de las Yndias, y aun no teniendo juro para darles por
ello à crescidos prescios , de que se siguen tan grandes y nolo-
rios inconveni^ntes en gênerai, y particularmente à nuestras
rentas y al trato y comercio comun de] reino , que me da barta
pena y cuidado, por verme forzado é iuiposibilitado à no poder
entrelenarme por aoà, y que, si lo biciese, no solo aventuraria
mis lilstados, pero el honor y reputacion, que lo estiqno en mas
quo todo, hallândome aqui sin provision de dinero suficiente y
bastante, ni podcrla tener, y que necesariamente lo he de îr à
buscar para su sostenimiento, porque, con lo que agora ban
concedido, no veo que baya camino de poderles persuadir à que
hagan mas, segun las grandes dificultades y dilacion que en eslo
ba babido, y los clamores que dan de las impusiciones que pagan,
y lo de Milan esta de maoera que no bay que tractar dello, por-
que las rentas son vendidas y empenadas basta el ano de sesenta
y uno y sesenta y dos, y los gastos eccesivos, y sin poder
menear la gente que comen sobre los pueblos, porque se les debo
gran suma de dinero, basta en fin del ano pasado, y para lo
(leste he tomado de lo que ténia guardado , para aqui , trescientoa
mill escudos que me hacen bar ta falta, porque no se acahe de
perder ; que lo de r^àpoies y Secilia, puesto qu'esta como estotro»
podràn en alguna manera mejor entretener. Y visto todo esto ,
que es lo que me aprieta y costrine, voy endereszando las cosas
à propésito de ballarme desembarazado, para, si pudiere y lo
sufriere el estado de los négocies, ir à aquellos reiuos, para los
sobredicbos efectos ; que, si no fuese por esto, bien veo que por aqui
puede ser mas ofendido el rey de Francia , y costrenido à la paz,
e«pecialmente con teuer las dicbas plazas de San Quinlin , Uan
y Xatelet, y fortificarse Gravelingas y Burburque contra io de
( *52 )
(^lés, para lo ciial han ayudaJo los de Flandes; y para si se ba
de eontintiar la guerra, no veo que haya otro remedio para
ayiidar y socorrer à todo.
Y asi diréis à Su Magestad qae el duqae de Saboya do es en
ninguna manera conveniente ni à propésito para este gobiemo,
porque, aun hallàndome yo présente, que ando sobrello, lo
tracta de manera que los principales y los pneblos generakiienle
estàn mny descontentos y mal satisfechos : de qoe podrian re-
soltar y subceder algun notable inconveoiente, y los Franceses
no perderian cualquier ocasion que se ofresciese, àntes la bus-
carian y procurarian» como lo suelen hacer; y conosciéndolo el
mismo duque, y queriendo yo ir solamenie à Tnglaterra, ba
dicho abiertamente que no quedaria aqui. Visto esto, be roirado
y pensado mucbas veces en las personas qoe podrian ser snfi-
cientes para este gobiemo, y se ha Iractado, como sabeis* en
el archiduque Fernando , en el duque Octavio , y la duqnesa sa
muger, y en la de Lorena : y en todos hay los inconvenienles
que habeis oîdo. Finalmente el verdadero y iiltimo remedio séria
la dicha serenisima reyna, por su persona, autoridad y largai
cxpericncia y noticia que tiene de los negocios destos Estados,
donde es tan amada y estimada , como generalmente se conosœ
después de su ausencia, por lo cual los podria con menos irabajo
gobemar; y aunque le haya, tengo tanta confianza en el amor
que me tiene, y en lo que de^ea la conserbacion de nuestros
Estados, que los debe tener por propios , que no dubdo sino qoe,
hallàndose desembarazada, como lo esta por lamuertedela eris-
tianisima reina de Francia, que senti en gran manera, veroà '
en ello con la misma voluntad que yo haria lo que en semé-
jante coyuntura se le ofresciese. Y asi diréis de mi parte à So
Magestad que le supHco humilraente que, pues mejor que nadie
sabelo que importa para la conserbacion destos Estados, qneea
tanto tengo y estime , por su grandeza y antiguêdad , y porque
no vengan en manos de Franceses , que séria la total ruina y
destrucion de todos los otros y de la religion , y porque yo me
halle para su tiempo desenibarazado , y no tan atado é impedido.
( 433 )
para acudir i\ las parles que conviniereu , pues no se puede ni
debe escusar, teniendo otros con quien necesariamente be de
camplir, dem«^s de la obligacion que para eilo hay, por procurar
de desempenarlos y ponerlos de forma que por si se puedan
sostener, é à lo menos con hacerles alguna ayuda , sin traherlo
iodo de Espana , enflaqueciéndole las fuerzas en tanto extrcmo
qoe no venga junto à padescer, sea Su Magestad servido de
tomar la mano en este negocio , y de bacer Uaniar à la dieba
serenisima reina, y tralarlo en presencia, y por las vias y me-
dios que â Su Magesiad parescerà , la hable y persuada à que en
todo caso quiera tomar este trabajo , y dîsponerse h volver aqui
â gobernar estos Estados; y, si pusiese diflcnltad , como podria
ser, habiendo tantos anos que procuré de apartarse dello, à lo
menos que lo haga por algun término razonable, denlro del
cnal se mîraria lo que convernia para después, 6 se abririan
caminos y expedientes que se pudiese acomodar y poner en
tan buena ôrden que, con ayuda de Dios, no se esté en este
contino trabajo : mayormente que, habiendo tanto tiempo que
dura la guerra, y estando ei rey de Francia y yo y nuestros
sùbditos tan gastados y consumidos, se ha de esperar que bre-
vemente subcedera la paz, y que en razon ha de durar, porque
la necesidad nos forzarâ â eilo. Y si tocase en querer traher
consigo al principe mi hijo, entiendo (i) que este séria el ver-
dadero remédie, diréis à Su Magestad que, jurado en esos
reinos y en los de Aragon, Valencia y Cathalunia, qu'es tan
necesario y forzoso que sea en mi presencia , se podrà hacer
como à Su Magestad le parescierc, y enténces estarâ en mas
edad y h propésito para poder descansar y ayudar h la dicha
serenisima reina ; y con dar orden en lo de la hacienda en Es-
pana para en cualquier caso , podré ayudar y socorrer â lo de
aqui , como es razon y tengo obligacion à lo bacer , oi*a sea
(I) Sic dans la copie envoyée de Simancas. Il faut lire probablemenl :
entendiendo.
ToM II. 28
( 454 )
sosteniendo y pagando la infaDteria y caballos iigeros qne pares-
cîese, 6 en otra forma, de manera que tobiese todo contenu-
mien to.
Y cuanto à lo que se debe hacer con la dicha serenisima
reina, en caso que venga , asi en aquellos reinos donde ja tiene
la ciudad de Huete, como en estos F)stados, Su Magestad lo
podràordenar y determinar como le paresciere, haciéndolo mu;
à volunlad de la reina, de manera que se le dé todo contenta-
mientoy satisfaccion.
Y si bablasse en las rentas de la dicha ciudad de Huete y
en lo de ciertos lugares que se hiciéron villas, que eran de su
jurisdicion, y olras cosas que prétende, à que no le he respon-
dido» diréis que no le he hecho, porque eslo habia de ir con
otros negocios que me consultàron los del consejo de hacienda,
y que agora, habiendo de venir acà, Su Magestad barà lo que
sea servido, como esta dicho.
Y en lo del duque de Saboya, diréis à Su Magestad las dili-
gencias que hice, estando en Ynglaterra, con la reina, sobre su
casamiento con Ysabela, y las causas que à ello me mo\îéroD, j
las que haré por concluirlo, aunque he hallado y pieoso hallar
las dificultades que sabeis, y que, en caso que no se conclnyese,
entônce^ miraré lo que se podrà y debrà hacer con él, qu*es de
roucha consideracion , y que Su Magestad lo mire y avise; y
daréis à Su Magestad razon de como esta lo de Ynglaterra, asi
en lo de la religion como en lo del gobiemo y lo demâs, pues lo
teneis tan bien sabido y entendido.
Tambien llevais relacion del estado en que estàn las cosas de
Ytalia, cual raostraréis à Su Magestad, queriéndolas oir, y le
diréis lo que sabeis de lo de Âlemania y del Emperador mi tio,
y como va lo de la religion.
El régente Figueroa, después que baya propuesto à la princesa
y los del consejo la comision que lleva sobre lo del dineru,y dado
prisa en ello , que lo podrâ hacer brevemenle, podrà ir con vos
à Su Magesmd, porque, si à vos os subcediese algun impedî-
roento, él quede inforroado y lleve adelante el negocio. Y* de
v^^.^
( 435 )
todo lo que se hiciere, y resolucion que se tomare, os encargo
meaviseis continuameDte.
Dada en Amberes, à 5 de junio de 1558.
cxLvm.
l'EMPERBUR a JUAN VAZQUEZ.
Luthériens arrélés. — EiiToi d'BspinoM en Flandre. — Nouteaiix sceaux. — Littcs
de chant. — Santé de l'Empereur : plaie à Tindex de la main droite.
Ti»te,7 juin tS68.
Joan Vazquez de Molina, mi secretario y del mi consejo.Tuestra
carta de primero deste recibi; y por ser en respuesta de otra mia ,
babrà en ella poeo à que satisfacer. La princesa me escribe que
vendria luego ahi , para tratar de lo que se debe proveer en el
négocie de los luteranos que se ban descubierto, que Luis Qui-
jada trata en mi nombre ; y por eso no le respondo , hasta enten-
der la determinacion que sobre ello se babrà tomado , por hacerlo
à todo; y asi se lo diréis de mi parte. Spinosa ha escritô à Gaz-
telû que se ha acordado vaya à Flandes : avisarmeéys de cuando
podrâ partir, y enviarméis los sellos, pues estaràn ya acabados
de guamecer (1); y la caja de los libres de canto haréisentregar
à Luis Quijada, para que haga délia lo que se le escribe (2); y
(1) Gaztelû écrivait le même jour à Taïquez : « Mande Vueslra Merced que
n los sellos vençan lo ântes que ser pudiere, porque son menesler, mas poi^
« que Su Magestad lo quiere, que porque deje de haber con que sellar. »
(9) L^mperenr faisait écrire à Quijada quMI envojrâl cette caisse le plus t^t
possible.
( 456 )
quando viniere la ropa de Laredo, haréis que se envie luegoaqui.
Yo quedo en buena dispnsicion , atinque se me ha ahierto el dedo
cab*el pulgar de la niano drecha : pero no es cosa que me da
pena {i).
De Ynste, a siete de junio de i558.
Carlos.
Por mandado de Su Magestad :
Martin de Gaztelû.
(1) Dans sa lettre da même jour, Gaitelû disait: • Su Magestad (pieda
» bueno, y los dias pasados (obo un poco de dolor en el dedo cabe el pu^ar
» de la mano drecba, y hâsele avierto de suyo : con que se le qaitô , jr porga
• por él) que oo le baré ningun daAo. »
(457 )
CXLIX.
JUAN VAZQURZ A l'EMPEREUR.
Luthérien» arrêtés. — Dépêches des Psys-Bu. — Prochain départ d'Espinosa. —
Prise de D. Juan Manrique. — Mise à la voile de la flotte turque. — Envoi à
TEmpereur du linge arrivé pour lui des Pays-Bas , des livres de chant et des
nouveaux sceaux. — Arrivée à San Luear de cinq navires de la Nouvelle
Espagne , apportant 388,000 ducats pour les marchands et les particuliers.
VaUadolid, 13 juin 1658.
S. C. C. M^ por satisfacer â Vnestra Magestad k lo de los
hereges, no se le ha despachado correo : hacérseha brevemeote.
Y por haber venido nno de Flandes, que es dupHcado de lo
qne trajo Espinosa, he querido enviar por la eslafeta los pliegos
para Vuestra Magestad que van con esta ; y, porque tengo por
cierto que en elles deben escribir todo lo que por alla se ofrece,
no lo digo yo aqui ; y, si Vuestra Magestad ha de mandar escribir
oon Espinosa, éi partira dentro de très à euatro dias, para ir por
mar, como Vuestra Magestad lo enviù à mandar.
Aunque de Flandes no escriben nada de la prision de don
Juan Manrique, todabia, por cartas frescas de mercaderes de
Léon, se torna k confirmar que, en las tierras del Lansgrave, los
caballos que alli se haeian para el rey de Francia le prendiéron ,
y le llevaban à Francia. Presto se sabra la verdad, que, siendo
asi, cierto séria en mala coyuntura. Tambien se entiende, por
via de Léon, que la armada del Turco era salida de noventa gale-
ras, y que enviarian tras ellasotras treinta.
Los euatro lies de ropa blanca para Vuestra Magestad han
llegado aqui de Laredo, y con elles ira la caja de los libros, y
aqui van los sellos, conforme à lo que Vuestra Magestad envié à
mandar.
( 438 )
De lo8 oficiales de Sevilla se tubiéron carUs en que dieen qoe,
Uegando don Alvaro de Bazan con su armada cerca del cabo de
San Vicente, encontr6 con cinco nayios que venian de la Nueva
Espana, y los acompanô hasta San Lucar, y luego se pnso re-
caudo en io que fué menester por la 6rden qoe ya tenian , y do
se ha hallado cosa escondida, aunque se ha buscado; y segun la
relacion que hanenviado, do traen nadapara SuMageslad,ypara
mercaderes y particulares hasta trescienios y ochenta y ocho mîll
ducados en plata , en pasta, y reaies, y oro, y algunas mereaderias
de cochinilla y coeroB
NuestroSenor la impérial persona de Vuestra Magestad guarde
y prospère como sus criados deseamos. De Valladolid, à 42 de
junio i5S8.
De Vuestra Magestad mas humill criado y hechura, que sus
impériales manos besa,
Juan Yàzouez.
( 439 )
CL.
MARTIN DE GAZTBLÛ A JUAN VAZQUEZ.
Réception des sceaaz, dont l'Empereur a été content. — Peine que lui cause la
eaptivité de D. Juan Manrique. — Linge et livres de chant. — Naufrage de
Juan Diex — DifGcultéa faites au grand commandeur d'Alcantara au st^t de la
lieutenance de Plasencia achetée par lui ; intérêt que l'Empereur prend à cette
affaire; scrupule qu'il éprouve à sVn mêler; renseignements qu'il désire obtenir
de Taïques. ^ Excellent état de sa santé. » Élection prochaine du prieur de
Tuste.
Cuacos, 20 juin 1558.
Ilustre senor, la de Vuestra Merced de doce de este, en res-
puesta de las mias hasta la de siete del mismo, he recibido, à que
hay poco que satisfacer. Los sellos ban parecido bien , y la rela-
cîon, que enviô el risorrey de Gataluna, de lo que refirié el patron
de aquella fusta, oyô Su Merced à la letra, y le pesa que la
nneva de la prision del senor don Juan Manrique se confirme,
por la falta que harâ su persona en esta coyuntura. No responde
Sa Magestad à Vuestra Merced, hasta que venga la relacion de
lo que se ha acordado sobre esto de los luteranos, y lo que se
provee; y me ha mandado que escriba à Vuestra Merced que si ,
cuando esta recibiere, no ha partido la ropa que vino de Flandes,
con la caja de los libros de canto que ahi mandé entregar la
reyna, haga que luego venga todo, y asimismo que Vuestra Mer-
ced avise de lo que Juan Diez , tapicero , à cuyo cargo venia la
ropa del rey, habrà referiâo, assi del naufragio y tormenta que
tubo en la mar, y en que parte y como se libre , y lo que se per-
diô y salvô , y de lo que en todo pasé, muy particularmente, por-
que lo querria saber.
El comendador roayor de Alcantara escribié, los dias pasados,
al Eniperador lo que ha pasado sobre la tenencia de Plasencia ,
{ 440 )
cuya compra él hizo y coDcluyo , y el estorbo que después se ha
puesto para contradecirla, y las fines con que se ha hecho; y
aunque, siendo asi, y no cnmpliéndose con él conforme à \o
concertado, prétende que recîbiria grande agrabio y notable
disfabor , y tanto mas siendo los que esto intentan persooas que
desean desayudar à sus cosas por sus pasiones partîculares, y
puesto que Su Magestad desea faborecelle, como à criado lan
antiguo y que tanta voluntad le ha tenido y liene por la con que
le ha servido, todabia , como esta lan apartado de negocios, no
querria embarazarse en ninguno, ni que nadie entienda quelo
hace , y mucho menos en los de la calidad de este. Y aunque no
pone duda en lo que el comendador mayor dice, todabia me
ha mandado que escriba à Vuestra Merced, de su parte, que
envie luego relacion de lo que en este negocio ha pasado, y en
los términos que esta, y la resolucion que se piensa tomar en él,
porque lo quiere entender; y no se si querrà escribir en su
fabor : pero quiere que esto sea secreto, y que no lo entienda
nadie.
Su Magestad se purgé los otros dias como suele, y ayer tarde
me envié à llamar, para preguutarme algunas cosas; y esta Un
bueno y gordo y con buen color como lo he visto despaés que
entré en Yuste
El prior de Guadalupe esta aqui, aguardando al que sea elegîdo
para residir en esta casa ; y no hay otra eosa de que avisar à
Vuestra Merced, sino que hace grandes calores en esta lierra
De Cuacos, à 20 de junio de 1558.
Martin de Gaztelu.
( U\ )
CLI.
JUAN VAZQUEZ A l'eMPBREUR.
Satisfaction de la bonne santé de l'Empereur. — Une indisposition de la princesse
et la goutte de Juan de Tega empêchent qu'il n'y ait une rénnion du conseil
d'État, pour délibérer sur l'aifaire des luthériens arrêtés. — Nouvelles d'Italie
démentant la prise de D. Juan Manrique, et annonçant son arrivée à Vérone,
d'où il doit passer à Naplcs. — Combat d*un galion sicilien contre neuf navires
algériens. — Flotte turque. — Secours envoyé à Oran, sous le- commandement
du romie d'Alcandcle.
y tlIadoUd , 38 juin 155S.
S. C. G. M'*"*, de veinle y dos del présente lube una carta de
Gaztelù y otra del doetor Matîsio, en qne me daban aviso de la
buena dispusicion con que Vuestra Magestad se hallaba ; y asi
las vi6 la serenisima princesa : de que recibiô macho contenta-
mien to. Y no escribe Su Altexa, porque, de seis dias & esta parte,
ha tenido très tercianas con frio y calentura , aunque no le han
venido muy recias. Placera à Nuestro Senor dalle salud, que, aun-
que hay algunas tercianas en esta villa, no pasan de 1res hasta
cinco, y no hay peligro en ellas. Y asi, por esto como porque
Juan de Vega ha estado con la gota , no se han juntado con el
arzobispo los del consejo de Estado, para ver si convemà hacer
mas provision en esto destos luteranos, aunque creo que no se
puede hacer mas diligencias de las que yo escribi à Vuestra Ma-
gestad qne estaban acordadas. De lo que resullare, después que
se juntaren, sera Vuestra Magestad avisado.
De ningona parte teneroos correo, algunos dias ha, y ayer
tnbiéron cartas de Génova mercaderes gcnoveses que residen en
esta corte, de veinte del pasado, en que escriben que el principe
Por'ia las habia tenido de don Juai) de Manrique, de Verona, de
( 442 )
16 del mesmo, eo que le decia que habia Hegado alli baeno, y
pasaba à Nàpoles; y para que Vuestra Magestad lo sepa que don
Juan esta libre, y principalmente la indispusicion de la sereoisîma
princesa, quise despachar este correo. Tambieo escribenàlos
mesmos mercaderes que, habiendo eoviado el visorey de Sicilia
el galeon Cigala à la Goleta eon munîciones , habia topado con
nueve galeras y galeotas de Argel , y peleô con ellas , y se escapé
eu Cerdena, y asimesmo que, por cartas de Venecia de 1 0 de mayo,
se entendia que la armada del Turco, à iO de abril, sebabia de
junlar en Negroponte, y que no babian querido traher en ella al
embajador francés : que es senal que no viene el armada 4 su dîs-
pusicion. Nuestro Senor la confunda. Que si viene àOran, boen
recaudo hallarà, porque, la hora de agora, ya debe estar à la
vêla el conde de Alcaudete eon los oeho mill hombres y cualro-
cientas lanzas que lleva. Nuestro Senor la impérial persona de
Vuestra Magestad guarde y prospère como sus criados deseamos.
De Valladolid. à 28 dejunio de 1558.
De Vuestra Magestad mas humilde criado y hechura , que sûî
impériales manos besa ,
Juan Vazquez.
Stiscription : Al Ëmperador, nuestro sefior.
( 445 )
CLII.
L*BMPEREl}R A JUAN VAZQUEZ.
Peine que lui a causée l'indisposition de la princesse : recommandation à faire s
D. Garcia de Tolède. - Nécessité d*agir avec plus d'aeti\ité contre les luthériens
incarcérés. — D. Juan Manrique.^ Combat du galion sicilien contre les galères
d'Alger. — ArgeBt Teim des IndM.
Yiiste,ij«Het1558.
Joan Vaxquez de Molina, mi secreUrio y del mi consejo, vues-
tras cartas de iâ y 28 del pasado he recebido, y eniendido por
la ûUima la indispusicion cod que qiiedaba la princesa mi hija ,
que me ba deaplacido cuanto se debe; y quisiera leuer aqui per-
sona à quien pudiera enviar à visitarla de mi parte; y en falta
délia, he mandado despachar este correo, para que, llegado ahi,
me aviseis con él, à con otro, de la mejoria con que se hallare,
porque estaré coq mucho cuidado hasta saberlo, aunque espero
en Dios que, pues era terciana simple, y las que ahi corren duran
tan poco, no habrà pasado adelante. Y puesto que soy cierto que
en su servicio y lo que mas conviniere no habrà falta , todavfa
lo encargaréis de mi parte à don Garcia de Toledo (1).
Y pues, por esta causa, y haber dado la gota à Juan de Vega ,
no se ha tratado mas de lo de los luteranos, aunque se pudiera
haber hecho, yendo à su casa y juntàndose en ella, pues va mas
en el brève remédie que en lo porque se puede haber dejado de
hacer, miràrseha; y pareciendo à la princesa, bacérseha como y
(1) D. Garcia de Tolède était grand majordome de la princesse. Yoy.
p. 241 , note 1 .
( 444 )
cuando convenga : que la importancia y calidad del negodo no
sufre tanta dilacion.
De que la prision de don Joan Manrique do haya sido cîertihe
holgado, por la falta que hiciera eo esta eoyuntura al serri€io
del rey ; y asi lo be becho en que el galeon que iba à la Goletase
hobiese librado de las galeraa y galeotas de Argel, y qae el
conde de Alcaudete foese à Oràn con tan buen recaodo; y asi
espero que se liabrâ puesto en las otras plaças, para que no pne-
dan ser ofendidas del armada turqnesca.
Aunque lo que ha venido en los cinco navios que Uegàron de
la Nueva Espana sea poca cosa, y de particulares, toduvia seri
ayuda para lo mucbo que el rey ha menester; y coando hobié-
redes habido la rdacion de lo que el alcalde Ortii hixo en lo de
los que trugéron oro y plata por registrar, enYÎarmdaéys.
A lo demâs que contienen vuestras cartas no hay que respoo-
der, sino que haceis bien de avisarme de lo que se ofrece; y asi
lo continuaréis, y senaladamente de Flandes, de donde eslaré
siempre con euidado de entender el suceso de lo de alla.
De Yuste, à 2 de julio de 1558.
Carlos.
Por mandado de Su Magestad :
Martin de GAamELÛ.
( 445 )
CLIII.
MARTIN DE GAZTELU A JUAM VAZQUEZ.
Renseignements désirés pur VEuipereor sur une rencontre avec des navires
français dans laquelle ont péri des serviteurs des reines de France et de Hongrie.
— Excellent état de sa santé. — Bains qu^il continue de prendre , pour sa dé-
mangeaison aux jambes.
Cuacos , 3 juillet 1558.
Ilustre seôor, Su Magestad desea saber que criados de las
reinas de Francia y Hungria peligràron, euando las zabras que
iban a Flaodes topàron con las galeras de San Juan de Luz, y
los nombres de ellos (i). Y lo que en su salnd hay que decir, es
que continua los banos para su comezon de piemas , y le hace
provecho, y se halla muy bneno y mas gordo, y con mejor color
que ha tenido hartos dias ha, como lo dira el senor D. Sancho
de Côrdova, que pasô por aqui para esa corte, y le besd las
manos
De Cuacos, à 2 de julio 1558.
Martin de Gaztelû.
(1) Le passage suivant d*une lettre de Gaxielù à Vazquex, du 9 juillet,
parait se rapporter à ce fait : « Su Magestad se ha holgado que, jra que mu-
n riëron aquellos très mozos de la reina de Francia en las zahras , fuesen
1* lan connines. •
( 446 )
CLIV.
MARTIN DE GAZTELÙ A JCAN VAZQDEZ.
■
Réception du linge, des livres de chant et des conserves. — Arrivée d'an ambassa-
deur de Portugal venant des Pays-Bas. — Quijada attendu avec sa femmes sa
maison. — Bonne santé de l'Empereur. — Chaleurs excessives.
Cuacos, 4 juillet 1558.
Ilustre senor, con el correo que partie ante anoche, respondi
a la de Vuestra Merced que el mismo me trujo , y hoy llegàron
las 1res cargas de ropa , en que vienen la caja de los libroa y h
de conservas con los cuatro lios que yiniéron de Fiandes : de
que Su Magestad ha holgado. Un embajador de Portugal qte
viene de Flandes ha llegado aqui, y manana besara las mânes
à Su Magestad , para proseguir su viaje, y tambien ll^râ aqui
el senor Luis Quîjada con su muger y casa, porque esta Doche
dicen que duerme en Cabezuela (1). Su Magestad queda nray
bueno, y aqui ha comenzado à haoer grandes calores, y tam-
poco pienso que deben de faltar alla.
De Guacos, à i de julio 1558.
Martin de Gaztelû.
(1) Dans la lettre de Quijada à Philippe II, du 28 juillet, insérée ao
1. 1*', p. 31 1, il dit qu*îl était arrivé le 1« de ce mois à Tuste. Qa le copiste,
ou Quijada lui-même a commis une erreur de date, comme cette lettre-ci de
Gaztclu le prouve.
Nous avons une lettre de Quijada à Philippe II, du 16 juin, écrite de Villa-
garcia, où il lui fait savoir quMl a passé seixe jours à Valladolid, pour y rem-
plir la commission dont l'Empereur Ta chargé.
Nous en avons une autre, du 23 juin, à Yazquez, où il lui annonce qui!
partira pour Yuste le dimanche ou le lundi suivant (99 on 30).
( 447 )
CLV.
juân vazquez a l'empereur.
Hétabliasement de U princesse. — Nouvelles d'Italie : approche de la flotte turque.
— Instructions demandées au roi , touchant l'argent venu de la Nouvelle-Es-
pagne. — Procès des luthériens : diligences de rarchevéque et du conseil de
riitquisitioo ; le mal ne parait pas si grand qu'on l'avait pensé; la princesse
réunira prochainement le conseil d'État, pour examiner si de nouvelles me-
sures sont nécessaires. — Arrivée d'un Portugais , beau frère de Ruy Gomez ,
pa^i de Bruxelles le 8 juin; nouvelles qu'il apporte : retraite des Français de
devant ThionviUe; dessein du roi de se mettre à ta tête de l'armée; prochaine
arri>ée en Espagne de l'archevêque de Tolède, du régent Figueroa qui doit
être président du conseil des ordres, ou de l'audience de Valladoltd, du marquis
de Sarria, nommé grand maître de la princesse, et de D. Diego de Acevedo,
fait vice-roi du Pérou, en remplacement du marquis de Caûete; envoi de
1). Luis de Garvajal à Milan eomme châtelain, avec le duc de Sessa, et de
D. Juan de Figueroa comme ambassadeur à Rome; gratification de 300,000
ducats à D. Diego de Acevedo ; nomination du comte de Chinchon à la charge
de trésorier d*Aragon.
Valladolid, SjmlletlSSS.
S. C. C. M**^ à les yeinte y ocho del pasado, escribi a Vueslra
Magestad lo que se ofrecia, y dije como la serenisima princesa
ténia unas tercianas que, aunque no eran muy recias, à Su Alteza
le parescia que eran muy grandes. Llegàron à cuatro. Después acà
le han fallado, y queda ya en buena disposicion , bendito Dios, y
sîn sospecha de ningun accidente.
Ayer vino correo de Cataluna con cartas de Ttalia que envié
el visorrey, que viniéron endosfragatas, la nna de Génova, y la
otra de SicHia , con los avisos que Vuestra Magestad verâ por la
relacion y copias que van con esta. Éstase con mucho cuidado de
esto de la venida de la armada del Turco , por ser en tanto nù-
fiiero de gâteras, y que no se le dejaràn de juntar las de Francia
y otros corsarios : pero, como dicen que lo de Nâpoles y Sicilia
( 44« )
esta tan bien provehido, y la Goleta niny provehida con lo que d
vîsorrey de Sicilia envié , paresce que en esto no hay que lemer.
Lo de Cerdena pasa peligro, aunque, con los mil y seiscieutos
hombres que se envîaban de Ytalîa , se podran entretener las
fuerzas de la marina , entretanlo que llega la gente que ha de ir
de estos reynos à aquella isla , que ya esta hecha , annqne con
harta dificultad , por lo que se ba sacado para otras partes; y se
darâ prisa para que vaya con toda brevedad.
De lo que vino en los cinco navios de la Nueva Espana, se
diô aviso al rey nnestro senor, para que Su Hagestad envie i
mandar lo que es servido que se baga de ello
Escrito hasta aqui, recibi la carta de Vuestra Magestad de'dos
del présente, y à Su Alteza di la suya; y responde à Yuestn
Magestad. Y en lo que toca à los luteranos , el arzobispo y los dd
consejo de ynquisicion ban hecho las diligencias necesarias; j
paresce que no hay tanto dano como se pensé, bendito sea Dios;
y van procediendo contra los culpados; y cuando se bubieren de
sentenciar, ilamarân à los obispos de Palencia y Ciudad-Rodrigo,
para que se hallen en ello, y juntarân con ellos algunos teélogos
y del consejo real, para que con mucho fundamento y delivera-
cion se ejecute lo que se determinare. Y con haber Su Allen
ofrescido al arzobispo y consejo de ynquisicion que, si han me-
nester mas ayuda , que se la darà , no ha habido falta en juntarse
los del consejo de Estado con el arzobispo y consejo de ynquisi-
cion, porque no se podrà proveer mas : pero todabia, poes
Su Âlteza estÀ ya buena, se juntarân para ver si hay mas que
proveer , y de ello se darâ aviso à Vuestra Magestad.
Ayer Uegé aqui otro Portugués , cunado de Ruy Gomez, que
partie de Bruselas à los ocho del pasado. Dice que el rey quedain
con salud, y que, en lo de Tiunvila, fué socorrida, y los Franceses
retirados , y que Su Magestad Real saldria en campo à los diei
del présente con hermoso ejército , y que se espéra harà machos
buenos efectos, aunque el rey de Francia se preparaba todo lo
que podia. Dice que el arzobispo de Toledo se viene , y con él el
marqués de Sarria, que viene por mayordomo mayor de U
1
( 449 )
serenisima princesa, y tainbien viene el régente Figueroa : este
dice que para présidente de esta audiencia» pero yo creo que no
debe de ser, sino para présidente de las érdenes, porque para
este no ha menester letras , pues no ha de votar. Tambien dice
que D. Luis de Carvajal va por castellano de Milan con el duque
de Sesa, y que D. Juan de Figueroa va à Roma por embajador, y
que tambien viene D. Diego de Acevedo por visorrey del Perû ,
porque el marqués de Canete no ha provado bien en aquel cargo,
segun lo que se dioe que ha hecho en él , y que lleva cargo de
hacer lo que toca à los repartimientos, y que el rey le ha hecho
merced de ciento y cincuenta mil pesos para desempenarse,
que -son doscientos mil ducados , y le diô otros cincuenta mil
ducados por el oficio de tesorero de Aragon, el cual diz que se
da al conde de Chinchon. Presto se sabra la verdad, que al-
gunascosas de estas parecen muy largas(i). Nuestro Senor la im-
périal persona de Vuestra Magestad guarde y prospère conio sus
criados deseamos.
De Valladolid, à 5 de julio i558.
De Vuestra Hagestad mas humill criado y hechura, que sus
impériales manos besa,
Juan Yazqubz.
(1) Gaztelù écri?ait à Vaxquez, te 0 juillet, sur toutes ces nouvelles :
« A Su M^^ ha parecido que se ha perdido mucho tîempo en no salir el
rey ântes en campafla,y desea saber la causa y lo cierto de las provisîones
que ahi ha publicado su cu&ado del sefior Ruy Gomez, porque algunas délias,
si no me engalko, no satisfacen mucho. •
n»
lOMB II. ^29
( *so )
CLVl.
LB DOCTEUR MATHYS A JUAN VAZQUBZ.
Li Mtitfl db rfimperaur mI si bonne qu'il est inutile d'en écrire. - GhaleuncteH-
sives , qui lui conviennent. — Bible française de Mathys.
Yuste, 6 juillet 1558.
l
Muy 110511*6 senor, va tanto bien de salud à Su MagesUd, 4
Dios gracias, que do hay que escribir délia ; y placera À Noestro
Senor de coniinualla agi por mucbos anos; y tambien plega à él
de dalla à Su Alteza , aunque yo espero que agora sea libéra de
SOS tercianas.
Aca hac« gran calor, con el cual Su Magestad sîeiiipre se
halla bien : pero, si va asi continuando, podria ser que oo fuese
muy provechoso para sus criados, los cuales no estàn costum-
brados à tanto calor. Todabia, si lenemos bueno à Su Magestad.
todo se pasarà bien , placiendo à Dios.
Quanto al libro (1^, acabôse el negocio como yo escribi à Vues-
tra Senoria ; y no se como los de la inquisicion pueden juzgar de
la lengua francesa , no intendiéndoln ; y por eso paresciôme mejor
hacer lo qu e hecho.
De Yuste, à 6 de julio i558.
Hbnkiqub Matisio.
(1) Vojr. p. 413.
(451 )
CLVIL
iUAN VAZQUEZ A L'eMPERBUR.
NouTelles reçue* d'Italie sur les mouvements de la flotte turque, forte de 115
galères et de 15 ^alioles : mesures de précaution prises pour Savone , Nice ,
Villefranche et la Sardaigne. - Avis de Marseille , annonçant la prochaine sortie
de la âotte française. — Dépaft du comte d'Aleaudete pour Oran. — Dispote
pour la préséance, n Venise, entre les ambassadeurs de France et d'Espagne.
— Célébration des obsèques de la reine Éléonore à Valladolid. — Nouvelles des
Pays-Bas : prêt fait au roi par les marchands d^Anvers.
Valladolid, 8 juillet 1558.
S. G. G. M*^, ya Vuestra Magestad habrà visto la relacion que
envié ultimamente de lo que se sabia de Italia y de la armada del
Turco. Esta oianana, ha venido otro correo de Génova, que par-
tie de alll k 21 dejunio, y et principe Doria escribe à Su Alteza
que laa tubo de don Juan Manrique, de Nâpoles. de trece del
roesmo, con aviso que aqoel dia habia amaneseido la armada del
Turoo à las bocas de Crapi, à vista de la dicba ciudad de Nàpolea,
en numéro de ciento y quince fs^aleras y quînce galeotas, y que
de nocbe habia paaado el Faro; y el embajador Figueroa y otros
eseriben lo mesmo , y que se diô aviso luego à todas las partes
que convenia para que estubiesen prevenidos, y que se decia que
trahian designo de venir k Saona, Niza é à Gerdena : por lo cual
luego proveyô el dicho principe, con parescer de aquella Seôoria,
que de los dos mill soldados que habia para Gerdena , se llevasen
lo8 mill à la dicha Saona, y los otroa raill à Nifea y Villafraaca,
y à Gerdena se enviàron en veinte y cuatro galeras mill y ocho-
cientos soldados que don Juan Manrique habia hecho en Nàpoles
para este efecto , porque el visorey de aquella ysia le habia pro-
testado sobrello, y que asi se bizo esta diligencia muy a tiempo.
Escribe tambien el dicho embajador que de Marsella estaban ya
\
^
ï
(452 )
para salir hasta treinta galeras y algunos navios peqoenos, cod
baslimentos, artilleria y iniiDÎciones para )a dicha armada.
Tanibien se tiibo esta manana aviso de Cartagena de coroo el
conde de Alcaudete se babia hecbo i\ la vela para Oran; Diosie
baya Uevado à salvamento.
Con esta envio à Vuestra Magestad copia de lo que escribe el
embajador de Venecia sobre lo de la precedeocia con el de Fran-
cia; y porqiie pasa uno para Portugal, que me dice que llevana
mis cartas à buen reeaudo y las dejaria en Banos, no despaebé
correo con ellas.
Las honras de la cristianisima reina de Francia, que ses en {
gloria , sehiciéron el raiercoles à visperas, y ayer jueves à misa,
en Sant Pablo, lo mas solemnemente que se pudo. Fué el prineipe
à ellas con los perlados, grandes y caballeros que aca babia; y U
princesa paresciô que no fuese alla , por baber poco que se levante
de las tercianas. Tampoco vino la reina de Hnngria à ballarseca
ellas; y Sus Âltezas eslân con salud, bendito Dios.
Escribe asimesmo el embajador de GénoTa que babia tenido
cartas de la corte del rey de siete de junio , y que entônces estaba
Su Magestad en En\eres, porque las naciones le babian ofres-
cido de prestar alguna cuantidad de dineros , y que ya le babias
dado algunos dellos basta cuatrocientos mill ducados à ocbo por
ciento, y que se esperaba que le darian mas. Y los correos que
habemos enviado por via de Génova» con cartas y polizas, habian
pasado bien; y estas ban sido mas brèves cartas que no las que se
ban enviado por Laredo, de manera que Sa Magestad se ballarà
bien proveido de dinero para esta guerra. Noestro Senor la impé-
rial persona de Vuestra Magestad gnarde y prospère corao sas
criados deseamos.
De Valladolid, à 8 de julio 1558.
De Vuestra Magestad mas humill criado y becbura , que sds
impériales manos besa ,
Juan Vazquez.
( *^ô )
CLVIII.
LUIS QUIJADA A iUAN VAZQUEZ.
Chaleur excMsive.— Peine qu'a causée & TEmpereur l'approche de la flotte turque.
— Excellent ét.nl de sa santé. — Traversée delà duchesse d'Albe. — Arri?é« à
Cuacos de Martin Correa de Silvi , ambassadeur de Portugal à la cour de Valla-
dolid ; l'Empereur doit lui donner audience.
Cuacos, 9 juillet 1558(1).
llustre senor, la de Vueslra Merced de 5 deste recebi, k
quien beso niuchas veces las manos por el contentamiento que
ha tenido de niiestra llegada. Ella fué con salud , y coq la misma
eslanios agora, bendito sea Dios, y con la mayor calor que be
vislo en mi vida. Sentimosia mas por la ruin casa que tenemos,
y eu el îr y \enir à Yusle se pasa trabajo.
Su Magestad ha sentido la llegada del armada del Turco, y es
de sentir tenelle tan vecino, pues de donde esta puede venir, con
tiempo razonable, eu una noche, à la costa de Yalencia 6 à la de
Cataluna. Dios le confunda, como puede. Su Magestad escribe
sobre ello lo que Yuestra Merced verà, y su salud va siempre
adelante; y nadie le veria, que no se espantase de verle con tan
buena dispusicion. Dios se la dé rauchos anos.
La duqaesa de Alva (2) se aventuré mucho venir en tiempo
(1) Nous donnons à cette lettre la date du 9, quoiquVIle soit datée du 19
dans la copie, parce que, en la rapprochant de celle qui est insérée au 1. 1*"',
p. 507, on voit que le copiste, ou Quijada lui-même, doit s'être trompé.
(3) Le duc d'Albe s'était rendu aux Pays-Bas par la Lombardîe et TAlie-
magne. La duchesse, sa femme, et son fils, retournèrent en Espagne par mer.
D. Juan Manrique, dit Gabrbha, Felipe II, liv. IV, cb. XIX, « avié en las
» galeras à Espaâa â la duquesa de Alva y â su hijo eredero. «
r
( 434 )
que la mar estobiese tan embarazada: debiélo hacer, traber tan
buen marinero como el senor don Garcia de Toledo.
Esta maûana es tlegado aqnl un caballero portugués que se
llama Martin Correa de Silva, el cual va por embajador k eu
corte. Su Magestad le oirà después d^ comer
De Cuacos, à 19 de julîo de 1558.
Luis QCUADA.
CLIX.
MARTIN DE GAZTELU A JUAM VAZQUEZ.
Iniiai^tudt que donne è l'Empereur l'approohe de la flotte turque : il désrc que
Yaxques rinforma de ce qu'il en apprendra, el veut que Gaztelù lui apporte
les dépêches, même au lit, lorsqu'elles arriveront. — Nouvelles de toute sorte
que débitent les religieux et les Flamands. — Attention de l'Empereur pew
doîïa Madalena de lllloa, qui va lui baiser les mains. — Visite d^fiseoriaia
à l'Empereur.
Cuacos, 19 juillet 1558.
Ilustre senor, las de Vueslra Merced de 8 y 44 de este he recî-
bido; y Su Magestad ha holgado cuanto se debe de que Su Alten
quedase ya del todo libre y con entera salud, y ba sentido mu-
cho queel armada turquesca baya pasado tan adelanle,y que en
las îslas baya tan poco recaudo para poderse defender : plegue a
l)io8 lo tenga todo de su mano, que es bien menester; y de lo
que mas se ofreciere debe Vuestra Merced avisar à Su Magestad,
aunque la nueva sea ruîn , porque assi me ha mandado à mi que
lo haga , aunque Ilegue el correo después de él acostado.
Lo del bijo del duque Francisco he holgado que sea hurla, j
segun Su Magestad me dijo, lo babin entendido por medio de
I
■
( 455 )
estos frailes (4) : y no se maraville Vuestra Merced de ello, porque
otras cosas le dicen elles y estos Flamencos que iiene en su
càmara, de tau poco fundaniento que yo he vergûenza y me
tienen pudrido, porque muchas veces me manda que sepa io
cierto de elle, y halio que ça burla, y be dicbo nii parecer à las
personas que entiendo se las dicen, y importa poco. Y créa
Vuestra Merced de mi que es la oosa del mundo que mas aber*
rezco tratar de estas cosas ni de otras que sean en perjuicio de
nadie; pero no puedo mas hacer
El senor Luis Quijada esta bueno, y tambien mi senora doua
Magdalena , à quien Su Mageslad tiene cuidado de mandar visitar
y regalar ; y el otro dia fué à Yuste à beaarle las roanos, y le hizo
todo favor : con Io cual, y entendiendo que Su Magestad se sirve
de que ella y su marido esten aqui, pasan la vida, aunque con
hartos oontrapesos, por la incomodidad y ruines calidades de
esta tierra.
Ëscoriaia ha venido aqui, y Su Magestad ha tenido por bien
que le besase las manos, y ha hecho con él Io que ha negado à
otros.
De Cuacos , à 19 de julio de i558.
Martin w GaztblC).
(1) Oo arait dit, au coufent de Yotte, que riaqvisition avait fait pMiidit
aa filt du duc Frandseo de Berja qui était en la compagnie du duc de Nédioa-
Sidonia. Ce bruit étant venu aux oreilles de PEmpereur, il avait chargé
Gaztelù d*écrire à Vazquez, pour savoir s*il était vrai. (Lettre de Gazteiû à
Tazquez, du 9 juillet.)
Yazquez répondit à TEniperetir, le 14 juillet, que ce bruit était faux.
1
( 456 )
CLX.
JUAN VAZQUBZ A L*EaiP£REUE.
Perte de ThîonTille. — ÉlODoement , à ValUdolid , de ce qu'il n'arrive pe* de i
riert de Flandre. — Départ de la flotte de Laredo. — Indisposition de la nimt
de Hongrie. — Délibération du con»eil d'État sur les luthériens arrêtés : rapport
de l'arehevéque de Séville; mesures pKses. — ArrÎTée îi Yalladolîd de Téréque
de Taraaona , qui parlin pour SéTÎIle , après les grandes ehalenrs.
ValladoUd, 2â juUlet t5!tô.
S. C. C. M'*^, el duque de Alburquerque ba eserito k Sq
Akeza, y enviado la relacion cuya copia va con esta; y como este
de Tiiimbila se reBere tan parlicuiarmente, se iîene por cierto :
de que Su Alteza y todos habemos tenîdo el seotimiento que
es razon , y estâmes maravillados de como no viene eorreo de
Flandes; y la armada de Laredo se hizo à la vela el lunes pasado,
que se contàron diez y ocho del présente: Dios la lIcYe con bien.
La reina de Hungria ha estado estos dias con alguna indîs^
pusicion, y le saliéron unas ronchas en las piemas, braiosy
cara, y los médicos ban dicho que son viruelas locas» y con
sudoressele ban ya quitado, y esta Su Magestad levantada, como
lo debe escrîbir a Yuestra Magestad, y Sus Altezas tienen salud.
Ya Su Alteza mandé juntar al arzobispo de Sevilla y dos dd
consejo de la inquisicion, que son los que asisten con los inqui-
sidores en esto de estos luteranos, y los del consejo de Estado; y
alli el dicbo arzobispo y los del consejo refiriéron k Su Alteza
como se procedia por su via ordinaria contra los dichos lute-
ranos, porque de otra manera no convenia, asi por reducir à
estos k la fé y que mueran cristianos, como por saber de raiz los
que en estas beregias ban sido culpados, para que sean presos y
castigados conforme â sus delitos; y digéron k Su Alteza la fslta
(457)
que habia en el Santo Oficio de persooas, quepor no tener dinero
eon que proveerlaa no se habia hecho, antes habian reducido
algunas inquisicioneaà otras, por no poderse sostener. Su Alteza,
con parescer de los del consejo de Estado, les dijo que el dicho
arzobispo y consejo hiciesen un mémorial de lo que convenia
proTeerse, asi de personas como de lo demàs que conviniese al
Santo Oficio, y que Su Alleza mandaria proveer del dinero nece-
sario ; que , aunque habia las necesidades que sabiau , para esto
no habia de faltar , aunque faltasen para las otras cosas. Tambien
digéron à Su Alteza que , cuando estuviesen heclios y sustanciados
los procesos de estos hereges , se llamarian los obispos de Paleneia
y Ciudad-Rodrigo y algunos del consejo real , y otras personas
que paresciere, para determinar lo que de estos se ha de hacer
cerca de su castigo; y para lo de SeTÎlla era venido aqui el
obispo de Tarazona, y que, por venir algo indispuesto de nna
pierna, y ser el tiempo de tanta calor, que no se atrebia à ponerse
en camino, pero que en refrescando el tiempo se parliria: y con
esto les paresce que lo de alli se provee como convienc. Y con
esto se acabé el consejo , encomendàndoles Su Alteza que con
gran cuidado se entendiese en todo. Y asi se ira avisando à Vues-
tra Magestad de lo que se hieiere : que eierto el cuidado que
Yoestra Magestad tiene de estos negocios es lo que se esperaba de
tan catélico principe; y asi Dios le guardarè, y darà la salud que
todos deseamos, para que sieropre se emplee en su servicio
De Yalladolid, à 2â de jnlio 4558.
De Yuestra Magestad nias humilde criado y hecliura, que sus
impériales manos besa ,
JujiN Vazqurz.
Suscription : Al Emperador, nuestro seîior.
( «8 )
CLXI.
LUIS QDUADA A JUAN VAZQUfZ.
A»éUoniioii coiwUnta de lu Mnl« de rBmpereur. — Peine qwe Iqi eeme U pcrtf
de Thionville. — Désir qu'il a de la^oir re que le roi fait aux Paj»-Bas, —
Chaleur inouïe : remarque de Qnijada à ce sujet. — Consommation que l'Enfe-
reur fait de melons et de toute espèce de fruits.
Cuacos, 28 juillet 1558.
lltistre senor, acà no hay cosa de nuevo que se paeda
aviaar, mas qne la salud de Su Magestad va sîempre con la me-
joria que à Viiestra Merced tengo escrito.
Su Magestad mucho ha seiitido la pérdida de Tiunvila, tno
menos lo qu*el armada del Tiirco ha hecho en Menorea : Dios la
confundn. Tambien tiene cnidao por saber lo que Sa Magestad
hace en Flandes : eomo sepa algo Vuestra Merced , avise dello.
Aquf nos asamos de caler : los de la vera dîcen que nonea tal
han visto ; mas yo veo que en invierno hay frio y humidà , y en
verano calor grandisima
Vuestra Merced no puede crer el calor que hace; y con ella So
Magestad se halla muy bueno, y mejur con los meiones, que va
ha ocbo dias que los come muy bien, y toda la dem&s fruta
De Cuacos , 28 de jnlio 1 55H.
Luis QUUADA.
( *^9 )
CLXII.
MARTIM DB GAZTELÉ A JUAN VAZQUEZ.
Peine que cause à FBnpereur U perte de CivîteUa et de ThioByille. — Excel-
lent étal de m santé , quoiqu'il commence à le ressentir de la chaleur qu'il
fait. — Le grand commandeur d'Alcantara ; le comte d'Oropesa et ses enfants;
D. Diego de Tolède.
Cuacos, 38 juillet 1558.
Ilustre seôor, por la que Vuestra Meread ha eacrito à Su
Mageitad, y las relaoiooes que con ella Tiniéron , ha entendido la
pérdida de la Gudadela y el numéro de las personas que cauti-
Y&roD, que lo ha seniido niucho, y tambien la de Tinnvila,
aunque no la tîene por tan cierta : que aiendo asi, séria gran pér-
dida y estorbo para los desinos y efeclos que el rey nuestro
seiior pudiera hacer este afto. Dios io remédie todo, que puede.
Su Magestad eslà muy bueno , aunque va sinliendo el calor de
esta tierra como los demàs , porque es el roayor que ha hecho
muchos anos ha, y ha adolecido mucha parte de la gente de los
Ingares de este contomo de tercianas, aunque hasta agora han
muerto pocos. El senor comendador mayor de Alcântara dicen
que va à Flandes; y el conde de Oropesa, y sus hijos, y D. Diego
de Toledo, estàn malos en Jarandilla. Dios les dé salud
De Cuacos, à 28 de julio de 1558.
Martin de Gaztelu.
( *^^)
CLXIII.
JUAN VAZQUEZ A L*ElfPERBUR.
RéMiutions MtÎBfiiisantes dm cortès de CaitîUe.
Valladolid, 30 juillet 1558.
S. C. C. M^^ las côrtes de eslos reinos {i) se han tcabado;
que ya los procuradores , después de haber ofrescido el servicio
ordinario de los trescientos cuentos, otorgàron los ciento y cin-
cuenta del estraordinario, sin haber parado en lo dd encabeza-
miento que pretendîan que se les habia de dar primero : y asi se
lia remitido â Su Magestad, cou carta de la serenisima princesa
en su recomendacion. Que cierlo ha sido buen negocio» si este
servicio no estuviera lo mas consignado à mercaderes , por los
cambios que se han enviado à Su Magestad. Nueslro Senor la
impérial persona de Vuestra Magestad guarde y prospère como
sus criados deseamos.
DeValladolid, àSOdejulio 4558.
De Vuestra Magestad mas humilde criado y hediuim , que sus
impériales manos besa ,
Juan Yazqcbz.
(1) Il s*agit ici des cortès de Casdlle. Dam le somnuiire de b lettre de
TErapereur du 9 août, insérée au t. I*', p. 313, il a été mis par eiT«yr :
eortii d'Aragon.
( 46i )
CLXIV.
JUAN VAZQUEZ À PHILIPPE II.
Affaire des luthériens : manière dont on procède ; le mal n'est pas aussi grand
qn*on le craignait ; le roi peut se reposer sur l'Empereor du châtiment des cou-
pables, car l'Empereur désire les voir brûler tous. — Indisposition de la reine
de Hongrie.
Va]ladolid,l«'aoûtl5ft8.
Lo de los luteranos va por su via oiflinaria, y no se ha
hecho el castigo , por sacallo bien de rayz y hazer sus pro-
cesos. Danse raucha prissa en todo, y, à Dios gracias, paresce
que no se halla tanlo mal como al principio se pensé ; y desto
puede Vuestra Magestad estar descnidado , que el Ëmperador le
liene por todos, y dessea ver quemados estos bei*eges. Y Su Ma-
gestad Yniperial esta en buena dispusicîon, y Sus AUezas tienen
saiud ; y la reyna de Hungria ha tenido estos dias unas ronchas
de pujamiento de sangre , que ban diebo los médicos que eran
viruelas locas: pero con sudores se le ban quitado (i)
De Vailadolid, à i» de agosto i558.
(I) Voy. p. 456.
( 462 )
CLXV.
iUAN VAZQUEZ A L'EHPERBUR.
Relation da docteur Oroico. — Débarquement à Laredo de l'arebeTéque de
du régent Figueroa, de D. Diego de Aceredo et d'un courrier, porteur de dépê-
ches du roi, dont Vaiques envoie copie à l'Empereur. — Confirmation, par divers»»
voie», de la défaîte du maréchal de Thermes. — Sortie de la flotte anglaise et sa
jonction avec la flotte de Flandre. — Réception par le roi des lettres de chaBfe
qui lui ont été envoyées. — Nouvelles de la flotte turque.
Valladolid,8aoûtl558.
S. C. C. M^', después que envié à Vuestra Magestad la rela-
doD de lo que refirié el doctor Oro2co (4)» iiegô un correo de
Flandes que vino en el armada que ha traido al anobispo de
Toledo, y al régente Figueroa, y don Diego de Acevedo, y
otros, loa cuales desenibarcàron en Laredo este domingo hiio
ocho dias; y no lo be hecho saber àntes à Vuestra Mageatad.
porque se ban estado descifrando los despachos que el dicbo
correo ha traido ; y las ûllimas cartas que oon él y ioa dem^
se ban recibido son de quinee de junio. Y lo que puedo decîr
de lo que el rey escribe , es lo que Vuestra Magestad verà por
la copia de su carta, y de lo que mas envia con ella , que va eoo
esta.
La nueva de la presa de Mos. de Termes y de los demàs se ha
(1) Ce docteur était prêtre , et frère du docteur Orozco, auditeur de Tau-
dience de Valladolid. Il arriva dans cette dernière ville le 2 août, en compagnie
d^Alonso de Avalos, parent du secrétaire Yargas. Ils venaient dltalie, et
avaient traversé la France, au moyen d^un sauf-conduiL Dans ce royaume,
ils avaient appris beaucoup de choses dont ils firent un rapport écrit à la pris-
cesse. Ce rapport, Vazquez Penvoya à PEmpereur par lettre du o août
(465 )
ido confirmando, sin esceder del DÙmero de la gente y forma
que dijo el dicho doctor Orozco ; y don Diego de Carb'ajal dice
que lo habia entendido por dos viaa, y que no lo ha osado escri-
bir por cierlo; y algunos que han llegado aqui , de los que han
venido con el araobispo , como son don Diego de Acuna, de
la càmara del principe, y Santoyo, ayuda de càinara del rey,
dicen que lo supiéron en Ynglaterra ; y el proveedor Pedro Yer-
dugo escribe al secretario Ledesma unn carta caya copia va con
esta; y cuénlase que el conde de Agamon procuré de juntar
alguna gente de la que pudo sacar de las armadas que eslaban
en los puertos de mar , y otra de aquellas fronteras, y la caballe-
ria, y le saliô al camino, y desbaratô, prendiô y maté loda aquella
gente, y que serian hasta diez mil hombres; y con dos heridas
prendiô à Mos. de Termes. Bendito Dios que se ha hecho tan
buen principio.
El régente Figueroa me escribe que el armada de los Ingleses
habia de salir de Persemua (1) à los once de julio, para parar à
entrar en Francia, y que la de Flandes se habia de juntar con
ella. Plegue à Dios que todo suceda como es menester.
Las cartas que dice el rey que escribe à Vuestra Magestad , las
debe traer el arzobispo de Toledo, que ha de pasar luego à Vues-
tra Magestad ; y las del obispo de Ras irân con esta.
Venido el arzobispo y régente , verémos las instrucciones que
traen; y si hubiere de que avisar à Vuesira Magestad, yo terne
cuidado de hacerlo. Cnando Su Magestad despachô à ellos y à este
eorreo, no habia llegado la provision del dinero que se habia
enviado por cambio; pero yo tengo carta de Eraso mas fresca,
en que dice que habian llegado las cédulas de cambio à buen
tiempo : de manera que por falta de dinero no dejarà Su Mages-
tad de seguir la empresa. Nuestro Senor le dé la Victoria que
todos deseamos« y guarde y prospère la impérial pei*sona de
Vuestra Magestad como sus criados deseamos.
De Valladolid, à 8 de agosto 1558.
(1) Portsmouth.
^
( 404 )
Después (le escriplo esto, se han reeibido cartas del visorre;
de Cataluna de dos del présente, y dice que, babiendo enviado
cierlos bergantines à tomar leogua de la armada del Toreo,
uno de ellos toniô iina barca de FraDceses; y lo qae se enUeode
de ella verà Vuestra Magestad , por la copia de la deposicion de
un Francés y del patron del bergantin , que va con esta.
De Vuestra Magestad mas hnniill criado y hechura , que sas
impériales manos besa,
Juan Vazquez.
]
(4€5 )
CLXVL
LA PRINCESSE DONA JUAMA A L*EMPEREUR (D.
Lettre du roi , qui n reçu celles de l'Empereur. — Il prie la pri «cesse de l'excuser de
ce qu'il ne répond pas à son père : il le fera prochainement. — H approuve que le
prince D. Carlos se rende auprès do l'Empereur, et la princesse s'en réjouit beau-
coup, car ce sera donner la vie nu prince : elle supplie donc »on père d'écrire en
conséquence. — Elle a proposé au roi de transférer ailleurs la «our, qui depuis
cinq ans est à Valladolid : il y a eonsentî, et toutefois il ne veut pas que ce soit
à Madrid ; elle a pensé à Guadalajara, Tolède, ou Borgos. Elle Toudrait que ce fût
à peu de distance de Yuste, pour qu'elle pût aller baiser les mains à son père,
puisqu'il ne veut pas lui en donner aujourd'hui la permission. — Elle demande là-
dessus l'avis de son père. — MotiCs puissants qu'elle a de désirer ce changement.
— Si l'Empereur l'approuve, elle demande qu'il désigne les personnes dont elle
devra être accompagnée. — Départ de l'é^-éque d'Osma. — En cas de translation
de la cour, elle voudrait pouvoir aller trouver l'Empereur; elle serait accompagnée
de la reine et du prince. — L'Empereur ferait une grande faveur au roi , s'il
vonlaît faire appeler la reine , et la presser d'aller reprendre le gouvernement
des Pays-Bas. — Confirmation des bonnes nouvelles venues par la voie de Frauee.
— Marquis de Sarria : difficulté de le tirer des Pays-Bas. — Lettre que la prin-
cesse a reçue de la reine de Bohême : sujets de plainte que le roi son mari
continue de lui donner. — Tasses turques désirées par l'Empereur: la reine n'a
pu s'en procurer, et elle le regrette vivement , car elle voudrait pouvoir offrir à
son père quelque chose qui lui fut agréable. — Affaire de Vadtlantado des Cana-
ries : plaintes des membres du conseil, de ce qu'elle l'a fait arrêter sans leur
participation ; motifs qu'elle a eus en cela ; elle supplie l'Empereur de prendre
le plus tôt possible une détermination sur la conduite qu'elle doit tenir. — Post-
script um concernant l'archevêque de Tolède : ce que Valdès a dit à la princesse,
qu'il aurait déjà été arrêté, comme suspeet de luthéranisme , si l'on n'avait été
retenu par sa dignité; invitation à TEmpereur d'être trè»-réservé avec le prélat.
Valladolid, 8 août 1558.
S. C. C. M*"*, ya acabô de llegar esta armada con la geote que
Vuestra Magestad sabra, y las demàs partîcalaridades, por la
rclacion de Juan Vazquez , que de todo le he mandado que aviae à
(1) Lettre autographe.
TOMB II. 30
( ^6 )
Vuestra Magestad ; y por eso no dire yo sino lo que mî hermaDo
ni^escribe. Diceme que las cartas que le inibîé de Vuestra Mages-
tad son llegadas, y que le desculpe de Vuestra Magestad porqoe
DO responde â ellas, por estar estos para partir, que con otro lo
harà. Paréceie muy bien qu*el principe esté con Vuestra Mages-
tad , y a&i m escribe que lo suplica à Vuestra Magestad. Yo me
huelgo mucho, porque, aunque sea un poco de trabajo para Vues-
tra Magestad, sera dalle la vida; y asi suplico k Vuestra Mages-
tad sea ser>'ido de mandarle ir luego, porque no puede Vuestra
Magestad créer lo que va en que Vuestra Magestad nos hap à
todos esta meroed ; y annque yo he de qoedar sola sin don Gar-
cia (i), y sin haber venido ei (iiarqués de Sarria (â), pasàrlobe,
porque veo lo que va en eslo.
Yo escribi à mi hermano que habia muebo que estaba aqai la
eorte, y que convendria roudarse. Paréceie bien, y diceme que
lo haga con parecer del consejo de Estado. Los mas dél y les
otroa GCMiseJQs ban de estar muy mal ee esto, pondue, ewao
Vuestra Magestad sabe, siempreson amrgos d*estar bien aposeo-
tados y de no mudarse; y cierto conviene mucho« porque ba
cinco anos que eslà aqui, y las camas de los pobreseslàn todas
gastadas; y de haber tanta gente aqui, y tanta eonversacion,
hay muchos maies, que naide los puede imaginar, como yo escribi
à Vuestra Mages^d el otro dia. He peosado addnde se pedria
mudar , porque roi bermano no quiere que sea à Madril , qae
séria lo mejor. Y para ser en el reino de Toledo, hay Guadala-
jara y Toledo , y por acÀ Burgos. Yo querria que fuese cerca de
Vuestra Magestad, para besalle las manos, ya que Vuestra Mages-
tad no me quiere dar licencia, para que vaya à bacerlo; y no se
adénde. Suplico à Vuestra Magestad vea lo que sera servido qu'en
esto se haga; y créa Vuestra Magestad que ninguna cosa me
haoe querer mudarme de aqui, sino sabet lo que se pasa; y si
(1) D. Garcia de Tolède. Yoy. pp. 941, note !, el 445, note 1.
(2) II devait remplacer D. Garcia de Tolède. Voy. p. 448.
(467)
fuesen cosas que se pudîesen decir à Vuestra Magestad , Teria
que lengo razon. Si à Vueslra Magestad le pareciere bieo , y ha-
biéndose de ir don Garcia , verÀ Vuestra Magestad quien que-
darà conniigo, asi para estar en mi compania como para ir con-
niigo, porque no es cosa quedar sola ; y el obispo de Osma fuése,
y no creo que Tolverà , porque anda ya niuy viejo. Si fuere
Vuestra Magestad serrido que la corte se mude, ontretanto que
la arranea de aquf, y se asienta, me podria Vuestra Magestad
dar licencia para que fuese à besalle las manos; y podriainos ir
juntos, la reina y el principe y yo. Elios se quedarian, y yo
nie volveria, harto contra nii voluntad.
Esto de la reyna digo, porque me escribe mi bermano que
suplica à Vuestra Magestad que la mande llamar, y la apriete
mucbo para que vaia à Flandes, porquescosa que conviene,
como Vuestra Magestad sabe, y qu'él lo desea mucho, por dejar
aquellos Estados en buen gobiemo. Si Vuestra Magestad quisere
hacer esta merced à mi hermano de llamar à la reyna , podriase
may bien hacer estotro.
Yo antecipome tanto acordar à Vuestra Magestad todas estas
cosas, porque tenga Vuestra Magestad tiempo de mirallas, y
hacer en todo lo que fiiere mas servido; y sérioha Vuestra Ma-
gestad de avisarme dello, para que con tiempo se provea lo que
Vuestra Magestad mandare. T euanto mas presto d principe
fuere, créa Vuestra Magestad que sera mejor.
Estos que vienen dicen por cierto lo que dijéron los que venian
por Francia : paréceme que debe de ser asi ; y es muy buena uueva.
No es posible que cou tan buena mano no se hubiesefaecho mas.
Yo qnerria saber lo qne mi bermano escribe à Vuestra Mages-
tad dei marqués de Sarria, porque â mi no me dice sino qne le
ba dicbo qne vendra en esta armada , qne no sabe si lo créa (4),
porque no bay quien le pueda echar dalli; y as! fué, pues se
quedé : que no allégé â tiempo qu era la armada partida. De mi
(1) Sieév» ia copie. Il semble qu'il faille Kre: harà.
( 4«8 )
herinana(1)tambiei] tuvecartas, y esta para Viicslra Magestad :
no me parece que hay mejorfa en el rey ; plega Dtos que mi her-
mano escriba h Vtiestra Magestad lo que Gallo trnjo , porque no
pase mas esto , sin poner el remedio que couTicne. Cnando Voes-
tra Magestad queria beber por nnas calderillas turcas, las invié à
pedir à mi hermann, porque me parecia que alla las habrîa; y
abora m*escribe que no se hallan, sino este frasco y otro que
venia hecbo pedazos, que era dcste betum que invio , para que Yea
Vuestra Magestad si es desta manera el de las calderillas ; y traia
este papel , que porque no Tentiendo, le envio â Voestra Magestad.
Vuestra Magestad verè este betum, y de la manera que son los
que Vuestra Magestad qniere, y escribamelo, para que mi her-
mana lo inyie : que sera para ella muy gran regalo, porque m*es-
cribe que desea en estrenio saber con que podrâ servir à Vuestra
Magestad. Boisas (2) como la que invié à Vuestra Magestad me
invié, y porque Vuestra Magestad no gnsta délias, no las envio.
Va escribi à Vuestra Magestad lo que habia en la prision del
adelantado de Canaria (5), suplicando à Vuestra Magestad viese lo
(1) Marie, (T Autriche, épouse de Maximilien, roi de Bobême.
(2) Peut-être est-il question ici de bolttu iurea$, tasses pliantes de eoir.
(3) Nous n*a?ons pas cette lettre de la princesse à son père; mais roici
comme H. Amédée Pichot explique, d'après le manuscrit Gonzalez, Tarres-
tation de Vadelantado des Canaries : « Juana imposait à ses dames d^honnenr
» le décorum le plus sévère. Quoique veuve et mère, elle ne se souciait nul-
» lemcnt d^être imitée sous ce rapport.. Comme elle pariait toujours de
» fonder une maison relicpeuse, c*était à la suivre dans oe chaste asjrle qnVn
» devait se préparer, pour lui plaire. Quelle fut donc son indignation , quand
A une de ces dames vint se plaindre à elle qu^un jeune seigneur, après tni
» avoir promis de Tépouscr, prétendait n'avoir tenu ce langage que pour
A plaisanter! Le galant seigneur était Vadelantado ou gouverneur des îles
» Canaries. La régente le fit arrêter et enfermer dans la tour de Medîoa-
1» Celi.... Le conseil d*État prit fait et cause pour le séducteur, prétendant
» qu'il ne pouvait être arrêté sans sa participation.... « (Chariea^Quint ,
Chronique de sa vie intérieure et de sa vie politique, de son abdication
et de sa retraite dans le cloitre de Yuste, 1854, in-8*, p. 438.)
( ^>d )
qoe habia de hacer en esto. Ahora lo torno à hacer , porqu*él esta
ya en Médina, à niuy buen recado; y yo entretengo ia manera
de procéder en este negocio, hasta ver loque Vuestra Magestad
manda. Losdel conaejo liànse quejado de que yo no les di cuenta
dello, enando le mandé prender : y no lo hice, porqoe fuese mas
secreto. Olras causas hubo, que no quiero que las sepa Vuestra
Magestad por mi, aunque, si van adelante, y hay lanta pasion como
hasta aqui , no me podré escusar de decillo à Vuestra Magestad.
Suplico à Vuestra Magestad que mire queste negocio toca à la
autoridad de mi casa , y que, conforme à esto, me mande lo que
se ha de hacer en él; y vea Vuestra Magestad si lo remitiré à
los alcaldes, ù à une solo, ù al consejo. Al fin yo no se en esto
nada, y querria que Vuestra Magestad me mandase lo que habrâ
de hacer , pues sabe Vuestra Magestad lo que ha hecho en casos
como este ; y cuanto mas presto Vuestra Magestad me hiciere esta
merced, sera mucho mayor, porque se acaben ya tantas quexas
como tengo. Qnedo con roiedo de cansar à Vuestra Magestad
COQ tau larga carta; y por eso suplico à Vuestra Magestad me
perdone , à quien guarde Dios como yo deseo.
A 8 de agosto.
Ubidiente hija de Vuestra Magestad,
La Pringesa.
Billet autograplèe inséré dans la lettre,
Holvidôseme de decir â Vuestra Magestad qu*el arçobispo de
Sevilla me dijo que avisase à Vuestra Magestad de qu*est08 lutfae-
ranos decian algonas cosas del deToledo, y que Vuestra Magestad
estuviese recatado con él, cuando fuese. Hasta ahora no hay nada
de sustancia : mas dijome que, si fuera otra persona, que le hubie-
ran ya prendido , pero que se mirarà mas lo que hay, y se avisarà
à Vuestra Magestad dello. Y en la memoria qu ellos diéron , se ha
proveido todo; y siempre avisaré à Vuestra Magestad de lo que
se hiciere.
( *70 )
CLXVII.
LUIS QUUÀDA À JUAN VAZQUEZ.
La santé de l'Emperaur continue d'être benne : mais il souffre beaucoup plus
qu'auparavant de la démangeaison aux jambes. — Les bains qu*i1 prend lui foat
du bien; Quljada ne voudrait pas toutefois que cette démangeaison cesslt
entièrement, de eninte que l'buraeur ne se portât aiUenrt. — L'Enpciw
éprouve quelque mal au cou : ce qui peut provenir de ce qu'il couche portes
et fenêtres ouvertes , à cause de l'extrême chaleur. — Sentiments fontrairet
que font naitre en lui la perle de ThionWIle et la déroute dn maréchal de
Hiermes. — Inquiétude que lui cause le bruit répandu que Luxembomy aurait
été abandonné , et que Gravelinea était assiégée. -> Mécontentement du silenee
que gardent le roi Pt ses ministres. — Flotte turque. — Rafraîchissement de la
température, qui est de peu de durée; grand nombre de malades. — MfloDS :
TEmpereur regrette beaucoup que ceux de son jardin se soient gelés; œqn'il
dit ffur les melons et les concombres. — Abseoee de nouvallea de Fkadre.
Gnacos, 9 aoât 155S.
liustre senor, la de Vuestra Merced de très de este reoebi à los
cinco del mismo, y no se ha despachado mas presto, porqoe Sa
Mageslad lo ha dilatado de dîa en dîa, el cual va con su salud
adelante y como à Vuestra Merced teiigo escrito , aunque le earga
mas que solia la eomezon de las pîeraas. Htee lodM \oê remedios
que puede de labalorios, y dice que le aproTecli»ii; pero vo no
querrîa que dei todo dejàse aquel humor de eorrer alH , porqae,
à no hacello, de fuerza ha de cargar à otra parte, qne por ventora
serîa mas peiigroso. Tieneei pescuezo envarado : debede serque,
por el gran calor que hace y él sîeate , doerme ventanas y poerlâs
abiertas. En lo dénias esta may baeno, y ha sentido mucho que
se certifiqœ la perdida de Tionvila, por ser plaza lan impor-
tante
Ha tenido Su Magestad contentamiento de la rota de Mos. de
(47i )
TAPibènës; y k todoi nôé p^fetè i^é deb6 <k ser verdad, piM»
conforma ei que vino de ftoinft y el de Flandes ; y Su Mag«fttad ,
y aun yo, nos cotifonnamos eon el parecer de Vueatra Mefoed,
en qoe era biieoa ocaiioii el emprendet* à Calés, pnes de Aiefta,
haHàfidose el capitan délia en eftta faction , habla de sàcar la
mayor parte de la guamieton, y no qnedar tan bien pr<yreida
cuanto eonvenia: Dioa lo haj^a como hemos menester, qoe el
escomienzo de este afio eê como Voeslra Merced dice. Y Su
lia|i;eëtad eëlà en cuidado, porque de Cigales escriben loa criadoa
de la Megestad de la reina de Hungria à toe de Su Itagealad
aqui, que à Lucemburch habian desamparado los nuealrea y
aun derribado las murallas, y tambien apnnian à que e^taban
puestos sobre Gravelingas. Lo uno y lo otro , segun Su Magestad
me dijo , lo escribiô Mos. de Badan (i) , mayordomo de la reina :
mande Vuestra Merced despachar una estafeia , sobre lo que en
esio bat. Tambien se espanta Su Magestad de no venir correo de
Flandes, y dice que no puede pensar que puede ser que no avisen
tanto de loê buenos sucesos como de los que no b son {ï) , y
cierto le tiene en cuidado, y no menos pof entender que derrota
ha tomado el armada del Tureo, la cual podria ser fuese la vueltA
de Argel, por haber entendido la gente que el conde de Alcau^
dete ha pasado, y tambien por estar Argei desproveida , à causa
de h rota prostera que los Tureos hnbiéron.
Ac ha escomenzado è refrescar el tiempo como alla; péfo
después ban fuello.los calores como al principio , y los dolientes
no mejoran mucho; y è mi se me ha muerto uno, y otros no
estàn lejos dello, porque tengo y he tenido trece à catorce
malos, y entre ellos me ha cabido k mi un par de tercianas; y
(1) Le S' de Bredan. Voy. pag. 594.
(â) Gazlelù, dans une lettre du même jour à Vazquez, s^etprimait lur ce
point ploi catégoriquement : « No déjà Su Magestad de mara?illarse del
• gran descuido que ei rey y nva minUlros usan en no ewribir ni despachar
» correos, para salir de estas dudas. »
(472)
con eato quedo libre » y téngolo por bueno escapar â Un boeii
mercado, segun las enfermedades desleano.
Los melones» acâ a ocho û diez dias que han escomenzado;
pero aun no los hay de loa finos, y Sa Magestad siente mocho
que se le hayan helado los de su jardin, porser de simientes
escelentes. Cuatro tengo aqui, que hube ayer, para mi senora
dona Lui8a(l); y, si no son buenos, consuélese Vueslra lierœd
con que Su Magestad dice que es mejor un ruin melon que un
bu^ pepino : plega à Dios que el correo los quiera Uevar; yo
rogÀrselohe de muy buena voluntad. Otra eosa no bay que
deeir...,.*..
De Cuaeos , à nueve de agosto de 1 558.
De la main de Quijada,
No hay mas que poder decir à Vueslra Merced, sino que
Su Magestad siente mucho lo que tardan de venir los correos, y ^
sohr^ello disculpa al rey , y no à los que estân cerca dél, de no
avisar; qu'él haria que fuese i). Diego de Acevedo el que ha de
venir à lo qu*él ha dias que ha de despachar; y, si d régente
viene, podria ser que fuese él. En fin qualquiera tomaria Su
Magestad ya una eorta carta, porque en forma desea saber lo
que el rey quiere hacer ô hace con su campo : Dios le dé roncha
vitoria.
Luis Quijada.
(I) Femme de Vasquez.
(473)
CLXVIÎT.
JUAN VAZQUGZ A L*BMPEREUR. ^
Arrivée de GveiUio de la Veg a , avee des dépêches pour TEnpereiir qve
Vaac|iiei lui enToie.
ValladoUd, 10 août 1558.
S. C. C. M'*', Garcilaso de la Vega ha venido hoy de Flandes
por tierra eon salvo coDduto, que partie de Bruaelas à 46 de
julio; y me ba dado el pUego que va aqui para Vueatra Mageatad ,
en que me diee que vao cartas dd rey; y da raion de los ter-
ininoa en que quedaba el ejército , y de la manera que fué la rota
de Hoa. de Termes : que cterto ba gido gran nueva, para lo que
descamos. Mueatro Senor la ymperial persona de Vuestra Ma-
gestad guarde y prospère como sus criados deseamos*
De Valladolid, à 40 de agosto de 1558.
I)e Vuestra Magestad mas huroill criado y hecbura, que sus
ymperiales roanos besa,
Juan Vazqubsu
Suteription : Al Emperador, nuestro sefior.
(474)
CLXIX.
JUAN VAZQUEZ A LfiMPBRBUR.
Défaite du maréchal de Thermes. — Nouvelles de Catalogne. — ArrÎTée à Valb-
dolid de l'archevêque de Tolède , du régent Pigueroa et de D. Diego àt Acevedo :
les deux premterseommuniquent leurs instruelîons au conseil d'État ; ih doitcnt
l'un et l'autre aller trouver l'Empereur. — S'-Jean de Lux brûlé parle doc
d'Alburquerque.
YaUadolid, 17 août 1558.
S. C. C. M'^, â la caru que recibf estes dias de Vuesira Ma*
gestad de 9 del présente (1) terne poco que satisfaeer, por ser en
respuesta de otras tnias; y bien soy cierto que Vuestra Magestad
se habrà holgado de ver la relacion que envié de lo que refiriô
el doctor HoroEeo(2) de ia presa y desbarato de Mos. de Termes,
mayormente habiendo visto Vuestra Mageslad la eertinidad de
esta buena naeva por lo que después Garcilaso eseribié^y no
mènes de saber la salud con qne el rey quedaba. Hoy ha veoido
correo de Gataluna , y lo qne puedo decir de lo que el visorey
escribe es lo que Vuestra Magestad terâ por la copia de nna carta
que D. Francisco de Côrdova, hijo del eonde de Alcaudele,
escribiô al dicho visorey desde Rosas , donde llegô eon las dos
galeras de la érden < el cual tambien dice, en otras cartas, que el
embajador Figueroa babia despachado una fusta el mesmo dia
que él partiô de Génova, con despachos suyos y de Flandes, y esta
no habia llegado aun à Rosas , ni hay mas de lo que el dicho
D. Francisco escribe : y de que el armada del Turco se vuelva eo
Levante , Su Alteza y todos tenemos el contenlamiento que
Vuestra Magestad puede considerar.
(1) Elle est dans le 1. 1"^, p. 313.
Voy. p. 462.
( '^78 )
El sàbado en la noche, 13 del présente, llegô aqnf el anobiapo
de Toledo , D. Diego de Aceredo y el régente Figueroa » y de
camino fuéron à besar las roanos à Su Âiteza ; y ayer martes , se
juntàron las del consejo de Estado y los dichos arzobispo y ré-
gente, y mostràron sus instrucciones, y se eomepzô & ver y
platicar en lo que traen à cargo; y habiéndose acabado de ver
todo, irân à dar razon à Vuestra Magestad, para quelo entienda
mas particularmente, eomo lo traen en comision, para que,
entendido lo que Vuestra Magestad manda , el régente se pueda
voiver aqui , y el arzobispo se vaya à su iglesia.
El duque de AIbnrquerque y I). Diego de Garvajal quemàron à
San Juan de Lus, oomo Vuestra Magestad verâ por la copia de la
caria del duque, que va con esta
Nuestro Senor la impérial persona de Vuestra Magestad guarde
y prospère coroo sus criados deeeamos.
De Valladolid , à 17 de agostO 1558.
De Vuestra Magestad mas humilde criado y heehura, <\ue sus
impériales roanos bese,
Juan Vazquez.
{
( 476)
CLXX.
LA PRINGBSSE DOlfA JUANA A L'EMPEREUR (1).
Retraite de la flotte turque. — Défaite du due de Guise. — Arrivée à ValladoGd
de l'areherêque de Tolède et du régent Figueroa , qui se rendront à TiKte,
aussitôt qu'ib auront aoeempli leur eommiaiion. — Un des objets que Taiche-
veque traitera avec l'Empereur, est la conduite du roi de Bohême envers sa
femme : la princesse supplie son père de chercher tous les moyens possibles de
tirer la reine de la triste situation où elle se trouve. — Secret qn'die a rhabi- \
tnde de garder dans les afeiree. — Inquiétude que Ini cause la démangeaisen *
aux jambes dont souflîre l'Empereur. — Elle attend qu'il lui ait fait connaître
ses intentions, pour communiquer au conseil d'État la lettre du roi relative
au déplacement de la cour : elle assure son père que les tfaéalins ne sont pour
rien dans le désir qu'elle a exprimé de voir la cour transférée ailleurs ; que le
père Francisco est le seul qu'elle voie, et que jamais il n'a cherché à laire
naître en elle des scrupules à cet égard. — Fatigues que lui cause le gouver-
nement. — Affaire de Vadelantado des Canaries : informations prises par va
alcade de la cour; paroles qui furent échangées entre Vadelantado et la dame
de la princesse ; informations inexactes données à rBmperenr. — La prinecfae
supplie son père de lui dicter la conduite qu'elle doit tMiir; elle ne pcuse pas
qu'il veuille permettre qu'cm trompe ses dames , en disant après qu'on a vonin
rire. — Envoi à l'Empereur d'une lettre que la princesse a tenue très secrète.
Valladolid, 17 août 1558.
S. C. C. M*"*, ya Vuestra Hagestad puede estar sio pena , pbes
la armada del Turco se Ta y desavenida de los Franceses, coino
verâ Vuestra Magestad por la carta de don Francisco de Gôrdoba.
Bendito sea Dîos, que tan bien lo ha hecho en qoitamos e«te
erobarazo, que era bien grande. Tambien dicen que era desbara-
tado Mosiur de Guisa; y aunque no es cosa cierta, lo digo à
Vuestra Magestad, por qu^es buen anuncio, y podria may bien ser.
(1) Lettre auto^^raphe.
( 477 )
El arçobispo deTolcdo es liegado, y me hn dado ctienta de lo
qnc tray, que, como Vuestra Magestad verâ, no hay cosa nueva
y que ya no esté provcida. El hirâ luego & Vuestra Magestad , y
el régente Figueroa, conio aeabaren aqui sus coniisiones; y el
arçobispo la trae de tratar con Vuestra Magestad lo del rey de
Bohemia. Y, aunque yo se el cuidado que Vuestra Magestad tiene
desto , no pnedo dejar de acordar à Vuestra Magestad el trabajo
en que mi hermana esta, y suplicar à Vuestra Magestad le saque
dél, pues no tiene otro reroedio sino el de Dios y Vuestra Mages-
tad; y erea Vnestra Magestad que, ya qu*el rey no le tiene,
sera terrible cosa hacer vida con este hombre; y con los sobre-
saltos que mi hermana tendra , y aunqn*ella es hija de Vuestra
Magestad en la Cristiandad, tanto la podrà apretar, quel rey,
y los trabnjos (1), y el verse sola, sin tener persooa con quien
descanse, que haga algun disparate. Este es muy gran peligro, y
el de sus hijos muy mayor, pues quitârsclos ya Vuestra Magestad
ve que desconsuelo sera para ella, que no creo que tiene otro
descanso.
Suplico à Vuestra Magestad vea todo esto, y créa que ninguna
seguridad se puede tener, sino apartando à mi hermana y à sus
hijos de tal desventura; y para esto busqué Vuestra Magestad
todos los medios posibles , porque todo lo demâs puede apro-
vechar poco. Yo siento esto de manera que no puedo dejar dç
cansar à Vuestra Magestad con acordârselo muchas veces.
A esta postrer carta de Vuestra Magestad (2) tengo poco que
responder, por ser respuesta de las mias : solo es bien que sepa
Vuestra Magestad que lo que mi hermono me escribiô en lo de
las cartas, mandaba que lo comunicase con Juan de Vega y
Gutierre Lopez y Juan Vazquez; y à mi pareciôme que era mejor
que no lo supiesen, porque apretarian mas el négocie; y asi fué.
Ilélo querido decir à Vuestra Magestad , porque no pieuse que
(1) Ce passade semble peu ÎDlellicpible; peut-être a-t-îl été mal copié.
(3) Nous n^avons pas cette lettre.
(478)
lo que mi hermano me escribe he de traUr coo naide , sino man-
dàndomelo él.
El Gomezon que Vtiestra Magestad liene me da roay gran peoa,
porque darà desabriroiento à Vueslra MagesUd dorar laoto:
plega à Dio8 que se aya qutiado, y quede Vuestra Magestad eoo
la salud qu*es menester.
Ya Vuestra Mageatad babrà visto lo que escribi k Vuesira Ma-
gestad de la mudaaça de aqui, y lo que mi hermano me escribe
sobresto. Hasta saber lo que Vuestra Magestad manda, no lo e
comunicado con el consejo d'Estado; y haciéndose este, quedaré
yo sin el escrùpulo que Vuestra Magestad piensa que los teatinos
me pusiéron. Y créa Vuestra Magestad cierto qu es cosa que nunca
ninguno dellos la ha Iraïado : à lo menos yo no lo se, y no me
tenga Vuestra Magestad por tan teatiana que piense esto, porqne,
por vida de Vuestra Magestad, con ninguno dellos trato, sîno
con el padre Francisco; y torno â jurar à Vuestra Magestad
qu*él nunca me ha puesto este escrùpulo, ni yo le tcngo, sino
que, sintiendo la desôrden de aqui como préximo, me pareeeqoe
soy tambien obligada à hacer por mi parte lo que me parece que
puede ayudar à remediallo; y porque acabaha de oir un raonton
de cosas que me diéron mucha pena , escribi à Vuestra Magestad,
por descaosar : que con la merced que Vuestra Magestad mehace,
me atrevo à cansar à Vuestra Magestad con estas cosas ; y pôderias
decir à Vuestra Magestad, es para mi muy grand alivio de los
trabajos que paso.
De dejar el gobiatio no tratarô, como Vuestra Magestad me
manda; mas sepa Vuestra Magestad quesel mayor trabajo del
mundo tenelle, y sin haber en ello escrùpulo ninguno; y asi
snplico à Vuestra Magestad créa lo que tengo dicho de los tea-
tinos y de mi, que no tengo mas cuenta con ellos quen cuanto
les mando que m'encomienden k Dios, como à las otras érdenes.
En lo que toca al desposorio , vislo lo que Vuestra Magestad
me escribe, mandé à un alcalde de corte que hiciese la infor-
macion; y asi ha tomado el dicbo à la dama y à las personas que
podian saber lo que pas6, y boy se parte k Médina à tomarie al
.
( *79)
adelaotado. Lo que hay es qa*en mi antecàmara se dîéroo las
manos» y se dijéron algunas palabras que muchos dicen que son
firmes; y hay testigos desto; y es buria lo que han dicho à Vuestra
Magestad que no piisé mas qu'esto. Entiendo qu el moço niega lo
que pas6, y dice qu*estaba burlando. En este caso querria Vuestra
Magestad me hiciese merced de decirnie lo que se harà , y des-
pues quel alcalde acabe de bacer la inforroacion, si se ba de
remitir al consejo» para determinar lo que se hubiere de bacer, ù
como, porque, si Yuesira Magestad no me hace esta merced, yo
no sabré encaminario, y tambien porque me iio de pocos; y ya ve
Vuestra Magestad si séria bueno que naide se atreviese à burlar
a mis damas, con engafiarlas, y después decir que lo bacen bur-
lando. Vuestra Magestad me perdone cansalle con estas cosas,
que arto lo siento yo : mas la poca espiriencia que yo tengo en
ellas me hace pasar por h> poco que yo querria eansar a Vuestra
Magestad.
La earta de don Luis (1) no envié inego à Vuestra Magestad ,
porque me parecè que no me h mandé Vuestra Magestad. Ahora
lo hago; y, por vida de Voestra Magestad, qne nunea salie de
un escrilorio nrio, ni se supo cosa de la qne en elta Ténia; y esto
tenga Vuestra Magestad por cierlo, h quien goarde Dios como ye
deseo.
A i7 deagosto.
Ubidiente bija de Vuestra Magestad»
La PniRCESA.
(t) Quel était ce don Luis? Cest ce que ne me permettent pas de décider
les docBment$ que f ai i ma disposition.
( ^^ )
CI.XXF.
LA PRINCBSSE DONA iUANA A L EMPEREUR.
Peine que lui donne racccs de goutte survenu à l'Empereur. — Départ de Gar-
ciUso pour Yuste.— Nouvelles d'Italie.— D. Diego de Acoîia déaire être dispensé
de se rendre auprès de FEmpcreur, et il croit ee Tovage inutile , puisque Gar>
cilaso y va : cependant il est prêt à obéir à la volonté de rBraporenr.
Valladolid, 19 août 1558.
S. C. G. M*"*, bojf vino un correo de Vueslra HagesUd; j eoa
8aber que Vuestra Magestad quedaba coo la gola» quedo yo cou
la peoa qu es razon. Garcilaso se parte, y no lo hizo ioles, porqne
le mandé mi berniano que bablase à la reina sobre su ida, y i les
de bacienda 8obr*el dînero. Dél entenderà Vuestra Magestad muy
particularmente todo lo que quisiere saber, y la certidumbre de
la rota de Mossiur de Ternies , que ba sido arto bueno. Y pot
Italia avisan qu'es eîerto la ida de! armada del Turco. Espero que
tras estas bnenas nuevas, vendran las que se desean. Luis Qai-
xada escribe que Vuestra Magestad espéra que don Diego de
ÂcuAa vaia à dar razon à Vuestra Magestad de lo de alla (i). Û
me dijo que le parecia que, iendo Garcilaso, que Tino despoés
dél, que le desculpaba de no ir él , por su mala dispusicion ; y asi
me pidié que yo lo eseribiese à Vuestra Magestad , y que, si Vues-
tra Magestad era serrido de querer qu él fuese, que no lo dejaria
de hacer, por ninguna cosa que tuviese. Vuestra Magestad Terâ
lo que manda, para que don Diego lo haga luego. Y por no
cansar à Vuestra Magestad, no dire mas de suplicar à Nuestro
(1) Voy. let. Hjp.Si;.
(481 )
Senor giiarde à Vuestra Magestad, y le dé la salud que yo le
deseo.
A IS) deagosto.
Ubidiente liija de Vuestra Magestad,
La Pri^gesa.
CLXXU.
LA PRINCESSE DONA JUANA A L*EMPBRE(}R.
Elle recommande à m bieoveilbnce D. Pedro Manrique , jnrocurador de Bitrgos,
qui TA lui baiser les mains , et qui sollicitera sa faveur auprès du roi , de la part
des cortès de Castine.
Valladofid,93Mât1558.
S. C. C. H^"*, D. Pedro Manrique es procurador de certes de
Burgos, y va à besar las manos à Vuestra Magestad de parte del
reyno , y à suplicalle le dé Vuestra Magestad su favor para con
mî hermano , porque le invian à él à suplicar lo que toca al
reino. El ha ser^'ido tan bien que me obliga à suplicar à Vuestra
Magestad le haga esta merced. Y porque creo que Vuestra Ma-
gestad se la harà, no cansaré mas à Vuestra Magestad, à quien
guarde Dios como yo deseo.
 2^ de agosto.
Ubidiente hija de Vuestra Magestad ,
La Pringesa.
Stiscriplion : Al Emperador, mi senor.
Tome II. 51
(482)
CLXXIII.
LE DOCTEUR MATHYS A JUAN VAZQUKZ.
L'Empereur est libre de U goutle : maïs la déniangeaison aux jambes est revenue ,
et il emploie de nouveau les répercusstfs. — Il est maintenant en assea borne
disposition , quoique , les après-midis , U ressente un pen de mal de tête. — U
mange et dort bien.
Yu$te,24 août 1558.
Miiy ilustre senor, Su Magestad, à Oios gracias, esta mejor
de la gola : ca con las caméras que ha tenido, cada dta dos,
hasta el domiiigo passado, veinte y udo del mes preseote, ba
evacuado mucho; pero, en qnitândose la gota, Inego voIyîô la
comezon , y tambien Su Magsstad hâ vtielto à los repercossivos.
Esta agora con razonable dispusicion , sino que à las tardes le
viene un poco de dolor de cabeza , el cual pero se quîla coo el
sueno. Corne con buena gana y dorme bien , y de dos ifias desta
parte no hace sino una càmera cada dia , segODdo su ordinarîo.
Placera à Nuestro Senor de conserbar Su Magestad en la pré-
sente disposîcion bnena
De Yuste, à U de agosto, en la manana.
Hbmriqub Mathisio.
( 483 )
CLXXIV.
MARTIN DE GAZTËLU A JUAN VAZQUEZ.
Réclamation de la ville d'Arevalo à l'Empereur, qni la renvoie à la princesse
gouvernante.
Guacos, 94 août 1558.
Ilustre senor, la villa de Arévalo ha eaviado aqui persona
propia con carta para Su Mage9lad,y copia de los privilegios que
tieoe en su favor cooGrmados por el Emperador , para que la
dicha YiUa ni los logares de ella no puedan ser enagenados ni
vendidos, suplicando que se les mande guardar, y no permita
que la venta que se trata del lugar Horcajo haya efecto. Y ha-
biendo hecbo relacion à Su Magestad de ello, ha mandado res-
ponder lo que suele, que es remitirlos à Su Âlteza» teniendo por
cierio que no se les har agrabio , pues no es razon , habîendo
servido tan bien à la corona real , y senaladamente cuando las
comunidades: de que Su Magestad se aeuerda bien , y de lo que
la dicha villa bizo
De Cuacos, à i4 de agosto de i558.
Martin db Gaztblé.
( 484)
CLXXV.
L EMPEREUR A JUAN VAZQUEZ.
Réponse lUX lettres des 8 , 10 et 17 août. — Satisfaction qu'ont causée à l'Empe-
reur les nouvelles que Vasquci lui a transmises et ee que Gareilaso lui a rap-
porté.— H désire qu'on attende, pour expédier un courrier aux Pay»-Ba5 , qu'il
ait ru rarcheréque de Tolède et le régent Figueroa.
Yuste,97aoât 1558.
Joan Vazquez de Holina, mi secretario y del mi consejo,
vuestras cartas de 8, 10 y 17 deste he recibido, con las del
obispo de Ras y Gareilaso; y por ellas, y la copia de la de nego-
cios qn'el rey escribe à la princesa , y las relaciones que habeis
embiado, y lo qu*el dicho Gareilaso me ha referido, he enteo-
dido la salud con que quedaba , y la confirmacion de la rota y
presion deMos. de Termes, entrada del diique de Albnrquerqae
y D. Diego de Carvajal en Francia, y la Uegada del arzobispo de
Toledo y régente Figueroa con los demàs, y lo que s'entendîa de
la ida del armada del Tureo en Levante: de todo lo cual he hol-
gado mucho ; y assi lo baréis de lo demàs que se ofreciere. Y pues
el dicho arzobispo y régente ban de venir aqui, deben de
traerme cartas del rey; y si, vistas sus instrucciones, hovierede
que prebenirme, hacerloé}s con tiempo, para estarlo de lo que
combenga. Y no se despache correo à Flandes, si no fuesse con
mucha necesidad, y por tierra, hasta que los baya oido, y respon-
dido a lo qu'el rey me deve escrivir con ellosy ha dicho Gareilaso
de su parte. Tambien he holgado que las cédulas de lo que se
proveyé al rey por cambio , hovîesen llegado à tan buen tiempo
(485)
como os ba escrito Eraso; y assi espero que habrà seido de lo
que s*embi6 de contado en la ùltima armada .
De Yuste , à 27 de agosto de 1 558.
Carlos.
Por mandado de Su Magestad :
Martin de Gaztslé.
CLXXVr.
l'empereur a PHILIPPE 11 (1).
Les procuradoret du royaume de CastiUe, assemblés à Valladolid, ayant accordé
au roi le service ordinaire et extraordinaire , ont résolu de lui envoyer D. Pedro
Manrique , pour lui faire diverses demandes. — L'Empereur le prie d'y avoir
égard, car elles sont justes, et les certes ont montré beaucoup de bonne volonté
pour son service. — 11 recommande à son fils D. Pedro Manrique.
Yuste, 28 août 1558.
Hijo, habiéndoos otorgado los procuradorea del reyno, que
estàn juntos en Valladolid , el aervicio ordinario y estraordinario»
como 08 lo debe haber atisado 6 avisarà la prinoeaa vuestra
bermana, cou lo demàs que de estas certes habré resultado, ban
acordado de enviaros en su nombre à D. Pedro Manrique, que lo
es por la ciudad de Burgos , y à snpiicaros lo que dél entende-
réîs, como lo ban acostumbrado bacer en mi tiempo, con ôrden
que prîmero viniese h vîsilarme de parte del reyno , con carta
d'él y de la princesa , como lo ba becho, pidiéndome tobiere por
(1) Cette lettre paraît Hre la dernière que Charies-Quiot ait écrite.
( 486 )
bien de escribiros en fabor de lo que prétende, pues es Un jttsto.
Y aunque se, hijo, que, sabiendo vos las buena voluntad y obra
con que por lo pasado ban servido , y la que les qoeda para (*x>nti-
nuallo en lo porvenir, y el amor que os muestran tener, y el
que se yo que vos les leneis, no fuera necesaria mi inlercesion,
todabia, por el que yo partîcularmente tengo al reyno, no be
querido dejar de hacerlo; y asi os ru^o qtie, visto lo que su-
plica , le bagais en ello la merced y fabor que hubiere lugar y
convinlere , pues , demàs de las causas y razon que bay para ello
me baréis mucbo placer.
El dicbo D. Pedro me ba suplicado que , atento lo que me ba
servido, y que por baber gastado su bacienda en ello, y ser la
merced que le bîce mas moderada de la que se bizo à otros, y de
lo que para sustentarse babia menester , tenga por bien de in-
tercéder para que se la bagais en olra cosa; y aunque estaba Un
fuera de no escribiros por nadie, todabla se ofrecen cosas de
manera que no lo puedo escusar. Y asi os ruego que , pues sabeis
el tiempo que el dicho D. Pedro me ba servido, y en que y como
lo ha becbo , le tengais por encomendado. Y Nuestro Senor os
guarde como yo deseo.
De Yuste , à 28 de agosto de i 558.
Vuestro buen padre,
Carlos.
(487)
CLXXVIL
LU18 QUMADA A JUAN WAlQtJtl.
Il D'à pas répondu plot tôt ain dernières lettres de Vasques , parée que l'Empe-
reur a Toulu attendre U départ de Crareilaao. — L'Empereur se porte très-bien ,
et presque aussi bien qu'avant le dernier aeeident. - Déroute du maréchal de
Thermes. — Retraite de la flotte turque. — Efforts à faire pour procurer au roi
l'argent dont il a besoin. — L'Empereur recommande à Gareilasode faire hâter
la Tenue de l'archevêque de Tolède et du régent Figueroa; persuasion dont il
use envers In reine de Hongrie , pour l'engager à retourner aui Pays-Bas. —
Quijada prie Vasques de le prévenir du départ de l'archevêque de Tolède , afin
qu'il fasse les provisions nécessaires, et, à ce propos, il lui parle de l'arrivée
inopinée du comte de Urtiéffa , pour baiser les mains de l'Empereur. — Limes
et melons. — Venue à Tuste de D* Pedro Manriqoe, de la part des eortès de
Castille : réception bienveillante que lui (ait l'Empereur, qui écrira au roi en
faveur des eortès. — Embarras que donnent à Quijada tous les hôies qu'il doit
recevoir. — Diminution des chaleurs ; orages; coup de tonnerre qui tue, sur la
montagne de Tuste, t7 vaches et 9 veaux.
>
CnaoM, 38 août 1598.
Ilustre tenor, hàllome eon ires càrtai de Vuetira Merced
à que debo reepuesta , de 1 7 y 19 y 3i dette; y do lo he becho,
porqoe Sa MageiUul no ha qnerido que te despache, peDaaodo
baeello eada dia; y aunque yo le be dkho que Yueeira Merced
decia que te avisase de ao mejoria , reapoodia qne Gareibao la
llevaria. Cuanto à ella, no hay que dedr, ûno que esta Su Ma*
gestad nnuy bueno, y càsi t;in bueuo como àntea: lo cual dira
Garcilaao , como teatigo de visla.
L4I rota de Mos. de Termea ha aido 6 tan buen tiempo oomo
Vueatra Meroed diee, y en parte no ea nienoa que la del con-
destable : ei princîpio bueno va ; plega à Dios que el fin sea
como aabe que ea meneater. Y no ea menos buena nneva la vuelta
dei armada del Tureo en tal saxon , y que vayan deaavenidoa eon
3r
( *!^ )
Franceses: que es senal que el ano que viene no la traeràlao
liYianamente como hasta aqui.
Tambien mostré à Su Magestad la suma del dinero que Vueslra
Merced dice que sera nienester para acabar la guerra de este
aôo ; y, aunque hay trabajo de pagar tan grandes sumas como
se debeo, todavia se darà Yuestra Merced y esos senores tal
inana que se buscar&n , especialmente que el Francés armô mas
temprano, y de fuerza ha de desarmar primero que el rey ; y si el
rey pudîese sostener su egército , créame Yuestra Merced que
liaria efectos, é le baria venir en una buena paz; y por este con-
viene hacer fuerza, y proveelle con toda brevedad, si hay de que.
Con Garcilaso da Su Magestad priesa al arçobispo de Toledo y
al régente , porque sin ellos no puede Su Magestad resolverse en
lo que ha de escribir al rey, y ansi le mandé que les dièse priesa.
Y, pues Yuestra Merced entenderà, por las que Su Alteza le
comunicar , la persuasion que hace à la reina sobre lo que el rey
quiere, no tendre yo que decir aqui, si no que â venir la reyna
en ello, séria cosa muy acertada; y acuérdese Yuestra Merced
que muchas veces le he dicho que el rey no puede hacer auseneia
de aquellos Estados, sin dejallos à gran peligro, si no es con ir la
reina ; y digo lo mismo agora , y creo hay mayor necesidad ddla
que nunca; y à lo que aqui teneraos entendido, que ya el arço-
bispo ba comenzado â tratar con la reyna sobre ello. Y cnando se
détermine el dicho arzobispo à partir , snplico à Yuestra Merced
nos mande avisar dello , para que nos proveamos de lo necesario,
y no sea como el conde de Uruenna , que llegô à mi casa sâbado»
â las iO de la noclie, con un mundo de caballos de posta, y an
haber que les dar de comer. Besô à Su Magestad las roanos, y
partiôse el lunes.
Su Magestad ha visto todas las relaciones que de ahi ha en-
viado, y él responde k Yuestra Merced como verà por su carta.
Y con esto acabo de satisfaeer à las très cartas que de Yuestra
Merced tengo : solo me falta decir del correo que no diô las
limas; y lo mejor que hay es que no quiso llevar los melones, j
escogié las limas , y hizo bien , pues se quedé con ellas.
( ^d )
lie aqui no haj otra cosa que decir , sino que D. Pedro Man-
riqne llegô, de parle del reyno , à lo que Vuestra Merced debe
haber entendido, y Su Mageslad le oyé alegremente, y escribirâ
al rey en recomendacion del reyno (I) : de que el D. Pedro va
contente del favor y buen tratamiento que le hizo, por venir de
parte de quien venia.
Molesiado soy de huéspedes : mas mas lo serèn ellos, porque ni
hay que les dar de corner, ni aun de dormir, segun los que
acuden; y tendrémos mas, segun lo que enliendo.
Acà comienza à calmar la calor, y no de caer rayos, pues
sobre la montana de Yuste bien alto cayô uno que maté SI vacas
y 9 terneras. Su Magestad tienetarabien en Yuste dolientes, mas
no peligrosos
De Cuacos, à 28 de agosto de 1558.
De la main de Quijada,
No hay mas que poder avisar â Yuestra Merced de aqui,
mas de que Su Magestad tiene salud y se alla muy bien, y
dnerroe sus cuatro 6 cinco oras de hun golpe.
Luis QUIJADA.
{
(I) Voyez la lettre précédente.
(490)
CLXXVIII.
MARTIN DB GAZTRLÛ A JUAN YAZQUVZ.
Réponse luv letireg des 17, 19 et M eoAt. - L'Boiperaur B*eit ftîl lire, d'anbeot
à l'iutre, toutes les copies de dépcebes et de relations envoyées par Yaxqaes.
— Commission qu'il donne à Garcilaso pour la reine de Hoagrie. — Étal dans
lequel il se trouve , depuis les derniers avis envoyés à Vasques : disparition de b
goutte et de la démangeaison aux jamlies; ceHe-ei réparait êaafeit», et TEoipe-
reur Tatténue au moyen de bains d>au mêlée de verjus; il est à présent aasai
bien que si rien ne lui était arrivé. — Motif pour lequel il n*a pas été éerit pluf
tôt à Valladolid. — D. Pedro Manrique, Tarchevêque de Tolède, le régeat
Figueroa. — L'Kmpereur défire avoir des nouvelles de 11. Praneês de Beamoade,
et du mariage dp son fiU : il demande aussi ee qu'est deveou Brat de Ahiide,
envoyé par l'infante doîîa Maria en France. — Maladies et morts à Cuacos.
Guacos, 38 août 1558.
Ilustre seftor, las carias de Vuestra Merced de diei y siele,
diez y nueve y veinte y dos deste be recibido; y Su Mageslad
satisface à las que le ba escrîto (1), y ba holgado con las buenas
nuevas que se le ban avisado, y oido à la letra todas las copias
de cartas y relaciones que Vuestra Merced ba enviado
El mémorial de las pensiones oyô Su Magestad à la letra y
con atencion , aunque no conoce à muchoa de los à qaieo se
ban dado. A la reina de Hungria responde con Garcilaso, et
cual comunicarà à Vuestra Merced el negocio à que va
Después que uUimamente se aviso à Vuestra Merceil de la in*
dispusicion con que Su Mageslad quedaba, le sobrevÎDiéroa
unas camarillas, con que quedô libre del dolor de la gota y co-
raezon de las piernas, aunqu'esla ba vuello después, puesto que,
con el labatorio de agua rosada con agraz, se ba mitiguado; y
(1) Voy. la lettre de TEmpereur du 27 août, p. 484.
(491)
Su Magestad ha tenido estos dias y queda en tan buena dispusi-
cion como si no la bubiera tenido mala; y no se ha dado aviso
dello ântes, por qu él no ha querido hasta que Hegase Garcilaso,
y escribiese à las reina y princesa , como lo hace con él.
Don Pedro Manrique llegô aqni ires dias ha, y hiego besé las
manos à Su Magestad de parte del reino ; y escribe al rey en
favor de los negocios que va à tratar; y se partie esta manana
para Plasencia , de donde proseguirà su viage à esa corte ; y
agora aguardamos al arzobispo y régente (\), para entender lo
que trahen, y escribir al rey sobre lo que dello resultare, y en
respuesta de las cartas que tnijo Garcilaso : por cuya causa escribe
Su Magestad à Vuestra Merced que no se despache correo
Su Magestad me ha mandado que escriba à Vuestra Merced
avise si don Francés de Yeaumont se halle con el duque de Al-
burquerque en la entrada en Prancia, y si esta en Navarra, 6 en
lo que entiende, y en que parô el casamiento de su hijo, y si
Bras de Aluide, à quien la infanta dona Maria enviaba à Francia
sobre sus negocios, esta ahi , é si partie ya, y cuanto tieropo ha.
Âqui mueren de pocos dias ac&, mas que los pasados, de ter-
cianas dobles que dan en calentura continua; y en casa del senor
Luis Quijada, aunque hay enfermos, no tantos como por lo
pasado; y él y mi senora dona Madalena qnedan con salud, gra-
cias à Nuestro Senor.
De Cuacos, à 28 de agosto de 1558.
Martin de Gaztblé.
(1) Le régent Figueroa partit pour Yuste dans les premiers jonrs de sep-
tembre : étant tombé malade à Medlna del Campo, Il retourna à Valladolid.
(Lettre de Vaiquet au roi, du 11 octobre 1558.)
(492 )
CLXxrx.
LA PRINCESSE DONA iUANA A L'EMPEREUR (t).
Inquiétudes que lui donne l'absence de nouvelles de Tuste , et qui l'engagent à
dépécher ce courrier. — Affaire qui retient Tarchevéque de Tolède à Valladolid;
instances de la princesse pour qu'il se rende à Tuste , et fasse rapport à l'Eaipe-
raur de ce qui concerne la reine de Bohême et la négociation avec la reine de
Hongrie. — Voyage du prince D. Carlos à Yuste, et changement de la résidence
de la cour. ~ Lettre de la princesse à Tévéque d'Osma , |K>ur qu'il vienne
demeurer avec elle; sa réi^nse. — Examen de VadelanUuio des Canaries.
Valladolid, 29 août 1558.
S. C. C. M*"^, desde que Garcilaso ftié, e stado con mny gran
pena, esperando saber de Voestra Magestad; y como este tarda
tanto, la tengo muy mayor, y asi despacho esie correo à saber
como Vuestra Magestad se ba ballado. Vlegà Dios que sea como
yo deseo : que con esto me contentaré; El arçobtspo se detiene
por este négocie del adelantamiento (2), qu'esta en los términos
qu él dira à Vuestra Magestad. To le doy harta prisa que vais à
Vuestra Magestad, porque le dé cuenta de lo que toca à mi
hermana, para que con tiempo se dé orden en ella, y en la ida
de la reyna de Ungria : que otra cosa no tray de nuevo , mas
(le lo que Vuestra Magestad sabe. La ida dd principe s'esta asi,
hasta que Vuestra Magestad responda, y la mudança de aqui
tambien. Cuando Vuestra Mageslad pudiere, séria bien echar
esto aparté , porque empieza à hacer buen tiempo. Yo escribi al
(1) Lettre autographe.
(2) Garcilaso écrivait à TEmpereur le 9 septembre : o El arzobispo no se
» deliene , dias ha , sino por el negocio del adelantamiento de Cazurla , con
n ciertos sequtoriales que tray del papa para et consejo. «
( *93 )
obispo Je Osiua, para saber si vendria para qiiedar conroigo; y
diccme que si, cuando yo le avisaré : no lo bago, hasta ver lo
que VuestraMagestad roandh ^ todo. La confision del adelanlado
se toma, y él empieza à nrgar, y conPiesa algunas cosas coo decir
quVslaba burlando. Vuestra Magestad verà lo que le parecc en
esto, porqu*es mal caso qu*él se atreva à decir esto. Y, por no
cansaràVuestra Magestad, acabo. Nuestro Senor guarde a Vues-
tra Magestad como yo deseo.
A 29 de agosto.
Ubidiente bija de Vuestra Magestad
La Primcesa.
CLXXX.-^
L*ARCHEVâQUE DE TOLÈDE (1) A l'eMPEREUR.
Il regrette beaueoup de n'avoir pu encore aller baUer les mains de rEmpereur,
et loi rendre compte des choses dont le roi l'a chargé : mais , à Valladolid , on
procède si lentement, que cela ne lui a pas été possible, quoique, depuis le
second jour de son arrivée , il presse les résolutions qui doivent être prises. —
De toute manière , cependant , il partira le lundi 5 septembre.
Valladolid, 3 septembre 15S8.
S. C. C. M**** , yo estoy con mucba pena, por no poder aver ido
à besar las manos de Vuestra Magestad , y darle cuenta de las
cosas que el rey me mandô : pero aqui obran tan despacio, que
no me ban dado logar à ello. Desde el segundo dia que llegué
aqui , cstoy dando priesa que me despachen , y no lo puedo acabar
con ellos. Yo no me be detenido un dia , sino por la comision
(I) Voy. le tome I'', p. 389, note 1.
i
( 494 )
que el rey me mandé, como Vuestra Magestad verâ : pero, qne
me respondan, 6 no, yo me partîré el lunes, que son à cinco del
présente, à dar cuenta à Vuestra Magestad, y iré con la priesa
que pudiere. Y porque esta no es sino para dar cuenta à Vuestra
Magestad de niî dilacion, no dire mas, sino que Nuestro Senor
guarde la real persona de Vuestra Magestad en su santo servicio
como sus vasallos deseamos.
De Valladolid, en dos de setiembre de 1558.
Vasallo y siervo de Vuestra Mageslad,
F. B. Arçobispo de Toledo.
Sugcriplion: A la Sacra GatolicaGesarea Mageslad el Emperador,
nuestro senor.
CLXXXI.
GARGILASO DB LA VËGA A PHILIPPE II (1).
Son arrivée à Valladolid. -*- Satisfaction qu'elle cause à la princesse , qui ne
savait pas encore d'une manière certaine la déroule du maréchal de Thermes. —
Visite à la reine de Hongrie , à Cigales ; ouverture qu'il lui fait touchant son
retour aux Pays-Bas. — Négociation avec la princesse et le conseil relativement
aux secours pécuniaires à envoyer au roi : zèle de la princesse et des conseillers,
spécialement de Gutierre Lopei. -* Départ pour Yuste. — Excellent état de
santé dans lequel Garcilaso trouve l'Empereur. — Relation qu'il lui fait de la
situation des choses aux Pays-Bas. — Communication qu'il lui donne de la liste
des différents corps de Tarmée , et des noms de leurs chefs , ainsi que de oeux
qui sont payés par les états. — Grand contentement de l'Empereur, en appre-
(1) Noiw avons une lettre de Garciltao à TEmpereur, du 2 septembre. Il
y rend compte des conférences qu*il a eues, la veille, à Ci^falès, avec la reioe
Marie, en présence de la princesse doAa Juana. Les détails qu*il y donne sont
les mêmes que contient sa lettre au roi. Aussi nous ne trouvons à en extraire
que le passage suivant :
« En toto se ha guardado por mi parte la ôrden que Vuestra Biagestad
( 495 )
UBUi que le roi q'a pa» à se reprocher U perte de ThionTiHe. — Élonnement
que lui cause le retard que les états des Pays-Bas ont mis dans le vote de
l'aide : observation qu'il fait à cet égard. — Recommandations qu'il adresse à
U princesse et au conseil , pour que des secours pécuniairM soient adressés au
roi. — Désir qu'il a de la venue du roi en Espngne; ce qu'il dit à Garcilaso
sur la volonté qu'il aurait, si sa santé lui en donnait la possibilité, d'aider son
fils de sa personne. - Longue conversation sur les roo\ ens m employer par la
princesse gouvernante, pour engager la reine de Hongrie à retourner aux Pays-
Bas : l'Empereur refuse d'appeler la reine à Yuste, et en dit la raison. —
Instruction qu'il donne à Garcilaso : lettre qu'il écrit à la reine. ^ Retour de
Garcilaso à Valladolid. — U se rend à Cigales avec la princesse. — Conversation
qu'il a avec la reine : réponse négative qu'elle lui fait. — Réplique et obser-
vations. — Elle promet de donner nne autre réponse dans deux jours. — Elle
vient à Valladolid, et, en présence de la princesse, elle dit ii Garcilaso qu'elle
consent à aller aux Pays-Bas , mais non pas comme gouvernante. — Garcilaso
croit devoir se contenter de cette réponse , et c'est aussi l'avis de la princesse.
— Il part pour Yuste, afin d'en rendre compte à l'Empereur. — Observation
sur la condition mise par la reine à son retour aux Pays-Bas. — Offre qui lui
a été faite d'une bonne somme d'argent pour les besoins publics. — Accès de
fièvre survenus à l'Empereur. — Garcilaso n'ira chez lui , qu'après avoir
entièrement accompli sa mission. — Instances qu'il a faites à l'archevêque de
flcville et av oonseil de l'inquisition , selon les ordres de 1* Empereur. — Arres-
tation à Séville du doeteur Constantino et du docteur Blanco, son ami* <-
Affaires particulières de Garcilaso.
Valladolid, 7 septembre 1558.
S. G. R. M****, yo llegué aqui à Valladolid â 9 de agosto, y no
fué posible ântes, porqtie en Bayona me detuviéron seis dias.
Halle al principe y à la princesa buenos. f)i â Su Alteza quenta
de lo que Vuestra Magestad me mandô, y holgô miicho con mi
Ilegada, porque de la rota de Mos. de Termes no sabiân cosa
cierta. Avi$ô$e luego à Su Magestad, qu'estaba con arta pena
hasta entender el aueeso. Fui luego à Cigales , donde estaba la
dié, j â nadie se ba hecho capaz del negocio, sino â Juan Vazquez, encomen-
dindole mucho el secreto; y asi nadie a entendido nada, hasta ayer, que con
la jrda de Cigales empiezan k dar [?oz} dello : pero, no sabieiMto la particu-
brîdad de lo que se trata, importa poeo..«.. »
( 490 )
reyna; y, después de habella visitado, le di cuenta del estado de
las cosas de alla, conforme à lo que me parecia que conTCDM.
Dixele lo que Vuestra Magestad me mandô en lo de su ida, aun-
que muy livianamente, hasla haber TÎsto lo que Su Magestad
mandaba. Traté, con la princesa y con los dél consejo, sobre h
provision del dinero qu era necesario que se hiciese à Vuestra
Magestad, y en esto Su Âlteza trabaja todo lo posible, eoteo-
diendo de la importancia qu'es; y todos los dem&s que tralan de
la hacienda de Vuestra Magestad hacen todo lo posible, en espe-
cial Gutierre Lopez. En esto me detuve cinco dias, y fui à Su
Magestad, y halléle muy bueno y muy deseoso d'entender d
estado de las cosas de alla , y en el que Vuestra Magestad y so
egército se hallaba. Entendiô lo delà pérdida de Tiunvila» y Tas
causas porque no pudo ser socorrida , y asf esto , como el no estar
en aquel tiempo fortificada Gravelingas, supo donde procedia, y
con gran contentamiento entendre la poca culpa que Vuestra
Magestad ténia, y las provisiones que en todo creia que estaiian
bêchas. Mostré 6 Su Magestad la lista de todo el egército, y
nombréle los capitanes de caballos y coroneles de infanteria , y
senaléle los que pagaban esos esiados, y los que se pagaban del
dinero de acà. Maravillése mucho de la tardança qu'esos estados
hiciéron en lo de la aiuda, y entendiô bien que esta habia sido
la causa de no haber Vuestra Magestad armado temprano. Puso
parte de la culpa desto â algunos particulares y horobres princi-
pales de alla, y esto creo que ténia Su Magestad entendido por
la via de la reyna, que tiene alla grandes inteiigencias y avisos;
y en la pKitica que pasé coniigo tambien me dijo esto. A Su Ma-
gestad liallé muy ganoso de que Vuestra Magestad fuese socor-
rido de dineros; y asi aqui , con la princesa y con los del consejo,
manda que se haga todo lo posible , y los escribe asi. Desea la
venida de Vuestra Magestad en estos reynos, entendiendo que
con su persona se haria gran efecto , para haber dineros para
ayudar lo de alla; y cierto, si la salud le sirviera, yo crco que,
siendo uecesaria su persona, fuera â ayudar à Vuestra Magestad,
y asi me lo diju. Platicôse largaraente de la manera que séria
( 497 )
bien que Su Aiteza tratase con la reyna lo de su ida, como
Vuestra Magestad lo mandaba. Como me parecia que Su Magestad
Tenviase à llamar, y qii'él fnese el que le propusiese el negocio ,
noie pareciù que conyenia, porque habia quatre meses que,
estando ella alli, Su Magestad le habia pedido que viniese» y
habiala hallado tan recia que desconfîaba de que vendria en
ello; y temiendo este» pareciale que no cra bien ponerse en ter-
mino de venir h enojarse con ella.
Pareciôle que yo volviese aqul, y que le dièse la carta de
Vuestra Magestad, y otra que Su Magestad le escrebia, muy
larga (1). Trùjosele tambien la copia de la caria que Vuestra
Magestad escribié al Emperador, aviendo quitado délia algunas
cosas que parecia que no convenian , y puesto otras; y la érden
que yo truxe fué que la princesa fuese â Cigales, yo fuese alli , y
que, estando Su Aiteza présente, yo la hablase de parte de Su
Magestad y de Vuestra Magestad, para persuadilla en su ida.
Pasôse en esto gran rato ; y queriéndome ella responder luego ,
yo le supliqué que no lo hiciese hasta aver visto sus cartas: y con
esto yo acabé la plâtica. A la noche, después que la princesa y
ella estuviéron hablando en el negocio gran rato, me hizo llamar»
y con una muy larga plàtica , diciendo la resolucion que habia
tomado, y de cuantos anos ântes tratada y delerminada, como
Vuestra Magestad sabia, y la inabilidad de su persona, y el veto
que ténia hecho de no embaraçarse en gobernacion, y otras
rouchas cosas que Su Magestad sabe decir muy bien, se resolviô
en no querelle hacer.
Después de muchas cosas que se pasàron, que serian largas
para decillas â Vuestra Magestad , dijo que dentro de dos dias
ella me responderia, y deseando servir à Vuestra Magestad, veria
lo que podia en este negocio. Dentro de dos dias vino aqui, y
(1) Cette lettre n^eiùte probablement pas aux archÎTes de Simancas,
puisqa^on ne nous en a point envoyé copie.
Nous avons donné des extraits de la lettre de TEmpereur à la princesse,
dans le L I", p. xuv.
Tome II. 52
( ^98 )
ayer de mafiana, con otra muy larga plàtrca delante cFe la prin-
cesa, se resolvié en que, viendo que Vuestra Magestad, à qoien
ella tiene por senor y por hîjo , deseaba tanto este negocio , qae
elia se resolvia à il le à servir cou su persona, y que deseaba valer
y saber mucho para hacello , pero con tal condteion : que Vuestra
Magesiad, ida alla, ni Su Magestad acà, no la apretasen â que
quedase por gobernadora; que Vuestra Magestad se contentase
con quVIla, con su persona y con la espiriencia que de tantos
anos ténia de las cosas de allé, le sirviese.
Segun là dureza de àntes, y la poca esperanza que Su Magestad
ténia de que habîa de venir en nada , no me parecié qu*era bien
apretalla mas, sino tener en mucho lo que ofrecia, y asi parecié â
Su Âlteza; y con esto, y con una carta que la reyna escribe à Su
Magestad (1 }, les ha parecido que yo torne à Yuste à dalle cuenta
dello ; y asi me parto en este punto (2).
Yo querria que Su Magestad la llamase, y alli se tratase de su
ida; y esto no querer ella acetar el gobiemo podria ser que fuese
verse tan prendada en palabras à no vol ver à él , y en obras, como
Vuestra Magestad sabe, y después de ida, no podria dejar de
hacer lo que Vuestra Magestad mandare. Hâsele ofrecido que
llevarà golpe de dinero; y sera asi, porqu en fin deste mes llegarâ'
el armada de las Indias sin (alta, que tray arto; y sin eso, de
acÀ se puede enviar otro buen golpe.
En este estado queda lo que Vuestra Magestad me mandô.
Hàrae parecido enviar estas cartas por Francia, para que Vuestra
Magestad lo sepa, y ordene lo que fuere servido en todo; y de-
terminàndose en lo de la ida de la reyna, provea con brevedad
lo que fuere servido, y se advierta à lo del armada en que ha de
ir, no habiendo acà recaudo para ello tan à la mano.
(1) Nous n^avons pas cette lettre.
(9) Il arriva à Yùste le 8, à midi. Voj. le 1. 1'', pp. 555 et 360.
Gaitelû, écrivant le 9 à Vazquex, lai disait : «No se si Su Magestad tendra
» por bien que Garcilaso se vaya à caisar, pues, por el présente, aqui ni ahi
• no liarâ falta en el negocio que alla tratô. •
( 499 )
Su Magestad ha tenido dos tercianas sin accidente de gola,
que da harla pena : Dios le dé la salud que acâ se le desea.
Desde Yuste ;o escribiré à Vuestra Magestad lo que Su Ma-
gestad ordena; y todo el liempo que fuere uecesario que yo ande
en este négocie, lo haré, sin llegaf & mi casa, que hasta agora
no lo he hecho. A el arçobispo de Sevilla y à los demàs de la
inquisicion se les ha dado mucha prisa à que resuelvan èstôs
negocios, porquc Su Magestad me mandé que lo hiciese, por lo
que Vuestra Magestad muy cristianamente les escribe en su
carta ( l ). Yo lo he hecho ; y ellos se dan toda la prissa posible.
En Sevilla han prendido à Costantino y à otro doter Blanco,
qu'era grande su amigo. Témese que, si el Costantino es herege,
que se descubrirén mas : Dios lo remédie.
El miembro de la ôrden de Santiago que Vuestra Magestad me
hizo merced, que era de mi suegro, hallan los del consejo de
ôrdcnes que es encomienda, y que con la de Alcàntara no la
puedo teiier. Suplico à Vuestra Magestad que, si la claveria esta
vaca, y es de mi ôrden, que me haga merced délia, dexando dos
encomiendas. Si mis servicîos, senor, no baslan à esto, suplico à
Vuestra Magestad que la voluntad con queyo los be hecho, y lo
que deseo servir à Vuestra Magestad, junto con mis necesidades»
sea parle para que Vuestra Magestad me honre y me haga
merced.
Nuestro Senor la sacra y catôlica real persona de Vuestra
Magestad guarde y sus Estados acrecienle, con grandes vitorias
de sus enemigos.
Hecha en Valladolid, à 7 de setiembre.
Umil vasallo de Vuestra Magestad. que sus reaies pies besa,
Gàrcilaso.
(1) Yoj, le t. !•', p. 309, note 9.
( 800)
CLXXXII.
LA PRINCESSE DONÀ JUANA A LUIS QUUADA.
•t mquiétade qae loi cause l'éUt de TEmpereur. — Si elle croyait que m
▼isite ne déplût pas à son père, elle irait le Toir et le senrir, comme elle y est
obligée. — Elle prie Quijada de t&eher de le saToir , comine de loi-même.
Valladolid, 17 septembre 1558.
Vi vueslra carU de i4 dei présente (1), y la que con ella el
D' Mathisio escribié à Juan Vazqucz , en la cual se bace relacion
de lo que ha pasado en la indispusicion de Su Magestad después
que ultimamente escribistes; y no os sabria encarescer la pena
que siento de que todavia vayan tan adelante las tercianas
doblas. Espero en NueStro Seûor que no permitirâ que esta in-
dispusicion pase mas adelante; y asi recibiré servicio en qae
siempre me deis aviso de su mejoria, que plegue à Dios sea la
que yo deseo. Y bien tengo por cierto lo que decis del cuidado
que se liene de su salud, y que séria muebo gran remedio para
ella querer tomar Su Magestad los caldos y pistos que se le dan ,
en mas cuantidad; y asi se debe procurar, pues tanto le con-
viene. Que si supiese que Su Magestad no recibia pesadumbre
con mi visitacion, yo iria à servirle y regalarle, como tengo la
obligacion; y asi holgaria que lo supiésedes, como de vuestro :
que en ello me haréis placer y servicio (2).
De Valladolid , à 17 de setiembre i558.
(1) Cette lettre, écrite par Quijada à Vazquez, est dans le t. !«', p. 565.
(3) Dans sa lettre du 14 à Vazquez, Quijada Pavait prévenu que TEoipe-
reur ne voulait avoir la visite, ni de la reine de Hongrie , ni de ta princesse.
( ^1 )
CLXXXIIL
MARTIN DB GAZTKLt A JUAN VAZQUBZ.
Prédiction du jour de la mort de l'Empereur faite par les médeeins de Lisbonne.
— Départ de l'arcbevêque de Tolède et du grand commandeur d'Alcantara.
Cuacos, 96 septembre 1558.
Iluslresenor, de Portugal vino anteayer un correodespa-
chado por la reina, para saber de la salud de Su Blagestad (i);y
escriben de alla que, segun la relacion tenian del discurso de su en-
fermedad, digéron los médicos que, si moria, séria â losveintiuno,
como fué, y aun sin la limitacion del si nioria, sino con reso-
lucion. El arzobispo se partie para Jarandilla antier tarde , donde
se detuvo ayer, y esta manana se habia de partir para Talavera»
donde dicen que harà su casa. El coroendador mayor se fué ayer
à Plasencia
De Cuacos, & 26 de setiembre de 1558.
Martin de Gaztbl6.
(1) La reine dolla GatariDa montra , durant la maladie de IIBmpereiir, ta
tendresse qu*elle portait à son frère : elle envoya plusieurs fois des courriers
pour avoir des nouvelles de sa santé, et fit dire des prières pour son rétablis-
sement dans toutes les églises et monastères du Portugal. Voici ce que
Gaztelû écrivait à Vazquez le 16 septembre :
« Un correo de la reina de Portugal ba venido aqui, para que le lleve
nuevas de Su Magestad , porque ella las ha tenido malas de suindispusidon;
y qnedaba con mucba pena y sentimiento dello. Y por cartas de otrof , be
entendido que no ha dejado monasterio ni yglesia ft quien no se haya enco-
mendado que rueguen â Dios por su salud, y hecho, demâs desto, otras
limosnas. •
(502)
CLXXXIV.
L^ARCHEVÉQUE DE TOLÈDE A JUAN VAZQUBZ.
MesMs el vigiles dites pour l'Empereur par les religieux de Yuste ainsi que de
trois couvents voisins , et les prêtres de Cuacos. — Départ de l'archevêque pour
Talavera et Tolède , où il se dispose à faire célébrer les obsèques du défunt.
ViUafranca de la Puente del Arzobispo , Î8 septembre 1558.
Ilustr^ senor, después que inurîô Su Magestad Cesi^rea, es-
cribi à Vuestm Merced ({); que àntes no lo pude bacer, por
hallarme à la muerte y ocqpado en tap justo oficio. Su Magestad
muriô niiércoles ànUs que amaneciese, y aquel dia no se pudo
tratar de su enterrapoîepto. Dijosele una misa y su vigîHa eon los
frailes de la mesroa casa; y los ires dias siguientes, jueves y
yiernes y sàbado, se juntàron los fraijes de très monesterios que
hay por allf cerca, y los clérîgos de Cuacos, con los frailes del
inonesterio, y bîciéron sus vigilias muy solemnes, y à todo me
balle yo présente, con aquel amor y deseo de servir en tal tiempo
que me debia dar la obligacion que para ello tengo; y el sàbado
se despidiéroD los religiosos que be dicbo se babian juntado, y se
fuéron à sus casas, y los frailes del roesmo monesterio quedàron
de bacef el octavario. Y con esto yo me parti, y vine el lunes à
Xarandilla, y de alli me vine el martes à este lugar, parescién-
donie que no séria alli mas necesaria mi persona, porque quedô
el sendr Luis Quijada encargado de poner en ello la mano basta
que se çoncluyese todo , çomo es razon ; y siendo la persona tal
y tan aficionada al servicio de Su Magestad, que santa gioria
baya , todo cuidado se puede perder con él , que él teriià en tal
(1) Nous avons cette lettre, qui ne contient rien de particulier.
( 505)
easo, como creo lo tîene bien conoscido de él Voeslra Mereed,
cuya iluslre persona Nuestro Seâor, etc. De Villafranca de la
Puenie del Arzobispo, à 28 de setiembre d558.
No quedé oira oosa quebacer mas de lo que se habia de hacer
con los criados del Emperador, lo cual harà el senor Luis Qui-
jada, y yo nie vine por mandar hacer luego en Talayera y en
Toledo las honras, y ballarme présente à ellas.
Servidor de Vueslra Merced ,
F.-B. Arzobispo db Tolbdo.
CLXXXV.
LUIS QUIJADA A JUAN VAZQUBZ*
L'ÎBTentaire des effets de TEmpereur est presque achevé ; une décUratîOD sous
serment a été exigée de tous les officiers qui en aTaient la charge. — Peine que
cette opération a donnée et donne à Quijada. — Prétentions desdits officiers , qui
se plaignent qu'on leur demande des comptes, et qu'on leur fasse rendre ce
qu'ils ont entre les mains. — * Avis donné à Vazquec touchant Guillaume Van
Maie et le docteur Mathys : Quijada dit que l'Empereur a plus gratifié Van
Vale qu'aucun de ses autres servileursr, et que tous deux s'en vont plus riches
que s'ils venaient du Pérou. — Prétention du docteur Corneille de Baersdorp.
Gu9€0f , 4 octobre 1S58.
Ilustre senor, â los veinle y cineo del pasado y à los
Ireinta (1) , escribi â Vuestra Merced, y se le envié todo aquello
que de aqiil podianios avisar. Y de lo que agora lo podriamos
(1) Voy. le 1. 1», pp. 403 et 419.
(504)
hacer, es de que câgi van al cabo de lomar por inventario todaa
las <^sas que estaban à cargo de los oficiales qae aqai residian
en servicio de Su Magestad* y eon juramepto que hacen, de-
claran las cosas que cada uno ténia en su oficîo; y ansi bemos
procedido por ello hasta agora que, como digo, vamos al cabo
de inventariallo todo; y aunque nos bemos dado toda la priesa
que ha sido posible, estando desde la manana hasta la noche en
Yuste, no babemos acabado : pero, como digo, vamos ai cabo, y
se hace con todos lo mejor que se puede, teniendo la paciencia
que se requière. Confieso à Vuestra Merced que muchas veces
dan causas para rompella; pero fuérzome todo lo que puedo à
sufrir , no obstante que , en su comida y en todo lo demâs de su
tratamiento , se tiene el misnio cuidado y respeto que se ténia
en vida del Emperador, que baya gloria
De Guacos, à 4 de octubre de 1558.
Luis Quuada.
Sur un feuillet de papier inséré dans la lettre^ et de la main
de Quijada.
Tengo aquf trabajo y muy grande, porque estes à cuyo cai^o
esta las cosas de sus oficios, les pesa que se les pida cuenta, y de
que se les mande que entreguen lo que tienen ; siéntenlo mucho,
pretendiendo que es suyo lo que cada uno tiene en su oficio; que
aunque vale poco , vaidrîa mas, si à cada uno se dejase salir con
su pretension , porque de alii querian cntrar por la manga y salir
por el codo
Ya avisé à Vuestra Merced que, si Guillermo y el doctor
pretendieren que se les baga merced, esté Vuestra Merced avi-
sado que al Guillermo le ha becho Su Magestad mas merced que
à ninguno de sus companeros, y que no se si no lo merecemenos;
y al doctor creo que , después que Su Magestad partie de Brus-
selas, se le ban dado de ayuda de costa bien cerca de dos mil
escudos, y se le daban de gajas cada un ano seiscientos, y de
( 508 )
corner y dormir à sus mozos y à él. Digo esto, porque alla no
enganen à Su Altem, ni à Vuestra Merced , con sus importuni-
dades , certificado que van estos dos mas ricos que si veniesen
del Perû, ni menos codiciosos qne los que alla van [i )
El mismo dia que Sa Magestad falleciô, me pidiéron , de parte
del doctor Cornelio (2), que se le satisfaciese su camino; yo le
respondi que no teniamos aqul dinero; que alla Vuestra Merced
le salisfaria. Hûnrae pedido que yo escriba à Vuestra Merced
una carta para que allé se le haga merced. Yo la he escrito.
(1) Dans une lettre du 8 octobre, Quijada mande à Yazquez que Yan Maie
et Matlijrs ont quitté Yusle, sans attendre les vêtements de deuil et Vayuda
de Costa qui leur revenaient, parce qu*ils ont reçu la nouvelle que la reine
de Hon^^e allait se mettre en route pour les Pa js-Bas.
(3) Déjà avant la mort de TEmpereur, Corneille de Baersdorp avait voulu
retourner aui Pays-Bas, sans la permission et même à Tinsu de la reine de
Hon^^rie, au service de laquelle i\ était attaché. C'est ce qui résulte de la
lettre suivante, écrite par Gaxtelù à Yazquez, en date du 10 septembre :
« Después de escrita la que va aqui, me ba enviado Su Magpestad à mandar
con Guillermo que escribiese k Yuestra Merced para que, consultado con
Su Alteza, se procure, por via del duque de Alburquerque, 6 por otra cual
mejor parecerâ, un salvoconducto para el D' Cornelio con otras diez 6 doce
personas, para ir k Flandes, porque se lo ha pedido con tanta instancia que
holçarîa de dalle contentamiento en eilo, por la voluntad que le tiene y la
eon que siempre le ha lervido y venido agora â hacerlo, y que esto se pro-
cure, sin que lo entienda la reina de Hungria, ni otra persona, por algunos
respetos. •
Baersdorp, lorsqu'il apprit la maladie de la reine, retourna néanmoins
auprès d'elle, et lui donna ses soins jusqu'à ce qu'elle mourût.
( 806 )
CLXXXVI.
LUIS QUIJADA A PHILIPPE 11 (I).
Lettre d'introduction pour Ogier Bodart, qui a été aide de ebambre de TEmpe-
reur depuis sa retraite à Yuste , et qui prétend n'avoir pas été récompensé autant
que le méritaient ses longs services. — La veille de sa mort , l'Empereur lui a
fait remettre 600 écos en or , pour serrir à acheter 200 florin^ de reste viafère
au profit de la mère de D. Juan. — Quijada supplie le roi de faire exécuter en
cela la volonté de son père.
Yuste, 13 octobre 1558.
S. C. R. M**"*, quien esta darâ â Vuestra Ma|;estad se ailama
Huger Bodarte , ayuda de cémara de Su Maf^estad Ymperial,
qu*està en el çiçlo. Aie semdo en ella , después qu*està en este
recogimiento, de hnjer de càmara. Ame pedido qae yo le dé esta
carta , para que Vuestra Magestad entienda por ella io que digo,
pretendiendo que Su Magestad le yzo poca merced, y que tantos
anos de servicio nierecian mas recompensa. Vuestra Magestad
arà Io que fuere servido : que yo , lo que puedo decir dél es que
servia al gusto de Su Magestad, el cual me mandé, el dia àntes
que fallecies^ , que de su càmara se le diesen seiscientos escudos
en horo , que con ellos comprase doscientos florines de por vida
(1) On lit, au dos de cette lettre, les ligues suivantes, de la main de Phi-
lippe II : « Erasso, esta caria guardad, y me acordad lo que en ella se dice;
» que creo que aquello manda Su Magestad dar â la madré de aquel gentil-
y hombre; y acuénleseos de lo que os dixe que supiésedes de su marido,
» y acordàdmelo todo » (Erasso, gardez cette lettre, et rappelez-moi son
contenu. Je crois que la rente dont il y est question, Sa Majesté commande
de la donner à la mère de ce gentilhomme. Souvenez-vous des renseigne-
ments que je vous ai chargé de prendre sur son mari, et rappelez-moi le
tout ).
{ 807 )
para la presona qu'él dira à. Vuestra If agestad, y ans! se loa he
dado, nostjiDte que le e abisado de les ynconbenyentes que
podria aver en el cainiuo y en la mar : mas, con todo esto, los
ha querido llebar, y que se cumpla la boluntad de Su Magestad ,
lo quai ago, como me lo mandé d en tregàrselos en horo. Suplico
à Vueslra Magestad que, por ser obra de caridad, y |a presona
qu'es, Vuestra Magestad mande alguno que tenga cuenta con
que se aga la voluutad de Su Magestad . porque sera hacer muy
gran merced y lymosna à la madré de aquella presona que
Vuestra Magestad sabe; y Adryan, de la càmara, podrya tener
cuenta con esto, pues sabe lo demàs atràs deste negocîo. Nuestro
Senor guarde la S. C. R. presona de Vuestra Magestad , con
acrecentamiento de mas reynos y senoryos.
De Yuste, 42 de otubre 4558.
^ De V. S. C. R. M^-* vasallo,
Luis Quijada.
CLXXXVII.
tm^ ÛVUADA A JUAN VAZQUEZ.
Préparatif« de départ. — Envoi du petit chat et du perroquet dans une des deux
litières de l'Empereur. — Réponse de Quijada au roi.
Cuacos, 37 octobre 1558.
Flustre senor, con la postrera estafcta que de aqui se des-
pachô à los veinte y cinco de este (1), avisé à Vueslra Merced
de lo que hasta entônces estaba hecbo, y como yo esperaria aqui
(1) Voyez le 1. 1", p. 430.
( 508 )
hasU Io6 veinte y ocho de este, y que, si para entônces no lie-
gase el dinero para la limosna de los frailes y para eoTiar esta
ropa, parliria, dejando encomendado y acordado loque sobre
esto se ha de hacer al secretario Gaztelù, para que lo despache
como Ilegue : de raanera que quedarà tan buena ôrden que mî
ausencia no haga falta (1). Y cuanto a esto y à lo demâs que aqul
ba de quedar ordenado , no tengo que decir.
El gatillo y el papagayo partîéron ayer; y porque vayan à buen
recaodo, los envié en una de las literas de Su Mageslad, y un
criado mio con ellos , para que lleven buen recaudo; y dentro de
la misma litera van los colcbones y almoadas que Su Magestad
trahia en ella; y de todo lleya memoria. Vuestra Merced lo man-
darâ poner h recaudo. Al acemiiero df érden que, como llegase à
Valladolid, volviese con los machos por la otra litera, porque
los que acâ quedan habrân de llevar la de dona Magdalena , a
causa de haberme yo desecho de todas mis bestias y de caalro
acémilas, que las dos de ellas servian de ello; y como Ilegue à
Villagarcia, enviaré las acémilas à Valladolid
De Cuacos, â 27 de octubre de i558.
Luis Quijada.
Yo respondo al despacho de Su Magestad que el otro dia
Vuestra Merced me envié, y tambien le aviso de cierta (2) qne
entre el Emperador y mi hubo, algunos dias an tes que adole-
ciese , sobre lo que debia hacer en caso que la reyna no aceptase
el ir à Flandes, como siempre lo temiô; y pues Dios ha sido
servido de llevalla para si , me ha parecido avisar à Su Magestad
del parecer del Emperador; y ansi con vendra que Vuestra
(1) Gazteléh écrivait à Vazquez, le 27 octobre, que Quijada paKirait le
surlendemain, si Tindisposition de sa femme n*y mettait obstacle.
(2) Sic.
( 509)
Merced mande enviar por mar y à recaado el plii^o que con
esta va (i)
Tambien mande Vuestra Merced al que llevô la litera que
vuelva las guarniciones de los machos, porque las que acà estàn,
câsi que estàn podridas, y no podràn llevarla.
Luis Quuada.
CLXXXVIII.
PHILIPPE II A LA PRINCESSE DONA JUANA (9).
II rittfonhe qu'il a résola de faire transférer, dans la chapelle royale de Grenade ,
les corps de la reine eatboliqne, de TEmperenr et des reines de France et
de Hongrie , et la charge de prendre les dispositions nécessaires à cet effet , avee
la plus grande diligence possible, afin que la translation puisse s'effectuer
avant les chaleurs.
Bruxelles, 15 mars 1559.
Serenisinia princesa de Portugal, mi muy cara y muy amada
hermana , porque habemos acordado que los cuerpos de la catô-
lica reyna y Emperador, mis seiiores, y de las reynas de Francia
(1) Nous avons donné cette lettre de Quijada au roi dans le 1. 1^, p. 444,
mais avec la date du 2S novennbre, qu*eUe portait dans la copie. Il eit évi-
dent aigourd*huî que c*est oetobn quUI faut lire.
(3) Le roi écrivit, le même jour, aux exécuteurs testamentaires de TEm-
pereur, pour leur notifier ses intentions. II les leur rappela encore dans une
lettre du 22 mars.
Nous avons ces deux lettres.
I
( 3*ô )
y UDgrfa, mis lias, que sean ea gloria, se lleven à Granada,
asi por haber de ser alli su enterramiento, como por do estar
donde agora con la autoridad y decencia que convendria y es
razon, os ruego mucho que, platicado y <^nferido, por los del
consejo d'Estado y los testamentarios de Su Magestad, sobre la
ôrden que en ello se ha de teoer, mandeis que desde luego se
enlienda en adreçar la partey lugar donde, en la capilla real de
la dicha ciudad , han d'estar, y que junto con esto se prevengan
y provean las cosas necesarias para que se ponga en efecto; que
yo escribo las cartas que veréis, en blanco, para los preladds,
grandes y otros que parescerà hinchirse, remitiéndome à vos; y
si fuere necesario escribir à mas personas sobrello, hacerioéys,
para que vayan en su acompanamiento , y se haga con la auto-
ridad y demostracion que se debe y es justo , dando ôrden que
los cuerpos vayan cada uno por el camino que paresciere, segun
donde estàn al présente, y que se junten en alguna parte, para
que entren en Granada en un mismo dia, porque no liaya nece-
sidad de hacer diferentes recibimientos, y que los de la dicha
catôlica reyna y Su Magestad sean acompanados como veis que
es razon , y que sobre todo se use de la mayur diligencia que
fuere posible y el tiempo diere lugar; que, si ser pudiese, hol-
garia mucho se hiciese luego ântes que entrase et calor, sin
difîrillo par aldelante; que en ello, y en que me aviseis de lo que
se acordare y hiciere, me haréis mucho placer. Serenisima
princesa , etc.
De Bruselas, à 15 de marzo de 1559.
De la main du roi.
Si no se pudiere poner en ôrden la capilla para enterrallos,
Vuestra Alteza mande ver si por agora si podrian depositar alli,
hasta que se viese y aderesçasen los lugares del enterramiento.
Beso las manos â Vuestra Alteza.
Yo EL Rey.
( 511 )
CLXXXIX.
FRAY JUAN REGLA A PHILIPPE II.
11 le remercie de la pension de 400 dueaU qu'il lui a accordée sur révéché de
Calahorra.
VaUadoUd,5mai1559.
C. R. M^**, la caria de Vuestra Magestad de 22 de marzo re-
cebi ; y por la merced y limosna de los caatrocientos ducadôs de
pension qne Vuestra Magestad nié hace sobre el obispado de
Calahorra, beso las manos à Vuestra Magestad, que es mùy
grande; y la tengo yo en mucho, por ser de su mano, y la nece-
sidad que délia tengo , porque, en tanto que me ocupo en la
egecucion del testamento del Emperador nuestro senor, que es
en gloria , mi ôrden ninguna cosa me da , sino la posada , y segun
mi edad, cnando este negocio se acabare, quedaré en dispoisi-
cîon de no mereeer mas en ella
De Valladolid, Â 5 de mayo 1559.
De V. C. R. M^*** humilde y indigno capellan,
Frat Joar Régla.
(M2)
CXC.
LES EXÉCUTEURS TESTAMETiTAIRES DE l'EMPEREUR
A PHILIPPE II.
0
Objections contre la transUtion à Grenade des corps de la reine catholi^pie , de
l'Empereur et des reines de France et de Hongrie.
VaIladolid,8jiiinl559.
C. R. H****, vimos las cartas que Vuestra Hagestad nos mandé
screbir à i5 y 22 de marzo (i), en respuesta de lo que enviamos
â consullar à Vuestra Magestad con el secreUrio'Gaztelà(2); y
babiéndose practicado en lo que Vuestra Magestad envia à
mandar, que los cuerpos de la reyna y Emperador nuestros
senores, y de las serenisimas reynas de Francia y Ungria, se
Uevasen, luego àntes que entruse mas el verano, à Granada, y
se enlerrasen en la capiila real , dénias que , cuando las dichas
cartas llegâron , estaba ya muy adelante el verano , pareciô que
no estarian los cuerpos gaslados para poderlos menear ni tras-
ladar, por haber tan poco tiempo que Sus Magestades y las
dichas reynas falleciéron , y que se debe quedar para mas ade-
lante; y tambien nos ha parecido advenir à Vuestra Mageslad
que, segun la informacion tenemos, en la dicha capiila real no
hay buen aparejo para poder estar alli , por ser estrecha y estar
ya muy ocupada : de lo cual procurarémos haber mas entera
(1) Voy. la note 3 , à la paçe o09.
(2) On a vu, dans le 1. 1^' (pp. 404, 433), que Quijada avait insisté pour
que le secrétaire Gaztelû fût envoyé aux Pays-Bas, afin de rendre compte au
roi de tout ce qui s'était passé lors de la mort de TEmpereur, et depuis. Gaz-
telû reçut en effet cette commission. Il arriva à Bruxelles le 2 février 1559.
(oiô)
informacion , para que, cuando placiendo à Dios, Vuostra Ma-
gestad veoga à estos reynos, disponga en esto como fuere
servido
De Valladolid, â 8 de junio io59.
De V. C. R. M**' haniildes criados que sus reaies manos besan,
F. HisPALENSis, Juan de Figueroa,
Juan Vazquez de Molina.
CXCI.
LUIS QUUADA A PHILIPPE II.
Mule àe FEmpereur réf lamée par Gonzalo Perez : Quijada dilque l'Empereur ta
lui a donnée, ainsi qu'un cheval aveugle et un petit mulet , |X>ur le service du
jeune D. Juan : il tient surtout à conserver la mule, parce qu'elle est tranquillts,
et que D. Juan est fort \ir. — Détails sur la santé et Téduration du (ils naturel
de Cbarles-Quint, qui étudie avec beaucoup de peine, no prononce pourtant pas
mal le français , mais ne fait rien avec autant de plaisir que de monter à cheval,
aller à la genette et à la bride. — Quijada attend toujours de connaître les
inIcntioDS du roi en ce qui concerne son jeune élève.
Vitlagarcîa, 6 juillet 1559.
S. C. R. M^*^, la de Vuestra Hagestad de los seis de mayo recibi h
los 27 de junio; y por elia Vuestra Magestad luanda que la roula
que en el monesterio de Yusle el Emperador, qu*estâ eu gloria,
ténia cuando fallecié, se dé y entregue à la presona que Gonzalo
Perez ordenare, por liaber sido suyn, cuando desos Estados
partie Su Magestad. Y esta roula, y un cuartago que ha cegado ,
y UD machuelo chiquito qu*eslâ en roi poder, lo tengo todo, con
Yolunlad de Su Magestad, para servir con elloà la presona que
Tome II. 55
( S14 )
Viiefltra Magestad sahe. Y àntes de agora, la gerenisima princesa
mandaba que la mula se dièse al dotor Conielio (1): yo m'escusé
de DO la dar. Y por esto se dejô de vender estas très bestias eon
las demàs que alli habia. Y Vuestra Magestad esté cierto que, si
DO fuera con voluntad de Su Magestad, que por mi autoridad jo
•DO tocara eo un pelo : y fué à propôsito , por ser esta mula tau
mansa que era bien menester, segun éi es travieso. Mas, si
Vuestra Magestad manda, dârseha a quien fuere seryido.
La presona qu*eslà à mi cargo se halla con salud, y a mi
parecer va creciendo, y esta de arta buena dispusicion para la
edad que tiene. Va con su estudio adelante con arto trabajo, y
ninguna cosa hace con tanta pesadumbre; tambien deprende
francés, y las pocas palabras que sabe pronûncialas muy bien,
aunque para sabeilo, como Vuestra Magestad lo desea, es me-
nester tiempo y mas tralo. De lo que agora mas gusta es de
andar à caballo, a la xyneta y à la bryda; y cuando Vuestra
Magestad le vea, le parecerà que corre su lança con buena gracia,
aunque no le ayuda la fuerza.
Yo quedo esperando saber la voluntad de Vuestra Magestad
en lo que tengo escrito, que hasta entendella no haré mudança
en nada. Nuestro Senor guarde la S. C. R. presona de Vuestra
Magestad con acrecentamiento de mas reynos y senorios.
De Villagarcia, à 6 de julîo ^559.
DeV.S.C. R.M"*vasallo,
Luis Quixada.
(1) Voy. let. I*,p. 485.
FIN DU DEUXIÈME BT bERNlER VOLUME.
TABLE.
PBtiFACB.
5 I"*. IdAk 6ÉNÉBALB DC CB VoLOMK. — Nombre de pièces qui y est con-
tenu, I. — Pièces qui n*ont pu y être insérées, et qui sont déposées
aux Archires du royaume , ib.
J II. RBLàTioH DB L*HiéiioNT«iTE ARoiiTVB. <— Intérêt qu*e1)e présente, ii.
— Comparée arec la relation du P. Sîg^uenxa, m. — En quoi elle
diffère de celle-ci , ib. — Particularités sur don Juan dUutricbe que
fait connaître Sigueoza, et qui ne sont pas dans Tanonymê, iv. —
Réflexion de Sigûenza sur fray Bartolomé de Carranza , archevêque
de Tolède, t. — Récit du même historien touchant la discipline que
PEmpereur se serait donnée, vi. — Silence de Panonyme k cet
égard, Tfi. — Opinion de MM. Ford et Stirling, ib. ^ Article de
rinventaire de Charles-Quint, viii. — Remarque de M. Pichot, ib.
— Témoignage décisif contre le récit de Sigflenza , iz. — Ré-
sumé, (b.
{ m. Lbttbbs bt Ii«8tRircTi058 icBiTBS PAB Ghabl^s-Quirt. — Lettres à
son fils : ce dont elles traitent ^réflexions quelles font naître, z.
— Lettre pîquanCe au roi des Romains Ferdinand, zii. — Lettres
â la princesse doAa Juana; opinion de Charles sur la paix arec la
France; changements qu*il apporte aux instructions de don Fadrique
Enriquez, que la princesse envoyait en Portugal, ib. — Lettres au
secrétaire Vazquez : désapprobation du traité du duc d^Albe avec
le pape ; mécontentement du délai apporté dans la punition des
hithériens de la Vieille-Castille; rejet des excuses de Vazquez dans
PatRiire de la easa de eontratacion; leçon donnée aux ministres
de la gouvernante, xv. — Lettres à Jean III, à la reine doBa Ca-
(516)
talina, an duc d^AIbuquerque , à Ouijada, à Tarcherêque de Se-
ville, xTiii. — iDStructioD pour Quijada et don Fadrique Enriquez
de Guzman, xix.
J IV. Lbttres adressées a Charles^^dint. — Lettres de dolia Juana : désir
de déplacer la cour et d^envoyer don Carlos à Ynste; affaire de
Vadêlantado des Canaries; motifs de plainte que le roi Maximilîen
donnait à sa femme; langage énigraatique de dofla Juana; intentions
de l'Empereur à Pégard de Nazimilien , exprimées par Quijada ; re-
cherches faites pour éclaircir ce point ; relations des ambassadeurs
vénitiens Tiepolo et Micheli ; conclusion , xx. — Lettres de Vaiquez :
début de sa correspondance avec TEmpereur; comment Charles
reprit goût peu à peu à la politique; exactitude de Vazquez à lui faire
parvenir les nouvelles quMI recevait; impatience de Charles, xxvi.
Lettres de Ruy Gomez, zxix. — Lettre de Marguerite d* Autriche :
son amour pour son père; observation sur la langue italienne dont
cette princesse faisait usage en écrivant, t6. — Lettres de la reine
Ëléonore et de don Sancho de Cordova, xxx. — Lettres du P. Fran-
cisco de Borja , xxxi. ~ Lettres de Tarchevêque de Séville : il s^excuse
de prêter au roi les sommes qui lui sont demandées, et explique
comment Tinquiiition a découvert la secte luthérienne de la Yieille-
Castilie , xxxii. — Lettres de Hemaodo de Ochoa , de Juan de Yega ,
de fray Bartolomé de Carranza, xxxiii.
§ V. Lettres des Serviteurs de Charlbs-Quiht. — Observation sur Tin-
térét qu'elles présentent, et sur rintérêt, plus grand encore, qu'of-
friraient celles des serviteurs belges de l'Empereur adressées à
leurs amis des Pays-Bas, xxxv. — Lettres de Guillaume Van Maie :
il promet à Vazquez une correspondance suivie, mais ne tient pas
cette promesse; facilité avec laquelle il écrivait en espagnol; pertes
, qu'il éprouva à Yuste, ib. — Lettres de Mathys : peine qu'il a
d'abord à écrire en espagnol , mais qu'il surmonte bientôt ; dé-
tails sur la manière dont l'Empereur composait ses repas, xxxvi. —
Letti*es de Quijada et de Gaztelù : confirmation de plusieurs des faits
racontés par l'hiéronymite anonyme ; changements que Charles-
Quint veut apporter dans la forme de sa correspondance, après sa
renoociation à TEmpire, mais auxquels il renonce; prédiction sin-
.guiière faite à Lisbonne sur la mort de l'Empereur; antipathie de
Quijada pour Van Maie et Mathys; disposition prise par Charles, la
veille de sa mort, en faveur de la mère de don Juan d'Autriche,
. réflexions à ce sujet; intéressants détails sur don Juan, xxx vu.
^ YI. Lettres et Pièces diverses. — État de la dernière maison de l'Em-
pereur , XL V. — Inventaire des objets qu*il emporta en Espagne , ib.
(517)
~ Lettre de Philippe II à dofta Juana et à Vazqtiez : mesures à
prendre pour le débarquement de i*Empereur ; le mëdecin milanais
Giofanni Andréa Molo; projet de faire transférer à Grenade les
dépouilles mortelles de Jeanne la Folle , de TEmpereur et des reines
de France et de Hongrie, zlvi. -*- Instruction de Philippe II à Tar-
cbevdquede Tolède; son importance, xlth. — Lettres de dofta
Juana, de Francisco Osorio , de la reine douairière de Hongrie, de
la reine douairière de France, de Gareilaso de la Vega, de Vazquez,
de fray Juan Régla au roi ; réflexion de Vazquex à propos de la
secte de luthériens découverte en Castille, xlvii. -^ Lettres de
doha Juana à Quyada et au corrégidor de Marcie , xlix. — Lettres
du grand commandeur don Luis de Avila à Vazquez : sympathie
qui s*attache à ce personnage; sa fidélité à TEmpereur; ses senti-
ments cheraleresques; ce qu*il dit de la reine Éléonore et du duc
de Guise , l.
^ VU. Lacunes dahs c« Recueil. ~ Lettres de Philippe II k son père et de
RujT Gomez au roi, un. — Mission de Ruy Gomez en Espagne; son
instruction; ses vojrages à Yuste; ce que Ton sait de ses entrevues
avec TEroperenr, tfr. — Négligence de Philippe k écrire à son père,
Lvii. — Exagération du chanoine Gonzalez, lviii. — Examen de
la conduite du roi envers PEmpereur; réflexion de rambassadenr
vénitien Michel Suriano, ux.
J VIII. ViB DE CHàELEs-QuiicT A YusTB. — Opiulou crTonée qui a subsisté
pendant trois siècles, lxi. — Langage trop absolu du chanoine
Gonzalez, t6. — L^Em|)ereur, à son arrivée en Espagne, et dans
les premiers temps de son séjour, ne veut pas qu*on lui parle d'af-
faires publiques, lxii. — S*il envoie un ambassadeur à Lisbonne,
c'est qu'il s'agit d'une affaire de famille, uiit. -^ Changement qui
s'opère en loi après la visite de Ruy Gomez, lxiv. — Il veut rester
toutefois étranger au gouvernement intérieur de la Péninsule, lxvi.
» Juan Narvaez, Ginesa Nuilez, le duc de l'Infantado, Pamirante
d'Aragon, le prieur de Yuste, l'ayuntamiento d'Arevato, sont ren-
voyés par lui à la princesse doQa Juana, ib. — Don Luis d' Avila lui-
même n'obtient pas qu'il agisse en sa faveur, Lxviir. — - Sa réserve
etses scrupules dans les recomnundations qu'on lui demande auprès
de son fils , ib, ~ Explicatibn , que fournissent ces faits, de l'erreur
où sont tombés les hiéronyrailes, erreur moins grande d'ailleurs
qu'on ne l'a prétendu, lxix.
^ IX. NseociATioN AVEC u CouB DE PoBTUGAL. ^ MarUgc d'Éléonore d'Au-
triche et d'Emmanoel le Fortuné , lx\i. — La princesse Marie , fruit
de œlte union, reste eu Portugal, après la nouvelle alKaaee d'Ëléo-
(518)
Bore av«o François I" , uxii. -« ¥if déair d^ËléoDore df voir sa 6lle
■ariée, ^. — Bspoir qu'elle fonda sur la prince Philippe, et qui est
déçu, ib, <-* Démarchei qu'elle bit sans suocis à la oour de Lis-
bonne, pour que sa fille lut soit envoyée aux Pajs-Bas, lzxih. —
Réaoliition du prinoa Philippe de se remarier, et de préférence avec
sa cousine, uxiv. - Néf^iation entamée dans ce but à Lisbonne,
Lxxv. -*- Chicanes de la cour de Portugpal, i^* *- Charles-Ouint
conclut le mariage du prince arec la reine Marie d'Angleterre,
- ib. ^ Mécontentement de la cour de Lisbonne, lxxvi. — Éléonore
demande de nouveau que sa fille vienne demeurer avec elle, ib. —
Réponse négative de Jean III : raisons qu'il en donne, ib. — Ré-
futation de ces raisons par Éléonore, lxztu. >- L'Empereur fait
partir don Sancho de Gordova pour le Portugal, lxxviii.— Négo-
ciations de don Sancho avec le roi et la reine et avec la princesse
Marie , ixxix. — Jean 111 envoie à Yuste et à ValladoKd Lourenço
Pires de Tavora, pour justifier son refus : ses excuses ne sont pas
admises, lxxxiii. — Il consent enfin que l'infante aille demeurer
avec sa mère, lxxxiv. — Mort inopinée de Jean 111, lxxxv. —
L'infante, changeant d'idée, refiise de quitter le Portugal, ib, —
irrivée à Yuste des reines douairières de France et de Hongrie,
axxxvi. -* Délibération sur le parti à prendre, uxxvu. ~ Don
Sancho est renvoyé en Portugal , ib. •*- Sécfaerease de cœur de
l'infante, lxxxvhi. — Dernière tentative de la reine Éléonore, t'^.
— L'inliote consent à venir jusqu'à Bad^oz, lxxxix. — Départ des
deux reines pour oette ville, ib* — Arrivée de l'infante, qui fait
complimenter l'Empereur par Manuel de Mcio, xa. -*> Joie qu'elle
(émaigne en revoyant sa mère, ib, -^ Elle refuse toutefois de vivre
avec elle, et retourne à Lisbonne, t6. •«- Départ, pour Guadalajara,
de la reine, qui tombe malade en route et meurt, xcn. — Son
éloge, ib^ -«- Gaxtelu et Qu^ada, xciii.
} X. Ni^oGUTioa Avuc Aiit4iiii« de Booaaoïi, aoi ne Nât aux.— Conquête
de la Navarre par Ferdinand le Catholique, qui l'annexe à la Cas-
tiUe, xciii. — Dispositions conciliantes que Cbarles-Ouint, au début
de son règne, témoigne à la maison d*Albret, maia qui ne sont pas
de longue durée, xciv» ^ Réponse équivoque qu'il fait aux députés
■ de la reine Catherine en 1517, xcv. — Sa déclaration aux cortès,
ib. ■**' Tentative vaine de Henri d'Albret pour rentrer par la force
dans ses Étals , xcvi. — Scrupules de Charles-Ouint : articles de
son instraetîon de 1548 pour son fils, et de son testament de 1954 ,
xcn. -^ Négociation ouverte avec hit par Henri d'Albret, en vue
d'ohMair un dédommagement pour la Navarre, zcvn. -^ Elle est
(519)
coDliDuée par Antoine de Bourbon , son gendre , xr.Tiit. ~ Condi-
tions sous lesquelles TEmpereur était disposé à sVntendre avec lui ,
lorsqu^il abdiqua y ib, ~ La trêve de Vaucelles fait suspendre la con-
clusion de ces arrangements , xciz. — Visite du doc d*Albuquerque
et d^Ezcurra à FEmpereur, à son passage à Burgosj ce qu*il leur
dit, c. — Mécontentement d'Antoine de Bourbon; son langage, ib.
— Excurra en va rendre compte à Charles-Quint à Jarandilla , ci.
— Il est renvoyé au roi de Navarre, ib. — Rupture de la trêve
par les Français; désir de Philippe II de conclure avec le roi de
Navarre; lettre quMI écrit au duc d'Albuqnerque, en. — Retour
d*£icurra, qui n*a pu tomber d'accord avec ce roi, et pourquoi,
cm. — Délibération du conseil d*£tat sur son rapport , ct, — Il se
rend k Yuste : ce que lui dit TEmpereor, ib, — Observations que
Charles communique à la princesse gouvernante, pour être eia-
minéeepar ses ministres, cvi. — Nouvelle délibération dn conseil,
cTin. -*- Excurra est renvoyé au roi de Navarre ; ses instructions ,
ib, — Concession de Philippe U : instructions et pleins pouvoirs
qu'il adresse à Ruy Gomez, cxi. ~ Retour d'Ezcurra avec un se-
crétaire d'Antoine de Bourbon, qui l'accompagne à Yoste, cxvii. —
Conditions proposées au nom du roi de Navarre et acceptées par
l'Empereur, cxviii. — Observations du conseil d'État, cxxvi. —
Délivrance des articles an secrétaire de Bourbon , cxxvii. — Dispo-
sitions prises par la gouvernante, dans la prévision de la conclu-,
sion du traité, cxxnri. -- Bruit répandu , en Castille, de la prochaine
sortie de l'Empereur de son monastère , pour se mettre à la tête de
l'armée de Navarre ; mécontentement de l'Empereur; ce qu'on doit
penser de ses intentions à ce sujet, d'après les lettres de Qoijada et
de don Luis d'Avila, cxxix. ~ Réponse évasive du roi de Navarre;
plaintes qu'il fait, cxxxi. — Soupçons qu'excite sa conduite : l'Em-
pereur se déclare dégagé des obligations qu'il a contractées envers
lui, cxxxn.—^ Nouvelles ouvertures faites de sa part, tfr.— Elles sont
rejetées par l'Empereur, dam une lettre motivée à la princesse do&a
Juana, cxxxiii.— La négociation en reste là , cxxxT.—Problème his-
torique à résoudre : Bourbon eut-il réellement l'intention de traiter
avec l'Espagne? ib.— Résultats peu brillants de sa politique, cxxxti.
— Ce qui se passa au congrès de Câleau-Cambrésis, et plus tard, t6.
(XI. Paojkts d'btablissehbut db la BEiBB Mabie Bif Espagub. — Nou-
veaux éclaircissements sur la tentative faite pour engager la reine
à reprendre le gouvernement des Pays-Bas, cxxxvii.— Elle demande
OcaAa pour son établissement en Espagne, cxxxviii. — Philippe II
lui donne fluele, cxxxix. ^ Conférences entre elle et l'Empereur |
( 5âO )
après la mort de la reine Éléonore, sur le règlement de sa vie future,
cxzxiz. — Tiédeur de son frère pour ses intérêts, cili. — Mission
qu'il donne à Quijada, à Valladolid, ib. — Nouvelles prétentions
de la reine, cxlii. — L'Empereur ne les approuve pas, et écrit
dans ce sens au roi , ib, "— Dégoût prétendu de la reine pour les
affaires publiques, czliii. — Refus de doAa Juana de consulter
sa tante; caractère de cette princesse, ib. — Domaines choisis par
la reine pour sa résidence définitive, cxuv. — Modération de ses
demandes , ib. — Philippe suspend sa décision jusqu'à ce quMI
sache si la reine veut revenir aux Pajs-Bas, cxlv. — Apostille
remarquable qu'il met sur la lettre de sa tante, ib. — Haine mu-
tuelle de la tante et du neveu, cxlvi.
J Xll. Les Cohhkrtairbs de. Gbaalbs-Qoi.'vt et ses Obsbçoss. — Il est
constant que Charles-Quint écrivit des commentaires, cxlvi. —
Que sont-ils devenus? cxlvii. — Notice lue sur ce sujet à l'Aca-
démie royale de Belgique, ib. — Article consigné dans l'inventaire
des biens meubles de l'Empereur , cxlm. — Et repro<luit dans une
liste des objets, que Philippe II se fit remettre, de la garde-robe de
son père, cli.— Déclaration sous serment , que les aides de chambre
de l'Empereur durent faire après sa mort, ib, — Passage signifi-
catif d'une lettre de Quijada , ib. — Conclusion à tirer de ces di-
verses circonstances, clii. — Ce qu'on peut présumer de Philippe II,
relativement aux mémoires de son père , ib. — Les récits des écri-
vains hiéronjmites sur les obsèques sont rejetés par M. Mignet,
CLiv. — Raisons qu'il donne, t5. — Opinion contraire de M. Théo-
dore Juste, ib. — Motifs qui me portent aujourd'hui plus à croire
qu'à douter , clv. — Conversation de Charles-Quint avec son barbier
Nicolas, GLVi. — Preuves de l'existence des 3,000 écus dans la
chambre de l'Empereur, clvii. — Ce qui reste de cette somme à
sa mort, clix. — Erreur manifeste de Sandoval , ib. — Argument
de M. Mignet tiré de la doctrine de l'Eglise , clx. ~ Observations
sur cet argument, clxi. ~ Rapprochement des dates, gi.xiv. —
Conclusion, clxv.
LETTRES.
I. Relation d'un religieux de Yuste 1
H. Charles-Quint à Juan Vazquez : Bruxelles, 11 octobre 1555. . 69
m. État de la maison de Charles-Quint, lorsqu'il la licencia, au mois
de juin 1556 71
IV. Inventaire de la vaisselle d'argent, des livres, des tableaux et des
N.
( oâi )
P»6M.
aiilres meubles que TEmpereur emporta en Espagne :
Bruielles, 18 août 1550 80
V. Philippe II à la princesse dofia Juana : Gand, 8 septem-
bre 1550 03
VI. La princesse doAa Juana à Luis Quijada : VaUadolid,
!«' octobre 1550 05
Vil. Luis Quijada à Juan Vazquez: Burgos, 14 octobre 1550. 07
VIII. La princesse dofla Juana à Philippe II : VaUadolid, 15
octobre 1550 08
IX. Francisco Osorio à Philippe II : VaUadolid , 30 octo-
bre 1550 101
X. L^Empereur à Philippe II : sans date (VaUadolid, 30 oc-
tobre 1550) 105
XI. Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme, à FEmpe-
reur : Milan, 5 novembre 1550 100
XII. Francisco Osorio à Philippe II : VaUadolid, 13 novem-
bre 1550 107
XIII. Le S' de la Chaulx à PhiUppe II : Jarandilla, 14 no-
vembre 1550 108
XIV. Philip|)e 11 à Juan Vazquez : Bruxelles, 18 novembre
1550 109
XV. La reine Éléonore à Charles-Quint : sans date (VaUa-
dolid, •. novembre 1550) 111
XVI. Charles-Quint à Jean III , roi de Portugal : sans date (Ja-
randilla,.. novembre 1550) 115
XVII. Instruction de l'Empereur à D. Sancho de Cordova : Ja-
randilla, .. novembre 1550 117
XVlil. Luis Quijada à Juan Vazquez : Jarandilla, 0 décembre
1550 120
XIX. La reine de Hongrie à PhUîppe II : VaUadolid, 0 décem-
bre 1550 124
XX. P. Sancho de Cordera à TEmpereur: Lisbonne, 14 décem-
bre 1550 127
XXL D. Sancho de Cordova à l*Emp<)reur : Lisbonne, 18 décem-
bre 1550 139
XXII. Martin de Gaztelù k Juan Vazquez : JarandiUa, 20 décem-
bre 1650 142
XXIIL Luis Quijada à Juan Vazquex : JarandiUa, 33 décembre
1550 143
XXIV. Luis Quijada k la princesse doila Juana : Jarandilla, 31 dé-
. - cembre 1550 140
( o^2 )
XXV. L^Empereur au roi des Romains : Jarandilla, 18 janfier
1557 147
XXVI. L^Empereur à la princesse dofia Juana : Jarandllla, 31 jan-
vier 1557 150
XXVII. L*Kmpereur à la princesse doika Juana : JarandiUa, 3 fé-
vrier 1557 , . 157
XXVIH. L*Empereur à Juan Vaiquez : Yuste, 97 février 1557. . 158
XXIX. Ruy Gomez de SUva à TEmpereur : VaUadolid , 11 mars
1557 159
XXX. Lois Qnyada à Juan Vazquez : Yuste, 39 mars 1557. . 163
XXXI. Martin de Gaztelù à Jqan Vazquez : Guacos, 23 mars
1557 164
XXXJI. Luis Quijada à Philippe II : VaUadolid , 8 avril 1557 . . 165
XXXIII. Guillaume Van Maie à Juan Vazquez : Yuste, 11 avril
1557 167
XXXIV. L*£mpereiir i la princesse dofia Juana : Yuste, IS avril
1557 168
XXXV. Rujr Gomez de Silva à TEmpereur : VàlladoUd, tl avril
1557 170
XXXVl. La princesse doQa Juana iTEmpereur : VaUadolid, 31
avrU 1557 173
XXXVII. Guillaume Van Maie à Juan Vazquez : Yuste, 97 avril 1 557. 1 74
XXXVIII. L'Empereur à la princesse dofia Juana' : Yuste , 90 avril
1557 175
XXXIX. L'Empereur à Juan Vazquez : Yuste, 99 avril 1 557 .. 1 70
XL. La princesse dofia Juana ft TEmpereur : VaUadolid, 7
mai 1557 181
XLi. La princesse do&a Juana au corrégidor de Murcie, Lorca
et Cartbagène: VaUadolid, 19 mai 1557 184
XLII. L*Empereiir à rarcbevéque de Séville : Yuste , 18 mai
1557 186
XLilI. Fernando de Valdès, archevêque de SéviUe, à TEmpe-
reur : San Martin de la Fuente, 93 mai 1557 ... 188
XLIV. Hernaodo de Ocboa à TEmpercttr : ValladoUd, 98 mai
1557 JOl
XLV. L'Empereur à rarcbevéque de Séville : Yuste, 9 juin 1567. 1 95
XLVJ. L'Empereur à Juan Vazquez : Yuste, 9 juin 1557. . . 197
XL VIL L'archevêque de SévUle à l'Empereur : San Martin de la
Fuente, 15 juin 1557 199
XLVIU. Ruy Gomez de SUva à l'Empereur : VaUadolid , 16 juin
1557 909
(oâô)
Pages.
XLIX. L'Empereur à la prinoesM dofia Juana : Yusie, 24 juin
1557 204
L. L'Empereur à la princesse doîka Juana : Yuste, 5 juillet
1657 200
LL Instruction de l'Empereur pour D. Fadrique Enriquez de
GuzmaotYuste, 5 juillet 1557 208
LU. Juan Yazquez à l'Empereur: Vailadolid , 90 juillet 1557. 211
LIIL L*Empereur à Philippe II : Yuste, % août 1557. ... 216
LIY. L'Empereur à Juan Vaiquez : Yuste, 8 août 1557 . . 2i'0
LY. Martin de Gaztelû à Juan Yazquez : Cuacos , 1 0 août 1 557. 222
LVI. Martin de Gaztelû à Juan Yazquez : Cuacos, 1 3 août 1 557. 225
LYII. D. LuisdeAvilay ZûQiga à Juan Yazquez: Plascncia,
13 août 1557. 225
LVill. Martin de Gaztelû à Juan Yazquez : Cuacos, 17 août 1557. 228
LIX. L'Empereur à Juan Vazquez : Yuste, 24 août 1557 . . 230
LX. Martin de Gaztelû à Juan Yazquez : Cuacos , 24 août
1567 233
LXI. L*£mpereur à la princesse doAa Juana : Yuste , 30 août
1557 230
LXII. Martin de Gaztelû à Juan Yazquez : Cuacos, 31 août 1 557. 238
LXIU. L'Empereur à Philippe II : Yuste, 17 septembre 1557 . 340
LXIY. L'Empereur à Philippe II : Yuste, 22 septembre 1557 . 244
LXY. L'Empereur i Juan Yazquez : Yuste , 27 septembre 1 557. 246
LXYl. D. Sancho de Cordova à Juan Yazquez : Â.l<lea Nueva,
3 octobre 1557 247
LXYU. D. Sancho de Cordova à la princesse dofka Juana : Cuacos,
4 octobre 1557 249
LXYIII. Juan Yazquez à l'Empereur : Yalladolid, 5 octobre 1557. 250
LXIX. Le P. Francisco de Borja à l'Empereur : Lisbonne, 0 oc-
tobre 1557 253
LXX. Le P. Francisco de Borja à l'Empereur : Lisbonne, 12 oc-
tobre 1557 255
LXXI. L'Empereur i la reine de Portugal : Yuste, 24 octobre
1657 258
LXXII. L*Emperear au duc d'Albuquerque : Yuste , 24 octobre
1567 259
LXXUI. Guillaume Yan Maie à Juan Yaz(|uez : Yuste , 24 octobre
1567 261
LXXIV. Luis Quijada à Juan Yazquez : Yuste, 30 octobre 1557 . 262
LXX Y. Luis Ouijada à la princesse doDa Juana : Yu»le , 31 octo-
bre 1557 , .... 264
( nu )
Pacei.
LXXVI. Luis Quijaila à Juan Vazquez : Yosle, 31 octobre 1557. 265
LXXVII. La reine Éléooore à Philippe II : Jarandilla , 1 3 novembre
1557 267
LXXVIIL L^Empereur à la reine douairière de Portugal : Yuste,
13 novembre 1557 371
LXXIX. L*Empereur à Pinfanle doAa Maria : Yuste, 13 novem-
bre 1557 272
LXXX. L'£mi)ercur à Philipiie II : Yuste, 15 novembre 1557. . 274
LXXXI. L'Empereur à la princesse doAa Juana : Yuste, 15 novem-
bre 1557 278
LXXXII. Martin de Gaztelù à Juan Vazquez : Cuacos, 18 novem-
bre 1557 280
LXXXIII. La reine Éléonore à la princesse dofta Juana : Jarandilla,
27 novembre 1557 281
LXXXI V. D. Luis de Avila y Zùniga à Juan Vazques : Plasencia ,
4 décembre 1557 284
LXXXV. La princesse doAa Juana à l'Empereur : Valladoiid , 1 4 dé-
cembre 1557 286
LXXXVI. Juan Vazquez à TEmpereur : Valladoiid, 21 décembre
1567 280
LXXXVII. D. Juan de Mendoza à la reine Éléonore : Lisbonne,
23 décembre 1557 201
LXXXVIII. L'Empereur à la princesse dofia Juana : Yuste, 26 décem-
bre 1557 295
LXXXIX. Le licencié Aroeo à Juan Vazquez : Badajoz , 26 décem-
bre 1557 296
XG. Don Sancho de Cordova à TEmpereùr : Badajoz, 19 jan-
vier 1558 299
XCI. L'Empereur à Juan Vazquez: Yuste, 25 janvier 1558 . 30S
XCII. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Coacos, 27 janvier
1558 505
XCI II. Juan Vazquez à l'Empereur, Valladoiid, 7 février 1558 . 507
XCIV. Juan Vazquez à l'Empereur : Valladoiid , 1 2 février 1558. 309
XCV. Le docteur Matbys à Philippe II : Yuste, 14 février 1558. 311
XCVI. Luis Quijada à Juan Vazquez : Yuste, 24 février 1558. . 313
XCVII. D. Luis de Avila y Zûniga à Juan Vazquez : Cuacos , der-
nier février 1558 314
XCVIII. Instruction de la princesse doha Juana pour D. Hernando
de Rojas: Valladoiid, dernier février 1558 .... 516
XCIX. Martin de Gaztelù à Juan Vazquez : Cuacos, 4 mars 1558. ôHO
C. Luis Quijada à Juan Vazquez : Yuste, 10 mars 1558 . . 522
( 525 )
PafM.
CI. MaHin de Gazlcln h Juan Vazqiicz : CuaccM, 1 2 mars ] 558. 324
Cil. Le docteur Malhys à Juan Vazquez : Yuste, 1 5 mars 1 558. 330
CJII. Marlîn de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos, 10 mars
1558 ^^$
CIV. Juan Vazquez à I*Empereur : Valladolîd , 10 mars 1558 . 329
CV. Luis Quijada à l'Empereur : Valladolid , 1 9 mars 1 558 . 330
CVI. L'Empereur à Luis Quijada : Yuste, 19 mars 1558. . . 33S
CVII. Précis de l'instniction donnée par PEmpereur à Quijada ,
en renvoyant à Valladolid : sans date (Yuste , .. mars
1558) 337
CVUL Martin de Gaztelù à Juan Vazquez : Cuacot, 20 mars
1558 345
CIX. Luis Quijada à Philippe II : Valladolid , 22 mars 1 558 . 340
ex. La princesse doAa Juana à PEmpereur : Valladolid , 22
mars 1558 347
CXI. Luis Quijada à l'Empereur : ^ alladolid , 23 mars 1558 . 350
CXII. Juan Vazquerà l'Empereur : Valladolid, 23 mars 1558 . 352
CXIII. La princesse dofta Juana à PEmpereur : Valladolid,
23 mars 1558 354
CXIV. L'Empereur à Juan Vazquez : Yuste, 25 mars 1558 . . 350
CXV. L'érèque de Palencia à Pbiiip|>c II : Cigales, 25 mars
1558 359
CXVI. Le docteur Mathys à Juan Yazquez : Yuste, 27 mars
1558 303
CXVIL L'Empereur à Juan Vazquez : Yuste, 27 mars 1558 . . 304
CXVIII. Le docteur Matbjrs à Juan Vazquez : Yuste, 31 mars
1558 305
CXIX. L'Empereur à Philippe II : Yuste, 31 mars et 7 avril 1558. 500
CXX. Le docteur Mathys à Philippe II : Yuste, 1'' avril 1558 . 373
CXXI. Juan Vazquez à PEmpereur : Valladolid , 2 avril 1558 . 575
CXXII. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos , 0 avril 1 558. 377
CXXIII. La reine de Hongrie à Juan Vazquez : Cigales, 15 avril
1558 378
CXXiV. L'Empereur à Philippe II : Yuste, 21 avril 1558 . . . 379
CXXV. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos, 22 avril
1558 581
CXXVI. Martin de Gazlelù à Juan Vazquez : Cuacos, 27 avril
1558 382
CXXVII. L'Empereur à Philippe II : Yuste, 27 avril 1558 . . . 383
CXXVIII. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos, 28 avril
1558 383
( r>96 )
CXXIX. L^Empcreur h Juan Vazquez : Yiiste, 8 mai 15S8. . . S86
CXXX. Martin de Gaztelû i Jaan Vazquez : Cuacos, 5 mai 1558. 388
CXXXI. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacot, 9 mai 1558. 389
CXXX II. La reine de Hongrie à Philippe II : Cigales , 10 mai 1558. 590
CXXXIII. Relation du docteur Matbys : sans date(Tuste, 13 mal
1558) 399
CXXXIV. Liste des personnes arrêtées et enfermées dans les prisons
deTalladolid, pour luthéranisme : Valtadolid, 14 mai
1558 401
CXXXY. Juan Vazquez à TEmpereur : Valtadolid, 14 mai 155S . 403
CXXXVI. Juan de Vega à l'Empereur : Valladotid , 14 mai 1558 . 403
GXXXYII. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos, 18 mai 1558. 405
CXXXVIII. L'Empereur à Philippe II : Tuste, 18 mai 1558 .... 406
CXXXIX. Le docteur Math^ à Juan Vazquez : Tuste, 24 mai 1558. 409
CXL. Martin de Gaztelû i Juan Vazquez : Cuaeos, 96 mai 1 558. 4 1 0
CXLI. Le docteur Mathys à Juan Vazquei : Tuste, 30 mai 1 558. 41 3
CXLII . Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuaeos , 30 mai 1 558. 414
CXLIH. L'Empereur à Juan Vazquez : Tuste, 3 juin 1558 ... 416
CXLIV. L'archevêque de Séviile à TEmpereur : TAbrojo , 3 juin
1558 417
CXLV. Relation envoyée à l'Empereur par Parchevéque de Sé-
viile : sans date (3 juin 1558) 410
CXL VI. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuaeos, 3 juin 1568. 435
CXLVII. Instruction de Philippe II pour fray Bartholomé de Car-
ranza , archevêque de Tolède : Anvers, 5 juin 1558 . 436
CXLVITI. L'Empereur à Juan Vazquez : Tuste, 7 juin 1558. . . 435
CXLIX. Juan Vazquez à l'Empereur : Valladolid, 13 juin 1558 . 437
CL. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuaeos, 30 juin
1558 439
CLI. Juan Vazquez à l'Empereur : Valladolid, 38 juin 1558 . 441
CLII. L'Empereur à Juan Vazquez : Tuste , 3 juillet 1558 . . 443
CLlll. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuaoos, 3 juillet
1558 445
CLIV. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuaeos, 4 juillet
1558 446
CLV. Juan Vazquez à l'Empereur : Valladolid , 5 juillet 1 558 . 447
CLVl . Le docteur Mathys à Juan Vazquez : Tuste , 6 juillet 1 558. 450
CLV II. Juan Vazquez à l'Empereur : Valladolid, 8 juillet 1558 . 451
CLVIII. Luis Quijada à Juan Vazquez : Cuaeos, 9 juillet 1558 . 453
CLIX. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuaeos, 19 juillet
1558 454
( S27 )
CLX. Juan Vazquez à TEmpereur : Valladolid, 99 juillet 15}»d . 45C
CLXf. Luis Quijada à Juan Vazquez : Cuacot, 98 juillet 1558 . 458
CLXII. Martin 4e Gaztelù à Juan Vazquez : Cuaeos, 28 juillet
1658 459
CLXIII. Juan Vaiquez à TEmperour : Valladolid , 50 juillet 1558. 460
CLXIV. Juan Vazquez à Philippe II : Valladolid, l** août 1558 . 461
CLXV. Juan Vazquez à PEmperear : Valladolid , 8 août 1558 . 469
CLXVI. La princesse do&a Juana à PEmpereur : Valladolid, 8 août
1558 465
CLXVII. Luis Quijada à Juan Vazquez : Cuacos , 9 août 1558 . . 470
CLXVIII. Juan Vazquez à TEmpereur : Valladolid, 10 août 1558 . 473
CLXIX. Juan Vazquez à PEmpereur : Valladolid , 17 août 1558 . 474
CLXX. La princesse do&a Juana à TEmpereur : Valladolid, 17
août 1558 476
CLXXI. La princesse do&a Juana à TEmpereur : Valladolid, 19
août 1558 480
CLXX IL La princesse dofta Juana à PEmpereur : Valladolid , 99
août 1558 481
CLXXIII. Le docteur Mathys à Juan Vazquez : Yuste, 94 août
1558 489
CLXXIV. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos, 94 août
1558 483
CLXXV. L'Empereur à Juan Vazquez : Yuste , 97 août 1558 . . 484
CLXXVI. L'Empereur à Phitippe II : Yuste , 98 août 1558 .. . 485
CLXX VII. Luis Quijada à Juan Vazquez : Cuacos, 98 août 1558 487
CLXXVI II. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos, 98 août
1558 490
CLXXIX. La princesse dolia Juana à PEmpereur : Valladolid, 99
août 1558 499
CLXXX. L'archevêque de Tolède à PEmpereur : Valladolid, 9 sep-
tembre 1558 493
CLXXXI. Garcilaso de la Ve^pa à Philippe II : Valladolid, 7 septem-
bre 1558 • 494
CLXXXII. La princesse do&a Juana à Luis Quijada : Valladolid,
17 septembre 1558 500
CLXXXIII. Martin de Gaztelû à Juan Vazquez : Cuacos, 90 septem-
bre 1558 501
CLXX XIV. L'archevêque de Tolède à Juan Vazquez : Villa franca de
la Puente de! Arzobispo, 98 septembre 1558. . . . 509
CLXXXV. Luis Quijada à Juan Vazquez : Cuacos, 4 octobre 1558. 505
CLXXXVL Luis Quijada à Philippe II : Yuste, 19 octobre 1558. . 506
( 528 )
CLXXXVIi. Luis Quijadaà Juan Vazquez : Cuacos, 27 octobre 1558. 507
CLXXXVIII. Philippe U à la princesse doSa Juana : Bruxelles, 15
mars 1559 509
CLXXXIX. Fray Juan Régla à PhUippe II : Valladolid, 5 mai 1559. 51 1
CXC. Les exécuteurs testamentaires de TEmpereur à Phi-
lippe II : ValUdoltd, 8 juin 1559 519
CXCI. Luis Ouijada à Philippe II : Villa^preia, 6 juillcl 1559. 515
ERRATA.
P»f(p. 71 , ligne 71 du l»l^ : Hangoort; lisex : Hangoart.
Paj;e 105, k la date: novemikre 1!»56; Uses: 7iO wtottre tT\!tùySe\on \e MS. Gon-
salitz.
Page 1 m, ligne 17 : hprmano; Miwt : hêrmana.
Page 190, ligne 5 : eutendi; lisez : êntendià.
P-ige 172, ligne 18 de la noie : 31 nuit; lises : 13 mai.
P.«ige 17i, ligne i5 de la noie : Magtêlad; lises : }l«ixtd.
Page 18i, ligne û du sommaire : la recevront; lisez : reeerront ettie Utlre,
Page 3i20, à la dale de la lettre XCIX : ir;57; lisez : 1558.
UNIV. C? r^'^.:;û,\.4,
JAN 25 1912